‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 177 sur 186 · VOSGES · texte numérisé non relu

VOSGES

Circonscription d’ÉPINAL-,

M. Marc R UC À RT

(Groupe républicain radical et radical-socialiste*}

Élu pour la lri fois le 29 avril 1928. — Réélu les Ier mai 1932 et '26 avril 1936.

À Messieurs les Électeurs de la Circonscription d’Épinaî,

Voilà huit ans que je suis votre député.

Depuis huit ans, j’ai travaillé et voté à la Chambre.

Relisez mes rapports parlementaires, mes interventions à la tribune; considérez tous mes voles.

Puis, en regard, placez mes professions de foi de 1928 et de 1932.

Vous verrez alors que je ne vous ai pas trompé.

J'ai travaillé et voté dans le sens meme de mes idées et de mes promesses.

Quelle situation avions-nous trouvée?

La plus difficile des tâches, lors de l’ouverture de la législature, en juin 1932, ce fut celle du led ressement financier.

M* Tardieu nous avait laissé un budget en déficit de 15 milliards.

Quant à la situation de la Trésorerie, elle semblait défier les meilleures volontés ; il n’y avait pas 160 millions dans la caisse et il fallait payer, tout 'de suite, pour 8 milliards de dettes.

Nous avons fait de notre mieux, dans les circonstances les plus difficiles*

Les mesures à prendre, en face d’une telle situation, ne pouvaient guère satisfaire toutes les catégories de la Nation ; car nous n’étions plus, hélas, aux temps faciles de la prospérité.

Nos adversaires en profitaient pour refuser les moyens de redressement financier, tout en même temps quils organisaient dans leur presse et dans leurs groupements et partis, une campagne antiparlementaire d’une violence extrême.

Pour ma part, et bravant l'impopularité, j’ai voté les projets de redressement.

J’ai notamment voté des économies pour plus de 7 milliards*

Ainsi, en fin d’année 1933, la Trésorerie était à Taise ; quant au déficit budgétaire, il avait été réduit à 1 milliard. C’est alors que nos adversaires déclanchèrent contre la République, une campagne infernale.

11 y eut le 6 février.

Et depuis, malgré MM. Doumergue et Lavai, le déficïL budgétaire s'est creusé à nouveau. La Trésorerie s'est resserrée encore.

Les décrets-lois n’ont pu rétablir la situation compromise.

Je n’ai pas voulu accepter les conséquences de l'émeute fasciste.

J’ai voté contre M. Doumerguc. J'ai volé contre M. Laval.

J’ai voté contre les décrcts-lois.

Je puis me tourner vers tous ceux qui ont donc été frappés par ces 3, puis par ces 10 0/0 (qui n’ont pas donné les résultats escomptés) et leur dire : « Mes amis, je n ai pas voté cela » .

Oui, nos libertés furent en danger.

Or, n’ayant pas voté cela, je n’ai volé — je le répète — ni pour M. Doumergue, ni pour M. Laval.

Alors, d’aucuns en concluent que je suis « devenu trop rouge ».

Quiconque me fait ce reproche, serait d®nc satisfait de ces sacrifices inutiles?

Mais encore, c’est pour une autre raison que je serais « devenu trop rouge » !

C’est que j’ai été de ceux qui ont vu l’émeute fasciste, qui ont suivi toute 1 enquete, interrogé les 187 témoins, lu tous les documents du 6 février, examiné toutes les pièces à conviction. J’ai la certitude que la République fut en péril, nos libertés en danger.

Nos adversaires avaient employé et rêvaient d'instaurer ce que ce député du centre, grand catholique, ancien Garde des Sceaux, M. I.aurent Bonnevay, a appelé « les procédés hitlériens »,

Alors, j’ai fait ce que chacun de vous eût fait devant un incendie menaçant ; ce que chacun de vous, dans vos villages, eût fait, devant un chien enragé : faire la chaîne ou organiser la battue.

C’est ce qu’on a appelé le Rassemblement populaire du 14 juillet.

Est-ce à dire que j’ai cessé d’être un radical-socialiste ?

Aucunement : pas plus que les autres, qui ont fait la même opposition au danger, n ont

cessa d'être ce qu'ils étaient.

J’ai répondu à l’appel de la Marseillaise'

v. Liberté chérie, combats avec tes défenseurs >»*■..

Qu’on ne vienne pas m’attribuer les idées des autres défenseurs de la République.

Nous ne sommes pas les uns pour les autres.

Nous sommes les uns et les autres, pour le maintien des libertés. Il ne tient qu a tous ceux qui ne veulent pas de ce régime hitlérien que Paris-capitale eût imposé aux V osges, de venir, eux aussi, nous rejoindre,

A tous les républicains, sans exception, je tends les mains.

Nous avons devant nous des féodalités.

Or il n'y a pas que le danger des factieux contre la République.

Il y a l'oppression des grands féodaux sur l’activité économique dù pays.

Et si certains me reprochent encore d'être trop rouge, c est parce que je énonce ous ces rois de la métallurgie, des engrais, de l’électricité, du pétrole, qui font la hausse e a. baisse, qui, par leur presse, intoxiquent l'opinion populaire ; qui, par le .onseï c ebence de la Banque de France, exercent sur les Gouvernements une intolérable pression.

N’est-ce pas la Banque de France, dirigée par les 200 plus gros actionnaires '.ceux qu’on appelle les 200 familles, car ce sont les mêmes depuis plus de ccnl ans), qui a menace M. Flandin, Président du Conseil, du refus de réescompter des bons du Trésor, au cas ou il ne demanderait pas les pleins pouvoirs?

(J est donc contra cette nouvelle féodalité que je fais appel à vous tous qui êtes républicains»

Contre les factieux, je veux la liberté pour tous.

Contre les féodaux, je veux T indépendance des pouvoirs publics.

Je veux la sécurité de la France.

J’ajoute que, par dessus tout, je veux la sécurité de la France*

J’ai voté tous les crédits militaires.

