M. PROVOST DE LA FARD INI ÈRE
(Groupe des Républicains indépendants et d'action sociale )
Elu pour la lr0 fois le 26 avril 1 936,
Messieurs et chers Electeurs,
L est en toute simplicité et en tonie cordialité que je viens vous exprimer ici les* grandes lignes du programme que j'ai eu l'honneur de développer devant vous en de nombreuses conférences durant la campagne électorale.
Je n ai pas la prétention de n’avoir rien omis, ni d'avoir été au fond des idées que j'ai
été chargé de défendre devant vous par les délégués d’Union nationale républicaine et la plupart de vos élus cantonaux de rârrôndîssetnenJ. Du moins, j’èspère que vous voudrez bien apprécier la franchise et la netteté de ces déclarations.
Elles constituent un programme constructif précis, destiné à vous apporter un minimum de. progrès social, un espoir de prospérité et.deipaixv Mesi-antisi et moi, nous souhaitons ardemment quo vous le fassiez triompher au sera lin du 26 avril.
En votant pour nous r vous vol erez contrer Je: Front populaire avoué ou camouflé; contre la révolution larvée ou brutale*.
Le problème, de la paix :
La France, qui ne demande rien à personne, exige une politique: de paix totale. Cette paix ne. s’établira pas par des discours* mais par un règlement amiable de tous les litiges avec nos voisins immédiats et les plus menaçants. Les Français s’élèvent contre tous? des engagements internationaux qui peuvent les entraîner dans des aventures lointaines, dms des conflits qui nous sont totalement etrangers : les sanctions vis-à-vis de l'Italie elle pacte franco russe sont de ceux-là^ La France ne veut servir ni de. champ clos aux rancunes, ni de mercenaire aux appétits qui traînent dans 3e mondes Pas une goutte de sang français pour les intérêts de l’étranger. Mais pour sa* sécurité, une armée vigilante el forte:
Pour la liberté :
Nous voulons la liberté égale pour tous, liberté de conscience et respect dès croyances d’autrui , liberté d'élever nos enfants selon nos convictions et respect absolu de te neutralité scolaire.
Liberté matérielle : chaque travailleur honnête doit pouvoir utiliser à sa guise le fruit de son labeur et organiser son existence selon ses préférences, dès l'instant qu’il ne nuit ni à son prochain ni à la collectivité. L’Etat inquisitorial et tracassiez n’a pas à se mêler à chaque instant de ce qui m passe dans la maison du citoyen.
Charbonnier est maître chez soi* En particulier, je suis pour le maintien intangible de la liberté des bouilleurs de cru et pour la modification du système du forfait en vue d’une répartition plus équitable*
Pour des finances saines :
Le fait brutal, qui prouve le désordre de nos finances, c’est l’existence d’une dette d’Etat voisine de 400 milliards, à côté d’une caisse vide. Une vigoureuse politique d’économies s'impose- II faudra enrayer au plus tôt le gaspillage, le pullulement des offices et monopoles qui écrasent le budget de l'Etal - — donc le contribuable — et remettre leur gestion à l’initiative privée- C’est l’initiative privée seule qui doit être chargée des fonctions économiques dans un Etat sain : cela rapporte à l’Etat au lieu de lui coûter.
La répression impitoyable de tous les abus, la répartition plus équitable des charges sont le seul moyen de défendre le franc et d’éviter la ruine aux petits épargnants qu’on devra, en outre, protéger contre les exploits scandaleux de la finance internationale.
U est cependant une économie contre laquelle je m’élève avec énergie : c’est celle faite au détriment de mes camarades anciens combattants : pas d’économies sur la reconnaissance. Par ailleurs, il est sou h ai fable de voir, dans la mesure du possible, corriger l’injustice de certains décrets-lois.
Pour la défense des travailleurs :
Nous voulons que chacun ait la possibilité de gagner sa vie. Pour, cela, il faut. mener une action rapide afin de faire diminuer le chômage et faire renaître la prospérité* La concurrence étrangère ayant normalement accaparé ses propres débouchés,, on doit se retourner
vers notre marché intérieur sur lequel on possède do directs moyens d'action. Car le pro- Même se résout à ceci : donnendu travail ou du pain.
