‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 45 sur 186 · III. - Défense de îa paix · texte numérisé non relu

III. - Défense de îa paix

Mes chers Concitoyens,

Bien entendu, touL cela ne sera possible que si la paix intérieure dans l’ordre républicain s'accompagne de la paix extérieure dans 1 ordre international.

.Nous sommes résolument pour la politique de la Société des Nations dont Briand fut Fin fatigable artisan, contre celle des hitlériens français.

Nous croyons, comme lui, à la paix indivisible, à la sécurité collective par l'assistance mutuelle, et les événements de, ces; dernières semaines prouvent que nous avons raison. Ils .démontrent que la violation par les . uns de la loi internationale entraîne la violation par les autres des traités quuls: ont librement signés et -que seule la solidarité internationale est capable d'assurer la paix.

Mais dl' esterai aussi que la paix ne 'sera , définitive dans le monde que lorsque l'action démocratique ides .peuples, enfin libérés du joug odieux des dictatures, aura imposé à tous le désarmement général simuilanêi et contrôlé !

uRIus" de cent milliards de dépenses annuelles consacrées actuellement par tous les peuples à des œuvres de mort, pourront alors être employés à des œuvres de vie.

Travaillons de toutes nos forces i à conduire l’humanité dans cette voie et en attendant ;

Convention de limitation d’abord, puis de réduction, progressive, simultanée et contrôlée, des armements de tous les pays ;

Nationalisation des industries de guerre ;

Internationalisation de Taviaiion civile ; constitution d'une gendarmerie internationale par la remise à la Société des Nations de la seule force pratique dont elle peut disposer : les, aviations militaires.

Mes chers Concitoyens,

Il s'agit, en un mol, de permetire à la France de sortir d’une crise quî la paralyse et de l'orienter vers une ère nouvelle de prospérité tout en assurant, avec sa sécurité, la sauvegarde de ses libertés et de ses institutions démocratiques.

Pour la République contre le fascisme et la guerre î

Vive la paix et vive la liberté l

l-h nhi TREBÀLLET.

Circonscription de CHATEAUDUN.

M. Jules MITTON

(Groupe républicain radical et radical-socialiste-)

Élu pour la 1 fois le 8 décembre 1929, — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936.

Mes chers concitoyens,

Pour la troisième fois, la désignation unanime du Comité républicain d’Union des gauches de ! 'arrondissement de Châteaudun m’appelle à défendre dans notre circonscription la cause de la démocratie,

13 y a quatre ans, le 1 mai 1932, dès le premier tour de scrutin, par le nombre imposant de 10.445 voix, vous m avez fait 1 honneur de me renvoyer siéger au Parlement. Je viens, en sollicitant de nouveau vos suffrages, vous demander de dire si mon action a répondu à vos convictions et à vos espoirs.

Pendant ces quatre années, j’ai voulu loyalement accomplir, avec le seul souci du bien public, la tache que vous m avez confiée. Je me suis notamment efforcé d entrer en rapports personnels avec le plus grand nombre possible d’entre vous, recevant chaque mois à Châteaudun tous ceux qui voulaient me faire 1 amitié de me demander un conseil ou un appui.

Les agriculteurs , les commerçants, les artisans, les retraités, les anciens combattants, les fonctionnaires, les familles nombreuses, les associations ouvrières, ont toujours trouvé auprès de moi Faccueil îe plus empressé eL Je plus cordial et je me suis toujours efforcé de les aider à réaliser leurs aspirations légitimes.

Ko un mot, j ai tenu à servir sous ses différentes formes, sans me soucier des étiquettes politiques, I intérêt général de notre arrondissement et à venir en aide à toutes les catégories de travailleurs, en particulier aux plus modestes d’entre eux, dont le labeur est le plus pénible et trop souvent le plus ingrat.

