V. SEVERE
2e circonscription,
M. Joseph LAG ROSI LLÏ ÈRE
(Groupe de rtJuion socialiste el républicaine.)
Elu pour îa lre fois le 24 avril 1.9 10. -- Réélu les 26 avril J 914, 14 décembre 1919,
1er mai 1932 et 3 mai 1936,
3 ua- Electeurs de V arrondissement de l'Est.
A mes Compatriotes en génèrnL
Citoyens,
Je remercie avec émotion les 6.116 d'entre vous qui, dimanche dernier, m’ont honoré de leurs suffrages.
Jamais victoire républicaine, dans notre démocratie, ne fut numériquement plus impressionnante et moralement plus exemplaire.
Je bats à près de 4.000 voix de majorité, avec un chiffre de voix à peu , près égal à celui que j’avais obtenu en mai 1932, mon jeune et impatient concurrent, qui décidément
ne peut jouer que les inutilités, et qui ne s'en tire, cette fois, qu’avec 2.239 suffrages, alors qn’en 1932, il avait pu en réunir 2,900 environ.
11 ne m'a manqué que 167 vois pour être proclamé élu, dès le premier tour de scrutin I
Notre victoire morale à plus de valeur encore que notre triomphe numérique»
L'on vous avait dit que ec j'étais vendu à t'usine », et qu'à l'aide de l’argent de l'usine j’allais essayer — essayer, pour ne point réussir — à compenser, par la corruption, une impopularité désormais indiscutable.
Vous savez tous que mon mot d'ordre a été d’une inflexibilité de fer : « pas un sou, pas une faiblesse ».
Vous savez surtout que c’est -par un sacrifice matériel personnel, qui vient s'ajouter à celui si considérable que j ai dû faire à l'élection sénatoriale dernière et qui pèse maintenant encore si lourdement sur mon budget, que j'ai pu acquitter les dépenses strictement matérielles et strictement indispensables de la première parLïc de là campagne actuelle, et que pour la seconde partie de celle-ci, je devrai recourir aux cotisations de mes amis.
On avait proclamé, sur tous les tons, que pour avoir refusé de ratifier, en ma qualité de chef d edilité de ma commune natale, une iniquité sans nom, commise à l'égard d'un fonctionnaire municipal comptant plus de quarante-deux ans de service ; et que pour avoir refusé d'assumerf au même litre, une politique financière éhontée d'irrégularités, d abus et gaspillage de deniers publics, dans le but de favoriser des intérêts privés subalternes et inavouables, j'avais perdu meme le droit et la possibilité de parier devant les électeurs de Sainte-Marie.
Mes chers et admirables amis de ma petite cité ont tenu à répondre eux-mêmes à cette absurde manœuvre, par une manifestation d'enthousiasme et de fidélité, sans précédent dans nos annales locales, que la trahison de la dernière heure de quatre conseillers muni^ cipaux— à laquelle mon concurrent doit son chiffre inespéré de voix — n'a pu parvenir à altérer dans son caractère et dans sa portée.
Et c'est pour compléter la démonstration qu'ils ont voulu faire, de façon si touchante et si spontanée, à la face du pays tout entier, et permettre à ce dernier d'être fixé définitivement et complètement à la fois sur la situation de Sainte-Marie et sur la mentalité d'hommes à tout faire qui, par leur manque de scrupule Vt leur abjection, conduiront notre démocratie à la ruine, si nous n’y prenions garde, que j'ai résolu, d’accord avec mon bureau électoral, de faire sceller l'urne de Sainte-Marie, et de demander à la commission de recensement général des votes, de procéder à son dépouillement, au chef-lieu de la colonie.
J'ai résisté à toutes les manoeuvres de chantage, à toutes les propositions insidieuses.
J'ai rejeté comme autant d’oflenses les appels hypocrites ou francs qui étaient faits à l'égoïsme ou à la lâcheté que d’aucuns m'attribuent jusqu'à présent malgré les nombreuses désillusions que je leur ai données à cet égard, durant un demi-siècle de vie politique.
Enfin, fou vous avait affirmé de toutes manières, que pour avoir, suivant ma loyauté habituelle, appliqué sans broncher la résolution de trêve votée par notre congrès du 29 mars, j'aurais dans la commune du Robert, des difficultés insurmontables qui me coûteraient mon mandat.
Rien n'y a fait. Le résultat prouve que la discipline socialiste a été respectée et que là, comme ailleurs, mes amis ont fait leur devoir*
Bref, j'ai tenu bon, j’ai eu le légitime orgueil d'élever ma force d’âme à la hauteur de la puissance de mon parti.
Je n'ai plus qu'à parfaire mon attitude.
J’annonce à tous les hommes réfléchis de ce pays, à toutes les consciences droites, et à tous ceux qui, à quelque catégorie sociale qu’ils appartiennent, savent confondre dans l’intérêt général leurs intérêts personnels et particuliers, que ce que l’on appelle la « trêve» aujourd'hui sera demain « l'entente républicaine », dans le front populaire métropolitain*
Je collaborerai avec M. Victor Sévère, comme il l'a lui-même proposé, sans arrièrepensée, sans réticence et sans petitesse* pour la recherche de toutes les solutions des grands problèmes économiques d'oû peu sortir la vie ou la mort de notre pays.
En meme lemps^ je continuerai à donner à la classe ouvrière nationale et à la République, contre tous leurs ennemis, ce qui me reste de force et de foi*
Tous donc? aux urnes dimanche prochain, d mai, avec plus d’enthousiasme encore et plus d'entrain qu’au premier tour de scrutin *
*Je demande particulièrement à mes amis socialistes de faire partout leur devoir.
Vive la Martinique délivrée de ses angoisses 1 Vive la République des travailleurs 1
Joseph LAGROSÏLLIÈRE Député sortant de EEst.