CANTAL
Circonscription d'AUR ILLAC.
M. Paul BASTID
(Groupe républicain radical ei radie» l-socialisto.)
Elu pour la première fois le mai 1924. Réélu les 29 avril 1928, 8 mai 1932 et 3 mai 1936.
Mee chers concitoyens*
déià t rr S°!li<:iL(Cr î T libres SUffraer<,S Ie nouvellement d’un mandat dont vous m’avez déjà trois fois investi. A I heure où l’on réclame beaucoup — et à juste titre — h stah,Tf'
gouvernementale je ne crois pas que la stabilité de la représentation parlementaire fondée
sur des rapports de confiance entre l’élecleur et l'élu, soit un élément^ négliger dans l hy giene polilique de ce pays. ° fcel a,uls 1 “y-
- Vous me connaissez presque tous depuis longtemps. Vous n’attendez pas de moi une je emenen de i mon | passe. Mon programme personnel lient en deux mots : je continue P L ailleurs, ma fidélité au part, républicain radical et radical-socialiste, dont je suis toujours le
e^nUÉt dilT,gûe 61 6 11-6 “ d'CI,tre V0US aVCC le^“ds * pas «u encore de
, . C* r°n,l:n ef,f le9 idées dece Pa, ti- empruntées au patrimoine démocratique et national re>er Ilüe ;:-nr,CalSe’ S°üte"ir ^ « aurait
Nous sommes des républicains prêts à s'unir avec les partis voisins pour lutter contre le fascisme, des, peux - nous lavons toujours montré 1 de gouverner avec 1
ÏZZ “ Lml 4 “ P“ ~ »*»-l dans des négations
s'.d.èvTÎ-'d'rf™’1'"’ id.ée" q"° S'e,‘"li1"' ““ «<*i» pendant I. MjS.(.iul» <■„; > achevé. J aonlcnu ,.ee „j,ur „ „,0 dé„, ,u,e„mei,t t„ „uvor„0„„„,. ... A,
’ ” P0,lv°ir de 1932 “ •*»<■ Ces gouvernements sont tombés von", vous
le rappel ez, parce qu'en dehors du parti radical, les concours attendus se sont dérobés à eux. En février 1934, le parti radical a donné mandat au président Herri^t d'entrer dans un Gouvernement de trêve. Par raison autant que par discipline, j'ai accordé ma voix à trois cabinets constitués selon ce principe — du moins tant que l'esprit dans lequel ils avaient été formés a été respecté. J'avais le souci de n’émettre, dans ia mesure du possible, que des votes positifs. Je n'ai pas voulu bouder devant la réparation de dommages causés par d'autres. J'ai eu à sacrifier pour cela mes préférences personnelles. Mais je l'ai fait dans i1 intérêt du pays. Lorsque, cependant, on a porté atteinte à des principes fondamentaux de la doctrine républicaine, j’ai dû retirer mon concours.
Au début de celle année, a pu se former de nouveau un Gouvernement, de gauche, qui me replaçait dans mon atmosphère parlementaire normale* J'ai accueilli cet événement comme une libération,
Ces principes trouveraient, le cas échéant, leur application sous la législature qui vient. Le Gouvernement des gauches - — de toute* les gauches associées effectivement aux responsabilités du pouvoir — n'a jamais cessé d'être mon idéal comme celui de mon parti. Si, en vertu de l’intransigeance de certains, cet idéal ne se réalise pas, il sera fa! al qu'on retombe dans les mêmes pratiques, qui ne peuvent donner que les mêmes résultats décevants. Ceux qui, par leur défaillance, rendent indispensables certaines formations politiques qu'ils criblent ensuite de leurs attaques ne devraient, en réalité, s’en prendre qu’à eux- mêmes.
Une autre hypothèse ne saurait malheureusement être exclue, en raison d’une situation iutern dionale qui demeure préoccupante, II est possible que tous les partis qu’ils le veuillent aujourd'hui ou non — soient contraints de s’unir au pouvoir, comme cela a eu lieu pendant la guerre, pour défendre l'existence même de la nation. Dans les circonstances périlleuses. Je devoir de solidarité, précédé par le devoir de réflexion, s'impose à tous. Le président de la Commission des affaires étrangères doit moins qu un autre l'oublier.
