YONNE
1*° circonscription d'ÀUXERRE-AVALLON,
M. Jean-Michel R ENA ITOU R (Groupe de la Gauche indépendante.)
Elu pour Ta 1re fois le 29 avril 1928. — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936.
Mes chers concitoyens,
Une vaste conspiration s’est organisée contre votre élu. On répand! l’argent. On sème là calomnie. Il faut le battre à tout prix.
Qu aî-je donc fait pour mériter toute celte haine, pour susciter celle attaque habilement concertée ?
Je croyais être resté fidèle à mon programme et à mon idéal J’ai, en effet, voté à à gauche,' comme je l’avais promis. Et rien n'entame mon attachement à la République,
C’est cela, sans doute, que ne me pardonnent pas certains aspirants fascistes, certains amis des dictatures : et iîs trouvent, en une étrange collusion, des acolytes pour faire leur jeu dans le camp des républicains ï
Mais la manœuvre est trop grossière. Elle sera déjouée par nos amis, qui voudront bien se souvenir de mon effort sans défaillance pour la défense de leur intérêt et pour la défense du régime.
Mon programme ? Vous le connaissez. C'est toujours le même. Je n'ai pas changé. Je puis vous dire simplement ; je continuerai.
Le passée en effet, est un garant de l'avenir. Voilà douze ans que je milite parmi vous. Voilà huit ans que je vous représente au Parlement. Voilà sept ans que je représente nos amis d'Auxerre à la mairie du chef- lieu. Voilà dix ans que je représente nos amis de Sî.gnelay au conseil général de l’Yonne. Vous m avez donc vu à l'œuvre. Et sans doute a œz-vous approuvé mon activité, puisque vous in avez réélu, avec des majorités massives, clans ces différents postes d'administration ou de combat.
En politique financière, je suis l'adversaire de la dévaluation qui nous menace. Je ne veux pas que le franc de quatre sous tombe à moins de valeur encore sur le marché des changes, car je songe à tous les petits rentiers qui seraient ruinés par ces mesures désastreuses, après avoir eu tant de peine à assurer au cours d'une vie de rude labeur, la sécurité de leurs vieux jours.
En politique intérieure, j'ai voté ia dissolution des ligues qui sont armées, car je n admets pas que des Français s'enlreluent sous prétexte qu’ils ne' pensent pas de même. C est assez d avoir la menace étrangère à nos frontières. On peut discuter, chez nous, avec des arguments, non avec des revolvers ou des mitrailleuses.
Eu politique étrangère, il faut tâcher de sauvegarder la paix à tout prix. 11 ne faut pas dénigrer la Société des Na1 ions, qui fait des efforts méritoires dans ce but. Et puis il faut
assurer à la France des alliances! toutes les alliances qu'on pourra trouver, contre le danger de conflit que représente la présence d’un Hitler à notre frontière. J’ai approuvé le pacte franco- soviétique, comme j'approuverais n'importe quel autre pacte d’amitié avec tous les peuples qui voudront bien se ranger à nos côtés* Jamais la France n’aura trop d'amis dans le monde. Je voudrais qu’elle n’eût que des amis.
En politique agricole, chacun connaît mes interpellations en faveur des bouilleurs de cm* Le nouveau régime du forfait facuitatil par département, qui leur a été concédé, n’est pas ce qu’ils demandent* Ils veulent la liberté de distillation. Je la réclamerai, en leur nom, tant qu’ils n’auront pas satisfaction*
Pour le blé, je suis partisan que l’on revienne à la taxation, car le blé chez nous doit se vendre au moins 100 francs, si Ton veut assurerai! producteur un fruit rémunérateur de son travail* Puis il faut supprimer la fraude des gros minotiers, en punissant les fraudeurs de façon exemplaire* Puis il faut surveiller davantage les spéculateurs à la Bourse du commerce* Puis il faut abolir l’admission temporaire, qui permet aux céréales exotiques de venir concurrencer victorieusement les nôtres sur le marché français*
11 faut aussi que les allocations familiales ne soient pas inférieures pour les agriculteursà celles dont peuvent bénéficier les autres catégories de citoyens*
Enfin, pour les engrais, il faut supprimer les organismes parasitaires qui ont obtenu le monopole des licences d’importation, il faut réduire le tarif de transport des compagnies de chemins de fer, afin que les cultivateurs puissent les avoir à meilleur compte.