Quand Hitler rétablit le service militaire obligatoire et qu’il fallût prendre de nouvelles dispositions de défense, j'ai été chargé de rapporter les « crédits militaires exceptionnels »,

A ^unanimité, mes collègues de la Commission de P armée (de droite comme de gauche) m’ont délégué à cette Gomnission de la défense nationale, qui a la délicate mission du contrôle des stocks de guerre*

Toujours à l’unanimité, mes collègues de la Commission de l’armée m’ont chargé de toutes les questions se rapportant à nos armements. Ce sont mes conclusions qui ont été adoptées par la Chambre et par le Sénat, sur la direction des fabrications et la création du corps des Ingénieurs militaires.

C’est encore mon amour de la liberté qui fait mon intransigeance en matière de sécurité nationale. Pas plus que je ne veux de dictature fomentée par des Français, je ne veux de la menace faite à notre République parla dictature d’Hitler.

Pour la paix extérieure.

Or, il y a d’autres conditions à la défense nationale.

La sécurité de la France, avec ses 42 millions d'habitants, en face d une Allemagne hitlérienne qui en compte 67, sera vraiment assurée le jour où toute nation qui voudrait en attaquer une autre verra se dresser contre elle l’ensemble des nations.

Notre sécurité nationale sera garantie par la sécurité collective.

Les pouvoirs de la Société des Nations doivent être forLifiës.

Nos amitiés, celte de l’Angleterre en particulier, doivent être maintenues dans le respect du pacte de Genève,

Une grande négociation internationale doit permettre de chercher un règlement pacifique du différend franco -allemand.

L’industrie des armes et munitions doit être nationalisée, afin que les puissants intérêts privés qu’elle représente ne fassent pas obstacle à la limitation des armements.

Il faut ranimer l’économie nationale.

11 faut contrôler surtout les sociétés financières qui peuvent mettre en péril, non seulement l'indépendance de l’Etat, mais l’épargne publique. Seuls, les écumeurs de cette épargne pourront s’en plaindre.

Si l’Etat n'est pas toujours libre, c’est que les finances publiques sont malades.

Supprimons plus que jamais cumuls et gaspillages 1 Mais n’oubljons pas, hélas 1 que notre budget supporte Sa charge écrasante d'une dette publique de 340 milliards 1 43 0/0 de notre budget sont consacrés aux intérêts de cette dette ; et près de 25 0/0 aux crédits de la Défense nationale ; il reste donc 32 0/0 seulement des impôts que nous payons pour subvenir aux besoins de l’agriculture, du commerce, de l'industrie, des travaux publics, de l’éducation nationale, de l’hygiène et du progrès social*

Ce n’est pas en comprimant ces 32 0/0 qu’on réalisera Y équilibre budgétaire. 11 faut autre chose.

Impossible d’augmenter encore les impôts, déjà si lourds ! L’Etat, d’ailleurs, n’y gagnerait rien. Quand les producteurs vendent leurs produits à un taux normal ; quand les

salaires des ouvriers et employés et les traitements des petits fonctionnaires sont suffisants ; quand les affaires commerciales marchent, les impôts rentrent. Quand, au contraire, la crise est partout, les caisses de l’Etat se vident.

Qu’on ranime Y économie nationale et nous aurons de bonnes finances !

Pour la paix intérieure.

Maïs, ainsi que je fai dit plusieurs fois du haut de la tribune de la Chambre, l’équilibre social, economique et financier est inséparable des conditions de la paix intérieure.

Arrière les calomnies, les campagnes de panique ou de haine.

Que les opinions soient libres ; que la liberté de conscience soit complète ; que la liberté religieuse soit observée dans le cadre des lois.

Mais que le principe de la laïcité de l’Etat et de TEcole nationale soit sauvegardé.

Ce n’est pas contre les droits de la pensée que j’ai lutté ; bien au contraire.

C’est contre la violence organisée, encadrée, enrégimentée.

Je n’ai jamais voulu reconnaître d’autres forces dans l’Etat que celles qui sont mises au service de la loi : la police régulière et farinée nationale.

Mon action particulière pour les collectivités vosgiennes.

Voilà, messieurs les électeurs de la circonscription d’Epinaî, le sens général de mon programme.

J’en viens, maintenant, aux points particuliers de ce programme.

Aux anciens combattants, je dis : je vous ai toujours tenu parole. Gomme vous me favez demandé, )’ai refusé de me prononcer, soit pour la ratification, soit pour le payement des dettes américaines,

De même, je n’ai pas accepté ces pleins pouvoirs, qui vous ont réduit — vous et toutes les victimes de la guerre, et tous les ayants droit — de 3 et de 10 0/0, C’est vous dire que vous pouvez continuer de compter sur mon accord pour vos revendications. Je voterai, notamment, pour la Caisse des pensions.

Aux agriculteurs, je dis : j'ai proposé une loi pour la vente du blé, par priorité, avec un prix obligatoire, rémunérateur, en faveur des petits producteurs; pour le reste, marché libre. J’ai obtenu le rétablissement des mesures prises pour le blé destiné à la consommation familiale du producteur.

J’ai voté, en plein accord avec tous mes collègues du groupe de défense des bouilleurs de cru. J'ai soutenu les Gouvernements de gauche qui ont fermé les frontières aux importations agricoles massives. J’ai pris ma part de la défense de la fécule de pommes de terre contre la concurrence du maïs étranger. C’est d’ailleurs mon ami Paul Elbel, radicalsocialisle* qui rapporta la loi que vous réclamiez.

Je suis intervenu en faveur des revendications forestières, notamment en faveur de nos budgets municipaux, si durement atteints par la baisse des bois. Vous savez que mon concours ne vous a jamais manqué pour que l’Etat vous accorde son aide en matière d5électrification3 d’adduction d’eau ou de matériel contre fineendie.

Dans ce dernier domaine, je revendique au titre de membre du groupe de défense des sapeurs-pompiers, pour que les prîmes spéciales prélevées sur les polices d’assurances soient affectées réellement, et dans leur totalité, à la lutte contre Y incendie.

Pour vos communes rurales f j'ai pris finitiative de réclamer en faveur des centres ou sections qui ne sont pas desservis par la voirie générale; j'ai réussi à faire adopter par le Conseil général les décisions que vous connaissez maintenant, pour venir en aide à votre vicinalité.

