CREUSE
Circonscription d’AUBUSSON.
M, Auguste CH AM BON N ET (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)
Elu pour la lïe fois le 3 mai 1936,
Mes chers concitoyens,
C’est un rural, un enfant du vieux sol creusois qui vient à vous.
Habitant de la ville, mais en même temps fils de paysans, travaillant au milieu des paysans, connaissant leurs aspirations et leurs besoins, je suis, comme vous, de ceux qui peinent pour entretenir les profiteurs et nous avons besoin de défendre la République contre ceux de ses fils ingrats qui n'onfc meme pas la reconnaissance du ventre,
La Chambre qui vient de se séparer laisse le Pays dans une situation tragique, et vous êtes en droit de demander des comptes à ceux à qui vous aviez donné votre confiance.
On achemine nos petits soMats vers la frontière, derrière cette ligne Maginot qui, plus utilement que nos. seules poitrines, constitue le rempart du Pays,
A r intérieur, nous voyons les fils divisés d’une mère commune se dresser les uns contre les autres.
Qui pourrait sûrement dire ce que vaudra demain notre petit franc de 4 sous ?
Le chômage sévit, le commerce végète, l’industrie n'a plus que de rares commandes, l 'agriculture enfin, cette mamelle de la France suivant le mot toujours vrai du vieux Sully, l'agriculture succombe sous le poids de ses charges et la mévente de ses produits,
II faut essayer courageusement de réparer tout cela, quand il est encore temps.
Et d’abord, nous voulons la Paix,
Paix intérieure aussi bien que Paix extérieure.
Paix intérieure par F union de tous les Français,
Paix extérieure par celle de tous les Peuples*
Sous 1 egide de Genève et la protection et le respect des traités, la France, forte et calme, regarde l'avenir sans peur, mais elle hait la guerre, dût-elle, pour f éviter, faire toutes les concessions compatibles avec l'honneur national.
Défenseur respectueux et zélé de la République et des lois quelle s’est librement données, fidèle à la doctrine de nos Congrès, je ne saurais comprendre, ni permettre, qu'on attaque le régime et nos institutions. Ils doivent être rigoureusement défendus dans l’ordre et la légalité* Mais, comme Lamoureux, Marchandeau, Queuille et de Chammard, viceprésident de la Chambre, pour ne parler que de ceux-là, je ne puis adhérer à ce qu'on
nomme « ïe Front commun », Il y a d&s alliances qu’on ne saurait accepter. Le Front commun n'est d'ailleurs ni un super-parti, ni même un parti, car il n'y a pas de parti sans programme constructif* économique s financier* intérieur et social et, comme le disait au début de juillet 1935, le président Herriot : « Nous défendrons la Bépublique, mais en restant nous-mêmes et derrière notre drapeau ».
Donc à l'intérieur, je suis contre toutes les formations qui divisent* qui sèment la haine, qui font germer et fermenter les révoltes* Je suis également contre les formations de combat poursuivant un but égoïste contraire à l’idéal noble et désintéressé de la République. Je les condamne parce que contraires aux intérêts cle la Nation, du Progrès, de F Humanité.
À Y intérieur, comme h l'extérieur, je suis pour la main tendue contre le poing fermé.
Le Parti républicain radical et radical-socialiste est, à l’heure actuelle, l'expression la plus sincère et la plus vive de la démocratie, il ne s’enferme dans aucune doctrine étroite et exclusive. Il ne vise pas à la démolition de la Société. Il ne veut ni violence, ni dictature. Il entend poursuivre son œuvre de progrès uniquement par des conquêtes pacifiques. Mais il n’en cherche pas moins passionnément l’avènement d'une démocratie meilleure, ou il y aura plus de justice pour ceux qui font la richesse du Pays, qui travaillent, peinent et souffrent.
Il est un parti de réformes. Il réprouve la lutte de classes et la révolution faite par îa violence. Il recherche, au Parlement, la collaboration de ceux qui ont souci de l'améliora tion de la vie des travailleurs, de la défense des libellés publiques, de la consolidation permanente de la Paix.
Mais, repoussant les antagonismes de classes, peu propres à créer I1 harmonie politique et économique, but suprême des sociétés et des nations* le Parti radical veut utiliser au profit du Pays toutes les possibilités de réformes qu'offre l'exercice du pouvoir. Il approuve régulièrement les crédits nécessaires à la défense nationale, les crédits qui permettent à la France de parfaire et d’organiser son Empire colonial et l'ensemble du budget.
II a voté les crédits militaires pour sauvegarder la vie de ses fils* pour défendre le sol sacré de la Patrie. Ces crédits ont permis la création de la ligne Maginot, son organisation et, il y a quelques semaines, l’arrêt d'Hitler, qui comprend la force mieux que la persuasion.
