‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 183 sur 186 · GUADELOUPE · texte numérisé non relu

GUADELOUPE

l1® circonscription.

M. Gratien CANDÀCE (Groupe de la gauche démocratique et radicale indépendante.)

Elu pour la ïrc fois le 4 février 1912. — Réélu les 26 avril 1914, 30 novembre 1919, U mai 3924, 29 avril 1928, mai 1932 et 26 avril 1936,

Mes chers Concitoyens,

Je vous représente au Parlement depuis plus de vingt-quatre ans* Républicain et patriote, j'ai conscience d'avoir fait en toute occasion mon devoir envers la France et la République. Fils du peuple, j’ai servi la démocratie dé mon mieux.

Homme d'union, j'ai toujours aidé, en France comme dans mon cher petit pays, à l'union des cœurs et des esprits.

J ‘ai horreur de la démagogie, comme j*ai horreur de la violence. Je flétris la trahison sous toutes ses formes. Un bon Français ne trahît jamais.

Mon passé répond de mon avenir. J’ai toujours défendu les intérêts de la collectivité guadeloupéenne avec le plus entier dévouement et avec un absolu désintéressement personnel. J’ai la fierté d'être le premier fils de la Guadeloupe qui ait eu l’honneur d'être appelé dans le Conseil du Gouvernement comme j'ai la fierté d'avoir pris l'initiative de cette célébration du tricentenaire du rattachement des Antilles et de la Guyane à la France, qui a été magnifiquement organisée sous la présidence de notre sénateur, M. l'Ambassadeur Henry Bérjenger. Une délégation nationale imposante, comprenant des personnalités représentatives de l'élite française est venue apporter le salut de la Patrie aux enfants de la Guadeloupe.

Vous avez encore tous dans Pesprit les accents du splendide message qne le président de la délégation, mon éminent ami, M. Albert Sarrau t, a adressé à notre pays, au cours du banquet du 20 décembre 1935, à Pointe-à-Pitre,

Les fêles du tricentenaire ont laissé une trace heureuse dans nos Antilles, à la Guyane et dans toutes les Républiques de la Méditerranée américaine. Elles ont mis en relief ce qu’est depuis trois siècles le génie colonisateur, le génie civilisateur de la France; elles ont permis à de nombreux métropolitains d'admirer nos sites enchanteurs et aussi de voir le berceau de la colonisation où la France a donné une même âme à un amalgame de races, spiritualisées sous son souffle tutélaire.

Je n'ai rien à changera ma politique qui est, avant tout, au service de la France et de la République.

Au point de vue métropolitain

Je reste attaché à T union de tous les citoyens rigoureusement respectueux des lois fondamentales de la République. Je ne veux ni réaction, ni révolution, mais je suis pour le progrès démocratique le plus hardi dans Tordre et dans la. légalité*. Je m'élève avec une égale vigueur contre le sectarisme de droite ou de gauche. J’aime les libres controverses. Je discute les idées, mais je ne les piétine, ni me les repousse a, priori*

Jsai toujours voté des lois sociales saines et raisonnables, dont l'application est compatible avec les possibilités de l’équilibre budgétaire. La France républicaine n’a le droit de méconnaître aucun de ceux qui l’ont défendue, qui sont à son service ou qui contribuent à sa prospérité, pas plus les anciens combattants de la grande guerre, qui ont des droits sur toute la nation, .que les fonctionnaires qui constituent la meilleure armature du régime, à condition qu'ils ne tombent pas dans les excès du communisme ou de la réaction. Nous devons nous employer à alléger les charges de ceux qui travaillent et soulager les soulFrances de ceux qui ne peuvent plus travailler.

L’entente entre îe capital et le travail est indispensable si Toli veut que |e capital travaille et que le travail possède, II faut que, de part et d’autre, l’esprit dejustice règne. Il faut que, clans ^agriculture, comme dans l'industrie et le commerce, les .efforts de chacun soient équitablement rémunérés*

Fermement attaché à la paix dans la sécurité, nous voulons pour notre pays, comme pour toutes les autres nations, la paix dans la sécurité collective. Je suis acquis à tout effort fait pour la défense nationale.

Nous ne sommes pas pour une nouvelle répartition des colonies, mais nous estimons que les grandes nations pourraient s’entendre pour une meilleure distribution des matières premières, ce qui supprimerait dans une large mesure les causes de friction, de malentendus et de guerres.

