‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 165 sur 186 · SÈVRES (DEUX · texte numérisé non relu

SÈVRES (DEUX

Circonscription de BRESSUIRE.

M . Emile TA U DI ÈRE

(Groupe des républicains indépendants et d’aciiou sociale.}

Elu pour la lre fols le 22 avril 192e. — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril [936.

Messieurs,

Une meme préoccupation domine à nouveau, hélas ! les esprits : celle du maintien de la paix et de la sécurité des foyers français.

En présence des violations systématiques des traités librement consentis, la France, qui a donné tarit de preuves de ses intentions pacifiques, ne renonce pas à son idéal. Pour le mieux servir, elle doit compter, avant tout, sur son armée et sur Tunion de ses enfants dans une patrie restaurée.

Un peuple uni et sain n'a rien à redouter : il impose le respect.

La paix extérieure, à laquelle nous sommes tous si profondément attachés, dépend de nous pour une large part. Elle ne peut être sauvegardée que si les électeurs savent choisir, le 26 avril, pour les représenter à la Chambre, des hommes de caractère et non des démagogues, des hommes probes, compétents et travailleurs, décidés à restaurer l’autorité de 1 Etat, à gérer sainement les affaires publiques, à exécuter les réformes profondes que réclame un régime complètement faussé.

A in s ^pourrait être constitué un Gouvernement stable, fort de la confiance du pays, capable par là-même de réaliser un programme méthodique de redressement politique, moral, social, économique.

Le^Parlement a son rôle à jouer ; il vote rimpôt et contrôle le Gouvernement, Mais il ne doit pas se substituer à celui-ci, ni le mettre hors d’état d'agir par de continuelles interpellations et des bouleversements ministériels constants,.

C'est sur la famille et la profession organisée que peut être restaurée la société française,

L excédent des naissances sur les décès a été, pendant les six premiers mois de 3935 :

— de 200 .000 environ en Allemagne ;

— de 195.000 en Italie.

La population française a diminué de 33.000 unités.

Ce péri! mortel serait conjuré si, par l'institution du vole familial, était poursuivie sans relâche une politique d’encouragement aux familles nombreuses, richesse essentielle, sauvegarde indispensable du pays.

Le concours des^forees spirituelles, le rétablissement des disciplines morales, dont les convictions religieuses constituent le plus sûr fondement, sont aussi nécessaires dans la vie

publique qu’au foyer familial. Les multiples scandales qui ont si gravement ébranlé l’édifice social au cours des dernières années en sont le douloureux témoignage.

Ces réformes conditionnent le rétablissement de la situation économique et, par voie de conséquence, des finances publiques.

L’équilibre budgétaire serait vainement poursuivi, si les recettes à attendre de l’activité économique allaient toujours en diminuant. Or, les affaires ne reprendront que si le rétablissement de l'ordre à l'intérieur comme à l’extérieur permet à la confiance de renaître.

Le sort des travailleurs, menacés par le chômage ; des agriculteurs, ruinés par la baisse des produits de la terre ; des fonctionnaires, des mutilés et victimes de la guerre, des rentiers, dont les traitements, les pensions, les revenus risquent d’être compromis faute de ressources suffisantes. . . tout l’avenir, en un mut, de notre pays, dépendra du choix que les électeurs feront, le 26 avril, de leurs représentants.

Par deux fois déjà, vous m’avez donné le témoignage éclatant de votre confiance. L’effort considérable que j’ai fourni encore au cours de cette législature et dont le résumé vous a été adressé, me permet de me présenter à nouveau à vos suffrages avec assurance. Car j’ai conscience d’avoir bien tenu la seule promesse que je vous aie faite et qui était de consacrer mon activité à la sauvegarde des intérêts généraux du pays et de vos intérêts propres.

Les uns et les autres exigent plus que jamais vigilance et concours actif.

Dans l’avenir, comme par le passé, vous savez pouvoir compter sur moi.

Emile TAUDIÈRE

ConeeiLllûr général de a Dem-Sèvres#

Chevalier de la Légion d’honneur, — Crois: de guerre* Député sortant.

Circonscription de MELLE*

M. André ALBERT

(Groupe du parti Camille PelleUo.) Elu pour la lte fois le 3 mai 193t5.

Monsieur et cher concitoyen,

Désigné comme candidat unique par le congrès républicain de Melle, je m’adresse à tous les républicains qu'animent le viel idéal démocratique, le souci de la justice fiscale, le besoin d'émancipation économique et, à T heure où la féodalité financière veut accaparer tous les rouages de la nation, je leur demande d affirmer sur mon nom, par une majorité significative, le désir de mettre un terme à 1 exploitation du travail par l’argent.

Les élections de 1932 ont donné le pouvoir aux partis de gauche, qui l'ont perdu parce que le cartel électoral ne s'est pas réalisé sur le plan gouvernemental. La leçon du passe doit servir. Dans la Chambre qui vient, les répubîicains? unis, devront .

Maintenir la Paix au dehors ;

Maintenir la paix à l'intérieur ;

Briser les féodalités financières.

Maintenir la paix parce que, clans la guerre, le peuple a tout à perdre, rien à gagner. Ceux qui font la guerre lie la veulent jamais. Ceux qui la veulent, ceux à qui elle rapporte* ils ne la font jamais. La France ne doit se laisser entraîner ni dans une politique de course aux armements, ni dans une politique d’aventures. Elle ne doit pas aliéner un atome de sa liberté dans des traités risquant de mm entraîner dan s un conflit. Nous restons fidèles à la politique de Briand : le Pacte, rien que le Pacte, mais tout Je Pacte, La jeunesse ne veut pas mourir pour les dividendes des marchands d’acier ou de minerai.

La France doit rester le pays de la paix.

* if

Maintenir la paix au dedans, c’est défendre l'ordre républicain. C’est avant tout dissoudre les groupements qui possèdent des armes. C'est la grandeur même de 1^ République que de tolérer des associations royalistes ou fascistes, mais c'est le devoir de la République que d’interdire des ligues qui veulent appuyer leur politique sur des mitrailleuses.

La France doit rester le pays de la liberté,

Enfin, abattre les féodalités financières. Erreur que de prétendre résoudre la crise par des velléités, des demi-mesures, des réalisations fractionnelles, qui seraient juste suffisantes pour faire haïr les gauches. On ne compose pas avec les puissances d’argent qui ont organisé la panique financière ( P>2ô) ou l'émeute (6 février). On ne surveille pas les Bastilles, on les emporte.

Ce sont les deux cents familles qui ont imposé la politique des décrets-lois* On a ainsi frappé :

— F ancien combattant ;

— le petit fonctionnaire ;

— le petit retraité ;

— le petit rentier.

Seules, les classes moyennes ou pauvres ont supporté ces mesures car elles ne peuvent y échapper par la dissimulation ou l'évasion des capitaux à l’étranger. Même les chasseurs et les petits commerçants ont été atteints par la' déflation dont personne n’ose plus prendre la responsabilité.

Radical-socialiste très ferme, parce que, comme Te disait Camille Pelletan, « les forces d’argent ne doivent pas dominer le travail s jé ferai l'impossible pour l’abrogation des décrets-lois qui ont fait passer le déficit de 7 à 12 milliards.

Certes, de sérieuses économies s’imposent. On ne pourra les réaliser que par une complète réorganisation des services administratifs ou sévit une invraisemblable et inutile paperasserie.

La législature prochaine devra travailler à l’assainissement financier et à la révision des impôts ; elle devra créer la justice fiscale. Mais cette œuvre suppose, avant tout, 1 indépendance absolue de l'Etat a l’égard des banques.

La classe agricole qui fut la plus durement atteinte par la crise a le droit d’exiger qu’en fin on s'occupe utilement d’elle.

Fout d'abord, il apparaît nécessaire de limiter les bénéfices excessifs des monopoles de fait (monopole privé de l'importation des blés, L.-L, Dreyfus ; 'monopole privé des engrais

azotés, sulfate d*ammo iliaque), L'Etat doit prendre place clans ces conseils d'administration afin d’y faire entendre la voix des consommateurs rançonnés. Les cours du blé se sont effondrés : on a pu constater que le principe de îa liberté surveillée était inapplicable. Les travailleurs des champs ont été odieusement exploités par les gros intermédiaires, par les gros minotiers, qui, sur leur misère, ont érigé des fortunes.

On doit assurer aux producteurs de blé un prix équitable et stable, un prix qui ne soit pas le jouet des pires spéculations.

On doit revaloriser les produits agricoles ; n'oublions pas que l'agriculteur français achète ce dont il a besoin au coefficient 5, 6 ou 7 par rapport aux prix d'avant- guerre, alors qu’il vend ses propres produits au coefficient 2 ou H*

Pour la culture, je réclamerai :

— l'extension toujours plus large du crédit agricole, avec diminution du taux de l'intérêt ;

— la démocratisation des chambres et des syndicats agricoles ;

— l'organisation d’un Conseil national économique où seraient appelés à siéger les petits producteurs ruraux.

Nous devons aux communes des moyens de communication praticables; il faut venir en aide aux municipalités pauvres qui ne peuvent entretenir leurs chemins. De même, il importe de faciliter les adductions d'eau dans les communes rurales.

Enfin, sur le plan de l’enseignement, nous veillerons à protéger contre tous les assauts la laïcité^ dont, ainsi que le disait mon père, l’idéal est fait de raison et de tolérance. D'autant plus sereine qu’elle se sent plus sure d'elle-même, la pensée laïque laisse à chacun la foi dont elle doit garantir la libre pratique,

Un dernier moi : j'enfends respecter la discipline républicaine, prouvant ainsi que la jeunesse qu'on m'a reprochée n'exclut pas l'idée de discipline qui m'est chère avant toutes r

Contre le fascisme, îa guerre, l'argent.