La cordialité que vous m avez témoignée^ les sympathies agissantes que je n’ai cessé de retrouver durant cette législature me permettent de penser que sans blesser mes adversaires, je n’ai pas déçu mes amis.

lin matière agricole notamment, j’ai consacré le meilleur de mon activité et de mon dévouement à protéger, dans des circonstances souvent angoissantes, les intérêts des producteurs afin de combat! re la mévente, de permettre au cultivateur de recevoir de ses produite un prix rémunérateur, enfin de le défendre contre les abus abominables de la spéculation.

Comme vous le savez, mes chers concitoyens, la législature que nous venons de vivre a été profondément troublée par une crise sans précédent qui a frappé non seulement notre pays mais le monde entier et qui, paralysant les affaires , a multiplié dans tons les milieux ; la gêne, la misère et l’angoisse î

Dans notre région 7 comme dans la France entière, c’est l’agriculture qui fut et qui est encore, hélas! la plus durement atteinte; le malaise qui l'étreint entraîne celui du commerce, de l industrie, de 1 artisanat et réduit la main-d'œuvre à des salaires misérables.

Aussi, intimement persuadé qu’à la prospérité rurale est liée la prospérité générale de la nation à la Commission de l’agriculture dont je fais partie, comme à la Commission agricole du parti radical-socialiste dont j’ai l’honneur d’être le président — je me suis constamment penché avec la plus grande attention sur tous les problèmes agricoles.

Jai défendu et voté toutes les lois, toutes les mesures d'urgence tendant à améliorer la triste situation des cultivateurs.

Mais il ne m’a pas échappé que ces lois et ces mesures étaient généralement insuffisantes ou tardives. J'ai toujours pensé que l’agriculture devrait être maîtresse de ses destinées et posséder une organisation professionnelle. C'est à cette condition seulement qu'elle sera libérée du joug des spéculateurs et de la grosse minoterie.

C’est la raison pour laquelle, avec mes collègues Bérenger et Triballet, nous avons mis sur pied un projet d’organisation professionnelle du marché du blé. Ce projet, que nous avons soutenu à la tribune de la Chambre, ne fut repoussé que par 40 voix de minorité*

À la prochaine législature, ce projet devra être repris. On devra, du reste, l'englober dans une vaste politique de revalorisation des produits agricoles (lait et bétail en particulier} et de facilités de crédit (avances et prêts aux Caisses de crédit agricole).

Cette indispensable revalorisation des produits du sol ne sera, du reste, possible qu'à condition de renoncer à la désastreuse politique de superdéfiat ion commencée par M* Düumergue,

An point de vue économique, il est évident, en effet, que la méthode qui consiste, pour résoudre une crise de surproduction, à réduire les salaires des classes laborieuses déjà si lourdement frappées par le chômage ou à amputer de dix pour cent les coupons des petits rentiers déjà très gênés, est une méthode, non seulement stupide, mais dangereuse. Sans doute la grosse industrie a-t-elle pu, par ce moyen, maintenir ses bénéfices. Mais les producteurs agricoles, à qui les prix offerts étaient souvent très inférieurs aux prix de revient, n'ont plus trouvé sur le marché que des clients aux ressources diminuées, tandis que les consommateurs étaient soumis à la charge d’une vie d'autant plus chère que la crise restreignant les gains du travail rendait plus pénible Fexistenee des foyers populaires, I! en est résulté, en définitive, et pour tous, une aggravation du marasme.

De même, les commerçants et les petits industriels qui savent le vigilant intérêt que, en constant accord avec leurs associations, j'ai toujours porté à leurs légitimes doléances — - mes voies et mes démarches sont là pour le prouver, qu’il s'agisse, pour ne citer que les plus récents, des magasins à prix uniques, du commerce de la chaussure, ou de la suppression des timbres -primes — de même, dis- je, les commerçants et les petits industriels ont vu, pour de semblables raisons, leur chilîre d'affaires diminuer de manière constante, alors que les lourds impôts qui les atteignent et accablent, en particulier le petit commerce, demeuraient à peu près les mêmes.

