LA MARTINIQUE
lre circonscription.
M. Victor .SÉV.KRE (Groupe républicain radical et radical- social» te.)
Elu pour la îm fois le 20 mai 1900. — Réélu les 24 avril f9JG, U mai 1924
et 3 mai 1936.
Citoyens,
Un groupe important d'amis — maires, conseillers généraux, militants — est venu le jeudi 5 mars me demander d'accepter la candidature aux élections législatives prochaines dans votre circonscription.
J’ai remercié vivement la délégation pour ce haut témoignage d'estime; mais j’ai décliné l'offre : parvenu à un âge avancé, ayant payé déjà un lourd tribut à la chose publique, je croyais pouvoir réserver à une activité plus sereine les derniers jours d’une vie qui s'achève,
La délégation m'a exposé la gravité de la crise dans laquelle est entré le pays et m'a dit que celui-ci se tournait, en rbccurence, presque unaniment vers moi.
Certes, je sais combien est angoissante la situation actuelle i déficit budgétaire, qui remeL en question les œuvres vives de notre démocratie; mévente ou avalissemcnt de nos principales denrées, subitement aggravés par le contingentement des sucres, qui menace de détruire la classe moyenne des petits planteurs et des distillateurs agricoles ; chômage forcé qui voue à la misère les travailleurs des champs.
Quelles ne peuvent être les suites d’un tel état de choses? Questions redoutables que je m'étais déjà posé à moi-même.
Mais, d'autre part, quel espoir de les pouvoir résoudre heureusement dans une démocratie divisée, dépensant chaque jour le meilleur de ses forces dans des luttes partisanes, se dévorant en quelque sorte elle^mêine? Je ne pouvais, en vérité, assumer la responsabilité d une direction que les circonstances condamnaient à l’impuissance.
Depuis lors, il s’est produit un changement.
Dimanche, j’ai reçu la visite du citoyen-maire du Lamantin, nouvellement élu, qui, avec î adhésion de ses amis du canton, venait faire appel à mon dévouement civique.
Hier, c'était une imposante représentation des petits planteurs, conduits par leur président, le citoyen-maire de Rivière-Salée, qui venait m’adjurer de revenir sur ma première résolution et de prendre en mains la cause de la classe moyenne, solidaire du prolé* tarial des champs.
D’autres délégations me sont annoncées.
Dans ces conditions, le contact rétabli entre les démocrates, il devient possible de faire, oeuvra efficace,
B faut -que soit reconnue et proclamée notre intégration complète et définitive à la Nation française.
Il faut que l'économie générale du pays soit sauvée; que la classe moyenne, facteur essentiel dé l’équilibre social soit sauvée, que le pain des travailleurs soit sauvé.
Il faut que notre démocratie, fille de la démocratie, de France, puisse üfirenheol évaluer dans le sens de libération de toutes les démocraties.
J accepte donc la candidature; et, si je, suis élu, je mettrai au service du pa^s tout ce qui me reste de force pour réaliser ces fins.
Mais ma position doit être nettement précisée pour, tous.
Je ne suis pas un politicien qu'anime une ambition personnelle;; je ne. demain qu’une; chose, qui est dé pouvoir reprendre le chemin de la retraite dès que la tâche seEMceomplie.
Je ne suis lié à personne par un pacte, une combinaison, une obligati^ q^lco^ue"
Je - suis un homme de bonne volonté qui se met à la disposition du pays* parce qu’on est venu lui dire que le. pays a besoin de lui.
Que Je p^tys. décide!
Vive la France I Vive la, HépubliqueJ Vi ve là Martinique 1