Pour la démocratie, la paix, la liberté,

telle sera la formule à laquelle je resterai toujours fidèle.

ÀNDRé ALBERT .

Candidat du Congrès républicain de Melle-

lre circonscription de NIORT.

M. Emile BECHE (Groupe socialiste .)

ïElu pour lajlr* fois le 3 mai 1936.

{Voir le programme du parti S, F, 1* 0V p* 3*}

Aux électeurs de la lre circonscription de Niort*

Le 26 avril prochain, vous allez êtrejappelé à désigner voire représentant à la Chambre des Députés.

Du A’Ote que vous allez émettre dépendent votre sort et celui du pays.

Etes-vous satisfaits de la situation intérieure et extérieure et ne voulez-vous pas que cela change?

Cultivateurs! croye-vous que vos peines ne méritent pas mieux que les méprisables profits qu'on vous laisse, alors que vos fournisseurs d’engrais, de machines, d'électricité encaissent, des superbénéfices.

Ouvriers, petits artisans, petits industriels en chômage ou menacés de F être, voulezvous avoir du travail et du travail qui vous permette de vivre décemment, vous et vos familles?

Petits commerçants! acceptez-vous de voir votre clientèle toujours plus rare et la faillite menaçante à vos portes?

Petits retraités î trouvez-vous acceptable que vos maigres retraites soient amputées, alors que les gros retraités voient les leurs augmentées dans de notables proportions ?j

Anciens combattants, Victimes de la guerre! trouvez-vous juste que vos pensions, reconnaissance sacrée de vos sacrifices ou de la dette du sang versé par vous ou les vôtres soient réduites de 10, 15, 20 et 25 0/0, alors que les requins qui se sont enrichis dans les charniers continuent à mener une existence grasse et tranquille

Vous tous, travailleurs de la terre, ouvriers, artisans, commerçants, voulez- vous être la proie d'une poignée de profiteurs qui ne rêvent que votre asservissement et votre ruine?

Vous tous, républicains! voulez*vous que la République vive et s'épanouisse, ou voulezvous la livrer aux bandes de désordre et de guerre civile? Voulez-vous vivre en citoyens libres ou en misérables sujets qui n’auront plus que le droit d obéir?

Vous tous, anciens combattants, que l'horreur de la dernière guerre hante encore; vous, jeunes électeurs, qui n'avez pas connu cet horreur, voulez-vous être assurés de l'établissement de la paix, bien suprê me pour tous ceux que n'enrichissent pas les immondes tueries?

Votre réponse vous dictera votre conduite, *

Si vous voulez voir disparaître la misère, les injustices, la tyrannie* Si vous voulez que le soleil brille pour tous, que chacun ait droit à la joie et an bonheur. Si vous voulez que la France reste le pays de la démocratie, de la liberté et de ^la générosité. Si vous voulez enfin que la guerre soit bannie à jamais.

N'hésitez pas î

Accordez votre confiance au parti socialiste qui réclame le pouvoir*

Pour : :;;j

— Dissoudre les ligues fascistes et libérer la République du péril créé par les groupes de factieux.

Pour :

— Libérer l’Etat de la dictature de la lia u te finance et pour que la Banque de France devienne la Banque de la Nation*

— Protéger la petite épargne et la petite propriété.

Pour ;

— Réaliser une réforme fiscale qui frappera les riches selon leur fortune.

Pour :

— Restituer à la Nation les monopoles'de fait (assurances, transports, mines, etc,), ce qui permettra à TEtat républicain de financer de grands travaux publics qui redonneront du travail aux chômeurs et feront reculer la crise*

Pour :

“ Jeter les fondements d'une économie nouvelle dans laquelle le profit ne sera plus réparti entre une poignée de requins insatiables, mais, employé à améliorer le bien-être de Ton semble des travailleurs.

Pour t

— Créer pour vous, cultivateurs :

L/n office national du blé, du vin, des engrais, afin de briser la spéculation triomphante de la loi.

Une caisse de secours contre les calamités agricoles*

Pour :

— Réaliser F école unique, rendant accessible à toutes les intelligences les trois degrés d'enseignement.

— Assurer aux anciens combattants et victimes de la guerre le respect des droits acquis*

— Améliorer le sort des mutilés du travail*

Pour *

— Permettre à la Frauce de prendre la tête du mouvement universel en faveur de la l&atx dans la sécurité collective en proposant le désarmement générai simultané et contrôlé et en interdisant la fabrication et le commerce privé des armes*

Voter socialiste est, aujourd’hui plus que jamais, un devoir national et un devoir humain.

11 faut, en finir avec l'oligarchie d’une poignée d’individus qui rançonnent la Nation, la trahissent au besoin, oppriment e± asservissent la masse des citoyens*

Contre la guerre, contre le fascisme, contre la misère*

Pour assurer à tous le pain, la paix, la liberté*

U faut voter socialiste !

Pas d’abstention !

Vive la République des travailleurs !

Emile BÊCHE

Instituteur. — Ancien combattant*

Candidat du parti socialiste S. F. L CL

2e circonscription de NIORT.

M. Remü RICHARD

(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la V fois le 11 mai 1924. — Réélu les 29 avril 1928, 8 mai 1982 et 3 mai 1936.

Aies cher <5 concitoyens,

Pour la quatrième fois, en plein accord avec mes amis, j'ai l'honneur de soumettre ma candidature à vos libres suffrages.

Depuis toujours j’habite ce pays où je suis né, où vivent les miens et où reposent mes ancêtres paysans.

Depuis 1920, c'est-à-dire depuis L'âge auquel les électeurs ont eu la possibilité de me confier un mandat électif, je lutte dans ce département et dans cette circonscription pour réaliser I union de tous les républicains d’avant-garde, sans exclusive contre aucun parti de gauche, sur un programme commun de réalisations.

Militant ardent du passé, j'entends rester militant, dans l'avenir; me refusant toujours aux luttes de personnes, je présente aux électeurs de gauche de la 2* circonscription de Niort ma candidature radicale- socialiste d'union des gauches, comme en 1924, comme en 1928, comme en 1932.

Je pense que cette simple évocation du passé et des liens de mutuelle confiance qui nous unissent depuis si longtemps, me dispense de longues explications électorales.

Les leçons du passé :

La législature qui s’achève a succédé à une législature de droite qui lui avait laissé un véritable bilan de faillite. Elle a eu, dans le trouble des esprits et l'incertitude des partis, à résister à l'assaut violent des privilégiés et des fascistes de tous acabits,

11 appartient au pays républicain de mettre fin à une situation qui, si elle se prolongeait, risquerait de nous conduire à la catastrophe.

Le devoir républicain ;

Une crise économique grave, due notamment à l’augmentation déréglée de la production, à l'absence d’une politique de répartition, à la fermeture d’un grand nombre de marchés, à la diminution du pouvoir de consommation qu'accroît encore le chômage, s’est abattue sur notre pays. Pour y faire face, les remèdes empiriques ne suffisent plus. U faut adapter le régime economique actuel à des conditions nouvelles. Rien ne serait plus dangereux que de laisser croire aux producteurs qu'il suffit d’élever indéfiniment les droits de douane pour les mettre à l'abri, La France ne peut vivre en vase clos ni se prêter à une politique de représailles.

L’heure est venue des ententes internationales contrôlées qui permettront seules d opposer aux besoins réels des peuples la création et la répartition des produits.

Le rapprochement des nations dans les relations économiques doit marcher de pair avec le rapprochement politique.

Pour faire face à la crise économique et à la mauvaise situation financière actuelle, la prochaine Chambre devra envisager des solutions nouvelles et hardies.

D’abord la paix :

Et en tout premier lieu, sur le plan international, luüe pour la paix entre les peuples pour le désarmement général et contre toutes les folies impérialistes et guerrières, ce qui nécessite le développement et l'extension de la Société des Nations et l'ouverture de larges négociations internationales pour régler les problèmes qui, parce qu’ils ont été négligés, se posent avec une acuiLc plus grande aujourd’hui :

L/ou tillage national :

Sur le plan intérieur ;

Reprise d’un vaste plan d'outillage national en abandonnant la lourde erreur d'asseoir des travaux de longue durée sur des ressources aussi variables et mobiles que les ressources de la Trésorerie, mais en le finançant par des opérations de crédit, les grandes collectivités intéressées (départements, villes, syndicats de communes, chambres de commerce, etc,), étant autorisées à faire des emprunts garantis par l’Etat; et ce sera la meilleure lutte contre le chômage.

Protection des avoirs du Trésor, en évitant de les faire servir, en dehors dn Parlement, à des avances à l'étranger, alors que leur emploi en France eut été si utile pour nos agriculteurs, nos commerçants et nos industriels.

Contrôle sévère des banques* Création du Conseil supérieur du crédit à qui sera confiée la gérance de la Banque de France, qui deviendra ainsi enfin la Banque de la France*

Politique agricole :

Défense de l'agriculture; contingentement des importations dans le cadre d accords Internationaux; extension du crédit agricole; assurance contre les calamités atmosphériques; vote du statut des coopératives; réglementation des bourses de commerce; lutte contre la spéculation; abaissement des tarifs de transports; aide aux communes et aux collectivités pour le développement des chemins vicinaux et ruraux et pour l'électrification progressive et la plus large possible des hameaux et des écarts de communes ; amélioration de la circulation normale des chevaux et des animaux de ferme, tant par la circulation des attelages hippomobiles que par l'obligation des travaux agricoles^ en un mot revalorisation des produits agricoles jusqu’à la parité des prix à la production et des prix à la consommai ion, avec comme premier point un elForl sérieux d’abattements sur les prix des transports et les prix des engrais.