Aussi, sans me soucier de savoir si cet exemple sera imité, ai-je l'intention d'éviter toutes polémiques inutiles et de rechercher objectivement avec vous ce qui peu! rassembler le maximum de bonnes volontés démocratiques et françaises.
Politique extérieure ;
Défense inlassable de la paix* Fidélité à la Société des Nations et au système de sécurité collective, ce qui implique actuellement — et sans préjudice bien entendu, de nouveaux et vigoureux efforts à entreprendre en vue d’un désarmement simultané et contrôlé — une défense nationale fortement équipée. Abolition de la fabrication privée drS armes. Maintien des rapprochements déjà réalisés avec d'autres peuples. Recherché patiente des autres, sans aucune exclusion.
Politique intérieure :
Renforcement de l’ autorité de l'Etat* Lutte contre Pin stabilité gouvernementale, qui déconsidèi e la France au dehors et lui fait oerdre sa foi en elle-même. Transformation radicale du régime actuel de la presse qui n'est pas un régime de liberté, mats d’anarchie, à l'abri duquel une oligarchie de gros intérêts — qui ne sont pas toujours des intérêts français — entretient une conspiration permanente contre la volonté du suffrage universel et contre les besoins réels du pays.
Maintien intégral des lois laïques, qui ont réalisé en France la liberté de conscience*
Questions financières :
Attachement à l'équilibre budgétaire et à la stabilité de la monnaie. Répression énergique de la fraude. Défense fiscale appropriée , eu vue de réduire graduellement les charges qui pèsent sur la terre* sur le commerce* sur f industrie et sur l'artisanat. Humanisation continue des décrets lois, qui ont frappé injustement les petits fonctionnaires et, d'une manière générale* les petits créanciers de l'Etat,
Respect, dans la limite des facultés contributives du pays* des droits des anciens combattants*
Questions économiques ;
Lutte contre le chômage forcé des hommes et contre le chômage volontaire des capitaux* c'est-à-dire contre la thésaurisation Développement de l'outillage national, et en particulier de l'équipement rural, par réexécution d'un grand programme de travaux publics. Contrôle éventuel de la nation sur les industries de base. Politique libérale du crédit, qui doit être une institution au service de la collectivité et non Je monopole arbitraire d'une caste privilégiée : réforme à cet effet du statut de la Banque de France ; d’une manière plus générale* contrôle par la nation de F organisation bancaire.
Eilbrls énergiques tendant à rabaissement du coût de la vie.
Défense résolue du petit commerce contre la rapacité des grandes firmes.
Questions sociales :
Perfectionnement continu de ta législation ouvrière de la République, qui est essentiellement l’œuvre du parti radical. Amélioration du régime des mutilés du travail.
Lutte contre le taudis. Encouragement effectif donné aux œuvres d’hygiène et de sport.
Mesures substantielles d'allégement et d'assistance en faveur des familles nombreuses.
Questions agricoles ;
Poursuite méthodique de l'œuvre de revalorisation des produits du sol et de l’élevage, qui a été entreprise par la présente législature et qui a déjà donné d’excellents résultats* Contrôle vigilant des importations susceptibles d'effondrer les cours.
Protection des agriculteurs contre les trusts, notamment en matière d engrais et d'électricité.
Effort d'éducation du monde rural en vue d’y développer Inorganisation professionnelle.
Amélioration du sort des ouvriers agricol-es,
Vigilance en matière de transports pour défendre les populations paysannes —— aussi bien d ailleurs que les transporteurs attachés à un régime de libre concurrence — contre toute coordination mal étudiée du rail et de la route.
Appui cons Lan t donné au tourisme national, dont le développement demeure tributaire de l'abaissement des prix intérieurs*
Citoyens,
i el est, sommairement raisonné, le programme que je propose à votre approbation* Je le crois conforme aux idées de progrès dans l’ordre et dans la légalité qui, ont toujours été les vôtres. Certes, quelques-unes de ses parties sont de nature à soulever des résistances* Mais les républicains sont habitues a lutter. On a dit que la tradition française, c'était la révolution, ce qui ne signifie pas 1 anarchie et la violence, mais la réforme profonde et continue, entreprise et poursuivie par la voie militante* Pour cette œuvre de rénovation néces-
saire, vous pouvez compter sur l'énergie et sur le dévouement d'un homme qu'aucun intérêt sordide u'enchaîne à la vie publique, qui d'autre part fuit par tempérament les démonstration!? tapageuses et les surenchères faciles* mais qui a conscience d’avoir toujours agi, pendant ses douze années de mandat, dans des circonstances souvent inextricables, au mieux de vos intérêts et de l'intérêt du pays.
