ALGER
lre circonscription d' ALGER.
M. Hbnbu FIOUÏ
(Groupe de TU ti ion socialiste &t républicain m)
Ehi pour la Lr* fois ie 30 novembre 1919.. — Réélu les 25 mai 1924, S mai 1932
et 3. mai 1936.
Citoyens,
A l'heure particulièrement grave que nous traversons, il convient rie donner un sens absolu aux prochaines consultations électorales, et l'élu qui se présente aux suffrages de ses concitoyens a le devoir d être précis dans scs déclarations.
Cette forme de courage nous paraît la première garantie q.uvil offre à scs électeurs.
Citoyens,,
Elevons le débat
Il ne s agit plus, pour le candidat de s'attarder aux détail des réalisations qui lui tiennent au cœur, quand les principes mêmes qui conditionnent dès réalisations sont en danger.
I) faut sauver la République :
Notre devoir est de vous montrer du doigt les dangers que court le régime, non seulement du côlé de ses ennemis déclarés, dont la guerre ouverte a au moins h avantage de la. franchisa, mais surtout du côte des factieux.
Les hommes de mon groupe ont eu le mérite de pressentir le danger et de travailler à Tunion de tous les républicains bien avant que, pour des fins de dictature, on essayât de berner les masses avec l’hypocrite réconciliation nationale.
Le grand sursaut du 14 juillet 1935, nous avons eu l'honneur d’y collaborer.
Car ce Front populaire, qui devait faire tant de néophytes, nous l'avions formé dans notre cœur depuis longtemps déjà... depuis toujours,
G est donc à cette défense de la République, à cette défense d abord, que je continuerai à travailler sans relâche, sans découragement, sans que des fortunes diverses, dans cette lutte sans merci, inclinent mon esprit au pessimisme.
La crise :
La crise tient à des causes multiples.
Nous ne prétendons pas qu’il soit en notre pouvoir de les corriger toutes, car ce n'est que d une lointaine et confiante collaboration des peuples que nous attendons l'élaboration d un nouveau système économique.
Mais sans cesser de lutter pour rapprocher cette heure dans 1 histoire de 1 humanité, nous disons que la situation présente serait largement améliorée si des énergies agissantes osaient juguler certains égoïsmes, faire litière de préjugés, qu'on nous présente comme des lois économiques immuables, et tendre à chacun sa part de bien-être, de travail et de
dignité*
C’est en conjurant la crise que nous éviterons le chômage.
En attendant, je demanderai l'application des lois sociales (retraites ouvrières, assurances-maladie, protection de la mère et de l'enfant, assistance obligatoire) aux citoyens
français d’Algérie. , , . .
Ce programme n’est pas celui que je me propose de defendre : c est celui que j ai
défendu depuis douze ans.
Avant tout, sauver la paix !
Oui, avant tout sauver la paix. La défendre contre ses ennemis, la défendre contre ses faux amis. Au-dessus des criailleries intéressées, des patriotes à responsabilité limitée, nous désirons resserrer nos alliances aussi bien avec Londres qu’avec Moscou et 1 Italie dont nous n’avons pas oublié non seulement l’appui fraternel de 1915, mais encore le geste si symbolique de ses Garibaldiens en 1870 et en 1914.
Nous croyons à Genève, à la Société des Nations, et nous attendons beaucoup de règlements amiables où la dignité de tous les peuples sera sauvegardée, et qui - sans toucher à la carte de l’Europe — sauront réaliser d’équitables partages d influences.
Enfin, je ferai mienne la formule que mon collègue Maurice Viollelte livrait à la radiodiffusion il y a quelques jours :
« Nous ne voulons pas être des dogmatiques empêtrés dans leur action, en décidant par un décret, a priori, de la forme de la société de demain.
« Nous voulons encore moins être des empiristes sans dessein général, vivant au jour le jour et qui, parce qu’ils ne sont pas soutenus par un idéal, s’épuisent en querelles personnelles et en rivalités sans grandeur.
« Nous reconnaissons que nous ne détenons pas la vérité à nous tout seuls et, ainsi, nous faisons appel, pour la dégager, à tous les partis d’action, et particulièrement à ceux du Front populaire, »
Tryptique :
Ainsi mon action future, comme mon action passée, sera dirigée vers ces trois buts :
la République, la crise, la paix. ^
E. maintenant dites-moi, citoyens, si vous croyez que la République puisse etre mieux défendue que par un enfant du peuple, qui lui doit tout, votre droit à la vie, par un travailleur qui a connu et qui connaît vos miseres ; la paix, par un grand mutilé de la Grande Guerre,
Vive la France !
Vive l’Algérie !
Vive la République l En avant les républicains î
Henri FIORï
Candidat de rUnion socialiste et républicaine.