Ainsi, la politique de superdéflatian, au lieu de nous dégager de là crise, nous y a, au contraire, enfoncés davantage.

Après avoir, au moyen de cinq cents décrets-lois, précipité dans la ronde infernale de la déflation massive et systématique rentiers, fonctionnaires, retraités, ^anciens combattants, propriétaires d'immeubies, afin de rétablir l'équilibre budgétaire, puis, par la baisse du taux de l’intérêt, 1 activité économique, les .chefs de TUnion nationale sont parvenus à des résultats rxat terrien t contraires à leurs promesses eL à leurs désirs,

Un déficit reconnu de sept milliards, de prochaines échéances massives de Bons du Trésor, l'épuisement de toutes les possibilités d'emprunt, l'élévation du taux de l'intérêt, la persistance de la crise, telles sont les conclusions essentielles de la grande expérience.

J’ajouterai que, dans l'ordre fiscal. les Gouvernements dits d'Unîon nationale ont pratiqué une politique particulièrement injuste. La fameuse réforme fiscale, annoncée à grand fracas, n’a abouti qu’â un inique -déplacement d'impôts, aux dépens des petits et des moyens* G est dans le même esprit que l'on diminuait tous les petits retraites sans exception et que 1 on augmentait les grosses retraites î

Mes chers concitoyens,

Si une telle politique a pu êiàe imposée à la majorité républicaine, c’est, vous le savez, parce que, depuis le coup de force fasciste du 6 février, nous avons vécu sous la menace de la guerre civile.

Vous avez vu alors lès chefs républicains insultés dans les journaux, frappés dans la nie et jusqu'au Palais de Justice S

Vous avez vu les fonctionnaires républicains brimés et inquiétés dans la liberté de leurs opinions. Vous avez vu les étudiants réactionnaires fomenter des troubles au Quartier Latin, obéissant aux mois d'ordre de la presse fasciste française et étrangère*

Certes, il s’en est fallu de peu qu’un régime de dictature fût instauré en notre pays de liberté ! Mais depuis le 6 février, les partisans de la démocratie se sont progressivement ressaisis, lis ont mesuré la gravité du péril que nous avions couru. Tous ont senti combien la forme républicaine du Gouvernement, malgré des imperfections amenda blés, du reste — leur était précieuse. Aussi tous se sont-ils rassemblés pour la défendre et apporter au pays le calme, la sérénité et le sang-froid dont il a aujourd hui plus que jamais besoin*

À la rentrée des Chambres, les républicains devront s'unir pour oser et agir. Toutes les énergies républicaines devront s'associer pour entreprendre une vaste action réformatrice*, Le principe fondamental de cette action sera de permettre à tous ceux qui travaillent de tirer leur subsistance de leurs efforts quotidiens* Il ne faut plus voir des hommes être les esclaves des grands trusts, des gansgters de la farine, des engrais et de la métallurgie.

Il conviendra de préserver l’indépendance des citoyens de l'emprise que tentent d'exercer sur eux les féodalités de tout ordre.

De même, pour libérer l’Etat "dé la dictature des Banques, auxquelles les besoins de la Trésorerie le contraignent de faire appel, il sera indispensable de parer au déficit et de réaliser un strict équilibre budgétaire.

Las décrets-lois, qui heurtent les - consciences républicaines en imposant d'èxcessifs sacrifices aux plus modestes, devront subir des réajustements profonds. Pour ceux qui frappent le minimum vital, l'abrogation s’impose*

Une justice pins grande doit être introduite dans la répartition des impôts et, tandis que les produits du travail bénéficieront d’abattements à la base et d’un coefficient réduit, il faudra assurer d'une manière rigoureuse la répression des fraudes fiscales.

La Banque de France devra être réorganisée et son conseil de régence remplacé par un comité de contrôle où seront représentées les grandes forces de l’activité nationale : agriculture, commerce, industrie, afin d*on faire vraiment la Banque de France,

Un plan de grands travaux d'utilité publique pour les villes et les campagnes devra être mis en œuvre pour résorber le chômage rural et urbain.

