‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 37 sur 186 · P. MA-THÉ · texte numérisé non relu

P. MA-THÉ

Circonscription de SE MUR.

M. François üe CHAMPEAUX

(Groupe de l'Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants.) Élu pour la lre fois le 3 mai 1936,

Chers concitoyens,

lom mieux vous faire connaître le sens total de ma candidature, je me permets do, vous soumettre les lignes essentielles de mon programme d’action que jjal dû forcément, écourter dans mes exposés oraux.

Libéré des entraves que créent les clans et les chapelles auxquels sont attachés les hommes politiques, je compte me consacrer spécialement et avec une entière indépendance aux besoins Importants de notre région, partie intégrante de la nation tout entière.

Toute mon attention, toute mon activité se porteront vers le retour d'une confiance q’oe, seule, peut inspirer une ferme aütortfé qui gouverne, èt celle-ci ne saurait s'exercer sans stabilité ministérielle et sans des compétences indiscutables prises, au besoin, en dehors du Parlement-

Lu fait, le pouvoir exécutif — seul responsable devant les Chambres — se doit de soustraite les droits de l'Etat à tout empiètement et de les concilier avec le respect de la conscience humaine.

Donc, point de sectarisme.

Mais il doit aussi, pour assurer au pays une existence digne d'une grande nation comme la notre, adopter résolument une gestion financière rigoureuse et attentive, étroitement liée aux plus incontestables nécessités.

Question financière :

Comme celles des particuliers, les ressources .d'un Etat ont des limites. Nous avons atteint sinon dépassé le maximum de l'effort fiscàUIl est impossible de demander au pays des sacrifices nouveaux. Bien au contraire, nous devons entrer dans Tère des dégrèvements et travailler sérieusement au rajustement des impois par la suppression ou la réduction de ceux1 q ii ntt e n otoire i n j us t i c e a re n du s i m p opu 1 a i r e s ,

Les taxes sur les mutations confisquent, au profit de l'Etat, plus de 25 0/0 de la fortune immobilière que viennent encore anémier les taxes excessives sur les successions en ligre directe ;

Les droits de circulation et de consommation sur les produits de première nécessité et ■ principalement' les produits agricoles, : ont créé dans les villes comme dans les campagnes une gêne qui les atteint dans leur force vive ;

Les taxes qui grèvent les transports font obstacle à la libre circulation des marchandises;

Les impôts indirects exagérés et la' taxe sur le chiffre d'affaires, qui fait du commerçant un véritable collecteur drimpots, sont une source de vie chère.

Ce sont là les principaux facteurs de l'interminable crise économique dont nous souffrons tous et qui ne saurait se prolonger plus longtemps sans généraliser un mécontentement redoutable pour le pays.

À cela, un seul remède : imposer aux gestionnaires des finances publiques, en même temps que la chasse impitoyable aux abus et aux gaspillages, le souci impérieux d économies sévères — non point d’économies empiriques et pas toujours équitables comme celles auxquelles, pressés parles circonstances, on a dû jusqirici recourir, mais des économies réelles et vraiment efficaces telles, par exemple, que l'industrialisation des monopoles exploités par L Etat, mauvais industriel et commerçant déplorable.

Il ne faut plus, en un mot, que l'impôt démesurément accru pour des besoins inexistants et purement démagogiques nés des promesses de candidats trop facilement prodigues du bien d'autrui, dévore au delà de vos ressources et de vos possibilités votre patrimoine ui-même.

Ii ne faut plus que de longues et oiseuses discussions parlementaires nuisent à 1 examen attentif de budgets trop souvent hâtivement bâclés. Un rigoureux équilibre s impose, tout en poursuivant ^amortissement de la Dette publique sans accabler les jeunes générations et sans négliger les dépenses de solidarité sociale.

C’est à ce prix que se maintiendra la stabilité de la monnaie et que nous arriverons, en le préservant des attaques sournoises dont il est l'objet, ' à conserver à notre franc sa puissance d'achat.

Politique intérieure :

Je suis résolument' hostile à T augmenta lion de la durée du mandat législatif qui aurait pour résultat d’éloigner davantage le mandataire de :ses électeurs, Par contre, j*s suis

partisan de la réduction du nombre des députes, sans cependant sacrifier les intérêts des populations agricoles, et je suis partisan de la suppression du vote par procuration à la Chambre : le député doit voter lui-même. J’estime, en outre, que l'Indemnité parlementaire, proportionnée au plus ou moins d assiduité aux séances, doit être soumise en totalité à T impôt général sur le revenu.

Politique étrangère :

En politique extérieure, ü faut mettre tout en œuvm pour assurer la paix.

Cette paix, je la désire ardemment comme tout bon Français. Non, certes, une paix d’humiliation ou d’arrogance, mais une paix uniquement fondée sur le droit et la justice.

Le principe de la sécurité collective préconisée par la Société des Nations a, dès long" temps, rallié tous les citoyens soucieux de vivre trân quilles du légitime produit de Leur travail.

Tant que subsistera, pour la France, l’état d’alarme où la placent les jalousies envieuses de voisins moins favorisés, il est essentiel de s entourer d amitiés et de nouer de cordiales ententes.

Je souscris, pour ma part, à toutes les alliances possibles, mais à la condition expresse que ces alliances, exclusivement défensives, ne sortent pas du cadre international et qu’elles ne donnent prétexte à aucune ingérence étrangère dans noire politique intérieure.

L’instruction publique :

En matière d’enseignement, je suis, pour la neutralité de l’école publique où le maître* respectueux de la jeune conscience de l’enfant et des droits incontestables des parents, doit faire abstraction de ses tendances philosophiques et de ses aspirations politiques.

Mais l'instruction ne doit pas s’en tenir là. Après une scolarité poursuivie aussi longtemps que le permettent les facultés de l’élève, je désire que soit développée 1 éducation physique, la formation agricole, technique et professionnelle, et je m’emploierai, en le soutenant, à encourager l’artisanat.

L’outillage national :

Vous êtes trop avertis des besoins de la collectivité pour que j’insiste longuement sur l’insuffisance de notre outillage national.

Qu’il s’agisse de l’équipement électrique ou de l’électrification rurale, des adductions d’eau potable, du reboisement ou de l’amélioration des canaux et des voies ferrées, f urgence s’avère tous les jours davantage d’y pourvoir ou de les compléter. Quant à nos chemins classés ou non, trop souvent impraticables, ü est indispensable que l’Etat prenne à sa charge leur entretien pour alléger les charges des communes généralement dépourvues dé ressources.

Plus particulièrement en ce qui concerne les adductions d’eau potable, la nécessite s’impose, dans chaque département, de dresser un plan général dont l'exécution s’effectuerait par tranches annuelles avec le concours largement consenti des pouvoirs publics, ainsi que je Fai proposé au conseil général.