Vive la République I
Vive rarrondissement’d'ÀuriUac !
F a vl RÂSTID
Conseiller général de Laroquebrou.
Président du Conseil général *
Président de la Commission des affaires étrangères et du groupe de Pélevagè de la Chambre.
Député sortant.
Candidat du parti républicain radical et radicahsociaUste,
Circonscription de MAURIAC-
M, Fernand TALANDIER (Croupe de la gauche démocratique et radicale indépendante.)
Élu pour la 1™ fois le 26 avril 1936,
Citoyens,
Sollicité de poser ma candidature aux élections législatives du 26 avril, j'ai cru devoir accepter eu raison des difficultés de la situation et de ^encouragement donné le 5 mars dernier par la grosse majorité des représentants des municipalités de 1 arrondissement* des élus cantonaux, des chefs du parti agraire.
Je viens donc solliciter vos suffrages.
Je ne suis pas un pessimiste. Je ne suis pas un semeur de panique, 11 faut quand même, à la veille d’une consultation électorale qui, de l'avis unanime, doit avoir une influence certaine sur l’avenir du pays et de la République, se mettre en face de la situation et reconnaître qu’elle est sérieuse,
La Société des Nations est en période de crise. Les gouvernements qui en font partie, au Heu de solutionner les questions à Tordre du jour, en se plaçant au point de vue d un idéal de justice et de paix, Us considèrent sous l' angle de leurs intérêts personnels ou de leurs passions. On y viole les conventions et les traités. On devrait desarmer, on réarme. Les pays sont inquiets,
A l'intérieur, tout le monde reconnaît que la dernière législature a été & de chaos et dHmpuis=ance », par le fait de la lutte entre les partis et les clans ; les affaires se sont compliquées, la crise dure et s’aggrave. Il importe de se reprendre. Comment?
Au point de vue extérieur :
U faut avant tout, dans la dignité de la France, employer tous les moyens d'écarter à jamais les horreurs d'une nouvelle guerre. Donc, assurer la défense nationale en lui consentant les sacrifices nécessaires ; maintenir et renforcer nos amitiés traditionnelles et
îtI“an0W’ reCherCl,er d6S ententeS dUraWeS avec t0US ,es PeuP'es ** **-» sincè-
Np pas abandonner l’espoir de baliser l'œuvre de paix et les projets de désarmement
c. (rrron t a sécuritë cniiectïve et de ™LL d«* u Mdnï
société des Nations. \ travailler opiniâtrement,
Noire diplomatie doit être française, loyale, prudente.
Au point de vue intérieur :
' [1 fa:Jt d°ter le pouvernement de l’autorité et de la stabilité indispensables pour restaurer le régime parlementaire, améliorer et simplifier ses méthodes; limiter les Jiiaves^m nia Lière de dépenses ; organiser une administration moderne et la décentraliser
et l'épargne Trop^de^sca0 t ^hh'e P-tégeant efficacement la collectivité
l’épargne ” "““ï °D ^it être impitoyable pour les pilleurs de
le rZm^'r lGS hffUefi’ de dr°!te C°mme de gauche’ <Iui tendent?, troubler l'ordre public et
t?jrd: 8 -T PrTllr h ,9éC,,rilé des Cit^ens’ être dissoutes. Par Ln “
importe de maintenir la liberté de réunion et le droit d’association.
Au point de vue financier e» économique •
décrets-Iois.q"0 8 8’lUalU>n ,e P™Ura, supprimer les retenues instituées par les
rétablis, les premier daÜs’leu r^nÜgiÏé Ns Tnt ^ 1^ P gUerre Seront ™aintenus et respccl-r b . 1 SUP Ia nailCm une hypothèque qu'il Faut
ment1' ^ n<4C“ leS t]’usts et accaparements et de les réprimer sévère-
5=.i=ïrr;tïî.-
d’eau, travaux d'hygiène etc t PC -j-, .. 1 aux, ouverture de routes, adductions
, . , u nygiene, etc. Les crédits votés pour ces fravanv .
