‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 185 sur 186 · INDE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

INDE FRANÇAISE

M. Pierre DU PU Y

(Groupe de rAlliance des Républicaine de gauche et des Radicaux indépendants.)

Elu pour la lrûfois ie 27-awiI 1902. — Réélu les 6 mai 1906, 24 avril 1910, 26 avril 19l4t 16 novembre 1949, 11 mai 1924, 1er mai 1932 et 26 avril 1936,

Mes chers amis,

Mon élection, en mai 1932, par 36*397 voix sur 39.259 suffrages exprimés, a été un splendide succès pour le parti franco-hindou qui a ainsi manifesté son ampleur et la remarquable solidarité de ses dirigeants et de ses membres.

Depuis 1932, malgré les difficultés et les compétitions qui se produisent inévitablement dans la mise en œuvre consécutive aux grandes victoires, le parti franco-hindou a conservé son unité et son importance qui se sont manifestées avec une force irrésistible aux récentes élections sénatoriales par lesquelles le docteur Eugène Le Moignic a été maintenu à une imposante majorité dans l’exercice d'un mandat qu'il avait précédemment si bien rempli,

Dans les quatre années qui viennent de s'écouler, j'ai apporté à voire Sénateur, pour la défense des intérêts de 1 Inde française, le concours qu'il avait escompté en présentant et en recommandant de la façon la plus pressante nia candidature à vos suffrages de 1932, concours dont vous avez si bien compris l'intérêt et l'efficacité.

F armi les résultats appréciables de notre collaboration confiante et amicale, on peut citer :

a) Le décret du 6 avril 1934 augmentant de 20 à 50 le nombre des électeurs nécessaires a la constitution d une première liste dans nos établissements.

La portée de celte mesure administrative a été : 1° de supprimer pratiquement la première liste à Chandernagor, \ anaon et Mahé, comme le réclamaient les citoyens de ces territoires qui, dans le régime précédent, avaient critiqué ce qu'ils considéraient comme une injustice électorale ; 2° d assurer une équitable représentation des minorités à Pondichéry et Karikal ;

/>) Le décret du 6 juillet 1934 relatif à la duree du mandat des conseillers municipaux, maintenu h six ans, mais avec suppression du renouvellement par moitié tous les trois ans ;

c } Le décret du 6 juillet 1934 portanf réorganisation des Chambres de commerce et d agriculture, avec une représentation plus équitable des intérêts commerciaux et agricoles $

d) Le decret du 8 octobre 1935 confiant les fonctions d'officier du ministère public et

de magistrat instructeur à des jugea suppléants, c'est-à-dire à des magistrats en titre ; ces fonctions ayant été antérieurement confiées, depuis la suppression de certains tribunaux de lTe instance, à des sou s- officiers de gendarmerie,

J'aurais vivement souhaité rendre personnellement visite aux électeurs de l’Inde française au cours de ces derniers mois ou pendant la période électorale ; mais les responsabilités qui pèsent sur moi, comme l'un des principaux conseillers de Lqpinion publique métropolitaine dans les angoissants problèmes de l'heure présente, me font un devoir inéluctable de surveiller, au jour le jour, et d’orienter suivant le cours des événement e la rédaction de politique intérieure et surtout étrangère des journaux dont j'ai ïa direction générale ou le contrôle et plus particulièrement du Petit Parisien,

L'Europe traverse en ce moment une crise redoutable d'où pourraiL sortir, à brève échéance, une épouvantable conflagration guerrière, plus grave encore que celle de 1914, si les pays comme la France, où l’opinion publique est encore mai tresse, ne soutenaient ou n'orientaient meme leurs gouvernements vers des solutions qui ne peuvent être indéfiniment ajournées, qui sont extrêmement délicates et nécessitent un esprit de mesure et d’équité internationales accompagné de beaucoup de clairvoyance et d'énergie.

Une paix bien garantie est la condition indispensable au retour de la prospérité générale dans le monde et plus particulièrement en France et dans ses colonies.

Il serait chimérique, en effet, d'espérer donner à nos échanges commerciaux un essor important sous l'empire d’une menace de guerre perpétuelle ; l'intérêt économique de l’Inde française, malgré son éloignement de la métropole, est lié à la prospérité générale et, par conséquent, à sa sécurité,

P y travaille en ce moment de tous mes moyens qui, dans notre régime d'opinion publique prépondérante, ne sont pas des moyens négligeables. J’espère ainsi contribuer en même temps utilement à la bonne défense des intérêts de l'Inde française.

Mon élection de 1932 a été, depuis fort longtemps, la première élection législative qui n’a donné beu à aucun incident de violence ou de pression regrettable.

Je suis convaincu que l'élection de 1936 aura le même caractère et que, si des violences quelconques ou des tentatives de pression ou de corruption venaient à se produire, elles ne pourraient être que lœuvre d’adversaires certains de la défaite, espérant pouvoir contester les résultats de notre victoire en attaquant éventuellement une élection par la production de griefs créés de toutes pièces par leurs propres instiatiatives.

De pareilles initiatives (qui ont misérablement échoué sous la forme d'une demande d'invalidation repoussée P l'unanimité par îc Sénat et sa Commission compétente, en ce qui concerne mon ami le Sénateur Le Moignic) ne se reproduiront sans doute pas en raison de leur échec certain, et nos peu nombreux adversaires estimeront sans doute, comme en 1932, que leur intérêt consiste plutôt en une altitude correcte, correspondant à l’équité, que nous entendons toujours observer vis-à-vis d'eux, contrairement à d'anciennes mœurs électorales qu’ils ont. eux mêmes pratiquées avant le succès et la prise de pouvoir du parti francohindou.

Nous né voulons molester personne, mais nous ne voulons pas non plus nous laisser molester par qui que ce soit, ni permettre qu'on emploie contre nous des moyens que nous nous sommes interdits à nous-mêmes, et à l’égard desquels je n'éprouve qu'une répulsion instinctive et une désapprobation raisonnée parce qu’ils sont à la fois contraires à mon tempérament et aux caractères essentiels du régime représentatif.

J ai ia conviction, mes chers amis, que l'élection prochaine de l’Inde française, à l'appel

<les dirigeants du parti franco-hindou, sera un modèle de parfaite entente sur mon nom par une majorité aussi imposante qu’en 1932^ et un modèle de correction dans les procédés électoraux.

Dans Patiente de cet événement heureux, je vous envoie la nouvelle assurance de mon amitié et de mon entier dévouement à l'accomplissement du mandat que je sollicite à nouveau de votre confiance.

Vive rinde française !

Vive la France I

Vive la République !

Pierre DUPUY Député Je rinde française.

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