Enfin, et sans prétendre avoir énuméré limitativement les travaux d’utilité publique qui s’imposent à l’attention de l’Administration supérieure, nous devons développer politiquement et méthodiquement nos relations avec notre domaine colonial dont nous sommes trop souvent tributaires sans légitime contre-partie.

La politique sociale ;

Mon programme serait incomplet si [je ne touchais on mot des questions sociales et si je ne proclamais très nettement mon attachement au principe de la propriété individuelle.

C’est elle qui stimule l’activité humaine ; c’est sur elle que se ronde et que repose la famille, cellule de la société.

Autant que ceux qui professent des idées dites « avancées » et qui bâtissent de magnifiques édifices sur les nuages, j’aspire à plus de justice sociale. De cette justice sociale, il faut que la doctrine républicaine se pénètre, tout particuliérement à l’égard des familles nombreuses, espoir de la France de demain — de la France que tant de héros ont arrosée de leur sang et envers lesquels elle a contracté mie dette imprescriptible de reconnaissance.

Pour tous les anciens combattants qui ont survécu à la tourmente, cette reconnaissance ne doit pas se borner à des manifestations verbales. Conservons-leur les droits sacrés que leur confère la grandeur de leur sacrifice. Je souscrirai à leurs revendications formulées avec modération et dignité.

Aux générations d’après guerre, aux jeunes, il faut assurer la place a laquelle ils ont droit. Facilitons leur ascension aux emplois ; veillons à ce qu’ils ne soient pas les victimes d'un favoritisme injustifié. 11 est indispensable, à ce propos, de réglementer plus équitablement la situation angoissante des chômeurs. Trop d’étrangers sont employés aux lieu et place de Français inoccupés : aidons les meilleurs d’entre eux à obtenir plus facilement une naturalisation qu'ils sont souvent les premiers à désirer, et exigeons le retour des autres, dans leur pays d’origine.

J’ai dit qu’il faut maintenir aux budgets les dépenses de solidarité sociale. Dans ces dépenses, je comprends tout naturellement les lois d’assistance en faveur des déshérités et des vaincus de la vie dont nous ne pouvons et ne devons pas nous désintéresser.

Les fonctionnaires :

La question des fonctionnaires ne doit pas, non plus, laisser les pouvoirs publics indifférents.

Ceux-là qui collaborent à la bonne marche des services administratifs ont pour devoir de seconder avec loyauté, dévouement et probité les autorités chargées de régir le pays, d’appliquer et de faire respecter les lois* Ils ont droit à des traitements qui, tout en restant proportionnés à l’importance de leurs fonctions, assurent la dignité de leur existence et les mettent à I abri de toutes sollicitations ou tentations.

Leur nombre doit être réduit là où des emplois sont reconnus inutiles* Mais ces réductions doivent être opérées non pas d’un trait de plume, au risque de grossir les rangs déjà trop nombreux des malheureux, mais par voie d’extinction*

Les intérêts agricoles :

J’en aurai terminé avec cette longue et pourtant incomplète énumération des réformes à soutenir quand, m’adressant plus particulièrement aux populations rurales, je leur aurai dit que leur députe doit être l’avocat des grands intérêts agricoles, auxquels sont si étroitement rattachés ceux des populations urbaines : commerçants, ouvriers et industriels*

Les agriculteurs, les éleveurs, les exploitants qui me connaissent sa’vent combien leur sort me préoccupe* Membre ou président de nombreuses associations agricoles, je n ignore rien de leurs besoins et de leurs désirs* Je les ai étudiés avant que de songer a les repi ésenter à la Chambre Je m’en suis pénétré.

Je sais que pour protéger efficacement l'agriculture, il faut reviser les tarifs douaniers, obtenir l’égalité entre elle et l’industrie, lutter contre les droits prohibitifs perçus sur les vins de France, réclamer îa diminution des tarifs de transport sur les produits de la Icne et sur les engrais, réduire les droits de succession et de mutation des biens agricoles.

Il faut étendre et simplifier le warrant agricole, généraliser les prêts à long terme, le crédit agricole, et faciliter les syndicats pour l’achat des engrais, du matériel et des semences. 11 faut aussi que, dans la répartition des crédits dont ils disposent, les pouvoirs publics il* oublient point que les populations rurales existent et que les nombreuses petites

villes et communes ont, pour le moins, autant de droits h leur sollicitude que les quelques grandes cités où s'effectuent trop volontiers des dépenses d'ordre somptuaire.

Enfin, l’accession à la propriété rurale doit être facilitée, et les avis des chambres d'agriculture, consultées préalablement à la conclusion des traités de commerce, doivenL être pris en considération au même titre que ceux des chambres de commerce,

I! me paraît, au surplus, indispensable, si je suis élu, de suivre les séances des groupements agricoles afin de vivre pleinement la vie corporative des producteurs de la terre.

Avec les ruraux, au milieu d'eux, au jour le jour, je préparerai le dossier de leurs revendications si légitimes.

Mon ober concitoyen,

Bien résolu à tenir mes promesses, je m'évertuerai à en poursuivre la réalisation en toutes occasions.

Je vous demande votre confiance.

Si vous me l’accordez, tous mes efforts tendront à ne la point démériter.

Vive la France républicaine !

Vive le progrès social dans la paix, l'union et la concorde I

François de CHAMPEAUX

Conseiller général. — Maire d'Essey.

Républicain de gauche.

Candidat de défense agricole et économique.

1TC circonscription de DINAN.

M. Michel GEISTDOERFER

(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la lre fois îe 29 avril 1928. — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

Electeurs,

En 1932, comme en 1928, je vous ai dit que mon seul but était de défendre la République et de contribuer de toutes mes forces à la propérité de la région dinannaise. Depuis huit ans, j’ai tenu ma promesse, j’ai fait mon devoir.

Les fonctions de maire de Dinan que j’exerce depuis 1929, m’ont facilité ma tâche. Toute la circonscription a bénéficié des créations que j’ai faites à Dinan au point de vue de l’agriculture, du commerce, des foires, de l’enseignement, du tourisme, contre le chômage. Il faut aujourd’hui, avant tout, combattre la crise économique et financière.

Âu point de vue financier ;

Répression de la fraude fiscale et de l'évasion des capitaux;

Equité fiscale ; .