La France et ses colonies forment un vaste ensemble de 100 millions d'hommes qui possède ressources et matières premières indispensables à la vie d'un grand peuple. Il faut les exploiter au mieux et équilibrer la production et ia consommation dans le cadre de la plus grande France.
Pour ia défense de l'agriculture :
Il est une vérité première que je défends depuis dix ans dans le pays par la plume et la parole î la France est une grande nation agricole ; plus de la moitié de nos concitoyens vivent de l'agriculture. Quand l'agriculture, chez nous, marche, tout marche. Il est donc nécessaire de la sauver de Fêtât déplorable auquel Fa acculée l'impéritie de nos dirigeants.
IF agriculteur français, depuis trop longtemps pressuré, exploité par F Etat, doit, au contraire, être encouragé. Il est intolérable que la branche principale de notre activité économique soit réduite à la^misère ou à l'endettement parce que des peuples étrangers, par la surproduction du blé et du bétail, ont amené FelToiidrement des cours. Il Faut revaloriser les produits agricoles, améliorer les conditions d'existence de Foiivrier agricole, poursuivre Fèlectrification des campagnes sans excepter les «écarts». Une protection rigoureuse s’impose pour l'agriculture qui, relevée de ses ruines, fournira le vaste marché intérieur nécessaire au redressement de l'industrie et du commerce français.
Pour la défense des petites villes, de l'industrie, de l’artisanat et du commerce :
Il faut entrer hardiment en lutte contre Fêtatisme et la concentration privée, double forme d’un même mal, et favoriser par tous les moyens la dispersion, l’accession à la petite propriété et le développement de Fartisanat,
Par une série de mesures appropriées, il faut tendre à la décentralisation, à la déconcentration, à la ruralisation industrielle, pour sauver nos petites villes et leur redonner l’activité qu'elles ont perdue. La preuve a été faite qu’on produira ainsi à meilleur compte et des cités comme Falaise pourraient voir la renaissance de leurs industries locales et de leurs manifestations commerciales.
Je mettrai tout en œuvre à la fois pour favoriser le commerce local contre la concurrence des trusts et monoprix de tous genres, et pour stimuler par une propagande touristique intensive qui trouvera clans la beauté de notre pays une source incomparable d'inspiration. Je m'efforcerai de simplifier et moderniser les moyens d'accès {« micheline Mézidon —Falaise, terrain d'aviation) à notre ville, sans quoi tout effort resterait vain.
Pour une organisation du travail :
Mais on n'aurait rien fait en protégeant F agriculture, l'industrie et le commerce, en protégeant la main-d’œuvre nationale contre les travailleurs étrangers* en recréant un marché intérieur et une capacité d’achat, si on ne facilitait pas aux diverses professions le moyeu de s'organiser librement pour lutter contre Fétatisme^et ses solutions socialisantes, fascistes ou communistes. 11 faut que, dans le cadre du métier, les producteurs (ouvriers, fermiers et propriétaires à la terre, ou ouvriers, ingénieurs et directeurs à I usiné), s'entendent entre eux pour F organisa lion du travail et une réglementation de leur profession conforme aux intérêts des travailleurs. Sinon, l’Etat continuera à intervenir et à bâcler des lois méconnaissant les cas particuliers, inapplicables et élaborées par des bureaux incompétents.
Ainsi pourraient être résolus d'un commun accord tous les problèmes sociaux sur le salaire minimum, les conditions d'hygiène, la durée du travail, la retraite, les caisses mutuelles, etc.
Pour une organisation de la production :
De même, si les producteurs ne s’entendent pas entre eux pour se donner; après entente mutuelle et en toute liberté, des règles organisant leur production ? c est encore l'Etat qui interviendra. S’occupant de l'écoulement d’une part de La production, il en arrivera à se mêler de ce qui se passe chez le producteur.
Comme le montre l’exemple de larrachage des vignes auquel l’Etat a conduit les vignerons après son intervention dans la vente de leur vin, il faut nous défier de cet engrenage étatiste qui nous conduirait à l'arrachage des pommiers lorsque le Gouvernement se mêlerait de la vente de nos pommes*
Progrès social :
Il est intolérable de constater au xx* siècle que des souffrances humaines ne peuvent être secourues ou soulagées. Nul n*a le droit de se verrouiller dans un égoïsme satisfait et Pon doit aide et secours aux familles nombreuses, aux chômeurs, aux blessés, aux malades, aux enfants et aux vieillards. Je voudrais contribuer à faire mieux et plus que les assurances sociales, par des méthodes plus efficaces et moins onéreuses.