Politique commerciale, économique et sociale :

Révision des taxes qui frappent si lourdement les commerçants et les industriels, aujourd'hui atteints au maximum, en les faisant bénéficier des facilités et des avantages accordés aux autres catégories de contribuables ; et pour cela réforme d'ensemble de notre législation fiscale a la fois trop lourde et trop compliquée, comprenant notamment : transformation de la taxe sur le chiffre d’affaires et extension de la taxe à la production qui doit arriver à remplacer la première ; réduction de l'impôt sur les transports ; assiette des patenles limitée aux locaux industriels et commerciaux; même abattement à la base; admission dans les frais généraux du salaire de la femme du commerçant travaillant avec son mari aux lieu et place d’un employé; limitation de la période pendant laquelle le fisc peut présenter ses réclamations ; organisation du crédit à court terme pour permettre de faire face aux difficultés de trésorerie d’entreprises saines, et du crédit à moyen et long terme en vue de l'aménagement, de la transformation, de T extension d’entreprises existantes commerciales et artisanales ;

Maintien, mais aménagements nécessaires et adoucissements de la loi sur les assurances sociales ;

Politique d’affection et de soutien effectif envers nos camarades anciens combattants, qui doivent retrouver les avantages que leur a fait injustement perdre la politique dite de déflation ;

Réajustement de la législation qui concerne les mutilés du travail ;

Maintien et extension de l’indépendance et du statut des fonctionnaires, réforme administrative et chasse aux grosses sinécures ; abolition des injustices Créées par les décrets-lois

Laïcité de l’État, c’est-à-dire neutralité entre toutes les confessions; amélioration de l'enseignement secondaire, supérieur et professionnel, pour l’accession de tous les enfants à tous les ordres de l’enseignement, suivant leur mérite et non plus suivant leur fortune...

L’union des gauches :

N y a-i-il pas la, dans cette énumération qui ne saurait évidemment être limitative et qui ne prétend pas prévoir tous les problèmes qui se posent, matière à labeur et matière à union entre tous les républicains sincères*

Pour en obtenir la réalisation, il faut une représentation nationale résolument orientée à gauche, car seule Tu ni on des partis de progrès social est un gage d’action.

C’est vers celle œuvre que je vous demande de tourner vos pensées; c est à elle que je vous demande d apporter vos réflexions.

Les Marais mouillés :

«Pajciile, sur un terrain plus strictement local, qu’ayant apporté toute mon attention et tout mon appui, avec des réalisations, à l’important problème des marais mouillés, je continuerai à servir cette cause, en plein accord avec les syndicats intéressés, et à terminer la réalisation presque achevée du grand programme de travaux, l’Hygiène devant apporter un complément à ce qu’ont déjà accordé les Travaux publics et l’ Agriculture.

Par le Rassemblement populaire :

À l'heure même où la forme républicaine est menacée, où il faut de toute nécessité se se réformer ou disparaître, j’estime qu’il est plus nécessaire que jamais de répéter que seule, runion de toutes les fractions républicaines sur un programme net, comportant l’acceptation de responsabilité communes dans un gouvernement commun, peut sauver le régime et satisfaire aux légitimes aspirations populaires.

C’est fait. Et c’est pour cela qu’avec mon parti j’ai spontanément et d'enthousiasme donné mon adhésion à ce grand mouvement libérateur qui s’appelle : Je rassemblement populaire.

En ce mouvement se sont réunis des hommes pour défendre en commun la même politique sociale, celle qui veut donner la paix et du pain aux vieillards, du travail aux ouvriers le droit à la vie à toute une jeunesse inquiète qui veut défendre la liberté d’expression, d'opinion, de réunion.

Et à ceux qui vous parleront, pour vous la reprocher, de l’adhésion donnée à ce mouvement de la grande révolution française en révolte contre les privilèges et l’incompréhension, repondez qu’il en sera toujours ainsi de vous, que vous vous refusez à rompre le contact avec 3a grande niasse ouvrière de ce pays et que si quelque jour des dirigeants incapables voulaient vous faire rompre ce contact, c’en serait alors fini de ce parti d'équilibre qui arbitre la politique française qu'est le radicalisme.

Le devoir :

Le sulfrage universel est libre et c’est à cette liberté que je fais appel. Je suis sûr que, comme en 1928 et comme en 1932, pour barrer la route à la réaction, il saura mettre en tête

au premier tour de scrutin, celui qui lui paraîtra le mieux qualifié pour battre le candidat des droites et le plus sûr de le faire, tant par sa sincérité politique que par ses attaches dans la circonscription.

J 'attends avec sérénité lie verdict souverain de notre maître à tous : le peuple républicain, jaloux de sa liberté et fier de son indépendance.

Vive la République protectrice des humbles qui se doit de donner à tous le pain, la paix et la liberté !

Rem: RICHARD

Circonscription de PARTHENAY.

M. Clovis MACOU1N (Groupe de la Fédération républicaine de France.)

Elu pour la lïe fois le 22 avril 1928. — ■ Réélu les 1er mai 1932 et 3 mai 1936.'

Mes chers Concitoyens,

C’est en ami, autant qu’en candidat, que je viens de nouveau solliciter vos sulTrages.

Ma vie se passe au milieu de vous et vous me connaissez tous. Je sais vos besoins et je m’emploie toujours de mon mieux à vous être utile, dans toute la mesure du possible! Enfant du peuple comme la plupart d’entre vous, je suis resté toujours l’un des vôtres et ma vie publique, ma vie politique, ma vie privée elle-même, s’étalent an grand jour.

Vous savez donc qui je suis, et vous vous prononcerez sur moi en parfaite connaissance de cause, sans tenir compte des calomnies intéressées dont mes adversaires, suivant leur habitude, ne manqueront pas de m'accabler au cours de la campagne électorale.

J’ai confiance en vous? et je sais que déjà votre position est prise et que vous assurerez triomphalement ma réélection le 26 avril prochain. Je sais que je puis compter sur vous et sur votre amicale sympathie dont je suis si fier.

De mon côté, il me plaît de vous redire mon cordial attachement et mon dévouement total.

En 1932, au cours d’une campagne électorale ardente, je vous ai dit que seule une politique d’Union nationale républicaine pouvait assurer votre prospérité et affermir la paix dans notre cher pays. Vous avez entendu mon appel et vous avez assuré ma réélection triomphale le Ier mai 1932.

Malheureusement, dans l’ensemble de la France, le Cartel des gauches a vaincu l’Union nationale et de nombreux électeurs se sont laissé prendre aux belles^ mais vaincs et trompeuses promesses des hommes du Cartel. Et depuis quatre ans, nous avons connu, hélas ! les heures graves que vous savez : crise agricole, crise commerciale et industrielle, scandales financiers, troubles sociaux, menace de guerre civile et de guerre étrangère.

Voilà quel est le bilan, le triste bilan, de la triste législature qui s’achève!!!

Aujourd’hui^ les hommes du Cartel des gauches, unis sous l’égide du Front commun: vont à nouveau se présenter i\ vous comme des sauveurs, cachant leur étiquette politique pour mieux vous tromper et, se faisant passer pour des agriculteurs, ils vous diront que,

seuls, ils peuvent sauver ^agriculture du marasme profond dans lequel elle est, hélas î plongée*

Agriculteurs, n'écoutez pas ces propos mensongers ! Et rappelez-vous que, depuis quatre ans, c'est une majorité composée de radicaux socialistes, de socialistes et de communistes, c’est-à-dire des trois éléments qui composent le Front commun, qui gouverne le Pays; et que c est celle majorité qui est responsable de la ruine paysanne actuelle, comme elle est responsable des dangers de guerre qui nous menacent.

Electeurs, vous vous souviendrez, le 26 avril prochain, que ce sont les hommes de gauche qui nous onL conduits désarmés, à la guerre en 1014; à deux doigts de la ruine en 1926; et à la guerre civile au 6 février 1934! ! ! Vous vous souviendrez qu’en ratifiant le pacte Franco-russe, tout dernièrement, c’est-à-dire en s'alliant avec le bolchevisme, qui nous a trahis en 1917, le front commun a donné à l1 Allemagne le prétexte de son coup de force du 7 mars 1936, coup de force qui constitue une terrible menace pour la paix 1 1 !

Républicains! Je vous crie : Rassemblement pour le 26 avril prochain 1 Affirmez- vous en masse sur mon nom I Et comptez sur moi* comme je compte sur vous! j 1

Dans la prochaine législature, je travaillerai sans défaillance pour la défense de vos intérêts si gravement atteints aujourd'hui !

Avec tous les hommes d’ordre, je lutterai contre les grands trusts qui menacent Inexistence de nos ouvriers, artisans et petits commerçants; je besognerai de toutes mes forces pour donner à notre agriculture la prospérité d’autrefois; car il faut à tout prix, que nos cultivateurs puissent vivre très largement du produit *de leur travail écrasant. Car, sans prospérité agricole, il ne peut y avoir de prospérité nationale 1 1 !

L'agriculture est la pierre angulaire de la .prospérité du paya* C’est donc au profit de l’agriculture avant tout qu'il faut diriger Lous nos efforts en rompant délibérément avec la politique agricole du Front commun, laquelle n'a profité qu’aux spéculateurs et aux agioteurs qui, eux, s enrichissent au détriment des paysans dont ils exploitent la détresse !

Il faut, en outre, assurer du travail à tous, avec un salaire rémunérateur* Pour cela, réfoulons progressivement les étrangers de façon à limiter 3e chômage chez nos nationaux .

Enfin, et surtout, je veux la paix! La paix par tous les moyens compatibles avec notre dignité et notre indépendance* La paix armée par la sécurité de nos frontières et par Paccord sincère de la France avec les nations, avec toutes les nations qui savent bien, comme nous, que la guerre est un crime et une monstruosité*

Je veux la paix! l'ordre, la justice et la liberté.