2e circonscription à' ALGER
m. Marcel régis,
(Groupe socialiste,)
Élu pour la lr* fois le 3 mai 1936
(Voir le programme du parti socialiste S, F, 1 , 0*, p* 3*)
Citoyens,
Désigné par mon parti pour défendre et appliquer ses idées, je vais tout d’abord exposer ci-dessous son programme, celui que nous appliquerons si le pays nous remet le pouvoir.
En second lieu, j’expose le programme commun que nous avons signé avec îes autres partis républicains et que nous nous engageons à appliquer avec eux si le pays remet le pouvoir à une majorité que nous formerons ensemble, L'adhésion au programme commun sera le signe de cette majorité; l’exécution du programme commun sera sa loi.
Cette loi, je m’y soumets d’avance,
La consultation électorale 1936 présente un caractère d’exceptionnelle gravité: une crise unique dans les annales de ['histoire rend alïreuscment douloureuse F existence de millions de travailleurs; ta paix est constamment menacée par les régimes autocratiques et la finance internationale ; les libertés en France sont attaquées par les ligues fascistes. Le peuple de ce pays doit dire par quels moyens il entend obtenir définitivement son pain, sa paix, sa liberté.
C’est devenu, hélas ! h la lueur de l'angoissante misère humaine un truisme que d’affïrmer l’injustice fondamentale d'un régime basé sur l'exploitation de l’homme, dans l’industrie, le commerce, l’agricullure La situation est d’autâht plus grave qu'il n’y a plus de débouchés intérieurs à exploiter ou extérieurs à conquérir. De plus, les marchés étrangers nous sont fermés, La science est dévoyée par le capital : mise à son service, elle à fait progresser la technique et — ô paradoxe — a aggravé la misère au lien de la détruire. Il est inutile d’insister sur les atroces contradictions du monde moderne, sur les destructions impies du capitalisme. Ce dernier a créé de toutes pièces — pour essayer de se sauver - — le fascisme. Et ü faut comprendre que nous ferons disparaître le fascisme en même temps que nous aurons solutionné la crise par nos méthodes.
Or, nos gouvernements (hypnoptisés par le déséquilibre budgetaire) ont vu dans le déficit le mal alors qu’il en était la conséquence. Ils ont u défia lion né » et créé la « supercrise », Us ont couru après l’équilibre fantô ne, ils ont ruiné les paysans et les citadins, les commerçants, les industriels et les artisans, les ouvriers et les fonctionnaires, et les anciens combattants ; ce fut le cycle infernal de la sons consommation et delà restriction des achats. Ce furent les décrets-lois immoraux, nuisibles, iniques ; le facteur, père de trois enfants, payant 960 francs par an et le capitaliste ayant 90.000 francs de revenus, payant 192 francs On a frappé le travail et épargné la richesse.
Il faut choisir :
Ou déflation, risques de fascisme eide guerre ou notre politique contre la crise, pour la liberté et la paix.
Noire programme:
Du travail aux chômeurs ;
Réduction de la dorée du travail sans diminuer le salaire hebdomadaire. Politique logique des grands travaux. Fonds national de chômage.
Des débouchés aux paysans:
Baisse du coût de production (création d’office des engrais), hausse et stabilisation du prix de vente (office du blé, du vin, des primeurs, etc.,.) permettant de réduire Pécari spéculatif entre prix d'achat au producteur et de revente au consommateur*
Des clients aux producteurs et commerçants :
Grouper les commerçants pour la lutte à armes égales avec le grand capitalisme. Réduire le coût de la production pour toucher une plus vaste clientèle. Nationaliser les industries-clé. Détente fiscale avec lutte efficace contre la fraude.
La sécurité aux épargnants :
50 milliards déposés dans les grandes banques et placés par elles en vue de leurs intérêts particuliers, les nombreuses faillites des petites banques justifient l'organisation collective du crédit, la nationalisation des banques don L les éléments existent déjà,
La sécurité du lendemain à tous :
Pour créer la véritable assurance contre les calamités agricoles el contre le chômage, il faut nationaliser les assurances.
L'indépendance de l'État :
La toute puissance politique de l'oligarchique Banque de France, ses statuts Napoléoniens, l'aclion de ses régents dressés contre le Parlement, commandent îa facile nationalisation de la Banque ; de même que la sauvegarde de la paix exige celle des industries de guerre.
Décrets-lois :
Les mesures précédentes ranimeront la vie économique et par elles, les rentrées budgetaires ; les décrets-lois doivent être non « humanisés » mais o: abrogés ».
Tfc £
Rassemblement populaire :
Les précisions précédentes nous conduisent, dans un but immédiatement constructiF, à accepter intégralement le programme du Rassemblement populaire , tel qu'il a été communiqué au pays tout en Lier
Nous en rappelons ici les grandes lignes.
