VIENNE
Circonscription de GHATELLERAULT,
M. Aimé TRANCHAND (Groupe de la Gauche démocratique et radicale Indépendante.)
Elu pour la V* fois le 16 novembre 1919.
Réélu les 11 mai 1924, 29 avril 1928, 1er mai 1932 et 26 avril 1936.
Mes chers Concitoyens,
Pour la cinquième fois, } ai l’honneur de soumettre ma candidature à vos suffrages.
Elu tour à tour au scrutin départemental, puis au scrutin d’arrondissement, je compte aujourd’hui près de dix-sept ans de mandat parlementaire.
J'ai déjà un long passé politique derrière moi. Ce n’est donc pas sur des déclarations ni sur des promesses que j’entends être jugé ; c’est surtout sur mes actes*
Bilan de la législature de 1932-1936;
Je ne suis pas très fier de l’œuvre de la législature qui vient de prendre fin et qui a apporté tant de déceptions au pays*
Crise économique qui, après avoir atteint tous les autres pays du monde, s’est abattue sur la France.
Détresse agricole qui a jeté les paysans découragés dans une situation désespérée et, par ià même, a condamné à la gêne et parfois à la ruine toutes les branches du commerce, de l’artisanat et de l’industrie*
Situation du franc de nouveau menacée
Rupture de l’unité morale à Vintérieui *
Paix à l’extérieur compromise*
Pourquoi cette situation t
La France doit être gouvernée avec la continuité et la méthode sans lesquelles les Républiques s’orientent rapidement vers la ruine et vers la mort*
C’est parce qu’il npen a pas été ainsi que la situation de notre pays est, sinon grave, du moins sérieuse.
Un Etat n’est plus gouverné quand il change II fois de gouvernement en quatre ans.
C’est le triste record battu de 1932 à 1936, période pendant laquelle une majorité composée d’éléments qui, ligués sur le terrain électoral, n ont pas tardé à se diviser sur le terrain parlementaire lorsqu’il s’est agi de faire œuvre constructive.
11 faut changer nos raéLhodes :
list-ce a dire que la situation soit desespérée et que nous ne puissions pas* réaliser un de cee- redressements rapides et vigoureux dbntt Ia> ltrance a donné tant d’exemplès-? Je no le crois pas;
Mais pour que le redressement s'opère, il faut. changer nos méthodes.
Le seul maître de notre pays, le suffrage universel; va avoir- !a; parole;
Qu'd donne- clairement! ses ordres, qu'il marque sa volonté d’e» finir aweo- lai politique négative, toute faite de démagogie, qui assure trop d’avantages à ceux qui critiquent tout, qut s opposent à tout, qui esquivent toutes les responsabilités et viennent- triomphalement devant le corps, électoral en n’ayant rien fait que d’empêcher de faire.
Le mandat est donné aux élus avec l’obligation de le réaliser.
Même si des. erreurs -se glissent dans l’action, celle-ci reste préférable a l'opposition systématique, à la destruction de l’édifice au fur et à mesure que d’autres s’efforcent-' de lè construire.
La tâbHe de demain :
C'est ainsi que je conçois la tâche à laquelle doivent se consacrer les élus de demain, au moins ceux qui sauront faire taire les vaines discordes politiques, les inutiles contro verses doctrinales, pour poursuivre sans relâche une action constructive suivant lès grandes directives fixées par le s uftrage universel.
Un programme bien défini ;
Nul moment d’aiîtèurs n’est plus mal choisi; a notre avis, que l'heure présente pour faire, de 1k compétition électorale, une bataille acharnée entre citoyens d'une même- nation qui a Besoin d'unir toutes ses forces pour conjurer les dangers qui la menacent.
Le bon sens; une fois de plus, doit l’emporter si les hommes raisonnables comprennent qu'a cette heure d’inquiétude nationale, de détresse paysanne et de misère généralisée, tous lés Français doivent’ prendre conscience des devoirs de rapprochement, dfâpaisoment , de fraternité qui s'imposent pour le salut de la Patrie et la sauvegarde de la Paix.
