‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 39 sur 186 · DORDOGNE · texte numérisé non relu

DORDOGNE

Circonscription de BERGERAC.

Ml Paul LÜUBRAD.ÜII

(Groupe communiste»)

Elu pour la ire Fois le 3 mai 1936*

(Voirie programme du Parti communiste, p. 16.)

Circonscription de NONTïlON.

M. Gustave SAjUSSQT (Groupe communiste.)'

Elu pour la lre' fois le 3 mai 1936.

{Voir le programme du Parti: communiste, p„ 16 )

i* circonscription de PÉRI GUEUX.

M* Georges BONNET

(Groupe républicain radical et ra d i cal-s çjcî ali £ te.)

Elu pour la 1™ fois Je 11 mai 4924. — Réélu les 24 février 1929, 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

Mes chers Amis,

En 1929 et en 1932* vous m’aviez élu député de la ire circonscription- de Perigueux, en m’accordant chaque fois uilc imposante majorité. Aujourd’hui, je viens vous demander de me renouveler votre confiance.

En me présentant à vos suffrages, il y a quatre ans, je vous avais promis de défendre de toutes mes forces les intérêts de la ville de Périgueux et de nos beaux cantons de Périgueux, Brantôme, Vergt et SainUAslîer,

Toutes les communes de notre arrondissement* tous les travailleurs de la 1 circonscription* les agriculteurs* les commerçants, les artisans, les industriels* les fonctionnaires, les retraités, les ouvriers et les cheminots,' m’ont toujours trouvé à leurs côtés, prêt à répondre à leur appel* lorsqu’ils invoquaient des motifs légitimes pour me demander mon

concours.

Je ne crois pas* en vérité, que personne à ma place aurait pu servir plus activement que je ne l'ai fait* les intérêts de l'arrondissement de Périgueux ; c est un hommage que tous m'ont rendu au cours de ma campagne, même nies adversaires.

Attentif aux intérêts de la circonscription que j'ai l’honneur de représenter* je n ai pas oublié que si vous m'aviez envoyé au Parlement, c'était pour suivre les grands problèmes généraux dont dépend la vie même de la Nation.

Au cours de ces quatre dernières années, sept chefs de Gouvernement ont successivement fait appel à mon concours. J’ai représenté la France dans trois [grandes conférences internationales. J'ai été délégué deux fois h nouveau à la Société des Nations à Genève. J ai exercé, en septembre dernier, au point de vue de la politique extérieure, notamment dans le conflit Halo-éthiopien, une action constante en vue du maintien de la paix.

En ce qui concerne la politique économique, mon action, à laquelle fous en France, sans distinction de parti, ont rendu hommage, a recueilli 1 adhésion des hommes d Etat étrangers*, et en particulier celle de M* Roosevelt, président des Etats-Unis.

La législature, qui commencera le 1er juin prochain, aura devant elle, au point de vue économique et financier, au point de vue intérieur* au point de vue extérieur, une tâche pleine de difficultés et de périls.

Pour remplir cette tâche* il me faut* mes chers amis, votre confiance. Je vous demande de me la donner le 26 avril prochain. A servir les intérêts du pays, je m’appliquerai de toutes les forces de mon activité, de mon intelligence et dé mon cœur.

Voici les grandes lignes de mon programme que je défendrai avec toute l'autorité que peut me donner le fait d'avoir appartenu onze fois au Gouvernement, et d’avoir représenté a France dans toutes les grandes conférences internationales*

Pour les commerçants :

Toute mon action tendra — ainsi que je n’ai cesse de m’y efforcer comme Ministre du Commerce — à discipliner te production et à assurer au moyen et petit commerçant, ce droit a l’existence qu’ils réclament avec tant de force et de raison.

Je l’ai proclamé dans un récent discours radiodiffusé :

« Nous savons eu effet, mieux que personne, tous les services rendus dans nos villes et dans nos campagnes par ce commerçant modeste qui, malgré les lourdes charges qui pèsent sur lui, tient à faire honneur à sa signature et représente une force indispensable dans l'ordre social*

<( Quand, dans nos villes et dans nos campagnes, des commerçants souvent installés depuis de longues années, ferment la porte de leur magasin, ce n est pas seulement une source de revenus qui s’éteint pour le Trésor, c’est aussi un élément de stabilité qui disparaît dans le pays, »

Pour aider le commerce, j’énumère ci-dessous quelques-unes des mesures qui paraissent essentielles :

Organisation du crédit commercial à moyen et à court terme, pour les commerçants et les industriels ; remplacement de la taxe sur le chiffre d 'affaires, dans tous les domaines, par une taxe Unique à la production ; allègements fiscaux ; mesures sévères contre les consortiums portant atteinte au commerce*

Aux artisans :

J'ai toujours manifesté l'intérêt dont ils sont dignes, non par des paroles, mais par des actes.

Je continuerai, notamment en demandant l'application immédiate de la loi du 2 août 1932 facilitant aux artisans à titre individuel la construction de locaux à usage artisanal ; l'application immédiate de la loi du 17 janvier 1935 réservant aux artisans une part de travaux faisant l’objet des adjudications et marchés publics ; l'application immédiate du décret-loi du 30 octobre 1935, modifiant le régime du crédit de l’artisanat, en vue de permettre îa création d'un fonds de garantie en cas de défaillance des emprunteurs * en un mot d’ailleurs, tout le programme de la Confédération générale de l'Artisanat français.

Pour les agriculteurs :

Nous devons améliorer le sort des agriculteurs qui ont été si rudement atteints par la crise.