Revendications politiques :
L — Défense de lu liberté ;
1° Amnistie générale.
2° Lutte contre les ligues fascistes,
3* Assainissement de la vie publique,
4° Réforme de la presse.
5° Libertés syndicales,
61 L' K col e et la 1 i b e r L é d e co n s ci e ncc ,
7° La justice sociale et politique dans les territoires coloniaux,
IL — Défense de paix :
1° Appel à la collaboration des peuples,
2 0 Colla b o ra l î o n i n Le ni atïo nale ,
3° Réduction générale simultanée et contrôlée des armements,
40 Nationalisation des industries de guerre, suppression du commerce privé 4 aimes, 5° -Sé eu ri lé col 1 e c ü v e ; pa 0 1 e s , e te . . ,
Revendications économiques .
1° Restauration de la capacité d'achat supprimée ou réduite par la crise,
2° Contre le pillage de l’épargne, pour une meilleure -organisation du crédit.
3° Assainissement financier.
Ce programme ne doit pas être seulement un panneau électoral, mais le programme minimum à réaliser dans le minimum de temps: nous sommes prêts à entrer dans un Gouvernement de Rassemblement populaire, constitué par des républicains acceptant tout le
programme de rassemblement.
L’arrivée au pouvoir d’un tel gouvernement déclenchera peut-être des campagnes de presse des paniques : il appartiendra alors à la volonté inflexible des hommes au pouvoir de faire respecter les décisions de la souveraineté nationale. Le gouvernement de Rassemblement populaire l'emportera s’il est résolu et s’il s’appuie sur les masses organisées^
Libre de tout attache, indépendant et propre, c’est sur ce programme de netteté, c eSL sur ce programme socialiste et de rassemblement populaire que je sollicite vos suffrages. Je n’ai — en posant ma candidature - qu’un désir -et qu’un but: assurer à tous les citoyens de ce pays ; du pain, ia liberté et la paix !
Mau gel RÉGIS.
3° circonscription d’ ALGER.
M. André MALLARMÉ
{(ii'oitpe de la gaucho démocratique et radicale indépendante.)
FAu pour la 1-fois le 25 mai 1924. Réélu les 29 avril 1928, l«m„i 1932 et 26 avri
Mes chers Concitoyens,
Le Groupe parlementaire de la gauche radicale auquel j’appartiens a réditré à 1W sion des élections, un manifeste qui est public dans les journaux et dans Icancl il é ‘ T pmepes essentiels de la politique qu’il entend suivre. SC li ^ *
E" 1932;je reProduisais gaines déclarations de principe que j’avais faites dès 1928 :
écon^:;n^a^pa:^éiq^ üt&rjzs. péT dc crise
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de 1919. *T C,lt’ °nl et° epr0uvees P*? de multiples incidents depuis le traité
Sans abandonner ces formules de Genève, chacun a pu se convaincre qu'elles ne constituent pas une égide suffisante pour garantir la paix
Des réalités plus tangibles sont indispensables. Un accord entre les EtaLs intéressés au maintien de la paix en Europe, particulièrement entre la France, Il ta lie, l'Angleterre, la Belgique et la Petite-Entente doit être, dans ce buL, consacré et consolidé* On ne peut que regretLer qu’à F occasion d’une guerre en Afrique, des sanctions aient été inopportunément prises contre ïltalie sur l’initiative de F Angleterre,
Au point de vue intérieur, la législature de 1932 à 1936 a été troublée par un malaise croissant qui a placé le Parlement dans une position diminuée en face de l'opinion publique. Celle-ci a montré, k l’égard de certains parlementaires compromis dans des scandales, un mépris et une hosliliLé qui sont allés, le 6 février 1934, jusqu’à une manifestation dans la rue qui, hélas ! s'est terminée dans le sang : pour la première fois depuis la Commune de 1871, on vit des Français tirer les uns sur les autres pour des raisons politiques
Le souvenir douloureux de celle pénible journée pèse toujours sur le pays : les habiletés de procédure et les complaisances des commissions d’enquête n’ont nullement effacé la réprobation de l'opinion contre des agitations de couloirs et des compromissions scandaleuses qui ont troublé la vie parlementaire et indigné le pays
Il faut que le régime parlementaire subsiste, car il est à la base de la République : la collaboration des représentants élus de la nation avec le Gouvernement est la seule garantie delà liberté politique. Encore faut-il que cette collaboration s’exerce normalement et que les Chambres n’asservissent pas le Gouvernement par des empiétements et des abus de pouvoir que la Constitution n’avait pas prévus.
Dans l’équilibre indispensable qui doit régner entre eux, il y a une institution qui ne fonctionne pas et qu’il faut réorganiser : c’est le droit conféré au Président de la République de dissoudre la Chambre des Députés et d'en appeler au pays lorsque les agitations parlementaires troublent les affaires publiques.