Le maintien de la paix extérieure :
Depuis la signature du traité de Versailles, la France a fait les plus grands efforts et le maximum de sacrifices pour asseoir en Europe une paix durable.
Elle a recherché dans la conclusion de pactes de non agression oui dtasei&hmce mutuelle, à caractère défensif, l organisation de la sécurité collective des nations.
Désireuse de réaliser un rapprochement a vec l'Allemagne, elle a signé aveo celles-ci et la Belgique, sous la garantie de 1 Angleterre et de 1? Italie, le pacte de Locarno qui assurait aux pays contractants le respect mutuel de leurs frontières telles qu'elles ont été définies parle traite de Versailles.
Pour donner a l'Allemagne un gage de sa sincérité pacifique, la France a évacué la rive gauche du Rhin bien avant la date fixée par le traité de Versailles.
1.’ Allemagne a répondu aux concessions de la France en refusant de continuer à payer les dommages de guerre, en quittant la Société des Nations, en reconstituant' une armée plus puissante que celle d’avaul-guerrc. en occupant militairement là zone démilitarisée du Rhin et en déchirant le pacte de Locarno qu’elle avait librement signé.
Jamais, depuis 19:19- la paix n’est apparue. plus menacée qu Aujourd'hui.
l^lîe est à lu merci d'un pays pour qui les traités ne comptent pas et qui, en proie à une dictature impitoyable peut, à tout instant,, être tenté, sous l'empira de la misère, de chercher dans une aventure militaire un moyen de s'évader dés difficultés intérieures aveo lesquelles tliest aux prises
Foun sauver la. paix, la France doit d’abord donner le spectacle d-mre ira Lion unie, forte et résolue.
Elle doit ensuite maintenir une solidarité étroite avec les nations amies auxquelles elle est liée par des traités d'alliance ou par des pactes*
Elle devra enfin, confiante dans sa force et dans l’esprit de solidarité de ses alliés et associés, rechercher les solutions susceptibles d'établir entre elle et l'Allemagne des rapports normaux, pacifiques et durables.
Mais en attendant que soient substituées aux méthodes de violence, l’esprit de compréhension réciproque, nous ne devons rien négliger pour assurer notre défense nationale.
La défense nationale :
A ce point de vue, nous pouvons être rassurés. Membre de la Commission de l'armée depuis seize ans, j'ai, dès l’évacuation de la Rhénanie (30 juin 1930) et en prévision de la période de classes creuses pensé que la France devait être plus que jamais prête à toute éventualité et assurer puissamment la sécuriLé de ses frontières.
C’est pourquoi je me suis associé à l’établissement de ceLte ligne fortifiée qui réalise le double but : puissance défensive maximum avec un minimum d’ effectifs, qui a évité à noire pays, le 7 mars dernier, la mobilisation de plusieurs classes.
La paix à V intérieur :
Forte matériellement, la France doit être forte moralement.
C’est pourquoi j’ai été et je suis toujours prêt à celte concentration des bonnes volontés dans la loyauté, dans ïe respect réciproque des droits et des libertés, dans une ferme volonté de réaliser pratiquement, sous l’égide et dans l'esprit d’une République vraiment nationale et démocratique.
Sans cela, nous ne pourrons jamais mener à bien les réformes et les initiatives qu’attendent avec une légitime impatience les chefs de famille qui luttent désespérément conLre la crise, les jeunes gens que le chômage guette, les ouvriers et les paysans dont le pouvoir d’achat et les moyens de vie sont si diminués que le commercé et l’artisanat en périssent
Rétablissement de la prospérité économique et financière :
La crise économique:
Depuis cinq ans, nous subissons une crise économique d’une gravité sans précédent qui, d’ailleurs, n*a épargne aucun pays.
Cette crise a engendré le chômage, de nombreuses faillites, en un mot la misère.
De sérieux indices permettent de penser que la crise approche de sa fin et qu il suffirait pour assurer la reprise des affaires de rétablir la paix à l’intérieur et d’assurer la sécurité à l'extérieur.