équitablement entre les grandes villes et nos ni, r devront etre repartis
combattre et d'éviter le chômage. La main-d’™ ' ^ Hera Ie moyen efficace de
d’œuvre étrangère. Celle-ci ne pourra être * UVre ,anCalsÇ aura la priorité sur la mainpremière p a etre employée que dalis le cas d’insuffisance de la
peut “:n“‘ commerciales q„i ruine,,, „
s’impose. P “ “»!»“'■»» ™ a„ coAsommaieom,
Au point de vue social :
L école publique n'est pas discutée,
Tn,s” do”enl êlre ,ob’“ de *■
les oeuvres pos,. scolaires, .Wan,^’^
manuelles, suivant ses goûts et ses aptitudes. Arrivé à l’âge d’homme, chacun doit être en
me8^ÎS£ilel’dw!^r ï de compléter la législation sociale; de perfectionner les i • v «Mance et de prévoyance; de décentraliser les assurances sociales, trop compliquées Ctn^Lt/dabèser le taux des cotisations-, d’améliorer les lois sur es dans leur nfiions des grands mutilés; de reviser le pourcentage des
cadre professionnel.
Au point de vue agricole et local ;
I es intérêts locaux ne doivent pas Être négligés. Dans notre département, essentielle-
f : oie il faut une collaboration constante avec les représentants des agriculteurs
ll« <1.. clic.1 »snc„le, et membre, de, Chmnbre. d-.griculture) pou. fdtade de leurs revendications et la recherche des moyens pratiques de les faire aboutir. Je rejette la solution étaüste qui a engendré les offices (du blé, du vin, de la viande, etc.). Diriges pa des représentants anonymes et irresponsables de l’Etat, ils ont coûte cher ri ■* ont pas Lné les résultats attendus ; les travailleurs de la terre en ont assume les charges
II est indispensable d’organiser la profession sous la direction de professionnels, de la
munir de pouvoirs économiques, de la séparer de la politique. . . V ,, 1
l a corporation agricole pourra ainsi : organiser les marchés agricoles et combattre les puissants monopoles de fait qui les régissent, contrôler l’écart des prix entre c producteur e iTconsommaLr. orienter la production vers la recherche de la qualité plus rémunéra-
S les différends sgrio.les, aménager le. ch.rge. qui pW «» ”« “
fonction des possibilités de l'heure; assurer aux salariés agricoles la juste rémunération de leur travail, avec une vie plus saine et plus large, i
Elle devra aussi veiller à la défense de la famille paysanne, s occuper des assurances contre les calamités publiques, développer le crédit agricole pour permettre 1 accès de la propriété au plus grand nombre de salarias, fermiers, métayers.
Électeurs,
Me. opinion, politiquos ne v.rient pas, Elle, m'ont v.lu, depuis .ingt- trois ans, la oonfuinoe ininterrompue des électeurs do la commune et du canton do Mauriac.
“ SS de. parus extrêmes, qui ess.J'ent de créer et d'entretenir «ne agitai, on star, le alors que la grosse masse de la population donne l’exemple du calme et du sang- roi , j suis contre toutes les dictatures de droite, comme de gauche. J affirme ma foi i en jnc
République démocratique et sociale fondée sur la liberté, dans erespec ccs ’
dans le travail, dans l’ordre et dans l’union, largement onentee vers le progrès, des reformes
hardi“,ta, que'l'sméfforalion do sort de» travailleurs doit être recherchée daos la collaboration constante du capital et du travail et non dan. la lutta des cl.-M, » ■ »« pénel anl de l’idée . que le travail a lo droit de réclamer qu on le soulage et le fortune ecqm.e a le
devoir d’accepter des sacrifices
Pacifiste convaincu, je crois qu’il faut vouloir aussi ardemment la paix que la paix extérieure. Elles sont la condition indispensable de la prospérité dans le p. J .
Vive l’arrondissement de Mauriac !
Vive la République démocratique et sociale!
Dr F. TALAND1ER
Maire de Mauriac.
Vice-Président du Conseil général.
Chevalier de la Légion d’honneur.
Candidat radical indépendant.
Circonscription de MURAT— SAÏNT-FIjOUR,
W. Maurice MOîiTEL (Groupe; do la Gauche indépendante.)
Elu pour la ir0 fois le 3 mai Î93G,
Mes chers Compa triâtes,
En venant solliciter vos suffrages, clans les graves circonstances que la France ir averse, Jai la pleine conscience des lourdes responsabilités que voire confiance pourra m'imposer. Mais quelles que soient les difficultés du devoir républicain, aujourd'hui et demain, je puis vous assurer que je ne n éluderai aucune et que je marcherai toujours droit devant moi, fidèle à l’idéal que j Entends servir : la paix, la justice, Ja .liberté.