Je me suis efforcé, pour ma part, de les aider à la surmonter, mais un effort persévérant et énergique do.iL être accompli*

Voici quelques points qui m'apparaissent indispensables : revalorisation des produits agricoles dont les prix, bien qu'en hausse, ne représentent pas la juste rémunération du travail du cultivateur ; protection des agriculteurs contre la spéculation des trusts, notamment en ce qui concerne les engrais ; application équitable de la loi qui exempte des droits de succession les petites successions, les agriculteurs et les artisans dont les fils continuent le métier J octroi aux militaires de permissions agricoles î protection des produits agricoles , goudronnage des routes adapté aux besoins de la circulation des bestiaux ; développement du réseau des chemins ruraux ; subventions sur le produit des jeux applicables aux adductions d’eau pour les villages dépourvus d'eau potable et des moyens d'irrigation ; continuation de la politique de baisse du prix de l'électricité ; développement des Chambres d agriculture ; encouragements donnés aux agriculteurs qui restent fidèles à la terre ; défense du marché du vin, notamment par un abaissement des droits de circulation qui sont un obstacle

au développement de la consommation; établissement, en ce qui concerne le tabac, dvun nouveau règlement établi en commission paritaire, en vue de donner satisfaction aux planteurs; majoration et datation prévues en faveur de la Caisse de crédits agricoles ; protection du bétail ; vote de crédits pour Tâchât du cheptel bovin tuberculeux et réforme du règlement concernant le fonctionnement des centres d’achats et d’abatage ; application des lois récemment votées en faveur de la forêt française ; meilleur aménagement des -cotisations des assurances sociales, de manière à améliorer le sort des petits propriétaires, métayers et ouvriers agricoles ; meilleure réparti tien des dotations relatives aux calamités agricoles*

Ce programme qui, dans ses parties essentielles, est celui du Comité de production agricole de la Dordogne et des Chambres d'agriculture, je le soutiendrai de toutes mes forcés. Je suis, depuis de nombreuses années,, membre de la Société d'agriculture de la Dordogne, j’ai moi meme obtenu du Conseil général la création me Commission chargée des questions agricoles et, comme Ministre du Commerce, j’ai constamment sauvegardé les intérêts de l'agriculture française dans tous les accords que j' ai conclus avec l’étranger.

Au point de vue social ;

11 faut établir l’égalité devant l’instruction, de manière qu’un enfant pauvre mais bien doué puisse recevoir l'instruction la plus large et que la sélection soit faite selon le mérite et non la fortune , 11 faut encourager les colonies scolaires, les établissements pour les enfants malades ou chétifs, il faut aussi donner au sport, si nécessaire pour la santé de notre jeunesse, la place qu’il doit avoir. Il faut avoir le souci constant des victimes de la guerre et des mutilés du travail, des anciens prisonniers et des anciens combattants, ainsi que des familles nombreuses qu'il importe d'encourager, 11 faut maintenir et perfectionner toutes les lois sociales actuellement votées par le Parlement, Il faut enfin encourager les jeunes et leur donner le travail auquel leur intelligence, leurs études ou leur apprentissage leur donnent droit.

Pour les travailleurs, ouvriers et cheminots î

Il faut continuer à leur donner des habitations salubres et à bon marché dont ils puissent devenir propriétaires. 11 faut lutter hardiment contre la tuberculose et le cancer, fléaux de notre pays.

Depuis que je suis à la Chambre, je suis membre du groupe de défense des cheminots. Us savent qu’en toute circonstance ils pourront compter sur mon concours, comme par le passé. Je rappelle que c’est sur mon acLion personnelle que les principales revendications des agents révoqués ont abouti. Au cours de ces derniers mois, j’ai obtenu que des travaux importants fussent confiés aux Ateliers de Périgucux, Je continuerai à m’efforcer de maintenir à ces Ateliers, malgré Textension de l'électrification du réseau, une activité qui permette de conserver leurs effectifs actuels,

C est un devoir pour nous de veiller au sort de ces modestes travailleurs dans lesquels nous comprenons, naturellement, tous ceux des chemins de fer départementaux, qui savent aussi 1 action que j’ai exercée pour eux, notamment en demandant que des automotrices soient mises en service sur notre réseau départemental.

En ce qui concerne les retraites :

Les retraités savent faction personnelle que j’ai exercée en leur fa veur^ notamment lorsqu’à deux reprises différentes j'ai obtenu du Conseil général la péréquation totale des pensions des retraités départementaux.

En ce qui concerne les retraités de l’Etat, je suis, depuis plusieurs mois, resté en rela^ lion constante avec les dirigeants de leurs associations et je m'efforcerai, selon leur vœu, d’obtenir le retour de la loi de 19*24.

A une .heure difficile, un sacrifice a du être demandé à certaines categories de citoyens. Mais il a été reconnu que s’il n’avait pas été demandé, c'était 1 arrêt total des payements et la faillite dont les travailleurs de 1 Etat, les pensionnés, les anciens combattants., auraient, supporté tout le poids.

Mais des améliorations importantes sont déjà intervenues. Elles devront être continuées par une collaboration avec les intéressés*

Pour les anciens combattants et victimes de la guerre, la Caisse des pensions, déjà voliée par la Chambre, permettra, sous des modalités à définir, de donner satisfaction aux revendications des anciens combattants, mutilés et victimes de la guerre.

Pour les fonctionnaires gL cheminots, un minimum de salaire vital au-dessous duquel aucun prélèvement n’est possible, a déjà été prévu.» Ce minimum doit être relevé en meme temps que les règles anciennes de l'avancement de classe et de grade doivent être rétablies*

Les mesures concernant les agriculteurs, les commerçants, les industriels, les travailleurs de l'Etat, des départements et des communes, ne pourront avoir d efficacité que si la crise économique est .définitivement réduite* La défense de la démocratie politique exige la réalisation de la démocratie économique.

Le Conseil économique, composé de gens qualifiés désignes par les organisations patronales et les ouvriers les plus représentatifs de l'industrie, du commerce, de 1 agricultuiej ainsi que des travailleurs indépendants, des artisans, des professions libérales, devra être obligatoirement consulté sur toutes les questions concernant toutes les formes de I activité économique et des conditions du travail.

C’est par de vastes crédits, mis à la disposition de T économie du pays ; la réorganisalion de notre système bancaire ; la mise en œuvre d’un programme de grands travaux, que pourra vraiment être augmenté le pouvoir d’achat de la Nation*

Mais la crise ne pourra être définitivement vaincue que si des accords dans 1 ordre économique et financier assurent la stabilité des monnaies et le développement des échanges entre les peuples* C’est le programmé que j'ai défendu, en 1933, à Londres, ou j ai sauvé, contre la spéculation, l1 intégrité du franc — que j’ai à nouveau proposé à Genève en septembre dernier — et auquel les Etats-Unis ont dès maintenant donné leur adhésion*

En politique extérieure :

Le Gouvernement français a proposé, il y a quelques jours, un plan général d’ organisation de la paix qui puisse assurer la sécurité collective des peuples pacifiques* Il souhaite ardemment que sa voix soit entendue* C’est le système le plus sûr pour assurer la paix dans le monde et réaliser entre les nations, d’une manière simultanée, la réduction souhaitable des armements qui pèsent si lourdement sur les finances de tous les pays*

Mais tant que cette proposition ne sera pas devenue une réalité et. que la sécurité collective ne sera pas assurée d’une manière évidente et sans aucune réserve, la France doit avoir une armée défensive, dotée de moyens modernes, de fortifications puissantes capables d’assurer, par ses propres moyens, sa sécurité contre une agression nouvelle.