Lutte contre les grands « trusts » et contre la féodalité financière qui ne cessent de

mettre en échec les réformes voulues par le Pays ;

Vote d'une législation particulière aux banques ;

Protection de l’épargne ;

Réforme de la Banque de France, aujourd’hui véritable Etat dans FEtat, qui doit devenir la Banque de la France ;

Redressement économique du pays par de grands travaux nécessaires à tous, redonner -aux Français leur capacité d’achat ;

Création de la Caisse des pensions ;

Industrialisation des services publics ;

Réforme de l'impôt sur le chiffre d’affaires.

Au point de vue social :

Humanisation ou abrogation des décrets-lois ;

Défense des droits des petits retraités ;

Amélioration du sort des sans- travail par l 'extension à toutes les communes de caisses de chômage, alimentées par un fonds national, et par 1 ouverture de grands travaux d utilité publique dans les villes et les campagnes.

Aide aux jeunes, victimes irresponsables de la crise, et par là même particulièrement dignes d'intérêt : jeunes ouvriers qui, devant les portes closes des ateliers, risquent de perdre le fruit de leurs années d'apprentissage ; jeunes paysans que la mévente des produits agricoles ne permet plus d’employer à la ferme paternelle ; jeunes intellectuels qui, malgré leurs diplômes, voient toutes les carrières se fermer devant eux ;

Défense des libertés syndicales et développement du syndicalisme sous toutes ses formes et dans tous les milieux ;

Maintien des droits acquis des anciens combattants, notamment en matière de pensions et de retraites, et augmentation de ces avantages au fur et à” mesure que les circonstances le permettront ;

Révision des pensions de guerre scandaleuses accordées à ceux qui n’y ont aucun droit,- Au point de vue agricole :

En France, 20 millions d'habitants vivent de l’agriculture et des industries qui en dérivent :

J'ai voté louLes les fois qui ont favorisé l'agriculture française ruinée par le Bloc national ;

Je me suis particulièrement attaché, d’accord avec les organisations agricoles, à faire bénéficier la région dinamaaise des primes pour la vente du blé.

J'ai contribué à obtenir pour F arrondissement de Oman, le droit de cultiver la betterave sucrière.

Représentant un pays dont les crus de cidre sont réputés, je n’ai cessé, comme vice» président du Groupe cidricole, de servir les producteurs de pommes et de cidre (Abaissement des Irais qui frappent la production et la circulation des cidres).

Il faut aujourd'hui assurer :

— la revalorisation des produits agricoles ;

— le respect d’un moratoire pour certaines dettes agricoles, en particulier les intérêts d'emprunts ;

— l'abaissement du prix des engrais ;

— la construction accélérée des chemins ruraux pour achever de désenclaver les villages et pour faciliter l'accès des grandes surfaces labourables.

Au point de vue maritime :

Vice-président de la Commission de la marine marchande, j’ai proposé à la Chambre ou j’y ai rapporté toutes les grandes réformes : protection de la pêche à la morue et de la tlotte de commerce {flotte charbonnière), par l’établissement des contingents, droits de douane, primes à 1 exportation, primes à l'armement, correspondance postale et aérienne sur les lieux de pêches, avantages au paxillon français.

Secrétaire de la Commission des colonies, j’ai pu étudier et suivre les problèmes maritimes et coloniaux dans leur ensemble.

J’ai déposé les propositions et les rapports qui ont réalisé la péréquation des retraites des inscrits maritimes et la création de la prime hauturière au profit des vieux marins comme des jeunes, et qui ont pour but la réforme des commissions de visite.

Au point de vue artisanal et commercial ;

Vice-président du Groupe de défense artisanale à la Chambre, j’ai adhéré au programme de la Confédération générale de l’artisanat de France, et j’ai collaboré avec la Section artisanale et la Chambre des métiers de l'arrondissement de Dinan pour défendre le petit et le moyen commerce écrasés par la concurrence des magasins tentaculaires. Aide aux artisans, par 1 extension des crédits qui leur sont necessaires.

Au point de vue scolaire :

Défense énergique de la laïcité de l'Etat* Seule la laïcité peut assurer la neutralité et la liberté de conscience ;

Organisation démocratique et gratuite de renseignement, notamment de l’enseignement technique et artistique pour le peuple, comme je l’ai fait à Dinan.

Réforme de TEtat :

Membre et rapporteur de la Commission de la réforme de PElat, j’ai proposé le vote des dispositions qui sont devenues ou deviendront demain des mesures législatives {Conseil supérieur économique du travail, vote des absents, simplification des méthodes parlementaires et de Inorganisation administrative et judiciaire, restauration de Pau to ri Lé de l'Etat et de son budget, décentralisation régionale).

Au point de vue extérieur ;

Un relèvement ne sera possible que si îa Paix est établie sur des bases solides, sur un Pacte précis, assurant la vie normale des peuples et la sécurité collective par l'assistance mutuelle*

C'est possible, et c est la France qui toujours eut et a encore aujourd'hui P honneur (Lavoir l'initiative de cette politique internationale.

La Paix intérieure est une condition de la Paix extérieure, j'ai combattu et je combattrai de toutes mes forces les entrepreneurs en France de guerre civile et de coup d’Etat,

Seule une politique d’entente européenne peut sauver la France et l'Europe et éviter la guerre.

C’est la politique d'Aristide Briand combattue ouvertement ou sournoisement par le» gouve moments réaction n a i res *

La réaction combat actuellement le Pacte franco soviétique (signé par M* Laval) et la politique extérieure de M. Flan d in.

Pour elle, l’intérêt du fascisme passe avant celui de la France,

Aussi, fidèle à ma politique, j'ai fait mon devoir républicain en adhérant au programme du Rassemblement populaire contre la politique an Li française des fascistes*

Ne vous laissez pas tromper ! Le vous trompez pas !

Votez tous contre le cartel des droites !

Républicains de toutes les nuances, unissez-vous !

Votez contre le fascisme, car l'expérience a prouve que le fascisme c’est la guerre-

Pour la défense de la République !

Pour la Paix intérieure !

Pour la Paix extérieure î

Vive la lw circonscription de Dinan qui a toujours été républicaine !

Vive la République î

Michel GEISTDOERFER

Député de la l*c circonscription de Dinan.

Maire de Dinan,

Crois de Guerre,

Vice-président de la Commission de la marine marchande Vice-président du Groupe ci dri col e.

Vice-président du Groupe de défense artisanale*

Secrétaire de la Commission des colonies*

Membre de la Commission de l 'aéronautique*

Memb e de la Commission de la réforme de l'Etat*

2° circonscription de DINA N.

M. Louis de CHAPPEDELAINE

(Groupe de la Gauche démocratique et radicale indépendante.)

Elu pour la lîe fois le S mai 1910. — Réélu les 26 avril 1914, 16 novembre 1919, 11 mai 1924, 22 avril 1928, 1er mai 1932 et 26 avril 1936*

Messieurs les Electeurs,

Pal l'honneur de venir pour la septième, fois vous demander de m'investir de votre confiance.