Auvergnat de vieille souche, lils de paysan, travailleur moi-même, je n'ul d autre ambition que de servir le peuple dont je suis fier d'être issu, le peuple qui souffre d'une crise économique sans précédent par son ampleur et sa durée, le peuple que le mécontentement et- l'inquiétude risquent de mener au désespoir, Je peuple qui sent roder autour de, lui la menace de guerre et que le déficit persistant plonge dans une angoisse bien compréhensible*
Servir : voilà ma devise ; et elle doit vous sembler bien nouvelle, car les politiciens de profession se servent du peuple au lieu de le servir. Homme nouveau, je crois être tout' le contraire d'un politicien. Comme à beaucoup d’entre vous, cette simple appellation me fait horreur; et, comme tous les esprits sensés, je pose en principe que le salut de la nation exige avant tout un renouvellement aussi complet que possible du personnel parlementaire. Vous savez trop, hélas! comment les affaires publiques onL été gérées, ces dernières années, par des hommes qui avaient, parait-il, une longue expérience de la politique. Tous les «as « se sont succédé au pouvoir et tous ont encouru votre juste colère. Si vous voulez que la brance connaisse des jours moins sombres — et qui ne le veut pas? — vous contribuerez, pour votre part, au changement d’horomesdndispensahle.
Ainsi ma candidature doit vous apparaître comme une énergique protestation contre le règne néfaste des vieilles équipes gouvernementales. Et, m’adressant principalement aux générations de la guerre et de l’après guerre, je leur dis : « Le 26 avril, vous tiendrez dans vos mains le sort du pays, votre propre sort et celui.de .vos enfants.- Votez en bloc pour l’un des vôtres, si vous approuvez, dans son ensemble, .le programme d’action que j’ai l'honneur de vous soumettre .»/
1° Défense de la liberté :
Lest un tait que 1 exploitation des scandales -Stavisky, du marasme des affaires, de I impuissance parlementaire ont créé, dans le pays, une atmosphère voulue par les amateurs de dictature* Mais qui ne scnL que l'avènement du fascisme en France serait un remède pire que le mal et que la République peut être réformée, améliorée, embellie par les républicains eux-mêmes? Quel régime nJa pas connu des scandales éclatants et des crises tragiques ? Et depuis quand la suppression des libertés modernes est-elle une œuvre de progrès ? La dictature est une solution de désespoir et l'heure nfest pas encore venue de désespérer de notre démocratie. Vous pouvez donc compter sur moi pour m'opposer à toutes les tentatives dirigées contre Ja liberté.
2“ Défense du franc :
La lira vile de la situation budgétaire ne peut échapper à personne et les questions financières seront au premier plan des débats parlementaires de demain. Tous les Français et surtout les petits rentiers et les retraités — ont conservé un cruel souvenir de 1 inflation et de la dévaluation de 1928. 11 serait, à mon avis, criminel de leur imposer de nouveaux sacrifices par une nouvelle inflation du une nouvelle dévaluation. La valeur du franc saUveeardêe. Est-ce à dire que l'équilibre budgétaire doit être exclusivement recherché dans une déflation massive, s'ajoutant aux délïations de 1934 et de 1935? Personne n’oserait le prétendre. En effet, une déflation exagérée tend à asphyxier lente* ment la vie économique, au lieu de la ranimer, car elle diminue les moyens d’achat d’un grand nombre de consommateurs et elle lèse ainsi les intérêts des producteurs agricoles et
des commerçants des villes. , . , .
J'estime donc que la restauration financière de 1 Etat doit commencer par une lutte impitoyable contre le gaspillage dans les administrations civiles et militaire ; par la réalisation de cette fameuse réforme administrative, sans cesse ajournée, réforme qui permettra de supprimer les rouages inutiles et les formalités désuètes. On récupérera ainsi de* centaines de millions.
Le jour où F Etat s’engagera résolument dans cette voie, )e public reprendra confiance et la thésaurisation mettra a la disposition de la nation les milliards qui se cachent et qui ne demandent qu’à s’employer dans la sécurité retrouvée.