La revalorisation des produits agricoles est en cours. Des résultats appréciables sont déjà acquis.
Certaines de nos industries connaissent un accroissement déjà sensible de leur activité. Le chômage est en légère régression.
L’épuisementjdes stocks des matières premières et de marcha ndises doit faciliter la franche reprise des affaires à condition qu’on ne vienne pas la contrarier.
Cette reprise sera l'œuvre de la prochaine législature si îa nouvelle majorité, dans l’apaisement nécessaire des esprits, veut entreprendre hardiment, et sans tarder, une politique constructive notamment un programme de grands travaux, échelonnés sur plusieurs années qui, non seulement contribueraient à ramélioration de nos villes et de nos villages, mais aussi résorberaient pour une large part le chômage et permettraient de créer des débouchés à ta jeunesse qui, en quittant l’école ou le régiment, cherche vainement des emplois*
La crise financière :
La crise économique a provoqué en France, comme à l’Etranger, un effondrement de nos finances publiques.
La diminution rapide eL sensible des ressources fiscales a provoqué le déficit du
budget.
Le déficit du budget a mis le Trésor aux abois et détruit la confiance de l’épargnant.
A maintes reprises, durant cette législature, l’Etat a été sur le point de suspendre ses payements.
Il a fallu restreindre le train de vie du pays par une politique sévère d’économies, sans quoi il eût fallu établir de nouveaux impôts.
Les économies sont Tccuvre des décrets-lois.
Pris dans l’improvisation, ils ont entraîné de graves injustices notamment à l’encontre des anciens combattants, des petits rentiers, des petits retraités.
Certaines de ces injustices, en ce qui concerne les petits retraités, ont déjà été réparées sous la pression du Parlement*
La législature prochaine aura pour tâche de réparer les antres au fur et a mesure du rétablissement de nos finances.
Grâce aux mesures prises, nos finances sont pratiquement assainies. Une reprise de l’activité économique en gonflant les ressources du budget rétablirait son plein équilibre et nous donnerait les plus-values qui permettraient de faire faee à tous les besoins de l’Etal.
Il sera dès lors aisé de maintenir la stabilité de notre monnaie.
Cette stabilité dépendra du pays lui-même, de la confiance qu’il aura dans l’Etat.
La dévaluation atteindrait gravement les salariés, les épargnants, (es pensionnés, et porterait le (rouble dans les relations économiques. En matière de finances, elle ne constitue qu’un expédient. En matière d’économie, elle n’apporte qu’un élan provisoire à l’activité
commerciale et industrielle. On doit la considérer comitiè un pis-aller. Tout doit être fait
pour l’éviter. Elle ne pourrait en tout cas être envisagée que sous forme d’un alignement général des monnaies dans le cadre international.
Politique agricole :
Le problème essentiel en matière agricole est celui de la valorisation des produits. L’assainissement des marchés du blé, de la viande et des vins est en route.
La nouvelle Chambre devra les défendre et les développer afin de rétablir l’agriculture, clef de voûte de l’économie nationale dans sa prospérité antérieure.
La politique a faire est simple et ne demande que de la fermeté et de la continuité.
Elle tient dans ces deux termes ;
1° Défendre le marché intérieur contre la concurrence étrangère et la spéculation en luttant contre le consortium de la grosse meunerie à capital international, en abolissant le marché à terme de la Bourse du Commerce, en supprimant l’admission temporaire, contre laquelle j’ai toujours voté, en révisant tous les traités de commerce qui ont sacrifié 1 agriculture française et en abrogeant, en matière viticole, les lois d’exception qui ont été volées en faveur de la région du Midi au détriment de notre région.
2° Résorber, le cas échéant, les excédents qui faussent et alourdissent les cours.
Cette politique ne doit pas faire obstacle au rétablissement de la liberté du commerce des blés et des farines et à la suppression de toutes les formalités qui gênent les agnculleurs*
Il ne suffit pas de revaloriser les produits agricoles.