Au reste, je souscris volontiers à tout le programme agricole auquel nous a proposé de nous rallier Y « Union des paysans de F Yonne >î, je suis prêt à faire mien ce programme, et je m’engage volontiers à le défendre à la tribune, dans les commissions ou dans les scrutins*
Conclusion :
Qu’ajouter à cela, sinon que je n’ai pas accordé les pleins pouvoirs, que je n’ai pa ratifié les décrets-lois, que je ne tolérerai rien de ce qui* peu ou prou, nous mènerait à la dictature. Ni dictature d’un homme, ni dictature d’une classe : je suis partisan de la liberté. Nous nous plaignons souvent de n’avoir pas encore assez de liberté chez nous : ce n’est pas pour abdiquer le peu qui nous en reste* Et n’oublions pas que nous sommes un des rares peuples de l’Europe continentale où Ton puisse encore penser, parler, agir librement san& risquer la prison, fexii ou la peine de mort*
Enfin, pour conclure, je veux rappeler aux électeurs del’Àuxerrois le récent appel de la a Gauche démocratique )) du Sénat* Il est signé, cet appel, d’un nom qui jouit ici du respect de tous, du nom de M* Bienvenu-Martin* Notre vénéré sénateur, du fait de sa longue expérience et de sa haute autorité, se permet de vous conseiller de « ne donner vos suffrages qu’à des républicains éprouvés n et <f de favoriser ainsi Sa constitution à la Chambre d’une majorité de gauche »* Nous sommes pleinement de fa vis de M* Bienvenu-Martin et tant que nous serons d’accord avec des républicains aussi éprouvés, je pense que nous serons dans la bonne voie*
Merci d’avance, mes chers concitoyens, de la confiance que vous voudrez bien me témoigner à nouveau dimanche. Et comptez sur moi*
Jean-Michel RENÀITGUR
Maire <fÂuïen*Q*
CoDfleiller gépêral de TYonne*
Député aortaDt,
2e circonscription <T AUXERRE— AV ALLON.
M, Pierbe- Etienne FLAN D IN
(Groupe de lUlliance des républicains de gauche et des radicaux Indépendants.)'
Elu pour la lre fois le 10 niai 1914, — Réélu les 16 novembre 1919, 11 mai 1924, 22 avril 1928, Ier mai 1932 et 26 avril 1936,
Mes chers Concitoyens,
Pour la sixième fois, je fais appel à vos libres suffrages.
Plus de vingt ans de confiante amitié nous unissent.
Depuis sept ans, j’ai siégé presque constamment dans les Conseils do Gouvernement Durant huit mois, je l'ai dirigé. Pour la plus grande partie de la quinzième législature, mon activité parlementaire s*est confondue avec Faction gouvernementale.
De celle-ci, je vous rends compte :
Contre toutes les attaques de la spéculation, le franc a été défendu.
Contre Je déficit budgétaire, une grande œuvre nécessaire de compression des dépenses publiques a été poursuivie. Si elle n’a pu réaliser l'équilibre budgétaire qui ne pourra, sans doute, être obtenu que par la reprise de l'activité économique, elle a préparé les voies au redressement qui naîtra du rétablissement définitif de la confiance.
Contre les conséquences de la crise économique qui ravage le monde; des mesures appropriées de défense ont été prises, qui ont épargné à la France de plus grandis malheurs.
Contre la mévente et la baisse des prix agricoles, toute une législation, dont je revendique l'honneur, a organisé la résorption des stocks imprudemment accumulés qui pesaient sur le marché, ainsi que le strict contingentent des importations étrangères.
Pour le blé, le Gouvernement que je présidais a consacré 1 .500 millions de francs à rélimination progressive de l'excédent de 29 millions de quintaux qui, au S novembre 1934, pesait sur le marché. Ce redressement actuel des cours en est l'effel direct.