Aux commerçants et aux industriels, je dis : C’est dans cette législature qu'ont été votées et promulguées les lois sur la propriété commerciale, la révision des baux commerciaux, la révision des billets de fonds, la suppression du droit proportionnel de patente sur les locaux d’habitation, la loi de finances qui substitue le forfait facultatif au forfait

obligatoire pour les bénéfices industriels et commerciaux, La Chambre a adopté lé rapport du député radical-socialiste Julien sur la protection de la créance complète de FhôfceKer et du logeur, étendant ainsi k celte catégorie de commerçants les dispositions visant le délit de grivèlerie.

Je crois pouvoir dire que j’ai été le principal artisan de T ouverture du marché de FA, 0. F, aux cotonnades françaises. J'ai fait interdire à la Banque dé France la fabrication du papier à billets de banque qm ne ressortirait pas. à son privilège, et cela afin de défendre la vieille industrie française d’Arches. Je sais intervenu avec succès contre les propositions qui eussent obligé les brasseurs à. modifier leurs qualités de houblons.

Aux artisans, je réitère mes engagements en faveur de leur cahier de revendications. Je rappelle que c'est une proposition du radical-socialiste Liautey qui tend a la protection de la fabrication de la dentelle et dé la broderie à la main. C'est le radical-socialiste Paul Elbel qui a rapporté favorablement la proposition en faveur de la marque nationale artisanale. C’est le radical-socialiste Lévy-Alphandéry qui a fait voler la proposition sur la définition des maîtres artisans.

Aux fonctionnaires et aux cheminots, je dis *: Je mai pas voté les décrets-lois qui vous frappent. J'ai toujours réclamé pour que soient respectés vos droits de citoyens libres. Mes interventions auprès du Ministre des Travaux publics ou de la Compagnie de PEst vous ont permis de faire connaître vos doléances et pour plusieurs d'entre elles — visant la traction, la voie, l'exploitation ou le dépôt — vous avez pu obtenir satisfaction*

Aux ouvriers et employés, je dis : J'ai non seulement soutenu vos revendications, mais grâce à mes interventions en faveur des industries de ma circonscription — notamment le textile et le papier — j’ai contribué à enrayer la crise qui vous atteignait autant que vos palro s.

Aux sociétés d'éducation physique, je dis i C’est grâce à mon initiative à la Chambre qu'il y a maintenant un budget de l’Éducation physique. C'est grâce à mes interventions auprès du Ministre de la Guerre qu’on a pu maintenir vos allocations de munitions. C'est grâce à mes démarches au Ministère de la Santé publique que plusieurs d’entre vous ont pu enfin restaurer leurs stands Je continue d’agir en faveur des demandes en cours.

Pour la Ville d’Épinal, j’ai fait tout ce qui m’a été demandé. Si j’avais trouve une meilleure volonté de collaboration de la part de la municipalité, j’ai la conviction que certaines questions en suspens seraient aujourd’hui réglées, notamment pour les nouvelles constructions scolaires si nécessaires à Epinal,

J’ai fait maintenir le parc annexe d’artillerie.

J’ai obtenu les crédits nécessaires à la protection contre l’incendie de plusieurs établissements militaires de la place d’Epinal.

J’ai demandé et obtenu que TÉcolc militaire préparatoire qui devait être construite en Alsace soit édifiée à Epinal.

J’ai obtenu qu’on ne fasse pas partir le 120e d’artillerie qui devait être remplacé par un nouveau régiment de tirailleurs, et j’ai obtenu que nous ayons en garnison le 3* bataillon du 170e d’infanterie. Depuis plusieurs mois, je demande — car des raisons militaires le permettent — la reconstitution d’un corps d’armée dont le chef-lieu, comme en 191 4, serait Epinal.

Tels sont les principaux de mes actes d’hier ou de mes promesses pour demain en ce qui concerne mon dévouement à. la circonscription d’ Epinal,

Ainsi, avez-vous la possibilité la plus complète de jugement, car vous avez à apprécier les idées que j’ai toujours défendues avec ardeur, et parfois avec courage, et vous avez à apprécier enfin, non plus seulement des discours et dès écrits, mais dès actes, qui, vous semblera-t il — je pense — ont été nombreux et dans de multiples domaines.

Je crois pouvoir dire que j'ai beaucoup travaillé à l'extrême limite de mes moyens, pour ce que nous avons de plus cher : Épinali} ma circonscription des Vosges, la France et la République*

C’est pourquoi, messieurs les Électeurs, fai Thonnectr de solliciter le renouvellement de voire confiance.

Marc RUCART Député des Voage*.

Circonscription de MIREGOURT*

M. Jlan LEROY

(Groupe du Parti de là Jeune République.) Elu pour la lrE fois le 3 mai 1936.

Ma candid a tare ,

i.es sollicitations amicales et confiantes des républicains de la circonscription de Mirecourt ayant vaincu mes hésitations, j ai posé ma candidature aux élections législatives du 26 avril prochain.

Alors sans plus tarder, fort de l’appui des élus républicains, assure du concours de tous Sûr d être le porte-drapeau d’un grand mouvement, je me suis mis en campagne.

Parcourant nos six cantons, d’aspect si varié, de tout cœur j’ai convié tous les amis sincères de la liberté à opérer un grand rassemblement des forces républicaines contre es entreprises factieuses ; contre la domination des puissances financières ; pour la réalisation d’un plan démocratique commun sur le terrain économique ; pour l’organisation de la paix. Je crois que rien de durable ne peut se faire si les libertés publiques sont abolies C’est le peuple, et le peuple seul, qui, par l’intermédiaire du suffrage universel, doit se

gouverner, ^ ^ ^ dictatures comme à toutes les aventures, je défendrai hardiment

165 ^ f un ^ système ^com inique épuisé, il faut adapter des solutions nouvelles. La détresse

J , * villes chez tons les travailleurs sans exception, peut

qui régné aux champs comme dans les vuies, c

Î^Siment rénover, atin d'éviter « révolution qui peut

D„" domain, politique,^ elle était cantonnée, il tant taire passer la liberté dans Perdre

economique. p^eré de la tutelle déshonorante de l’argent.