Je veux l’union entre tous les Français, source féconde d'une prospérité nouvelle tant attendue, et au retour de laquelle je travaillerai de toutes mes forces, pour toujours mieux vous servir en fidèle ami !

J’attends voire verdict avec confiance et, demain, comme hier, vous pourrez compter sur mon affectueuse camaraderie et mon entier dévouement.

Vive l’arrondissement de Pardieu ay !

Vive la France! Vive la République! Vive la Paix!

Clovis MACQU1N Député sortant.

Conseiller général do Secon^jsgny, — Maire de Moncoulani.

Officier de la Légion d'honneur,

Croix de guerre, — «f Croix de Saint- Georges*

Candidat républicain d'union nation*!®.

SOMME v

lra circonscription d 'ABBEVILLE.

M. Max LEJEUNE (Groupe 30 ci ali s te.)

Élu pour la lre fois le 3 mai 193frh

(Voir le programme du Parti socialiste S. F. I. O,, p. 3.)

Citoyens,

Candidat du Parti socialiste, j’ai mené avec des amis dévoués une campagne ardente. En militants, nous sommes allés partout : dans le plus petit hameau comme dans le gros bourg. Nous avons sonné le rassemblement de tous les démocrates, de tous les travailleurs. Nous avons été entendus. Des auditoires attentifs et toujours nombreux ne nous ont pas ménagé leurs marques d'approbation, ni leurs applaudissements. Nous avons écoulé plus de 3,000 brochures. Partout des concours bénévoles nous ont puissamment aidés :

Contre les décrets-lois :

Qu'avons-nous dit? Nous avons expliqué les causes de la crise économique et démontré ïa monstrueuse politique de déflation pratiquée à coups de décrets-lois par les gouverne» ments de Doumergue et Laval, que soutinrent les députés radicaux et les députés modérés* La réduction des salaires des employés de l’Etat, des cheminots, des ouvriers de l'industrie, du bâtiment, a amputé Je pouvoir d'achat des masses laborieuses, paralysé les transactions commerciales, accentué le chômage et provoqué la baisse des prix des denrées agricoles. L’ouvrier gagnant moins, le cultivateur a vendu moins cher ses produits. Dans les grosses exploitations, messietfrs les agriculteurs ont diminué les salaires déjà si bas des ouvriers agricoles dont certains ne gagnent que 8 ou 10 francs par jour, non nourris, non logés. Les artisans de nos villages : charrons, couvreurs, maçons, charpentiers, bourreliers, forgerons, ont été frappés à leur tour, les cultivateurs raréfiant leurs commandes*

Les petits commerçants de nos bourgs ou villes à clientèle agricole ont vu leurs affaires diminuer au fur et à mesure que leurs impôts augmentaient* (Le Parti socialiste a réclamé pour eux la propriété commerciale intégrale, la révision des baux scandaleusement majorés à une époque de prétendue prospérité, la révision des cessions et billets de fonds.

11 s’est prononcé pour Légalité du contrôle, contre les grosses firmes, monoprlx, prisunic, qui ne payent qu’une patente, malgré l'exercice de plusieurs commerces).

Petits commerçants, vous aussi* avez été durement touchés par la politique d’ampu talion des salaires et traitements.

Seuls, les hommes des conseils d’administration des banques et des entreprises capitalistes (tel M, Doumergue, des 300,000 JY. de la Compagnie de Suez) ont été épargnés. Les décrets dois ont frappé les travailleurs, accru la crise* respecté les profiteurs.

Le Parti socialiste s est dressé contre cette politique. Il a préconisé la révision des marchés et bénéfices de guerre : des hommes qui se disent patriotes ont préféré réduire de 3, puis de 10 0/0, les pensions des anciens combattants, des veuves, des mutilés et des ascendants.

Pour le travail :

Le monde agricole, touché par la politique de déflation, a toujours été volé impunément par des spéculateurs : marchands de grains ou minotiers sans vergogne, rançonné par les trusts capitalistes du sucre* du lait et des engrais. Le respect des lois de taxation n’a pas été imposé aux minotiers, aux marchands de grains en 1933 et 1934* Mais le cultivateur a tout de même payé son pain comme si la taxation avait été respectée.

Aujourd’hui, pour tromper le cultivateur, pour l’endormir, pour qu’il ne vote pas socialiste, ces messieurs font artificiellement remonter le cours du blé avant les élections, alors que les petits n’ont plus de blé à vendre. Ces hommes, qui partagent avec le paysan en ne lui laissant que juste de quoi ne pas mourir de faim, nous représentent comme des cambrioleurs de propriété, alors que nous avons toujours dit que la propriété familiale, individuelle, acquise par le travail est une propriété inviolable et sacrée. Descendant de paysans, neveu de cultivateurs, gendre d’un cultivateur, j’appelle les travailleurs du sol k rallier le drapeau socialiste '

Frappées également, les populations maritimes 1 La petite pêche, concurrencée par la grosse pêche capitaliste des chalutiers de Dieppe et Boulogne, a vu ses ressources diminuer. La baisse du prix des produits de pêche, leur mévente, ont les mêmes causes que la baisse et la mévente des produits agricoles.

Matelots, venez au socialisme l

Contre la crise ;

Pour combattre la crise, le Parti socialiste a préconisé ses solutions. 11 faut organiser la production par l’élimination des grands monopoles capitalistes, la remise de leur gestion aux travailleurs et usagers, associés sous le contrôle de 1 Etat, et la restitution de leur profit à la nation ; par la création des offices agricoles du blé, du sucre, des engrais à base professionnelle. Le Parti socialiste', d’accord avec la Confédération générale du Travail ét la Confédération nationale paysanne, demande le contrôle de la production en fonction des besoins de la consommation nationale. Donner du travail aux jeunes et aux chômeurs, du pain aux vieux travailleurs est la tâche essentielle de noLre époque. Secourir le chômeur jusque dans le plus petit village est un devoir. Le Parti socialiste a préconisé Passurancechômage, il n’a pas été entendu ! Les budgets des petites communes sont écrasés par les nouvelles charges que FEtat fait retomber sur eux. Aucun progrès ne sera possible sans la nationalisation do la Banque de France et le contrôle du crédit. Ce premier article du programme républicain attend sa réalisation depuis cinquante ans ! 1 1 Réalisation indispensable pour mater la féodalité capitaliste qui s’est abattue sur la République.

Pour la paix :

Les travailleurs ont toujours été les victimes de toutes les guerres. Parti d’idéal, Parti des travailleurs, notre Parti socialiste a sans cesse lutté pour l’organisation de la paix. Il a soutenu constamment l’action de la Société des Nations, malgré les railleries et les attaques. Il avait raison. La Russie ouvrière et paysanne elle-même est entrée à la S. d. N.

Aujourd'hui, -'««tto'-lPàrti réclame 1 le rassemblement à Genève- des énergie» des peuples pacifistes, l'entente de l’Angleterre libérale, de la France démocratique, de la Russie protêt arienne pour dresser, face aux- dictateurs Hitler «I. Mussolini; fauteurs de désordre et' de guerre", 'le-- front' uni de toutes les nations décidées à défendre la paix. lie respect 'de» engagements" librement consentis, le jeu de l’assistance mutuelle, l’organisation de la sécurité ctfîleétive; voilà. ce que demande immédiatement le Parti. Il dénonce- à l’opinion publique’ lè sôandalejd'Un MI de Wendel fournissant du minerai de fer français à- l’industrie de guerre -èdleniandè; le scandale d’un M. Schneider vendant 200 tanks à l’Allemagne. II réclame la nationalisation de la fabrication des armes.

Pour la liberté :

Pour'.là d’éfensc"- dé i la' liberté ci de la République, le Parti s'est toujours dressé. Il a sans cesse, au second tour de scrutin, préconisé. Je rassemblement des force» populaires cou I re celles" dé réaction ;

Défenseur dé' l’école réjjuHIibaine, des lois de laïcité, de toutes les libertés, conquises par le peuple au prix d’im effort incessant, il a l’honneur d’avoir, le 12 février 1934 provoqué T'union de toutes les forces démocratiques et laborieuses; A son appel s’est constitüê liÿ;Phynt5popü là-ire dé toutes les- volontés de défense et d’aetion: républicaines.

11 a -fait son- devoir, sans jamais avoir à rectifier m lactique et ses méthodes. Tel il parlait il y* a- trente- ans; tèl il parle aujourd’hui. Les faits prouvent qu’il a raison;

Après- Pàssassinat de Jaurès, c’est l’attentat contre Léon Rlu-m. Ghaque fois que des hommes veident atteindre la RépuWique, ils' frappent" les chefs de notre Parti socialiste;

II faut Obtenir la- dissolution des -lignes factieuses - : Jeunesses patriotes, Franciste», Croix de Feu et la dissolution effective de la Ligue d’action française. Organisations paramili taires, -air asmeei dti ■ prétendant royal au trône de France, elles défient la volonté populaire dé tbute-la- force des capitalistes qui les subventionnent.

Pour demain :

Seule l’adoption publique du programme du Rassemblement populaire conditionnera éventuellement le désistement du Parti socialiste; elle doit aussi amener la prise en commun des responsabilités gouvernementales au lendemain de la victoire.

Le péril réactionnaire, la carence des chefs radicaux nous amènent à faire appel aux vrais républicains -et aux travailleurs.

Ils ont le devoir de dresser contre la réaction et ses factieux- le bloc uni des démocrates et travailleurs pour réaliser leur unité dans le combat.

