‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 24 sur 186 · CHARENTE · texte numérisé non relu

CHARENTE

Circonscription d’ANGOULÈME.

M. H ené GOUNIN

(Groupe do l’union socialiste et républicaine.)

Elu pour la première fois Je '29 avril 1928. — Réélu les Pr mai J 932 et 26 avril 1936.

Citoyens,

Il y a huit années, lorsque je vous ai demandé de m'accorder votre confiance* je vous ai promis de défendre avec énergie les intérêts de notre belle région, de consacrer à toutes les justes causes un dévouement absolu et de servir de toutes mes forces votre grand idéal de solidarité sociale et de paix internationale,

A la veille de la consultation générale de 1936, je viens vers vous, avec la conscience d’avoir accompli moo devoir. Ce n'est pas seulement le député ou le candidat, c'est l’ami des bons et des mauvais jours qui vient faire appel à votre réflexion et à votre clairvoyance.

Un homme politique doit être jugé sur ses actes! Au cours de ce mandat, commo pendant le précédent, j’ai visité à différentes reprises toutes nos communes et je me suis efforcé de les aider à réaliser, avec l'appui indispensable des pouvoirs publics, tous les projets qui ont pour but d'améliorer la situation de nos populations laborieuses : Constructions d'écoles, slades pour la jeunesse, électrification, adductions d’eau, construction et modernisation des hôpitaux, réfection et entretien des voies de communication, ont retenu et retiennent encore toute mon attention.

Au lendemain de nos luttes politiques, courtoises, comme elles doivent l'être sous ua régime de liberté, je me suis employé à défendre de mon mieux tous les citoyens dignes d être protégés. Dans une République, tous les citoyens ont droit à la justice et à la protection des lois.

Désigné par l'Union socialiste et républicaine pour intervenir en son nom dans les débats parlementaires, je n'ai cessé de préconiser cette politique de progrès, de loyale entente internationale, seule susceptible de favoriser V organisation de la grande Paix humaine. Avec 1 entière sincérité qu'exige la probité politique, respectueux de toutes les opinions et passionnément attaché à celles que je crois justes et généreuses, je suis intervenu en faveur de l’école, du contrôle des dépenses militaires, des lois sociales (allocations aux familles nombreuses et aux vieillards) et défense de l’épargne française.

Citoyens*

11 faudra demain au Parlement, une majorité de gauche homogène, un Gouvernement à son image où tous les partis de cette majorité apporteront une collaboration à la fois prudente et résolue.

Un grand plan d'outillage enfin réalisé, une répartition judicieuse de la production et de ia consommation recherchée par des réformes économiques et des accords commerciaux, permettront la lotte efficace contre le chômage. La fin de la crise agricole marquera la fin de la crise économique générale.

Pour redonner aux ruraux leur puissance d’achat, il faut leur assurer des prix de vente rémunérateurs, à F abri des mouvements de hausse et de baisse imprévus et ruineux, À la faveur d'une prospérité agricole et commerciale retrouvée, nos artisans verront s’offrir, plus nombreux, les débouchés répondant à leur louable effort de production. Cet effort a, dans une certaine mesure, mis un frein dans notre pays à la redoutable crise provoquée par un capitalisme international produisant sons contrôlent sam considération aulre que celle de ses profits*

L'Etat a fait des commerçants autant de percepteurs des impôts indirects. Les taxes dont le poids se fait sentir sur toutes les transactions et paralyse l'essor commercial devront être révisées.

Protéger l’enfance, défendre les ouvriers, les fonctionnaires, les cheminots, les retraités, les combattants, tous frappés durement par les décrets-lois Laval, poursuivre la lutte contre le taudis, assurer le fonctionnement des assurances sociales en recourant en particulier à des formalités moins compliquées, multiplier les contrats collectifs entre employeurs et salariés pour garantir les lois sociales et les salaires acquis, limiter l'emploi de la main-d'œuvre étrangère au profit de la main-d’œuvre nationale : telles sont les grandes lignes de ce que doit être Faction sociale de la prochaine législature.

Dans le domaine extérieur, nous nous efforcerons de sauver la paix. Depuis un an, une politique équivoque en avait, compromis l'existence. Le coup de force de l'Allemagne hitlérienne l'a bien prouvé* Il s'agit avant tout d'assurer la sécurité collective hors de laquelle il u'esl pas de paix possible. Le Gouvernement républicain, en accord avec les nations qui veulent fermement la paix, doit engager hardiment la grande et équitable négociation d’où sortira un nouvel ordre européen.