ÏZ, mi d'o“ S tl premier devoir - assurer . indépendance d. Pé— e

""oint de vue social, il doit avoir une politique du ch|aSe, détendre la famille,

“npÔLTdevnTpolitiqne et administratif, PEtat doit Sonver„er avec une anlor.té

accrue. „ rPïai doit appeler les intéressés à prendre eux-mêmes La

Du point de vue économique, 1 Liât doit appeim direction de leurs affaires*

SI r homme politique, pour être plus fort, se groupe en parti, le producteur, pour assurer ses propres destinées, doit s'organiser professionnellement*

Solidement constituées, les professions doivent avoir les moyens d'exprimer leur volonté par L'intermédiaire d'un conseil national économique, doté de pouvoirs plus étendus*

Je crois enfin, et cela de tout mon cœur d’ancien combattant, qu'il faut construire la paix en perfectionnant sans cesse la Société des Nations, en renforçant toujours plus son autorité*

Dans une période aussi troublée, notre premier souci doit être d'assurer la garde de nos frontières, avec vigilance.

L'ordre international, nouveau, né des souffrances supportées par les anciens combattants, porte en lui une grande espérance.

A l’heure où la campagne électorale est déjà bien avancée, je puis me rendre cette justice qu'ayant exposé mon programme dans tous ses détails* qu'ayant hautement affirmé mes idées, personne ne doit pouvoir se tromper sur ce que je veux, comme sur ce que je suis, Â une heure particulièrement grave, les électeurs, par leur vote, vont fixer l'orientation de la politique française.

Le 26 avril prochain, j’en suis sûiyla vieille circonscription républicaine de Mi recourt confiera ses destinées à celui que les républicains ont partout acclamé pour leur candidat.

Citoyens,

Pour la liberté et la justice,

Pour la paix,

Pour la République,

Je compte sur vous*

Jean LEROY,

Gir conscription de NEUFCHATEAU.

M. Marcel BOUCHER

(Groupe des indépendants d^umon républicaine et nationale*) Éîu pour la 1™ fois le 3 mai 1936,

Mon programme „

J ai exposé, dans ma profession de foi, les principes d’ordre et d'union à l'intérieur, de dignité et de paix à l'extérieur dont je me réclame,

\ oici un aperçu des réformes auxquelles je voudrais consacrer mon activité parlement taire si les électeurs de la circonscription de Neufchâteau me font confiance.

La réforme do l'Etat :

En République, le peuple est souveraine L non les Chambres,

Révision de la Constitution en vue de renforcer le pouvoir exécutif et d'assurer au pays qui en a si grand besoin un maximum raisonnable de stabilité ministérielle.

Faculté donnée au Président du Conseil de dissoudre la Chambre avec l'approbation du Président de la République. Ainsi le pays ne serait plus seulement consulté tous les quatre ans mais on toute circonstance grave.

Création, à côté du Parlement politique, d’une Chambre consultative professionnelle, dont In Conseil national économique est une première ébauche et à laquelle seraient soumis tous les décrets et toutes les lois relevant de sa compétence.

La réforme électorale :

Institution d un système de représentation proportionnelle soigneusement étudié* Institution du vote familial destiné a enrayer la dénalalisation en favorisant la réalisation de lois et de mesures nettement favorables à la famille. Vote des femmes (la France pays de suffrage universel, est un des rares pays d'Europe où la femme ne vote pas),

La réforme parlementaire :

Rendre au Parlement sa fonction normale de contrôle.

Suppression de toute initiative parlementaire en matière de dépenses* — Vote personnel obligatoire des députés, — Diminution du nombre des députés.

Refonte du Règlement intérieur de la Chambre en vue de l’accélération du travail législatif pratique et la limitation des discours inutiles.

Restituer sa dignité nécessaire au mandat de député en établissant les règles de Lincolnpa tibili te parlementaire*

Les finances :

Défense du franc.

Opposition résolue à la dévaluation qui atteindrait inévitablement la masse des travailleurs* les petits épargnants, les petits rentiers, tous les humbles.

Plus d'emprunts! Politique d'économies et de compression massive des dépenses* Meilleure répartition des charges fiscales, simplification des impôts.

Equilibre sincère du budget favorisant l’abaissement du loyer de l'argent.

Révision des taxes fiscales excessives qui entravent l'essor économique du pays* Protection vigilante et énergique de l'épargne publique et contrôle efficace de l'industrie bancaire, aggravation des pénalités frappant les écumeurs de fi épargne*

Les réformes économiques :

Pour résoudre la crise économique actuelle, déterminée par la sous-consommation et la thésaurisa lion qui paralysent les affaires, ii faut rendre confiance au consommateur et alléger considérablement les charges qui écrasent le producteur, 11 faut s'y employer immédiatement.

Suppression progressive des monopoles d’Etat et retour à l’initiative privée.

Lutte contre la vie chère. Pratiquer une politique d’abaissement des prix de revient* Simplification de la loi des assurances sociales.

Révision de la loi sur les patentes.

Remplacement de la taxe sur le chiffre d’affaires par la taxe unique a la production. Suppression du forfait obligatoire. Retour au régime du forfait facultatif.

Refonte du régime des chemins de fer, remplacement des lignes déficitaires par des services dJautobus desservant utilement les communes rurales. Nouvelle élude de la coordination du rail et de la route en accord avec les usagers.

Protéger et favoriser l’artisanat en vue de rétablir la qualité des produits de l'industrie française.

Développement du thermalisme et du tourisme qui, source d’activité du commerce favorisent l’industrie hôtelière set contribuent k la prospérité des villes d’eaux.

Mettre en valeur notre riche empire colonial et y multiplier les débouchés pour nos jeunes générations*

Les réformes sociales :

Opposition ans: théories criminelles de haine des classes, d hostilité de corporations qui ne peuvent aboutir qu’à la guerre civile et à la misère générale.

Vote de toutes les réformes sociales destinées k améliorer le bien-être de la classe ■ouvrière en assurant à tous les travailleurs la juste rémunération de leur travail et en les garantissant contre le chômage*

Poursuivre sans arrêt et généraliser dans tous les centres industriels la construction de maisons et de cites ouvrières. Lutte contre le taudis.

Mise en œuvre immédiatement d'un plan <f outillage vraiment national pour donner du travail aux chômeurs notamment en intensifiant la réfection de notre réseau routier et de nos chemins ruraux, lTélectrification*des campagnes, les adductions d eau dans nos communes rurales.

