FINISTÈRE
L lr* circonscription de BREST,
Al, Jean -Louis ROLLAND (Groupe socialiste.)
Élu pour la lr* fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F, L G., p. 3.)
Chers électeurs,
lels sont les principaux points du programme socialiste à l'application duquel je mettrai toute ma sincérité et toute mon énergie.
En réponse au reproche intéressé qui m’a été fait par mes adversaires de ne pas habiter Brest, je vous confirme que jTappar(iens h l’arsenal depuis avril 1919, date de ma démobilisation. Seule, la nécessité de la propagande socialiste m'a retenu à Lânderneau, où j ai acquis, comme vous le savez, quelques droits à l’alTectueuse sympathie de mes concitoyens.
La collaboration de tous les instants , à la fois intelligente et dévouée, que je trouve auprès de mes collègues de la municipalité , me permettrait de me consacrer, demain, en toute quiétude, à I exercice du mandat de député de la Ffl circonscription de Brest, si vous voulez bien m honorer de votre confiance.'
De famille bretonne, pratiquant avec aisance la langue de mon pays natal, ayant vécu une bonne partie de ma vie parmi les paysans, les ouvriers et les marins, je connais leurs besoins et leurs aspirations.
Je n ai pas quitté Brest depuis la campagne électorale et j’y installerai un bureau de consultation où je me mettrai à votre disposition le plus souvent possible.
^ Je m engage, en outre, à venir périodiquement vous rendre compte de mon activité au Parlement.
Le dimanche 26 avril, dans un même élan de foi et d’espérance démocratiques , vous vous dresserez :
Contre le lamentable gâchis économique et financier qui annihile nos meilleures forces ;
**-■ Contre 1 angoissante menace de guerre qui ne cesse de peser sur le pays ;
Contre la tentative d^âsservissement des classes laborieuses, que les factieux de tous ordres veulent imposer.
Faisant confiance au plus sincère et au plus dévoué défenseur de la paix, du pain et de la liberté! au parti socialiste (S, F, I. O.), vous voterez en bloc pour son candidat.
Vive la République démocratique et sociale î
Juan-Louis ROLLAND,
2e circonscription de BREST.
M. Paul SIMON
(Groupe démocrate populaire,)
Élu pour la FÊ fois le 13 avril 1913. — Réélu les 26 avril 191 4J 16 novembre 1919, 1 1 mai 1924, 22 avril 1928, 1er 1932 et 3 mai 1936,
Chers concitoyens.
Voilà vingt- trois ans que j’ai l'honneur de vous représenter au Parlement. Il me plaît d’évoquer celte longue collaboration au moment où je viens, pour la septième fois, solliciter vos suffrages.
Pendant ces vingMrois années de vie publique, je suis resté fidèle aux idées pourdesquelles vous m’aviez élu la première fois. Je n*ai recherché ni les honneurs ni les profits. Aussi p.uis-je me représenter devant vous en toute confiance et la tcte haute.
Connaissant vos préoccupations et vos inquiétudes, je me suis toujours efforcé d’en être auprès des pouvoirs publics ^interprète scrupuleux. En face des graves problèmes que la Chambre a discutés* je. ifai jamais voulu considérer que l'intérêt supérieur du pays et la sauvegarde des institutions républicaines. N'ai-je pas servi de la sorte notre commun idéal d’ordre, de justice, de. paix et de liberté ?
Electeurs,
Les temps que nous vivons sont lourds d’angoisse. Aux difficultés si ^complexes dè la crise économique, à là gêne et à la misère que celte crise engendre: dans nos villes et particulièrement dans nos campagne, s’ajoute la menace de nouveaux conflits extérieurs;
La France a déjà connu dans son histoire de semblables périls. Elle les a écartés. Les obstacles qu'elle rencontre aujourd'hui sur sa route, nous sommes convaincus qu’elle les surmontera, car nous croyons en son destin. Mais le redressement nécessaire ne peut s'accomplir et ne s’accomplira que dàns la République et par la République®
Quelques agitateurs veulent profiter des malheurs de la nation pour saper les fondements du régime. Leurs espoirs seront déçus* Le suffrage universel, quif depuis cinquante ans, n’a cessé d'affirmer son attachement aux libertés pubhquesJwse prononcera* pour elfes une fois de plus.
Mais snle régime n’a rien à craindre de ses adversaires déclarés parce qu’ils sont une infime minorité, il a au contraire tout à redouter de ceux qui, par lassitude ou par aveuglement, rejettent jusqu'au principe d’une réforme sérieuse.
Il faut en finir avec cette permanente instabilité gouvernementale, avec cette pression
continue des égoïsmes particuliers sur l’intérêt général , avec ces rivalités de personnes, ces querelles de partis et tle clans, et ces sourdes intrigues qui paralysent trop souvent l'action du Parlement.
Aussi inscrivons-noiisen tête de notre programme la réforme de TEtat avec sa préface indispensable : la réforme électorale par rétablissement de la représentation proportionnèlïe intégrale.
Politique économique :
Notre économie nationale est eu pleine anarchie. Pour mettre un terme h cette anarchie, il faut organiser la représentation des professions dans TEtat.
L'importance et la complexité des problèmes économiques imposent de créer,, à côté des chambres politiques, une assemblée représentative des intérêts professionnels. Le Conseil national économique constitue un embryon de ce futur organisme. Il faudra en élargir le recrutement, en étendre la compétence, lui donner le droit d'initiative en matière de législation et la possibilité de déléguer un ou plusieurs de ses membres aux séances parlementaires où se débattront des questions économiques.
La politique qui consiste à opposer les unes aux autres les classes sociales et les catégories professionnelles est un non -sens et un danger. La crise a souligné Tin ter dé peu dance des intérêts en cause. Dans cc grand corps économique et social qu'est une nation, lousJes membres se ressentent du mnl qui atteint Tun d'eux.
C'est dans une politique d'organisation cl de collaboration de toutes les forces vives du pays que doit être recherchée la solution de la crise.
Politique financière et politique fiscale :
En cette matière délicate, il vous appartiendra de dire si vous entendez recueillir ; les fruits des lourds sacrifices que vous avez consentis au salut du franc ou si, cédant à' la facilite, vous voulez courir T aventure d'une dévaluation.
Sans doute, quelques-unes des mesures qui ont été prises ont du être révisées dans un sentiment d équité. Nous avons été de ceux qui, les premiers, ont réclamé, pour certaines catégories de pensionnés et de retraités trop durement frappés, l'humanisation des décrets lois. Mais l’essentiel de l’œuvre entreprise pour la défense cie notre monnaie doit être maintenu, car une nouvelle amputation de notre devise aurait, pour l'ensemble du pays, et en particulier pour les classes laborieuses, des conséquences désastreuses.
La- oapaoitéi fiscale du contribuable français est largement dépassée. Les charges qui atteignent spécialement notre commerce et notre industrie sont écrasantes. Une saine poli tique financière doit tendre k desserrer cette étreinte fiscale. On n'y parviendra que par la refonte complète de notre' fiscalité qui doit être simplifiée et revisée.
Politique sociale :
Le chômage est une plaie sociale. S'il est juste d'accorder à ceux qui en souffrent les secours auxquels ils ont droit, ÎI est un droit plus essentiel à leur assurer, c'est le droit au travail.
La main-d’œuvre française doit être protégée contre la concurrence de la main-d'œuvre étrangère. Les grands travaux d'outillage national, heureusement amorcés par le Gouvernement de M. Doumergue, doivent être activement poursuivis ci leur champ d'application doit être étendu. L'âge de la scolarité doit être relevé. Les lois sociales édictées en faveur des travailleurs des villes et des campagnes doivent être maintenues et améliorées.
Politique familiale :
Mais toute politique sociale digne de ce nom doit être avant tout une politique familiale.
Nous-sommes et resterons toujours des partisans de la protection et de T'extension des droils de }a famille, cellule-mère do la société et garante de son avenir.
La France souffre d'une crise profonde de dénatalité due à des 'causes morales, économiques et sociales. Dans chacun de ces domaines nous n'avons cessé de préconiser, en plein accord avec le groupe parlementaire de la famille et toutes les associations de chefs de familles nombreuses, les remèdes propres à conjurer le mal ; respect des forces spirituelles — dégrèvements d'impôts — allègement des charges militaires pour les familles nombreuses — allocations d'Etat et sursalaires des caisses de compensation — primes d'allailement — - vote familial.
A une législation fiscale qui méconnaît trop souvent les droits de la famille et de l'en* faut, nous nous sommes efforcés d’apporter les redressements commandés par ïa justice et l’ intérêt même de la nation.
Frappés de l'inégalité choquante des allocations familiales accordées aux diverses catégories de citoyens, nous avons pria l'initiative de réclamer aussi bien du Gouverne* ment que du Parlement une majoration très sérieuse des taux actuels de l'encouragement national -
À cet effet, nous avons déposé une proposition de résolution et une proposition de loi qui sont l’amorce d*une politique vraiment familiale.
Enfin, la situation si pénible des jeunes doit retenir tout particulièrement l'attention des pouvoirs publics. Des facilités devront être accordés aux jeunes ménages, par le moyen d'exonérations fiscales et d’indemnités temporaires de logement qui, seront d'ailleurs moins onéreuses pour l’Etat et plus profitable aux intéressés que les secours de chômage.
Politique agricole ;
En France, nation paysanne t nous ne pourrons retrouver notre équilibre économique et social que par une politique agricole cohérente, hardie et féconde.
Il serait injuste de méconnaître l'œuvre accomplie par le Parlement pour la défense des marchés agricoles, pour ïe rajustement des tarifs douaniers, ainsi que pour la réduction ou la suppression des contingentements.
Il reste encore beaucoup à faire car la tâche est immense,
La revalorisation des produits du sol est une question primordiale. Elle peut et doit se concilier avec la déflation financière. Déjà, certaines mesures adoptées par le législateur ont arrêté la chute catastrophique de certaines denrées sans que le coût de la vie s'en fût notablement ressenti.
D'autres mesures sont également urgentes telles que la baisse du taux de l’intérêt, l'allègement des dettes paysannes, l'extension du crédit agricole sous toutes ses formes.
De même, un rajustement des fermages s'impose, notamment parle jeu de commis* sions paritaires qui rapprocheront, pour leur bien réciproque, propriétaires et fermiers.
Pour mettre un terme à l'exode rural si préjudiciable à l'économie nationale, la législation devra assurer la sécurité des travailleurs de la terre, et faciliter leur accession à la propriété.
Au surplus, l’attention que nous avons3 en toutes circonstances, prêtée aux choses de la terre, les efforts que nous avons déployés auprès des pouvoirs publics en vue de soutenir les revendications et les vœux des associations agricoles et des chambres d’agriculture sont un sûr garant de notre attachement à ces intérêts.
Les agriculteurs nous trouveront toujours prêts à défendre leur cause qui est, pour une large part, J a cause même du pays.