Les théories socialistes appliquées : « Pas un sou, pas un homme pour l’appareil militaire de la bourgeoisie », disait-on au Congres de Tours en 1931, nous auraient permis de revoir l’invasion do 1914. Pères et mères de familles, les doctrines socialistes, en désarmant, en ouvrant la France à l’invasion préparent le massacre de vos enfants. Si le 8 mars dernier, nous n'avions pas eu la ligne Maginot (dont les crédits ont été refusés par le Parti socialiste) nous aurions subi une guerre plus terrible encore que celle de 19144918*
Si j'envisage la situation que nous a faite l'incurie de certains élus, je suis en droit de dire ceci ;
Aujourd’hui, Paysan creusets, ton sort est lamentable. Depuis cinq ans, les produits du çol ont baissé de 50, 60 et même 70 0/0, le cri de détresse de la terre est resté sans échos chez ton représentant au Parlement : est-ce indifférence ou mépris pour la paysannerie ?
Comme toi Paysan, pendant cinq ans, commerçants et industriels n’ont pas même effleuré ses préoccupations.
A ces conditions d'ordre général, j’ajouterai les grandes lignes du programme politique, économique et social qui sera ma ligne de conduite :
A l’intérieur :
Politique de progrès et de concorde démocratique, basée sur le respect absolu des lois républicaines.
Laïcité de l'Etat. — Enseignement gratuit à tous les degrés permettant au& enfants
du peuple d'accéder à toutes les fonctions sans autre sélection que ïc mérite. — Externat gratuit pour les ruraux.
Respect de la liberté individuelle et observation rigoureuse du principe fondamental de la séparation des pouvoirs!
Au point de vue social :
Fonctionnement des assurances dans le cadre de la mutualité;
Amélioration des lois d’hygiène et d’assistance ;
Lutte contre les fléaux sociaux : alcoolisme , tuberculose, taudis, etc. ;
Amélioration de la situation des petits retraités et des petits rentiers qui ne peuvent plus travailler.
Législation généreuse pour la maternité, l'enfance, pour les vieillards, les familles nombreuses ;
Arbitrage dans les conflits du travail : respect absolu des droits syndicaux de toutes les associations, de tous les salariés et des fonctionnaires;
Respect absolu des droits des anciens combattants, mutilés, veuves de guerre et des orphelins. II faut à toute force, en ce qui les concerne, a humaniser » les décrets-lois qui, hâtivement rédigés, ont souvent dépassé le but recherché. La reconnaissance de la Nation doit se manifester autrement que par des mots. Ceux qui ont lutté, qui ont saigné, qui ont souffert pour la civilisation et pour nos libertés ont des droits inaliénables à noire reconnaissance, car sans leur sacrifice héroïque, nous ne serions que des esclaves courbés bous le dur joug d un maître.
Victimes du travail et victimes de guerre, à blessures égales devant avoir pensions égales.
Au point de vue économique :
Améliorations des moyens de transports et diminutions de leurs tarifs ;
Coordination durait et de la route, mais pas tel qiriï est conçu en ce moment, au seul bénéfice des compagnies de chemin de fer ; cette réorganisation doit être faite de façon à ne pas concurrencer I1 indus trie automobile qui doit être absolument libre de se livrer à son travail normal et lui permettre de se développer ;
Frise en charge par l’Etat des chemins de G. G. et d’L G. ;
Aménagement des chutes hydro-électriques ; prix réduit de P électricité;
Suppression de la taxe sur le chiffre d’affaires ; son remplacement par une taxe unique à la production sur les produits manufacturés ;
Meilleures répartitions des charges fiscales pesant trop lourdement sur ceux qui travaillent ;
Augmentation de rabattement à la base de l’impôt sur les bénéfices commerciaux pour > les petits commerçants et industriels ;
Développement du tourisme et de l’industrie hôtelière, en collaboration avec les syndicats d initiative. Il faudra notamment développer la prospérité de notre établissement thermal à Evaux, dont le progrès doit être encouragé pour le pins grand profit de la localité et de notre région ;
Défense de la tapisserie qui fut la gloire et la fortune de notre région. Recherches, pour elle, de nouveaux débouchés. Pour atténuer la crise qui sévit depuis si longtemps, chercher, par tous les moyens, des industries de remplacement qui maintiendront à un taux normal les salaires des ouvriers.
Au point de vue financier :
Equilibre rigoureux du budget. Contrôle et compression des dépenses ;
Réduction des soldes et des gros traitements proportionnellement aux réductions de salaires imposées aux travailleurs manuels ;
Défense de l'épargne publique. Surveillance des instituts financiers, des trusts, des cartels, des bourses de valeurs et des bourses de commerce ;
Aménagement de l'impôt sur le revenu ;
Diminution des impôts frappant 1 héritage en ligne directe, spécialement l héritage agricole ;
Diminution des impôts indirects, impôts frappant spécialement les familles nombreuses.
Au point de vue militaire :
Réduction du temps de service au strict minimum, dans toute la mesure compatible avec les exigences de la sécurité nationale ;
Permissions agricoles plus nombreuses au moment des grands travaux de la campagne ;
Affectations spéciales des fils de iamilles nombreuses et des soutiens de famille ;
Transport gratuit pour les permissionnaires.