Î1 faut aussi ;
Réduire les frais généraux de l’agriculteur (abaissement du prix des engrais, des transports, aménagement libéral du Crédit agricole, facilités au profit des agriculteurs de bonne
foi)*
Les commerçants et les artisans :
I oüte amélioration apportée au monde agricole aura sa répercussion immédiate sur le commerce et l’artisanat qui ont comme principal client l'agriculteur. Mais le commerce français souffre avant tout d’une insuffisance de crédit. C’est la raison pour laquelle j’ai déposé une proposition de loi (n° 6716) portant organisation du Crédit commercial.
Des allégements et des aménagements fiscaux ont été réalisés au cours de cêtte législature. La taxe de luxe a disparu. La patente ne joue plus sur les locaux d’habitation ■ Ia taxe unique a gagné du terrain sur le chiffre d’affaires.
Ces résultats sont insuffisants. La crise a montré combien la fiscalité est injuste et oppressive à P égard des commerçants.
Dans le cadre d un budget assaini, il conviendra de généraliser la taxe unique (dont j’ai fait inscrire le principe dans la loi du 4 avril 1936), la réforme de la patente, la simplification desdaxes innombrables qui pèsent sur le commerce, ainsi qu’une réforme des assu^ rances sociales et des allocations familiales et d’attribuer aux médaillés du travail ayant soixante ans d âge.l allocation annuelle de 100 francs depuis si longtemps promise.
II sera indispensable aussi de réaliser une législation qui protégera le commerce français contre les magasins à prix unique et contre les grandes maisons étrangères venant jusque/sur notre territoire ruiner nos nationaux, pour instaurer ensuite des monopoles de fait dont. le consommateur sera la proie impuissante.
Anciens combattants, victimes de 'la guerre :
Vâecdf résident deda Commission descensions, .Rapporteur de. la loi .diu .9 janvier 1926
sur la prorogation des, délais pour d’ouverture. du. droit, à pension, Rapporteur, de fc loi du
1 b avril ISdOisurda. retraite du, combattant, j’ai toujours collaboré .dans un . esprit cordial -avec tes organisations qui. les représentent.
, Leurs reiviendioattons.ont toujours trouvé près de .moi un accueil favorable toujours suivi de réalités tangibles.
Si par les décrets-lois, qui, d’ailleurs, ne les ont pas spécialement visés, leurs droits ont été diminués, qu’il me suffise de dire que le vote récent par la Chambre d’une Caisse
des [pensions (dont j’avais indiqué la nécessité en 1930) doit permettre de rétablir entièrement leurs droits.
Réforme du travail parlementaire :
l'élite1 cétte politique ‘suppose une réforme du ‘travaiLparlemen taire.
I. — Réduction du nombre des députés et des Sénateurs (mes ‘votes antérieurs à ce ; sujet* sotit 1 üiîie garan im) ,
M .~tJrfterdiotion aux pariementaires d’être en même temps avocats ou membres .de conseils Ü admintetration .
‘IH. •““ Obligation pour tous les Députés d’assisteraux séances.
W \ * perso nu ël ,
V. Réglementer l’initiative parlementaire len matière de crédits.
fôe lWdneedansQa maison Fvem&e:
Toute cette politique suppose aussi que l’ordre en tout et partout soit rétabli dans
notre pays.
C est a des hommes courageux et aya t fait leurs preuves que doit être confiée cette tache Il y va du sort du régime républicain et des destinées de notre grande France.
,. C'a n* ^ cLaos, ni dans 1 agitation, ni dans la violence que le pays trouvera son «élut. Aux situations difficiles, aux alternatives angoissantes doivent répondre le calme la reflexion, l’action méthodique d’un grand peupflc qui doit, dans Téparrouissenumt de la liberté, rester capable de se gouverner lui-même.
Mes chers Concitoyens,
La législature prochaine b annonce sous un ciel chargé d'orages.
Ayant connu les difficultés de la législature qui vient de finir, je puis mieux mesurer celles qui attendent le prochain Parlement.
Je me présente devant vous avec une parfaite sérénité.
Par mon travail, par la probité de ma vie, je crois avoir mérité la confiance dont vous m honorez depuis plus de seize ans.