Politique extérieure t
La France, depuis seize ans, a poursuivi un rêve généreux : organiser la paix dans le cadre international. Mais il y a loin du rêve à la réalités
Nous nous heurtons à des égoïsmes nationaux, La force n'est pas toujours aux côtés du droit pour le soutenir. Aussi devons-nous compter d'abord sur nous-mêmes et sur de solides amitiés pour nous préserver de tragiques réveils. Line France puissante, bénéficiant
de iraîtéa précis d'assistance mutuelle, pourra se consacrer, sans risques, au sein de la Société des Nations, à la grande tâche de réconciliation internationale qui demeure ajuste titre, le suprême espoir des peuples civilisés*
Mais n’oublions pas que notre force et la fidélité de nos amis sont fonction de notre unité morale.
L'union nécessaire :
Si vives que puissent être les compétitions électorales, ils ne faut pas qu'elles divisent la France en deux camps ennemis*
Au-dessus de ce qui nous sépare efforçons-nous de rechercher tout ce qui nous rapproche.
Une France déchirée par les luttes intérieures, par l'antagonisme des classes et des partis, serait exposée à tous les périls. N'oublions pas que la guerre civile conduit tout droit à la guerre extérieure et à la défaite,
G est au contraire par l'union de tous ses enfants que notre pays sera fort et maintiendra la paix dans l’honneur.
Sachons donc, en ces heures décisives, nous comprendre et nous unir. Nous avons assex de maux à guérir et de dangers à écarter pour ne pas épuiser nos efforts en de vaines et stériles querelles*
Animé de l’esprit de concorde, j'ai prouvé par des actes, eu des circonstances encore toutes récentes, que je savais faire des sacrifices pour maintenir l'union dans la circonscription* Aussi ai je le droit, aujourd'hui, en faisant appel à vos suffrages, d’invoquer la nécessité de l’union, que certaines personnes sans mandat ni responsabilité voudraient troubler.
Je sais, d ailleurs,, que cette tentative de désunion n’est pas encouragée par vos élus et que la plupart d’entre eux la déplorent.
Le 26 avril vous ferez connaUre votre volonté. J’ai confiance en votre jugement, en votre bons sens, en votre équité.
Vous ne vous laisserez ni séduire^ni tromper par la démagogie. Vous ne vous laisserez pas entraîner par ia violence,
A ceux qui disent : tr liant les fourches f »
Vous répondiez : « Haut lès cœurs ! et vive F Union pour la nation ! &
Vive la France 1
Vive la République 1
Vive la 2^ circonscription de Brest l
Paul SIMON
Député sortant*
Démocrate populaire
Candidat républicain de concorda nationale.
3e Circonscription de BREST*
M. Vincent ÏNlZÀN
(Groupe de la Fédération républicaine de France.)
Élu pour la lre fois le 16 novembre 1919. — Réélu les 11 mai 1924, 22 avril 1928r
1er mai 1932 et 26 avril 1936.
Mes chers amis,
Depuis dix-sep t ans nous sommes unis par des liens que rien n'a pu détendre, par une affection mutuelle plus forte d'année en année*
Merci de votre fidélité. Faut-il vous redire avec quelle fierté je vois le chiffre toujours croissant des suffrages que vous m'avez accordés à quatre reprises déjà? 60.600 en 1919, £7,293 en 1924 au scrutin de liste départemental; puis au scrutin d'arrondissement, 10,715 en 1928 et 12.029 en 1932, C'est îa preuve parfaite de notre accord si utile à la circonscription.
Accord total vous le savez.
Nous parlons la même langue, notre vieille langue bretonne ! Pour elle, j’ai réclamé, â la tribune de la Chambre, des droits qu'on ose lui contester et qu’il faudra bien qu’on lui rende* Les Bretons ont droit au breton. Les promesses faîtes pour la première fois par un Ministre de L Education nationale permette ni de bien augurer de l’avenir.
Nous professons la même foi. Nous avons le même amour de la liberté et de Légalité* Nous ne voulons pas de loi d’exception. Nous voulons, avec la liberté de l'enseignement, une liberté d'association pour tous, pour le religieux français comme pour les autres Français,
Nous réclamons le droit au travail productif. C'est une pitié de voir notre cheptel et nos récollt s dévalorisées, quand nous peinons si dur pour les faire progresser.
G est une pi té que nos marins, dans un pays fier de l’étendue et de la fécondité de ses rivages, ne puisse pas tirer de leur pêche de quoi nourrir lents courageuses familles.
C’est, une pitié que nos goémonniers, au rude labeur desquels ceux qui souffrent doivent l’iode qui guérit, soient toujours handicapés par une concurrence étrangère effrénée.
C'est une pitié que nos ouvriers et nos commerçants, alors que la crise est en régression dans le monde, souffrent toujours chez nous, de restrictions qu'ils n'ont pas méritées.
Vous le savez, j'ai lutté inlassablement pour soulager vos détresses.
Je me suis opposé à la ruineuse admission temporaire, dont nous avons pu obtenir l’amélioration récente. J'ai réclamé des contingents plus stricts. J'ai voté les droits les plus élevés sur les marchandises importées. Vous avez lu les lettres nombreuses que j'ai adressées aux Ministres compétents. Vous avez lu mes interventions à la Chambre. J'ai accompagné vos délégations dans les Ministères* C’est toujours avec vous et pour vous que j'ai travaillé au grand jour. Dans vos réunions cantonales et communales, vous m'avez fait le grand honneur d'acclamer mon nom comme celui d'un défenseur ardent de tons vos intérêts, d’un porte-parole inlassable de vos revendications, d'un réalisateur qui connaît, vos besoins, vos souffrances et les remèdes nécessaires, qui met ton Le l’autorité qu’il tient de vos suffrages au service de la défense paysanne, maritime, ouvrière, artisanale et commerciale. De votre approbation constante, je suis touché au delà de ce que je pourrais dire.
Vous avez mesuré le traitement inégal que l’Etat inflige k certains citoyens : aux
familles nombreuses. Les unes reçoivent des indemnités élevées, les autres des allocations insignifiantes. Cette injustice doit cesser. J’ai déposé une proposition de résolution signée de nombreux collègue pour rétablir l’égalité. Dès la rentrée, je reprendrai celte proposition et il faudra bien qu’on écoute les voix des familles qui sont l’armature solide du pays. Il nous faut le vote familial.
Lé pays a été menacé. Il doit être capable de se défendre. Il doit fortifier sa frontière, et il faut lui permettre d’augmenter le taux de sa natalité. J’ai voté et je voterai' toutes les mesures qui pourront assurer la paix, au dehors et au dedans.
Mais en accordant les crédits nécessaires, je demande la compression des dépenses, la fin du gaspillage, la protection de l’épargne, la réforme administrative et la réforme de l’Etat. Une administration plus vigilante épargnera au pays le retour des scandales qui ont terni la vraie figure delà France. De même, elle permettra d’alléger le fardeau écrasant des impôts : il est possible de diminuer les contributions en évitant les folles prodigalités qui sont un fléau monstrueux.
En réduisant les charges du contribuable, noua augmenterons la prospérité générale, nous pourrons en finir avec la pratique ruineuse des emprunts perpétuels; les décrets-lois, qui ont frappé trop rudement les petits épargnants, les retraités, les anciens combattants^ sans épargner ni les familles nombreuses, ni même les vieillards, ni les infirmes pourront être humanisés et les droits acquis seront facilement respectés.
Mes chers concitoyens, à l’heure grave que nous vivons, notre union sera notre force. Il nous faudra la refaire pour le salut du pays et de la liberté et repousser ensemble les théories malsaines et haineuses. Nous travaillerons ainsi au progrès de U République honnête et généreuse, forte et respectée dans le monde, au développement de la plus grande France*
Mes chers amis, une fois de plus, je compte sur vous* Je vous donne rendez-vous au 26 avril, pour le triomphe, non d'un liommeT mais d'une idée : l'Union nationale, aujourd'hui pi us que jamais nécessaire devant le péril extérieur menaçant, que seule Tunion des Français peut conjurer et dissiper*
Vive la République l Vive la Bretagne !
Vincent INÏZAN
Député sortant*
Maire de Kernouès.
Membre de la Commission supérieure du Crédit maritime»
Vice- président de la Coin mi sa ion des douanes* Vice-président du Groupe parlementaire de défense paysanne.
Candidat républicain d5U. N.
Un malaise inquiétant, pèse sur le pays. Crise économique mondiale, crise politique internationale sévissent, semant l'angoisse- et aggravant les difficultés de la vie. Depuis quatre ans, fl ministères se sont succédés sans pouvoir apporter de remèdes effieaces/lln renouvellement des méthodes et des hommes s'impose.
ï, — Situation -intérieure.
Les événements de ces quatre dernières années, malgré la bonne volonté évidente et l1 expérience de certains chefs de gouvernement, ont prouvé que îa Constitution de 1875 avait besoin de retouches sérieuses, H faut que le pouvoir exécutif puisse jouer son réîe, que le Présidant de la République puisse dissoudre le Parlement lorsque le gouvernement devient impossible, lorsque les querelles partisanes arrêtent toute réforme, lorsque les partis de révolution et leurs associés torpillent TUnion nationale qui apparaît plus nécessaire que jamais. Dans des circonstances aussi graves, c'est au peuple souverain qu'il appartient de décider, sans attendre la fin de la législature.
Le système électoral actuel, celui que A, Briand appelait le régime « des mares stagnantes », présente de profonds inconvénients. Une représentation plus exacte et plus franche du pays ne peut être obtenue que par la représentation proportionnelle intégrale.
Contre le « Front populaire » et ses amis plus ou moins avoués, fauteurs de tant de maux, tous les bons citoyens doivent s’unir pour la défense de la vraie République, gardienne de la liberté individuelle, de la propriété personnelle, de la fraternité sincère.
Finances :
Au gaspillage de notre argent, I Etat doit, au plus vite, substituer un régime d'économie sévère, s’astreindre à baser rigoureusement ses dépenses sur ses recettes. Pas d'inflation qui ne ferait que provoquer une hausse des prix factice, ruiner Pépargne, créer la méfiance et la thésaurisation J L’une de nos forces encore- intactes, c’est la valeur du franc. Il faut absolument la maintenir.
Sans budget sincèrement équilibré, pas de confiance, pas de retour possible à la prospérité. Pour établir un tel budget, il convient que l’initiative de dépenses nouvelles appartienne seulement au Gouvernement. Il conviendrait aussi de développer davantage l'esprit d’association et de prévoyance et de diminuer les recours paresseux à Y E tat- Providence . Trop de monopoles onéreux pourraient être avantageusement supprimés, laissant la place à 1 initiative privée. D autres économies encore sont à réaliser par une réforme administrative comportant la diminution du train de l’Etat.
Organisation economique :
L 3 étatisme , asphyxie lia initiatives privées, ruine l'Elat et Les particuliers.