En politique intérieure :

Je suis profondément attaché au régime démocratique, qui est le meilleur pour éviter au pays les secousses et les aventures* Je veux éviter à tout prix a notre pays les épreuves d’une dictature quelle qu’elle soit, et j’entends défendre de toutes mes forces, comme je l’ai déjà fait, les libertés républicaines qui sont si chères au peuple français.

Mais le meilleur moyen d’atteindre ce but, c’est de comprendre qu il importe d assurer au Gouvernement, par une réforme nécessaire de TEtai, la stabilité et la continuité d action indispensables dont bénéficient d’autres gouvernements en Europe*

Républicain ardent et convaincu , épris de progrès sociaux dans Tordre et dans la liberté, je veux que la République soit la République du peuple sauvegardant les droits de chacun, garantissant une existence digne aux déshérités, aux petits et aux humbles.

Je demande le respect des lois fondamentales de la République qui, en même 'temps que la laïcité et la défense républicaine, ont assuré et doivent continuer à assurer à tous les Français la liberté de conscience dans un esprit de large tolérance.

Je demande également l'obligation pour tous les élus d'assister aux assemblées.

J’entends assurer la suprématie absolue de T Etat vis-à-vis de tous les consortiums et trusts, les puissances d’argent et toutes les organisations qui voudraient imposer leur tutelle à 3a Nation.

J'ai démontré, comme Ministre do Commerce, que j’étais capable de protéger contre ces organisations les petits commerçants, les artisans et les ouvriers qui m'en ont très vivement remercié en termes émus. Je continuerai à l’avenir.

Mes chers compatriotes, l’heure est grave, les dangers que peut faire courir au monde la persistance de la crise et les difficultés de la situation internationale ont ouvert les yeux à tous les hommes clairvoyants.

Je vous demande d'y songer. Je suis sur que, comme la France Ta toujours montré aux moments tragiques de son histoire, tous les Français sauront unir leurs énergies pour aider leur pays à surmonter les difficultés présentes.

Agriculteurs, commerçants, fonctionnaires, cheminots, ouvriers, travailleurs de toute sorte de la ville de Périgueux, des cantons de Périgueux, Brantôme, Vergt et Saint- As tièr, je suis convaincu que, unis autour de moi, vous m'aiderez à obtenir la réalisation de ce triple but ; vaincre la crise, défendre nos libertés, assurer à notre pays la sécurité et la paix.

J’ai confiance en vous î

Vive la République !

Georges BONNET.

circonscription de PÉRIGUEUX.

M. Camille BEDÏN (Groupe socialiste.)

Elu pour la Ve fois le 3 mai 1936.

(Voir le programme du Parti socialiste S. F. I. O., p, 3.)

Electeurs,

Le 26 avril, la France élira, pour la 16fl fois depuis 1875, ses représentants à la Chambre des Députés.

Malgré la confusion apportée dans ceLte consultation électorale par des candidats se réclamant de vagues partis ou arborant des étiquettes trompeuses, la situation est parfaitement claire.

L> un côté : 200 familles et leurs mercenaires, qui constituent une féodalité bien plus redoutable que celle des seigneurs de jadis ;

De 1 autre côté, le peuple de France qui travaille et qui souffre.

Ou encore :

D?une pari la réaction camouflée en front soi-disant national ;

Et d'autre part, la République démocratique et sociale dont les forces défensives ont

constitué le Front populaire.

Entre ces deux blocs, une lutte décisive est engagée*

Nous pouvons être assurés sur son issue, car une fois de plus, ce sera la République qui en sortira victorieuse»

Mais l’âme du Front populaire, c’est le Parti socialiste.

Fort de son organisation solide, de sa discipline, de sa masse électorale et de sa tradition glorieuse et éprouvée, notre Parti vous appelle à plébisciter sur son nom la République.

Désigné pour être son candidat dans la 2e circonscription de Périgueux, je suis allé dans toutes vos communes, apporter la bonne parole et développer son programme.

Ce programme, je le résume ainsi :

Sur le plan politique :

1. — Constitution d’une majorité cohérente et fidèle, capable de gouverner pour le peuple et par le peuple. Si le Parti socialiste n’a pas la majorité absolue dans la prochaine Chambre, il est prêt à collaborer, même au Pouvoir, avec des fractions voisines, à condition que celles-ci soient animées d’une combativité et d’une volonté réformatrice égales aux siennes.

2. — Défense implacable de la République par l’application des justes lois aux puissants qui s’insurgent contre la légaliLé et par la dissolution et le désarmement immédiat de toutes les ligues factieuses,

3. — Mise à pied de tous les hauts fonctionnaires qui combattent la République et dirigent les destinées du pays dans un sens opposé à la volonté du peuple et même du Parlement. Il faut nettoyer les écuries d’Augias et rendre la République aux républicains, sans quoi les efforts de la nouvelle majorité de gauche resteront aussi vains qu'en 1924 et en 1932. Pour cela, il faudra épurer le personnel préfectoral, la police, l’armée, l’aviation, la diplomatie, les finances et surtout la magistrature.

4. — Remise en vigueur des lois laïques tombées en sommeil depuis la guerre et réalisation complète de 1 école unique.

Sur le plan économique :

1. — Lutte contre le « mur d’argent n par la mainmise de l’Etat sur tous les établissements de crédit et surtout sur la Banque de France qui est la citadelle toute puissante des 200 familles.

3, — Nationalisation progressive des grandes entreprises capitalistes, véritables monopoles do fait qui mettent te pays en coupe réglée : chemins de fer, compagnies de navigation, mines, aciéries, engrais, électricité, grands domaines agricoles eL surtout assurances,

3 __ Défense et développement de la petite propriété agricole, artisanale et commerciale en Ja dégrevant de l’exploitation capitaliste et de la superfiscalité d Etat et en lui venant en aide, grâce aux bénéfices des entreprises nationalisées-

4, — Lutte contre la crise industrielle et commerciale par l’institution d’organismes chargés de régler la production et la répartition des produits,

5, — Lutte contre le chômage par de grands travaux publics d'utilité générale, justement repartis sur Fensemble du territoire,

6, — Lutte contre là crise rurale par la revalorisation des produits du sol* Pour cette partie, je vous prie de vous reporter au programme agricole du Parti S. b, 1* O., paru dans ic journal La voix socialiste que je vous ai envoyé récemment»

7, — Lutte contre la crise financière par des économies sur les dépenses somptuaires de la Nation et par une action contre la fraude fiscale des grands possédants.