La révision de la Constitution sur ce point est nécessaire et j’en suis personnellement partisan.
Ce qui manque, en effet, surtout dans notre pays, c’est 1 autorité du Gouvernement, Les Ministres, par insouciance ou par faiblesse, ont trop souvent plié devant les exigences des parlementaires, devant certains meneurs de syndicats ou devant l'action occulte d’associations politiques. C’est là qu'est le vice le plus profond de notre vie publique et si on n’y remédie pas d’urgence, c’est le régime lui-même qui sera en pêrîl-
La crise ^économique, qui pèse sur toutes les classes sociales, ne sera jamais résolue si, à côté des mesures techniques nécessaires, on ne restitue pas au Gouvernement 1 autorité indispensable pour appliquer les lois et réprimer les abus.
Il faudra, en effet, agir énergiquement pour revaloriser les produits qui ne donnent plus que des revenus dérisoires. Il faudra remanier notre système d impôts qui frappent d une manière inégale. Il faudra aider les jeunes à s’assurer un avenir. Il faudra remanier les innombrables décrets-lois du Ministère Laval, car ils ont trop injustement atteint les fonctionnaires, surtout en Algérie, les petiLs pensionnés et les salariés de toutes catégories.
Or, pour entreprendre une œuvre de celte envergure, il est indispensable que le Gouvernement soit assez fort pour résister aux entraînements démagogiques qui le solliciteront de toutes parts.
L'opinion que je me suis faite sur ces problèmes ne résulte pas seulement de mes études antérieures, des ouvrages que j’ai publiés il y a déjà longtemps, de vingt-cinq années de professorat à ['université où j’enseignais le droit constitutionnel, le droit administratif et la législation financière. Elle résulte de ces douze années durant lesquelles je vous ai représentés à la Chambre et ou j’ai occupé des fonctions qui m’ont permis d acquérir une expérience et une influence dont vous bénéficiez vous-mêmes.
Successivement membre et président de grandes commissions, rapporteur de lois importantes (comme celle d’aoid 1927 sur la naturalisation et celle de janvier 1933 sur l’incorporation de la farine de blés durs dans la panification ainsi que pour le piojet de loi
sur les coopératives agricoles en 1^32?), Sou ^Secrétaire d'Etat en et en 10», Ministre en 1930, en 1934 et en 1935, j’ai pris, an Parlement,, une place qui me permet de dire que j ai la confiance et l’estime de mes collègues parmi les plus éminents.
Dans cette législature, j’ai été deux fois au Gouvernement ; en 1934 comme Ministre des P. F. T., en 1935 comme Ministre de F Education nationale.
Etait-ce une déchéance d’avoir été choisi par le Président Doumergue, au lendemain du 6 février 1934, pour devenir son collaborateur dans ce Ministère de trêve et de salut national qui apaisa les esprits et qui remit l’ordre dans les services publics?1 ïi n’y eut que dix députés à qui M. Doumergue confia un portefeuille : votre député fut de ceux-là.
Dans l’exercice de mes fonctions mmistéri elles, je ne suis pas resté inactif et mon passage au Gouvernement a marqué et a reçu l'approbation de la grande majorité de la presse eL des grands corps de F Etat.
Pendant seize mois, j’ai eu à m occuper de problèmes difficiles et nombreux. Sans entrer dans une énumération, je puis rappeler qu’aux P T. T. j'a-ï réglementé, dans des décrets que mon successeur n a fait que reprendre, la radiodilïusion, et j’ai créé le premier poste de télévision ; j ai étendu le réseau des lignes télégraphiques souterraine à grande distance^ j’ai inauguré les relations téléphoniques avec de grands pays étrangers ; j’ai développé le téléphone automatique rural,
A 1 Education nationale, je me suis trouvé en présence de difficultés résultant de la réduction des crédits et j ai travaillé, avec ténacité, à rétablir toutes les écoles de villages et de hameaux quron venait de supprimer, l'enseignement primaire étant la base indispensable^ de notre régime républicain ; j ai donné un essor nouveau aux écoles professionnelles; j’ai régie le co n (lit que la concurrence de certains étudianls étrangers, venant s’établir en France, avait créé au préjudice des etudiants en médecine Français ; enfin, soit par la réorganisation plus judicieuse des vacances scolaires, soit par l'encouragement donné à 1 organisation des colonies de vacances et aux associations universitaires sportives, je me suis toujours attaché à tout ce qui peut développer la sa n Lé et la joie de vivre de nos enfants et de nos jeunes gens.
D’autre part, les événements — des événements qui ne sont pas mon fait — m’ont obligé à réprimer des mouvements regrettables et dangereux du personnel et à rétablir une discipline et une autorité qui avaient été compromises.
