‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 180 sur 186 · ORAN · texte numérisé non relu

ORAN

lre circonscription d'ORAN*

M . M ar ius DUBOIS (Groupe socialiste*)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936*

(Voir le programme du parti socialiste S. F. 1.0*, p* 3.)

Travailleurs 1 Citoyens I

Devant les dangers que la crise du capitalisme et la défaillance des classes dirigeantes font courir aux libertés publiques et h la paix, désigné par l1 unanimité de mon parti , étroit lement uni autour de moi, je m’adresse directement à la classe ouvrière et à tous les hommes de pensée et de travail*

L’heure est venue de déjouer les puissants consortiums de finance, de grand négoce,, de haute industrie qui, par les mensonges quotidiens de la grande presse qu’ils possèdent ou subventionnent, s’efforcent a vous dresser contre îe socialisme dans le même temps que, par leur égoïsme de classe, ils dépouillent Je travail, avilissent les salariés, sabotent les lois sociales, spéculent sur les petits et moyens cultivateurs, et par la concurrence et l'impôt acculent à la ruine la petite propriété commerciale, industrielle et agricole*

Pour couvrir leurs méfaits et détourner vos colères, ils accusent le socialisme*

Le socialisme répond par son cri d’affranchissement :

Le capitalisme, voilà l’ennemi 1

Déclaration de principe.

Le parti socialiste se présente devant le peuple pour lui demander le pouvoir.

Son programme est l'énoncé des mesures qu’il s'engage à appliquer si la souveraineté' populaire l’appelle au pouvoir*

Ce programme représente l' application de la doctrine générale du socialisme aux circonstances présentes.

C’est lui que les élus socialistes s'efforceront de faire prévaloir devant la Chambre*

Sans désavouer en rien la solidarité qui 1’unît aux partis groupés au sein du Front

populaire antifasciste, en restant pleinement fidèle au pacte d’unité d action* le parti socia-^ liste s’adresse directement à la classe ouvrière et paysanne, à toute la démocratie courageuse et sincère.

Car le socialisme, c'est le salut !

Programme .

Il faut défendre les libertés démocratiques contre le fascisme et rétablir la souveraineté populaire

Le parti socialiste réclame donc :

Le désarmement et la dissolution des ligues du fascisme.

La représentation proportionnelle et le suffrage des femmes.

L'abrogation des lois scélérates*

L’application et le respect d'une loi syndicale pour tous, y compris les indigènes des colonies.

Le contrôle des ressources de la presse.

La déFense de la laïcité et de Técole laïque.

La nationalisation de la Banque de France, des assurances et des grandes industries monopolisées.

11 faut réparer les injustices commises au détriment des anciens combattants, des fonctionnaires, des cheminots, des retraités, des vieux travailleurs et de leurs familles.

Le parti socialiste réclame donc :

L'abrogation des décrets-lois iniques qui ont réduit traitements, pensions, allocations d’assistance*

il faut soulager sans délai les misères les plus cruelles causées par la crise, par :

La création d’un fonds national de chômage*

Le moratoire des loyers avec indemnisation des petits propriétaires.

L'organisation de la lutte contre tous les fléaux sociaux ; tuberculose, cancer, etc*

U faut assurer du travail à ceux qui ne disposent que de leur travail pour vivre, il tant accroître le revenu consommable en augmentant la masse des salaires.

Nous réclamons donc :

La diminution des heures de travail, sans diminution des salaires.

Les contrats collectifs et les vacances payées*

La mise en train d’un vaste plan d’outillage public.

11 faut assurer des débouchés aux cultivateurs, par :

L'institution des offices publics du blé, du vin, des engrais chimiques, etc. I /institution des coopératives de répartition.

L assurance contre les risques agricoles.

il faut assurer des clients aux petits commerçants et aux artisans, par :

La révision des cessions de fonds.

La révision des baux.

La propriété commerciale intégrale.

Il faut libérer producteurs, commerçants et paysans de l'oppression fiscale qui pèse sur eux.

Nous réclamons donc ;

La suppression des 140 ou 1 50 impôts et taxes existant, et leur remplacement pai »

1° Un impôt sur le revenu global sans forfait, progressif, à des taux différents pour les revenus du travail et les revenus du capital ;

2° Un impôt sévèrement progressif sur le capital des successions et donations, léger pour les petites fortunes nées du travail, etc.

Il faut rétablir l’ordre dans la production et restituer à la collectivité le profit des grands monopoles capitalistes, tels que :

Mines, assurances privées, grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques. Transports. Pétrole. Sucreries et raffineries. Crédits et banques, pour protéger la petite épargne abandonnée au pillage des écumeurs.

Contre la guerre, pour l'organisation de la paix :

U faut préserver la paix.

Le parti socialiste réclame :

L'application loyale du pacte de la Société des Nations.

Une initiative immédiate du Gouvernement français pour reprendre les travaux de la Conférence du désarmement,

La suppression de la fabrication et du commerce privé des armes par voie de convention internationale et en tout état de cause, en ce qui concerne la France, par voie de nationalisation.

Notre programme agricole.

L ~ lievaiorl5atlon des produits agricoles et organisation des marchés : gènes0™8110" d °ff,CeS à Pr°fessi0nnelle comprenant les producteurs européens et indi-

Ces offices seront dotés de l’équipement matériel et des moyens financiers nécessaires Lés raUS P Ct<ÏUrS k tOUS m0H“ntS P écoulement de leurs productions aux cours

Ainsi sera brisée la spéculation nuisible au producteur comme au consommateur.

Il — Diminution des frais de production ;

1° Création d un office des engrais ;

de> -* *K,,,r •»

3° Travaux publics. Remise en état des chemins et des routes, travaux d’amélioration au soi, drainage, irrigation.

Adduction d'eau portable.