Sur le plan extérieur :

1, — Transformation de la Société des Nations par la Société des Peuples,

2, — Renforcement et développement de la législation internationale qui sera assurée par un système de sanctions économiques efficaces et par une force armée mise au service delà S. D. N,

3, — En attendant, extension du système des pactes’de sécurité signés avec la Russie et avec les petites nations et collaboration amicale avec les autres nations démocratiques et pacifiques.

4, — Désarmement général, simultané et contrôlé*

5, „ — Enfin, suppression dans tous les pays, de la fabrication et du commerce privés des armes, afin de détruire la caste malfaisante des muni tiorrn aires et des marchands de canons qui poussent les peuples à la guerre.

Citoyens,

Le « pays légal » va parler !

Si la majorité populaire sortie des urnes n’est pas massive, le capitalisme, menacé dans ses privilèges, jettera dans la rue sers bandes militarisées et son armée de Cob lente déjà toute prête. Il faudra alors résister avec une volonté de fer, mais il n’est pas douteux que le sang français coulera . . .

Si, au contraire, cette majorité "est écrasante, les forces fascistes seront désemparées, atterrées, leur ressort sera brisé et, comme le, succès a une grande puissance d'attraction, les bandes se disloqueront et leurs membres égarés regagneront la grande famille républicaine. Le nouveau Gouvernement pourra alors agir avec décision et la transformation souhaitée par le peuple s’opérera sans luttes fratricides*

Par votre bulle lin de vote, vous pouvez donc éviter une effusion de sang et les horreurs d’une guerre civile.

Mais pour ceîà, il vous faut résolument écarter les candidats douteux ou masqués et ceux dbnt là volonté d'action n'est pas claire et nette, tous ceux qui attendent le second tour s'ils doivent pencher à gauche ou à droite.

1U seraient vite les traîtres de la majorité de demain.

Nul parti ne vous apporte plus de garanties et d’assurances de fërmeté que le Parti socialiste, le glorieux parti des travailleurs qui après avoir conquis de nombreuses villes, est en train de conquérir les masses paysannes.

Contre les 200 familles,

Contre l'oligarchie,

Contre le fascisme,

Contre la guerre, et

Pour le pain.

Pour Ta paix,

Pour la liberté, , __

je vous invite à faire triompher, dimanche, sur mon nom, îë Parti socialiste et le Front populaire.

Vive la République sociale î

Camille BBDÏX

M. Max-once BIBIÉ (Groupe de FUnion socialiste et républicaine,)

Circonscription de RXBÉRAC,

Élu pour la T0 fois le 11 mai 1924, — Réélu les 29 avril 1928, 1er mai 1932 et 3 mai 1936,

lions législatives.

Vous me connaissez depuis longtemps et par conséquent il est inutile que je me présente à vous et que je vous Fasse de longues déclarations sur ma candidature et sur ma personnalité.

Profondément attaché h la démocratie, j'ai toujours été à T avant- garde dans le dur combat mené pour défendre la République et les institutions parlementaires contre les attaques directes ou hypocrites d’un fascisme menaçant.

Socialiste — parce que je sais le prix du travail, étant le fils de mes œuvres — je crois plus que jamais que les faits nous conduisent inéluctablement, et il faut que ce soit dans Tordre, à une organisation plus rationnelle et plus humaine de la vie économique et sociale.

Pacifiste, ayant connu les horreurs de la guerre et sachant qu’elle n’apporte jamais aux peuples que la souffrance et la misère, je reste fidèle à l'institution de Genève qui a pour objet de prévenir les conflits et d'apaiser les différends entre les peuples.

Je suis donc aujourd’hui, ce que j’étais hier et je continue à marcher droit sans compromission et sans faiblesse, vous donnant ainsi, par la rectitude de mon action politique passée, une garantie solide de mon action politique future*

Chers concitoyens,

La législature qui vient de se terminer a été marquée par des événements dont la gravité n’échappe à personne et sur lesquels il faut revenir pour comprendre l'importance des

problèmes qui solliciteront l'effort du nouveau PariemenL Politique économique :

La crise économique, dont je vous disais il y a quatre ans qu'elle menaçait gravement notre pays, ne nous a point épargnés, et producteurs et consommateurs savent malheureusement trop quels en sont les douloureux effets. Notre agriculture a été profondément atteinte par la mévente de ses produits ou par mie baisse catastrophique des cours, tandis que notre commerce et notre industrie étalent en régression et que le chômage s'étendait irrésistiblement dans les villes. Jamais peu t-êtr? on n’a mieux compris qu'en présence de ces faits douloureux, qu’il y avait une étroite liaison entre les travailleurs de la terre et ceux de l’usine, souffrant les uns cl les autres de la crise et dont les intérêts sont étroitement solidaires. Si l’agriculteur, en effet, ne vend pas les produits de son sol, ou s’il les vend à des prix inférieurs, si, en d’autres termes, il se trouve gêné et n’a point d’argent liquide, IL restreint ou supprime ses achats de produits fabriqués. La conséquence, c’est que l’industrie manquant de clientèle, restreint sa production, ferme ses usines en totalité ou en partie et que le nombre des sans-travail augmente.

kl

Pour résoudra la crise, il faut donc accroître la capacité d’achat des masses paysannes, en revalorisant les prix des produits agricoles pour que l’agriculteur puisse disposer d’assez d’argent pour vivre une vie normale et pour acquérir, comme au temps de prospérité, les produits industriels. Cette politique, essentiellement juste et conforme à une saine économie, nous avons essayé de la pratiquer en organisant par une série de lois les marchés du blé, du vin et de la viande (achat d’animaux impropres à la consommation) et il faut reconnaître que les résultats obtenus sont encourageants, puisque les prix marquent déjà une

reprise intéressante, -

Qu 11 me soit permis de signaler que j*ai été de ceux qui sont intervenus à la tribune de la Chambre à différentes reprises pour contribuer à 1 élaboration de ces diverses mesures, notamment le 23 juin 1033, pour demander la taxation du blé qui a été volée, et le 21 novembre 1934, pour demander le versement plus rapide des primes aux coopératives de

stockage. . .

11 faudra continuer cet effort de revalorisation jusqu’à atteindre au moins le coefficient 5 par rapport aux prix d’avant guerre qui raisonnablement peuvent être pris pour base, puisqu'ils étaient ceux d’une période normale.