Sa fin, e’est la dictature économique, dont la France aie veut pas plus que de la dictature politique.
Au contraire, il serait bon de favoriser le corporatisme, l'association des intérêts communs. Sous une forme dont le détail reste a déterminer, les questions économiques devraient être confiées, pour 1 étude, à une sorte de Conseil économique composé de techniciens, tLhom mes compétents, le Parlement demeurant seul [qualifié pour Légiférer à propos des mesures ainsi proposées :
Agriculture :
Trop souvent délaissée par les pouvoirs publies, ■ l'agriculture base de foute vie nationale, réclame avec raison la revalorisation de ses produits. Cette revalorisation peut se réaliser par : une protection douanière bien comprise, une lutte sévère contre la spéculation et les trusts, la suppression de i1 admission temporaire.
Les taxes fiscales qui l'oppriment doivent être allégées et simplifiées. Afin de préserver Ce patrimoine familial auquel nos populations rurales sont si attachées, des moyens s1 offrent comme la suppression des droits de mutation en ligne directe et l'allègement des charges qui pèsent sur la transmission du patrimoine, au profit des familles nombreuses. De même, la loi devrait assumer une plus grande stabilité du droit de propriété, notamment dans Jes régions comme la nôtre, om.se pratique le partage d'ascendants.
Il reste encore beaucoup à faire pour l'amélioration des conditions de la vie rurale (voirie, électrification, adduction d’eau, exonération de la taxe sur l'essence en ce qui concerne les moteurs fixes) .
Revaloriser les produits agricoles, c’est, du même coup, relever la situation si .diminuée des salariés agricoles et favoriser le commerce général.
Pêche ;
Pour remédier au marasme dont souffre la pêche, il faut que le petit armement bénéficie de 1 appuie donne au grand .armement. Le petit armement supporte des charges fi scale s é cmsant es ; qui d e v ro n t à tre .diminué es ,
Contre une concurrence étrangère désasl reuse, le recours à des mesures précises de contingentement s’impose, comme aussi 1 obligation de la marque d’origine*
■En matière de pêche, comme en d’autres, T encouragement à .1’- effort corporatif mérite d'être propagé et soutenu.
Amélioration du système de vente et des moyens de transport du poisson, améfionaution des ports de pêche, cela encore fait partie do mon programme,
Commerce. — ; Artisanat :
Commerçants, artisans profitent nécessairement des. bénéfices acquis par les agriculteurs et les pêcheurs. Pour eux, comme poyr tous, je lutterai contre l'inquisition fiscale, contre cet abus, cette complexité de fiscalité qui, finalement, tarissent la source même des meilleurs revenus de l’Etat,
Fonctionnaires :
La retraite promise par l'Etat, promesse sur laquelle fut orientée toute une vie, retraite d’ail leurs, gagée par des versements du bénéficiaire, devrait être intangible, du moins pour les droits acquis.
Si des .nécessités impérieuses obligent l'Etat à restreindre les traitements de ses fonctionnaires, qu’au moins il procède par paliers, avec le souci de préserver les petits traitements et en tenant compte des charges de famille'
Les pensions servies aux anciens combattants constituent, à mes yeux , une dette sacrée a laquelle ont ne saurait toucher sans leur exprès consentement. A leurs associations, d'accord avec l’Etat, échoit la mission de révision sérieuse des ayants droit.
Famille :
Des avertissements nous sont venus même de l'étranger, qu’ils déplorent la diminution de notre natalité on qu’ils s'en réjouissent. Le péril s’aggrave chaque année. Il est urgent de le conjurer, notamment en obtenant que les allocations familiales soient les memes pour tous, fonctionnaires on non, en instaurant également le vote familial. Je suis profondément attaché à la conservation, à la restauration de la vie familiale, à îa lutte, par elle, contre une crise morale qui risque de causer les plus graves dangers,
IL — Situation internationale.
Tous, nous voulons ardemment la paix. Et pourtant, on Ta vue récemment menacée,
À ridée généreuse qui présida à la fondation de la Société des Nations, la réalité n'a pas pleinement répondu. Les utopistes qui pensaient que partout le Droit a force de loi s’aperçoivent de leur erreur. Au lieu de rassembler tous les grands et petits Etats, la Société des Nations a perdu certains des plus importants de ses membres» Tribunal excellent, mais dépourvu de gendarmes I Une®réforme de cette necessaire institution s’impose*
Vous savez aussi comment les pactes les plus solennels, dont on s’était réjoui, jadis, comme de vrais triomphes, peuvent être brutalement renies. 11 faut trouver autre chose que des « chiffons de papier n et ne pas s’endormir sur la foi de signatures qui peuvent être proies tées.
Donc, première garantie, demeurons forts et comptons d’abord sur nous-mêmes I Qui le nie? Ceux qui ne votent pas les crédits de la défense nationale, ceux qui préfèrent à tout, la lutte de classe* Pour moi, il en va autrement.
À tout moyen de reconstruire une paix solide, durable, mon adhésion est naturellement acquise. Mais, plus de renonciations vaines I Le désarmement que nous désirons de tout cœur ne doit pas être le désarmement de notre pays seuL Consolidons les pactes qui nous lient à des amis sûrs. Mais ne nous engageons plus dans la voie des déceptions amères.
Tel est, chers électeurs, le programme que je soumets à votre appréciation et que j'ai développé devant vous en de multiples réunions. Si vous le faites vôtre, si, le 2ë avril, vous le faites triompher sur mon nom, vous «ignorez la défaite des internationalistes avoués ou masqués qui ne peuvent que nous conduire à la ruine, à la capitulation devant la dictature révolutionnaire.
A mon avis, l’électeur ne doit pas abdiquer pour quatre ans entre les mains de l’élu, Vivant dans ce pays auquel tant de liens m’attachent, si j’ai l’honneur de devenir votre représentant, je ne perdrai jamais le conlact avec vous. Je m’engage à vous exposer périodiquement, fréquemment, la façon dont j’aurai accompli le mandat que vous m’aurez confié. Toujours vous me trouverez prêt à répondre à votre appel I
Vive la lrû circonscription de Ghâteaulin l
Vive la Bretagne 1
Vive la République française ï
4 Jean GROUAN
Maire de Quêmênéven.
Candidat républicain.
Electeurs %
Si vous me faites 1 honneur de m’élire, je prends rengagement d’étudier et de proposer les réformes qui intéressent tout particulièrement notre circonscription*
Je réclamerai notamment :
Pour les cultivateurs :
1° Le retour à un contrat de fermage qui leur assurera une pins grande stabilité sur leurs fermes et dont la durée sera de neuf ans an moins ;
2fl L extension et 1 augmentation des états de stus, de manière à assurer au fermier sortant la juste rémunération pour les enrichissements eL améliorations qu il laisse sur le sol qu'il va quitter;
3l> La surveillance étroite des statistiques agricoles, afin que nos achats à l'étranger n aient pas une répercussion fâcheuse sur la vente de nos animaux et de nos blés ;
4° Le billet de remise et la réforme de la loi sur les vices rédhibitoires ;
5° L augmentation des crédits mis à la disposition du génie rural pour le développement de nos chemins ruraux;
6° L équilibre des tarifs douaniers, la liberté d'exportation pour nos produits agricoles et nos animaux ; la diminution des frais de transports ;
7° La diminution des droits de succession et des droits d'enregistrement, en ce qui concerne les ventes et échanges d'immeubles ;
8° Le développement du crédit agricole ;
9° L accession de tous à la moyenne et à la petite propriété rurale ;
10° L emploi plus judicieux des fonds qui sont mis chaque année à la disposition des cultivateurs sinistrés (gelée, inondation, épidémie, mortalité de bétail et animaux tuberculeux) ;
1 1 ° Cultivateurs et ouvriers sur le même pied que les fonctionnaires en ce qui concerne les familles nombreuses ;
1 Liberté complète sur la circulation et le commerce des blés et farines, et suppression des taxes qui fait augmenter le prix du pain ;
13* Réduction de la taxe sur l'essence qui allégerait le prix des transports et favoriserait son emploi pour les besoins de l’agriculture et de l’industrie*
Pour les commerçants, les industriels, îes artisans :
Toutes les mesures législatives qui seront de nature à favoriser le développement du petit commerce et de l’artisanat, qui, avec l'agriculture, constituent le meilleur rempart de nos institutions républicaines à opposer au socialisme d’Etat,
En particulier la modification du payement du chi fifre d'affaires, conformément aux vœux du commerce.
L’affectation de crédits plus importants aux banques populaires qui soutiennent le petit commerce, la petite Industrie et l’artisanat.
Pour les ouvriers (cheminots,, carriers, ouvriers agricoles) :
Vote de toutes les réformes qui seront demandées par leurs représentants sur le terrain professionnel.
Augmentation des crédits pour le plan d'outillage national afin de parer au chômage.
Les assurances sociales facultatives*
Des logements salubres pour tous les ouvriers des villes et des campagnes,
Des secours et avantages pour les familles nombreuses.
L'augmentation des crédits affectés aux vieillards incurables.
Dans le domaine de la politique générale, je veux une France forte et riche.
Je m’opposerai à toute dictature.
Je veux la liberté pour tous : liberté de conscience, liberté d’enseignement, liberté syndicale.
Je voterai toutes les lois qui contribueront au bien du pays, quels qu’en soient les promoteurs.
Partisan de la paix par le désarmement par rapport aux pays étrangers.
Je suis partisan, en particulier, de la représentation proportionnelle et de la diminution du nombre des parlementaires *
En un mot, je veux être le représentant de tous : cultivateurs, commerçants, ouvriers. Nos intérêts sont solidaires et, si j’ai insiste davantage sur les intérêts paysans, c’est que je Jes connais mieux, mois aussi parce quJil y a un proverbe qui dit que « Quand Tagrieulture va, tout va ».
Ce programme vous le connaissez tous, vous l’ayant déjà développé lors de ma campagne de et qui m’a valu a cette époque une moyenne de 6.000 voix.
A vous, républicains de la 2* de C hâte au lin, toute ma confiance !
Aux unies, pour le drapeau de la république î
PiEBlftE LO HÉ AC
Cultivateur au Ru bran.
Maire de Spézét;
Républicain de gauche et dé redressement paysan.
ire circonscription de MORLAIX.
M. Tanguy PREGENT (Groupe socialiste.)
Élu pour la lr' fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F. 1. 0., p. 3.)
Mes chers concitoyens, (
Vous ailes voter dimanche. Pendant trois semaines, les candidats vous ont rendu visite et de nombreux journaux et tracts parviennent à votre domicile.
Samedi, à minuit, la campagne électorale sera close et c’est vous tous, citoyens libres qui aurez la parole. J *
, Avant da!ler voteri vous réfléchirez aux promesses qu’on vous a faites, aux programmes qu on a soumis à votre examen, et aussi aux garanties de sincérité que vous donnent les candidaLs et les partis par leur franchise, par leur constance et par leur discipline.