Au point de vue colonial :

Nous poursuivons la mise en valeur de nos possessions d’outre* mer en nous conformant aux résolutions de la Conférence impériale, à laquelle nous avons pris personnellement une part active.

Nous tenons à ce que les colonies représentées désormais au Conseil national économique constituent un des principaux éléments de l'économie générale de la France,

Le crédit national est amorcé, il nous faut à bref délai un élargissement du crédit agricole aux colonies en pleine solidarité avec le crédit agricole métropolitain.

Nous lutterons jusqu’à complète réalisation pour le crédit maritime dont nous avions demandé Tex tension aux anciennes colonies, pour la constitution du fonds national destiné aux grands travaux d'utilité publique aux colonies. Nous voulons la transformation du régime des sociétés coloniales, tel que je Taï préconisé dans une proposition de loi, qui a reçu la consécration de la Conférence impériale, réunie à Paris de décembre 1934 à avril J 935.

Nous sommes partisans d'une politique de défense des produits coloniaux qui nous permettra de mieux adapter notre régime de production aux besoins de notre consommation et de développer les échanges entre la France métropolitaine et la France d’outre mer.

Au point de vue guadeloupéen :

Nous continuerons de défendre nos produits qui sont dépréciés par suite de la crise économique et aussi parce que la politique coloniale à la petite semaine est le fait d’une bureaucratie sans grandeur et sans horizon. Nous n'accepterons jamais le dernier accord franco-espagnol qui entraînerait dans un avenir prochain l’anéantissement de notre production bananière. Les Ministres des Colonies et du Commerce avaient pris rengagement »

formel de ne pas céder à T Espagne, qui bénéficie déjà pour ses agrumes de faveurs exceptionnelles, un contingent de fruits aussi élevé que celui indiqué par les bureaux, pendant que nous étions aux Antilles, en décembre dernier. Ceux-ci ont eu raison de l’irrésolu Lion ou de la documention personnelle insuffisante des Ministres responsables.

Les sucres et Les rhums sont en batte à de grandes difficultés. Us seront défendus demain par nous, comme ils Font été hier.

Nos industriels auraient intérêt à s’ouvrir des marchés extérieurs et à faire une propagande plus active pour une grande absorption par le marché intérieur.

L’heure est venue de s’orienter vers la création et le développement des cultures nouvelles,

La monoculture entraîne le marasme et la mort.

Nous ne saurions négliger l’outillage économique de ïa colonie, l’équipement portuaire de la Guadeloupe proprement dite, notamment du port de Basse-Terre et celui de i’Ânse-àla- Barque.

J’apporterai tout mon concours à la mise en œuvre de ce programme qui relève surtout de l’initiative du conseil général. Une liaison régulière devrait être réalisée entre la Guadeloupe et ses dépendances par avions et par un service de bateaux.

L’hygiène sociale et l’assistance sous toutes les formes doivent recevoir une large d illusion dans notre pays. L -enseignement professionnel, L’enseignement technique, le préapprenLissage doivent être l’objet de la sollicitude de vos représentants, à tous les degrés.

Nous ne saurions trop tarder pour le déclanchement du mouvement touristique dans notre beau pays. 11 faut construire des hôtels, construire ou refaire des routes, avoir des bateaux confortables filant 22 nœuds; qui relient la France à la Guadeloupe en une semaine au maximum.

Tout cela doit être réalisé par une politique de probité et de travail qui ne cède rien aux combinaisons louches, profitables ou trafic. d’influences.

Nous réussirons à tout obtenir si nous sommes avant tout loyaux, honnêtes, unis et solidaires ei si nous mettons, comme nous l’avons fait au cours des fêtes du tricentenaire, les intérêts de la Fronce, de la République et de la Guadeloupe au-dessus de toutes les querelles et de tous les intérêts personnels.

En avant donc, par l’union et par le travail honnête 1 Pour la France, la République et la Guadeloupe 1 *

Ghatien CÀNDÀCE

Député sortant.

Ancien Sous-Secrétaire d’Etat au Ministère des Colonies.

Membre de la Commission des finances.

Membre de la Commission de la marine marchande.

Vice-président de la Commission de P Algérie, des protectorats, des colonies et des paj^s sous mandat.

2e circonscription-

M. Maurice SATINE A U

Elu pour la 1re fois le 3 mai 1936

Le c&ndidat na pas publié de profession de foi

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