Mais, pour pratiquer cette politique, il faut que l’économie française soit sérieusement protégée contre toute invasion de notre marché par des produits étrangers, et c’est pourquoi il est "indispensable de maintenir les mesures de protection douanière et de contingentement qui ont démontré leur efficacité. Pi l’on doit admettre que les nécessités internationales appellent un désarmement économique, condition indispensable d’une réconciliation des peuples, qu’il soit entendu que l’abaissement des barrièi es douanières ne devra jouer que dans la mesure où la production nationale trouvera une contre-partie sérieuse dans les avantages qui devront lui être consentis par l'étranger.

Politique financière :

Grâce à la protection et à l’organisation de notre marché, étendu à nos dépendances d’outre-mer, qui ouvrent un large champ à l’activité française, nous verrons, espérons-le, la crise reculer et une sérieuse reprise des affaires nous conduire, dans un temps qu’il faut désirer court, à une activité normale. Il en résultera non seulement du mieux être pour tous, mais pour les finances publiques, dont les recettes les plus importantes, commel’impôt sur le chiffre d’affaires et les taxes sur les transactions, ont sérieusement diminué, un rétablissement de l’équilibre budgétaire favorable au maintien de notre crédit. Il est, en effet, certain que si l’Etat continue à ne pouvoir équilibrer sérieusement son budget et doit procéder à des emprunts, dont le placement s’avère chaque jour plus difficile, c’est tout le crédit français qui est on péril et c’est la monnaie elle-même qui risque de sombrer.

Sans doute, en est-il qui considèrent la dévaluation comme une mesure peu inquiétante, souhaitable même en ce sens qu’elle faciliterait une reprise de notre activité industrielle et commerciale sur le marché international, parce qu’elle aboutirail à une diminution de nos prix de vente actuellement supérieurs aux prix mondiaux. Mais il faut observer que les mesures de protection douanière que l’étranger ne manque jamais de prendre en pareil cas, diminuent singulièrement le champ de l’exportation espérée, et que la reprise de l’activité économique datas le pays dévaîuateur est de courte durée.

ErV France, où déjà une dévaluation des quatre cinquièmes a été réalisée, et où l’esprit d’épargne constitue une qualité maîtresse qui contribue à notre prospérité et à notre force, il serait injuste pour les épargnants et dangereux pour notre avenir de vouloir de son plein gré cette dévaluation*

Politique intérieure ;

La crise économique, en multipliant les souffrances et la misère, a provoqué dans notre pays, comme dans beaucoup d’autres en pareille occurrence, des mouvements de mécon tenlement dont les fauteurs de désordre et les adversaires du régime ont cherché à tirer

parti dans des buts politiques, (Test ainsi que se sont constituées les ligues fascistes qui ont tenté, heureusement sans succès, de porter un coup décisif à la République au soir tragique du 6 février* Sans la riposte vigoureuse du peuple de Paris, et plus tard le regroupement des républicains dans la France entière, sous l’étiquette du* Front populaire de défense des libertés et du régime parlementaire, il y a longtemps que le fascisme aurait vaincu.

Mais les suites parlementaires du 6 février ont été graves^ puisqu’aux Gouvernements s’appuyant sur les gauches ont succédé des Ministères dont la majorité comprenait tous les éléments de droite du Parlement* Ces Ministères ont naturellement appliqué une politique inspirée par la féodalité financière et économique qui cherche à dominer le pays^ et c’est à eux qu’incombe la responsabilité des décrets-lois de superdéflation, que je me félicite de n’avoir pas votés, tant ils sont lourds et injustes pour les faibles et pour les humbles.

La vague de protestation, que cette politique contraire aux intérêts mêmes de l'ensemble des citoyens a soulevée dans le pays, a conduit à l’avènement du Ministère Sarraut, dans lequel je m'honore de figurer, et qui s’est tracé pour mission d’assurer l’ordre républicain, afin de ramener la confiance et de faciliter ainsi la reprise économique. En appliquant Ja loi sur les ligues à l'Action française qui a été dissoute, la loi sur la presse à Ch* Maurras qui a été condamné pour provocation au meurtre, la loi sur les armes que j’ai eu la mission de faire adopter par la Chambre, le Ministère a effectivement ramené Tordre,

En même temps qu’il rassurait ainsi les citoyens qui veulent la paix intérieure si nécessaire à leurs affaires, ce Gouvernement a fait adopter par le Parlement une loi organisant le Conseil national économique, apportant ainsi au régime parlementaire une amélioration indispensable dont on est en droit d'espérer de légitimes avantages. J’ai participé à l’élaboration du projet, en qualité de membre de la Commission de réforme de l’Etat, qui s est préoccupée aussi de mettre au point un certain nombre de projets en vue d’assurer la stabilité ministérielle et une procédure parlementaire plus rapide.

Politique extérieure :

Depuis trois ans, la politique extérieure a été dominée par l'accession au pouvoir d’Hitler, qui a transformé l’Allemagne en une vaste usine où se préparent de jour et de nuit des armements qui constituent un sérieux danger pour la paix. La politique de force et de prestige suivie par Berlin depuis cette époque se marque par le rétablissement du service militaire obligatoire Tan dernier et? récemment, par l’installation en Rhénanie de troupes de la Reischwher en violation du traité de Versailles et du pacte de Locarno. La vigoureuse protestation de notre Gouvernement et la condamnation du geste d’Hitler par la Société des Nations commandent une politique k la fois énergique et prudente*

11 faut que notre pays assure sa propre défense nationale contre toute invasion et en même temps qu’il collabore à Tœuvre d’organisation de la paix.

Notre politique de défense nationale, exemple de tout esprit nationaliste, comporte une frontière solide^ et c’est pourquoi j’ai voté le £6 juin 1931 et le 14 juin 1934 les crédits destinés à la construction de la ligne des fortifications de l’Est dont les événements viennent de démontrer Timportancc pour notre sécurité maintenant que les troupes de la Reischwher sont à nos portes* Cette politique implique aussi une armée française suffisamment nombreuse, et c’est ce qui explique que Tan dernier j’ai accepté la prolongation du temps de service, afin que l’arrivée des classes creuses ne diminue pas nos effectifs, au moment où Hitler instituait par le service obligatoire une armée de 550,000 hommes* C’est grâce à la présence de cette deuxième année de soldats instruits qu’il a été possible au lendemain du 7 mars de mettre les fortifications sur le pied de guerre et de renforcer nos garnisons de ï Est sans avoir recours à la mobilisation d’une classe de réservistes, mesure qui aurait profondément troublé le pays et permis à l'Allemagne de proclamer devant le monde inquiet que la France voulait la guerre.