Réduire la main-d'œuvre étrangère spécialisée par la création d écoles d apprentissage, formant des ouvriers de métiers.

Favoriser la natalité, protéger l'enfance, aider les familles nombreuses, en particulier par les aménagements fiscaux; dégrèvement d’impôts, équivalence des allocations*

Coordonner tous les elîorts dans une lutte sans répit contre la maladie et la misère : œuvres d'assistance, dispensaires, crèches, asiles, hôpitaux, secours et protection à la jeunesse, à l’enfant»

Consulta Lions médicales gratuites dans les écoles.

Fonctionnaires, cheminots, retraités :

En toutes circonstances les engagements pris doivent être tenus.

Il convient donc que soient respectés ceux pris par l’Etat, parle département et les communes ou les Compagnies de chemins de fer envers leurs fonctionnaires eL les agents de toutes catégories.

Anciens combattants :

La nation ne peut pas renier la dette sacrée qu’elle a contractée envers les anciens combattants et les victimes de k guerre,

11 faut qu’on revienne au plus tôt sur les atteintes graves qui ont été portées à leurs droits*

Les réformes administratives ;

Simplification des services publics.

Une vaste enquête officielle sur les abus administratifs de toutes sortes, les cumuls illégaux et scandaleux, est demeurée sans sanction. Il faut donner courageusement à cette enquête ses conclusions légitimes.

Réorganisation des cadres administratifs pour donner aux fonctionnaires un statut légal les protégeant contre le favoritisme, garantissant leurs justes droits et précisant leurs devoirs vis-à-vis de l’Etat au service duquel ils se trouvent.

L'enseignement :

Respect de ïa laïcité, mais aussi de la liberté de conscience et de la liberté Renseignement,

Respect du droit des familles en matière d’éducation de 1 enfance*

Obligation pour tous les éducateurs de la jeunesse française de contribuer à réaliser l'imité morale de la nation en enseignant le respect de ridée de famille, de patrie, et la nécessité d’une évolution sociale pacifique.

Sports :

Développement de la jeunesse par les exercices physiques, la vie au grand air. Subventions aux sociétés sportives.

La réforme judiciaire :

Les lamentables révélations de l'affaire Stavisky ont mis à nu les intolérables ingérances de la politique dans l'exercice de la justice et les étranges moeurs de favoritisme et de complaisance suspectes qui en résultent*

L'indépendance de la magistrature doit être protégée.

Les réformes agricoles :

L’agriculture est la base même, 1 armature et le pilier de !a Nation. Et c’est sur elle, pourtant, que s appesantit le plus lourdement le poids de toutes les charges de toutes sortes, qui, à l'heure actuelle, écrasent toutes les forces vives du pays.

Au cours de la dernière législature, il a fallu un véritable soulèvement d'opinion de la masse des agriculteurs pour ralentir la scandaleuse importation des blés étrangers et réagir contre L avilissement des prix, en refreiuant l'audace des. spéculateurs.

Pour qu;une telle situation ne puisse se reproduire, les mesures hâtives et précaires qui ont été prises ne peuvent, suffire. 11 faut que la prochaine législature mette à l’étude la question du blé et lui donne la solution que réclame impérieusement, et tout de suite, l’intérêt de l'agriculture française*.

Avec la même volonté de réaliser, en faveur de l'agriculture les meilleures solutions, devrait être envisagé le problème de l’engrais et le développement de la polyculture.

Il conviendra de favoriser l'organisation de la profession, de répandre l’enseignement agricole, d’aider l’artisanat agricole.

Pour ma part, je ne cesserai jamais de penser et d’agir en député de défense agricole, et c’est pourquoi j ai tenu a arborer hautement cette étique! Le.

11 ne saurait y avoir pour le Parlement de problème plus important que l’équitable valorisation des produits agricoles nationaux et leur protection contre l’importation étrangère.

Pour que la France vive, il faul que vive celui qui cultive la terre de France.

Découlant de ce principe, une série de mesures d’ordre et de protection s’impose : recherches de nouveaux débouchés extérieurs en respectant tout le principe du donnant donnant, ou la réciprocité d’échange; diminution des impôts, des tarifs de transports et d assurances; extension du crédit agricole, notamment par des prêts à intérêts réduits pour le warrantage des récoltes; aménagement des dettes agricoles a l’égard notamment du fisc et des caisses de crédil ; suppression de la paperasserie à laquelle sont astreints les agriculteurs, etc. 11 conviendra en toutes occasions de s’inspirer des indications fournies par les Chambres d agriculture et les grandes associations spécialisées ; producteurs de blé, de viande, de lait.

Vignes :

Adoption des mesures pouvant aider la culture de la vigne dans notre région.

Elevage :

Développement de l’élevage et en particulier de celui du cheval de race ardennaise et de la race bovine tachetée pie rouge de l'Est,

Bois et forêts :

Il faut protéger l’industrie forestière et le commerce du bois par un contingentement plus strict, la revalorisation des cours par l’amélioration du domaine forestier, 1 emploi du bois comme carburant, les recherches de débouchés nouveaux, la défense contre les matériaux de remplacement, etc,

La paix extérieure :

Assez de guerre. II ne faut pas que notre pays vivo sous la menace d’hécatombes nouvelles,

Utopies et abandons, naïves rêveries et reculades nous ont fait perdre en moins de

vingt ans tous les bénéfices de notre victoire.

Certes, il convient de poursuivre l’œuvre entreprise pour l’organisation de la paix par

la sécurité collective,

Mais les événements nous ont appris à ne pas nous leurrer sur la force des traites et

des pactes, , „ .

Nous devons avant tout compter sur nous-mêmes et bien comprendre qu en lace de

rhitlérisme menaçant, c est notre propre force matérielle et morale qui constituera pour nous le meilleur gage de paix, tant par son action directe; que par l’influence salutaire qu’elle exercera dans le monde en attirant à nos côtés toutes les nations vraiment pacifiques.

Nous avons le droit d’exiger que, pour cette œuvre de salut, la politique extérieure de la France ne soit influencée en rien par des soucis de politique intérieure et qu’elle s inspire exclusivement des intérêts de la Nation et de ceux de la paix.

Soyons unis et soyons forts, et la paix nous sera assurée.