C’est la tête haute que je me. présente devant vous pour que vous me jugiez.
Vive l'arrondissement de ChatelIerauU î Vive la France î Vive la République î Vive la paix
Aimé TEANCIÏAND,
Député. — Questeur de ta Chambre.
.Président du Conseil de la Vienne.
Candidat de Concentration républicain©.
Circonscription de CIVKAY.
M. Ptehre COLOMB
^Groupe de la Gauche démocratique et radicale ïndépendan!©.)
Élu pour la l,e,fois le. 29 avril 1928. — Réélu les 1er mai 1932 et .20 avril 1936.
Mes chers amis,
Parmi les candidats qui se présentent a vos suffrages, je suis le seul spécialisé dans les questions agricoles.
D autres vous apportent des promesses. ou le programme de leur parrain. Moi, je vous apporte des actes. Ne lâchez pas la proie pour L'ombre.
Je continuera î a défendre votre blé et votre bétail contre la concurrence étrangère f rse I ai-je pas déjà fait dans la question des zones franches et de l'admission temporaire?
I>e meme, je continuerai à protéger les ouvriers français contre La concurrence de la main^d jeeuvre étrangère. Je lutterai contre l'intervention tracassière de l'Etat dans tous les domaines de iai production et des échanges. jJo m'opposerai, comme je l’ai toujours- fait, aux formalités et déclarations inutiles qui gaspillent votre temps. Elles exigent aussi la création <■ innombrables fonctionnaires que vous devez entretenir ensuite, Ces hommes finissent par constituer, isur I ensemble du territoire, autant de petites tyrannies Locales — comme au temps des Seigneurs ! Certains employés n’ontdl pas F audace, après vous. avxMr molesté toute 1 année' dans votre activité productrice, de venir vous dire comment vous devez voter. ! A ous venez encore de le constaterau cours de la période électorale. N’éles-vous pas fa Ligués de vous donner des maîtres ?
L E t a t y eo m me le cultiva ten r ou 1 e commerç a n t , doit tou jour s che r e h e r à rédui re ses
frais généraux. Toute création d'employé inutile diminue le pouvoir d’achat du contribuable qui le paie*
Si j’ai autorisé le Ministère Laval-Herriot à procéder par décrets-lois — méthode -exceptionnelle — c’est parce que la carence de la majorité élue en 1932, par suite du refus des socialistes de collaborer au Gouvernement et des crises ministérielles trop fréquentes avait créé une situation de trésorerie tragique : les caisses de l’Etat étaienL vides !
Mais, dès que les décrets-lois sont apparus, nous avons demandé « l’humanisation ï de quelques-uns d'entre eux, par voie d’interpellation et d’amendements (que les socialistes n’ont pas votés ! Décembre 1935). Sur une œuvre aussi immense que celle des 500 décretslois, il était inévitable qu’il y eut des lacunes. Nous entendions, en elfet, réduire le prélèvement frappant les anciens combattants, petits épargants et petits retraités. Nos anciens camarades de guerre nous sont sacrés !
Mais on ne saurait renoncer à la politique d’économies qui, seule, peut permettre d’équilibrer un budget en déficit. Préférez-vous voir votre pouvoir d’achat diminuer chaque jour par un régime de fausse monnaie et d’assignats qui a mené tout le pays à la banquerouie ?
Pouvez- vous contester que 1* effort général cP économies tenté par les décrets-lois a eu pour résultat immédiat, par la confiance qu'il a donnée, d’élever le prix de tous les produits de la terre ï
L’étaL actuel de nos finances ne permet pas de s’attacher à de nombreuses réformes 'Sociales, Mais il y en a deux sans lesquelles un pays ne peut se dire entièrement civilisé , un grand Etat, surtout lorsque sa population diminue, doit assurer le développement et Pa venir de ses enfants — le bien-être de ses vieillards*
En étendant à toutes les familles de France les allocations accordées aclucl'cment aux fonctionnaires, nous contribuerons à résoudre la question de la natalité et de 1 enfance, 1 ar la suppression des cumuls, nous faciliterons le placement de la jeunesse.