L'union de toutes les énergies républicaines et socialistes sera nécessaire pour réaliser cette œuvre de redressement général et le pays ne pardonnerait pas les défections qui en retarderaient le succès,

La république se fonde sur l'égalité de tous les citoyens devant la loi. Avec les gouvernements fascistes cette égalité n'existe pas. Les classes laborieuses sont sacrifiées au bénéfice des féodalités financières, d'où notre indéfectible attachement au régime représentatif,

La démocratie est la forme du gouvernement qui convient le mieux aux peuples soucieux de leur indépendance et de l'ordre intérieur. Elle reste surtout la meilleure sauvegarde de la paix parce qu'elle est l'expression libre de la volonté populaire.

Contre toutes les guerres el les fléaux qu'elles engendrent !

Contre le fascisme et toutes les dictatures !

Pour une république vraiment humaine !

Pour la paix et la liberté des peuples î

limé G0UN1N

Ancien combattant.

Médaille militaire, croix de guerre.

Conseiller général.

Secrétaire de la Commission de la marine.

VI ce- Président de la Commission de l'enseignement.

Cire onseription * d e B ARBEZI EU X *

M * R a y mond R HT H Q R É

(Groupe républicain radical et radical* socialiste,}

Élu pour la lr0 fois Je 3 mai 1936.

Mes chers Concitoyens!

Désigné comme candidat du parti radical et radical-socialiste dans 1 arrondissement de Rarbezieux par la Fédération radicale et radicale-socialiste du département de la Charente, je viens solliciter vos suffrages.

Vous connaissez mon programme : je 1 ai exposé au cours de mes réunions.

En voici les grandes lignes :

Agriculture :

Agriculteur moi -même et n’ayant pas d’autres revenus que ceux de mes terres, je suis partisan convaincu d’une revalorisation de nos produits agricoles, car e est 1 appauvrissement de 20 millions de ruraux qui a causé l'accroissement du chômage.

Il faut rendre aux hommes de la terre leur pouvoir d’achat.

Pour cela je propose :

a) La suppression de l’admission temporaire;

b) La fermeture de nos frontières aux importations de blés étrangers qui nous ont ruinés ;

c) La revalorisation du blé à 120 francs le quintal;

d) La suppression des dettes agricoles grâce à un emprunt de 2 milliards amortissable en vingt années en raison de 5 0/0 d'intérêt, comportant l’amortissement du capital et l'intérêt;

e } La diminution des droits sur les vins et eaux-de-vie;

f) Des traités de commerce qui assure rit le débouché de nos vins à 1 étranger*

Chômage :

Le chômage se fait lourdement sentir chez nous parce que nous avons sur notre territoira 1.500.000 étrangers. 11 faut expulser 500.000 fascistes étrangers. Ce jour-là le grand patronat sera obligé d’embaucher de la main d’œuvre française. Parmi les étrangers que nous garderons en France, nous donnerons ta préférence à ceux qui ont le même sentiment de liberté que nous, nous expulserons les disciples d’Hitler et de Mussolini, les émigrés de l’ancienne Russie tzariste. Il y a chez nous assez cle fascistes sans que nous ayons besoin de fascistes étrangers*

Les décrets-lois :

Je suis contre les décrets-lois qui ont frappe les petits fonctionnaires, mais n ont jamais touché aux gros. Je me prononce pour la suppression des decrets-lois* Il est honteux qu ou ait touché aux anciens combattants.

Justice fiscale :

n fJ remettre l’4quilibre.dans, le budget, obliger à. payer l’impôt sur le revenu qu’elles 1 i t res deux cents familles qui possèdent à elles seules autant que 40 m.ll.ons de camouflent, ^ arranger où ils servent à construire des usines

français q /comme en Mandchourie où on a construit des usmes.qui

à™! étranger, ils seraient mien, placés dans notre industrie, notre commerce, notre agnculture.

Allocations aux familles nombreuses :

Te suis partisan que l’ou accorde la même allocation pour les familles nombreuses aux fds du paysan et de l’ouvrier qu’aux fils du fonctionnaire. Si je suis élu, je demanderai que

l'on vote une loi dans ce sens.

Désarmement des ligues :

Je, suis partisan du désarmement immédiat des ligues fascistes, de leur dissolution ; je .ai, dilution de. Croix de Feu. En .«et, toute. ligue, préparent I. guerre

civile 4

Fabrication des armes :

guerre, personne ne pousserait à la faire,

r.; ! \ -T • • fir „ . V:' *' --

Cumul :

. mie l’on interdise aux députés et sénateurs de faire autre chose que leur

SW. sénateur. II. ne devraient pa. avoir le droit d'étre membre du o.u.e.l

d’administration de sociétés capitalistes.

Contrôle de la presse :

fonds secrets.