Mais il ne faut pas que cette politique de défense nous fasse renoncer à tout effort de collaboration internationale et nous estimons que cet effort s’impose au contraire plus fortement que jamais. Rien ne serait plus dangereux pour la France et poar la paix que de

rompre comme noua y invitent 1er, nationalistes, avec la Grande-Bretagne, el que d’abandonner la Société des Nations, sous le proteste des difficultés de l'heure présente. Il est indispensable de maintenir le. pacte de Locamo et, même de le renforcer et de travailler à donner à la Société des Nations les moyens matériels qui lui manquent, afin d’en faire vraiment un organisme solide de paix.

C’est, en effet, dans le cadre de la Société des Nations qu’îl faut poursuivre l’œuvre de raffermissement dé la paix en Europe, en organisant la sécurité collective par f assistance mutuelle, programme qui reste à la base de notre politique extérieure et qui est la condition même de réalisations ultérieures.

Si l’on parvient à assainir l’atmosphère diplomatique, il sera possible d élaborer ensuite un plan de désarmement général simultanément contrôlé qui apportera un allégement sérieux aux charges que le militarisme fart peser actuellement sur les peuples et qui réduira de façon certaine les èhances de guerre. En attendant, il faut demander à chaque pays de décider le monopole de là fabrication et du commerce des armes de guerre -- en faveur duquel j’ai voté à différentes reprises - afin de mettre un terme aux scandaleux agissements

de ceux qu’on appelle les marchands de canons.

A celle œuvre constructive doivent être conviés par la France, non seulement la Bel- «rique, la Grande-Bretagne et .la Russie, à laquelle nous unit un pacte récent, mais encore ritalié dont il l’auL au plus tôt régler le conflit avec l’Ethiopie, la Pologne et la Petite Entente, les peuples balkaniques et l'Allemagne elle même en lui demandant des gages de sa bonne volonté.

Mesures économiques, financières et sociales :

Mais il ne suffit pas de tracer les grandes lignes de la politique à suivre pendant la législature prochaine, U faut encore énumérer un certain nombre de réformes qui rentrent dans le cadre normal de l’activité parlementaire et qui répondent à dos intérêts variés,

mais également respectables.

L'enseignement agricole a été pour moi l'objet d'une constante sollicitude parce que je le considère comme indispensable si Ton veut doter le monde rural d’un personnel expérimenté. C’est pourquoi, après l’échec de l'école d’agriculture d’hiver, j'ai réussi à obtenir une dotation budgétaire qui a permis La création à l’Ecole primaire supérieure de Ribérac d'une section agricole largement aménagée.

Pour maintenir les jeunes gens à la terre, il convient de réduire, dans une proportion notable, des droits de succession sur les héritages ruraux en ligne directe.

L’augmentation du prix du permis de chasse par décret-loi a soulevé de sérieuses protestations et la Chambre a voté le retour à l'ancien prix.

La loi sur la viticulture, qui a donné des résultats appréciables pour la revalorisation du prix du vin, a soulevé un certain nombre de critiques justifiées. G est ainsi que le degre minimum de 8,5 exigé dans notre département étant trop élevé, j’ai obtenu un abaissement d’un demi-degré, du reste encore insuffisant. C’est ainsi également que je demanderai la diminution du prix du congé, dont la majoration ne se justifie que dans les régions de grande production.

Les planteurs de tabacs m'ont toujours vu dans leurs congrès départementaux et nationaux et ils savent que je m'intéresse tout particulièrement à T action de leur syndicat avec lequel j’ai collaboré il y a quelques semaines "pour obtenir un contingent de 116 hectares qui permet de donner satisfaction à de légitimes revendications.

s Je me suis associé à toutes les mesures destinées à remédier aux pertes causées aux agriculteurs par les intempéries et je viens de faire attribuer aux sinistrés de 1934, en retard, les sommes qui leur étaient dues. Le cyclone de septembre dernier, qui a ravagé une paiiie de l'arrondissement, a causé bien des pertes qui sont actuellement expertisées. Au Conseil général, d'accord avec mes collègues, j'ai demandé, malheureusement sans succès, que jusqu’à concurrence d'un total d'un million, le département veuille bien garantii les emprunts des sinistrés au crédit agricole et avancer les deux premières annuités. À 1 ans,

j'ai obtenu la promesse que F attribution des indemnités de 1935, subordonnée à un travail assez large de totalisation, serait hâtée afin que les victimes des sinistres de l'an passé fussent bientôt dédommagées.

En faveur de notre coniBaeme de notre industrie* qui souffrent si durement du marasme des affaires, j'ai voté les differentes lois destinées à faciliter leurs opérations de crédit, et celles qui ont eu pour effet de substituer à l’impôt sur le chiffre d'affaires une taxe à la production.

Pour assurer le mieux-être des travailleurs, je reste Fidèle k la législation de protection ouvrière et aux lois de solidarité, comme les assurances sociales et les différentes lois d'assistance qui appellent une coordination et un aménagement qui devraient les rendre plus souples et plus efficaces.

Les familles nombreuses, dont J Fai défendu les intérêts et dont les allocations déjà trop faibles ont été réduites de façon scandaleuse par décret-loi, doivent recevoir un appui sérieux, et c'est pourquoi je pense qu'il est urgent d'envisager la création d'une caisse nationale de dotation des familles nombreuses. '

Sachant o© que Von doit aux victimes de la guerre, que j’ai faite pendant quarante-deux mois, j’ai voté toutes les mesures qu'elles ont réclamées et j’az apporté à leurs associations, sans distinction et à chacune d'elles quand cm l'a sollicité, mon concours le plus entier. J’ai notamment voté la Caisse des pensions, grâce à laquelle les injustices nées des récents décrets-lois seront enfin réparées.

Le problème de la coordination du rail et de la route, si préoccupant dans nos campagnes, a été l'objet de mon attention la plus vigilante. J’ai fait repousser au Conseil générai le projet du Comité technique départemental, parce qu'il supprimait toutes les voies ferrées de Ribcrac, sacrifiant l'intérêt du public à des intérêts particuliers. J’ai demandé à la tribune de la Chambre de généraliser l’emploi des automotrices sur les petites ligues, ce qui m'a été promis, et j'ai la conviction maintenant efue mes efforts ont sauvé notre région de mesures qui auraient été désastreuses pour tous.