Au point de vue agricole :
L’indifférence et l'ignorance des besoins de la terre ont conduit notre agriculture à la ruine. Seul le redressement de cette classe économe, laborieuse, peut ramener la prospérité dans le commerce, dans l'industrie.
Cultivateurs nous voulons que la crise agricole qui t’étreint cesse, que tu ne sois plus l’éternel sacrifié. Nous voulons et proposons, puisque depuis plusieurs années notre cheptel national est complètement désorganisé, que notre production en blé est suffisante pour nos besoins :
La revalorisation des produits du sol au coefficient 5 au minimum ;
L’interdiction de l’importation du blé, des céréales secondaires, des' pommes de terre, et le retour à la liberté commerciale ;
La suppression de l'admission temporaire, porte ouverte à la fraude ;
La fourniture de semences sélectionnées aux agriculteurs, au prix de vente de leurs produits similaires ;
Diminution du prix des engrais, des transports ;
Amélioration du cheptel, par l’emploi de reproducteurs confiés, à litre de prêts, aux syndicats agricoles ;
Assurances à prix réduits contre les calamités agricoles ;
Indemnités pour pertes d'animaux (tuberculose, maladies charbonneuses, hématurie, etc.).
Organiser et généraliser les crédits agricoles à taux réduits ;
Supprimer les droits de mutations sur les propriétés rurales, quand dévoluées à un ou plusieurs héritiers en ligne directe ils continuent à les exploiter ;
Adaptation de l’école primaire à l'enseignement agricole ;
Développement des Chambres d'agricultui e et extension de leur action.
Nous sommes contre le libre échangisme des socialistes qui, appliqué à notre pays, ruinerait le peuple qui travaille, maintiendrait dans la misère vingt millions de paysans.
Mes chers concitoyens,
A l'heure grave où nous sommes, vous tenez entre vos mains votre sort et celui du Pays.
Qu'adviendra-t-il de nous ?
Si vous pensez comme moi, nous ne voulons pas plus de Hitler et de Mussolini que de Staline, ou des intolérables violences qui mettent, en ce moment, l’Espagne à feu et à sang.
Rallions-nous tous autour du vieux Parti radical qui nous assurera le progrès social
dans l’ordre et dans la Paix, Autour du drapeau tricolore, celui de Valmy et de la Marne, qui a flotté sur nos deuils et sur nos espérances et qui unit sous ses plis centenaires, avec tous les souvenirs de notre histoire, les destinées inséparables de la Nation et de la République.
Vive la République radicale et radicale socialiste 3 Vive l'arrondissement d'Àubusson I
A dimanche, citoyens 1
Auguste CHAM BON-N ET Méded in - Yété ri bàiïé,
Gtfnsoüïer gétféràl du canton (FÀübûssob, Caniidiit républicain radical et radical-socialiste.
Circonscription de BOURGANEUF,
M, Camille; BIFFA TERRE (Groupe socialiste,)
Elu pour la i™ fois le 29 avril 1928, — Réélu les 1er niai 1932 ei 26 avril 1936,
(Voir le programme du parti socialiste S, F, I. O,, p. 3.)
Républicains,
L'heure est sérieuse. Le Parti socialiste, sans rien vouloir exagérer, invite chacun à la réflexion. Fidèle à sa méthode constante, il s'adresse au cœur et à l'intelligence des hommes.
Il n'est pas de conversation ou de discussion sur le plan de la situation générale qui ne se termine sur la conviction avouée que ça ne peut durer, qu'il faut que ça change.
Nous le croyons aussi. Mais quand d’autres attendent le miracle, notre préoccupation est et a toujours été de faire à temps le nécessaire pour que le changement inéluctable s’opère dans l’ordre et le respect des libertés démocratiques. Nos voisins Italiens et Allemands ont sombré dans le fascisme et l1 hitlérisme. Le socialisme voudrait éviter au peuple de France, le plus apte à se conduire lui -même, F épreuve des dictatures insolentes, criminelles, catastrophiques,
G’est pourquoi il a dénoncé et dénonce avec plus de vigueur que jamais le capitalisme et ses méfaits, La crise grave qui pèse sur le monde, ruinant les Etats, les individus, est son fait. Notre pays ne vaincra celle là qu'en se libérant du joug des « 200 familles » (suivant la formule de M. Daladier),
Qui ne sent que nous vivons en pleine anarchie économique. Le citoyen conscient ne peut admettre que les stocks s'accumulent, que le chômage augmente, que les produits de la terre n'aient plus leur écoulement quand des centaines de milliers d’êtres manquent des choses les plus élémentaires.
Le capitalisme, par ses profits exagérés, par son action spéculative, par son intrusion dans les affaires publiques, paralyse l’activité sociale. En volant les producteurs, en s’enrichissant de la « dîme » prélevée sur le travail, en ne laissant aux ouvriers des villes et des champs qu’une part infinie de ce qui devrait leur revenir, il réduit, du même coup, la puissance d’achat de chacun et le voiaine de la consommation générale. De là, le déséquilibre en tre la production et la consommation ; de là* la crise.