Suppression des fonda secret s .

Je suis partisan convaincu de là suppression immédiate des fonds secrets.

Ecole laïque :

Elevé dan. une tradition républicaine, puisque j'ai ^ ^e^Uadéfensê

leur Priou.eau, dont te père était «NOM» d'école,, J. .ms. un, part, .an re.o de Y école» laïque.

Politique extérieure :

Je suis hostile à toute politique qui isole notre pays : la France isolée, comme e

voudrait la droite, ce serait demain la guene et a ce ai ®‘ . . ay parjement si demain

Telles sont les grandes lignes du programme que J

vou§ m'accordez votre confiance, * ■*£ Knm'onc*

Je lutterai pour le triomphé de, idée, d.ju.t.c. et do totem, té huma, ne.

J’aime passionnément mon pays et je le servirai de toute mon âme, car pour moi je ne puis concevoir la prospérité de la République sans la prospérité de la Patrie, mais cet amour de la Patrie est éloigné de tout nationalisme, car je ne hais pas la patrie des autres hommes on aimant la mienne*

Depuis onze ans que j’habite parmi vous, vous me connaissez : ma maison continuera toujours ii être ouverte à tous ceux qui ont besoin dTun service ou d'un conseil.

Vivant au milieu de vous, je vous servirai de mon mieux.

Vive fa France !

Vive la République !

Vive notre arrondissement de Barbezieux!

Raymond RÉTHORÉ

Propr iéi a i re-ag n !c u 1 teu r .

Maire de Magnac- La Valette*

Vice-Président

de la Fédération radicale et radicale-socialiste de la Charente.

Candidat radical et radical-social ta te de défense agricole et des intérêts des travailleurs*

Circonscription de COGNAC,

M. Georges MÉNIER (Groupe républicain radical et radical-sociaîîale,)

Plu pour la Pe fois le 29 avril 1928. — Réélu les 1” mai 1932 et 3 mai 1936.

Mes chers amis,

Pour la troisième fois, je viens solliciter vos suffrages et j’ai le ferme espoir que cette année, comme en 1928 et 1932, vous m'honorerez de votre confiance que j’ai conscience d avoir pleinement méritée*

Charentais de naissance et républicain d’origine, luttant dans notre arrondissement pour les idées républicaines depuis plus do trente années, vous me connaissez sans qu’il soit nécessaire de vous rappeler et mon passé politique, et ma fidélité à la Démocratie, et mon a ac lement a la petite patrie charentaise, mon dévouement passionné à ses intérêts que i’ai constamment défendus de toutes les forces dé mon activité attentive et fervente.

Aussi me bornerai-je à vous indiquer brièvement, d’une part ce que j’ai fait au cours / a dernière législature, d’autre part eeque je ferai si vous me confiez à nouveau la mission de vous représenter au Parlement.

Membre de la Commission des Douanes et conventions commerciales, de la Commission 6 3 - Ianne marchande, de la Commission d’administration générale, départementale et

communale, j'ai pu bien connaître les diverses et nombreuses questions intéressant notre région de Cognac*

Multiples furent mes interventions auprès des Ministres compétents pour sauvegarder les intérêts essentiels de notre arrondissement. Mais, surtout, je suis, à diverses reprises, monté à la tribune pour appeler l'attention du Gouvernement sur certains problèmes qui nous tiennent plus particulièrement à cœur.

Ainsi j’ai protesté contre le gaspillage des finances publiques ; je me suis énergiquement élevé contre toute augmentation des droits sur l'alcool, contre les lenteurs intolérables apportées au règlement des indemnités pour calamités agricoles. Je suis intervenu encore en faveur du maintien du régime des bouilleurs de cru, et pour obtenir la prorogation des délais de remboursement des prêts à moyen et à long terme du crédit agricole.

Mon activité ne s'est pas seulement manifestée par ces interventions à la tribune ou par ces démarches auprès des Ministres, Elle s’est encore journellement affirmée -— plus obscurément mais non moins utilement — dans les travaux des divers groupes auxquels j’appartiens : groupe de défense paysanne ; de défense du commerce de détail ; de défense des familles nombreuses; des retraités; des cheminots*.. ; groupe viticole; groupe de l’artisanat,.* Ce qui m'a permis de contribuer, et du meilleur de moi-même, à la défense des modestes, des petits et des humbles.