Dès le premier tour, chômeurs, ouvriers de l’agriculture, de l’in dustrie et du bâtiment, cultivateurs, marins, artisans, petits fonctionnaires, retraitéSj commerçants, anciens cornbattants et jeunes hommes*

Y o Lez pour la défense du patnT de la paix, de J a liberté-

Y otez: poun-J. ardent candidat de la vraie République, pour

Max LEJEUNE

Licencié às-lettres* diplômé d'études supérieures.

Professeur.

Candidat du Parti socialiste (S. F, I. O,).

2* circonscription d’ABBEVILLE.

M. Maurice DELABIE (Groupe républicain radical et radical-socialiate.)

Élu pour la I™ fois le 8 mai 1932. — Réélu le 3 mai 1936.

Mes chers concitoyens,

La législature qui vient de prendre fin fut une des plus difficiles de la IIIe République ■ crise économique, crise financière, troubles de la rue, péril extérieur, ont placé les parlem en tairas devant les plus lourdes responsabilités.

J ai conscience de les avoir assumées de mon mieux. et c’est pourquoi je n'iiésitc pas à vous redemander le renouvellement du mandat que je tenais de votre confiance.

L’œuvre d'hier.

C’est autour du drapeau radical que je vous demandais de vousrrallier il y a quatre ans. C’est encore de lui que je me réclame aujourd’hui car l’expériencc-m’a confirmé plus que jamais dans cette Idée que c’est le parti le mieux adapté. à une démocratie,' le parti du bon sens et de la raison. Il 1 a prouvé ces dernières années*

Si la République' est. toujours debout, si notre monnaie. nationale a conservé sa valeur, si les agriculteurs ont trouvé dans l’Etat des concours qui leur ont permis d’éviter une débâcle sans précédent, on le doit aux élus radicaux qui devant l'intérêt du pays ont accepté les risques du pouvoir quand d’autres préféraient la popularité facile de l’opposïlion.

En arrivant à la Chambre nous avons trouvé un déficit de 15 milliards. Sans nous attarder aux querelles des responsabilités devant un Trésor vide qui nous présageait une catastrophe imminente, nous nous sommes résolument attaqués au redressement financier. Tandis que des partis situés à notre gauche refusaient de concourir ù l’action gouvernementale, ce qui leur permettait de s’associer aux votes agréables et de se dérober devant les scrutins impopulaires, les Gouvernements radicaux, assumant seuls les lourdes charges dune gestion ingrate, ont réalisé en dix-huit mois des amenagements atteignant' 12 millia rds,

ht après les événements du 6 février, les radicaux-socialistes sans rien abdiquer de leurs idées, ont soutenu les formations gouvernementales de concentration républicaine, tant qu'elles sont restées dans la limite de la Constitution.

Ou peut nous critiquer : on ne trompera pas les esprits avisés qui, à la critique stérile, préfèrent les réalisations même imparfaites.

La tâche de la prochaine législature exigera de la part des élus le même sens: des réalités, le même courage dans les décisions. La nouvelle Chambre devra en effet assurer la défense do régime républicain, poursuivre la restauration économique et financière, sauvegarder et consolider la paix.

Le programme de demain.

Défense républicaine :

L'agitation créée par les ligues factieuses contribue pour une large pari au.malaise qui paralyse toute la vie économique. Si l’on veut que la confiance revienne, que la bonne harmonie régné entre Français, i! faut absolument mettre fin à l'activité provocante de toutes

les milices prétoriennes qui, sous de s noms et des uniformes divers, préparent ouvertement la guerre civile*

Des dispositions législatives ont été votées; il faut veiller à leur application avec une volonté inflexible de voir enfin régner l’ordre dans le pays et l’apaisement dans les cœurs.

Rénovation économique :

Le parti radical à prouvé qu'il "place au premier rang de ses préoccupations 3a lutte contre la crise, génératrice de découragement eL de misère,

La politique de déflation unilatérale poursuivie jusqu’ici n'a pas donné les résultats escomptés.

Ce qiril faut, c'est, par une détente fiscale prudemment dosée, soulager la production des changes écrasantes qui asphyxient lentement le commerce, l'agriculture, l’industrie et Parti sanaL

Parallèlement à cette action, ceux qui auront la charge des affaires publiques devront poursuivre une politique d'argent à bon marché.

Le petit industriel, le commerçant, Partisan, le marin, qui a besoin de crédits pour développer son entreprise ou doubler Je cap d'une période difficile ne trouve pas d'argent. Et cependant le crédit, sagement réglementé, est appelé à remplir une fonction économique et sociale du plus haut intérêt. Aussi, est-il indispensable de le mettre à la disposition du plus grand nombre, en créant, par exemple, des organismes prêteurs dans le genre des caisses de crédit agricole.

Le parti radical a des attaches profondes dans le monde rural et c'est la raison pour laquelle il est en quelque sorte son défenseur naturel II sait qu'acluellement la terre nourrit difficilement ceux qui h cultivent Sou souci est d'améliorer leur sort par la revalorisation des produits agricoles (échelonnement des ventes par le perfectionnement du crédit; diminution des prix de revient par une politique d engrais à meilleur marché).

Questions sociales :

Parti populaire, le parti radical se distingue avant tout par son esprit social* Toutes les grandes lois qui ont amélioré la situation des travailleurs sonL dues à son initiative. Aujourd’hui, sa grande préoccupation est de mettre fin au chômage par un plan de grands travaux d’intérêt général et régional. En attendant sa mise en œuvre, la création d'un fonds national de chômage devrait permettre de soulager les budgets communaux dont beaucoup sont à ho u t d e resso u r ces ,

Pour redonner du courage à une jeunesse que l’oisiveté désespère, il importe de mettre fin à des cumuls encore trop nombreux, de rajeunir certains cadres administratifs, d'assurer les vieux jours des travailleurs qui ont bien mérilé de se reposer, de prolonger la scolarité pour la formation professionnelle des enfants ayant achevé leurs études primaires.

Autres mesures dont la réalisation devra être poursuivie ;

— La protection de l’enfance martyre.

— L'intensification de la culture physique, l'organisation des loisirs des travailleurs*

— La généralisation des œuvres sociales (dispensaires, colonies de vacances, construction d1 habitation s à bon marché, etc.).

— Dans le domaine de la laïcité y le vote de réformes destinées à compléter F oeuvre de Jules Ferry, et aussi a corriger certains décrets trop hâtivement pris (recrutement des écoles normales notamment).

Est-il besoin d'ajouter que partisan de la fusion et non de la lutte des classes, le parti radical s'efforcera toujours de favoriser l’accession des travailleurs à la propriété individuelle à laquelle il reste profondément attaché.

Fidèle à ce grand parti, je souscris pleinement à son programme, parce que je le conçois juste et généreux.

La sauvegarde de la paix :

De toutes mes forces, je désire contribuer à l'établissement d*une paix indestructible, basée sur raccord de toutes les nations pacifiques. Je demeure partisan convaincu de la politique d’Edouard Herriot qui veut que la sécurité de la nation française soit garantie par des pactes d'assistance mutuelle et de non agression.

Sans vouloir prendre parti pour tel ou tel système de gouvernement établi dans les différents pays européens je suis de ceux qui recherchent l'accord avec les nations qui veulent sincèrement la paix* C’esL pourquoi j'ai signé le pacte franco-soviétique préparé par tous les Gouvernements qui se sont succédé depuis quatre ans, recommandé par les grands chef'? de notre armée, signé à Moscou par M. Pierre Laval lui-même et discuté il y a quelques semaines par ceux qui l’approuvaient alors.

En présence des menaces allemandes les efforts de tous les bons citoyens doivent se conjuguer pour éviter au monde la catastrophe effroyable que serait une nouvelle guerre. Soucieux de ne pas entamer tes forces de notre défense nationale, plus que jamais nécessaire pour garantir nos libertés et notre indépendance, je m'eflorcerai qu'elle soit organisée de façon rationnelle et qu'elle ne constitue pas l'occasion de prélever de scandaleux bénéfices sur la misère des citoyens*

Une circulaire électorale ne saurait englober toutes les questions qui sollicitent l’attention d'un député, aujourd’hui surtout où les difficultés de toutes sortes accueillent chacun de nous. Après les preuves que j’ai eu la satisfaction de donner au cours de mon mandat je pense qu’il est superflu de vous renouveler ici l’ assurance de mon dévouement ; comme par le passé, vous trouverez toujours ma porte aussi accueillante. Sans vouloir faire de préférence, je tiens cependant à assurer d'une façon toute spéciale les anciens combattants de ma sollicitude,

Ancien combattant moi-même, je me suis toujours conduit en défenseur de leurs droils sacrés, et c’est pourquoi j'ai voté contre la retenue inique de 10 0/0 sur les pensions des mutilés, anciens combattants, ascendants et veuves de guerre. En approuvant le principe d'une caisse des pensions, garantie de leurs droits, j’ai contribué à la révision de cette injustice et suis décidé à mettre tout eu oeuvre pour que le bon fonctionnement de cette caisse mette J es victimes de la guerre à l’abri de l’arbitraire et des fluctuations de la politique*

Mes chers Concitoyens,

Vous connaissez maintenant dans leurs grandes lignes les réalisations que j’aurai à cœur de faire aboutir si, comme je l'espère, vous me renouvelez votre confiance. Je les résume en trois mots :

Le Travail. ™ C’est-à-dire la fin des souffrances du chômage pour tous les travailleurs des villes, des champs et de la mer*

La Liberté* — C'est-à-dire l'éloignement de mon pays du spectre de la dictature quelle qu elle soit*

La Paix, enfin, à tous les peuples de bonne volonté. C’est sur ce programme que j’invite tous les démocrates, traditionnellement attachés à la propriété individuelle et au régime démocratique, à rallier leurs suffrages le 2(1 avril*

En travaillant à réaliser ce triple idéal, ils auront bien rempli leur devoir envers la Patrie et la République, dont les destinées sont indissolublement unies.