Electrification des compagnes ;

4° Outillage agricole. Contrôle des trusts, fournisseurs de machines agricoles pour obtenir un abaissement massif des prix de vente ;■

5" Crédits agricoles. Abaissement du taux d’intérêt, simplification des formalités.

Pour la propriété paysanne, instruments de travail :

Défense de la propriété paysanne. Instruments de’ travail. Arrêt des saisies.

Defense de tous les petits et moyens en Mi valeurs.

Création d’une caisse contre les calamités agricoles par la nationalisation des assurances,

IV* — Pour les ouvriers agricoles :

Application de toutes les lois ouvrières et de prévoyance sociale aux travailleurs a^ricoles, européens ou indigènes. °

Revendication* particulières à V Algérie.

Application en Algérie de toutes les lois sociales appliquées à la métropole.

Défense des revendications des petits et moyens viticulteurs.

Défense des locataires et petits propriétaires,

Dciense des retraites des cheminots, des fonctionnaires, des marins et pêcheurs et de tous les vieux travail leurs,

Ddense des revendications des anciens combattants et de toutes les victimes du travail. Droit syndical pour tous les travailleurs européens et indigènes.

Réorganisation du système représentatif.

Construction d ecoles dans les villages et les douars.

Suppression du Code de l'indigénat et des lois d'exception.

Mesures d hygiène, eau potable , hôpitaux, dispensai res , etc.

Développement des voies de communication.

Barrages, centrales électriques, reboisement*

Outillage agricole pour les petits colons et fellahs.

Suppression des Délégations financières*

Abrogation du décret Régnier et refonte complète de l’Administration coloniale.

Citoyens 1

Le parti socialiste réclame donc le pouvoir.

À tous les partis, tour à tour défaillants, il oppose sa doctrine et son programme,

À tous les travailleurs, à tous les exploités, le parti socialiste tend loyalement son drapeau, qu'il ne sépare point du drapeau de la grande Révolution française*

Travailleurs ! Démocrates ! 1

Ce 26 avril, tous unis contre la guerre, le fascisme et la misère, ces trois chancres du capitalisme.

Vous voterez socialiste :

Pour le pain des travailleurs,

Pour la liberté des citoyens,

Pour la paix entre les hommes.

Màrius DUBOIS

Conseiller général.

Candidat S, F* I. O.

2* circonscription d'ORAN.

M. Rmà ENJÀLBERT

Elu pour la lfe fois le 3 mai 1936,

Citoyens,

Sollicité par de nombreux amis des villes et des campagnes, appuyé par la majorité des maires et des élus, je pose ma candidature au siège vacant dans notre circonscription, en républicain conscient de la gravité de Flièure et des responsabilités que je dois prendre.

Siégeant aux Assemblées financières algériennes depuis quinze ans, j’ai approfondi l'étude de toutes les questions intéressant directement l'activité du pays :

Grands travaux publics;

Enseignement professionnel ;

Assistance et hygiène sociales ;

Enseignement public et constructions scolaires;

Equipement du rail et de la route ;

Aménagement des ports ;

Transports maritimes.

Pendant le même temps, mes fonctions municipales m'ont également obligé à me pencher sur tous les problèmes de la vie sociale d'une commune; noyau initial de l'organisation administrative.

En ce qui concerne nos productions agricoles* j'ai pris une part active à leur organisation professionnelle* sous toutes ses formes : Colonisation, électrification des campagnes. Défense du blé et du vin* crédit agricole, défense de la petite colonisation * dans le lar<je cadre de la mutualité et delà coopération.

Le statut viticole actuel cause la ruine et la division des viticulteurs algériens : sa refonte totale est nécessaire.

L'introduction dans la Métropole des blés exotiques, la fraude éhontée qui en découle, privent l'Algérie de ses possibilités de production et d’exportation des blés de force* au seul profit de l'étranger* Je poursuivrai de toute mon énergie la suppression sans réserves de l'admission temporaire.

Je n'hésite donc pas à m’engager dans cette voie qui sauvegarde les grands principes de ^initiative individuelle et permet aux travailleurs de s’élever dans l'ordre social*

Républicain convaincu* j'affirme mes idées démocratiques : éloigné de ceux qui désirent le retour à des formules périmées, comme de ceux qui rêvent de l'instauration d'une dictature quelconque* je professe îe respect absolu de toutes les opinions* gage réciproque de la liberté de penser.

C’est dans le cadre d’une République restaurée* où chaque citoyen* conscient de ses devoirs et fort de ses droits, s’imposera une discipline librement consentie, que je veux évoluer pour que nous rentrions dans l'ordre et l'harmonie, conditions indispensables au redressement du pays.

En attendant la réalisation concrète de la paix universelle, sous l'égide de la Société des Nations, je veux une France forte et respectée* capable de vivre en paix parce que prête a se défendre.

Ennemi irréductible de toute démagogie et de toute littérature creuse* convaincu « qu'en malière financière il n’y a pas de miracles »* je considère qu'un parlementaire doit s'inspirer avant tout d'une grande dheclive; l'établissement sincère de l’équilibre budgétaire ; seul, il permettra la réalisation du programme d'amélioration sociale, qui assurera au travailleur français le droit au bien-être, dans le travail et la dignité.

Ainsi disparaîtra cette plaie honteuse du chômage dont souffrent injustement tant d’ouvriers de la ville et des champs.

En outre, je demanderai instamment, comme je Lai fait aux Délégations financières, que le travail national soit d'abord réservé à ceux qui, vivant clans ce pays, y ont fondé un foyer et se sont associés étroitement à l’œuvre de civilisation française.

Je crois à la nécessité absolue d'une adapta lion administrative aux exigences de la vie moderne. Elle soulignera les devoirs et confirmera les droits des fonctionnaires, dans la haute mission qui leur est dévolue.

La ligne politique que je me suis tracée s’inspire des principes de tolérance réciproque qui ont toujours guidé les grands parlementaires algériens.