Je ne sépare pas le culte de la patrie de l’amour de la République.

L’heure est venue où les républicains doivent se montrer pour défendre nos institutions libres contre les fascistes et les fauteurs de guerre civile.

Le Gouvernement auquel j’ai l'honneur d'appartenir a prouvé, par ses actes, que, nous savions combattre les factieux et assurer l'ordre républicain.

Nous devons respecter la liberté de conscience et tes croyances de chacun, mais la laïcité de PEtat doit être maintenue dans son intégrité. Pour ma part, en toutes occasions, je saurai défendre nos écoles publiques. L'éducation et l'instruction du peuple sont la base même de la société moderne. G'est un devoir de les perfectionner sans cesse.

La famille et la propriété individuelle doivent être protégées et défendues» Loin de vouloir supprimer la propriété, nous devons au contraire en faciliter l’accession aux travailleurs.

Agriculteurs,

La crise dont vous avez souffert s'atténue chaque jour» Bientôt elle ne sera plus qu’un souvenir.

Les mesures prises par les Pouvoirs publics ont porté leurs fruits et les produits agricoles ont été revalorisés. Cette revalorisation doit être maintenue et poursuivie par des moyens appropriés.

Il faut continuer l'équipement rural et poursuivre en particulier la construction des chemins ruraux, œuvre à laquelle j'ai consacré ma vie et pour laquelle j’ai obtenu de si grands résultats. Grâce à mon action personnelle, un réseau de chemins ruraux a été créé dans la France entière et, dans les Côtes-du-Nord il en a été construit, en sept années, pour 80 millions.

Il faut construire aussi des routes de grand tourisme pour encourager les étrangers à venir chez nous, continuer l'électrification des campagnes et l'adduction d’eau potable, enfin mettre à la disposition des communes rurales, de l'argent à bon marché pour l'exécution de tous les travaux qu'elles jugeront nécessaires. 11 faut développer encore le crédit agricole pour faciliter le warrantage des produits de la terre et permettre aux cultivateurs l'échelonnement de leurs ventes.

Anciens combattants et victimes de la guerre,

Si nous avons dû vous demander un sacrifice momentané pour équilibrer le budget, nous avons pris l’engagement de le faire cesser dès que le déficit budgétaire aura disparu*

Fonctionnaires, cheminots et pensionnés,

Si vous n'aviez pas consenti Les sacrifices que nous vous avons demandés, notre monnaie serait tombée à rien et vos traitements et pensions auraient été dépourvus de toute capacité d'achat. En sauvant le franc, nous avons sauvé vos revenus. En toute circonstance je serai prêt à écouter avec bienveillance vos revendications*

Ouvriers T

Nous continuerons le programme d’outillage national qui vient d'être amorcé et dont le but principal est de vous mettre à l’abri du chômage.

Je veux, que vous soyez garantis contre tous les risques, les accidents, la maladie et l’invalidité. Je veux que vous puissiez finir vos jours à l'abri du besoin et dans la dignité*

Je suis un partisan résolu de la protection des familles nombreuses, de l'encouragement à la natalité, ï! faut en outre développer les institutions d'hygiène et de prévoyance sociale,, supprimer les taudis et lutter contre la tuberculose.

Consommateurs, commerçants, industriels,

J’ai toujours affirmé qu'il fallait diminuer les impôts* Je suis plus que jamais partisan de cette réforme. Je suis certain que loin de creuser un trou dans notre budget, les recettes, au contraire, ne feraient qu'augmenter car l'allégement fiscal provoquerait la reprise des affaires, L'Etat percevrait moins sur chaque objet, mais il percevrait sur un plus grand nombre d’objets. Enfin il n’est pas de moyen plus propre à diminuer le coût de la vie que l’allègement du fardeau fiscal.

Inscrits maritimes,

Je n'ai pas cessé de m’intéresser à votre sort sous toutes ses formes, avant et depuis que je suis à Ja tête de la Marine marchande.

Continuant le redressement de vos pensions, jJai fait voter, le 31 décembre 1935, le relèvement des pensions des marins hauturiers retraités avant le 1er janvier 1930.

Il y a quelques semaines, j’ai fait voter la loi d'aide et de protection à l’armement dont le but principal est de combattre le chômage des marins. J’ai fait voter les mesures utiles à la protection de la grande pêche. Comptez toujours sur toute ma sollicitude.

Electeurs,

Je m'honore d'avoir voté les mesures nécessaires à la défense nationale, car dans la situation grave que nous traversons, elles sont indispensables pour le maintien de la paix*

Le Gouvernement Sarraut ne néglige aucune occasion de resserrer le faisceau de nos alliances et de nos amitiés*

Une armée forte et des alliances solides nous mettront à l'abri de toutes les agressions et permettront à la France de poursuivre dans le monde une œuvre de paix et de civilisation.

Si vous approuvez ce programme et si vous pensez que mon labeur, pendant de longues années, pour défendre vos intérêts est pour vous un sûr garant de l'avenir, venez le 26 avril m’apporter vos suffrages* Demain, comme hier, je resterai votre ami fidèle et dévoué.

Vive la République l

Louis de CÏÏAPPEDELAÏNE*

lTe circonscription de Guingamp*

M. Yves HERVÉ

(Groupe des républicains indépendants et d’action sociale.) Elu pour la 1re fois le 3 mai 1930.

Chers Concitoyens et Amis,

Je me présente à vos suffrages.

Cultivateurs,

Il y a quatre ans, j’envisageais que le premier devoir de la Chambre, s appuyant sur une forte majorité, eût été de mettre tout eu œuvre pour ramener la prospérité dans nos campagnes.

Or cette Chambre du Cartel des gauches non seulement n’a rien fait pour remédier à la crise agricole, mais encore l’a laissée s’aggraver.

J’étais partisan delà révision des baux à ferme par une commission composée de propriétaires et de fermiers. — Un décret du 8 août 1935 nous a simplement accordé une réduction de 10 0/0, sans souci de rechercher les erreurs contenues dans certains baux trop élevés, alors que les prix de nos produits ne faisaient que baisser*

Mieux que quiconque je. sais quels sont vos intérêts,..

Mieux que quiconque, par conséquent, je saurai les défendre.