Travailleurs de toutes catégories.
Aucun raisonnement n échappe à cet état de fait* Mais aussi bien la politique française et son économie ne seront sur la route du redressement que lorsque, pénétrés de ces vérités premières, les hommes responsables s'en inspireront.
La déflation voulue, imposée par les banques est jugée. Nous étions seuls, hier, à la condamner* Nos cultivateurs en ont été les grandes victimes. Le petit commerçant perdit ses clients* Ne vendant plus, il espaça ses commandes au voyageur de t'usine. Celle-ci dut ralentir sa fabrication et, parfois, arrêter complètement* De nouveaux ouvriers furent « sur le pavé », restreignant, à leur tour et par force, leurs besoins De ce fait, les rentrées d impôt furent moindres et 1 équilibré réalisé sur le papier se trouva constamment détruit* Combien de Ministres des Finances nous ont annoncé, triomphalement, avoir définitivement réglé un problème budgétaire que les événements allaient immédiatement remettre en causé.
Mais alors que tout s'aggrave, que le découragement s’empare des meilleurs, que les faillites s’accumulent* que l'Etat court après l’emprunt, l'arrogance du capitalisme s’accroît* Jamais, comme en ces dernières années, il n'a autant dicté ses ordres* Le Conseil des régents de la Banque de -France est tout puissant. Ses membres sont aux leviers de commandes. On les retrouve dans cent conseils d'administration ; aux compagnies de chemins de fer touchant d'honorables jetons de présence sans se soucier d’un déficit de 5 milliards que les contribuables solderont ; aux compagnies d'assurances, lesquelles ont prélevé, en 1935, 8 milliards de primes en ne reversant quun peu plus de 3 milliards de prestations ; aux compagnies d'engrais, qui exploitent les agriculteurs. Ils ont la haute main sur les sociétés houillères, celles d'électricité* Une étude sérieuse a évalué à plus de 120 milliards la valeur des firmes contrôlées par les de Wendeï, Rothschid, Hottinger, de Vogue" et consorts. Ils font, à leur gre, 1 argent cher et F argent bon marché, déterminent la hausse et la baisse, ruinent rentiers et épargnants, étranglent les gouvernements qui ne leur plaisent pas, créent la confiance ou la « panique », Les journaux sont, k peu d'exception près, leur propriété. C'est une arme formidable et dangereuse au siècle où nous vivons*
U faut réduire ces nouvelles Bastilles si nous voulons donner au mot ç démocratie » sa pleine signification.
L'autre danger ;
Ce n'est pas tout. A l'extérieur, le capitalisme a revêtu une forme plus agressive encore : c’est le fascisme ou l’hitlérisme* La paix s’en trouve menacée*
Il serait trop long de revenir sur le passé. Combien de fois, depuis dix-huit ans, n’avons-nous pas sonné l'alarme. Nous demandons la révision do certaines clauses du traité de Versailles avant que, de l1 autre côté, des hommes dangereux les exploitent et, par elles, se hissent au pouvoir. Il lallait tout taire pour sauver le régime républicain en Allemagne, C’eût été un élément de paix. Maintenant, nous avons tout abandonné sans le moindre bénéfice moral et Hitler est le maître du Reich*
Il y a un an , il rétablissait le service obligatoire en abritant sa décision derrière le vote des deux ans en France. Le 6 mars dernier, il faisait réoccuper la zone démilitarisée en donnant pour prétexte la signature du pacte franco-russe. Mauvaise raison : le traité signé par M, Laval, le 2 mai 1935 et ratifié récemment par les Chambres, demeure ouvert à tous et reste dans le cadre de la S. D. N, Le geste du dictateur n'est pas seulement contraire aux
stipulations de Versailles, mais aux engagements de Locarno, lesquels sont sortis de négociations et d'accords librement acceptée Si les signatures ainsi données peuvent être reniées, si les actes les plus solennels peuvent être chiffons de papier sans que l'organisation internationale réagisse, alors bien sombre est l'avenir*
Nous conservons espoir. De outes nos forces, nous combattrons la guerre. Dix millions d'hommes sont tombés de 1914 à 1918 pour le seul profit des marchands de canons. Ceux-là rôdent toujours et hurlent à la mort. Nous les dénoncerons sous quelque nationalité qu’ils soient.
Il faut, à la fois, être vigilants et prudents.
Vigilants devant Hitler. Personne ne peut s'illusionner. Le dictateur allemand proclame qu'il veut la paix, mais toute sa politique conduit au conflit armé. Depuis l'avènement du « nazisme >v, le nombre des chômeurs a été réduit de 3 millions, lîs sont dans les usines de guerre. Cependant, la misère augmente et une nouvelle faillite guette L'Allemagne. Une minute cruciale viendra. Elle nous trouvera toujours décidés à faire l'impossible pour empêcher le pire.