Uniquement préoccupé de la recherche des solutions permettant de retrouver l'équilibre de notre économie, je m'engage à être le défenseur des intérêts légitimes de tous les travailleurs de ce pays, et à poursuivre l’apaisement des esprits clans une France républicaine* c'est-à-dire généreuse, sincèrement éprise de liberté* de mesure et de progrès social.

Vive la France I

Vive l'Algérie !

Vive la République l

Ren^ ENJÀLBERT,

1er adjoint au maire dTA Ïn-Témouchcnt- Délégué financier.

Chevalier de la Légion d'honneur.

Croix de guerre.

3e circonscription d/ORAN\

M, Paul SAU R IN

(Groupe de la Gauche démicralique et radicale indépendante.)

Élu pour la lre fois le 8 avril 1934. — Réélu le 26 avril 1936.

Mes chers concitoyens et amis,,

Deux années déjà se sont écoulées depuis le jour où vous m’avez confié le difficile mandat do vous défendre au Parlement. Deux années de lutte sans répit au milieu de la crise la plus effroyable que l’histoire ait jamais enregistrée. Economie mondiale bouleversée,, effondrement des marchés, fluctuations monétaires, surproduction, chômage, désarroi des doctrines, affolement des esprits, rien ne manquait à ce chaos hallucinant, pas même la terrifiante vision de ]a guerre.

Gomment, en ces temps troublés, ai-je rempli ma mission ?

.l ai travaillé, lutté d’arrache-pied dans tous les domaines, sur le plan national comme sur le plan algérien, sur le terrain social comme sur le terrain économique, pour la défense de nos institutions républicaines comme pour la sauvegarde do notre pays.

toujours fidèle à mes amis, et à ma politique d'union nationale et républicaine, j ai eu la fierté légitime d être élu successivement membre delà Commission de lVMgcrie et des colonies, de la Commission de l'aéronautique et de la Commission de la marine.

Le Ministre de l'Agriculture m’a choisi comme membre de la Commission interministérielle de la viticulture. Enfin, mon activité et mon dévouement, à l’intérêt public ont reçu, a C ran meme, une magnifique consécration, lorsque mes collègues et amis du Conseil général mont appelé, par un vote quasi unanime, à la présidence de l’assemblée départementale.

Assumant les plus lourdes responsabilités, j’ai tenu à me montrer digne de tant de confiance et je n’ai marchandé ni mon Lemps, ni mes peines. Je reviens aujourd’hui devant vous, mes chers amis, avec le sentiment réconfortant do devoir accompli.

Je vous avais promis, voici deux ans, d’aider à la protection de "notre agriculture, source ce toutes nos richesses en Algérie. Je crois ne pas avoir failli à mon engagement. Et pourtant^ rarement la situation n’avait été aussi lamentable pour l’agriculture. Alors que le coût general de la vie élait au coefficient 5, les prix agricoles oscillaienL entre 2,5 et 3, et les charges publiques atteignaient le coefficient 9.

J’ai aidé de mon mieux à la réduction des impôts et aujourd’hui, impôt foucieret cédule des bénéfices agricoles ont été réduits de 50 0/0.

Mais les conditions climatologiques n’ont pas facilité notre tâche. Pour le vin deux récoltés pléthoriques successives, de 105 et 103 millions d’hectolitres ont dû être adaptées a des besoins de consommation ne dépassant pas 75 millions. La lutte contre des adversaires irréductibles fut de tous les instants. Je n’ai ménagé ni démarches, ni rapports, ni interventions. J ai fait reviser les degrés minima et éviter la super-distillation.

Aujourd’hui, les prix remontent, la viticulture, sans être sauvée, commence à respirer eL nos mees sur la répression des abus (piquettes, vins de sucre, rendements exagérés) ont fait fie très nets progrès (taxes au rendement, distillation obligatoire à partir de 200hectos, etc.).

Le marché des blés était tout aussi malaisé à défendre. Nous nous heurtions non aux excédents de la production française, mais aussi à ces puissances financières

(jui accablent le marché par des importations scandaleuses, soit par licences abusivement consenties; soit par la voie de l'admission temporaire.

Au lendemain de mon arrivée au Parlement, en juillet 1934, nous nous trouvions devant une récolte de 96 millions de quintaux (À trique du Nord comprise) et un stock de blés reportés de 22 millions, soit un total de 118 millions de quintaux, pour des besoins atteignant à peine 82 millions, soit un excédent de 36 millions,

La situation était tragique. Vous savez toutes les mesures qui furent prises, Laide constante, parfais maladroite et tardive, certes, mais souvent efficace, qui fut apportée par îe législateur à nos malheureux producteurs.

La nature aidant, en 1935, nous sommes arrivés à assainir le marché et les cours, qui avaient fléchi jusqu’à 45 francs, sont aujourd’hui à f 06 et î 10 francs, La lutte doit continuer inlassablement pour empêcher les fraudes, supprimer l'admission temporaire, éviter Le retour des abu^ que nous avons connus. Il faut aussi que les warrants distribués en temps utile empêchent les producteurs d'être la proié des spéculateurs.

Mes efforts multipliés pour la défense des primeurs et des agrumes n’ont pas été vains.

Si le Ministère du Commerce a encore consenti à un pays voisin un accord commercial scandaleux qui ignore systématiquement les intérêts vitaux de l’Algérie, nous avons du moins obtenu pour les agrumes, par mi décret d’avril 1935, outre le principe du contingentement, L élévation des droits de douane de 50 à 100 francs pour les clémentines, de 50 à 75 frames pour les mandarines et de 35 à 36 fr. 50 pour les oranges. Celte année, grâce aux obstacles que nous avons accumulés pour retarder la signature de l’accord franco-espagnol, la production algérienne des agrumes et des primeurs a enfin connu des prix nettement rémunérateurs. Je continuerai à lutter pour le maintien de ces avantages comme pour l’abaissement des frets et T amélioration de nos moyens de transport.