Ouvriers,

Vous sa iveE tous que la situation dans les villes est fonction de la situation dans les iOaiupagnes : la misère dans les campagnes se traduit par la misère dans les villes, et la crise agricole a *eu pour effet d’augmenter le chômage, — Qu’a ifait le Gouvernement du Cartel des gauches pour y remédier ?... Rien,

Lorsque le plan d’outillage national a été mis sur pied, la Bretagne a été oubliée, et les intérêts des ouvriers bretons ont été lésés,

« Commerçants,

Je sais que le poids des impôts est trop lourd. On vous avait promis de diminuer vos charges ; or elles n’ont fait qu’augmenter et menacent de vous acculer à la ruine*

Je suis partisan de la suppression de cet impôt inique : 1 impôt sur le chiffre d affaires* 11 est nécessaire également de reviser îe statut légal des cooperatives. Tout en reconnaissant leur utilité, j/estime qu'elles doivent apporter au fisc leur part contributive, car P égalité devant P impôt est une question de justice.

Anciens combattants, muLilés de guerre, veuves de guerre,

La révision des mesures qui vous ont trop durement frappés s’impose. - — J ensuis des vôtres, et vous pouvez compter sur moi pour la défense et la sauvegarde de vos intérêts.

Electeurs de toutes catégories et de toutes conditions,

Quoi qu’en dise mon concurrent À. Lorgeré, je ne suis à la remorque de personne, ni il la solde des « hobereaux i> dont il vous livre les noms en pâture, tandis que je pourrais,

en revanche, lui citer certains hobereaux de gauche qui sont scs amis et ses soutiens, — Vous me connaissez tous et vous savez bien que je gagne modestement ma vie en travaillant la terre.

Il y a quatre ans on vous a trompés, Oo vous disait que voter pour moi c'était voter pour la crise, pour le chômage, pour la guerre, etc. La guerre,,, elle est à nos portes, cette guerre abominable que plus que personne je hais, car j’en soulTre encore !

Celte fois, réfléchissez.

Votre député sortant a pleinement adhéré, sans réserves, au nouveau cartel, dit <c Front populaire alliance nouvelle qui doit nous faire craindre les pires désordres.

Je suis resté le même : républicain sincère je suis partisan de toutes les libertés démocratiques, notamment de la liberté de conscience et du voLe familial, — Je désire ardemment que la France éternelle, libre et prospère, vive dans For dre et dans la paix.

C est vers ce but que tendront tous mes efforts de vrai républicain.

Tous, cultivateurs, ouvriers, commerçants, petits rentiers, secouez le joug que l’on veut vous imposer à nouveau. En ralliant vos suffrages sur mon nom, vous conserverez vos libertés républicaines. — - Comptez sur mon dévouement.

Vive la France J Vive la République !

Yves HERVÉ

Cultivateur.

2e circonscription de GUINGÂMP.

M, Piefhe SKRANDOUR (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)

Elu pour la ï Te fois le 3 mai 1936.

C h e r s c o m p a tri o tes f

Le 26 avril prochain, vous accomplirez votre devoir électoral.

Délégué par le congrès du parti républicain radical et radical-socialiste comme candidat de r union des gauches, je viens solliciter Vos suffrages.

Arrière petit-fils, petit-fils, fils de cultivateur, né et élevé parmi vous, parlant votre langue, n ignorant aucun de vos besoins, connaissant toutes les injustices dont vous êtes victimes, étant réellement des vôtres, je crois vous apporter toutes les qualités d'un vrai défenseur.

Je nJ appartiens pas à une caste et n'ai pas à en soutenir la politique égoïste. Comme vous, comme la majorité du pays, je suis du peuple. Elevé dans le respect du travailleur, j entends que celui-ci, cultivateur, ouvrier ou commerçant, puisse vivre honorablement de son labeur.

Je défendrai une politique d’action et de défense républicaines et sociales.

L exposé de mon programme m'apportera, je l'espère, votre confiance.

Politique extérieure. — La paix :

Je suis pacifiste ; et je veux travailler de tous mes efforts à réaliser la paix.

La paix véritable doit être fondée sur la justice internationale.

àS

La France doit poursuivre sa politique de justice et de paix réclamée par toute» les démocraties. Pour cela, il faut avoir recours à des pactes de garantie assurant la paix du

monde et la sécurité de la France. .

La Société des Nations est la meilleure assurance de ia paix interna Lionale, c est en elle que la France doit chercher et trouver sa sécurité. Sans elle, ne serions-nous pas déjà entraînés dans la plus affreuse des guerres à la suite des incidents créés par Hitler le 7 mars dernier*

Politique intérieure :

L’union de tous les républicains doit Être, le 2 fi avril prochain, le cri de tous les républicâins sincères.

Nous voulons conserver et protéger le beau patrimoine que nos ancêtres et nos prédécesseurs ont conquis par plus d’un siècle d’efforts. Nous le défendrons contre toutes les dictatures,. Et, dans cet ordre d’idées, nous veillerons à l’application stricte des lois récemment votées concernant la dissolution des ligues armées et factieuses. Nous demandons la nationalisation des industries de guerre et la suppression du commerce privé des armes.

Nous voulons lutter contre toutes les injustices et contre toutes les iniquités qui pèsent lourdement sur les travailleurs et surtout snr les travailleurs de la terre.

Nous voulons la laïcité de l’Etat ; mais nous considérons cette laïcité comme devant assurer la liberté de conscience et non pas comme un instrument de lutte et un ferment de haine entre les citoyens.

Politique sociale :

Le régime démocratique doit donner à tout citoyen le moyen de s élever par son travail et par son énergie.

Il faut lutter contre les abus du capitalisme et contre l’exploitation du travailleur ; il faut assurer à tous les travailleurs, h ceux des villes comme à ceux de la terre, le droit de posséder le fruit et l’instrument de leur travail.

Protection de l’agriculture :

Notre circonscription est, avant tout, une région agricole ; l’agriculture a droit aux mêmes protections et aux mêmes faveurs que les autres sources de richesse nationale.

Actuellement, l’agriculture souffre d’une rupture d’équilibre entre les prix industriels et les prix agricoles. Les produits de la terre sont au coefficient 2 par rapport à 1913, alors que ceux de l’industrie, dont le cultivateur ne peut se dispenser, atteignent le coefficient 5.

La France, qui est essentiellement un pays agricole, ne peut prospérer et vivre que si cette rupture d’équilibre est corrigée ; nous nous appliquerons de toutes nos forces à le rétablir, en nous associant, d’accord avec les organisations agricoles qualifiées, à toutes les mesures de revalorisation concernant notamment l’élevage et les céréales.

Dans ce but, nous préconisons :

1° La revalorisation des produits agricoles (taxation, protection douanière, échelonnement des ventes, perfectionnement du crédit, etc.).

2° Augmentation des quantités vendues (priorité des produits de chez nous sur le marche national, développement delà consommation intérieure, exportation),

3* Diminution des prix de revient (baisse du coût des engrais, des machines agricoles, des transports, do l’électricité, allègement des charges fiscales).