Prudents aussi : Evitons soigneusement toutes manifestations intempestives. Resserrons, autant qu'il se pourra, nos amitiés. Mettons toujours plus de droit de notre côté et, surtout, ne laissons pas briser la S, D. N. On peut critiquer, se plaindre. On peut incriminer ceux-ci ou ceux-là. Il n'empêche que la seule chance de paix est dans la solidarité collective. Hitler hésitera à se lancer dans l’aventure tant qu'en face de lui il y aura l’unité des autres puissances.
Parlons I
Oui, parlons. Parlons en nous appuyant sur Genève en réclamant toujours le respect des engagements* Cela implique que nous serons, de notre côté, fidèles à la parole donnée.
Il y a une question coloniale ? Essayons de la régler. II y a la situation économique internationale? Efforçons-nous de la résoudre.
Les peuples, quels qu'ils soient, ne peuvent continuer la course folle des armements sous peine d'en périr tous. Abordons franchement ce problème vital.
Là est le salut, notre garantie. Mais il n'y a pas de temps à perdre.
Citoyens,
Après cette vue d’ensemble? permettez nous de revenir au programme proprement dit.
Si vous voulez que ne se reproduisent pas les fautes de la législature qui s'achève, Il vous faut n'accorder votre confiance qu'à des hommes éprouvés, connus de vous, appartenant à des partis organisés. Les grands tentateurs qui évoluent autour du Parlement peuvent acheter un élu, un bulletin ; il leur est impossible de corrompre un groupe entier. L'argent ne peuL jouer son rôle néfaste quand la discipline impose l'unité de vote.
Le Parti socialiste a donné son adhésion au plan de Rassemblement populaire. Il y sera fidèle. Tout n’est pas facile et nous le savons bien. Mais ce qui discrédite le Parlement, ce qui crée la désaffection, c'est l'abandon sans lutte, c'est la capitulation sans bataille.
Les hésitations, les atermoiements, la défaillance coupable de certaines personnalités politiques (affaire Stavisky) nous ont conduits au 6 février 1934, Il faut que cela ne se reproduise plus.
Cette date a été le point de départ d'une longue période pendant laquelle s'est exercée, sans frein, la dictature des oligarchies financières.
Quelle était le bilan de cette gestion fin décembre 1935 ?
Du point de vue économique :
Une situation plus grave que jamais.
L'agriculture ruinée par la déflation des prix de ses produits,
L'industrie, le commerce et. l'artisanat eo complète détresse,
La classe ouvrière épuisée par un chômage croissant.
Le petit rentier réduit à la misère avec son coupon de rente amputé de 10 0/0,
Le mutile, I ascendant^ Tancien combattant frappés sans pitié*
Seule l'industrie de guerre est en pleine prospérité*
Dans l'ordre financier :
Une réforme fiscale qui n’aboutit qu’à un déplacement d’impôts au préjudice du petit et moyen contribuable et au seul bénéfice des grands possédants; ]e budget en déficit de bà 7 milliards; la dette publique en augmentation de 15 à 18 milliards; la trésorerie aux abois; rencaisse or de la Banque de France réduite de 16 milliards en moins de six moisles chemins de fer en déficit de 15 millions par jour.
À l'extérieur :
La politique de la Société des Nations compromise par la faute de M. Laval ; la France presque isolée en face d’une Allemagne hitlérienne aujourd’hui réarmée.
À l’intérieur :
L ne atmosphère de guerre civile résultant de la complaisance et, à certains égards, de la complicité du Gouvernement d’hier vis-à-vis des ligues armées et militarisées; les chefs républicains agressés au Palais de Justice ou dans la rue.
Telle est la situation de faillite, de misère, d’insécurité extérieure et intérieure dans laquelle, nous trouvons le pays, au début de 1936, après deux années de pleins pouvoirs exercés par les partis de droite.
Chers Concitoyens,]
Une semblable situation ne peut se prolonger. Un redressement immédiat ci vigoureux s’impose. L’arrivée du Gouvernement Sarraut a rendu l’atmosphère un peu plus respirable et marqué un tout petit commencement d’amélioration de la situation économique dans nos campagnes.
Cet effort doit être poursuivi sans relâche. Si nous n 'abandonnons pas nos vues d’avenir, si nous continuons à affirmer que seul le triomphe du socialisme peut assurer au producteur la sécurité matérielle et, au monde, la paix définitive, nous sommes prêts à travailler avec tous les véritables républicains pour la réalisation immédiate d’un programme limité et précis.
Ce qui presse :
1° La défense de la liberté.
Ce doit être le premier acte de la législature : il faut assurer la défense de la République et la paix intérieure dans Tordre républicain.
A cet effet : désarmement et dissolution effective des formations paramilitaires, conformement a la loi ; assainissement de la vie publique et réforme de la presse ;
2° Restauration économique et reformes sociales.