Avec ces milliards, Lout un programme de grands travaux publics pourra être entrepris ; l’activité économique renaîtra peu à peu ; le chômage s’atLénuera et les impôts indi- , mets’, qui sont l’armature de notre fiscalité, donneront à nouveau des rendements fructueux. N’oublions pas, en effet, que la crise budgétaire est surtout la conséquence de la crise économique et que lutter contre celle-ci est le vrai moyen de vaincre celle-là.
C’est vous dire que je ne voterai pas un centime d’impôts nouveaux, quelle que puisse être la raison invoquée pour les justifier, et que je suis partisan d’alléger les charges trop lourdes qui pèsent: sur les petits -commerçants.
3° Défense du paysan :
Je connais Irop le mérite et le labeur de nos paysans pour ne pas comprendre qu*q victimes de la crise, ils ont droit à toute la sollicitude des Pouvoirs publies.
La protection douanière dont sont l’objet les produits de la terre, si élevés que soie»! les droils de douane, ne suffit pas pour que les paysans puissent vendre leurs denrees a un pris rémunérateur. Et si le cultivateur doit être protégé efficacement contre l’invasion des produits étrangers, il doit être surfont défendu contre les gros magnats des engrais et des céréales, contre les puissants spéculateurs qui, selon un mot connu, « rançonnent à la ai* le producteur et le consommateur » et édifient des fortunes colossales sans môme quitter le bureau d’où ils téléphonent du malin au soir. Sans être le moins du monde partisan di l’étatisme, j’estime que la nation a un droit de regard et de contrôle sur l’activité de ces intermédiaires qui prélèvent une dîme intolérable sur les producteurs ruraux et sur les eonsommaleürs urbains.
J’ajoute que je travaillerai de toutes mes forces au développement du crédit et de la coopération agricole, de l’électrification des campagnes ; au développement de tous lis organismes et travaux utiles (tels que l’adduction de l’eau potable), susceptib es d améliorer la condition du paysan et de lui rendre le goût dê la vie ruialô,
4° Défense de l’épargnant ;
Un cerLain nombre de décrets-lois ont été pris pour empêcher ou limiter les tnst.s exploits des écumeurs de l’épargne. Mais la chronique des tribunaux est là pour montrer que, la plupart du temps, les peines infligées à ces pillards des campagnes sont, a 30 dérisoires. Comme seul un renforcement des pénalités actuelles peut aboutir à un résultat
tangible, je ta associerai à toute action, d'initiative gouverner rien taie ou parlementaire, qui tendra à mettre hors d’état de nuire la race des flibustiers so i ;m\(
5° Défense de l'ouvrier :
Je n’ignore pas les critiques que l'on a adressées à la loi des assurances sociales. Mais ces critiques n'ont pas été dirigées contre le principe juste et humain de la loi. Elles ne visent que les modalités de réalisation. Quelles que soient les modifications qui peuvent être apportées à cette loi, je n 'accepterai pas que l'ouvrier soit privé des légitimes avantages que la loi lui confère*
Gu Défense des jeunes ;
À 1 heure où beaucoup de jeunes cherchent leur voie, je réclamerai que les Pouvoirs publics se penchent particulièrement sur leur sort et leur viennent en aide autrement que par des discours.
L’orientation professionnelle, renseignement technique, surtout agricole, l’artisanat rural m’intéresseront au plus haut point.
N’est-ce point la jeunesse ardente qui porte les destinées du pays ?
7W Défense des victimes de la guerre ;
Ennemi de toute démagogie, je ne vous promettrai point la suppression pure et simple de tous les décrets-lois par lesquels l’Etat a, de sa propre autorité, réduit les payements qu'il fait à diverses catégories de citoyens. Si je vous disais que tous les décrets lois peuvent être abrogés du jour au lendemain, vous ne me croiriez pas et vous auriez bien raison.
Toutefois, j'estime que les décrets-lois qui frappent les victimes de la guerre peuvent et doivent être supprimés immédiatement.
Les millions que la nation prélève sur ses anciens défenseurs peuvent et doivent facilement être trouvés dans les caisses des marchands de canons et des marchands de minerais, qui, tout le monde le sait, ne se gênent pas pour ravitailler l’Allemagne hitlérienne*
Et, pour ne pas allonger cette profession de foi, je vous déclare que je fais mien le programme de revendications que l’Union lédérale des anciens combattants vient de discuter à son congrès de Reims, en particulier la créa Lion d’une Caisse nationale des pensions.