Aux P. F. 1 . , certains éléments extrémistes provoquaient chaque jour, à la relève de midi, un an et du travail au central télégraphique de la rue de* Grenelle, là où aboutissent toutes les lignes qui relient Paris a la province et à l'étranger, Cet arrêt était grave et inloîérahle. J’ai* averti le personne! que je serais obligé de sévir et, voyant que mes a\is n1 étaient pas écoutés, j’ai puni les meneurs et la grève a cessé.
A 1 Education nationale, j ai trouvé/, en arrivant, une situation plus gravé encore; car là il ne s’agit plus; seulement d’un service technique et matériel. C’est Fœuvre d enseignement de nos enfants, une œuvre morale qui peut avoir sur les destinées du pays les répercussions les plus redoutables. Pouvais-je admettre que certains maîtres transportent à l’école des théories révolutionnaires et aiitipatriotes ?
J'ai dû punir, je Fai fait avec mesure, ci il n’y a pas un Français d’espri t national, qui m’en ait blâmé*
Dans celle oeovLe de icdressement ou, remplissant mon devoir, je me suis efforcé de rétablir une autorité chancelante, j ai trouvé des approbations nombreuses efc vibrantes* non seulement dans la presse, mais aussi de la part des hommes les plus éminents du Parlement et des corps de FEtaC Lorsque dans mes réunions je lis la lettre personnelle, dans laquelle le Maréchal Pétain me dit : « C est un acte de fermeté qui vous honore et qui sera recuei lli avec reconnaissance par la grande majorité du pays ». Je pense que celle haute et précieuse adhésion contrebalance les dénigrements systématiques de mes concurrents.
Enfin comme Ministre, j ai eu a prendre part aux délibérations du G ail vernement sur la politique étrangère dans une période où lès questions les plus graves se sont posées. J ai
toujours eu le souci d’y participer en vue du maintien de la paix, mais sans que les droits et la dignité de notre pays puissent en être diminués.
J?ai d'ailleurs, comme Ministre de l'Education nationale, représenté le Gouvernement à Florence et à Madrid à F occasion de cérémonies officielles. J'ai dit publiquement, en Italie, l’importance que présente h mes yeux l'amitié de nos deux peuples pour In paix en Europe et je sais que le Gouvernement de Rome a été sensible à mon action en ccttc circonstance.
Que je me sois trouvé au Gouvernement ou que je fusse simple députe, je nrai jamais, un seul j'our, oublié que je représentais celte circonscription algérienne à laquelle je suis profondément attaché.
Vous savez, individuellement, la conscience et le zèle avec lesquels je m'efforce de venir ce aide à chacun et, dans cette période de crise où toutes les classes sont durement atteintes, j’ai multiplié les démarches pour soulager les détresses qui m’étaient signalées.
Vos maires, vos adjoints spéciaux peuvent attester que j’ai suivi de même les affaires de vos communes et de vos centres. Je les connais et je sais où elles en sont, et dans quel sens il faut continuera agir.
Enfin, chaque lois qu’une question algérienne sVst posée, j’ai été des premiers à m en préoccuper et à vous défendre. Lorsque j’étais au Gouvernement, j’ai pu, par mon influence, aboutir à des résultats favorables : ainsi pour la question du décret minimum sous le Ministère Doumergue en 1934, puis pour les mesures de pénalisation des vignes plantées après 1928 que j’ai fait écarter par le Ministère Flandin. Ce nest qu’après mon départ du Ministère dans ccs derniers mois, que des décisions fâcheuses ont été prises, par exemple, pour le cours effondré des blés l’été dernier, pour les charges injustes qui ont été imposées à l’Algérie par le décret-loi sur la viticulture, pour la suppression de l'indemnité de 8 0/0 par
le Ministère Laval.
Député, j’ai pris plusieurs fois la parole à la tribune, notamment lors de la discussion de la loi pour b incorporation des blés durs en novembre 1932, eL lors delà discussion de la loi sur la viticulture eu juin 1933, et chaque fois, j’ai eu la satisfaction de défendre utilement les intérêts de l’Algérie.
Je puis, au cours do ces quatre ans, revenir devant vous le front haut, car j ai conscience de vous avoir représentés avec dignité et même avec succès. Les lettres de félicitations que fai reçues de ma circonscription, ainsi que les relations d'amitié et de confiance que j’ai, depuis douze ans, peu à peu nouées avec les habitants des centres les plus éloignés de ma vaste circonscription, sont là pour attester que vous m’avez compris et que vous nfêtes attaches.
Sans’doute, comme en 1932, je trouve en face de moi, une coalition de concurrent?, acharnés à me combattre, bien plus que préoccupes à présenter leurs titres et leur programme aux électeurs.