Fidèle à mon parti, et sans rien sacrifier de mes idées, connues de vous parce qu’à maintes reprises proclamées, je n'ai jamais ménagé mon concours — et sans arrière-pensée mesquine d’intérêt personnel, comme sans distinction d’opinion — à tout citoyen, à tout groupement, à toute œuvre, chaque fois qu'il s’est agi de ménager un peu de bien, de sauvegarder des droits menacés, de réparer des injustices, de corriger des erreurs-.,

CeLte conception objective de mon rôle de député a été ma constante règle de conduite parce qu'elle m'a paru la plus raisonnable, la plus juste et la plus humaine.

Voilà ce que j'ai fait. Que ferai-je demain ?

De toute mon activité; je m'emploierai à la défense de la République ; à la protection des intérêts économiques de la France et de notre Charente par la lutte contre la crise ; enfin, à la sauvegarde de la paix.

Partisan de la laïcité dans le sens large que doit comporter ce terme — trop souvent, à des fins partisanes, dénaturé impudemment — j'ai le respect absolu des croyances. Je ne subordonnerai jamais ni ma sympathie, ni mon aide à des considérations de croyances. Je ne demanderai jamais à personne s'il est catholique, protestant mahométau ou athée- Par contre, je me refuserai toujours à recevoir d’aucune confession des directives et encore moins des ordres.

Je suis, en effet, passionnément attaché au principe de la liberté de pensée. Pour moi^ la République doit être tolérante, ai elle veut être forte Si elle est forte, elle doit admettre la plus large liberté d’opinion. Voilà pourquoi la liberté d opinion doit être à la base même de toute République vraiment digne de ce nom.

Mais liberté ne signifie pas licence; tolérance ne doit pas être synonyme de faiblesse î aussi serai je toujours adversaire déclaré de tous ceux qui, sous une forme quelconque, sous un prétexte quelconque, voudraient porter atteinte au régime républicain. Je m affirmerai donc nettement partisan de la répression énergique de toutes manœuvres, d ou qu’elles viennent, susceptibles de mettre en péril notre idéal républicain, comme je réprouve toutes provocations tendant à susciter des troubles politiques ou sociaux, qu ils visent, dans leur réalisation immédiate, la sécurité des personnes ou la sûreté de 1 Etat-

Je ni1 appliquerai, dans toute la mesure où les circonstances le- permettront; à contribuer à lutter contre la crise qui nous accable* surtout dans notre région de Cognac;

Je m'associerai notamment à tous les efforts qui seront tentés en vue de la diminution du chômage et, dans un souci que tout homme de cœur doit avoir •■constamment présent à l1 esprit, pour ménager à notre jeunesse ardente, généreuse, pleine de foi dans un avenir pourtant incertain, les débouchés raisonnables auxquels elle a droit dé prétendre, au même Üire qu elle a le droit de prétendre à ïa vie*

Je m'attacherai, comme je l'ai toujours fuit du reste dans la défense de nos intérêts locaux, à ménager la revalorisation des produits de la terre, combinée avec une lutte sans merci contre la spéculation, source de la vie chère et cause de la misère de nos campagnes i

C'est, en effet, par la lutte contre la spéculation que Ton pourra diminuer l'écart exa^ géré entre les prix de gros et les prix de détail, assurant ainsi une rémunération normale chez le producteur comme chez P intermédiaire, tout en ménageant au consommai eur des prix raisonnables.

Pour ce qui est plus spécialement du problème agricole, je demanderai la livraison des engrais au prix de revient par les Offices nationaux de l'azote et des potassos — ce qui est du reste leur seule justification utilitaire — en même temps que le contrôle de la tarification et de la vente des superphosphates et autres engrais. Je travaillerai au développement dii crédit agricole qui, bien conçu et sagement réglementé, apportera une aide inappréciable à l1 agriculture.

Je ne négligerai pas davantage la question de l'épargne ; trop de mécomptes sollicitent notre attention à cet égard. J 'estime que la réglementation de la profession de banquier, comme la réglementation raisonnable des bilans des banques et des sociétés anonymes, doivent appeler l'intervention énergique du législateur.

De même, eL afin de lui ménager la plus large utilité sociale, j'estime qu’il y aurait lieu — mais avec la prudence qu'exige une aussi complexe matière dont dépend le crédit national — d'envisager la modernisation de la Banque de France,

Cet ensemble de mesures, jointes à la répression du gaspillage dans les administrations civiles ou militaires, à la laite acharnée, contre la fraude fiscale — conditions essentielles d'un assainissement financier indispensable — me paraissent devoir nous ménager, dans le labeur et le calme> un avenir très prochainement meilleur.