Alors vous jugerez en votre âme et conscience et vous voterez en toute connaissance ■de cause avec réflexion et gravité.
Avant que vous accomplissiez ce geste, je veux encore vous dire un simple mot.
Je le ferai avec toute ma siocérité et tout mon espoir en un régime meilleur, arraché à la bourgeoisie cupide et ferocet par une action nécessaire et solidaire.
Et d abord, laissez-moi remercier les amis qui se sont serrés autour de moi durant la campagne électorale qui se termine. Un soir, roulant sur une route perdue de la montagne je disais aux camarades qui m’accompagnaient : « L’action politique n’est pas toujours agréable. Les calomnies sont trop souvent employées et la vie privée n’est pas toujours respectee ; mais quelle joie et quel réconfort de vous voir — sans qu’on soit allé vous solliciter — quitter votre ferme reculée pour venir spontanément m’offrir votre concours désintéressé et votre amitié pure et définitive. C’est cela la récompense du militant luttant contre les politicaiiJons bourgeois » .
Pendant des semaines, j’ai démontré c,ue la faillite de toutes les législatures est due à ce que les partis de la bourgeoisie n’ont jamais voulu ou osé mettre le crédit au service des Ira va! i leurs, en faisant de la banque de M. de Wendel une véritable banque' de France Là est la clef de tous les problèmes sociaux. Dès le moment où on laisse quelques banquiers disposer a leur guise de cette monnaie indispensable pour faire circuler nos produits les
gouvernements ne peuvent plus qu’obéir aux ordres des puissances commerciales et (W acres*
Et alors, ils recommencent la même politique inhumaine, la politique de facilité qui trappe les petits et épargne les gros, politique qui jette des mécontents dans les bras du Jascisme et laisse s amonceler les dangers de guerre,
C est contre tout cela et pour une action constructive appuyée par vous tous que je viens solliciter vos suffrages au nom du parti socialiste.
Camarades, j’ai confiance.
Nos camarades paysans réclament depuis longtemps une candidature paysanne. Les
ouvriers, les marins et les commerçants ont pu voir que rien clc ce qui les intéresse ne m’est étranger et que noire parti seul les a défendus sincèrement et efficacement.
Vous ne vous laisserez pas influencer par les pressions officielles, les « bienfaits » de la source électorale et la politique du verre de vin.
Comme dans le canton de Lanmeur, je viens vous demander le seul honneur qui m'importe, celui d'êlre^placé par vous à la pointe du grand et nécessaire combat pour la défense du pain, de la paix et de la liberté.
Contre les fauteurs de misère i
Contre ceux qui nous conduisent à nouveau à la guerre î Pour les forces neuves qui veulent vivre 1 Pour la libération de la classe laborieuse I En avant I
Tanguy PRIGENT Cultivateur.
Maire de Saint - Jean - du - Doigt.
Conseiller général de Lanmeur,
2e Circonscription do MORLAIX.
M. Pïerue TRÈMINTIN
(Groupe démocrate populaire-)
Elu pour la 1™ fois le 11 mai 1924. - — Réélu les 22 avril 1928, 1er mai 1932 et 26 avril 1936*
Chers concitoyens,
Fier de servir depuis douze ans, au Parlement, la cause du peuple^ de nos campagnes et do nos villes, je viens, en pleine confiance, solliciter le renouvellement de mon mandat.
Entre nous, Bretons, qu'une communauté de langue, d'origine, de traditions familiales rattachent étroitement les uns aux autres, l'amitié jaillit spontanément.
J'ai confiance d'y être resté fidèle, ainsi quJà l’idéal républicain et social qui, depuis plus de trente ans, a inspiré ma vie publique.
Ennemi de toutes les dictatures, j'ai toujours, par mes votes, comme à la tribune, affirmé nettement mon attachement indéfectible aux libertés publiques et aux institutions républicaines.
Electeurs,
Les temps que nous vivons sont lourds d’angoisse. Aux difficultés si complexes de la crise économique, à la gêne et à la misère q.ue cette crise engendre dans nos villes et parti citli ère ment dans nos campagne, s'ajoute la menace de nouveaux fléaux extérieurs.
La France a déjà connu, dans son histoire, de semblables périls. Elle les a écartés. Les obstacles qu elle rencontre aujourd'hui sur sa route, nous sommes convaincus qu’elle les surmontera, car- nous croyons en son destin. Mais le redressement nécessaire ne peut s’accomplir et ne s’accomplira que dans la République et par la République.
Quelques agitateurs veulent profiter des malheurs de la nation pour saper les fondements du régime. Leurs calculs seront déçus. Le suffrage universel qui, depuis cinquante ans, n'a cessé d'affirmer son attachement aux libertés publiques, se prononcera pour elles, une fois de plus.
Mais si le régime n'a rien à craindre de ses adversaires déclarés parce qu’ils sont une infime minorité, il a, au contraire, tout à redouter de ceux qui, par lassitude ou par aveu* glementj rejettent jusqu’au principe d'une réforme sérieuse*
U faut en finir évec cette permanente instabilité gouvernement ale, avec cette pression continue des égoïsmes particuliers sur l'intérêt général, avec ces rivalités de personnes, ces querelles de partis et de clans, et ces sourdes intrigues qui paralysent trop souvent faction du Parlement,
Aussi, inscrivons-nous en tête de notre programme la réforme de l’Etat avec sa préface indispensable ; la réforme électorale par rétablissement de la représentation proportionnelle intégrale.
Politique économique :
Notre économie nationale est en pleine anarchie. Pour mettre un terme à cette anarchie, il faut organiser la représentation des professions dans l’Etat,
L'importance et la complexité des problèmes économiques imposent de créer, à côté des Chambres politiques, une assemblée représentative des intérêts professionnels. Le Conseil national économique constitue un embryon de ce futur organisme. Il faudra en élargir le recrutement, ou étendre la compétence, lui donner le droit d initiative en matière de législation et la possibilité de déléguer un ou plusieurs de ses membres aux séances parlementaires où se débattent des questions économiques,
La politique qui consiste à opposer les unes aux autres les classes sociales et les catégories professionnelles est un non-sens et un danger. La crise a souligné l'interdépendance des intérêts en cause. Dans ce grand corps économique et social qu’est une nation, tous les membres se ressentent du mal qui atteint l’un d'eux*
C'est dans une politique d'organisation et de collaboration de tontes les forces vives du pays que doit être recherchée la solution de la crise*
Politique financière et politique fiscale :
En cette matière délicate, il vous appartiendra de dire si vous entendez recueillir les fruits des lourds sacrifices que vous avez consentis au salut du franc, ou si, cédant k la facial lité, vous voulez courir l’aventure du ne dévaluation*
Sans doute, quelques-unes des mesures qui ont été prises ont dû être re visées dans un sentiment d’équité. Nous avons été de ceux qui, les premiers, ont réclamé, pour certaines catégories de pensionnés et de retraités trop lourdement frappés, l'humanisation des décretslois. Mais fessentie) de l'œuvre entreprise pour la défense de notre monnaie doit être maintenu, car une nouvelle amputation de notre 'devise aurait, pour l'ensemble du pays, et en particulier pour les classes laborieuses, des conséquences désastreuses.
La capacité fiscale du contribuable français est largement dépassée. Les charges qui atteignent spécialement notre commerce et notre industrie sont écrasantes. Une saine politique financière doit tendre à desserrer cette étreinte fiscale. On n’y parviendra que par la refonte complète de noire fiscalité, qui doit être simplifiée et revisée.
Politique sociale :
Le chômage est une plaie sociale. S’il est juste d'accorder à ceux qui en souffrent les recours auxquels ik ont droit, il est un droit plus essentiel à leur assurer, c’est le droit au travail*
La main-d’œuvre française doit être protégée contre la concurrence de la main-d’œuvre étrangère* Les grands travaux d’outillage national, heureusement amorcés par le gouverna-
menL de M* Doumerguc, doivent être activement poursuivis et leur champ d application doit
être étendu. L'âge de la scolarité doit être relevé. Les lois sociales édictées en faveur des travailleurs des villes et des campagnes doivent être maintenues et améliorées.
Politique familiale ;
Toute politique sociale digne de ce nom doit être, avant tout, une politique familiale.
Nous sommes eL resterons toujours des partisans de la protection et de Lex tension des droits de La famille, cellule-mère de la société, et garante de son avenir.
La France souffre d’une crise profonde de dénatalité due à des causes morales, économiques et sociales. Dans chacun de ces domaines, nous n'avons cessé de préconiser, en plein accord avec le groupe de la famille et toutes les associations de chefs de familles nombreuses, les remèdes propres à conjurer le mal : respect des forces spirituelles, dégrèvement d’impôts, allégement des charges militaires, allocations d’Elat et sursalaire, caisses de compensation, primes d'allaitement, vote familial.
A «une législation fiscale qui méconnaît trop souvent les droits de la famille et de 1 enfant, nous nous sommes efforcés d'apporter les redressements commandés par la justice et l’intérêt de la nation.
f rappe de 1 inégalité choquante des allocations familiales accordées aux diverses catégories de citoyens, nous avons pris l'initiative de réclamer, aussi bien auprès du Gouvernement que du Parlement, une majoraïion très sérieuse des taux actuels de Pencouragement national.
À cet efïet, nous avons déposé une proposition de résolution et une proposition de loi* qui sont l’amorce d'une politique vraiment familiale.
Enfin, la situation si pénible des jeunes doit retenir tout particulièrement l'attention des pouvoirs publics. Des facilités devront être accordées aux jeunes ménages, par le moyen d'exonérations fiscales et cl' indemnités temporaires de logement qui seront d’ailleurs moins onéreuses pour l'Etat et plus profitables aux intéressés que les secours de chômage.
Politique agricole :
En h rance, nation paysanne, nous ne pourrons retrouver notre équilibre économique et social que par une politique agricole cohérentej hardie et féconde.
11 serait injuste de méconnaître I œuvre accomplie par le Parlement pour la défense des marchés agricoles, pour le rajustement des tarifs douaniers, ainsi que pour la réduction ou. ia suppression des contingentements.
11 reste encore beaucoup à faire, car la tâche est immense.
La revalorisation des produits du soî est une question primordiale. Elle peut et doit se concilier avec la déflation financière. Déjà, certaines mesures adoptées par le législateur ont arrêté la chute catastrophique de certaines denrées sans que le coût de la vie s'en fiât notablement ressenti.
D'autres mesures sont également urgentes, telles que la baisse du taux de l'intérêt,
I allégement des dettes paysannes, l'extension dû crédit agricole sous toutes ses formes*
De même, un rajustement des fermages s’impose, notamment par le jeu des commissions paritaires, qui rapprocheront, pour leur bien réciproque, propriétaires et fermiers.
1 our mettre un terme k 1 exode rural, si préjudiciable à l’économie nationale, la législation devra assurer ia sécurité des travailleurs de la terre et faciliter leur accession à U propriété.