Maurice DELABIE Député sortant,

Candidat du parti républicain radical et radical -socialiste.

1T* circonscription d AMIENS*

M, Jean GATELAS

(Groupe comm unîstej Elu pour la lr* fois le 3 mai 1936*

(Voir le programme du parti communiste français, p« 16*)

Aux électeur s, de la lTa circonscription: d’Amiens,

Le Parti communiste va au combat, son drapeau largement déployé/ Il fait connaître à chacun ce qu'il veut aujourd’hui et quels sont ses buts pour demain* Il combat tous ceux qui, sciemment ou non, veulent semer des illusions. C’est en agissant avec cette franchise et cette loyauté que le Parti communiste a gagné la confiance du peuple que, de batailles en batailles, il saura conduire à la victoire.

Ouvriers {TA mien?,

Notre Rayon est décidé à continuer la lutte pour la défense de vos salaires, pour l'amélioration des conditions d'hygiène de vos ateliers* pour la salubrité de vos habitations et de vos rues. Votre député-maire, le réactionnaire Lecomte, n’a rien fait pour vous. Vous accorderez votre confiance au Parti communiste qui lutte contre vos salaires de famine*

Chômeurs,

Le Parti communiste a toujours pris votre défense, et nombreuses sont les améliorations apportées à votre triste sort dans les endroits où nos élus sont au pouvoir. A Amiens, M. Lecomte nfa rien fait pour vous soutenir ; pas de salle pour vous, jeunes chômeurs, pour vous réunir ; pas de cantines scolaires, pas de lait pour vos enfants S

Fonctionnaires, cheminots, travailleurs des services publics,

Notre Parti a clé a la tête de la lutte contre les décrets-lois de misère, décrets-lois votés par votre député sortant, M. Lecomte ; décrets-lois dont nous réclamons ^abrogation.

Anciens combattants,

Le Parti communiste lutte pour l’union des anciens combattants qui permettra de faire respecter la charte des victimes de la guerre, violée par M* Lecoinfe, qui a voté la diminuti o n d e vos p en s i un s ,

Artisans, petits commerçants,

Notre Parti lutte depuis plusieurs années à Amiens pour la révision de la taxe sur les locaux à usages industriels et commerciaux, la suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires, la réforme fiscale, la suppression des impôts qui écrasent les contribuables, pour l'institution de la propriété commerciale. Votre détresse est faite do la misère des masses ouvrières* Votez pour le Parti communiste qui, a la Chambre et à Amiens, a toujours pris votre défense.

Ouvriers des transports, chauffeurs de taxis,

N oubliez pas que M. Lecointe a voté contre la loi reconnaissant aux chauffeurs de taxis U qualité de salariés, leur refusant ainsi le bénéfice de toutes les lois sociales.

Petits transporteurs,

N oubliez pas que M. Lecointe vous oblige à stationner dans des endroits éloignés de la clientèle, favorisant ainsi les gros transporteurs.

Petits rentiers,

Les impôts successifs vous ruinent et vous écrasent. La dévaluation dont on vous menace ne ferait qu’aggraver votre misère. Votez pour notre Parti communiste qui, en défendant le franc, empêchera que vos économies, résultat d’une vie de labeur et devant vous assurer vos vieux jours, ne tombent à zéro.

Antifascistes, républicains sincères,

Notre Parti communiste a toujours été à la tête de la lutte pour la défense des libertés républicaines. Loyalement, il a travaillé à l’union des forces pour la lutte contre le fascisme. A Amiens, notre Parti veut faire plus encore. Le péril est grand, il faut former, dans tous les quartiers d’Amiens, des comités du Front populaire, avec direction élue par l’assemblée.

Le fascisme c’est la guerre !

Pour la défense de la paix, le Parti communiste a été à l’avant-garde, dénonçant les fauteurs de guerre, les fascistes français alliés à Hitler et à Mussolini. Contre les accords de Rome et la politique néfaste de Laval, notre Parti a mené la lutte.

N’eubliez pas que M. Lecointe est l’homme de Laval. Il l’a soutenu dans sa politique inlérieure et extérieure.

N oubliez pas que M. Lecointe est aujourd’hui le candidat de la réaction et de la grosso bourgeoisie et n a plus rien pour se réclamer de la classe ouvrière.

Contre la misère, contre la dévaluation qui serait une aggravation de la crise et de la misère des petits possédants,

Pour le Pain, pour les Libertés, pour la Paix,

Votez communiste !

Votez en masse pour le candidat du Parti communiste, le camarade

Jean CATELAS

militant dévoué à son Parti et à sa classe, plusieurs fois sanctionné pour son action en faveur de ses camarades.

Vive le Parti communiste !

Vive le Front populaire I

J. CATELAS.

2e circonscription cT A MIENS.

M. Louis : I?RÛT (Groupe communiste.)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936,

Citoyens, Camarades,

Vbusen avez assez* Vous voulez que ça- change, Un seul' parti, Ib nôtre, vous apporte iës1 solutions et un programme qui peuvent changer dii tout au tout la situation. Notre prog^ramnie est le même qu’bn 19^8 et en 193*2, Nous n; avons pas changé.

Notre but reste le même.

Unir la nation française contre le capitalisme qui l’oppresse, contre le fascisme qui ■voudrait l'asservir.

Faire payer les riches, ceux qui possèdent, quiv de tout temps, ont profité de TexploU talion dés hommes.

Faire le bloc de tentes les volontés contre les deux cents familles qui. détiennent les grands moyens de production et d' échange et. conduisent le pays volontairement à la ruine.

Sonner le rassemblement de loüs ceux qui souffrent et qui peinent ; du cultivateur, que la terre ne nourrit plus; de l’ouvrier qui ne peut plus vendre ses bras pour lac production ; des classes moyennes, retraités, commerçants, artisans, petits* rentiers, qui, chaque jour, se réveillent un peu plus appauvris ; de tons ceux, qui participent à ta grandeur et à la richesse de notre pays et qui tremblent à l’idée d'être demain dans la misère.

Citoyens, Camarades,

Notre Parti est d’accord avec vous pour crier : « Ç'en est assez. Il faut que ça change.

Au cours de plus de soixante réunions, notre camarade Louis Prot a longuement' développé le programme de notre Parti.

Il l'a fait avec talent, avec vigueur, avec enthousiasme.

Il a été compris, applaudi, acclamé, par des auditoires nombreux.

Malheureusement, il ne lui sera pas possible de toucher lés 204 communes de notre circonscription; il s'en excuse auprès des travailleurs qui, nous le savons, désireraient ardemment b entendre développer notre programme. Nous leur demandons de bien comprendre la situation d'un candidat du peuple, qui travaille tous les jours et de la, comparer avec celle des autres candidats.

Et nous avons confiance dans l'issue de la grande bataille qui est engagée dans la deuxième circonscription d’Amiens.

Louis ProL doit, le 26 avril, arriver en tête des candidats de gauche.

Et, au deuxième tour, il doit être le porte-drapeau du Front populaire dans cette circonscription qui p à tout jamais, est perdue pour la réaction.

G i toyens , : Gam a rades ,

Notre position est neLte, claire, inattaquable. Pour que çà charge, if faut vous affirmer dès le premier tour, sur le nom de notre candidat.

Fidèle au serment du $14 juillet J1935, notre Parti mettra tout en œuvre- pour 'battre le fascisme, assurer la paix, et garantir le droit à la vie de tous ceux qui travaillent.

Nous nous désisterons franchement, loyalement, au deuxième tour, si un candidat de gauche arrive avant le notre, à la condition formelle qu'il s’engage à défendre au Parlement le programme minimum du front populaire.

Mais nous ne doutons pas du résultat.

Louis iProt sera dési gné .par le ^suffrage universel pour rester le seul candidat de® gauches au deuxième tour.

Pour le pain, la liberté, la paix.

Pour une France libre, fonte et heureuse.

Vous voterez communiste I

Vous voterez pour

Louis PROT

Candidat du Parti communiste.

Le Comité électoral de la ^circonscription d'Amiens.

3* circonscription d’ AMIENS.

M. François de CLERMONT-TONNERRE

(G rompe agraire indépendant.)

Elu pour la V* fois le 3 mm 193b.

Plan de travail :

Il est facile de promettre ; difficile de tenir, quand les circonstances ne le permettent pas.

Ne vaut il pas mieux chercher à connaître les idées-forces qui animeront et qui règlexon t notre action ?

Voilà pourquoi je n’ai pas cherché à présenter un programme, forcément limité, forcément incomplet; mais bien plutôt pourquoi, à partir de quelques idées essentielles, j*al cherché à bâtir un plan de travail dans lequel peuvent venir s’ajouter, selon les circonstances, toutes les questions devenues urgentes par suite de l'évolution de la vie et h la solution desquelles je m'attacherai dans l'esprit défini par ce plan de travail.

Famille :

La considérant comme la cellule sociale élémentaire, réclamons et obtenons une législation qui soit hardiment en sa faveur.

Elle est un droit sacré pour tout le monde sans exception ; chacun doit pouvoir en fonderune, et l’élever ensuite quel que soit son nombre.

Exigeons donc, pour les travailleurs :

Extension à tous les salariés sans exception des allocations familiales.

Extension des services d’hygiène :

— consultations gratuites;

— dispensaires;

— protection de 3a maternité et de l'enfance;

— généralisation de Péducation physique.

Révision de la législation actuelle, pour favoriser les jeunes ménages et leur permettre de s’établir.

Punition exemplaire des bourreaux d’enfants; en revanche, jeu de mesure et de secours tendant a protéger les familles nombreuses.