L expérience de ces dernières années ayant démontré qu’il n'est pas d'équilibre budgetaire possible dans une économie en état d’asphyxie, c’est dans la voie d’une reprise de 1 activiLé générale que la nouvelle Chambre devra résolument s’orienter.
En premier lieu, mise en œuvre d’un vaste plan de grands travaux d’utilité publique, citadins et ruraux, permettant d’occuper les chômeurs et d’augmenter le pouvoir d’achat des niasses ouvrières et paysannes.
Ajuster le travail aux nécessités économiques, ouvrir des débouchés à la jeunesse, donner à chacun de l'ouvrage et du pain.
Défendre le petit et moyen commerce, la petite et moyenne industrie, ainsi que l'artisanat, contre les trusts {magasins à prix uniques), qui tentent de plus en plus de les faire disparaître.
La situation du monde agricole est tragique. On ne l'améliorera qu’en nous écoutant, enfin.
11 faut poursuivre la revalorisation des produits de la terre, de manière è rétablir un équilibre aujourd’hui rompu entre les prix d’achat et les prix de vente de l’agriculture. La stabilisation des cours doit être recherchée pour éviter ce scandale de blé livré à 57 francs par les plus malheureux.
II faut juguler la spéculation. Les pouvoirs publics ont le devoir d aider les producteurs ruraux à défendre Je marché par la création d’offices nationaux interprofessionnels qui s’efforceront d’harmoniser la production avec les besoins de la consommation en assurant la juste rémunération du travail de la terre*
Un office des engrais doit permettre de livrer des superphosphates et autres matières
similaires au prix de revient.
Il faut, d'urgence :]
Revoir les décrets-lois dont beaucoup devront être abrogés ;
Développer le crédit agricole, commercial et artisanal ;
Améliorer les lois sociales et d'hygiène et, en particulier, celles des assurances sociales dont la refonte s'impose. Dans ce cadre, un régime d'allocations familiales, qui ne serait pas le système humiliant et ridicule d'aujourd'hui, peut être créé dans le sens de F égalité pour toutes les catégories sociales ;
Réaliser la caisse des pensions pour réparer le préjudice causé aux anciens combattants et victimes de la guerre ;
Réprimer le gaspillage dans les administrations civiles et militaires ;
Simplifier et réformer dans un sens démocratique le système des impôts ;
Soustraire le crédit et l’épargne à la domination des oligarchies économiques et financières en faisant de la Banque de France, aujourd'hui banque d'intérêts privés, la banque de la France*
Telles sent quelques-unes des idées essentielles, dans le domaine de la politique intérieure > économique et budgétaire, sur lesquelles le Rassemblement populaire a pu se réaliser;
3° Défense de la paix.
Bien entendu, tout cela ne sera possible que si la paix intérieure dans l’ordre rêpiiWicain s’accompagne de la paix extérieure dans l’ordre international.
Nous sommes résolument pour 3a politique de la Société des Nations, dont Briand fut l'infatigable artisan, contre celle des Hitlériens français.
Nous croyons, comme lui, à la paix indivisible, à la sécurité collective par l’assistance mutuelle et les événements de ces dernières semaines prouvent que nous avons raison. Ils démontrent que la violation par les uns de la loi internationale entraîne la violation par les autres des traités qu’ils ont librement signés et que seule la solidarité internationale est capable d’assurer la paix.
Mais il est vrai aussi que la paix ne régnera dans le monde que lorsque l'action démocratique des peuples, enfin libérés du joug odieux des dictatures, aura arrêté la course aux armements.
Plus de 100 milliards de dépenses annuelles consacrées actuellement par tous les peuples à des oeuvres de mort pourront alors être employés à des œuvres de vie.
Travaillons donc de toutes nos forces à conduire T humanité dans cette voie et en attendant :
Convention de limitation d'abord, puis de réduction progressive simultanée et contrôlée des armements de tous les pays;
In ter nationalisation de l'aviation civile, nationalisation des industries de guerre, ainsi que du commerce des armes et des munitions. Il faut en finir avec ce scandale intolérable de l'approvisionnement, par des sociétés françaises, du minerai dont Hitler a besoin pour fabriquer son materiel . A l’heure actuelle, c'est une véritable trahison.
Citoyens électeurs,
Il s'agit, en un mot, de permettre à la France de sortir d'une crise qui la paralyse et de h orienter vers une ère nouvelle tout en assurant, avec sa sécurité, la sauvegarde de ses libertés et de ses institutions démocratiques.
Pour la République, pour le socialisme, contre la dictature, le fascisme et la guerre,
Allez aux urnes le 26 avril I
Camille RIFFàTERRE
Député sortant.
Circonscription de BOUSSAC*
Albert RIVIERE
(Groupa socialiste.)
Elu pour la lfô fois le 29 avril 1928. — Réélu les l9f mai 1932 et 26 avril 1936.
Voir le programme du parti socialiste S. F. h O,, p, 3.)