Au surplus, 1 attention que nous avons, en toutes circonstances, prêtée aux choses de la terre, les efforts que nous avons déployés auprès des pouvoirs publics en vue de soutenir les revendications et les vœux des associations agricoles et des chambres d’agriculture sont un sûr garant de notre attachement à ces intérêts.
Les agriculteurs nous trouveront, demain comme hier, toujours prêts à défendre leur cause qui est, pour une large part, la cause même du pays.
Politique extérieure :
La France, depuis seize ans, a poursuivi un rêve généreux : organiser la paix dans le cadre international. Mais il y a loin du rêve à la réalité. 1
.Nous nous heurtons à des égoïsmes nationaux. La force n'est pas toujours du côté du ( roi t pour le soutenir. Aussi devons-nous compter d’abord sur nous-mêmes et sur de solides amitiés pour nous préserver de tragiques réveils. Une France puissante, bénéficiant de traites précis d assistance mutuelle, pourra se consacrer, sans risques, au sein de la Société des Nations, a la grande tâche de réconciliation internationale qui demeure, à juste titre le suprême espoir des peuples civilisés. J ’ 1
uniléMmorâîrbli0nS ^ ^ n°,re W * '* d« 1105 “* «mt fonction de notre
la Franck qHUe PUlSSSnL ^ ^ C°™Pétitions Rectorales, il ne faut pas qu'elles divisent
nous unt No hedre8 SachûI1S nous fendre et
nous unir. Nous avons assez de maux à guérir et de dangers à écarter pour ne pas épuiser
nos efforts en de vaines et stériles querelles. F 1
Electeurs, •
Le 26 avril prochain, c’est cette politique que vous ferez triompher une Tois de plus. Serrons les rangs autour du drapeau tricolore,
fraternité sociauT^130' ^ *i“4* U‘““ ***** ««•»« «™q»e, d.
Vive la République !
Vive la deuxième circonscription de Morlaix I
PiERitE TRÉMINTIN
Député sortant.
Démocrate populaire.
Candidat républicain de concorde nationale.
lr* circonscription de QUIMPER.
M. Hervé NA DE R
(Groupe des républicains indépendants et d'action sociale.) Elu pour la première fois le 3 mai 1936,
Chers compatriotes,
En 1932, seul ou presque seul, loyalement, j'ai mené une campagne d’idées que mes adversaires eux-raemes ont qualifiée de courageuse. 1
Dourmm U'^ ^ ^ défendre ies id6es nationales dans cette cicconscription. C’est
pourquoi de nombreux amis m’ont sollicité pour être le porte-drapeau des républicains ationaux cette année et continuer l’œuvre entreprise il y a quatre ans. J’ai accepté
MJZtXrrr pr,oressi?n etrus save;: qu’eiie me d“e
1 a ete tellement question des « incompatibilités parlementaires » au cours de la
législature chaotique qui se meurt, ma candidature vous donne toutes les garanties et apaiserments que vous pouvez souhaiter.
Les questions politiques, économiques et sociales qui conditionnent la vie du pays ti'onl cesser de me passionner et je leur consacre tous mes loisirs.
J’ai d’ailleurs été bon prophète en 1932 et mon nouveau programme n’a demandé qu’une adaptation aux circonstances présentes.
Mes convictions sont aussi ardentes et profondes. Vous les retrouverez à la tribune du Parlement où je serai votre meilleur défenseur.
Ma profession de foi sera nette,
1 Politique extérieure :
La paix étant la condition essentielle de tout progrès, je place cette question a=u premier rang de mes préoccupations immédiates.
Paix h l'extérieur par une politique prudente et raisonnée de collaboration internationale.
Il faut continuer l’œuvre de la Société des Na Lions à Genève, mais tant que cet organisme n'aura pas une force internationale à sa disposition, tant que cette cour de justice sera sans agent d'exécution, soyons vigilants et forts.
Ménageons nos amitiés traditionnelles, épargnons notamment les pays de la Petite entente. Pratiquons en -Europe une politique d'équilibre. Avec dos pays qui continuent à considérer les traités comme des « chiffons de papier », les pactes ne suffisent pas, La France, si elle veut être respectée, doit assurer la sécurité de ses frontières.
Politique intérieure ;
Pour assurer la paix à l'extérieur, îa paix à l’intérieur est. indispensable. Nous l’assurerons par la défense de nos libertés.
Posons ce principe que la liberté de chacun doit être sauvegardée jusqu au moment où elle commence à nuire à célle des autres citoyens.
En conséquence ;
Liberté individuelle ;
Liberté de conscience ;
Liberté pour la presse et les ouvrages de l’esprit ;
Liberté du travail ;
Liberté d'association ;
Liberté d'enseignement ;
Liberté familiale. Les parents restent juges de la manière d’instruire et d’élever leurs enfants. C’est pourquoi je suis contre l'école unique.
La réforme l'Etat : f
La vieille constitution de 1875, de l'époque des fiacres, des lampes à pétrole et des redingotes, est à bout de souffle. Elle ne répond plus aux nécessités d'un Etat moderne, 11 faut la rajeunir.
Voici ce qui pourrait être fait :
1° Création d'une présidence du Conseil -sans portefeuille (premier Ministre) et limitation à dix du nombre des Ministères ;
2° Attribution au Gouvernement seul du droit d'initiative, en matière de dépenses publiques, toute proposition de dépenses nouvelle d’origine parlementaire ne pouvant etre discutée que si elle était précédée parle vote, dans des deux 'Chambres, de à a recette correspondante ;
3° Vote du statut des fonctionnaires, précisant leurs droits et leurs obligations, et Le» mettant a l'abri du favoritisme et de l’arbitraire ;
4° Droit pour le Gouvernement de prononcer la reconduction automatique du budget d& Tannée courante, à partir du 1er janvier de l'année suivante, quand le budget de l’année suivante n’a pas été voté en temps utile par le Parlement ;
5° Droit pour le Président de la République de dissoudre la Chambre' des Députés, même sans avis conforme du Sénat*
Réforme parlementaire :
La réforme du Règlement de la Chambre et la réforme de nos institutions parlementaires me parait aussi répondre au vœu de l’immense majorité de la population.
Le suffrage universel doit être organisé* G est pourquoi je suis pour le scrutin de liste avec la représentation proportionnelle intégrale dans le cadre régional. Le suffrage doit être vraiment universel, c’est-à-dire étendu aux femmes. Je suis également pour le vole familial.
Vote par correspondance pour les malades» infirmes, marins et voyageurs.
Réduction du nombre des députés et sénateurs. Vote obligatoire personnel des députés qui doivent être indemnisés suivant leur présence à la Chambre*
La réforme de 1 EtaL et la réforme parlementaire permettront aux trois pouvoirs de s’en tenir strictement à leurs prérogatives respectives. Le pouvoir judiciaire, notamment, doit être5 entièrement indépendant, Ses méthodes doivent être rajeunies, la procédure simplifiée*
Notre machinerie administrative possède: des rouages trop compliqués, il faut Tadapter à une époque qui est celle de l’électricité, du téléphone et des transports rapides.
Politique économique :
Je suis contre la gestion étatîsle.
Pour apporter un remède à, la crise. dont souffrent toutes les branches de la production nationale, il faut lutter contre îa mainmise de l’Etat sur les industries privées et organiser les diverses professions : chambre d’agriculture, chambre des pêches, chambre de commerce, chambre des métiers devront être consultées pour rechercher le mal dont souffre chaque profession et décider des remèdes à y apporter.
Au dessus de ces organisations,, un Conseil national économique examinera les vœux des diverses professions^ les projets et propositions de lois intéressant les professions qui y seront représentées, les approuvera ou les désapprouvera, avec obligation pour les Chambres de tenir compte de la décision qu’il prendra.
Ainsi les questions economiques, qui intéressent la vie journalière des individus et des familles plus que les questions politiques, reprendront la place qui leur est due.
Politique familiale :
On ne fera jamais assez pour les familles nombreuses sur lesquelles pèsent plus lourdement les difficultés de la vie. Il faut assurer la sécurité et la stabilité dès foyers qui forment L’armature de la société.
Des mesures législatives doivent leur donner les avantages suivants : vote familial, unification des allocations familiale, principe d'égalité et de justice. Dégrèvements fiscaux, accession à la propriété par le rétablissement de la loi Loucheur, réforme des lois successorales, Bourses d’éLudes accordées par un office vraiment et national », non seulement aux familles nécessiteuses, mais aux Français moyens*
Politique sociale :
Je suis pour le syndicalisme, mais je demande aux ouvriers de s’organiser sur le seul terrain professionnel. Les syndicats ainsi conçus seront beaucoup plus écoutés que ceux
qui reçoivent leurs ordres des formations révolutionnaires. Il y a mieux a faire encore. Il ne devrait pas y avoir de cloisons étanches entre les syndicats de patrons et d'ouvriers. Je souhaite la création de comités mixtes formés de patrons et d'ouvriers. Les entretiens et éludes qui en résulteraient ne pourraient qu’éclairer les deux parties en présence sur leurs devoirs et intérêts réciproques, diminuant ainsi les causes de conflits.
En Angleterre, grand pays ouvrier, il y a ainsi dans certaines industries, des syndicats dont font partie patrons et ouvriers. Les prix de revient sont étudiés en commun et les prix de vente fixés pour que L'ouvrier touche un salaire rémunérateur et le patrôn un bénéfice raisonnable.
Collaboration des classes en améliorant constamment la condition de tous les travailleurs, Large accession à la propriété par les habitations a bon marché, les prêts*
Logement, hygiène, sports; protection de la famille et de la race.
Protection de la main-d’œuvre nationale.
Lutte contre Le chômage par un plan d’outillage qui devra être étendu à Loutea les régions.
Les améliorations législatives que demandent les artisans sont légitimes et devront être réalisées au cours de la prochaine législature.
Politique agricole :
Rien de changé depuis Sully, L’agriculture est la base même de la vie nationale, G est une source de richesse pour le commerce, l'artisanat et l’industrie du pays. C’est pourquoi je me prononce hautement pour la défense des intérêts agricoles.
Point de vue social :
Pour que l’agriculture suive la voie du progrès social il faut établir le statut définitif delà coopération agricole dans l’ordre juridique, économique et social. Et pour cela : constituer des tribunaux d'arbitrages, pour l’arbitrage de tout différend pouvan t survenir entre les éléments constitutifs de la profession agricole.
Pratiquer une politique de fermage en vue de permettre la stabilité de 1 exploitant, l'amélioration des terres et la sécurité du capital engagé.
Rattacher les lois sociales aux cadres de la mutualité agricole (assurances sociales, allocations familiales qui devront être égales h celles des employés de l’Etat).
Aménagement dps dettes agricoles, par le rétablissement du crédit agricole avec un taux réduit qui permettra aux jeunes emprunteurs de se libérer plus rapidement.