Dans les temps pénibles que nous traversons, les familles nombreuses nécessiteuses devront plus largement encore bénéficier de la sollicilüde des Pouvoirs publics.

Le bénéfice des allocations familiales devra êti'e étendu sans retard à toutes les corporations,

La création de la Caisse des pensions, que j’ai votée, ainsi que tous mes collègues delà Chambre, devra être adoptée par le Sénat, afin de permettre la suppression des deux prélè^* vements de 3 et 10 0/0 sur la retraite de mes camarades anciens combattants*

Il faudra;::

— étendre à l'agriculture les avantages de la loi du 10 août 1932 sur la protection de la main-d'œuvre nationale :

— refondre la taxe d'apprentissage, les assurances sociales. lés allocations familiales, dont devraient bénéficier tous les salades, sous forme d’une charge sociale unique ;

— ouvrir à la jeunesse les débouchés et les possibilités d’avenir qu’èile est en droit d’attendre ;

— rétablir les crédits dont a été amputé le budget de l'Education nationale, l'instruction ne devant pas être marchandée* Le décret-loi qui impose le diplôme, du. brevet supérieur ou du baccalauréat avant l'entrée à l'Ecole normale doit être abrogé ; ce décret-loi favorisant les habitants des villes an délfrment de ceux des campagnes.

— nationaliser, pour des raisons ri on seulement économiques, mais morales, la fabrica^ Lion et Je commerce privé des armes ;

— renforcer F autorité du pouvoir exécutif et la stabilité gouvernementale ;

instituer F usage du referendum dans des cas exceptionnels et définis d'avance ;

— continuer à l'intérieur du pays l'oeuvre d'assainissement civique et de défense républicaine commencée par le Gouvernement Sarraut :

Dissolution et désarmement de toutes les ligues paramilitaires factieuses ;

Poursuites judiciaires contre les provocateurs au meurtre ;

Mesures énergiques et répressives contre la presse qui fait du chantage, qui calomnie et injurie.

Enfin, à l'extérieur, le Gouvernement de demain aura une grande tâche] à accomplir ; maintenir la paix. S'il est malheureusement indiscutable que F Allemagne hitlérienne, puissamment armée et fanatisée par son chef, constitue une menace non seulement pour noua mais pour l’Europe, il n'en demeure pas moins vrai que Faction équivoque de M. Laval, durant son passage aux Affaires étrangères, à l'occasion du conflit ibalo-élhiopien, nous a éloigné de certaines de nos amitiés traditionnelles et, en nous isolant^ nous a exposés aux pires dangers* Là encore, un redressement s'impose. U est grand temps de revenir à la politique avisée et généreuse d'Aristide Briand, à la politique de la Société des Nations, k la politique des pactes internationaux qui, en organisant fortement l'assistance mutuelle et en nous assurant les garanties que nous avons le droit d'exiger, nous donneront, ainsi qu'à tous les peuples de bonne volonté, la paix dans la sécurité*

Telles sont, dans leurs lignes essentielles, mes chers concitoyens, les lourds devoirs qui incomberont à la prochaine législature et pour lesquels tous les républicains, je le répète, auront l’impérieuse obligation de s'unir. Je vous apporte l'assurance qu'en ce qui me concerne, je m'attacherai h les remplir de toute ma conscience et de tout mon dévouement.

Ne laissons pas s’aggraver la crise morale et la crise économique, car la crise de régime suivrait fatalement.

Déjà, dans d'autres nations, les peuples déçus se sont tournés vers des gouvernements de force qui construisent Tordre économique sur les ruines des libertés individuelles et politiques*

C’est un sort que je ne souhaite pas à mon pays*

Pas de fascisme ï Pas de dictature ' Pas de guerre I

Citoyens,

Si vous me faites l’honneur de me renouveler mon mandat, vous trouverez en moi, comme par le passé, un défenseur aUenlii et dévoué de vos intérêts légitimes, un représentant loyal de F idéal démocratique et de l’union féconde des républicains.