Pour l’élevage, un crédit important a été consacré a l’achat et a l'abatage des bêtes tuberculeuses ou déficiente&j tandis qu’un ensemble de mesures de protection intervenait en faveur des produits laitiers.
Pour le vin, des stocks considérables qui pesaient sur les cours ont été obligatoirement transformés en alcool. La. plantation de vignes nouvelles, notamment en Algérie et dans le Midi, a été strictement réglementée. Les vins de qualité ont été défendus.
Pour la forêt française sont intervenues dim portai^ es mesures douanières de protection et de contingentement.
Ainsi la revalorisation des produits agricoles a-t-elle pu être entreprise sur la base saine et solide de l’équilibre de la production et de la consommation.
Le chômage a été combattu localement par la mise en œuvre de tout un programme de travaux que j'ai établi lorsque j’étais Ministre des Travaux publics, ainsi que, généralement, par rélimination, dans toute la mesure possible, de la main-d’œuvre étrangère. Malheureusement, un plan général d’organisation de l’industrie, que j'avais proposé sur les
memes bases de l'équilibre de ia production et de îa consommation, n'a pu aboutir en raison de P opposition que lui ont faite îes grandes puissances d’argent.
J’ai jalousement maintenu les crédits consacrés au progrès social, à l'amélioration cle la vie rurale, à la santé publique, â l'éducation physique, qui restent encore bien insuffisants en face de la nécessité qui s’impose de protéger la famille et la race française.
J'ai surtout assuré, dans des circonstances spécialement difficiles, la paix publique par le maintien de l'ordre légal et par la défense des institutions républicaines.
Chargé, enfin, depuis quelques semaines, de la conduite de la politique extérieure de la France, je nTai cessé de travailler pour la paix en défendant avec fermeté les intérêts de la France étroitement lies à la consolidation de la sécurité collective dans le cadre de la Société des Nations.
Regardons l’avenir :
De dures et longues étapes restent à parcourir sur le chemin de la prospérité et de la paix.
Seule, f union de toutes les bonnes volontés permettra de les franchir sans troubles politiques ni économiques.
Mais l union n est pas à sens unique. Si, an lieu de jouer au plus grand profit des déshérités, elle consolidait des privilèges, ce ne serait que duperie.
L union implique la œmpréheosion et le soulagement des misères du peuple et une sollicitude agissante à l'égard de la jeunesse.
La défense de la propriété commande la protection de f épargne..
Le respecL des contrats implique l’aménagement des dettes.
La défense nationale est inséparable de la défense sociale contre le taudis,, la maladie et le chômage.
La défense des institutions républicaines entraîne la réforme nécessaire de l’Etat.
La défense de la paix exige l’unité morale, volontairement consentie, de la nation.
Mes chers Concitoyens et Amis,
A cette œuvre immense d'organisation de la paix et de la démocratie, à l’écart des querelles partisanes, j'entends consacrer toutes mes forces.
Pour elle, je demande l'appui de votre confiance.
Vous avez pu compter sur ma fidélité.
Je compte sur la vôtre.
Vive la France !
Vive la République
Pierre-Etienne FL ANDIN Député «ornant.
Ministre des Affaires étrangère?.
Ancien Président du Conseil,
Conseiller général de P Yonne.
Maire de Domecy-sar-Cure.
V* circonscription de JOIGNY— TONNERRE,
Mt Maxence ROLDES (Groupe socialiste,]
Elu pour la lre fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936,
(Voirie programme du parti solialiste S. F, I. 0,, p. 3,)
Electeurs du Jovinien, citoyens* camarades,
Maxence Roi des, le propagandiste socialiste qui milite dans l1 Yonne et dans toute la France depuis plus de quarante ans, se représente à vos suffrages pour le scrutin du 26 avril prochain*
Au Parlement où, en 1932, il a été délégué par les républicains* il a pris une place de premier plan.
Il a combattu pour les petits, les modestes, les opprimés, contre les gros, les accapareurs, les exploiteurs,
, Il at en toutes circonstances, pris la défense de tous les travailleurs.