Mais ce n’est un secret pour personne, en Algérie, que ces candidatures sont provoquées, encouragées et soutenues par le sénateur d’Alger. Ce dernier, qui n’a jamais su s elever a la hauteur du rôle politique qui lui incombe, met toute son ardeur et tous scs moyens à s’immiscer dans les élections, quelles qu elles soient, pour y taire des opta allons de discorde et tenter d’accroître l’omnipotence qu’il cherche à établir sur le département.
Les attaques combinées que le sénateur multiplie contre moi, les -campagnes de presse qu’il organise, soit dans les journaux, soit dans ceux dont il provoque la création et qu il subventionne au moment des élections, la coordination avec laquelle mes concurrents parlent et agissent d’accord entre eux, sont autant d’indices qui établissent que cos concurrends ne sontlqne les agents du sénateur.
Mais je ii’en suis nullement diminué. C'est au contraire mon honneur et ma force, car cela prouve que je suis resté indépendant et que l’opinion publique m’appuie.
Que disent-ils donc, les candidats qu’on m’oppose ?
Si j’écarte le candidat socialiste S. F. I. O. et le candidat des communiste, dont les doctrines révolutionnaires et internationales sont repoussées par ia presque unanimité des électeurs de cette circonscription, les autres — M. Lemoine et M. llaretaud me critiquent et m’attaquent ; mais ils n’apporlenl aucun programme positif à l’appui de leurs candidatures, Et pourtant le but de l’élection n’est-il pas de choisir un député ?
Leurs critiques sont des ragots, sur des votes de détail ou sur des correspondances privées, qui lie résistent pas à un examen serieux et que j ai facilement mis à néant. Notamment pour l’admission temporaire, en 1933, j’ai montré que M. Lemoine m’a félicité de mon attitude à la Chambre à cette époque, alors qu’il ne pensait pas à se présenler à la députation. L’accueil si chaleureux que j’ai reçu dans le Ch élit et au Sersou. l’appui de l’Association des producteurs de blé prouvent bien que ces ragots n’ont trompé personne.
Ces deux concurrents, associés sous la direction de M. Duroux, n’ont pour but que de chercher à m'enlever des voix.
Sur le terrain politique, Fun, M. Lemoine, s’est présenté autrefois aux élections municipales de Tenès, comme un homme d extrême droite, L’autre, M, Baretaud, déclare nettement qu’il est partisan du Front populaire.
Au point de vue professionnel, l’un, M. Lemoine se présente comme agriculteur, producteur de blés et il vante ses mérites. Mais il oublie de dire, dans sa profession de foi, qu’ayant eu à diriger l'Association des producteurs de blé du département, ceux ci, en janvier dernier, ont refusé de le conserver à leur tête comme président. Ils l’accusent de s’être livré a des agissements qui leur furent préjudiciables et ils lui demandent sur la gestion d’un bureau d’achat eL de vente de blés, des comptes que M, Lemoine est incapable de fournir.
Quelle confiance peut- on avoir, pour représenter la circonscription a la Chambre, en un homme qui n’a même pas su conserver la confiance d’une association corporative ?
Quant à M. Baréta u cl, qui n’a jamais réussi à décrocher un diplôme, on ne sait au juste quelle est sa profession. Sans doute, il se pare du titre de vice -président de la Ligue des moyens et petits viticulteurs, sans que d’ailleurs il ait jamais cultivé de vignes, ni participé utilement à une discussion viticole. Qr, il n’a pas hésité à devenir eu Algérie, le représentant d’une grande maison de vins de Montpellier et il achetait, au nom de cette maison, aux prix les plus avantageux pour elle, des vins aux viticulteurs d Algérie qu il avait charge de défendre comme vice-président de la Ligue.
Quelle confiance peut on avoir, pour aller à la Chambre, en un homme dont les moyens d’existence sont inconnus et que n’arrêtent pas des opérations commerciales qui sont en opposition avec les intérêts collectifs qu’il doit soutenir?
Entre les candidats qui sont en présence, vous aurez à choisir le plus capable, le plus digne et le plus indépendant. Je ne redoute pas votre verdict.
Voilà douze ans que je suis votre député. Vous savez tous, même ceux d entre vous qui n’avez pas été mes partisans, comment j’ai exercé mon mandat.
Je l’aï fait avec compétence, avec probité, avec indépendance et malgré les ciïorts de nies adversaires, rien n’a pu diminuer l'estime qui m’entoure.
Quel serait votre intérêt de changer ?
Pourquoi remplacer un député qu’on connaît et qui a réussi, par un homme nouveau qui ignore tout au Parlement et qui, novice et sans influence, mettrait des années avant d’avoir quelques expérience ?
Je connais votre bon sens et votre loyauté.