Pour l'élevage du mouton, des résultats appréciables ont été enregistrés et la revalorisation d)u marché de la viande dans la métropole a facilité la reprise de nos exportations ovines. Un vasle projet d’aménagement de points d'eau et de terres de parcours est mis au point par Le Gouvernement général et va être i^alisé sur nos démarches pressantes.

Mais,, dans son ensemble, notre population agricole, atteinte depuis plusieurs années par une crise effroyable, eut été ruinée, sans les mesures de sauvegarde que nous avons fait prendre en dépit de tous Les obstacles.

Je me suis spécialement attaché à obtenir la suspension des poursuites, l otirai de délais aux débiteurs malheureux. Je suis heureux d’y être parvenu après des mois et des mois d’efforts. Un décret d’octobre 1935, obtenu non sans peine, accorda des possibilités de délais pendant un an. Kn mars dernier, nous avons réussi à faire voter une loi plus générale permettant de surseoir aux saisies et aux ventes. D’autre part, la loi sur l'amortissement différé des prêts agricoles, que nous avons obtenue récemment permet le report du court terme à trois ans, du moyen à vingt-cinq ans et du long à cinquante ans.

Quant au crédit agricole, il devait être organisé, ses moyens d’action augmentés pour aider la colonisation en péril. Nous avons obtenu la création de la Caisse centrale algérienne que vos élus réclamaient en vain depuis des années. Les moyens de trésorerie ont été accrus et le seront encore par une dotation budgétaire, des avances de la Banque d’Algérie et ^autorisation d’emprunter à la Caisse des dépôts et consignations. Le contrôle et la surveillance étant réorganisés, le crédit agricole repart sur des hases nouvelles.

Restait la sauvegarde des plus malheureux, les petits colons et les fellahs. J’ai été de ceux qui ont fait obtenir en 1935 un premier crédit de 550 millions pour la consolidation. 400 nouveaux millions sont venus s’ajouter à cette somme en 1936. Les résultats eussent été magnifiques si des lenteurs administratives inexcusables n’avaient en grande partie annihilé nos efforts. v

Nous touchons cependant au but. La plupart des prêts de campagne ont été accordés. Les prêts de consolidations seront terminés dans quelques mois par la Caisse algérienne enfin organisée. Les délais seront plus longs pour la Caisse des prêts agricoles. Je m emploierai à faire cesser cette incroyable torpeur de l’administration.

Toutes ces mesures de sauvegarde ont bénéficié au commerce aérien dont ie «i celui de 1 agriculture. D.vers textes spéciaux sont intervenus en outre en faveur du commerce de detail. Je citerai, pour mémoire, la loi de 1933 sur la propriété commerciale a révision des baux commerciaux, la suppression de la patente sur le lover d’habitation’ a diminution de. droits de mutation, la révision du prix de vente dés fonds de commerce

. ' U JOn ( e ] mlP°l sur ies t’cuéfices commerciaux de 15 à lü 0/9 le retour au fm-fvi

facultatif en matière de taxe sur le chiffre d'affaires. ' forfait

Nos chambres de commerce et nos syndicats commerciaux d’Algérie savent au surplus que tairais mon concours ne leur fil défaut pour la défense des intérêts qui leur sont con£

- ensemble de notre action a paré au plus pressé : empêcher l’Algérie de mourir Maia e pays comme la France elle-même, .continue à souffrir durement d’une crise dont il fant bmn le dire* nous ne sortions que par des mesures générales tendant à l’abaissement du c ut de 1 a, gent et à une politique plus industrialisée du crédit sous toutes ses formes 1 'état lamen fable de nos finances publiques, dont Je déficit s’est encore aceru de 75 milliards en ces dernières années, en dépit d'efforts de compression des dépenses qui ont atteint 9 milliard!

pour la seule année 935 exige des moyens financiers hardis pour redonner à no trc de économique le stimulant indispensable. a noire vie

Je passe rapidement sur la multitude de démarches et d’interventions en faveur des grands intérêts economiques et administratifs de notre région. Agrandissement du port de

l ? &'nem’ ccW,cat,0Ii d’u» consulaire, création d’une base d’hydraviation militaire

a Arzew, sous-prefeciure de Tiaref , agrandissement des hôpitaux, aménagement de la s a tien

K Z £ "P rio”-H“i ■■ rhiM ** « *» c»!», d-irrig.0 Ô.7.

-ane de I erregaux et d Inkermann, constructions scolaires, amélioration de nos

ir"T ferr0Vla,ies> * aériens, dotation des aéro-clubs, aménagement dW

dromes, encouragements aux sports, etc. ë c ae,°

Te marasme économique et le déficit des finances publiques et privées ont abouti à des conséquences pénibles pour toutes les catégories sociales

I pfi etchemill0ts durement frappés dans leurs moyens d’exisfence

de 10 fimnenS p8 ÿlè7ment °nt d‘é doubl*nent touchés parles réductions de traitement coZZrTl T ia mé!r0p°le 81 Par la suppression de l’indemnité de 8 0'0 po^an! pemaf nee de 1 indemnité de résidence qui continue à être perçue en France '

Je crois pouvoir dire que je n’ai négligé aucune occasion pour prouver' à nos amis fonctionnaires et cheminots combien j’avais à cœur la défense dî feXrtVlériümTs Nous avons f„t rétablir en p,r)i. l'indemnité algérienne; non, .vonC^é 1. JS * * — - ''iniquité devra apparat,* an Kï

«ion vis"”1 lo *• pensions d'ancienneté et de réver-

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P re répandues sur mon compte. Fidèle républicain, ardent, défenseur

de toutes nos libertés, j’ai fait montre duo libéralisme auquel je tiens par-dessus tout parce qu’il est éminemment français.