Par Tonification du régime des retraites, actuellement diverses et éparpillées, on pourra accorder à chaque Français la retraite minimum que 1 Etat assure déjà à certains citoyens (je ne parle que des versements de l'Etat) et on donnera la securité à la vieillesse* Un régtrne de retraite généralisée sera autrement sur et digne que celui de l'assistance.
Du même coup, les mobilisés qui n’ont pas reçu la carte du combattant bénéficieraient de la retraite au même titre que les autres*
Dj même coup, l'assurance sociale-mutuelle disparaîtrait, et l’assurance sociak-maladie pourrait être gérée par la mutualité, supprimant de nombreux employés et dégageant les petits patrons de la charge des assurances sociales*
Il faut assurer à tous les foyers la sécurité du lendemain*
On recherchera le réveil économique par la diminution ou 1 aménagement de certains impôts (transports, mutation, chiffre d affaires) qui, pesant sur les échanges et arrêtant les transactions, sont cause de moins-values dans les rentrées d'impôts.
Tout rappel d’impôts arriérés doit être supprimé*
Je rappelle que j'oi adhéré formellement au programme de la Confédération des artisans.
Mais, tous nos espoirs de justice sociale seraient vains si nous n’assurions pas, d’abord, la paix h l'intérieur et à l'extérieur. Ni guerre civile, ni guerre étrangère 1 Recherchons toutes les occasions d’apaisement entre les peuples, employons tous les moyens de conciliation. Evitons les menaces, procédés d'intimidation, violences, sanctions, qui conduiraient précisément à la guerre qu’on veut éviter*
Nous restons attachés à la Société des Nations, bien que de grands Etats l'aient abandonnée, f affaiblissant ainsi et lui retirant son caractère d'universalité. Constatant qu'elle n'a pas su obliger l’Allemagne à payer les réparations et qu'elle n'a pas pu l'empêcher de réarmer, nous sommes obligés de chercher à conserver aussi ï'amitié et 1 appui de nos alliés naturels. Géographie oblige.
Nous devons aussi entreprendre des conversations directes avec l'Allemagne et ne
laisser aucune puissance jouer avec nos intérêts opposés. Il faudra bien pro voquer, un jour, la réunion d’une conférence internationale pour la redistribution de certains mandatscoloniaux au bénéfice des nations surpeuplées*
Sans rien abandonner de notre dignité nationale, nous ne ferons jamais assez de sacrifices à la cause de la paix. Les hommes d’Etat de demain auront à se défendre contre ces trois « revenants » : la guerre, la révolution, la servitude* Nous saurons dissiper ces fantômes qui, par la terreur qu'ils inspirent, paralysent les affaires et prolongent la crise. Vous pouvez compter sur moi pour veiller sur la tranquillité et le bonheur de vos familles. Tous vous me connaissez* Vous savez bien que, dès que vous m’appelez pour une affaire urgente, j’accours aussitôt dans vos foyers. J’ai vu grandir vos enfants* Je veux leur éviter les horreurs de la guerre.
Républicain indéfectible, au sens que les républicains de 1789 et 1793 donnaient à ce mot — eux qui excluaient de la République les « partageux a de Gracclius Babeuf — je n'accepte pas plus le fascisme que le bolchevisme. On n'a pas besoin des communistes pour défendre la République ! Ce sont les cultivateurs qui Font protégée aux heures difficiles de son histoire. Partisans de la propriété individuelle, ayant l'amour de îa terre, ils ne veulent pas s’associer aux communistes qui, en Russie, ont attribué toutes les propriétés à P Etat. La dictature de Staline et do ses fonctionnaires ne leur semble pas un modèle enviable*
Allons, mes amis, encore une fois, tous aux urnes I En votant pour moi vous voterez pour vous E
Pour la paix ï Pour la jeunesse française l
Pour l’ordre dans la rue et la sécurité nationale l
Pour la stabilité de nos institutions représentatives [
Pour une République honnête, libérale, pacifique, ouverte à tous, parce que démocratique, appuyée, sans jactance mais sans crainte, sur la force tranquille des cultivateurs !