Nous défendrons l’agriculture contre les consortiums qui maintiennent élevés le prix des matières premières et règlent le cours des marchés.

Nous exigerons un moratoire des dettes et la suppression dé toutes les poursuites contre les cultivateurs de bonne foi cruellement atteints par la crise*

En ce qui concerne les baux à ferme, nous sommes partisans de baux à longue durée qui seuls permettent une culture rationnelle, avec échelle mobile s'adaptant au prix de vente des principaux produits du sol.

Cette conception respecte à la fois les intérêts du propriétaire et du fermier.

Nous voulons aussi que soient déterminés les droits des fermiers sortants, de manière à leur assurer une légitime indemnité pour les améliorations qulls auront apportées à la terre par eux exploitée.

Crédit agricole;

Pour le crédit agricole, nous réclamerons plus de liberté dans l'interprétation des textes législatifs et ministériels, afin de donner plus de souplesse aux opérations très particulières de notre région.

Victimes de la guerre, anciens combattants et familles nombreuses,

Vous qui avez tant de droits sur la Nation, vous devez avoir toute la sollicitude des pouvoirs publics.

Commerçants et ouvrier s,

Les maux dont souffrent. les ruraux sont également les vôtres. De la prospérité de b agriculture dépend votre propre prospérité.

Nous préconisons ;

A. — Pour les commerçants :

1° La restitution d’une clientèle au pouvoir d'achat augmenté,

2" La réduction des charges* (Suppression totale de la taxe sur Je chiffre d'affaires et allègement des tarifs de transport*)

3° Amélioration du crédit. Car le crédit est le grand levier du monde moderne. Malheureusement, l'argent se trouve monopolisé par quelques familles privilégiées qui le détiennent par hérédité.

B. — Pour les ouvriers :

1° La lutte contre le chômage, — Si les chômeurs des villes sont secourus, il n'en est pas de même de ceux des campagnes. Les budgets communaux ne peuvent par venir en aide à leurs chômeurs, aussi seraiL-il urgent d'opérer la création d'un fonds national de chômage,

2° Mise en chantier d'un plan des grands travaux, — Mieux encore que secourir le chômeur, il serait nécessaire de lui donner du travail. Il y aurait donc lieu de mettre en chantier un plan de grands travaux : les uns concernant l'outillage national* les autres intéressant les populations rurales jusqu'ici presque oubliées (chemins ruraux, meilleure hygiène des habitations rurales, etc.).

Au point de vue financier :

Nous estimons nécessaire d'équilibrer le budget et* dans ce but, nous proposons :

1* De ne voter que les dépenses strictement indispensables ;

2° De couvrir ces dépenses par des recettes certaines auxquelles prendront part les contribuables dans la mesure équitable de leurs ressources.

Nous demandons, en outre ;

Le contrôle de toutes les organisations bancaires et la défense de l’épargne nationale contre tous les rapaces de la finance*

La réorganisation du conseil d’administration de la Banque de France, celle-ci devant être uniquement au service de la Nation et non au service de quelques familles privilégiées.

Cîiers Compatriotes,

Pour réaliser cette politique républicaine, de paix, de redressement, de liberté et de justice, il faut l'union de tous les républicains.

Cultivateurs, commerçants, ouvriers, travailleurs de tous ordres et de toutes catégories, c’est à vous que nous nous adressons*

Contre la réaction ! contre les féodaux ! contre le fascisme !

Nous vous demandons de faire bloc* — Nous vous demandons, pour la sauvegarde de vos intérêts et de vos libertés, de faire, le 26 avril prochain, Punion de tous les républicains* Qu’aucune voix républicaine ne s’égare! — Tous aux urnes. — Pas d’abstentions, — Pour le triomphe de l’idéal républicain !

Vive la deuxième circonscription de Guingamp 1 Vive la République laïque, démocratique et sociale !

Pierre SÉRANDOUR

Candidat radical-socialiste de PUnion des gauches pour la défense ouvrière, paysanne et commerciale.

Circonscription de LANNION.

M* Philippe LE MAUX (Groupe socialiste.)

Elu pour la ïre fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du groupe socialiste S. F* I. O*, p, 3.)

Electeurs, il faut choisir !

Voter pour les candidats bourgeois, c’est voter pour le capitaliste.

Et le capitalisme, c’est le régime de l’égoïsme,

C esi la misère entretenue pour consolider les privilèges des parasites.

C’est le chômage, la baisse des salaires et des retraites, la diminution des possibilités d’achats, c’est la crise*

C’est l’esclavage, sous la dictature de l’argent et des ligues armées (Croix de feu, etc.)* C est la guerre prochaine, pour réduire les chômeurs en les faisant tuer et pour permettre aux capitalistes de s'enrichir encore, comme M. de Wendeï qui vend du minerai de

fer à Hitler pour lui permettre de fabriquer les obus destinés à tuer les ouvriers, marins et paysans de France,

C’est faire payer les pauvres de leur argent et de leur sang pour que les riches s'engraissent toujours un peu plus.

Voter pour Philippe Le Maux, c’est voter pour ie socialisme.

Et le socialisme, c'est :

Pour les ouvriers :

L’assurance de salaires proportionnés au prix de la vie ; la fin du chômage ; les vieux jours assurés par une pension suffisante.

Pour les marins :

La disparition d’inégalités choquantes (service militaire, pensions, etc.),

La disparition du chômage par la nationalisation des grandes compagnies de navigation, La protection efficace des marins-pêcheurs, La défense assurée des droits de tous les travailleurs de la mer.

Pour les commerçants :

Le remplacement des mu'tiples impôts vexatoires par une taxe unique à la production.

La certitude de pouvoir vendre à des consommateurs qui pourront gagner et par couséquent dépenser.

Pour les paysans :

Le statut de la terre, avec bail de longue durée, prix de fermage équitable et droit de reprise. L’organisation de la profession agricole, garantissant la vente des produits (blé, 1m, bêtes). C’est la garantie d’une retraite pour les vieux paysans et la certitude de trouver de la terre à travailler pour les jeunes.

Pour tous :

La certitude que les riches paieront et que les travailleurs pourront jouir de leur labeur,

\oter pour le candidat socialiste, c est voter contre 3a misère, le fascisme et la guerre.

Ouvriers, marins, commerçants, paysans,

Pour le pain, pour la paix, pour la liberté,

^ otez tous pour Philippe Le Maux, candidat du Parti socialiste (S. F. L 0.).

Philippe LE MAUX Candidat du Parti socialiste (S. F, I. 0.).

Circonscription de LQUDÉAG.