Pour ce qui concerne plus particulièrement notre pays de Cognac, vous savez quel a toujours été mon constant souci d’en défendre avec les intérêts primordiaux le prestige séculaire si cher à notre cœur. Mou activité d'hier en faveur de la viticulture et du. commerce est Ja sûre caution de mon activité de demain ; tous mes efforts viseront à étendre nos débouchés par la protection de notre cognac contre la fraude ; par la réduction des droits sur 1 alcool ; par le respect exigé, à l’étranger, des appellations d'origine ; par l'insertion dans les traités de commerce d'une clause favorisant la vente du précieux produit de notre sol cha reniais*

Je m'efforcerai enfin, dans la mesure de mon activité et de mes moyens, eide toute ma volonté tenace, à travailler à l'organisation de la paix, d’une paix durable et féconde, dans la dignité et dans b honneur.

Il est de toute évidence que la sécurité nationale réside dans la solidarité et non dam l'isolement.

La conception de la France est celle de la paix indivisible fondée sur une meilleure organisation de la sécurité collective, dans le cadre de la Société des Nations.

L assistance mutuelle obligatoire et immédiate, an moins dans des régions déterminée*

el en cas d'agression non provoquée, constitue le moyen préventif le- plus sûr pour empêcher

^Toute autre -conception aboutirait à la négation même de l’œuvre do paix que tout homme doit porter en son cœur.

Telles sont, mes -chers amis, les quelques idées générales qui vous permettront cl apprécier mon programme. Je vous les soumets dans toute la sérénité de ma conscience et vous assure de la fidélité de mon dévouement.

Georges MÉN 1ER

Député,

Maire honoraire de Cognac; Chevalier de la Légion d'honneur.

Candidat des Républicains,

Circonscription de CONFOLiENS*

Edouard PASGAUD

Élu pour la: première fois.le 29 avril 1928. - Réélu les 1- mai J932et 26' avril 1936.

Citoyens,

Le Corps- électoral va avoir à m=. prononcer. Il aura à choisir entre le programme.^ candidats qui sollicitent pour la première fois ses surages et celui moi qui, depuis- 1901, sans interruption, ai été- investi de mandats, auu • conseiller municipal que comme conseiller d'arrondissement, conseiller general, maire et

9 Scrupuleux de tous les engagements pris à votre ‘égard , je réclame, a fioe de votre confiance, fort par tous mes actes -d’avoir accomp i .avec loyale le. -d

missions âùnt ‘vous m’avesrehargé. , vîtes

Je ne veux pas énumérer les services qu’il m’a été possible de renc ie ü

et'aux particuliers. J’ai rempli mon rôle-en toute équité, très simplement; je d *

leurs aucune vanité. Ma porte a été ouverte à tout le monde. Il m a ainsi ete pe m , de re« voir tous ceux qui sont venus m’exposer leurs doléances comme aussi eurs aUénuer

sache pas que l’on puisse me reprocher d’avoir refusé mon modeste concours certaines difficultés et parfois pour soulager de cruelles misères.

Sur ce point particulier, je n’ai rien à me reprocher. , . .q,^

Au point de vue politique, j’ai suivi la ligne de conduite que m ont U* eto depms 1» les électeurs du Confoîentais. Répondant à l’appel que je leur adressais i 8 ce . p q ^ . plus tard en 1932. tous les vrais républicains m’encouragèrent dans la voie i « reforma hardies et vous conviendrez avec moi, citoyens, que si ces reformes n ou ■ pm ’

on ne saurait m’accuser de m’être prêté à des manœuvres qui avaient pour but de les

échouer.

Aujourd'hui il y a lieu de savoir 'si l'œuvre du Parlement de demain, dont l’imposante majorité sera l’expression de la volonté de tousjes [partis de gauche, connaîtra l'insuccès. Oes expériences ont été tentées, elles ont suffi a démontrer que, sans cohésion, sans entente, ceux qui se réclament le plus de la démocratie, ne peuvent arriver à rien. La pratique de certains errements que, pour ma part, j ai continuellement condamnés par mes votes, ne doit plusse continuer. Une besogne urgente s’impose : des hommes réfléchis autant qu'audacieux devront s’unir pour opérer sans retard d’imposantes transformations économiques, politiques et administratives qui permettront aux citoyens de reprendre confiance et au régime républicain de se maintenir.

ï our qu il en soit ainsi, un programme est nécessaire ■ c’est ce programme minimum que je veux vous tracer aussi succinctement que possible et soumettre ainsi à votre approbation,

Rénovation économique (Lutte contre le déséquilibre économique et le chômage) ;

Si les fonctions organiques de la société consistent à distribuer le travail, à assurer la production et à répartir les produits, 1 Etat, loin d’avoir réalisé l’harmonie entre la production et la consommation, se trouve sous la dépendance de pouvoirs occultes.