Possibilité d’accession de la jeunesse agricole à l’enseignement secondaire at primaire supérieur, avec les mêmes facilités dont jouit la jeunesse citadine* Formation d élites 9gri-* coles par le développement de renseignement professionnel.
Point de vue économique :
Accord tripartite des Ministères du Commerce, des Affaires étrangères et de l'Agriculture pour le règlement des traités de commerce.
Protection douanière efficace.
Suspension immédiate de l'admission temporaire des blés, mais et autres produits agricoles.
Protection de l'artisanat et du petit commerce rural par le contrôle rigoureux des trusts.
Continuation de l'effort commencé pour les chemins ruraux.
Electrification de toutes les campagnes.
Diminution des tarifs ferroviaires.
Diminution des droits de succession, des droits sur les ventes et les donations partages.
La mise en application de ces mesures revalorisera les produits de la terre (blé, petits pois, bétail) et permettra aux ouvriers agricoles de retrouver les salaires qu'ils Louchaient il y a quelques années, leur condition de vie étant 1res étroitement liée à celle des producteurs.
Pêche :
Vivant au centre des populations maritimes de la circonscription, je sais que les difficultés n'ont cessé de croître depuis 1932.
Il y a beaucoup à faire :
Protection énergique de toute la pêche bretonne contre l'importation étrangère. Dans les années écoulées les licences d'importation ont été trop facilement accordées par les gouvernements successifs*
Il fauL créer *des débouchés et favoriser la consommât ion du poisson. Indépendamment de la propagande qui devra être faite par les organisations professionnelles, le Gouvernement devra s'occupper de la question des transports : accélération des convois, diminution des tarifs.
Le crédit maritime devra donner aux marins les instruments de travail qu'ils demandent.
Les taxes qui frappent le petit armement devront être réduites*
Les travaux de protection des ports et de défense côtière devront être poursuivis, . (Trévignon, Porz-ürcign, Mousterlin). Des subventions devront être accordées à la Caisse des invalides de la marine pour les allocations et pensions des marins*
Pour les goëmonniers, protection douanière plus efficace pour permettre d’obtenir un prix convenable de ïa soude*
Commerçants,
Je suis pour la révision et la simplification de la fiscalité actuellement inquisitoriale et accablante pour F activité économique du pays.
Entre autres réformes je demande :
Diminution des impôts trop lourds et surtout mal répartis (patente). Simplification du système fiscal, suppression des déclarations multiples qui sont pour le contribuable* surtout pour le commerçant, un véritable casse-tête, une source de tracasserie et de perte de temps. Substitution d une feuille unique d’impôt à la paperasserie actuelle. Suppression de la taxe sur le chiffre d affaires. Lutte impitoyable contre les camions- magasins, les prix-unique et autres.
Anciens combattants,
Engagé volontaire, je suis un des vôtres* .Lai toujours suivi avec intérêt les travaux de vos congrès et je connais vos revendications* Suivant le mot de Clemenceau, les anciens combattants ont des droits sur la nation ; leur retraite doit être sauvegardée.
Toutes les victimes de la guerre ont des droits imprescriptibles.
Les décrets-lois devront être humanisés et réadaptés aux besoins des petits pensionnés et retraités*
Electeurs,
Ce programme n'est réalisable que si vous envoyez à la Chambre un majorité cohérente,
La majorité issue du scrutin de 1932 a été frappée d’impuissance parce que formée d’éléments inconciliables : radicaux-socialistes et socialistes, que sépare une opposition fondamentale de doctrine. Après avoir emprunté 76 milliards en quatre ans, elle a porté notre dette public au chiffre formidable de 346 milliards.
ü£ A qui fera-t-on croire que ce cartel failli deux fois dans le passé, réussisse maintenant parce qu'élargi aux communistes moscoutaîres et appelé « Front populaire » ?
Que ceux qui répudient ces alliances immorales m’accordent leurs suffrages. J;ai la volonté de faire aboutir l’ensemble des réformes préconisées ci-dessus et qui donneront à la France le prestige intérieur et extérieur qu'elle a momentanément perdu*
Tous les électeurs qui demeurent fermement attachés a la République et veulent son amélioration sans révolution, soutiendront ma candidature républicaine d’union nationale*
Mes chers compatriotes,
L’Union nationale c’est la trêve des partis.
C’est la collaboration des hommes de bonne volonté qui s’unissent pour une œuvre constructive*
En sollicitant vos suffrages je vous convie à cette rénovation nationale et sociale. Notre union fera la force et la grandeur du pays, assurera la paix extérieure et in té» Heure, ramènera la confiance et la prospérité*
La besogne ne manquera pas à cette nouvelle Chambre. En assurant le succès de ma candidature, vous assurerez celle d'un homme d’action eide progrès dans l’ordre, d’un man* d a taire présent et abordable, d’un enfant du pays.
Je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi*
Vive la lrû circonscription de Quimper !
Vive la Bretagne 1
Vive la France J
Vive la République I
Hervé NâDER
Candidat républicain d'union nationale.
2B circonscription de QUIMPER*
M, Jean PERROT
(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)
Elu pour la 1™ fois le 8 mai 1932, — Réélu le 26 avril 1936,
Mes chers Concitoyens,
Le congrès républicain qui s’est tenu à Pont-Croix le 9 mars et qui groupait un nombre imposant de délégués de toutes les communes de la circonscription m'a désigné à l’unanimité comme candidat aux prochaines élections législatives.
Je me représente donc à vos suffrages*
Vous connaissez mes opinions : elles ne varient pas selon le temps ou les circonstances. Vous connaissez aussi mon action au Parlement, mes interventions et mes votes.
Le programme que je vous présente aujourd’hui peut se résumer en trois points ;
1° Préservation et consolidation de la paix;
2° Défense des institutions républicaines ;
3° Combattre îa crise économique sous toutes ses formes.
PoliLique extérieure :
Pour le moment la guerre est écartée, mais il importe que tous les citoyens aient conscience de la gravité de la situation extérieure qui requiert la collaboration de tous et doit empêcher le pays de se déchirer passionnément pour des querelles intérieures.
A mon sens, la politique extérieure delaFrance ne doit avoirqu'un but : l’organisation de la paix par la sécurité collective et l'assistance mutuelle, par le respect du Pacte, dans le cadre de la Société des Nations.
Dans les circonstances présentes, l'Allemagne n avait pas le droit de rompre unilatéralement le Pacte de Locarno qu’elle avait librement et délibérément signé en 1925,
Dans les négociations en cours nous devons réclamer le respect des traités internationaux ; mais la guerre n’est pas une solution, ïl faut négocier avec sang froid et dignité sans que rien ne puisse rebuter la France dans ses efforts de conciliation et de reconstruction de la paix européenne.
Politique intérieure :
Je proclame hautement rintangibilité des lois fondamentales de la République et je me réclame d'une politique de vigilance et de défense républicaines.
La République a le devoir de se défendre contre le fascisme et le grand capitalisme qui ont rêvé d'abattre la démocratie et d’empêcher les réformes profondes que réclame le pays républicain, La Rauque de France ne doit pas être un instrument de domination financière et politique entre les mains d'une classe dirigeante ; elle doit devenir la banque de la Nation.
Nous voulons affermir la démocratie politique parla réalisation de la démocratie économique, Pour cela, il est nécessaire que l'Etat républicain soit libéré de la tutelle des banques et que les puissances financières ne puissent plus tenir en échec la volonté populaire.
Le régime est toujours sous la menace des ligues fascistes et des formations factieuses. Voilà pourquoi le Parti radical a donné son adhésion au Rassemblement populaire. Toutefois, il conserve, comme les autres partis qui le composent, sa pleine indépendance et sa liberté d’action. Le Parti radical demeure fidèle à son programme d'ordre, de progrès social et de paix, comme 11 reste l'adversaire de toute dictature personnelle ou impersonnelle.
Le Rassemblement populaire est loin d'être un mouvement révolutionnaire comme on essaye de vous le présenter ; car aujourd'hui les fauteurs de troubles et de guerre civile sont à droite. D'ailleurs, le Rassemblement républicain n'est pas un parti politique ; c’est une large formation de défense républicaine et son programme : le Pain, la Liberté, la Paix, doit être accepté par tous les citoyens qui veulent une République plus juste et toujours plus humaine.
L'Etat se doit aussi de respecter la liberté de conscience, et les libertés religieuses sont aussi sacrées que toutes les libertés démocratiques.
Politique agricole :
La cause de l'agriculture est véritablement nationale et devra continuer à mériter l'attention vigilante des pouvoirs publics. Il y a lieu de poursuivre résolument et sans défaillance la revalorisation des produits du sol envers et contre les congrégations économiques qui essayent d’avilir les prix agricoles pour réduire au minimum les salaires des ouvriers de l’industrie.
La politique de déflation a été imposée par les puissances d’argent; elle a été désastreuse pftur tous les travailleurs et mortelle pour l’agriculture. Le bien-être du cultivateur est lié au bien être des masses populaires qui lui achètent ses produits, et le retour de la prospérité dans nos campagnes est conditionné par ia renovation de la Nation tout entière.
Au point de vue agricole j'accepte toutes les revendications paysannes sur le terrain professionnel et je pousserai hardiment à leur réalisation. En disant cela, je ne puis être suspecté par personne, car, si demain je n'étais plus député, je ne connaîtrais pas d’autre moyen d'existence que l'exercice de ma profession de cultivateur.
Politique maritime :
. La défense des intérêts de la pêche et de- l'industrie de la conserve continuera à faire l’objet d!e ma préoccupation constante.
Dans notre région côtière toute l’activité économique gravite autour de la pêche. Quand la pêche donne et se-vend le commerçant fait des affaires, l’ouvrier a du travail et le cultivateur vend' ses produits. En conséquence, nous devons en rechercher la protection et Ib développement. Dans ce domaine, mon action passée est garante de 1 avenir.
Je m'efforcerai également d’obtenir l’amélioration du régime de la Caisse des invalides de la marine, de la Caisse de prévoyance et des assurances sociales maritimes.
La situation des goëmonniers mérite tout particulièrement des mes lires d'e défense et de protection que je continuerai à réclamer pour eux.
Dans notre circonscription Petitretien et l'amélioration des ports sont des questions primordiales, En ce qui concerne les projets d’extension et d'amélioration des ports d'Audieme et de Douarnenez je n’ai cessé de m’y intéresser et de les pousser pendant toute la durée de mon mandat ; ils sont actuellement en bonne voie et nous a1 Ions entrer bientôt dans la période des réalisations.
Les petits ports de la côte seront également l'objet de ma sollicitude.
Politique sociale et ouvrière :
La crise- actuelle est une crise de transformation sociale et l’on n’en sortira que par desmesures profondes touchant la révision du- statut economique et social, La société actuelle est appelée à’ évoluer ou à disparaître. Et' une façon ou de 1 autre elle doit faire place à une société dans laquelle l’abondance ne sera plus un signe de misère.