M. Paul MOB A NE

(Groupe des républicains indépendants et d’action sociale*) Elu pour la lr* fois le 26 avril 1936,

Mes chers amis*

Dans quelques jours vont avoir lieu les élections législatives et, fidèle à la promesse que je vous ai faite au lendemain de celles de 1932, je me représente à vos libres suffrages.

Nous venons de traverser une période de quatre années de troubles intérieurs et de menaces extérieures qui exigent, aujourd'hui plus impérieusement que jamais, Fanion de tous les Français.

Les années écoulées ne m ont pas changé et je reste, aujourd'hui comme hier, fidèle à mon programme de défense agricole et de paix sociale.

Politique extérieure :

ïl est désirable qu’une politique d'entente et d’assistance mutuelle, de désarmement, à condition qnfil soit général, s’instaure entre les peuples, mais il faut que la France soit forte et respectée et s’appuie sur de solides amitiés qui constituent les garanties les plus efficaces de celte paix que nous vouions sauvegarder.

Politique intérieure :

La réforme de l’Etat, dont les rouages administratifs compliqués et coûteux entravent l’économie nationale, et ^Institution d’un régime de représentation professionnelle appelé à étudier et à résoudre les problèmes économiques s’avèrent chaque jour indispensables.

L’ordre et le respect des libertés doivent être rigoureusement observés par tous.

Politique économique et sociale ;

La sagesse exige que les impôts diminuent» Il faut que F Etat entre dans la voie det économies par une meilleure organisation et la suppression du gaspillage.

L'économie nationale doit être protégée contre la concurrence étrangère par [le système des contingentements et par la révision complète des tarifs douaniers.!

Les commerçants, dont le Front révolutionnaire a juré la suppression, jouent un rôle indispensable dans la vie du pays. Je les défendrai contre une fiscalité écrasante et contre les exigences d’une Administration souvent peu compréhensive.

Les transporteurs ne doivent pas être sacrifiés au profit du rail qui ne peut rendre les mêmes services à la vie rurale.

Les artisans doivent être garantis que leur travail indépendant sera défendu contre les grosses entreprises capitalistes et contre la concurrence étrangère.

Les ouvriers doivent être protégés par la fermeture des frontières aux ouvriers etrangers et même, si besoin en est, par le refoulement de ceux-ci. Un programme de grands travaux doit leur assurer un travail régulier.

Les victimes de la guerre, grâce auxquelles nous ne vivons pas sous le joug étranger, peuvent prétendre que leurs revendications collectives soient soutenues et que leurs droits individuels soient respectés.

Les pères de famille doivent exiger que les droits des enfants soient égaux devant la loi et que les allocations aux familles nombreuses soient enfin réparties de façon équitable.

Politique agricole :

Candidat de défense paysanne, je suis certain de défendre les intérêts vitaux des commerçants, artisans et ouvriers, dont la prospérité est si étroitement liée à celle des cultivateurs, en donnant la priorité aux intérêts agricoles en union étroite avec leurs groupements professionnels.

En particulier, je consacrerai toute mon activité à obtenir :

La fermeture de nos frontières aux produits étrangers;

La revalorisation du bétail et de tontes les productions de F agriculture, sans négliger les cultures dites secondaires;

La réduction do prix de transport des engrais ;

La diminution des charges Fiscales qui écrasent en particulier le petit propriétaire exploitant ;

L'octroi de prêts du crédit agricole, amortissable par fractions à la naissance des enfants, aux jeunes ménages ruraux désirant s'établir;

La fourniture exclusive de produits français aux administrations françaises ;

La défense de noLre élevage chevalin ;

La révision immédiate de la loi des assurances sociales, qui doit être rendue facultative avec suppression du précompte ;

La réduction do droit de circulation sur le cidre ;

La répression rigoureuse des fraudes et des spéculations;

L'indemnité de plus-value au fermier sortant;

La simplification des formalités pour le remboursement aux riverains des forêts des dégâts causés par le gros gibier ;

La liberté pour les bouilleurs de cru.

Mes chers amis,

Lsheure des vaines et stériles querelles politiques est passée ! La France, pour être sauvée, exige le regroupement de toutes les forces du pays qui, ayant trop souffert déjà des méfaits de la politique menée par les gouvernements cartellistes issus de la majorité de 1932, ne veulent pas que notre beau pays soit livré au front révolutionnaire dont l’arrivée au pouvoir entraînerait pour tous la ruine, la misère et la guerre 1

Contre moi, se présente une coalition de quatre adversaires. Trois d'entre eux adhèrent officiellement au front révolutionnaire. Le quatrième, par un accord tacite, en est le complice et en serait demain le prisonnier s’il était réélu.

Pour ma part, fermement attaché aux principes républicains, je n’ai jamais varié : je n& reconnais comme drapeau que le drapeau tricolore.

Rangez- vous avec moi sous ses plis S Ensemble nous ferons triompher une politique :

— de justice et de liberté !

— de prospérité et de paix !

Vive la circonscription de Loudéac I

Vive la République î

Paul MOKA NE Républicain de gauche.

Candidat çle défense paysanne et d’union des Français, Chevalier du mérite agricole.

lre circonscription de SAINT-BRIEUC

M , Pi E R re M l C H 15 -Tj (Groupe républicain radical et radical socialiste,)

Elu pour la iie fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 niai 1936,

Mes chers amis,

Lorsqu’il y a quatre ans je me suis présenté à vos suffrages, je vous avais Fait la promesse de défendre le travail et la République et de contribuer à développer la prospérité de notre région. Je crois avoir tenu ma promesse et rempli tout mon devoir* C'est pourquoi je me présente à nouveau devant vous, confiant en votre verdict.

Au point de vue général :

Je suis décidé, plus que jamais, à défendre a l’intérieur les institutions républicaines sérieusement menacées, à l'extérieur la paix entre les peuples.

Au point de vue économique, je suis partisan :

1° De l’équité fiscale, de l’équilibre budgétaire j

2° D'une répression énergique de la fraude fiscale et de l’évasion des capitaux ;

3IJ De la lutte contre les grandes organisations financières qui constituent aujourd’hui une véritable féodalité contre laquelle i! est indispensable que l'épargne soit protégée ;

4° J estime également qu’il est nécessaire de stimuler Y activité nationale par de grands travaux qui, dans notre déparfemenl essentiellement touristique, auront une heureuse répercussion tant au point de vue du développement et de la prospérité de nos campagnes qu'au point de vue de l’industrie hôtelière ;

5° Je pense aussi qu’il est nécessaire de réformer l’impôt sur le chiffre d’affaires qui provoque la vie chère et, par ailleurs, qu’il est indispensable de garantir les droits des victimes de la guerre par la création d’une caisse des pensions.