A côté des misères qui se généralisent, les cartels et les trusts maintiennent des prix élevés et font peser, sur l'économie nationale, une véritable dictature. Dans l’intérêt des classes laborieuses, il faut, sans retard, entreprendre la lutte contre ce déséquilibre économique et contre certaines organisations fascistes qui exploitent, celte situation pour le compte dos puissances d’argent.

Si les progrès techniques, le machinisme ont permis l’augmentation de la production, il faut que les moyens d acquisition soient maintenus à la hauteur de la production, d’où ta nécessité d’augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs de la ville et des champs. Briser la servitude économique, contrôler et, au besoin, absorber certaines entreprises qui sont de véritables monopoles de fait, tel est le devoir de l'État.

A la crise actuelle, sans précédent, exploitée par certains organismes, nous devons accomplir un « 89 » économique et la Nation libérée dirigera elle-même son économie au profit des travailleurs.

L Etat doit assurer le travail a tous les etres valides, à défaut, il doit venir en aide aux chômeurs involontaires. L'allocation de secours étant facultative et la misère, comme le désarroi, augmentant chaque jour, un fonds national de chômage doit être créé.

En outre, de vastes travaux devront cire entrepris, non seulement dans les grands centres, comme La prevu le plan Doumergue-Marquet, mais aussi dans les plus petites bourgades qui ne méritent pas d'être sacrifiées comme elles Pont été jusqu'ici. -

La réduction de la semaine de travail s’impose en instituant un minimum vital de salaire. Certains chômeurs devront être ramenés dans leur pays d'origine* Grâce à des ouvertures de crédit gagées sur le cheptel et à un système de location-vente ils deviendront propriétaires du sol cultivé.

3 our dégager le marché du travail, la scolarité obligatoire sera prolongée jusqu’à 14 ans.

Pour la jeunesse :

La jeunesse Irançaîse a le sentiment d avoir été trahie Déçue de n’avoir pu obtenir les emplois promis à ses efforts, elle réclame de nous un concours plus efficace.

Elle doit bénéficier momentanément d’allocations, en attendant que des décisions énergiques soient prises pour rajeunir les cadres et interdire les cumuls.

La réorganisation de 1 enseignement à tous les degrés s'impose pour préparer nos enfants a une vie nouvelle appropriée à révolution générale et pour cela if ne faudra plus marchander les crédits indispensables à cette œuvre éminemment sociale.^

Œuvre sociale :

La justice et la solidarité devant servir de base à la doctrine qui commande les réformes sociales, contre tous les risques, sans exception, il y aura lieu d'instituer l’organisation d'une grande assurance de solidarité nationale, de corriger les injustices dont sont frappés les enfants, les vieillards, les infirmes, les chômeurs, de supprimer ces iniquités sociales par l’amélioration du sort des travailleurs sous forme d’association du capital et du travail.

Respectant la propriété individuelle issue du travail et non de la spéculation, il faudra s’élever contre les abus de la propriété capitaliste qui devrait être contrôlée par l’État quand elle constitue un monopole de richesses.

Le fusionnement de toutes les classes dans la justice sociale et enfin la libération des travailleurs seront le complément logique de l’indépendance politique donnée au monde du travail.

Œuvre agricole :

La terre a cessé de nourrir ceux qui la cultivent. Le paysan qui s’est cru riche à l’époque de l’inflation, qui a été Lrompé par ceux qui ont spéculé sur sa situation, doit encore tout ou partie de ses biens. Les affres du passé sont revenues, l’inquiétude renaît au foyer* Les produits du sol sont à peine au coefficient 2, alors que ceux de l’industrie dont, chaque jour, le cultivateur a besoin, dépassent le chiffre 5.

Pour augmenter le pouvoir d’achat des ruraux, pour leur permettre de conserver le bien familial, il faut revaloriser les produits agricoles par des taxations, par la protection douanière, le stockage et réchelonnement des ventes assuré par un perfectionnement du crédit, La priorité devra être accordée sur le marché aux produits français par le développement de la consommation obtenue grâce â la réduction entre le prix à la production et ceux de détail* La diminution des prix de revient découlera de la baisse obligatoire des cours des engrais, des machines agricoles, des transports et de l’électricité.

Le monde paysan devra être défendu contre tous les consortiums qui maintiennent les prix des matières premières, qui règlent les cours des marchés. En bref, améliorer les conditions d’existence de tous ces travailleurs cruellement atteints, malgré leur énergie et leur honnêteté, dans leur honneur et leur probité.

Pour le commerce, l’artisanat, l’industrie ;

Le commerce est aux abois. Les artisans, qui contribuaient au renom de la France, sont dans l’inquiétude- Chaque jour, les industries ralentissent leur activité et les usines se ferment.