En conséquence il est nécessaire de pratiquer une politique- sociale hardie, un réformisme intelligent pour aider à cette évolution et favoriser les travailleurs dans leur ascension continue vers un mieux-être social.
Le parti auquel j'appartiens a préparé’ ou voté toutes les lois qui ont amélioré le sort des ouvriers ou concernant les accidents du travail, le repos hebdomadaire, la loi de huit heures, les syndicats professionnels, etc.,, il s est associe très largement au vote de la loi sur les’assunmces sociales. Celle-ci réclame encore bien des améliorations et ;des projets de loi sont déposés en ce sens ; ce sera l'œuvre de la prochaine législature etj y apporterai ma collaboration.
Le droit ou travail est le premier des droits de l'humanité, Les plus grands efforts devront être faits pour combattre le chômage et, en attendant sa résorption, pour en secourir les victimes. Le projet de loi sur le fonds national du chômage, donL la discussion est commencée à la Chambre j permettrait d'accorder l'allocation de chômage à tous les sans-travail sans distinction de profession ni de localités. Je m’efforcerai de pousser à la réalisation de ce projet de loi. En un mot je ferai en sorte de maintenir les conquêtes du monde du travail et de les compléter par les améliorations désirables.
Politique fiscale :
La loi de l'impôt sur le revenu est trop souvent inopérante. Par la loi du 23 décembre 1933 la majorité de gauche avait voté la carte d'identité fiscale dont l’application devait empêcher la dissimulation des valeurs mobilières et empêcher la fraude. Mais, aussitôt, les puissances d'argent ont décidé la fin de cette majorité qui osait affronter ses privilèges ; c'est la raison profonde qui a fait le 6 février. Au lendemain de l’émeute, le Gouvernement Doumergue en a différé l'application. Il y aura lieu de passer à l'application de cette loi et de réprimer rigoureusement les fraudes à l'impôt sur le revenu*
La répression de la fraude fiscale permettrait un allègement du fardeau des autres contribuables, en particulier de l'impôt sur le chiffre d'affaires. Les impôts de consommation sont iniques, ils prélèvent une dîme écrasante sur les travailleurs modestes et sur les familles nombreuses.
Je m’efforcerai d’ob tenir le vote de la proposition do loi que j’ai déposée tendant à rétablir les exonérations pour charges de famille à l’impôt foncier ainsi que l’égalité des allocations d’Etat entre toutes les familles françaises. Jaî également déposé une proposition de loi en ce sens.
Les droits de succession en ligne directe sont trop élevés, il est hautement désirable de les diminuer, si possible de les supprimer* Le régime des donations-partage devrait également être amélioré.
Le petit et le moyen commerce sont grevés de charges trop lourde que seules la répression des fraudes fiscales permettrait de réduire ; ils devront également être énergiquement défendus contre les grandes entreprises des magasins à prix unique ou autres qui très souvent travaillent avec des capitaux étrangers.
A la Chambre, j’ai fait partie du Groupe de défense du petit et moyen commerce, et, a la fin de la législature, j’ai reçu une lettre de remerciements du groupement de défense du petit et moyen commerce du Finistère,
Retraités,
Si je suis réélu, je continuerai, aux côtés de mon ami Mazé, l'action, constante et soutenue que j’ai poursuivie en votre faveur pendant k précédente législature. Les améliorations que nous avons pu apporter aux décrets-lois sont appréciables, mais notre but demeure toujours le retour à la loi de 1924 qui constitue la charte des retraités.
A n ci en s c o mb a 1 1 an ta ,
Je me suis refusé à approuver de mon vote les prélèvements qui ont été opérés par décrets-lois sur les pensions et la retraite du combattant. La G h ambre a voté récemment la Caisse des pensions qui permettra, je l’espère, de revenir sur ces mesures infiniment regrettables*
Electeurs, vous me connaissez, vous savez que je ne suis pas un homme d argent, ni un homme d’affaires, mais un travailleur modeste, soucieux de remplir son mandat et de défendre les intérêts qui lui sont confiés.
Le bien public ne peut être fondé que sur la loyauté, le courage et l’honnêteté des hommes. Aussi le pays est en droit d’exiger de ses représentants une probité. et un désintéressement absolus. Je crois qu’à ces points de vue, je puis vous apporter toutes garanties.
Travailleurs de toutes les garanties, j’ai conscience d’avoir défendu vos intérêts à la Chambre*
Je continuerai à le faire, car il faut assurer la prédominance des intérêts Humains sur les intérêts capitalistes et avec vous tous je proclame la souveraineté du travail.
En vous demandant de me renouveler votre confiance par un vote massif, je ne vous promets qu’une chose * travailler et servir dans 1 interet de la circonscription, de la République et de la paix,
. Jean PERROT
Maire d’Esquibiem Conseiller général du Finistère*
Député sortant.
Membre de la Commission de l’Agriculture* Secrétaire de la Commission de la Marine marchande* Membre du Conseil supérieur des pèches.
Candidat républicain radical-socialiste et de défense républicaine et d’action sociale*
3e circonscription de QUIMPER.
M. Albert LE BAIL (Groupe républicain radical et radical -socialiste.)
Élu pour la Pc fois le 8 mai 1932. — Réélu le 3 mai 1936.
Citoyens,
J'ai l'honneur de me présentera nouveau à vos suffrages, désigné à l'unanimité par le Congrès républicain et radical-socialiste de Pont-l’Abbé*
Les quatre années qui viennent de s'écouler comptent parmi les plus tragiques de l1 histoire de la République. Ainsi que le disait M. Albert Surraut ; « Dans aucune époque de l'histoire parlementaire, ne se sont posés devant les membres du Parlement des problèmes aussi lourds, aussi ingrats, aussi délicats à résoudre »,
Pendant cette période, j'ai lutté de toutes mes forces pour la défense des idées démocratiques et pour essayer d atténuer les effets de la crise qui atteint lourdement tous les travailleurs*
Politique extérieure :
La paix est menacée* La politique de M, Laval a diminué l'autorité de la Société des Nations, qui constituait la meilleure sauvegarde de la paix, et a éloigné de nous nos alliés les plus utiles*
Aristide Briand a été le grand apôtre de la paix» 11 aurait réussi dans son œuvre, si celle-ci n’avait pas été contrariée et entravée par les menées des réactionnaires, qui l'accusaient de trahison.
Notre programme tient en trois mots : arbitrage, sécurité, désarmement*
Nous voulons une France libre et indépendante.
Nous voulons aussi que les horreurs de la guerre disparaissent h tout jamais*
Politique intérieure :
La réaction a tenté par tous les moyens d'abattre le régime républicain*
Ayant laissé en 1932 les caisses de l'Etat complètement vides, et un déficit budgétaire de 15 milliards, ayant augmenté de plus de 10 milliards les dépenses publiques, elle a tenté par tous les moyens d entraver l’effort de redressement des gouvernements radicaux-socialistes. Ces derniers ont cependant réussi, du 1er juin 1932 au Pr février 1934, à opérer un redressement financier de 11 milliards*
Ils prenaient eu meme temps, par l ‘institution de la carte d’identité fiscale, toutes les mesures propres à faire cesser la fraude de l'impôt.
Alors la réaction, craignant les réformes démocratiques de la Chambre, recourut à l’émeute et, le 6 février 1934, la République fut en danger.
Depuis, les ligues fascistes, menées par les puissances d’argent et par la foodalilé industrielle et financière, ont engagé contre la démocratie une lutte sans merci
Ces réacteurs s’efforcent de confier. la conduite du pays, non plus à la volonté populaire, mais à une dictature, qui deviendrait leur instrument et serait au service de leurs intérêts privés.
Contre ce danger mortel pour la liberté, les partis démocratiques se sont dressés et groupés dans un vaste rassemblement populaire, sauvegarde de l’avenir de la République, et qui laisse à chaque parti son programme et les unit seulement dans une défense commune.
Je lutterai de toutes mes forces pour que le fascisme et la réaction ne passent pas.
Agriculteurs :
Les questions agricoles, qui m’ont toujours vivement intéressé, ont occupé à la Chambre une grande partie de mon temps.
Par son incurie, la Chambre réactionnaire, de 1928 à 1932, a permis aux produits étrangers d’envahir notre marché.
La politique de déflation massive imposée par les puissances d’argent à également contribué à l’effondrement du marché agricole.
Avec mes amis, j’ai lutté pendant ces quatre années pour assainir le marché des produits de la terre.
Vice-président du groupe de défense des producteurs de pommes de terre, je suis constamment intervenu pour la défense de ces producteurs.
Mes nombreuses interventions ont porté sur les questions des petits pois, du blé, des céréales secondaires, du cheval, des bovins, des porcs.
Les questions sociales intéressant les cultivateurs ont retenu mon attention. Rapporteur de la question du crédit et de la mutualité agricoles au congrès de mon parti, j'ai contribué à l’élaboration de la loi, votée par la Chambre, qui rendra pour les emprunteurs moins lourd le fardeau de leurs dettes.
Je suis décidé à continuer dans l’avenir mon effort déjà entrepris pour la réduction des charges de famille à la contribution foncière des propriétés bâties et non bâties, pour l’attribution d’un contingent d’essence à usage agricole, pour la péréquation des allocations familiales, la défense des fermiers, la diminution du prix des engrais.
La revalorisation des produits de la terre s impose. Au néant de certains programmes tapageurs, incapables de résister à l’épreuve de la pratique, j’oppose la réalité d’efforts que je saurai poursuivre avec l’énergie continue d’un serviteur dévoué du bien public.
Marins pêcheurs :
Votre sort a été l’objet de mes constantes préoccupations. Secrétaire des Commissions de la marine militaire, de la marine marchande et des pêches, je me suis intéressé à toutes leB grandes questions qui tendent à 1 amélioration de votre sort.
Je persévérerai dans le même effort, le portant particulièrement sur la défense des produits de la pêche, sur l’amélioration de nos ports et sur la protection de notre littoral contre les envahissements de la mer.
Du même cœur, je m’emploierai à améliorer le régime de la Caisse des Invalides, des assurances sociales, et je m’intéresserai à l’instauration d'un crédit maritime adapté à vos besoins et à vos humbles possibilités financières.
Ce serait justice que d’attribuer la carte de combattant aux marins du commerce qui ont effectivement navigué d’habitude, pendant la guerre, dans les parages dangereux.
Je m’efforcerai, enfin, de protéger notre région contre la concurrence des grands chalutiers, qui ont dévasté nos Tonds de pêche et causé sur nos côtes la ruine de certaines pêches.
Goëmonnïers :
J’ai été votre meilleur ami, luttant sans cesse pour empêcher, soit par 1 élévation des droits de douane, soit par le contingentement, la concurrence de l’iode étranger.
JTaj, le premier, à la tribune de la Chambre, dénoncé la fraude et proposé des mesures de défense, qui ont été adoptées par la suite et vous protègent efficacement aujourd’hui.