Mes chers concitoyens,

Chacun comprend l'importance et la gravité de l'heure. Nul n'ignore que la consullation électorale de dimanche sera décisive pour l'avenir de notre pays et pour la paix européenne.

Depuis douze ans que j'ai L honneur de vous représenter, vous savez que j’ai été étroitement mêlé, tant au Parlement qu'au Gouvernement, à l'activité politique et diplomatique qui se poursuit aujourd'hui dans des circonstances difficiles.

Si vous êtes convaincus que je suis capable de défendre efficacement et avec autorité nos Intérêts, nos droits et lïotre sécurité et si vous estimez que je n'ai pas démérite, vous m'accorderez votre confiance.

Je m'adresse aux démocrates qui m'ont toujours soutenu dans les dures batailles politiques du passé et que Ton cherche à détourner de moi pour jeter la division dans nos rangs, à tous les jeunes électeurs aussi qui représentent l'avenir, et à qui je demande de m’apporter leur enthousiasme et leur élan.

Aux uns et aux autres je dis : courage, confiance et surtout discipline devant les assauts multipliés d’un fascisme qui ne désarme pas, et pour que nous fassions triompher une fois de plus dans l’arrondissement la République, la démocratie et la paix.

Maxe^cs B1RLÉ

Professeur à la Faculté de droit de Bordeaux.

Conseiller général de Ribérae.

Sous- Secrétaire d’Elat au Ministère du Travail.

Député sortant.

Circonscription de SARL AT.

M, Yvon DELBGS

(Groupe républicain radical et radical socialiste.)

Elu pour la lf9 fois le 11 mai 1924. — Réélu les 22 avril 1928, l*r mai 1932 et 3 mai 1936.

Mes chers Concitoyens,

Ma personne, vous la connaissez, puisque, depuis 1924, vous m’aves fait I honneur de rue choisir pour vous représenter au Parlement et qu1*! n’est pas un coin de la circonscription on je ne compte de solides et franches amitiés.

Mes idées, je vous les ai exposées maintes fois. Enfant du peuple, je lui reste fidèle. Je ■suiSj de toute ma raison et de tout mon cœur, du cote de la démocratie et la confiance que m’ont toujours manifestée les démocrates sarladais est la grande fierté de ma vie.

Les intérêts régionaux :

Mon premier devoir est de défendre vos intérêts et vos aspirations, j ai conscience de n’y avoir pas manqué. Je n’ai jamais cessé, je continuerai jusqu’au terme de ma carrière d’être votre interprète et votre défenseur auprès des pouvoirs publics.

Sur ce terrain des intérêts régionaux, je fais mien le programme des associations de producteurs, des syndicats, mutuelles et groupements d’usagers. Je les résume :

— soutien des prix et extension de la culture du tabac ;

— protection douanière de la noix* comme de tous nos produits, et débouchés à l'exportation ;

— régime spécial pour nos vins qui ne sauraient être assimilés à ceux des régions viticoles industrialisées; réduction notable des droits de circulation ;

— aménagement du marché des blés contre la spéculation et en faveur des petits cultivateurs, en les affranchissant d’une paperasserie compliquée et vexatoire ;

— protection douanière des bois et encouragements de l’Etat aux entreprises utilisant les produits forestiers nationaux ;

— réduction des tarifs de transport pour le bétail et les fourrages ;

— amélioration du cheptel, organisation permettant l’achat de viandes étrangères;

— entretien du réseau routier et spécialement des chemins vicinaux et ruraux ;

— défense des petits transporteurs contre les grandes compagnies et révision dans ce sens du Statut du rail et de la route ;

— développement de l'électrification des campagnes ; réduction du taux de l'intérêt des prêts contractés par les syndicats et des tarifs du courant, qui restent beaucoup trop élevés.

Voilà ce qu’il s’agit de faire tout d’abord, en al tendant des réformes plus complètes et plus hardies, qui ne peuvent être réalisées que progressivement, et qui doivent constituer le programme républicain.

La doctrine républicaine réformatrice :

Ce programme, le parti auquel j’appartiens fa clairement défini. Egalement éloigné des

solutions extrêmes, il vous propose, sans sauter dans l’inconnu, une action nettement réformatrice.

Ce n’est pas en bouleversant de fond en comble la société, comme le proposent les communistes et les socialistes unifiés, mais en l’améliorant, par un progrès méthodique et persévérant, par une réforme graduelle et réfléchie de nos institutions, que nous obtiendrons des résultats durables. La révolution, c’est-à-dire la violence et l’effusion du sang, est un non-sens dans un pays de démocratie et de liberté. Restons dans la voie que les fondateurs de la République nous ont tracée, pour réaliser pacifiquement plus de justice et de fraternité.

La défense républicaine :

Je suis l’adversaire résolu de toute les dictatures. Je ne reconnais comme valable que le verdict du suffrage universel, librement exprimé, et je dénie à une minorité illégale, qu’elle s’appelle fascisme ou dictature du prolétariat, qu’elle exalte un Lénine, un Führer, un Duce, un commissaire du peuple ou un colonel, le droit d’interpréter la volonté populaire et d’opposer une autre France à celle que vous constituez.

J ai prouvé moi-même, dans l’exercice des fonctions gouvernementales, ma résolution bien arrêtée de faire respecter les lois qui nous régissent, et qu'il n’était pas besoin d’en venir à la guerre civile pour mettre 1 ordre républicain à l'abri des atteintes et des provocations.

Contre la ploutocratie :

Mais il esL une autre forme de dictature moins ostensible, celle de l’argent. Pour s exercer par des voies occultes, elle n’en est pas moins dangereuse, puisqu’elle veut substituer au pouvoir légitime et sans cesse contrôlé des représentants du peuple, celui d une féodalité financière irresponsable. Fort de mon indépendance totale à leur égard, je combattrai de toutes mes forces, comme je l’ai toujours fait, la tyrannie des puissances d argent. Les attaques dont je suis 1 objet dans leur presse montrent à quel point je mis avec le peuple contre ces féodalités. C’est PEtat, c’est-à-dire le peuple Lout entier, qui doit exercer un droit de contrôle sur les banques, les trusts, les grandes sociétés concessionnaires, faire plier leurs intérêts particuliers devant l’intérêt général, assurera la nation tout entière une juste part des richesses nationales.