Devant des problèmes aussi graves, il faut augmenter le pouvoir d’achat par la fin du chômage, la revalorisation des produits agricoles et l’abrogation des décrets: lois. Réduire les tarifs de transports, supprimer le chiffre d’affaires et enfin, améliorer le crédit.

L’argent se trouvant monopolisé par quelques familles qui le détiennent, il est nécessaire de délivrer immédiatement les producteurs de cette servitude. La baisse du loyer de l’ argent doit rétablir la circulation des capitaux. La Rauque de France sera la Banque de la France et non la propriété exclusive d’une oligarchie qui sera remplacée par un comité de contrôle composé de délégués de l’État et de représentants des forces du travail, de i activilé industrielle, commerciale et agricole.

Les victimes de la guerre ;

Reconnaissant les sacrifices des victimes du fléau de 19(4-1918, i) appartiendra à la nouvelle Chambre d’obliger le Sénat à ne pas considérer le vote récent des élus d'hier pour la création d’une caisse autonome de pensions comme lettre morte et à exiger la suppression de certains décrets-lois qui ont frappé si durement et si injustement les mutilés et anciens combattants.

Les fonctionnaires :

En s’adressant à leur loyalisme, en rappelant leur dévouement à la chose publique, on sait d'avance que l'on peut collaborer en toute confiance avec leurs syndicats. En leur assurant également ia pleine indépendance qui est due à des citoyens libres, on poursuivra l’abrogation des décrets qui ont accablé les petits fonctionnaires et les retraités, de même que l’on exigera du Sénat que le régime normal des avancements, des indemnités et des retraites soit rétabli*

La politique financière :

En agissant contre la crise économique., on remédiera à la moins-value fiscale* Le déséquilibre budgétaire a été aggravé par les décrets-lois qui ont réduit la consommation et la matière imposable elle- me me* Cet équilibre ne peut être rétabli que par la prospérité générale.

Le réajustement de certains décrets-lois est indispensable car ils ont heurté les consciences républicaines en frappant les plus modestes. Plus que jamais il s agit d introduire plus de justice dans la répartition de charges et d’avoir recours k toutes les sévérités pour combattre l’évasion de capitaux qui constitue une faute fiscale évaluée à huit milliards.

Politique extérieure et de paix :

Mais, pour atteindre ces différentes réformes, les mener à bonne fin, la paix extérieure doit être assurée.

Une politique d’isolement pour la France, c’est vouer notre pays k sa perte complète. ■Seule, avec une faible population, dans sa situation économique et financière actuelle, que peut faire la France4?

(Test dans le cadre de la Société des Nations que notre pays trouvera le concours de la solidaH té internationale. Détruire le principe de cette Société, laisser son pacte inappliqué, c’est priver la France des appuis indispensables à sa defense.

De graves erreurs ont été commises* La politique d atermoiement a produit sort effet. Les hésitations de M, Pierre Laval ont permis à1 ^Allemagne d'imiter Lltalie et il est pénible de consfaler que, pour des fins électorales, certains partis qui devraient placer au-dessus de tout P intérêt de la nation, reniant leurs anciennes doctrines, n'hésitent pas à saper l'œuvre indispensable du moment.

Si les événements extérieurs ont une indéniable, gravité, il est nécessaire cependant de les considérer avec une certaine sérénité*

A Londres, la. France a été entendue dans un langage ferme, loyal, qui a traduit les sentiments de l'honneur cPun peuple qui veut être respecté ainsi que les traités lui en ont donné le droit, mais qui ne refuse cependant pas de discuter encore. Le pacte francosoviétique que Ton reproche aux partis de gauche d avoir conclu, n est qu un traité ouvert à la signature des autres puissances.

La France, par les déclarations ,de ses représentants a eloquemment affirmé qu elle ne voulait point la guerre et ne désire qu'une collaboration confiante avec toutes les nations# Chaque jour elle en donne des preuves : hier encore des questions précises ont été posées à F Allemagne ; demain comme aujourd’huîpe Gouvernement aura à cœur de ne rien négliger pour éviter une guerre qui conduirait à la misère et au fascisme.

Le Gouvernement de demain :

Le, glas des Gouvernements de trêve a sonné. Pour moi, qui n ai cessé de combattre cette union nationale qui n'a eu comme dessein que d'écraser les partis de gauche, je ne veux me souvenir que des journées du 14 juillet 1935 et du 16 février 1936.

16 février 1930, c'était l'union de cent mille Français qui manifestaient à Paris confie le lâche attentat commis par les ligues fascistes sur un de mes collègues du Parlement.