Cet effort continuera et vous me trouverez toujours à vos côtés pour soutenir vos revendications*
Ouvriers :
C'est le parti auquel j'appartiens que vous trouvez à l’origine de toutes les lois sociales faites en votre faveur, à commencer par les libertés syndicales.
L'amélioration de la loi sur les assurances sociales et la lutte contre le chômage seront les premiers de mes soucis.
Lai voté à la Chambre le projet de loi sur le fonds national de chômage.
L'amélioration du niveau de vie des travailleurs est un idéal à poursuivre inlassablement et qui s’impose dans un pays de justice démocratique et social comme le nôtre*
Commerçants :
Des impôts trop lourds pèsent sur votre activité. Seule, la répression sévère des fraudes fiscales, pour laquelle nous avons toujours lutté, permettrait de les réduire.
Faisant partie du groupe de défense du petit et du moyen commerce, j'ai soutenu et je soutiendrai toujours vos revendications.
C'est ainsi que, dernièrement, j'ai soutenu le retour an forfait facultatif demandé par vos associations.
Artisans :
Partisan de la constitution d'une chambre des métiers, qui permettrait d’organiser la profession d’artisan, je suis avec la plus grande sympathie le mouvement qui tend à vous grouper.
Retraités :
Mon ami M. Mazé a été votre meilleur défenseur â la Chambre. Lai toujours été à tes côtés et je suis résolu demain comme hier à lutter contre l’iniquité de certains décrets-lois. Le retour au pouvoir d’un Président du Conseil radical n’a-t-il pas déjà marqué une réforme en votre faveur?
Le retour à la loi de 1924 sera mon but.
Anciens combattants :
Une plus juste attribution de la carte de combattant est indispensable. Les territoriaux, notamment, ne doivent pas être injustement exclus de son bénéfice.
J’ai désapprouvé les prélèvements opérés par les décrets-lois et j’espère que la Caisse des pensions permettra de réparer ces injustices.
Électeurs,
Vous me connaissez. Enfant du pays, je suis l’un des vôtres. Je connais voire vie, vos besoins, votre idéal.
Ma vie parlementaire a été consacrée au bien public.
J'ai toujours loyalement lutté pour mes idées laïques et sociales. Au milieu des pires difficultés je me suis efforcé de faire prévaloir les intérêts des humbles et des petits sur ceux des puissants eL de subordonner les idées secondaires au sentiment élevé de la patrie républicaine.
Vous voterez pour celui qui veut que, parla diflusion de l’instruction, la lumière jaillisse plus vive et plus intense dans tous les cerveaux.
Vous voterez pour celui qui, sans vaine démagogie, vous apporte un programme sérieux et solide de réalisation immédiate.
De votre bulletin de vote^dépendent votre avenir et celui de vos enfants.
Je vous convie à voter pour le pain, pour la paix, pour la liberté-
Vive la République laïque, démocratique et sociale l
Albert LE BAIL [Docteur en droit*
Conseiller municipal de Pltméour-Lanvern*
Député sortant.
Secrétaire de la Commise ion de la marine marchande* Vice-Président du groupe des producteurs de pommes de terre. Candidat républicain radical-sodalifte*
Circonscription de QU1MPERLÉ.1
M. Louis MONFORT (S'appartient à aucuu groupe,)
Elu pour la lre fois le 3 mai '1936, 3
Electeurs,
Fort de l'appui de tous ceux qui, de divers horizons politiques, m'ont sollicité de poser ma candidature, je me présente à vos suffrages avec [un passé ^consacré surtout à b organisation et k la défense professionnelles.
S'il vous plaît de m'envoyer au* Parlement, ma ligne’de conduite de demain sera celle d’hier et d’aujourd'hui :
Collaboration loyale avec tous, de quelque parti qu'ils soient, pourvu qu'ils poursuivent le mieux- être de tous dans la justice.
Fortement attaché aux libertés républicaines, je serai leur défenseur contre tout étatisme de droite ou de gauche.
Dans une circonscription comme laj nôtre, presque exclusivement] rurale, un paysan était sans doute mieux désigné que tout autre pour défendre les intérêts de tous.
En période de crise aiguë comme celle que nous traversons, où nos campagnes souffrent avec toutes les classes laborieuses, un paysan saura, sans doute mieux que tout autre, clamer, là-bas Paris, la détresse de nos campagnes.
Cultivateur cultivant, je connais sur tout j les] souffrances et les difficultés des agriculteurs : propriétaires, fermiers, domestiques, parce que je les partage. Mais je suis prêt à étudier toutes les revendications qui me seront soumises.
J'ai voulu me* présenter comme « candidat paysan a pour bien marquer que, méprisant la basse politique qui] conduit la [France a la ruine, je prétends grouper toutes les bonnes volontés désireuses de travailler à r organisation économique du pays.
A tous les travailleurs ; ^agriculteurs, artisans, marins, ouvriers, commerçants, industriels, la liberté syndicale respectée jdans la profession organisée 1
Cultivateurs,
La prospérité des cultivateurs sera mon premier souci, parce que c’est la base d’une prospérité générale, et les revendications que je défendrai toujours, seront celles qu1 énumère le programme de la paysannerie tel qu’il fut dressé lors de la réunion du 30 mars à Quimperlê, et que nos orateurs paysans ont proclamées et fait applaudir dans des centaines de réunions depuis quelques mois. C'est une question de vie ou de mort pour nous, paysans l
Je m’intéresserai aussi, très particulièrement, an sort des domestiques, classe sociale trop abandonnée jusqu’ici.
Je me permets de ne pas repren dre en détail ces revendications sur lesquelles nous sommes depuis longtemps d'accord* Le 30 mars, à Quim perlé, la population paysanne de l'arrondissement* en la personne de ses chefs professionnels^ m’a fait confiance, je ne la trahirai pas I
Mais c’est tout le monde rural que j’ai en vue, c’est-à-dire tous ceux qui vivent dans nos campagnes cL dans nos bourgs : artisans, commerçants, petits industriels* Un temps fut peut-être où leurs intérêts semblaient opposés à ceux des agriculteurs ; la crise actuelle a montré clairement à tous la solidarité étroite qui les relie.
Candidat paysan ne veut pas dire que seul le monde rural m’intéresse. Non I Un député ne doit pas plus être l’homme d'une classe que d’un parti. Ce serait une erreur de croire, en effet, que la prospérité agricole peut naître sans un redressement complet de l'économie nationale* C’est toute l’économie française qu/iî faut réorganiser sur les bases de la justice et de la collaboration de tous. Toute autre solution serait mesquine et inefficace.
En conséquence, voici pour les différentes classes de travailleurs les revendications que je m’emploierai à faire aboutir.
Marins,
Les questions maritimes me sont moins familières pour le moment, mais je sais que là aussi, comme en agriculture, c’est la réorganisation de la profession qui fera sortir les pécheurs du marasme économique où ils se trouvent. Je sais que nos petits pêcheurs sont menacés, leurs gains tombent d’une façon catastrophique et alors que le gain moyen des thoniers a été de 3,700 francs en 1934 il est tombé à L 800 francs en 1935 ; pour la petite pêche côtière, la situation est sensiblement la même ; le gain moyen en 1934 était de 2, 500 francs; en 1935, il est tombé de 1.000 ou 2.000 francs. Les principes de réorganisation professionnelle sont les mêmes dans toutes les branches de 3a production* Pour le détail des revendications, je m'en réfère aux vœux émis par l’Entente interfédérale des pêcheurs de F rance (Entente qui groupe tous les syndicats marins de France) lors de son assemblée générale à Paris, les 17 et 18 décembre dernier.
Création pour les différentes branches de ia pêche d’organismes professionnels tels qu'il vient d’en être constitué à Boulogne pour le hareng.
Ententes professionnelles (accords collectifs) obligatoires dans toutes les branches des pêches maritimes et des industries maritimes annexes.
Protection de la pêche française par les tarifs douaniers et les contingentements.
Protection de la petite pêche contre la grande pêche industrielle cri réservant les marchés côtiers à la pêche côtière.
Participation des marins pêcheurs au fonds national de chômage au même titre que les autres travailleurs.
Plan d’ensemble en vue de ï1 amélioration des petits ports.
Artisans,
Les artisans partagent de plus près la vie et le sort des cultivateurs. — La législation française les a à peu près ignorés jusqu'ici.
Je demanderai que soit enfin mise en application la loi Thoumyre {27 mars 1934) sur le registre des métiers. Le décret d'administration publique n'est pas encore promulgué*
Que tous les départements — en particulier le Finistère — soient dotés d îme chambre des métiers, organisme aussi indispensable aux artisans que la chambre d’agriculture aux paysans et la chambre de commerce aux industriels et aux commerçants. — La loi instituant les chambres de métiers est du 26 juillet 1925 (loi Courtier), le décret d'administration publique est du 14 avril 1928, À l'heure actuelle^ la France compte 49 chambres de métiers et 19 en instance* Mais sur ces 66 chambres de métiers prévues, il n'est, encore nullement question de celle de Quimper, C’est inadmissible !
Que le crédit artisanal soit réorganisé à l'image du crédit agricole* (Facilités plus grandes d’obtention.)
Que l'artisanat soit efficacement défendu contre le bricolage, le travail noir, la maind'œuvre étrangère et les grosses firmes industrielles.
Commerçants,
Les commerçants se heurtent a une fiscalité trop lourde et trop fcracassière* Seul un allégement et une réorganisation des impôts peut permettre d’espérer un nouvel essor du petit commerce. Je préconiserai entre autres mesures, la suppression de là gabegie qui règne dans toutes les administrations et la réduction des dépenses de l’Etat*
Je lutterai de tous mes efforts contre les grands trusts internationaux (Monoprîx, Uniprix, etc,), qui menacent de ruiner commerçants et artisans.
Fonctionnaires,
Quant aux fonctionnaires, dont la grande majorité sort de nos campagnes, je reconnais qu'ils ont le droit, comme les autres travailleurs, à une rétribution honnête qui leur permette de vivre, mais je comprends que l’on s’insurge contre le nombre trop élevé des fonctionnaires dans certaines administrations et les salaires exagérés de certains hauts fonctionnaires*
Retraités,
Pour les retraités, je demanderai que soit enfin réalisée la péréquation des pensions, promise depuis si longtemps.
Ouvriers,
Pour les ouvriers, je défendrai avant tout le droit au travail. Je demanderai particuliè-
ouvriers étrangers ; il y aurait alors en France du travail pour tous les Français et la question du chômage qui pèse si lourdement sur nos classes laborieuses serait bien vite résolue*
Dans toutes les questions nationales qui ne sont pas du ressort de F économique, je m'inspirerai des principes que dicteront le sens de la liberté, de la justice, de l'égalité, de l’honneur du pays et un grand amour de la paix tant extérieure qu'intérieure*
Une devise que vous aimez bien sera la mienne : « Famille, métier, patrie >*
Que vivent nos campagnes pour que vive la France !