Électeurs de la circonscription de Neufchateau, mes chers Concitoyens,

Je n’ajouterai rien à cet exposé trop déLaîllé et pourtant encore incomplet de mon programme législatif que trois lignes, trois engagements :

Défendre la liberté, toutes les libertés républicaines.

Travailler à l'apaisement social, à la prospérité du pays.

Servir en toutes circonstances et de toute mon âme les intérêts de nos populations vosgiennes.

Maïïcel BOUCHEE.

Circonscription de REMIREMONT.

M. Loris GAILLEMUV

(Groupe des îépm bl Ècain s indépendants et diction sociale*)

Élu pour la trE fois le 3 juin 1934. — Réélu le 26 avril 1936*

Mers chers Compatriotes,

Le 3 juin 1934, lorsque, par uo vote massif, vous m’avez accordé une confiance dont je vous garde une reconnaissante fierté, la France entière frémissait encore des événements du 0 février et des scandales qui les avaient causés.

Aujourd'hui, le pays vit encore des heures tragiques et chacun se demande ce qu’il va advenir de la paix.

A l'extérieur, l'Allemagne vient do violer le traité de Locarno et demeure menaçante

L’opposition des intérêts de 1 Italie et de l’Angleterre s’affirme chaque jour plus grande.

A 1] intérieur, les adeptes du Front populaire, sous la direction des « Moscou La ires », ont déclaré la guerre aux autres Français qui ne pensent pas comme eux*

Il importe, mes chers concitoyens, que, dans le calme sang-froid habituel aux montagnards, vous envisagiez cette inquiétante situation, et que dans F élection du 26 avtil vous preniez en toute indépendance et en toute conscience votre responsabilité d’électeurs

Les élections législatives de J 932 ont assuré, comme en 1924, une forte majorité parlementaire au Cartel des gauches ; les socialistes ont célébré celte victoire avec enthousiasme.

Logiquement, ils devaient participer aux responsabilités du pouvoir ; i’s se sont contentés d'exercer sur leurs alliés, radicaux et radicaux-socialistes, une véritable dictature; comme le leur a reproché le communiste Cachîn, ils n’ont réalisé aucune des promesses faites au cours des élections ; ils ont avoué ainsi leur impuissance et confirmé cette incapacité de gouverner qu’ont montrée les S. F* L O. d’Allemagne, d’Autriche cl d’Angleterre quand ils ont détenu le pouvoir.

Après le 6 février, le Cartel a dû abdiquer entre les mains de la minorité ; celle-ci, avec l’aide d’un certain nombre de radicaux nationaux, a essayé de réparer le mal causé par cette alliance hors nature des radicaux patriotes et individualistes avec les socialistes internationalistes et collectivistes. L’opposition de leurs principes est telle qu’il leur est impossible de s’entendre sur un programme de gouvernement.

Mes chers Concitoyens,

Cette expérience du Cartel en 1926 et en 1934, vous ne permettrez pas qu’elle se renouvelle en 1936, une troisième fois, avec le Front commun qui n'est qu'un cartel augmenté du parti communiste.

Les socialistes et les communistes, en votant contre les crédits militaires, en s’opposant aux fortifications des frontières, se sont prononcés contre notre sécurité*

En nous poussant anx sanctions contre l’Italie et à la ratification du pacte franco-soviétique, ils ont com| romis la paix et nous ont conduits à deux doigts de la guerre ;

Eu introduisant le virus collectiviste dans les lois économiques et sociales, ils nous ont imposé une fiscalité inquisitoriale et inassouvie ;

2fi

En préconisant le collectivisme et la nationalisation, en voulant détruire la propriété individuelle, l'épargne et l’héritage, ils nous conduisent à la ruine ;

En prêchant la haine entre les Français et la lutte des classes, ils nous amènent inévitablement à la guerre ci vile et bientôt 4 la guerre étrangère*

Electeurs,

Cette politique n’est pas la, mienne*

Au point* de vue extérieur :

Je veux la paix dans la sécurité et dans F honneur, appuyée sur une armée puissante et bien entraînée, sur des amitiés traditionnelles et sur des alliances certaines»

La Société des Nations ne pourra remplir son rôle médiateur entre les peuples et arriver à leur désarmement que si elle dispose d'une force internationale assez puissante, capable d'enlever à toute nation, même la plus forte, le désir de troubler la paix.

Au point de vue intérieur :

La xêSorm e de 1 Etat, m L u nge nie ; le Go uver ne men b doit .p oss è d er La u t o ni té e 1 1 1 a stabilité indispensables h l’exercice de ses prérogatives.

Le Président du Gonseil doit pouvoir demander iau Président de la République ia dissolution des Chambras et faire jainsi appel directement; au pays»

Les administrations doivent être simplifiées, modernisées, décentralisées*

Le Parlement devrai se, contenter^ de dégiférerï et de contrôler, et non de jgouverner* L’initiative des Chambres en matière de dépenses, sera supprimée*

Je [Siiîs.partisau. de ila représentation proportionnelle, du vole familial- ?el du note des femmes ; de ia réduction du nombre des dépulés et de. leur indépendance; complète .

Au point de vuée financier :

Je désire maintenir le franc à sa valeur or actuelle, équilibrer le budget en ne recourant plus aux emp.unts, en supprimant les doubles emplois et les cumuls, en exigeant, que Je travail payé soit rigoureusement, exécuté ;

Réformermotre fiscalité, la débarrasser des méthodes inquisitoriales et traça ssières ;

M ulualiiseri lesi assurances1 sociales, les simplifier et leur donner un fonctionne me ni plus rapide ; ,

Le loyer de f argent- est ; trop élevé , il doit être abaissé comme en Angleterre ;

L* épargne i doit être ;pFotégée:e£fic0cement ;

L’ « b uni ami sa lion w de certains décrets-lois devina être poursuivie ;

Gon f o r mém eut à 1 a p rom e sse du Gouv e rn em e n t , Ja Caisse d es i peu m o n s 7 u i do n n e

satisfaction aux anciens combattants, devra fonctionner, à partir du ■!**■ octobre1 1936.