Il faut résoudre le problème social dans le cadre de la profession organisée et de la mutualité. On aurait dû étendre à la mutualité, non seulement tous les cas prévus par les assurances sociales, mais encore tous les risques pouvant grever de malheur une vie humaine. C’est là la grande tradition de la République, Elle a été déformée au profit de la solution étatiste des assurances sociales qui n’ont pas donné satisfaction à tout le monde et qui ont trop souvent drainé, pour de bien étranges usages, l’argent des ouvriers et des patrons dans une caisse centrale incontrôlable.
Des avantages spéciaux, des retraites avancées et suffisantes, doivent être alloués aux travailleurs des professions dangereuses et insalubres, tels que les mineurs.
Toute une jeunesse impatiente de vivre doit pouvoir être préparée à une bonne santé physique et morale et trouver un délassement au travail quotidien dans l’encouragement aux sports. C’est une forme certaine du mieux-être et du progrès social. Nous y tenons et y veillerons. Mais il est non moins nécessaire de lui permettre de gagner son pain en supprimant les cumuls d’emploi qui prennent des places à libérer.
Pour la réorganisation de l’Etat :
Tout ceci suppose comme condition préalable que l’Etat républicain soit profondément réformé. Ennemi de toute solution comportant la dictature, telle qjie le communisme, le fascisme ou le socialisme qui sonlj malgré les équivoques soigneusement entretenues, identiques dans leurs moyens et leurs méthodes, nous souhaitons uti renforcement de l’autorité, de la compétence, vertus cardinales qui ont disparu du pouvoir.
Il faut une stricte séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, seul gage de justice et de liber Lé pour les citoyens. Il faut moderniser tous les rouages encrassés d’un Etat incapable du moindre effort et dans lequel, petit à petit, le Parlement a usurpé toutes les fonctions.
Pour ne citer que quelques réformes, les plus urgentes, je voudrais poursuivre la suppression de l’initiative parlementaire en matière de dépenses, l’application de méthodes de travail permettant aux députés d’être présents aux séances et de voter personnellement.
Redressement moral :\
Enfin, il est nécessaire de restaurer de toute urgence les grandes valeurs morales sans lesquelles rien de matériel ne peut être durablement construit. Non seulement dans la politique, mais dans la vie courante, on doit procéder à une épuration d’habitudes et de mœurs qui ont ravalé au plus bas le niveau social.
Sans tomber dans un puritanisme outrancier qui ne convient pas à notre pays de mesure et de libre propos, nous demandons que chacun veille à élever son esprit vers un idéal T vers les grands problèmes et les grandes pensées.
Union nécessaire ;
Repoussant les luttes fratricides et la division artificielle du pays on deux blocs hostiles dressés l’un contre l'autre, je fais appel à tous les républicains ennemis du sectarisme , je fais appel à leur clairvoyance et à leur patriotisme pour faire triompher T union contre la révolution, l’ordre contre le désordre, la paix contre la guerre, la France contre Panti» France,
Vive la France !
Vive la République I
Vive l’arrondissement de Falaise I
Henry PROVOST Candidat d'Üuion nationale républicaine*
Circonscription de LISIEUX
M. Joseph LÂXIEL
(Groupe de Y Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants.)
Elu pour la lTe fois le 8 mai 1032. — Réélu le 26 avril 1936,
Mes chers concitoyens,
C’est à l’improviste que le lttr mai 1932 la politique est venue accaparer ma vie. Âu soir du premier scrutin, de nombreux amis, soucieux de conserver comme représentant un enfant du pays, attaché à vos traditions et à vos intérêts, me firent 1 honneur de m offrir la candidature au*siège de député de l’arrondissement de Lisieux,
Àu cours de quelques heures de réflexion et de méditation, j envisageai par avance les responsabilités et les charges qui allaient peser sur moi.
J’étais loin d’imaginer pourtant les circonstances au milieu desquelles j’aurais à remplir mon mandat.
Au cours de ces quatre années, que d’heures tragiques avons-nous vécues î Que de dangers avons-nous côtoyés ! L’indignation causée par les scandales, le mécontentement engendré par les difficultés de l’heure, passionnèrent la lutte des partis jusqu à nous conduire bien près de la guerre civile.