Nos libertés démocratiques sont menacées. Elles risqueraient de disparaître si notre régime ne s’amendait pas lui-même. Les abus que l’on a fait des facilités parlementaires nous conduiront aux pires aventures si l’on n'y remédie pas aussitôt* L’instabilité gouvernementale, les gaspillages d’argent et de forces vives ne peuvent plus durer. Après un éveil certain des consciences françaises qui, unanimement, exigeaient une réforme de l’Etat dont elles comprenaient toute IWgente nécessité, la facilité et la commodité des habitudes ont replongé les chefs responsables dans la veulerie du statu quo *

L:œuvre capitale de la prochaine législature doit être la rénovation de la République dans le calme et le travail*

Et pour ma part, je m y emploierai de toutes mes forces* Mais, quoiqu'il arrive, je ne laisserai, en aucune circonstance troubler l’ordre et la paix intérieure* Réprouvant toute lutte fratricide, je tends la main à tous et je suis l'adversaire irréductible du poing fermé. Absolument indépendant, je ne permettrai à aucun homme ou aucun parti de me dicter sa loi. Je méprisé la haine entre les hommes et m’emploierai toujours, le visage découvert, à îa réconciliation nationale.

Qui oserait donc s’élever contre cette propagation du sentiment national, contre cette union entre les Français, à l'heure où d’autres peuples galvanisés, font planer sur le monde une inquiétude tragique*

La France pacifique et libérale voit à nouveau ses frontières menacées. Et sa plus belle sauvegarde dans les jours troubles que nous venons de vivre a été sa force, îa puissance de sa ligne de fortifications, l'organisation saine de son armée*

Les soi-disant pacifistes qui, pendant des années, ont refusé de voter les crédits militaires et ont semé le défaitisme dans l’armée, s’ils avaient réussi, nous auraient aujourd’hui livrés sans défense à nos ennemis.

Et cependant la France, qui n'eut depuis 1918 d’autres soucis que d’éviter à jamais le retour d’une guerre effroyable, n’a rien négligé pour maintenir des relations amicales avec les peuples et établir un système de sécurité collective qui eut définitivement assuré la paix en Europe*

Tout ou presque, est aujourd’hui perdu parce qu’il a plu à un seul homme d'Etat de pratiquer la politique du coup de force et du ch i flou de papier et parce que d'autres n’ont pas su faire honneur à leur signature avec la spontanéité et l’énergie qu’exigeaient le circonstances.

Le pacte de la S. D. N. est compromis, le traité librement consenti de Locarno est déchiré, les engagements internationaux ne semblent, hélas, n’avoir de valeur qu’au tant qu’ils coïncident avec l’intérêt immédiat du pays qui les a pris*

C’est la faillite de l’honneur européen.

Mais, est-ce la guerre ? Non*

La France est suffisamment forte pour être respectée, C’esL à nous qu’il appartient de maintenir son prestige, sa force tranquille.

Elle ne provoque personne, mais elle veut le respect des frontières fixées par le traité de Versailles. La quasi unanimité de l’Europe : France, Belgique, Italie, Autriche, Petite Entente, U, R* S* S*, Pologne et même Angleterre savent bien que la paix est à ce prix, cette paix indivisible que l'on doit maintenir sur tous les points de notre vieux continent si Ton ne veut pas qu’éclate la guerre mondiale qui anéantirait notre civilisation*

La situation Internationa le reste tendue* En dépit de déboires pénibles, la France demeure calme et forte, parce qu'elle est sure de sa puissance et de son destin. L’apaisement doit renaître car ceux-là même qui ont provoqué le trouble savent que le monde entier est contre eux.

Nous devons veiller à l’un ion de nos amis, à la solidarité de tous ceux qui ne veulent à aucun prix d’un conflit armé*

Nous y veillerons avec toutes les ressources de notre mtleligence et toute la vigilance de noire cœur parce que nous ne voulons plus que s’enlceluent des hommes, que pleurent des veuves et de pauvres orphelins.

Serrez- vous les coudes, Algériens, Français, La paix est â ce prix.

Vive l’Algérie î Vive la France I Vive la République I

Paul SAUMN

Président du Conseil générât,

Député sortant.

CONSTÀNTINE

l"3 circonscription de GONSTANTINE.

M. MORINAUD

(Groupe de la Gauche démocratique et radicale indépendante.)

Elu pour la ir* fois le 8 mai 1808. — Réélu les 16 novembre 1919, l i mai 1924, 22 avril 1928? P' mai 1932 et 26 avril 1936.

Mes chers Concitoyens, * '

Je me présente devant vous.

Par votre volonté, j’ai fait partie de la Chambre des Députés de 1898 à 1902 et de 1919 à nos jours, c’est-à-dire pendant vingt ans.

Toujours assidu à mon poste, je me suis constamment eûorcé de bien servir, avec îa France et la République, les intérêts généraux de notre Algérie, — — ceux de l’agriculture (dont je fais partie après mon grand-père et mon père) — du commerce, de l’industrie, des fonctionnaires iet des cheminots, des travailleurs intellectuels et manuels, des retraités et des petits rentiers, de la propriété urbaine et rurale, des locataires des villes et des campagnes, enfin de toutes les malheureuses victimes de la guerre 1914-1918*

Si vous me faîtes 1 honneur de me réélire, je continuerai à me dévouer aux mêmes taches, A cet effet, je resterai en contact constant et en accord absolu avec les associations économiques et professionnelles qui représentent les diverses catégories de nos populations.

Pour cette dernière raison je ne crois nécessaire d’entrer ni dans le détail des questions qui, dans cet ordre d idées, peuvent se poser, ni dans le détail des solutions qu’il conviendra de leur apporter.

Je veux, cependant, prendre position immédiate sur trois points très importants ;

I. — La revalorisation en cours des produits agricoles est une impérieuse nécessité pour toute l’économie dn pays. Le blé à 100 francs, le vin à 8 francs le degré au moins, constituent, de la part de nos producteurs, des revendications absolument justes que notre devoir est de faire triompher.