Mes chers concitoyens,
Je voudrais brièvement vous dire quelques mots personnels. Depuis huit ans, je suis votre élu* J'ai été votre mandataire fidèle et honnête. Il n’est pas possible, je crois, de se donner plus totalement à sa charge que je ne Pai fait*
Au Parlement, je crois vous avoir représentes honorablement* Je pourrais légitimement tirer fierté de la place conquise à la tribune de la Chambre par trente interventions au cours de cette législature dans ses débats parfois très Importants. Je préfère vous laisser juges.
Si plus particulièrement, je me suis attache à la défense du monde paysan, c est d abord parce que, très sincèrement, je pense qu'il est le plus sacrifié ; ensuite, parce qu’en ce faisant, j’avais la certitude de travailler aussi pour l’ensemble des artisans, des petits commerçants qui vivent autour de lui. Le pays ne retrouvera son équilibré que lorsqu une revalorisation des prix de base, donnera aux cultivateurs, par la rémunération normale de leur travail, la puissance d'achat indispensable*
Je me suis également intéressé très activement aux problèmes de la paix et à la défense des anciens combattants*
Quant à mes rapports directs avec mes mandants, il me suffira de dire que je reçois journellement trente à quarante lettres et que je réponds à toutes. Ma porte est ouverte & qui veut me parler. Je ne fais pas de miracles. J’essaye simplement de rendre service, d ob-
tenir un peu plus de justice et parfois, de la part de l1 administration , le maximum de compréhension.
Ouvrier j'étais, quand, pour la première fois, je fus élu. Je n’ai pas oublié mes origines, Mes habitudes de vie sont restées les memes ; mes amis d’hier sont aussi ceux d'aujourd'hui.
J’aurais pu espérer que ma vie simple, droite, ouverte et contrôlable, écarterait de moi la calomnie si facilement répandue à une certain® période, contre les hommes de gauche ? Hélas, c’était trop demander à des adversaires qui ne respectent rien. On m’a donc, à moi aussi t donné des domaines, des châteaux. Je n’ai, ni en mon nom, ni par personne interposée, — à part ma maison de Boussac achetée en 1924 — la moindre chose au soleil. Ma parole d’honnête homme a, je l'affirme, une valeur*
Sans avoir pu, comme lors de ma première législature, passer plusieurs fois partout, je suis allé dans toutes les communes au cours de ces quatre ans. J’ai donné, dans la circonscription, le Département, ou hors de la Creuse, plus de 200 conférences. Si je dis enfin que pour l’exercice de mon mandat, j’ai fait dans l'arrondissement, une moyenne de 20.000 kilomètres par an, on voudra bien reconnaître mon activité.
Citoyens,
Pour la troisième fois, je sollicite votre confiance* Vous m’avez donné il y a quatre ans, une des plus belles élections de France, Aujourd’hui, j’ai besoin plus que jamais, de sentir derrière moi, la grande masse des électeurs de cette circonscription.
Croyez-moi I Ce n’est point par orgueil. Mais le fascisme s’acharne contre la fonction de représentant du peuple* Tous les moyens lui sont bons. Vos élus n'auront l'autorité indispensable que s’ils représentent la nation dans son énorme majorité,
J'ai vécu deux législatures. Je les ai vécues totalement et non pas comme certains, en amateurs. Celle qui se termine a été difficile, La prochaine s’annonce pleine d'inconnu.
Il est possible que des aventuriers croient leur moment venu et essayent de leur force. Le sort de 'a République, celui de la paix, se joueron t peut-être. Ne pensez pas que j'exagère. L’heure n'est pas plus k la fantaisie, qu'aux formules faciles et superficielles.
Ainsi, le 26 avril, vous remettrez à un homme, pour quatre ans, le droit de parler et d’agir en votre nom. Dans les moments que nous vivons, c’est un mandat grave et lourd de responsabilité ! Il vous faut bien connaître cel homme*
Si j ai pu, par mon passé, vous présenter des garanties de sérieux, de travail, d 'honnêteté, de clairvoyance, accordez-moi vos suffrages. Donnezdes moi nombreux. Je fais appel à tous les véritables républicains. J’en aî le droit, puisque aussi bien toute mon action personnelle, toute ma politique, au Parlement comme dans le cadre local, ont été orientées vers l’union des forces de gauche*
Àujourd hui, face à la réaction et au fascisme plus ou moins camouflés, je demande aux démocrates de faire bloc*
Vive la République !
Vive la paix !
Vive le socialisme !
Albert RIVIÈRE
Mutilé de guerre, — Ancien combattant* Conseiller générai, — Député sortant* Candidat du parti socialiste S* F. I. O.
Circonscription de GUÉRET,
M. Sylvain B LAN CI! ET (Groupe socialiste,)
Élu pour la lTù fois le 3 mai 1936,
(Voir le programme du parti socialiste S* F. I. 0., p. 3.)
Citoyens,
P' Par deux fois, au cours de Tannée 1935, les électeurs de la commune de Guéret d'abord, du canton de Guéret ensuite, m’ont témoigné leur confiance en me réélisant conseiller municipal et quelques mois après, en me désignant comme conseiller général, en remplacement du regretté Louis Àoclair, les deux fois avec une importante majorité.