La guerre économique nous a imposé une crise d’une intensité inouïe, source de souffrances et de misère.
Le spectre de la guerre extérieure est venu une fois de plus rôder autour de nos foyers*
Par ces graves circonstances, le fonctionnement de notre régime s est trouvé cons-
tamment bouleversé, l'accomplissement du mandat législatif, tour à tour suspendu jûji paralysé, singulièrement compliqué.
Fidèle aux engagements pris vis-à-vis de vous, je crois pourtant avoir fait tout ce qui dépendait de moi pour servir la patrie et la paix, et pour défendre les intérêts moraux et matériels dont vous m'aviez confié la garde.
J 'a i bravai I lé .J'ai é t jüid ié et approfon d i les questions é conom i qu es > agr i co 1 es ■ e t /a o mmerciales, celles surtout .qui touchent de plus près à nos grands inCérêts régionfaux* Avec laide des organisations professionnelles, j'ai suivi tout spécialement les marchés du lait, des fruits cidre, de la viande -et J évolution, hélas! désastreuse du tourisme et du commerce, car ce sont là les sources principales d'activité de notre Pays d’Âuge.
À la Chambre et à la Commission des douanes, c’est sur ces questions que j ai fait porter surtout mon activité personnelle.
Sur le plan de la politique intérieure et au sein de notre arrondissement, j'ai en tout ce qui dépendait de moi, travaillé à funion et au maintien de l’ordre dans le calme.
J étais sûr de répondre ainsi aux vœux de mes camarades anciens combattants qui ont consenti jadis de. très lourds sacrifices pour que la France restât indépendante et unie.
Profondément reconnaissant envers mes amis de la première heure, de leur confiance et de leur fidélité, reconnaissant aussi envers ceux qui, plus tardivement, ont bien voulu
venir à moi, donnant ainsi la preuve de leur bonne foi et de leur volonté d'union, je n’ai
pas voulu que se prolongent les luttes ardentes qui avaient bouleversé notre pays lors des dernières élections.
«T ai repoussé les disputes partisanes, évité les querelles de personnes, parce que je crois qu'il n'y a pas de sécurité pour notre pays sans l'union des Français, pas do remise 3eg
affaires possible sous la menace de troubles intérieurs I
J’ai voulu être en un mot, comme je vous le promettais naguère ; le député de tous.
Mais regardons maintenant l'avenir ! Dans tous les domaines que je viens d'évoquer, tout reste, hélas, à faire ! *
Ai-je besoin de vous dire, unes chers concitoyens, que si vous me faites une fois de plus 1 honneur de m'accorder votre confiance, je continuerai mon action avec le même cœur, la même volonté de vous bien servir, fort de votre appui et de l'expérience acquise.
J g v e i lierai à la sé c ur ï té de n o tre pays ,
Pour cela, je pense que nous devons d'abord pouvoir compter sur nous- même en maintenant au plus haut point l'état de préparation de notre défense nationale. Je soutiendrai toute politique tendant au maintien de nos alliances et de nos amitiés et qui ne négligera rien pour réaliser enfin celte sécurité collective qui serait pour l'humanité un inestimable bienfait I
Je continuerai mon action dans le domaine économique, dans la IuLte contre la crise .
L avenir du pays est en jeu. Je pense que l'Etat ne retrouvera pas de finances saines, de budget on équilibre, tant que les ^particuliers qui alimentent ces caisses, seront maintenus en état de détresse.
A la base de tout relèvement, il y a la nécessité de sauver notre agriculture par une revalorisation équitable des prix de ces produits. Nous enregistrons de ce coté depuis quelque temps une certaine amélioration, mais celle-ci tient à des causes dont les effets s effaceraient rapidement, si l’on ne remettait de Tor ire dans toute la maison.
Si nous avons eu ta satisfaction de saisir au vol la liberté de distiller et l'inviolabilité du domicile des bouilleurs de cru, nous n'avons pu obtenir, en raison de la situation financière, la suppression de la taxe, de luxe sur les alcools. Cette juste revendication est au premier pian de nos préoccupations, ainsi que l'a ménagement de la taxe forfaitaire dont i application comporte, pour certaines communes, des injustices et nous cherchons en ce moment même, le moyen de les réparer.