Je sais qu'au jour du'Vote* je peux compter sur voire sympathie et sur votre confiance pour renouveler unjmandat que depuis douze ans, j'ai exercé sans démériter*
Vive la France !
Vive la République !
Vive l'Algérie 1
André MALLARME
Professeur de droit cens ti lut îoonel et administratif à i‘ P ni ms i Lé d’Alger Ancien Ministre — Conseiller général.
Député sortant.
Ancien président du groupe parlementaire de la Gauche riAieale.
4* circonscription d’ ALGER.
ML Jean -Marie GUASTAVINO
(Groupe républicain radical et radicaPsorialîste,)
Elu pour la I™ fois le 8 mai 19 32h — Réélu le 3 mai 1930.
Electeurs de la 4" circonscription,
Je reviens vers vous en toute confiance, certain d'avoir accompli Je mandat que vous m'avez confié.
Entré au Parlement dans une période particulièrement difficile, à un moment ou le pays était secoué par une crise morale et économique sans précédent, qui, hélas, est loin d*être terminée, je crois avoir défendu, de mon mieux, vos intérêts* J'ai consacré à l’exercice de ma mission non seulement mon temps, mais toutes les ressources de mon activité. Je vous ai sacrifié même — je le dis bien haut, car c'est ma fierté — mes intérêts d’ordre professionnel et aussi mes intérêts tout court, pour mieux me consacrer aux occupations sans nombre d'un député du temps de crise. Ces sacrifices, je ne viens pas vous en demander îe salaire et, si j'en parle, c'est seulement pour démontrer que les promesses de 1932 n'étaient pas dictées par la préoccupation de satisfaire un besoin de vanité, maïs uniquement inspirées par mon souci désintéressé d’être utile à mon pays. Algérien de naissance, dévoué à la terre qui m'a vu naître, j'ai pensé qu’un apprentissage de près de quinze années au sein des assemblées algériennes pouvait me permettre de défendre les aspirations d'une Algérie française, si souvent méconnue par les pouvoirs métropolitains et si âprement jalousée par certains de nos comparriole* de l'autre côté de l'eau.
Ou peut tout dire de l'activité que j’ai déployée, critiquer mes votes, passer au crible mes attitudes, discuter mes initiatives, mais, ce qu'on ne pourra jamais faire admettre, c est que, durant ces quatre années, j ai été un figurant ou une machine à voter.
Je n'ai pas craint, dans de multiples circonstances, de désavouer fies hommes vers qui nf inclinaient mes amitiés personnelles ni de m issorier à des projets economiques dont les signataires n’avaient pas mes idees. J’ai agi, de fa sorte, et toujours, en indépendant, n’ayant qu'un seul but, une seule pensée : la dé le use de vos interet s.
Servir ! J’ai le droit, certes, de tracer ce mot en appréciant I œuvre que j’ai accomplie. Persuadé qu’en défendant la terre — - source unique de la richesse algérienne — je détendais
du même coup Loua les Algériens, qu'ils soient colons, commerçants, artisans, fonctionnaires, cheminots ou ouvriers, je me suis efforcé de surmonter les difficultés de l’heure en défendant une politique agraire et sociale qui, seule, pouvait nous sauver.
11 va sans dire que je n’ai pas accompli des miracles le temps des miracles est
révolu — mais simplement mon devoir — le devoir tout court — et cela seul importe, à une époque où la pratique du devoir subit une inquiétante éclipse.
Faut-iï des preuves de mon dévouement, de ma clairvoyance? Vous vous souvenez certainement de ma riposte à l’assaut furieux des viticulteurs du Midi, de mon action presque journalière au sein des Commissions des boissons, de l’Algérie, de la Marine marchande et des nombreux groupes de défense. J'ai tenu, cependant, à faire un compte rendu écriL, bien qu’incomplet, qui touchera chaque électeur, de cette action continue qui, des céréales, du vin, passe aux fruits et primeurs, aux agrumes, à l’huile d'olive, au Uranium, aux figues sèches, aux blés, aux moûts concentrés, à l'élevage, aux tabacs, pour rejoindre l’amélioration de nos relations maritimes, la politique de l’argent à bon marché, la consolidation des dettes, l’arrêt des exécutions judiciaires, le sauvetage du crédit et l’ amélioration corporative.
Seul — n’ayant pas la possibilité d’avoir à ma disposition un secrétaire coûteux — j ai déposé de multiples projets dont plusieurs ont été adoptés et j’ai eu le bonheur — dans de nombreuses circonstances - de faire aboutir de notables et bienfaisantes améliorations. Je n’ai pas seulement apporté mon concours à la seule agriculture européenne, mais je me suis penché sur les difficultés de nos fellahs que j’ai, en toutes circonstances, défendus de tout mon cœur et bien qu ils ne soient pas mes électeurs.