Placer le pouvoir législatif au- dessus des entreprises de la ploutocratie et le pouvoir exécutif au-dessus des agitations de la rue, c’est donner au régime une autorité nouvelle^ c est réaliser les conditions nécessaires d’un gouvernement fort et stable ; c’est permettre les réformes de longue haleine ; c’est faire peut-être l’économie d'une révolution. Voilà comment je comprends l’autorité républicaine.

La crise économique et l’équilibre budgétaire :

Cette autorité, nous sommes décidés, mes amis et moi, à l’employer d’abord contre les effets d une crise économique mondiale, inévitable, puisqu’elle remonte aux ruineuses folies de la grande guerre, mais qui a été aggravée par l'égoïsme de la réaction, les surenchères des extrémistes, les divisions des républicains. Nous n’espérons pas ramener la « prospérité » [Jai un coup de baguette magique, mais nous voulons assurer à chaque travailleur un minimum de sécurité vitale, autrement dit du travail et du pain.

Je reste partisan de la liberté individuelle. C’est dire que je réprouve les théories du communisme et du collectivisme, illusions dangereuses* Mais les maux dont nous souffrons sont singulièrement accrus par des injustices sociales, qu’il faut corriger. Si la situation fcxige des restrictions, des sacrifices, ceux-ci doivent être équitablement répartis, et c’est d abord aux possédants, aux oisifs, aux parasites, qu’il faut les demander.

Je suis donc partisan :

^ une Feforme fiscale largement démocratique qui allège les charges du travailleur

et du consommateur, qui réprime sévèrement la fraude et impose aux privilégiés de la fortune une contribution plus importante aux charges collectives , #

„ a une limitation des profits spéculatifs et des super-bénéfices réalisés par la haute

banques ou les monopoles, de fait ; .

— de la participation de l’Etat aux profit des grandes entreprises déjà pratiquement

1 d’une rectification des décrets-lois qui préserve le minimum vital et corrige des lu justices flagrantes, les économies devant commencer « par le haut » et etre obtenues par des simplifications administratives, des suppressions de rouages inutiles Le gouvernement dont je fais partie a prouvé par ses actes cette volonté de réparation et de justice.

C’est en évitant le gaspillage des deniers publics, qu’il faut chercher la barrière au danger de l’inflation et des manipulations monétaires. Mais pour obtenir des plus-values qui ramèneront l'aisance et permettront des réformes substantielles, il faut augmenter les ressources des particuliers, c’est-à-dire favoriser la reprise économique. .

On n’y parviendra qu’eu laissant aux initiatives individuelles le maximum de jeu en stimulant l’essor des affaires — en adaptant périodiquement notre législation économique anx conditions changeantes de la production nationale et du commerce extérieur.

Le devoir de solidarité sociale :

La sollicitude de la nation doit aller aux victimes les plus intéressantes de la crise :

— aux agriculteurs, dont il faut en première urgence améliorer le sort, en revalorisant les prix des denrées à la production, en instituant l’assurance nationale contre les risques de

tous ordres, en développant le crédit agricole ,

— aux ouvriers en chômage, qu’il faut secourir, mais qu’il faut surtout sauver, dans leur intérêt comme dans celui de la collectivité, en leur trouvant du travail ;

.aux victimes de la guerre, qui ont droit à toute la sollicitude de la nation et pour lesquelles j'ai voté la Caisse des pensions, proposée par mon parti ;

aux familles nécessiteuses, aux femmes, aux vieillards et aux enfants dans le besoin ;

— aux artisans, aux petits commerçants, écrasés par la concurrence des grandes firmes

capitalistes et dont il faut alléger les charges ;

a la jeunesse enfin, qui attend dans une inaction forcée à la porte de carneres

encombrées par d'inadmissibles cumuls,

A ccs devoirs élémentaires de solidarité sociale s’ajoutent des devoirs plus vastes ; il faut pour les classes laborieuses plus de profits matériels, plus de loisirs, plus de culture. Démocrate du fond du cœur, aucune idée' de réforme ne m’effraie, pourvu qu’elle s’accomplisse dans l'ordre et la légalité. G’ est sur cette question de méthode et d’ opportunité que mon réformisme se sépare nettement du communisme révolutionnaire et du marxisme doctrinal. Mais dans la voie des réformes progressives, on me trouvera toujours prêt à aller de Lavant.

La défense de la paix :

La tâche la plus importante consiste a traduire en actes l’absolue volonté pacifique du

peuple français. ^ ■

Non ! Jamais je nenvisagerai « d’un cœur léger » la perspective d’un conflit dont les

conséquences seraient atroces ! Je ne me résoudrai jamais à lancer le pays dans des aventures, Mais, dans l’intérêt même de la paix, il faut que la France soit en mesure de se défendre si elle était attaquée. J’ai voté les crédits pour la défense nationale. Je les voterai tant qu’une convention de désarmement que j’appelle de tous mes vœux, ne sera pas intervenue entre les nations européennes. Pan contre, j’exigerai qu’ils soient judicieusemen

■employés, soigneusement contrôlés* Je suis contre ta fabrication et le commerce privés des armes de guerre, qui doivent être réservés aux arsenaux*

Mais la meilleure garantie de la paix est l'organisation internationale, le Pacte de la Société des Nations, qui demeure le lieu de ralliement de toutes les bonnes volontés pacifiques et dont je suis, sans aucune réserve, le défenseur résolu.

Mes chers Concitoyens,

Ce programme n'est pas un programme de charlatanisme. Il n'aurait tenu qu’à moi d'y ajouter des promesses alléchantes et des projets sensationnels. Les mots ne coulent rien et les surenchères électorales sont une monnaie dont mes concurrents ne sont pas avares ! A ma droite comme à ma gauche retentissent les appels les plus mirobolants et les coups de grosse caisse.

Je ne fais pas de démagogie 1

Je vous convie simplement à une politique de réformes profondes et vigoureuses, mais accomplies en tenant compte des réalités et des possibilités. L'élan du cœur, la clarté de la raison, la méditation de l'intelligence, la prudence du bon sens, telles sont les conditions du progrès, qui doit réaliser :

— le mieux- être des travailleurs ;

— la sécurité de ceux qui arrivent au déclin de leur âge ou de leurs forces ;

— les aspirations d’une jeunesse qui tient le premier rang' dans nos préoccupations, puisque c'est elle, notre printemps et notre espérance, qui est appelée à réaliser le meilleur de nos rêves.

Ils deviendront des réalités dans la mesure où nous saurons travailler pour la vraie République, celle du progrès méthodique, de la paix extérieure et intérieure, de la justice sociale et de la fraternité humaine.

Yvon DELBÜS.

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