— Les décrets -lois ont imposé de lourds sacrifices. Leur humanisation est nécessaire; elle est amorcée, . U faut la continuer.

3. — Etant donnés les prélèvements déjà opérés par l'Etat pour éviter une nouvelle amputation du franc, il ne saurait être question d’une dévaluation de hi monnaie qui diminuerait encore d'environ 30 0/0 la valeur du billet de banque, Cette iniquité frapperait toutes les bourses. Venant apres l'amputation des quatrô-cinqurèmes opérée en 1Ü26, elle ruinerait le peuple français. Je suis résolument contre une telle mesure, car il est d’autres moyens de rétablir V équilibre, du reste en bonne voie, de nos finances*

Sur le terrain économique, l'Algérie aura toujours en moi le défenseur vigilant et dévoué que je crois avoir toujours été-

Sur le terrain politique, je reste un patriote ardent, toujours prêt à voter tous les crédits, toutes les mesures necessaires pour la défense nationale ; un ferme républicain.

ennemi de toutes les dictatures : celle d'un homme comme celle d’une classe ; champion fervent de Turner} républicaine la plus large; décidé à pousser de toutes ses forces, comme je

Tai déjà fait en 1926 lors de la création de l'intergroupe républicain, à la formation d'une majorité d\mion nationale d’où surgira le Gouvernement stable de concorde républicaine qui est seul capable de sauver la France de la banqueroute menaçante ; un démocrate tricolore, n'admettant ni le drapeau rouge, ni les doctrines désastreuses qu'il représente ; un Algérien acquis à la politique de collaboration cordiale avec les indigènes ; enfin un

Français profondément dévoué comme ions les Français à la grande et noble cause du rapprochement entre les peuples et de la paix entre les nations.

Français avant tout, je n'admettrai jamais qu’une minorité rouge ou autre vienne ici dominer et asservir la majorité française, grâce à l'appoint de la masse juive conduite aux

urnes par des hommes dont Faction néfaste nous a ramenés le 15 mars dernier aux mêmes événements et juste réaction française d'il y a quarante ans.

J'entends lutter jusqu'à mon dernier souffle, s'il le faut, contre l'intolérable régime qui

infligerait une telle humiliation à la majorité des Français de ce pays.

Pour la prédominance française toujours S

Pour la République tricolore anti-rouge, aujourd'hui et demain comme hier î

Aux urnes, Citoyens. Votez Français, comme il y a quarante ans, si vous voulez arracher ce pays à la domination qui le menace.

Vive la France !

Vive l'Algérie française !

Vive la République 1

Emile MORIN AUD

Candidat dTunion française et républicaine. Député sortant.

2* circonscription de CONSTANTINE.

M. Joseph SERDA (Grûupajie La Gauche indépendante.)

Elu pour la ire fois le 26 juin 1932. — Réélu le 26 avril 1936.

Aux électeurs de la 2e circonscription,

Lorsqu'il y a quatre ans, j'ai, pour la première fois, sollicité l’honneur de vous représenter au Parlement, je me suis déclaré l'adversaire des inutiles promesses et partisan d'une politique de réalisations.

Mon point de vue est demeuré identique. Pas plus hier qu’aujourd'hui je ne chercherai à vous dissimuler la vérité sur les graves problèmes de l'heure présente. Je me bornerai à vous signaler les solutions qui me paraissent, les meilleures et auxquelles je me rallierai, si vous voulez bien me renouveler votre confiance.

La politique extérieure.

Sécurité :

À la crise économique, qui sévît depuis de trop nombreuses aimées sont venues s’ajouter les angoissantes préoccupations de la politique extérieure : Au drame immense du 1914 risque d'en succéder un autre non moins tragique.

La France, qui ne menace personne ei dont la cause est inséparable de celle de la paix et de la justice, doit aujourd'hui faire passer, avant tous autres, le problème de la sécurité*

Le rayonnement et le prestige qu’elle exerce sur les autres pays lui imposent une politique de prudence, de clairvoyance et de dignité qui doit s'appuyer sur les pactes de sécurité collective de la Société des Nations*

L'assistance mutuelle et l'arbitrage international doivent pouvoir nous éviter ce redoutable lléau qu'est (a guerre donL tous les gens sensés ont la préoccupation de préserver les générations présentes et futures*

Echanges :

Le problème de la sécurité est étroitement lié à celui des échanges internationaux qui créent, de par le monde* un risque constant de conflagration générale. Il nous paraît équitable de baser les échanges tant sur le principe de la réciprocité que sur la nécessité de ne demander aux pays étrangers que les importations complémentaires des productions de la France métropolitaine et d’Outre-mer.

En aucun cas la politique des échanges internationaux ne doit sacrifier la production agricole à la production industrielle* S'inspirer de directives contraires serait méconnaître l'intérêt même de l’industrie nationale dont la restauration est étroitement liée au pouvoir d'achat que retirent les producteurs de l'exploitation du sol et du sous-soL

L'intérêt général bien défini doit être la seule considération qui doit guider l’intervention de l’Etat en cette matière.

La politique intérieure*

La crise économique et sociale ;

La politique intérieure du pays est dominée par une question tout aussi angoissante que celle de la sécurité en matière de politique extérieure. Une crise économique sans précédent s -est abattue sur l’humanité, au point de mettre en péril toute la civilisation du xxB siècle. Les lois que V économie politique considérait comme intangibles sont mises en échec par les constatations les plus troublantes et les progrès réalisés dans la production n’ont abouti qu’à une lamentable chute des prix par défaut d'adaptation économique et sociale*

La diminution du pouvoir d'achat de toutes les catégories sociales s'est traduite par un ralentissement des échanges, entraînant la réduction de tous les budgets dans lesquels le déficit n’a pas tardé à s’installer Tout un cortège de calamités publiques s’en est suivi. Pour l’ouvrier le chômage a entraîné la misère. Le commerce n'a pas tardé à connaître une recrudescence des faillites. L'expropriation et la ruine ont déjà atteint bien des agriculteurs. En même temps que les fonctionnaires, les anciens combattants et victimes de la guerre et les retraités protestaient énergiquement contre la révision des engagements pris à leur égard par l’Etat, les petits rentiers eux-mêmes étaient durement frappés par la réduction de leurs revenus* De leur côté, les jeunes voyaient se fermer à eux toutes possibilités d’avenir, tandis que les professions libérales étaient aussi gravement atteintes par le malaise général.