Les actes d'hier commandent Içs actes de demain.]

Jugez sur les actes.

J’attends votre verdict avec confiance*

Vive l'arrondissement de Châteaudun !

Vive la République laïque, démocratique et sociale I

Jules MITTON

Maire de Courtalain.

Conseiller générai d'Eure-et-Loir.

Chevalier de la Légion d’honneur* Député sortant*

° Circonscription de DREUX.

. M. Ra^mo.nd BÉHENGEK

(Groupe de lTnion socialiste et républicaine.}

Elu pour la tre fois* le 31 mm& î'Q30. — Méélu ies-8 -mai tt09â- et 3 mai 1936.

Mes chers Concitoyens,

Je viens ‘vous demander le renouvellement du mandat que, par deux fois déjà, vous m’avez confié.

Je le demande avec le même état d'esprit républicain et socialiste, plus convaincu que jamais que seule l 'union et la collaboration entre toutes les fractions du parti, républicain permet Lro ri t 1 !h e n re u x d é vel o p p e m e rit d e n os i ns l i lu fions m e n acêe s par de s en trop ri ses d e : guerre civile dont nous avons ,d abord le devoir de triompher.

La crise :

Certesr clans notre société en pJeine crise morale, économique et sociale, les difficultés s’accumulent, le chômage s’intensifie tant par suite de la fermeture des usines,, que par. les progrès incessants -d’un machioismeMéconcertant qui jatte des < mi Hiers de travailleurs sur le pavé. .La lâche pour le Parlement devient. donc formidable par la diversité. et da complexité des objets qu’il a à considérer.

C’est à la profession organisée, travaillant en liaison avec les syndicats ouvriers et sous le contrôle du Conseil national économique qui vient d'être réorganisé, que doit incomber le soin de débarrasser le législateur de toutes les questions d ordre professionnel comme par exemple les magasins à prix unique, la limitation des entreprises du genre Bat a . Les problèmes de l’heure présente sont surtout en effet d'ordre économique et c’est pour cette raison que je participe' activement aux travaux de tous les groupes professionnels qui sont constitués à la Chambre : commission de ^agriculture, groupe de défense agricole et de l’industrie laitière, des dégâts du gibier, défense du petit commerce, de l’artisan atf de l'industrie de la chaussure, des cheminots, des vieux travailleurs non pensionnés, des accidentés du travail, saus compter les sapeurs-pompiers elles blessés du poumon.

Nous devrons aussi nous décider à réorganiser la Banque de France et k contrôler rigoureusement les établissements de crédit dont la justice ne se soucie que lorsque le bilan est déposé, réalisant les victimes par dizaines de milliers.

Il faut aussi que la nation. ait un droit de regard sur ces vastes: entreprises minières, métallurgiques, ferroviaires, chimiques et autres dont les deux cents familles se sont adjugé le contrôle, ne pensant qu’à leur intérêt personnel et sans se soucier de l’intérêt général.

L’agriculture .*

QuTon sache bien du reste qu i! n’y a aucun moyen d’améliorer la crise et d'atténuer le chômage tant que le pouvoir d'achat des millions de travailleurs ruraux et urbains ne sera pas relevé*

La baisse considérable des produits agricoles, sa m bénéfice réel pour les consolnma* teurSj a amené une situation extrêmement pénible dans nos campagnes. Lorsque nos agriculteurs vendent à des cours trop bas, lorsque nos ouvriers ont des salaires trop réduits, c'est la mort de d'activité industrielle et commerciale* Si Ton peut constater depuis deux mois une certaine amélioration du rendement de l’impôt sur le chiffre d'affaires, c'est que justementT grâce à certaines mesures que nous avons pu obtenir, en /fin de législature, il y a eu depuis le mois de décembre une certaine revalorisation des produits agricoles*