Les difficultés économiques algériennes forment, en effet, un tout, et ce serait une erreur en même temps qu’un féroce et redoutable égoïsme, que de les envisager du seul point de vue électoral,
 côté de celle activité agraire, se place une action sociale qui prend ses racines, vous le savez, dans mon passé et mes origines. Anciens combattants, mutilés de guerre ou du travail, ’fonclionnaires, cheminots, chômeurs, petits commerçants, retraités, indigènes miséreux, ont toujours trouvé en leur député un défenseur et j ajouterai un ami.
Membre du Conseil supérieur du tourisme, je n’ai nullement perdu de vue T intérêt que présentait pour notre pays cette branche d’activité. C’est en prévision de la reprise de ce tourisme que j'ai obtenu, ii la Commission de la marine marchande, la construction de deux navires modernes qui permettront des relations plus fréquentes et plus profitables entre les
deux rivages,. . . ,
Je n’ai nullement négligé les sports et on sait que, grâce à mes interventions, de
nombreuses municipalités ont pu créer des stades et des terrains de jeux.
En ce qui concerne plus particulièrement la politique de l'argent à bon marché, je me suis préoccupé de la situation lamentable des finances communales qui, par suite d’une mauvaise répartition du produit de l'impôt, et en raison des charges accrues par la crise,
ne permettent, pas l’exécution de nombreux projets. La révision des contrats d emprunts
trop onéreux, la concession de facilités plus grandes et l’augmentation notable du quantum des subventions de la colonie pour les travaux d’utilité publique, ont motivé mes interventions incessantes. Celte question capitale, à laquelle se rattachent le peuplement et la colonisation, doit être un des buts principaux de l’activité de votre élu. Je n’y ai pas manqué dans le passé et je m’efforcerai de faire plus encore dans l'avenir.
Républicain convaincu, respectueux de la liberté de conscience, épris do progrès social, j'ai servi de mon mieux la paix intérieure et la paix tout court. Je n ai pas hésité à désavouer et à flétrir le désordre, source des pires calamités, et à refuser mon concours à la politique de barricades entre Français,
Sur ce coin de terre qui ne vit que de l'exportation de ses produits, qui a soif de tranquillité pour parachever Toeuvre admirable de notre colonisation, tout « chambaidement » signifie ruine et misère. Ést-ce à dire que tout soit pour le mieux dans notre démocratie ? Je ne le crois pas. J’ai senti, à Paris, que le régime que nous nous sommes librement
donné traversait une crise morale indéniable et je comprends l'indignation et la colère des bons citoyens. Mais à côté de ces républicains justement écœurés, pullulent les factieux qui entendent, h travers les faisans » tuer la République. C’est parce que je veux, de toutes mes forces, maintenir la démocratie, la rendre plus humaine, et, disons le mot, plus « propre » que j’estime l’heure venue pour tous les républicains d'ordre et de bons sens de so grouper, de ne plus discutailler sur des programmes, des nuances, de ne plus se chicaner sur les personnes, pour pratiquer une politique nettement républicaine d'union et de concorde, de vraie réconciliation, dont nous avons grand besoin, ici, plus que partout ailleurs.
JTai dit, ici, plus que partout ailleurs, en songeant aux assauts dont l'Algérie du travail peut être la victime si elle ne fait pas front — un front unique — aux incompréhensions des bureaux parisiens, à la concurrence de la production étrangère, aux dénigrements intéressés, aux manœuvres sourdes et a nti françaises. Qu'on me permette de le dire, en terminant, sans fard et sans phrases, pour avoir vérifié à Paris les dangers qui nous attendent : « Si nous continuons à être divisés, c’en est fait de l’Algérie, »
Quant a mon patriotisme, il ne peut être mis on doute. Tous mes votes attestent que j'ai approuvé les mesures propres à protéger notre pays contre toute agression de l’extérieur. A ceL égard, aucun reproche ne peut m'être adressé, même par ceux qui tentent aujourd hui de monopoliser à leur profit exclusif la défense des intérêts sacrés de la patrie.
Demain des tâches importantes nous attendent : redressement financier, luttes contre certaines puissances financières et économiques qui entendent régenter l’Etat, établissement de grands programmes de travaux, seuls remèdes à la crise du chômage, mesures propres à assurer la vie de notre jeunesse, fixation pour les travailleurs do salaire vital, suppression des entreprises financières de prévoyance qui exploitent honteusement les épargnants, et leur remplacement par des institutions d'Etat, réforme électorale.
Vous direz le 26 avril si vous entendez me permettre la continuation de mon œuvre de redressement économique et social.
Avec vous je crie, mes chers concitoyens, non seulement a vive la 4e circonscription, vive la République », mais encore « vive V Algérie unie contre les périls de l'heure ».
J AI, G UASTÀV1NO