14 juillet 1935, c’était dans toute la France et, notamment, dans cette chère petite ville de Confolens, le rassemblement de tous ' les démocrates qui, dans le calme, la dignité, protestaient de leur attachement à la République, scellaient entre eux un pacte de fidélité et prêtaient le serment d’honneur de défendre le pain, la paix et la liberté,

A ce rassemblement républicain, jeunes et vieux militants ont senti se réveiller en eux cette foi qu'ils semblaient avoir perdue-

Si, le 1er juin 1936, les députés de gauche qui viendront siéger à la Chambre, poussés par la vague d'enthousiasme populaire, réservaient au pays républicain des déceptions semblable^ celles de 1924 et de 1932, le régime aurait vécu, la dictature fasciste prendrait sa place.

Citoyens,

Il ne saurait en être ainsi.

Fidèle au pacte que nous avons signé ensemble depuis huit ans, voulant préserver vos libertés publiques, assurer la rénovation économique dans la justice sociale, sauvegarder la paix par la fidélité à la Société des Nations, si, à nouveau, nous me désignez pour défendre vos droits comme vos intérêts, vous le savez.., rien ne saura m’arrêter pour lutter pour la vraie République par la réalisation totale d’une œuvre d’émancipation sociale, économique et de paix internationale,

Édouiah-d PAS GARD

Maire de Chasscaeuil.

Conseiller général.

Député de la Charente^

Circonscription de RUFFEC.

Ml Jacques POITOU - DUPLESSY

(Groupe de la Fédération républicaine de France,)

Elu pour la ire fois le 16 novembre 1919. —-Réélu les 1 1 mai 1924 et 3 mai 1936,

Chers concitoyens,

Député de la Charente au cours de deux législatures (1919-1924 et 1924-1928), je me suis appliqué à remplir toujours mon mandat loyalement en m’inspirant seulement du sentiment du devoir, du culte ardent de la France et du souci constant de servir les grands intérêts de la région chare niaise.

En toutes circonstances, je suis resté en contact étroit avec cette circonscription et j ai la fierté de pouvoir dire que, depuis 1919, j’ai mis — député ou non — mon activité à la disposition de tous les électeurs, sans distinction d’opinion. Ma porte a été ouverte à tous, Pareillement demain, si je suis élu, je ne veux plus connaître d’adversaires, et chaque mois, à Ruffec comme à Angoulême, je me tiendrai à la disposition de tous les électeurs.

En vous demandant donc de m’envoyer siéger à la Chambre, j’ai conscience de servir la grande cause de la réconciliation française, plus que jamais indispensable, à l’heure où tant de périls montent sur nous du fond de l’horizon.

Car le bilan de la Chambre expirante est terriblement lourd.

Faut-il le rappeler en quelques mots :

Dans l'ordre financier et économique :

80 milliards d'emprunts nouveaux en quatre ans ;

25 milliards de bons du Trésor ;

L’agriculture ruinée, les produits agricoles étant au-dessous de leur prix de revient;

La classe ouvrière frappée de 30 0/0 dans son salaire par les impôts indirects ;

La propriété bâtie sans ressources suffisantes pour donner du tra\rail à l'industrie du

bâtiment ;

Un chiffre d'affaires diminué considérablement;

L'exportation française déficitaire de 60 milliards en cinq ans ;

Plus de 400 milliards de dettes publiques ;

Environ 100 milliards d’impôts {Etat, départements et communes); Enfin, 25 0/0 de baisse en quatre ans sur tous les fonds d’Etat français.

Dans l’ordre de la politique extérieure :

L'Allemagne réarmée, réinstallée, menaçante, à quelques mètres de notre frontière, à

cause de la folie criminelle 'de nos dirigeants de gauche qui, le 11 décembre 1932, reconnaissaient à l'Allemagne l’égalité des droits*

Nos alliances disloquées, la Pologne retournée contre nous, IMtalie froissée, l'Angleterre

plus qu’hésitante*

Et, pour seule ressource, l'amitié des Soviets, qui voudraient faire de la France le soldat de Moscou * . *

Telle est {oeuvre de la majorité de gauche (400 députés sur 615) de cette législature» Sa responsabilité est accablante»

Un redressement s'impose donc, si nous voulons éviter de justesse la banqueroute, la ruine, la guerre étrangère et la guerre civile*

En présence d’une telle situation, plus que jamais je reste attaché à une politique de large réconciliation française et, écartant de mon programme toute promesse vaine, j’entends placer mon action au Parlement sous la formule suivante :

L — Pour P agriculture,

IL — Pour le commerce et l’industrie.

IIL — Pour les contribuables*

IY* — Pour la France.

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