Représentation familiale. Faire reconnaître les droits politiques et sociaux de la femme restée seule comme chef d’exploitation et de famille :

— droit de vote ;

— simplification de toutes formalités administratives ;

- — émancipation juridique.

Protection du [travail de la femme, lui permettant de s'occuper de son foyer et de ses enfants.

Généralisation du sursalaire familial.

Métier :

Liberté rigoureuse du travail et droit pour chacun à en vivre.

Créer ou vivifier la joie au travail. D’où : *

Respect de la propriété individuelle, support de la famille et garantie de son avenir.

Favoriser le plus largement l'extension de celte petite propriété individuelle à tous : ouvriers, artisans, petits exploitants et petits commerçants.

Accélérer la constitution de propriétés — maison, jardin — constituant un minimum vital invendable et insaisissable.

Extension de la notion d’instruments de travail insaisissables en culture.

Lutte énergique et continue contre l’endette ment croissant de toutes les classes de la nation.

Création de tribunaux d’agriculture, composés de professionnels exploitants, pour juger tous les différends et tous les litiges se, rapportant à la profession agricole.

Lutte énergique contre le chômage, en y comprenant le chômage rural, que rien ne vient secourir actuellement. Extension aux communes rurales de la politique des grands travaux. Construction de mairies, d’écoles, de dispensaires donnant du travail aux chômeurs et aux artisans isolés, pour le plus grand bien de la collectivité. Financement par un emprunt forcé sur les bénéfices des entreprises travaillant pour la défense nationale.

Organisation professionnelle tendant à donner à chacun la propriété de son métier. Transformation du fonctionnarisme d’Etat en un fonctionnarisme de métiers, lui donnant ainsi indépendance et confiance.

Organisation, pour chaque métier, d’un patrimoine corporatif permettant :

“ d’aider les jeunes à fonder une famille;

— de financer les débuts dans le métier;

— de constituer et de gérer une caisse de retraites permettant à tout vieux travailleur de terminer ses jours dans la quiétude et de laisser ainsi aux jeunes du travail et des places.

Maintenir et améliorer toutes les lois sociales tendant à assurer aux ouvriers :

— liberté, protection et sécurité du travail ;

— protection médicale et sociale.

Protection du petit commerce et de l'artisanat contre :

— le fisc inquisiteur, compliqué et avide,

— les grosses entreprises anonymes,

— les trusts,

qui les paralysent et entravent ainsi la renaissance économique nécessaire à la subsistance des milliers de familles qu’ils nourissent.

Donner à la coopération un statut juridique et social clair, précis et uniforme, qui la rende la collaboratrice et non l’ennemie du commerce familial.

Pays :

Un Etat juste, reflétant les besoins et les aspirations populaires, une République vraiment démocratique et non livrée aux puissances financières, aux congrégations économiques et aux groupements sociaux qui altèrent actuellement son clair visage.

Donc :

Contrôle permanent des représentants par l’électeur : le représentant devant, comme l’impose le parti agraire et paysan français, rester en contact permanent avec la commune, cellule élémentaire de la vie nationale et le département ou la région économique par l’intermédiaire de la Fédération départementale. Suppression des ambitions personnelles, des affaires privées sous le couvert des gestions publiques, obligation au représentant de travailler et de siéger. Sanctions, comme il est prévu au sein du parti agraire et paysan français, contre le représentant défaillant ou infidèle.

Une politique intérieure et extérieure énergiquement pacifique, basée sur de grandes consultations populaires dont le retentissement dicterait aux gouvernants leur mission. Le pouvoir de décider de la paix ou de la guerre devant appartenir de droit aux mobilisables.

Maintien farouche de toutes les libertés

— individuelles,

— communales,

— régionales,

— nationales,

contre toutes les dictatures et toutes les dominations, d’où qu'elles proviennent et sous quelque masque qu’elles se cachent.

Bref :

Des réformes — mais d'urgentes, de vraies, de positives.

Donner à l'ouvrier le moyen de faire vivre sa famille, de posséder en propre maison et jardin.

Rendre au petit commerçant, que le fisc ruine, les libertés dont il a besoin Le défendre contre les trusts, les grosses sociétés.

Donner au paysan le juste fruit de son travail et lui donner la possibilité d'acheter les produits de l’industrie.

Ranimer ainsi commerce et industrie personnels, non anonymes.

Protéger les retraités, les petits rentiers, les épargnants contre les escrocs et les écumeurs d’économies par un contrôle serré de l’Etat sur tous les organismes de crédit d’une part, par une responsabilité effective et une punition exemplaire des dirigeants d’affaires en déconfiture frauduleuse.

Rendre donc son équilibre physique et moral à notre jFIranae içn organisant te contrôle et le contact permanent entre ie peuple et ses représentants — dissipant ainsi légendes, méfiances t incuries et réalisant ainsi 1 unité d'efforts, de travail et de résultats*

La classe paysanne tend à toutes les classes moyennes et ouvrières une maialoyale I Sauvons ensemble la démocratie, la paix et notre droit à la vie!

François dk CLERMONT-TON N ERIK

^Agriculteur*

Maire tie Hertangles*

Vice- président de rOtiion des syndicats agricoles de b^Somme, Secrétaire général de l'Association syndicale belteraYÎère de ta Somme* Candidat de progrès républicain agricole et social*

Circonscription de MONTBIDIER

M, Michel BRILLE

(Groupe de l'Allksoe des républicaine de gauehe et des vadieam du dépendants,) Elu pour la irt fois le 3 mai 1936*

Mes chers concitoyens;

Dans mon affiche de remerciements, il y a quatre a ns /j’écrivais :

« La plus belle vengeance envers mes adversaires sera d'avoir raison* Fai dit et répété que le programme de Tonnellier ne serait jamais réalisé*

« Jamais les ouvriers ne verront la nationalisation des chemins de fer, la semaine de quarante heures avec an salaire de quarante-huit heures, jamais le programme minimum des socialistes ne serait appliqué : C’était un bluff électoral* »

Dans son affiche de remerciements, Tonnellier, Il y a quatre ans, écrivait :

« Travailleurs de toutes catégories, républicains de toutes nuances, fraternellement unis, nous avons de nouveau remporté la victoire*

«f Et nous avons la grande satisfaction de voir que le succès des gauches s’étend à notre département et à la France entière.

« Enfin, vous savez, mes chers concitoyens, que je remplirai fidèlement le mandat que, pour a seconde fois, vous m’avez fait T honneur de me confier. »

Qui avait raison ?

Tonnellier élu au second tour par les « gauches » reconnut que cette majorité -s’étend ait à la France entière; il pouvait donc réaliser son programme.

Il a trahi son parti.

Il a trahi son programme*

Rappelez' vous l’affiche que j’avais posée à Caix et intitulée : ■« Escroquerie électorale j>.

N’est-ce. pas une véritable escroquerie électorale que de toujours promettre et ne jamais tenir ?

L’Union des juches, aujourd'hui baptisée Front populaire, a fait faillite deux fois;

I£n .1924^. elle, a abouti aux décrète* lois Poincaré.,

En 1932, elle a abouti ans décrets-lois Pierre Laval,

Inutile de recommencer une troisième fois : le pays ne le supporterait pas.

Cet échec est du à ces formations politiques bâtai des qui ne savent que détruire sans jamais construire.

Seule, PtJnion nationale peut nous sauver de la ruine et de la menace étrangère.

Dans sa profession de foîv, M. de Lupel écrivait en avril 1,9.28 :

«' La politique ci-union naüonale; que je défendais alors devant vous; fort de là justification dessévénementfe, je la soutiens! encore. aujourd’hui. ïv

Vous connaissez les. liens d’amîtié qui nous unissaient* J/ai soutenu et continué seul, dans votre arrondissement, sa politique ; rappelez-vous la belle, lettre d’encouragement que m'adressa, en 1930, pour la publier, Mmo de Lupel.

G a villon ose aujourd’hui prétendre qpbl continue cette politique.

Qui présente et soutient Caviîlon? MM. Leniatte et Binant.

Qui se présenta en 1928 contre de Lupel ? M. Leniatte soutenu par M. Binant.

Toujours les mêmes !

Assez de combinaisons dans l1 arrondissement

Assez de combinaisons dans la France entière.

Voici les principales réformes qui. s’imposent :

Dans le domaine intérieur :

Four gouverner, il faut- d’abord avoir une majorité stable; il ne faut plus voir les Ministères se succéder avec une telle rapidité. Depuis la fondation de la III* République, nous en sommes au centième !

La Chambre du Cartel, 1932*1 936 a. changé douze fois de gouvernement.

Seule ia pratique du droit de dissolution, qui rend vraiment le peuple souverain, peut nous 1 assurer; un député réfléchirait avant de renverser un gouvernement s’il était dans 1 obligation de retourner chaque fois devant ses électeurs.

L'Etat doit être le souverain maître, aucun corps ne doit se substituer à lui.

Si Ikm veub dissoudre les ligues-, il faudra commencer par la franc-maçonnerie qui est certainement ïa plus dangereueo puï&quîèlle se; cache;

Dans l’ordre financier :

La dévaluation est un vol déguisé ; les petits et les rentiers en sont les victimes et seuls les spécula Leurs en profilent. Le franc qui a déjà été amputé des quatre cinquièmes de sa valeur par la faute du premier cartel ne peut plus subir aucune atteinte nouvelle; ce serait alors? Feifo h d rement total.

Dans l'ordre fiscal ;

Diminuer le train de vie de l’Etat pour pouvoir réduire les impôts; si l’Etat touche moin^ ib dépenserai moins; les agriculteurs-, les commerçants, les industriels, les ouvriers s o n t c apab les de dé pen ser e ux-m ê m e s; le ü r argent i

Réduire le: chômage :

Gel article de mon programme découle immédiatement du précédent.