La situation du commerce, dont je ne connais que trop les difficultés, continuera à faire l'objet demies études et de mes initiatives.
II faut en un mot triompher de la crise dans le plus bref délai. C’est une nécessité de vie ou de mort, non seulement pour les agriculteurs, commerçants, industriels, artisans et ouvriers, mais pour toutes les collectivités et toutes les classes sociales i
Pour l'Etat d’abord ;
Pour notre sécurité qu’une économie anémiée ne renforce pas ;
Pour les fonctionnaires} .sôrvitfetos dévoués de la collectivité dont les moyens d’existence comme ceux des rentiers seraient mis, en péril, si les finances de l'Etat n’étaient pas redressées.
II le faut pour noire jeunesse anxieuse qui se: désespère de ne pouvoir trouver d’emploi à son activité impatiente'
Mes chers concitoyens,
Pour cette oeuvre urgente, je ne vois en politique intérieure qu’une ligne de conduite : L’union î
L’union pour la France î L'union pour la paix !
L’union pour îa République !
Perfectionnons nos institutions, améliorons-les, modernisons les, mais soyons prêts s’il le faut à les défendre car, elles sont la sauvegarde de ces libertés publiques et individuelles auxquelles les Français et particulièrement les Normands tiennent à juste titre; comme aux plus belles traditions de notre patrie*
Pour toutes ces tâches, je mets.de tout mon cœur à- votre disposition mon. activité, ce que je peux avoir acquit d’expérience, et surtout une indépendance absolue dont jJaïmc à dire, vous le savez, qu’elle ne connaît d'autre. limite que les engagements prisr envers vous.
Je vous prie d’agréer, mes chers concitoyens, l'hommage de ma reconnaissance et l’assurance de mes sentiments entièrement dévoués,
Joseph LàNIEL Député sortant:
Maire de :Notre^DAtne-de-Courson.
Conseiller général du Calvados.
Chevalier de la Légion d honneur, — Croix de guerre. Républicain.
■ Candidat indépendant.
Circonscription de F ONT- L'ÉVEQUE ♦
M. PiEHfUj D U C H ESNE-FO U R N ET
(Groupe de l’Alliance dos Républicains de gauche et des Radicaux indépendants,) E!a pour la lre fois le B mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936,
Mes chers Compatriotes et Amis,
Au moment d’élections législatives dont va dépendre le sort du pays, il faut consister que la situation extérieure et intérieur inspire à tous des inquiétudes : crainte de guerre f crise économique persistante, mévente des produits, chômage* voilà les misères qui frappent le peuple le plus courageux, îe plus honnête qu’il y ait au monde. Ces misères, je les comprends et je les partage. Mais je sais aussi, et nous Tarons bien vu pendant la guerre, qu'il y a au fond de Tâmc française des ressources d’énergie et de dévouement qui peuvent nous donner confiance dans Ta' venir.
Je le sais, car je suis des .vôtres. J'ai maintenu, avec vous tous, un contact salutaire : dans les réunions d’anciens combattants, de sociétés sportives ou musicales, de syndicats ^agriculteurs, de jardiniers ou de marins, de compagnies de pompiers, partout j’ai rencontré, écouté, compris, non seulement les plus favorisés mais aussi les plus modestes travailleurs, tous ceux qui peinent. Et je suis heureux et fier quand je les vois me regarder avec confiance, en disant de moi ces simples mots : Celui-là est bien de chez nous 1
C’est la volonté de ce peuple que j’aime et admire qui sera toujours mon guide.
Que veut-il?
La paix extérieure :
Attaché au sol natal et prêt à le défendre en toutes circonstances s'il était attaqué, il demande à ses dirigeants de ne pas l’engager dans des complications qui pourraient T entraîner à une guerre qu’il n'aurait pas voulue.
Un minimum d’existence matérielle ;
Il faut que le cultivateur puisse vendre ses produits un prix suffisant;
Que îe commerçant puisse couvrir ses frais ;
Que l’ouvrier trouve du travail et un salaire suffisant pour vivre avec sa famille.
La réforme de la justice, trop sévère pour les petits, trop indulgente pour les gros voleurs.
Toutes nos libertés républicaines :
La liberté de conscience et d’opinion.
La liberté d'user des fruits de sa récolte, le respect du domicile privé.