Il faudra en arriver à réiabhr des ^ prix- ïiormawx-eii rapport avec le ? coût de la: production, J'ai du reste déposé et défendu à la tribune de la Chambre un projet d’argaïmationdu^ marché du blé qui n'a été repoussé qu’à quarante voix de majorité* S’il avait été adopté, il eut permis dès> la récolte un couds satisfaisant du blé et par voie de conséquence des céréales secondaires, II faudra en revenir là ou à tel autre projet très voisin envisagé par mes amis de la représentation d'Eure- et- Loir.

Le commerce, l'artisanal et la petite industrie :

Le commerce comme l’artisanat et la petite et moyenne industrie se débattent aussi dans des difficultés presque insurmontables. Ils n’arrivent pas toujours à couvrir leurs impôts et leurs frais généraux,

La Chambre a déjà des voté des textes, auxquels je me suis associé à la tribune, relatifs à l'entreprise Bala. Elle en a voté d'autres interdisant Y ouverture de nouveaux établissements. Les raisons d'en décider ont une valeur générale, 11 faut dire nettement que, pendant cinq ans, il ne sera plus délivré de patentes nouvelles. Le nombre de fonds de commerce serait ainsi stabilisé et quelque peu revalorisé. C’est une solution que je me propose, d'accord avec mes collègues, de présenter au vole du Parlement.

Vers la démocratie sociale les travailleurs ont droit eux aussi, à la sécurité de l'existence et à la stabilité de leur emploi.

La réorganisation de fappr en tassage, la réglementation de l'immigration étrangère qui doit être un appoint et non une concurrence, l'amélioration de la loi de 1898 et des lois complémentaires sur les accidents du travail, les travaux publics contre le chômage qui ne doivent pas être réservés aux grandes villes, mais au contraire qui doivent permettre k toutes nos communes, qui ont tant besoin d'écoles et d'adduction d'eau, de s'outiller et de se développer, sont autant de questions d'an intérêt vraiment actuel*

C'est au surplus par la vigilance des organisations corporatives dont le plan constructif est lui aussi si intéressant, que la démocratie politique évoluera plus rapidement vers la démocratie sociale.

Les finances et la paix :

Le problème budgétaire reste entier,

La politique de déflation a fait faillite. Elle a réduit les ressources, elle n'a pas réduit la charge die l'impôt et, par suite, elle fa pratiquement aggravée. Nous ne pouvons pas continuer pourtant la politique de Y emprunt et nous avons le devoir de réparer tant d’injustices fiscales qui ont procédé des innombrables décrets-lois que personne ne défend plus^spéeialement à l'égard des victimes de la guerre*

Mais il est vrai que les bonnes linances exigentjk confiance, qui procède de l’ordre à l’intérieur et de la paix.

Il ne peut donc plus être permis de tolérer l'activité des ligues para-militaires qui depuis deux ans, chaque dimanche, énerve le pays*

Quant à la paix, que le nationalisme français a si maladroitement compromise en portant les coups les plus graves à l’alliance anglaise et à la Société des Nations, nous afiirmons qu’elle ne peut pas être avec la conception hitlérienne* La paix est indivisible, elle ne peut procéder que de la sécurité collective, qui, seule, permettra le désarmement. Aussi bien, il

n*y a pas de finances possibles avec la course aux armements et les systèmes d'alliance particuliers à deux au trois. En dehors de la Société des Nations, c’est nécessairement la course aux armements.

Telles sont les idées qui nous animent. Elles sont en accord avec celles de la grande majorité de nos populations qui, depuis 1902, ont toujours manifesté leur volonté de vraie démocratie et de justice sociale.

Fort de votre conscience, ce sont ces idées que je défendrai encore pour faire triompher la République, la liberté et la paix.

Raymond BÉRENGER

Député sortant.

Candidat dTnion républicaine et socialiste,.

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