Il a lutté contre tous les parasites,
W II s est rangé avec tous ceux qui combattent la guerre, avec ceux qui, sincèrement, défendent là paix,
Cultivateurs, artisans, petits commerçants, cheminots, manoumers, bûcherons, petits fonctionnaires, anciens combattants, petits retraités.
Et vous, les jeunes,
Vous tous qui souffrez de la crise, qui redoutez un avenir incertain, si voulez être ■défendus, si vous voulez un régime meilleur,
Votez socialiste.
Volez rouge.
Votez pour Maxence Roldes,
Pour mieux connaître encore le député sortant, pour être renseignés sur son altitude , ses votes, sa grande activité, sur son programme, lisez le numéro spécial du Combat , l'organe socialiste de la Fédération de l’Yonne, qui vous parviendra avant le 26 avril.
Le Comité électorat
2e circonscription de JOIGN Y-TONNERRE.
M, Pierre PERREÀU-PRADÏER
(Groupe de V Alliance des Républicains do gauche et des Radicaux indépendants.)
Elu pour k 1* fois le 24 mars 1912, — Réélu les 10 mai 1914, 16 novembre 1919, il mai 1924, "22 avril 1928, 8 mai 1932 et 26 avril 1936,
Mes chers concitoyens,
Lors des dernières élections législatives, après une campagne de dénigrement favorisée par certains scandales habilement exploités, le Cartel a obtenu — en 1932 comme en 1924 — une importante majorité à la Chambre. Alors qu’il devait tout rénover, quV(-il fait? Ce qu’il avait reproché aux autres de faire : prêt à FÀutriehe, renflouement de la Compagnie transatlantique, 32 milliards d’emprunts nouveaux en quelques mois. Puis, à la veille de la banqueroute, il s’est effondré dans le scandale Stavisky et dans la triste journée du 6 février, en laissant à l Union nationale en 1934 comme en 1926 — la plus lourde des sucressions ,
A ceux qui seraient tentés de renouveler la même expérience avec le Front populaire soci a lo -communiste et ses alliés, nous leur demandons de se souvenir du passé et de ne pas oublier que dans tous les pays où ils ont pris le pouvoir, le socialisme et le communisme ont conduit les peuples k la faillite et à la dictature.
La situation est assez grave pour qu’avant de se prononcer les électeurs réfléchissent à l’importance de la décision qu’ils vont prendre.
Actuellement, toutes les classes de la société souffrent, tous les Français sont atteints par la crise.
Il est facile ainsi de profiter des décrets-lois — mesures provisoires — pour attiser les mécontentements. Des retouches étaient nécessaires, notamment en faveur des anciens combattants et victimes de la guerre, des petits rentiers, des petits fonctionnaires et des retraités. Certaines ont déjà été faites par la Chambre, d’autres sont indispensables. Mais au moment où les décrets ont été pris, il fallait choisir entre la fermeture des caisses publiques, et, le moindre mal, une atteinte passagère aux droits des créanciers de l’Etat,
L’agriculture traverse des moments difficiles. Afin que le producteur trouve dans k vente de son blé la juste rémunération de son travail; il est indispensable — vu le prix de tout ce qu’il achète — que Je' quintal oscille autour de lOu francs, IJ faut revaloriser la viande par la création de centres d’abattages, les céréales secondaires, et les sous-produits agricoles. Pour parer aux difficultés créées par les années excédentaires, ne doit-on pas en outre envisager : la suspension de l'admission temporaire — que j’ai proposée — la surveillance des assolements et du blutage, l’élimina lion des semences qui donnent des farines peu panifiablcs, l’octroi du crédit agricole à tous ceux qui en ont véritablement besoin, des mesures contre la spéculation, la création d’une caisse alimentée en années déficitaires par les droits de douane sur les blés et servant, en années excédentaires, à favoriser P exportation, le blocage d’une partie de la récolte au-dessus d’un rendement de quarante quintaux à l’hectare.