Cette situation ne saurait se prolonger davantage sans mettre en péril tout l'édifice social.

Les solutions préconisées .

Sans doute, les solutions préconisées sont multiples et de divers ordres. Parmi celles auxquelles j’estime devoir me rallier je vous en citerai quelques-unes,.,

La stabilité du pouvoir d’achat de la monnaie;-

Pour remplir son rôle la monnaie doit avoir un pouvoir d'achat basé sur la revalorisation équitable de la production et sur la juste rémunération du travail, excluant toute influence purement spéculative*

Une nouvelle distribution du crédit :

— qui doit être accompagnée d’une baisse du taux de l'intérêt (Crédit au petit et moyen commerce — Crédit, maritime — Crédit agricole — Crédit aux II. B, M. et Crédit immobilier).

La réglementation de la production :

’ — qui ne peut sortir de la période anarchique qu elle traverse si elle n'est pas assurée d'une rémunération cquitaMè. La; maîtrise des marchés doit être surveillée et contrôlée pour empêcher l'avilissement des prix. L’admission temporaire des blés exotiques doit être supprimée*

La reniement a Lion du travail :

— qui doit compter avec le droit au travail, le salaire minimum donnant aux classes laborieuses un pouvoir d’achat suffisant ei leur permettant de retirer des progrès du machinisme une amélioration effective des conditions du travail et de vie et non une réduction inadmissible de leur salaire.

Les décrets-lois qui ont parfois si durement atteint fonctionnaires, retraités, pensionnés et victimes de la guerre devront être révisés au plus tôt.

11 faut hâter la péréquation des retraites afin de faire cesser cette injustice apparente qui consiste à verser aux uns des rappels tandis que d’autres continuent à subir des retenues,,

La Caisse des pensions qui doit mettre tes victimes de la guerre à fabri des vicissitudes budgétaires et qui a recueilli l'adhésion unanime de la Chambre sortante doit être réalisée sans retard par fa prochaine législature .

La direction effective de l'économie nationale ;

~ basée sur ^organisation professionnelle et la solidarité syndicale, comportant au sommet un Conseil national économique, facteur de rapprochement social,

La réforme de TEtat :

— qtd doit comprendre notamment une refonte de la fiscalité, une réorganisation administrative et judiciaire et une nouvelle conception des travaux parlementaires.

À ces quelques considérations d'ordre général, je dois ajouter que je suis, l’adversaire de toutes mesures tendant à réduire le pouvoir d'achat des masses. C’est vous dire que je suis partisan de rintangibilité des retraites et du respect des engagements pris par l’Etat envers ses agents et fes victimes de 3a guerre.

Il serait vain de se dissimuler l’importance de la tâche à remplir, étant donné surtout la. faiblesse des temps actuels conséquence inéluctable du lourd passif qui nous grève;

Les 500 milliards de dettes qui pèsent sur les budgets de l’Etat, des départements; et des communes, le million et demi de morts de la guerre constituent pour la génération actuelle des handicaps sérieux. Ce n’est qu'avec la collaboration locale de toutes ;les bonnes volontés, au service de l’intérêt général, que l’on arrivera à faire face à la crise intérieure et aux difficultés extérieures. Hors de là, il n'y a pas de salut possible.

C’est en pratiquant une politique d’évolution constante et d’adaptation, progressive a la marche en avant de l'humanité que l’on réalisera le bien-être des populations et la grandeur de notre pays.

Le point de vue algérien.

Air point de vue algérien, je continuerai k défendre de toutes nies forces les prémgativos de nos Assemblées. L’ autonomie financière qui nous a été conférée ne saurait soufTrir aucune atteinte et la restitution totale de l’indemnité de 8 0/0 aux fonctionnaires et cheimnols doit intervenir au plus tôt et consacrer ainsi la volonlc déjà manifestée par nos

Assemblées, r . , ,

L’agriculture et le commerce algériens facteurs essentiels de toute prospérité economique doivent pouvoir écouler librement leurs produits sur le marché métropolitain et colonial sans être lésés par la concurrence étrangère. Le principe de l’union douanière qui régit nos relations avec la France doit comporter l’égalité de traitement de tous les produits français : métropolitains ou algériens. On ne saurait admettre que certaines dispositions cgislatives arrivent en définitive k frapper plus durement les productions de l’Algérie : ble, vin, liège, tabacs, bétail et autres produits.

L’application en Algérie des dispositions prises dans la Métropole en matière de coordination ferroviaire et routière doit permettre la sauvegarde des légitimes intérêts

régionaux. .

Dans notre circonscription en particulier, il faut que le Bône-La Galle soit maintenu

et même raccordé à la Tunisie, ,

Le monopole du pavilLon, qui constitue pour les transporteurs un avantage appréciable

ne doit pas se traduire par un désavantage pour les usagers.

Des transports maritimes rapides, fréquents et confortables, sont indispensables aussi bien pour l’écoulement de la production que pour la prospérité du commerce et l'avenir touristique de l’Afrique du Nord,

Au point dé vue social je poursuivrai toujours l’extension immédiate à 1 Algérie de toutes les lois sociales votées pour la Métropole et l’exécution d’un programme d’assistance, d’hygiène et d’instruction en faveur des travailleurs, notamment le beuehcc des retraites pour les ouvriers mineurs.