Au point de vue économique :

J 1 -e s t ; fi è cessai rc de :

Favoriser la production nationale par le dégrèvement fiscal et par une diminution des frais de transport ;

Protéger notre commerce et notre industrie par des accords douaniers avec, des -vautres pays et par une politique coloniale ;

Stabiliser les devises et les monnaies ;

Défendre les petits commerçants si éprouvés dans leur lutte contre les grandes entreprises commerciales ;

Développer le tourisme, source féconde de revenus pour la France entière et particulièrement pour les Vosges ;

Appliquer un programme de grands travaux et notamment achever les percées des Vosges ;

Protéger la forêt française qui donne du travail à de nombreux ouvriers el permet à nos communes d’équilibrer leur budget ;

Assurer l’emploi des granits vosgiensicontire des matériaux venant de l'étranger ;

Soutenir notre agriculture, afin que le commerce du blé retrouve rapidement la liberté; que la culture de la pomme de terre soit garantie contre la trop grande concurrence des amylacés d’origine étrangère ; que notre production fromagère vosgienne soit, défendue contre les produits similaires ;

L'électrification des campagnes et les travaux d'adduction d’eau doivent être poursuivis et encouragés.

Au point de vue social :

L’Etat doit mettre tout en œuvre pour sauvegarder la santé de la population et notamment celle des enfants.

11 doit favoriser la famillé, cellule de la nation où s'acquièrent les1 grandes vertus qui forment les bons citoyens; il doit protéger tout particulièrement l’enfance et l’adolescence, développer les colonies de vacances, les sports, etc. ; aider les jeunes, dont la situation est actuellement si tragique, à trouver des emplois.

Il doit accorder toute sa protection aux anciens combattants et aux mutilés du travail*

Il doit lutter contre le chômage et. venir en aide à ceux qui en soulïVcnL

L’organisation professionnelle doit être poursuivie ; le Conseil national économique dont la Chambre a voté. récemment les- -nouveaux .statuts doit constituer un Parlement économique propre à étudier les questions économiques et sociales et a rechercher dans la collaboration des classes, dans l’union des patrons et des ouvriers, la solution des problèmes sociaux*

Telles sont, mes chers Compatriotes, les grandes lignes du programme que je soumets à votre approbation.

Si, comme j'en ai la ferme conviction, vous le faites vôtre, vous pouvez être certains que je consacrerai toutes mes forces et toute mon âme à sa réalisation.

Tous., ouvriers, bourgeois, commerçants^ paysans, industriels,-, vous pouvez être assurés que je me ferai le défenseur de vos intérêts comme je le serai des grands intérêts de la Nation.

Le 26 iavHlval!ez tous aux urnes :

Pour la paix extérieure dans l’honneur et la sécurité ;

Pour la paix intérieure dans l'union large et loyale de toutes les bonnes volontés ;

Pour. la lutte contre la crise économique et contre le chômage ;

Pour le progrès social dans la collaboration des classes.

Vive la République !

Vive la France î

Louis GAILLEMTX Député' ftwlani.

Conseiller général des Vosges.. — Maire de Corn i mont. Chevalier de la Légion d'honneur* — Croix de guerre*

Candidat républicain d'union nationale et aoctaia*

Circonscription de SAINTVDIÉ.

M. Paul ELBEL

(Groupe républicain radical et radical-soem'isted Elu pour la lTt' fpis le 18 juin 1933, — Béélu le 3 mai 1936.

Aux électeurs de la circonscription de Sainl-Dié,

J'ai travaillé pour vous !

1 codant les trois années de mandat que vous m'avez fait l'honneur de me confier, je me suis consacré tout spécialement à des réalisations pratiques intéressant vos familles, vo3 intérêts locaux et l iulérêt supérieur du pays.

Contre la crise économique et contre le fléau du chômage, j’ai lutté de toutes mes forces, de toute mon énergie :

l'1 Eu faveur des ouvriers du textile, j’ai contribué efficacement à obtenir l’extension des débouchés des cotonnades vosgiennes aux colonies, notamment au Maroc, en Afrique occidentale et en Indochine ;

2’ Ivi faveur des ouvriers de nos industries papetières, invité par mes collègues de la Chambre à arbitrer le différend entre nos industries papetières et notre industrie forestière, il m’a été possible de proposer nue solution équitable acceptée par les deux parties ;

3° Pour nos forêts et pour nos travailleurs de l’industrie du bois, j’ai lutté dès avant mon entrée au Parlement. Devenu député, j’ai développé mon acLion, provoqué la création des tarifs réduits pour le transport des bois; à la suite d’une intervention à la tribune de la Chambre, j’ai pu obtenir que soit affecté en 1936 un crédit de 100.000 francs à l’entretien des forêts domaniales des Vosges,

Le groupe forestier de la Chambre m’a fait l’honneur de me désigner comme son délégué permanent ;

4° En faveur des ouvriers gramteurs une proposition de Soi Elbel protège les granits ouvrés des Vosges contre la concurrence allemande ;

5 ' Pour les ouvriers de 3a fécuîerïe et les producteurs de pommes de terre, 3a Chambre adoptant les conclusions de mon rapport a édicté les mesures protégeant la fécule, ainsi que Forge, l avoine et le seigle de nos régions contre les mais étrangers ;

6" Pour conserver Le débouché de la Sarre aux produits laitiers, au bétail et aux légumes produits par notre région, je suis intervenu avec succès avant même le plébiscite de rattachement à l'Allemagne ;

Pour favoriser la venue des touristes dans nos Vosges, j’ai pu obtenir que soit amélioré 1 état de nos routes. Pour faire connaître la beauté de nos montagnes j'ai fait de nombreux articles et lancé des appels radiodiffuses. Enfin une proposition Elbel demande la création de carnets de voyages à prix réduit ;

8° En faveur des communes les plus déshéritées de la circonscription , il m'a été possible d "obtenir laide de l'Etat pour les travaux d'électrification, d'adduction d'eau, etc, ;

9° Pour protéger le commerce de détail, une proposition de loi tendant à créer une marque nationale de la qualité française a éLé votée sans débat par la Chambre des Députés, Elle défend les petits détaillants et les artisans. Elle protège nos eaux-de-Vie, nos marques de fromage, le linge des Vosges, nos papiers de qualité, etc, ;

10° Pour la diminution du coût de la vie et pour la revalorisation des denrées agricoles, j'ai engagé une lutte sans merci conLreles grandes congrégations économiques : du gaz et de l’électricité, du pétrole, de la fécule, de la chaussure, etc, ;

11° Pour la défense nationale, j'ai protesté contre l'envoi massif de notre minerai de fer de Lorraine en Allemagne ; j’ai soutenu, contre les marchands de pétrole, les essais de moteurs au gaz de bois qui intéressent la motorisation de noire armée ;

12° Pour les mutités, pour les anciens combattants, pour les retraités, j’ai proposé, le . premier, l'humanisation des décrets-lois spoliateurs ;

13° Enfin, de nombreuses propositions de lois et interventions en faveur des travailleurs de nos régions : ouvriers des baguettes de bois doré, voituriers, conducteurs d’auto-cars, distillateurs de fruits sauvages, etc.