Ces deux élections furent deux belles victoires socialistes et républicaines, obtenues grâce à la cohésion de toutes les forces démocratiques unies dans le Front populaire*
Le nombre imposant de suffrages qui se sont groupés sur mon nom me vaut aujourd'hui d’avoir été désigné par le parti socialiste pour être son candidat aux élections législatives du 26 avril prochain.
Électeurs,
Vous aurez, le '26 avril, à juger Faction parlementaire et gouvernementale de la législation qui prend fin. Elle a apporté au pays de sérieux mécomptes.
Le Parlement a abandonné, à deux reprises, ses droits et ses devoirs les plus essentiels pour permettra à deux gouvernements de poursuivre, à l aide des décrets-lois, cette politique de déflation qui a été si néfaste aux intérêts des travailleurs, qu’ils soient de la ville ou des champs.
Pour les uns, les travailleurs des villes, elle a eu. comme conséquence, la baisse des salaires publics et privés, l’extension du chômage.
Pour les autres, les paysans, les répercussions ont été tout aussi graves. Notre agriculture a connu et connaît encore une crise intense, dépassant en acuité toutes les précédentes.
Le déséquilibre entre les prix des produits agricoles et ceux des produits manufacturés s’est fait de plus en plus profond. Alors qu’en î 0 1 3 il fallait 12 kilos de blé pour payer une ferrure de cheval, il en faut aujourd'hui 25 kilos* Le prix d’un sac de superphosphate équivalait avant la guerre à celui de 28 kilos de blé; en 1936, pour payer le même sac, il en faut 50 kilos*
La paralysie commerciale a suivi la baisse des produits de la terre, évaluée chaque année à 20 milliards pour l’ensemble de la production agricole française.
Enfin, conséquence d'ordre général, les revenus du travail, qui constituent 1 élément le plus important clc la fortune du pays, ayant diminue de 30 ou 10 0^ 0, 1 incidence des impôts sur la vie économique s’est faite de plus en plus lourde.
Les rentrées fiscales ont diminué sensiblement. Si bien que le déficit du budget, qu on prétendait réduire par la déflation, s’est accentué encore, provoquant un accroissement de la dette publique de plus de 30 milliards en quatre ans.
Les dangers de cette politique, le parti socialiste les avait prévus, suivi d ailleurs par une importante minorité du parti radical.
Pour demain :
Nécessité de pratiquer une politique contraire, seule susceptible d’assurer l'équilibre stable du budget de F Etat, d’éviter la dévaluation de notre monnaie et en même temps de ramener le bien-être au foyer de tous les travailleurs.
Lutte contre le chômage par un programme de grands travaux nationaux.
Lutte contre les trusts industriels et commerciaux dont les égoïstes intérêts dominent toute notre vie économique* Nationalisation des industries clefs*
Réorganisation complète des chemins de fer dont les contribuables ne peuvent plus continuer à payer le déficit.
Pour les campagnes :
Revalorisation des produits agricoles par l'Office professionnel des céréales, laissant subsister la liberté commerciale, par la stimulation de la consommation en rendant à la masse des consommateurs, ses moyens d’achat.
Création d’une caisse nationale d’assurance contre les calamités agricoles*
Création d’une caisse nationale des allocations familiales servant indistinctement ces allocations à i oui es les catégories de travailleurs {paysans, ouvriers ou fonctionnaires).
Programme de travaux ruraux (routes, électrification, extension à nos campagnes de la loi sur les habitations à bon marché) à incorporer au programme de grands travaux nationaux.
Au point de vue politique intérieure :
Défense énergique de nos libertés publiques et des conquêtes de la démocratie (lois sociales, laïcité, etc.) contre les entreprises des organisations fascistes dont il faudra réprimer avec vigueur, les excès.
Au point de vue extérieur :
Aborder franchement et avec la volonté de les résoudre toutes les questions., économiques, financières, coloniales, qui divisent les nations européennes, pour essayer dé faire disparaître les causes de conflits.
Renforcer l’autorité et Faction de la Société des Nations,
Poser à nouveau et nettement le problème du désarmement général sous le contrôle de cette Société des Nations, en assurant la sécurité collective de tous les peuples qui l'accepteraient, en aggravant les sanctions économiques contre toute nation qui voudrait recourir à la force.
Nationaliser la fabrication du matériel de guerre en attendant sa suppression.
Eviter tout geste imprudent, toute provocation dangereuse*
Lutter pour la paix par tous les moyens î
N’esbcç pas là le vœu le plus cher, de nous tous, anciens combattants 3
Électeurs,
C’est à cette politique là, fidèle au grand rêve d’Aristide Briand, que je consacrerai tous mes efforts si vous m’accordez votre confiance.
Je resterai fidèle au serment du 14 juillet, fait par tous les républicains, de lutter pour le pain, la liberté et la paix*
Vive la République des travailleurs I