Pour le vin, comme pour les produits agricoles, il fauL tendre à la qualité, A plusieurs reprises — notamment en juin et juillet 1933 et en mars 1935 — j’ai soutenu de mon mieux les intérêts de la viticulture. Ayant possédé des vignes, je sais combien la culture en est ingrate et le rendement incertain. Les lois faites pour les pays à grands rendements ne doivent pas s’appliquer dans notre région où la vigne disparaît.
Défenseur ardent clés bouilleurs de cru — bouilleur de cru moi- même — j'ai demandé pour eux le retour à la liberté* Souhaitons que la situation financière le permette bientôt. En attendant, j'ai insisté pour que la distillation en franchise soit portée de 10 à 20 litres d* alcool pur.
Le commerce et l'industrie sont dans le marasme* De nouveaux monopoles ne pourraient qu'aggraver la situation. Pourtant, si le résultat des élections ne compromet rien, une reprise est à espérer, indiquée par des signes avant-coureurs venant des Etats-Unis et de l’Angleterre. Il est regrettable toutefois que le projet — déposé par un Gouvernement dont je faisais partie — tendant à accorder la garantie de FEtat pour les prêts au petit commerce et à la petite industrie n'ait pas été voté*
Tout en maintenant l’équilibre budgétaire, il faut, réduire les charges financières et fiscales qui pèsent sur la production* Les familles nombreuses doivent toujours avoir un traitement privilégié et les modestes travailleurs, les déshérités de la vie, doivent être soutenus, afin de faire reculer la misère* Par le retour à la terre, ou peut lutter utilement contre le chômage.
Chacun, grâce aux bourses largement distribuées, doit pouvoir s'instruire et la liberté de l'enseignement doit être respectée.
La question des chemins préoccupe à juste titre nos campagnes, comme conseiller général, je m'en suis occupé tout spécialement*
La defense nationale doit être assurée, la paix maintenue à tout prix. Sans sortir de son rôle, la Société des Nations peut y contribuer. Ne nous laissons pas entraîner par certains dans une aventure dont nous ne pouvons mesurer les conséquences et rappelons-nous que seule la division des Français favorise Pi n vaincu.
Depuis quelques mois on a beaucoup parlé des ligues* Estril besoin de rappeler qu'elles sont nées dans la carence de V autorité et le mécontentement populaire. Avec la séance du 6 décembre dernier, tout semble heureusement apaisé.
Mes chers concitoyens,
Notre pays meurt de l'intervention de l’Etat dans tout, de sa mainmise sur la propriété individuelle, qui inquiète et paralyse l1 épargne.
Il faut que cela cesse* Il faut choisir entre le M^dalo-couimiuJi isrne, et sa carioaturB le Front populaire qui, peu à peu, s'infiltre et sournoisement ruine petits et grands, en tant f esprit d'épargne, et la liberté qui a fait la fortune de la France*
11 est indispensable d'unir, sans arrière- pensée, tous les Français de bonne volonté faire renaître J a confiance et partant faire cesser la thésaurisation*
A la tâche de demain, dans la paix extérieure et dans la paix intérieure, }e convie ceux qui m ont toujours donné leur confiance, ceux qm font passer l'avenir de la France avant les haines ou les rancunes personnelles, les ambitions déçues ou les rivalités, les combinaison* ou les tractations politiques, et je les assure de tout mon dévouement*
Pierre PERREAU- PR ADI ER
Député sortant.
Conseiller général*
Ancien Sous-Secrétaire d’Etat.
Républicain radical*
Circonscription de SENS.
M. Paul CAMPARGÜE (Groupe socialiste.)
Elu pour la 1™ fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F. I. O., p. 3.)
Mes chers concitoyens,
L importance de la consultation électorale à laquelle vous êtes conviés le 26 avril n'est plus à démontrer. La rénovation économique de la nation, les libertés publiques, le régime républicain et la paix dépendent du verdict que vous allez rendre.
Je vous demande de vous prononcer pour la candidature socialiste. Je vous ai donné les raisons pour lesquelles je sollicitais votre confiance. J'ai développé le programme de mon parti dans les réunions publiques que j’ai données dans toutes les communes et dans le numéro électoral du Combat que je fais parvenir à tous les électeurs.