8° Défense de î’enfant ;
La conscience de F enfant est, h mes yeux, une chose sacrée, intangible. Ennemi de tous les sectarismes et respectueux de toutes les croyances, je suis partisan dé lo neutralité scolaire absolue. Et j'estime qu’à 1 école les discussions politiques et religieuses ne doivent pas venir jeter le trouble dans les jeunes cerveaux.
9" Défense de la paix :
Dix-huit ans après la signature de l'armistice, le spectre de la guerre nous obsède encore. Quelle pitié! Et comment, moi qui partirais le deuxième jour de la mobilisation dans une unité combattante, ne serais-je pas décidé à me dresser contre toute politique comportant un risque de guerre?
Mais comment réaliser la paix durable ?
A mon avis, il n'y a qu'une seule voie de salut et cette voie est la suivante ; Tous les hommes d Etat français, depuis Laval jusqu’à Paul-Roncour, ont reconnu que les traités de t9l9 ne pourraient être maintenus éventuellement et que, pour éviter la catastrophe, il faudrait tôt ou tard en reviser les parties défectueuses.
Je demande donc que la France, qui fuL si souvent a le flambeau de l'humanité », prenne dans le plus Bref délai, et sous l'égide de la Société des Nations, l'initiative d'une
grande Conférence internationale où chaque peuple viendra exposer ses doléances et ses besoins, IL pourra en résulter une redistribution des territoires coloniaux, des rectifications de frontières en Europe. Qu’importe, si ces importants changements, faits à l’amiable, ont Y avantage de nous éviter les révisions sanglantes que chacun redoute.
Telle sera la première tâche de cette Conférence nécessaire,
La seconde consistera à mettre en œuvre un plan de sécurité générale, basé suç la collaboration économique et intellectuelle des peuples, collaboration d où sortira une compréhension mutuelle qui mettra fin aux malentendus d’où ont surgi trop de guerres.
Alors, les armements, qui grèvent si lourdement les budgets nationaux, pourront être réduits selon un système efficace de contrôle et de simultanéité 1
Eu attendant, je m’associe de grand cœur au vœu des anciens combattant qui réclament que les industries de guerre soient nationalisées.
KP Défense de la moralité publique :
Qui ne comprend que les mœurs parlementaires doivent être transformées ? Que certaines incompatibilités entre la profession d avocat et le mandat législatil doivent être strictement définies? Que la police et la justice doivent être épurées pour que la complaisance ne soit plus le fléau du prétoire ? Que les coupables de crimes contre l'enfance doivent être châtiés on ne peut plus durement? Qu’en un mot une atmosphère plus respb rahle doit être créée dans notre pays, sous peine de le voir sombrer dans une décadence morale qui serait la fm de la République ?
A cette oeuvre urgente de salubrité je travaillerai de toutes mes forces,
Lai fini.
Je m’excuse de vous avoir infligé la lecture d'un document aussi long. Mais j ai voulu que vous connaissiez le fond de ma pensée sur toutes les questions qui vous préoccupent.
Je suis l'homme des évolutions qui empêchent les convulsions sociales ; et je pense qU’à l’heure critique que nous vivons, il est puéril de pratiquer la méthode de \ autruche qui se cache la tête sous l’aile pour ne pas voir le danger, tout comme il est absurde de se barricader dans un conservatisme égoïste et aveugle.
Les problèmes d’intérêt général ne m’empêcheront pas d ctre attentif aux problèmes d’intérêt local, que je n'ai pas le temps d’énumérer par le détail (maintien de la ligne Saint-Flour — Brioude, réfection des bâtiments publics délabrés, subventions aux communes, etc.).
Si vous me faites l'honneur de me choisir pour votre représentant au Parlement, vous trouverez en moi un homme dévoué à ses mandants, un homme qui viendra souvent, tantôt dans son canton, tantôt dans un autre, vous faire le compte rendu de son activité parlementaire, un homme qui iToubliera jamais qu’il est 1 élu des travailleurs et qui mettra toute son ambition à mériter Testime et 1 affection des populations auxquelles il veut consacrer le meilleur de sa vie.
Tous aux urnes, mes chers compatriotes, le 26 avril 1936, pour le triomphe de la République démocratique et sociale ! Pour une France nouvelle et meilleure .
Vive la République 1 Vive Y Auvergne 1
Vive f Arrondissement de Saint-Flour— Murat î