Quand la confiance sera revenue, quand les impôts seront diminués, les capitaux se réinvestiront et les industriels et les commerçants retrouveront l’ère de prospérité inhérente k tout régime d'équilibre et de paix.

Pour l'agriculture :

J’ai défendu avec acharnement les Ministères d'union nationale, notamment celui de Tardieu, Sous son ministère, le blé. valait 1 40 francs.

Le Cartel arrive au pouvoir, le blé étranger entre en énormes quantités dans notre pays, pourquoi ? Les cultivateurs savent qu'il fallait bien remercier les caisses électorales de certains partis politiques dont un personnage, gros importateur de blé, en est Tanimateur occulte.

En France, pays essentiellement agricole, l'agriculture a besoin d’être protégée plus que tout autre forme de production.

C'est pour cela que tout agriculteur, ouvrier, patron, fermier ou propriétaire doit être pour une politique vraiment nationale, car on ne défend pas son pays que par les armes, mais aussi par des frontières que l'on appelle les tarifs douaniers*

Dans le domaine extérieur l

Pour réformer toutes ces réformes intérieures, il faut être assuré du lendemain*

Semer n'est rien si Ton ne peut récolter,

La paix intérieure c’est bien, la paix extérieure c'est mieux.

Si, depuis quatre années, la France avait su parfois dire non, au lieu de toujours céder à Genève, aujourd’hui, Hitler ne parlerait pas si haut et si fort. Hélas I la France n'est plus libre, la France n'est pas unie; une nation doit être libre et unie*

La France n'est pas libre :

Par la folle politique financière du Cartel, elle a été obligée d'emprunter des capitaux à l'étranger; elle a, de ce fait, compromis sa liberté d'action*

La France est désunie :

Depuis quatre ans, elle a changé douze fois de gouvernement et la France, à Genève, n'est jamais représentée par le même Ministre des Affaires étrangères*

Ceux qui ont fait la guerre, mes amis les anciens combattants, me comprendront ; avant d'avoir la paii à l'extérieur, il faut la faire à l’intérieur*

Mes chers concitoyens, pour la troisième fois, je me présente devant vous ; je n’ai pas changé* Je suis plus partisan que jamais de l'Union nationale*

Vous ne pouvez avoir le choix qu'entre deux politiques :

Le Front populaire ou l'Union nationale*

Je suis ie seul candidat d’Union nationale, je ne cherche pas à tromper l'électeur par une étiquette pleine d1 équivoque et de sous-entendus : 6.000 d'entre vous m'ont fait confiance en 1932.

Vous refuserez votre confiance au candidat patronné par les combinards et les traîtres qui veulent un député.pour eux seuls; qui méprisent l'électeur et ne pensent qu'à leurs petites combines.

Vous voterez pour le seul candidat d’Union nationale.

Contre les candidats du Front populaire,

Contre le candidat des combinards.

Vi ve la République I

Vive l'arrondissement de Montdidier auquel je suis resté et resterai toujours fidèle,

Michel BRILLE Républicain de gauche.

Seul candidat investi par l’Alliance démocratique. Ancien combattant, carte n° 104*120,

Mutilé de guerre à 35 0/0,

Circonscription de PÉKONNE.

M, Alfred BAS QU IN (Groupe socialiste )

Elu pour la 1 rt fois le 8 maî 1932, — Réélu le 3 mai 1936.

(Voir le programme du parti socialiste S, F, I. 0,5 p. 3,)

Aux Electeurs de l' arrondissement de Péronne,

La Fédération socialiste de la Somme m a désigné à nouveau pour la représenter dans l’arrondissement.

Il y a quelques mois, je disais aux délégués sénatoriaux ce que je tiens à redire aujourd’hui — parce que c'était la vérité hier et elle l’est davantage à l'heure présente.

Qu'il me soit permis d’attirer votre attention sur J a situation présente, sur ses causes, ses répercussions et sur la carence des pouvoirs publics qui n’ont rien fait pour parer à la misère et aux souffrances que vous avez constatées, et qui ne font rien pour nous préserver de la ruine qui nous guette.

Je ne doute pas un seul instant qu'après avoir lu ces lignes, vous reconnaîtrez que je suis reslé très objectif, qu'aucune phrase ne frise la démagogie et qu'à côté de l’étiquette politique du signataire, il y a tout simplement la vérilé*

Par la mauvaise volonté du Parlement et parfois l'intransigeance du Sénat, il n’a pas été possible de remédier aux injustices, aux iniquités ni de libérer l'Etat des puissances d'argent.

Les classes pauvres et moyennes ont toujours fait les frais des redressements.

On a toujours pratiqué une politique d’impôts et d'emprunts, qui fait que nous traînons aujourd’hui un boulet qui laisse derrière lui des maux presque sans remède.

On n'a jamais voulu comprendre la nécessité d’alléger le fardeau des classes moyennes qui, par répercussion, pèse sur les classes laborieuses.

Si les charges iniques ont. écrasé les humbles, elles ont maintenu intacte ou consolidé la position des gros privilèges. Si les uns ont supporté les conséquences du progrès de la

science cl de la modernisation du machinisme, d'au 1res ont eu la faculté d en tirer des profits immenses.

Les hommes de la terre, « les vrais » n’ont ils pas souvent fait remarquer et avec juste raison, que si les récoltes étaient soit excédentaires soit déficitaires, ils étaient victimes dans un sens comme dans l’autre, autant que les consommateurs.

Dans ce domaine comme dans tous les autres, on peut affirmer qu'une poignée d'hommes ont toujours eu la possibilité de faire la hausse ou la baisse, pour leurs plus grands profits.

Qui pourrait nier que les boursicoteurs et les grands courtiers ont toujours été les grands profiteurs dç la peine des autres.

D'autre part* si les saisies et les disparitions sont nombreuses chez les petits et les moyens, n'est-il pas vrai que des sociétés puissantes, bancaires, commerciales et industrielles ont profité des largesses de l'Etat qui a distribué des milliards sans compter.

Dans !c domaine fiscal, si des mesures vexatoires et iniques ont été prises contre certaines catégories de travailleurs, artisans, commerçants et producteurs, il ne fut jamais porté atteinle aux puissantes sociétés financières, industrielles et commerciales, qui ont toujours eu et conservent le droit de mettre des millions en réserve, pour leur permettre de multiplier les usines et les succursales avant de verser dans les caisses du Trésor une juste contribution.

Après avoir permis la fraude, f évasion des capitaux, la spéculation et l'institution de trusts formidables, les pouvoirs publics sont contraints d'obéir aux ordres des bénéficiaires d'une telle politique, et c'est ainsi qu’après avoir dépouillé les petits rentiers, les petits retraités qui ont servi fidèlement le pays pendant trente années, on diminue ■ les crédits d'assistance aux vieillards qui ont édifié la richesse du pays, et les familles des soldats sous les drapeaux se voient refuser l 'allocation.

Puis on accumule les charges sur nos petites communes rurales, dont les budgets peuvent a peine s'équilibrer; on diminué les subventions pour les adductions d'eau potable, on laisse nos chemins de village dans un état lamentable*

ï! n’est pas possible d'améliorer les matériels d'incendie, on interrompt les constructions k bon marché et V électrification des campagnes, alors que les compagnies de chemins de fer touchent <lcs milliards, que les compagnies d’assurances et les magnats de l’électricité distribuent des dividendes scandaleux,

Ce n'est sans doute pas suffisant, car, pour compléter ce chef-d'œuvre, il a fallu qu’en pleine crise on adopte des mesures arbitraires au possible.

En effet, alors que les produits ne s'écoulent plus, que les commerçants et les artisans se croisent les bras devant V atelier et le comptoir, on diminue les pouvoirs d’achat en commençant par ceux qui gagnaient à peine de quoi vivre, ce qui a pour résultat une aggrava Mon de 3 a crise.

Aussi, c’est le marasme complet, l’incertitude du lendemain, les misères et les souffrances allant grandissantes, c'est la colère qui gronde, c'est la menace de guerre civile.

Citoyens, vous vous êtes dit sou vent que cette situa lion ne pou vait durer plus longtemps dans i e payj.

r/esl pourquoi il faut songer à élever au pouvoir ceux qui sont décidés à apporter les remèdes .

Chers Concitoyens,

Depuis quatre an B que je vous représente au Parlement, vous avez pu vous rendre compte que je savais cepip U r toutes mes ub’igaUoms d'élu, en particulier celle qui consiste à me ternir à la dia passion de tous ceux qui ont eu besoin de moi, aussi bien en recevant chaque samedi, chez moi, qu'en vivant au milieu de vous et en assurant de mon mieux le vol u milieux courrier que je dois à l'amie de confiance de mes électeurs comme h mes adversaires politiques.

Ma candidature, en dehors de ces considérations que j’ai terni à souligner, à cause de leur importance locale, comporte un sens politique plus général.

Dans la crise mondiale actuelle, où 1 Exploitation des grands capitalistes nationaux et internationaux réduit des millions d’hommes au chômage et à la misère, tandis que des stocks formidables de marchandises et de produits encombrent les magasins et sont même détruits pour faire remonter les prix, plus que jamais je proclame la nécessité de marcher vers les solutions socialistes.

En vous demandant de m’accorder votre confiance au scrutin du 26 avril 1936, je fais appel à votre clairvoyance pour choisir parmi les candidats qui se présentent à vous, celui dont la personne vous donne la meilleure garantie que, dans le cadre local, vos intérêts seront bien défendus et qui, sur le plan général, par J a politique qu'il suit à la Chambre > entend organiser la justice entre les hommes et la paix entre les peuples.

J’attends votre verdict avec confiance.

Alfred BÀSQUÏN Député de Pérouse.

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