La liberté pour bouvier de recevoir son salaire intégral, sans retenue.
La défense de notre agriculture, de notre commerce :
Car il est pénible de voir aussi touchée par la crise, notre région, si fière, k juste titre, de là plus belle agriculture, de la plus belle industrie touristique qu'il y ait ea France.
11 faut que toute la production française soit protégée et défendue. Nous voulons le retour h la prospérité.
La diminution des impôts et des charges publiques :
Pour cela, il faut des économies, diminuer les dépenses de l'Etat, réorganiser les services.
Car il est un point sur lequel tous les Français sont cTaccord : il faut que le gâchis finisse.
Pour ce programme, pour ces réformes, il faut un gouvernement qui gouverne, qui ait de Pan tenté et de la stabilité,
La réforme de l'Etat ;
Or, notre Constitution est désuète et périmée, notre système parlementaire suranné.
Il y a ià une réforme qu'il faut envisager avec courage et fermeté ; elle est d'autant plus difficile que ceux qui critiquent le plus âpre ment la République sonL les premiers à en perpétuer le désordre et les abus.
Le Parlement est mal vu dans le Pays. Il y a cependant à la Chambre une majorité de députés honnêtes et travailleurs. C'est aux électeurs qu’il appartient d'cearter les professionnels de la politique pour n'élire que des députés dont ils connaissent les origines et rattachement au sol natal.
Mon attitude politique :
Vous me connaissez, je suis des vôtre, je suis conseiller général dans votre arrondissement depuis vingt- neuf ans.
Je n'ai jamais brigué d'autre mandat que chez vous car je sais qu'on ne change pas de Patrie î
J'ai la foi républicaine et je crois fque le régime est susceptible de se réformer Iùimême. Je n'attends rien de bon d'une révolution ni d'une dictature qu'elle vienne de droite ou de gauche. J’estime qu’il y a toujours intérêt à faire F économie d'une catastrophe î
Je condamne le funeste esprit de parti. Je réprouve la lutte dé classes, la politique du poing tendu et celle du Front populaire. Je ne me pare pas de l’étiquette d'Union nationale car ce beau nom est pris par bien d'autres qui ne cherchent que la désunion.
Or moi, l'Union nationale, j'entends la pratiquer.
Je n'oblis pas et n’obéirai jamais aux ordres d’aucun comité l Je sais que la malveillance et les passions politiques dénaturent l’attitude et les votes d'un député.
Je n’en continuerai pas moins, en toute indépendance à voter pour les Ministères dans toutes les questions où j'esiime qu'ils ont raison, et à voter contre quand j’estime qu’ils ont tort.
Je sais que tous les partis politiques ont commis des erreurs et je s sis aussi que partout, à gauche comme à droite, il y a des hommes de cœur et d'expérience et je suis sur qu'avec ceux-là, on peut se mettre d'accord sur un programme commun, réalisable et pratique,
Tout en restant fermement attaché aux principes de modération et de prudence qui sont les miens ‘comme ils sont les vôtres, je puis convier tous ces hommes, d’où qu'ils viennent, à une action commune, comme j'ai gardé l'esprit ancien combattant et ne connais pas d'adversaire parmi ceux qui sont prêts à défendre avec moi ees trois grandes idées ; *
La Liberté, l'Ordre et la Patrie !
Pierre DUCIIESNE FOURNET
Député sortant.
Conseiller général.
Président des Anciens combattants de NorolleA» Chevalier de la Légion d'honneur.
Candidat républicain indépendant, ,
Circonscription de VIRE.
M. Camille ÇAUTRU
(Groupe des républicais indépendants et d'action icci&ïes)
Elu pour la 1" fois le 16 novembre 1919. — Réélu les 11 mai >1924, 22 avril 1928 et 26 avril 1936.
Mes chers Concitoyens,
Vous êtes appelés, le 26 avril prochain, h élire un représentant h la Chambre des Députés.
Pour la cinquième fois, je sollicite vos suffrages.
Mon programme, vous Je connaissez. Tout pour la paix, le travail et l’épargne.
Asseoir la paix du monde sur des bases solides et durables, telle est l'ardente volonté des anciens combattants.
Nous restons fidèles à ce grand idéal, maïs nous devons compter, avant tout, sur nousmêmes, pour assurer l’indépendance et la sécurité de notre pays.