Le 16 janvier 1936, j’ai voté contre les décrets-lois qui, destinés à lutter contre la crise, Tout, en réalité, aggravée.

En trois ans, voilà ce que j’ai pu faire !

Quelle sera l'œuvre de demain ?

Une République ne saurait vivre et se développer que par les démocrates; la politique de réforme, indispensable à l’heure actuelle, exige des gouvernants qu’ils soient résolument réformateurs :

Dans Tordre politique ;

La souveraineté du suffrage universel doit être respectée; la pratique avouée ou occulte du pouvoir personnel doit être condamnée. Les lois laïques doivent demeurer intangibles ; elles sont le complément naturel des libertés civiles, la garantie de la liberté de conscience ot la condition de la paix religieuse.

Politique extérieure et défense nationale ;

Ardemment patriote et résolument attaché à la paix, j'estime que la Patrie est au-dessus des partis, qu elle n’est le monopole de personne.

Il faut rendre à la France son autorité et son crédit dans le monde. Sa politique démocratique est la condition de son rayonnement au dehors.

La Société des Nations est notre seul moyen d’assurer la paix, fondée sur la solidarité internationale et le droit des peuples, et pour laquelle notre pays a combattu et souffert.

Dans Tordre administratif :

J'estime nécessaire : l’extension des libertés communales ; la responsabilité des chefs de service ayant le pouvoir de décision ; la défense des grands services de 1 Etat contre les prétentions et la main mise des intérêts privés.

Dans l’ordre judiciaire ;

Il faut obtenir la juslice rapide, moins onéreuse, égale pour tous; la protection effective de la liber Lé individuelle contre les abus de 1 arrestation et de la détention préventive; des garanties réelles d'indépendance de la magistrature.

Pour les fonctionnaires :

La garantie de leurs intérêts civiques et des droits professionnels;

Une équitable et suffisante amélioration des retraites et des pensions

Le droit syndical.

Poivr ier ancien© combattants et «mu filés :

Je m'opposerai absolument à la révision de la loi du 31 mars 1919 sur les pensions., en ee qui pourrait diminuer les droits des mutilés ; j’exigerai le maintien de la présomption d’origine pour les maladies.

Je demanderai la création de la caisse des pensions.

Dans le domaine de renseignement :

J’estime urgent et indispensable de fortifier Poeuvre d'enseignement laïque. Il faut :

Organiser dans ht France entière les caisses des écoles.

Créer ou établir pour les enfants le droit à l’éducation complète, suivant leurs aptitude, en leur facilitant l'accès, sans privilège, à Renseignement secondaire et supérieur.

Rendre obligatoire Renseignement postscolaire et l'instruction technique.

Dans Tordre economique :

Il faut poursuivre le développement de notre outillage national.

La production française et Tènsemble des citoyens devront être protégés contre les trusts et toutes les formes de l’accaparement.

Le statut économique de la démocratie sera recherché dans une association plus étroite des producteurs et dès consommateurs, dès individus et de l'Etat, de l'agriculture et de l'industrie.

Pour les agriculteurs : revalorisation des produits agricoles par la résorption des excédents, par la recherche de la qualité, et par la protection des petits agriculteurs contre le* prix: prohibitifs des engrais.. Développement du crédit agricole.

Protection de l'artisanal ; j'ai à cet eJTet souscrit au programme revendicatif présenté par les. groupements d'artisans.

Pour les commerçants : je continuerai à exercer mon action pour l'allègement des charges fiscales, et la réorganisation do crédit.

Pour permettre aux détaillants de lutter contre les maisons à succursales multiples et les grands magasins, j’ai déposé une proposition de loi tendant à autoriser la coopération commerciale par la création de groupes d’achats en commun.

Je m’efforcerai d’obtenir une protection efficace de la propriété commerciale.

Dans le domaine colonial :

La mise en valeur et Torganisaiion de nos colonies doivent être activement poursuivies, en collaboration avec les indigènes.

Dan* 1er domaine, social :

Il faut développer la législation du travail, assurer le respect de la loi de huit heures, assurer à 1 ouvrier 1 indépendance materielle et morale, améliorer ïe fonctionnement des assurances sociales, défendre les mutilés du travail, et leur assurer la même protection qu'aux victimes de la guerre.

Dans le dbmaine financier :

La sincérité financière et 1 équilibre du budget sont indispensables. L'emprunt doit être réservé au développement de notre outillage national. Les économies substantielles ne pourront être réalisées que par une réorganisation profonde des services publics et militaires.

L’Etat doit participer à. T exploit a faon des richesses collectives-.

L abaissement du prix de la vie; la prospérité économique et le progrès social ne sont possibles que par l'assainissement, des finances publiques

En résumé, et après avoir envisagé la crise actuelle sous ses trois aspects économiques, moral, social, j'estime que tout efTort qui tenterait de la résoudre sur le plan économique seulement, sans s attaquer en même temps au problème social et au problème moral, n apporterait que des solutions importai tes et serait voué à l'echec.

Il me plait, pour finir, de reprendre à mon compte la devise du Rassemblement populaire, à laquelle tout homme de cœur peut souscrire sans distinction de parti :

Du travail et du pain,

La paix et la liberté !

Paul ELBEL

Directeur honoraire des Accords commerciaux.

Président du Comité économique de la Société des dations, Commandeur de ! a Lésion d’honneur. — Crois de guerre.

Député sortant.

Candidat des Républicain?,

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