Vive l’arrondissement de Givray I
Vive la République démocratique et vraiment sociale I
Pi e rh e CO L O M B
Conseiller général d/Àvailles^IJmouzïne* Député radical sortant.
Candidat de défende agraire et commerciale.
Circonscription de LOUDUN,
M* Marcel CO QU IL LA UD
Élu pour la P* fois le 3 niai 1936,
Chers Concitoyens,
Au cours des 1 10 conférences que j*ai faites, je n’ai attaqué personne, je n’ai même pas prononcé le nom de mes concurrents ; j’ai voulu faire une campagne propre de documentation* Les électeurs sérieux reconnaîtront que j’ai fait l’impossible pour éviter tout ce qui pouvait entraîner la division et la haine parmi vous ; je n’ai pas voulu semer la discorde mais respecter toutes les idées.
Q tri suis-je?
Un fils de paysan, — Mon père a élevé 10 enfants dans une métairie de 25 hectares» Tous les cultivateurs savent ce que cela représente de sacrifices et de privations. Tous les miens sont encore à la terre.
J; ai eu le bonheur de m’instruire, — Mais v au contraire de tant d’autres qui sont issus de famille paysanne et qui rougissent ensuite de leur origine, je n'ai pas voulu renier les miens et je suis resté un intellectuel paysan, selon la belle formule d’un maire des environs de Mirebeau* .
Pourquoi les cultivateurs ont besoin d’intellectuels :
On vous. dira : Les paysans n’ont pas besoin de professeurs dé philosophie.
Ceux, qui vous disent cela sont vos plus grands ennemis.
Ce qui a fait la force des grands partis ouvriers, c’est l'équipe d’intellectuels qu’ils ont eue avec eux.
Si les cultivateurs n’ont pas avec eux les intellectuels paysans ils se priveront d’une force que tous les autres partis leur disputent.
Ce que j’ai déjà fait :
Secrétaire général de la Fédération agraire de la, Vienne je ne cesse depuis quatre ans, par des conférences à travers la France, d’essayer d’organiser les cultivateurs pour leur donner la force qu’ils n’ont pas — mes adversaires eux-mêmes me considèrent comme un technicien agricole à tel point. que personne n’a. osé, air cours de la, campagne, m’apporter la contradiction sur les questions du blé on du vin. Ils préfèrent user de. la calomnie ou du mensonge par derrière ; mais je ne répondrai à rien. Vous jugerez:
J’ai sacrifié l’espoir d’une belle carrière universitaire pour vous défendre. Je n’ai aucune décoration et n’en veux pas.
Je ne suis l’homme de personne. Je veux rester libre.
Si je suisîélu, la loi m’oblige à cesser mes fonctions ; je redeviendrai un simple citoyen.
Devenant ainsi complètement libre, j’habiterai Loudun au chef-lieu de la circonscription, maïs les électeurs de Mirebeau et de Neuville me trouveront tous les jours de foire chez eux ou à Poitiers où siège la permanence du Parti agraire.
Notre programme :
Vous le connaissez déjà, vous l'avez entendu.
Je ne vous promets rien. Chaque fois qu’il s’agira d’un droit, vous n’aurez pas de défenseur plus acharné que moi, mais comme on achète maintenant les consciences avec les décorations ou les places, si nous voulons une République propre, il faut faire cesser ces abus.
I* — Réforme du travail parlementaire :
I. — Obligation pour tous les députés d’assister aux séances. — S’ils sont absents par suite de démarches à effectuer ou de séances dans les Commissions, ils ne doivent pas voter. Seuls, les présents voteront.
IL — Interdiction aux parlementaires d’être en même temps avocats ou membres de co nsei 1 s d ^a d mini s tr a Lion,
III; — Vote personnel —par bulletin signé. et toujours public.
IL faut qu’un député ait1 le courage d’avouer ses votes*
IV, — Réduction du nombre des députés1 par une organisation de la Franco en régions économiques basées sur la solidarité des interets.
II* — Question du blé ;