Aussi longtemps que la force brutale pourra brimer le droit, la France devra demeurer vigilante, Parme au pied, à l’abri de frontières inviolables.
La paix intérieure est Tune des conditions de notre sécurité. Elle ne peut exister que dans l’ordre et le respect deslois.
Le régime représentatif est la pierre angulaire de la République ét la sauvegarde de nos libertés publiques, maïs il doit être pratiqué loyalement, dans l’esprit de la Constitution qui Ta institué.
De la confusion des pouvoirs naissent le dêsordre? l’impuissance et 'les excès qui ont, à diverses reprises, justement ému l'opinion.
J’appelle de tous mes vœux une réforme de l’Etat qui assurerait au Gouvernement plus d autorité, plus de stabilité et plus d'indépendance au regard des puissances occultes qui tendent à l'asservir et qui enlèverait au Parlement, comme en Angleterre l'initiative en matière de dépenses.
Une toile réforme consoliderait îe régime, augmenterait la confiance et mettrait audessus de toute atteinte Ja valeur de notre monnaie et le crédit, public.
Les gouvernements que j’ai soutenus de mes votes, depuis le 6 février 1934, ont énergiquement lutte contre le marasme des affaires et la crise sans précédent qui, depuis quatre ans, pèse sur notre économie nationale. L'effort devra être poursuivi jusqu’au succès final, par un contrôle rigoureux des dépenses de l’Etat, par un aménagement sur des bases plus justes de notre fiscalité dont les excès découragent tout esprit d’entreprise, au point de tarir les sources de l'impôt lui-même, et surtout par une protection de plus en plus efficace du travail de nos nationaux, un filtrage sévère de la main-d’œuvre étrangère et une législation douanière judicieuse garantissant aux cultivateurs, aux commerçants, aux industriels et aux artisans, à tous les travailleurs de la terre et de l’ usine, une équitable rémunération de leurs peines.
La profession organisée par !’ intermédiaire du Conseil national économique et de l’Assemblée des présidents des Chambres d’agriculture, dont ïa permanence a été assurée par le Gouvernement Laval, sera pour le Parlement un guide sur et éclairé.
Ainsi seront garanties les multiples obligations de l’Etat envers les anciens combattants,
.... ,, la „ ierre ei du travail, les retraités, les familles nombreuses et les œuvres
d'entr’aide sociale et d'assistance. Ainsi disparaîtra la hideuse plaie du chômage, génératrice
de U(’l redressement de notre économie nationale serait précaire s’il n’était accompagne de mesures de protection en faveur des petits rentiers si durement éprouvés par la crise et des TpargnLts dont les économies doivent être mises ft l’abri de toutes les entreprises téméraires
ou |j im p0rte de restaurer dans le pays le respect de la propriété individuelle
sans lequel il ne peut y avoir ni paix sociale, ni progrès.
Mes chers Concitoyens,
4 u cours de la Législature qui s’achève, j’ai travaillé activement au développement de votre bien-être et à Sa défense de vos intérêts - en revendiquant la liberté de distillation et inviolabilité de votre foyer - un statut de l’alcool qui garantit aux fruits de vos vergers une valeur équitable eL un aménagement des prix de vente de 1 énergie électrique qui
diminue ïca chu rff gs dfis > , . H ri >
Sur ces trois points il reste beaucoup à (aire, pour supprimer notamment les inégalités
choquantes de la taxe forfaitaire imposée aux bouilleurs de cm, en attendant que puisse
être recouvré le bienfaisant régime d’avant-guerre. .
Soyez assurés que je continuerai résolument, dans la voie où je me suis engage.
Mes chers Concitoyens,
Je n’ai aucun goût pour les luttes décevantes de la politique.
La modération du caractère n’exclut pas la fermeté des idées, mais elle permet aux hommes, indépendants de bonne foi et de bonne volonté de collaborer loyalement an bie
P La République, dont je me réclame, est ouverte et accueillante a tous. ^ ,
Elle invite tous les citoyens à s’unir sur le terrain national, dans un meme am la Patrie et dans le. respect de toutes les croyances et de toutes les libertés qui en son
Fexpression ,
Vive la République dans l’ordre, dans l’ union et dans la paix 1
Camille GÂUTRU
Maire de Laasy.
Conseiller général du Calvados*
Député sortant.
Républicain indépendant,