Je tiens cependant à rappeler brièvement à la veille du scrutin les points essentiels de notre action d'hier et de notre programme pour les réalisations de demain.
Notre action ;
Le parti socialiste peut s'adresser aux citoyens de ce pays, ruraux ou citadins, avec loyauté, avec fierté, avec franchise,
} oursu'vanl la réalisation de notre idéal, nous n’avons jamais oublié les nécessités de i action immédiate. .Nous avons soumis au vole du Parlement des mesures précises et pratiques. .. nous n’avons jamais été suivis. Nous avons revendiqué le pouvoir. Pour la réalisation d’un programme déterminé, nous avons demandé à l’exercer en collaboration avec les autres grands partis de la démocratie, on nous l’a refusé. Nous nous présentons donc avec la conscience du devoir scrupuleusement rempli. Aujourd’hui, nous demandons le pouvoir au peuple de France pour atténuer la crise, pour ramener dans notre pays la prospérité, pour défendre les institutions républicaines, pour poursuivre l’œuvre de paix.
Programme économique et agricole :
Les « 200 familles », expression du capitalisme moderne, ont désorganisé la production.
Il fauL se libérer du joug d’une petite minorité de privilégiés, d’égoïstes, qui sont à 1 origine de la crise dont nous souffrons.
Nos sol niions collectives d’organisation de la production sont celles — je m’en suis ren u tomPfe a|J cours des réunions tenues dans nos campagnes — que les paysans ont eux-mêmes entrevues dans leur méditation.
Office national des assurances. — Office national et professionnel du blé, qui nous permettra de terrasser la spéculation. — Office professionnel des engrais, qui libérera les paysans de la tutelle du capitalisme des produits chimiques. — Fixation des cours du blé.
Nationalisation des grands services publics, dont les profits vont actuellement aux représentants des « 200 familles », alors que les pertes sont toujours réglées par les contribuables.
L'économie nationale, libérée du joug d'une minorité de possédants, reprendra sa vie normale, son rythme régulier et la prospérité renaîtra au lendemain de l'effort de libération qu’aura voulu Le peuple et que, par son vote, il nous aura permis de réaliser.
Défense des libertés publiques :
Nous sommes attachés passionnément au régime républicain. Nous voulons le respect du régime de liberté qui permet à tout citoyen d'exprimer sa pensée. Nous barrerons la route à toutes les tentatives fascistes d'où qu'elles viennent, quels qusen soient les auteurs ou promoteurs.
Suivant la pensée de Jaurès, nous ne séparons pas le socialisme de la République,
Nous donnerons donc au Gouvernement de demain les moyens pratiques de lutter contre les factieux. Nous défendrons la République et le régime démocratique,
paix et les problèmes diplomatiques :
Les faits les plus récents nous ont montré les dangers que font courir à la paix du monde les nations à régime dictatorial. Aussi nous efforcerons-nous d 'enfermer dans des pactes de garantie et d'assistance mutuelle celles des nations européennes qui se refuseraient à ïa sécurité collective*
Nous souhaitons une paix totale, une collaboration constante entre les Etats d’Europe, Quelle que soit notre aversion personnelle pour les régimes de dictature, nous estimons qu’il faudra demain causer et négocier avec tous les gouvernements, même avec ceux qui sont d'essence fasciste. Nous voulons la paix. Nous ne voulons pas nous battre. Ni contre !' Allemagne, ni contre l'Italie, ni contre la Russie. Nous voulons que la démocratie française déclare la paix a l’Europe,
Je tiens d’autre part à prendre les engagements suivants :
teurs. Je recevrai à Sens, tous les lundis. Je donnerai T chaque année, de très nombreux comptes rendus de mandat. Je me rendrai, aussi souvent que l’activité parlementaire me le permettra, dans les communes qui exprimeront le désir de la visite de leur député*
J’ai eu ma part dans la victoire républicaine et socialiste de 1932, Je vous demande de me permettre de remplacer au Parlement, en 1936, Georges Bouüy, à la victoire duquel je suis fier d'avoir pu contribuer en 1932*