Au point de vue social ;

Je suis partisan de l'abrogation ou de F humanisation des décrets-lois, notamment en ce qui concerne l'assistance aux vieillards, les petits retraités, les petits rentiers, les modestes fonctionnaires et les familles nombreuses.

J’estime qu'il faut améliorer le sort des sans-travail, c’est-à-dire intensifier la latte contre le chômage.

U Faut aider les jeunes dont l'avenir est menacé par la crise actuelle ; qu'il s’agisse des jeunes paysans touchés par J a mévente des produits agricoles ou qu’il s’agisse des jeunes intellectuels qui, en dépit de leurs études, voient toujours sc rétrécir l’horizon de leurs légitimes espoirs,

J estime enfin qu’il faut défendre les libertés syndicales si chèrement acquises.

Je continuerai à soutenir et à défendre les anciens combattants et' victimes d e la guerre qui ont tant de droits sur la Nation,

A tf point de vue agricole :

Vous connaissez tous les efforts q uq j'ai fait pour améliorer le sort des travailleurs agricoles et pour défendre les intérêts de l'agriculture en général. Vous estimerez sans doute que mon passé est garant de l'avenir* Il reste encore aujourd'hui un grand travail à accomplir, II faut que la vente des produits de la terre apporte à l'agricuifcei^Taisaiteë dans* la dignité, lui donne la possibilité de développer son exploitation, grâce à une plus grande facilité d'emprunt à long terme, par la diminution d® tatrx d'intérêt*

Tl faut aussi qu'on lui facilite sa tâche par une meilleure adaptation des prix d'achat des engrais au prix de vente de ses produits et par T achèvement de tous les grands travaux qui intéressent T agriculture (chemins ruraux, électrification des campagnes, adduction d'eau, etc*)*

Au point de vue maritime ï

Comme membre de la Commission de la marine marchande, j'ai soutenu, avec mes collègues radicaux, le programme des grandes réformes susceptibles de réduire le chômage maritime et d’aider au développement de la vie côtière : protection de la pêche à la morue, de la petite pêche et de la flotte du commerce, établissement de contingents, droits de douane, prime à l’exportation, avantage aux pavillons français, vote des marins pêcheurs par procuration.

J- ai voté les propositions et les rapports qui ont réalisé la péréquation des retraites des inscrits maritimes et la création de la prime hauturière au profit des vieux marins comme des jeunes ; je reste partisan de l'amélioration de la réforme des commissions de visite.

Je suis d'ailleurs partisan de la retraite des marins, sans condition d’âge, après trois cents mois de navigation. Si je suis réélu, vous pouvez être assuré que je m'emploierai â faire aboutir ces réformes.

Commerçants, industriels, artisans :

J'estime qu’il est nécessaire plus que jamais dJ obtenir une réduction des tarifs de transports ; il faut défendre les petits commerçants et surtout il faut simplifier, dans toute la mesure du possible, l’inextricable fiscalité qui pèse si lourdement sur les transactions commerciales et industrielles.

D’autre part, comme membre du groupe de la défense artisanale à la Chambre, je m'efforcerai d’aider les artisans en leur apportant les crédits qui leur sont nécessaires.

Au point dé Vue âdôlâire :

Je suis résolument partisan de la liberté de conscience garantie par la laïcité de l’Etat* K faut obtenir aussi la gratuité complète de l’enseignement qui, seule, permettra à l'on faut du pauvre comme à TenfanL du riche de se créer dans l'existence la place que doivent lui assurer et son travail et son intelligence.

Au point dé vue extérieur :

Mon programme pourrait tenir en un seul mot : la paix. La paix qui nous apportera :

1° L'aisance et le bien-être dans nos foyers ;

2° La confiance et, par la suite, la prospérité dans nos relations économiques à Tin térieur et â l'extérieur.

La paix, qui conditionne à l’intérieur les libertés républicaines compromises par îcs

hh

agissements inqualifiables des ligues fascistes, et qui, à Textérietir, doit engendrer le rapprochement nécessaire des peuples.

Assez de douleurs* Assez de veuves. Assez d’orphelins. Assez de deuils* Assez de larmes.

Nous voulons 3a paix dans fe cadre de la Société des Nations et du respect des conventions internationales.

Vive la paix dans Tordre et dans la liberté 1 Vive la République I

Pierre MICHEL

Député,

Membre de la Commission de la marine marchande.

Membre du Groupe de Ja Défense du tourisme.

Conseiller général. — Maire de Trémuson,

Officier du Mérite agricole*

Administrateur de la Caisse agricole de Saint-Brieuc*

C ul il vite ur-eip loitan t ,

Candidat républicain radical.

2e circonscription de SAINT BRIEUG.

M. Alfred DUAU LT (Groupe démocrate populaire.)

Elu pour la lre fois le 3 mai Î93G*

Mes Chers Concitoyens,

La campagne électorale louche à sa fin, sans que j’aie pu, comme je Tarifais tant désiré, prendre contact avec chacun de vous.

Je tiens, dès à présent, à vous dire ma reconnaissance pour Paecueil si cordial que j'ai trouvé chez tous : chez mes amis cultivateurs, commerçants, ouvriers, artisans et marins dont le dévouement m’a profondément touché, et aussi même chez ceux qui se disent mes adversaires politiques et dont j'ai apprécié la courtoisie.

Vous avez senti que Phomme qui venait à vous n’avait pas pour guide T ambition, mais I* unique souci de vous cire utile aux heures graves que nous traversons,

La crise économique qui, malgré des améliorations momentanées, sévit durement chez nous, demande pour sa solution la connaissance pratique de différents rouages qui composent notre économie nationale,

La crise morale subie par la démocratie française exige pour son dénouement pacifique Tapport de forces* spirituelles et de principes généreux dont j’entends m Inspirer*

Les complications internationales imposent le sang-froid et doivent être examinées en dehors de toute idée préconçue et de toute passion politique : notre sécurité nationale en est l’enjeu ,

Iî m'est apparu que la formule de salut devait être recherchée dans la concentration actuelle et immédiate des forces républicaines à laquelle, par trois fois au cours des dernières législatures, le pays a dû Faire appel aux heures difficiles.

Nous n'avons pas le droit de renouveler une expérience qui s est révélée funeste, non seulement chez nous, mais chez les peuples voisins où elle précède les luttes fratricides et sanglantes.

Vous aussi, mes chers concitoyens, vous vous rendez compte de la gravité de l'heure : c'est la raison pour laquelle se déroule dans le calme et la dignité la consultation dont dépendra la sécurité de la France et le prestige même de la République,

Qufil me suffise, n'est-ce pas, de faire appel à votre raison et à votre cœur.

Vive la République ï

Alfrei> DU AU LT

Maire de Quintîn* Candidat républicain démocrate.

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