La réalisation des programmes communaux, notamment pour Bouc et les centres de a circonscription, fera l'objet de toutes mes préoccupations et les municipalités pourront toujours à ce sujet compter sur mon plus entier concours.

L’éducation physique et les encouragements aux groupements sportifs ont toujours lait partie de mon programme d’action. Je continue à les considérer comme des fondements de

l’édifice sur lequel nous devons construire 1 avenir.

Je regrette de ne pouvoir dans le cadre de celle profession de foi, examiner par le détail toutes les questions que je vous ai signalées, mais j’envisage leur solution avec

confiance, v

Républicain convaincu, respectueux de toutes les convictions philosophiques et religieuses, au courant des problèmes économiques et sociaux, mes actes seront, en toutes circonstances, guidés parle souci constant d'assurer la prédominance des exigences du. pays,

par la volonté ferma cl harmoniser les intérêts en présence sans sacrifier aucune catégorie et par !e désir ardent et sincère de justifier le témoignage de confiance et de sympathie que îe sollicite du suffrage universel, ” 1 ■*

Vive la France ï Vive la République !

Vive l'Algérie 3

Vive Rône et la 2e circonscription I

Joseph SËRDâ

Député b or tant.

Conseiller général.

Ancien combattant. — Croix de guerre.

Candidat de la gauche radicale.

3° circonscription de CQNSTANTÎNE,

M. Stanislas DEVAUD

(Groupe des Républicains indépendants et d'action sociale.) Elu pour la lrî fois le 26 avril 1936.

Électeurs,

La 3e circonscription, qui couvre un territoire immense et dont les intérêts sont aussi considéiables que divers, a besoin d'un représentant exceptionnellement actif, et cela a autant plus qu’elle est pratiquement abandonnée depuis quatre ans.

Fort du suffrage des 4.000 citoyens indépendants qui, sur moins de 9,000 votants et maigre la bneveté de ma campagne, m’ont honoré de leur confiance en 1932, je m’offre à vous pour être ce représentant.'

■ N’ayant ni à garder ni à me faire une situation dans la politique, je vous offre mon désintéressement pour défendre vos intérêts à vous — que ce soient ceux des travailleurs (ne toutes catégories;, des fonctionnaires, des anciens combattants et des pères de famille, au nombre desquels je me range, ou ceux des épargnants, des commerçants et des industriels (notamment des mineurs), tous aussi durement éprouvés par la crise.

Mais je tiens à vous dire que je mets avant tout les intérêts de l’agriculture, parce qu elle esl la base même de ce pays et que si cette base croule c’en est fini de la colonisation française en Algérie. Aussi serai-je au Parlement l’avocat vigilant et assidu des groupements agricoles et, plus généralement, professionnels de cette circonscription.

ai, du icsle, le plaisii de vous développer ce que je pense sur toutes ces questions au cours de ma tournée électorale, qui me conduira jusqu’à vos centres les plus petits et les plus éloignes, dont je n’oublierai d’ailleurs pas le chemin après mon élection.

Ici, je veux seulement \ous déclarer que je suis candidat républicain, national et social en meme temps qu'indépendant.

. je le suis an sens où le mot République désigne la «chose de tous» et

non es, mt rets de quelques-uns. Or, afin que le Gouvernement s'exerce pour le peuple, il

faut qu'il soit d'abord exercé par le peuple et non parties oligarchies, quelles quelles soient des partis ou des sectes. Mais celte libération de la souveraineté populaire ne pourra se faire que par une profonde réforme politique, qui est d'ailleurs la condition indispensable de toutes les autres.

National, je le suis plus encore, si c'est possible, car je ne mets rien en politique au-dessus de la France, que je défendrai toujours et sur tous les terrains contre les nationalismes étrangers et contre toutes les internationales, y compris celles de la finance, des farina rds et des marchands de canons.

Social, je le suis également, sans avoir besoin d'être socialiste. Car la nation n'est ni le capital, ni le travail : elle est les deux ensemble, ü s'agit donc, dans l’intérêt de l'un et de l'autre, d'harmomser ces deux pouvoirs complémentaires par l'organisation professionnelle. Mais, pour cela, il faut d'abord mettre fin à la lutte des classes et déchirer le drapeau rouge qui est l'emblème de la haine et de la division. Âu poing tendu par la menace, il faut substituer la main ouverte pour la réconciliation française.

Indépendant je suis enfin, non seulement de tous les clans locaux et de tous les politiciens départementaux, mais encore et surtout des partis ou des groupes ; ce qui ne veut pas dire que je serai un isolé, un opposant boudeur ou un protestataire systématique. Tou! comme la nation ne tient pas enfermée dans l'un des innombrables groupes parlementaires, le député qui songe à la servir ne doit pas être le prisonnier d'une travée. Toujours mobilisé pour le bien public, il doit collaborer avec tous ceux qui le défendent ou le poursuivent.

Electeurs,

Si vous voulez que votre immense circonscription ne soit plus délaissée ou sacrifiée

Si vous vouiez ne plus être bernés par ces politiciens qui se sentent pris pour vous d'un dévouement sans bornes tous les quatres ans et qui vous laissent... tomber dans l'intervalle \

Si vous voulez vraiment :

Le pain,

La liberté,

La paix,

suivant la fallacieuse promesse du Front dit populaire, qui n'est que le cartel flanqué des communistes et qui, pendant quatre ans de majorité, a conduit notre pays à la misère et jusqu’au seuil d*une nouvelle guerre — quelquefois à travers de la boue et du sang,

Vous savez ce qu'il reste à faire ! *

Car nous n'ernployons, nous, ni la pression ni l’oppression, ni la promesse ni la menace. Nous vous considérons comme des citoyens conscients et libres.

Et c'est pourquoi je professe une foi totale dans le verdict de sagesse, d’indépendance et de patriotisme que vous rendrez le 26 avril.

Stanislas DEVAUD

Médaille militaire. — Croix dü guerre.

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