GARONNE (HAUTE
Circonscription de MURET.
M. Vincent ÀURIOL (Groupe socialiste.)
Ülu pour la U* fois le 10 mai 1*914. — Réélu les 16 novembre 1919j J i mai 1928,
Ier mai 1932 et 26 avril 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F. I. 0., p, 3.)
M es ch ers Compatriotes,
Pour la septième fois, depuis 1910, mon parti me présente à vos libres suffrages. Depuis 1914, dans cinq scrutins successifs, et parties majorités toujours croissantes-, vous m'avez constamment honoré de votre confiance. Vous avez toujours ratifié mes actes. Vous avez toujours honoré ma fidélité. Cette longue période d’action commune, de douleurs et d'espoirs communs a resserré, chaque jour davantage, entre nous, les liens d'affection eL créé entre nous un véritable contrat d'amitié.
Depuis la magnifique victoire de 1932, où par plus de 12.500 voix vous m'avez réélu, ai-je failli a mon devoir ? N’ai-je pas rempli ce dernier mandat avec probité, avec conscience, avec dévouement? Le parti auquel je suis fier d'appartenir dès ma jeunesse nc^ vous a-t-il pas défendu ? N'ai-je pas mis à votre service exclusif, au service de vos foyers, de vos communes, du pays laborieux et de la paix humaine tout ce que je peux avoir d'intelligence^ d'expérience et de cœur? Ne l’ai-je pas fait avec zèle et avec libéralisme?
Arous m'avez déjà répondu, cher amis, par la sympathie cordiale ci unanime avec laquelle vous m’avez reçu, ces jours derniers, dans chacune de nos 127 communes. Je vous en exprime ma profonde gratitude.
Je ne suis pas moins fier de l'hommage direct que me rendent les partis républicains adversaires d'hier en ne m'opposant aujourd’hui aucune candidature.
Et il m'est agréable de constater que ceux -la mêmes qui demeurent « irréductibles » n ont pu, malgré mes appels pressants à la contradiction, apporter, dans aucune réunion publique, aucun reproche, aucune critique, aucune question claire eL franche, ni sur ma vie publique, ni sur ma vie privée, soumises, l'une et l’autre, à l'examen de tous.
L'attache ment émouvant de mes chers camarades et amis de toujours, le respect silencieux de mes adversaires, la charmante cordialité de la jeunesse sont, pour moi, la plus belle récompense de mon labeur consacré à toutes les causes justes, à la défense de nos populations laborieuses, au combat incessant, plus que jamais nécessaire, pour la sauvegarde des intérêts du travail, de nos libertés publiques et de la paix.
Chers Citoyens,
Oui, vous avez été déçus dans vos légitimes espérances en un meilleur avenir. Vous avez été accablés dans votre existence par une crise effroyable que la politique stupide et injuste de déflation n’a cessé d’aggraver. Vous avez été écœurés par des scandales successifs provoqués par ta corruption du capitalisme Vous avez été enfin abandonnés par des majorités infidèles* J’en ai souffert dans ma conscience autant que vous. Mais si vous avez certes le droit de vous méfier des promesses, vous devez également vous défier des aventuriers qui s’efforcent d’exploiter votre mécontentement légitime afin de vous détourner de la République, de vous éloigner de ceux qui vous défendent et, sous le prétexte d’un corporatisme que vos ancêtres ont connu et détruit, de vous attacher, comme en Allemagne et en Italie, aux chaînes d’un monarque ou d’un dictateur*
Il appartient au peuple souverain de choisir des représentants dignes de lui, de les contrôler et de les juger sur leurs actes.
Responsable du mandat que je tiens de vous, ayant moi-même, avec mon parti et en votre nom, dénoncé les tares de cette société mauvaise et injuste, les erreurs, les abus et les trahisons de gouvernements infidèles ou d'une féodalité financière sans noblesse, je ne peux accepter les responsabilités des autres* Je me refuse à être confondu avec ceux qui vous exploitent et vous accablent ou avec ceux qui ont failli et déserté.
Jour par jour, vous avez pu suivre mon activité* Vos maires vous diront mes efforts pour vos communes* Et dans le cadre national, il n’est pas un grand débat parlementaire auquel je n’ai participé, selon le programme de mon parti et les termes de mon mandat.
Dès les premiers jours de cette législature, j’ai dénoncé, avec le groupe socialiste, la funeste politique de déflation qui a fait baisser les prix de vos denrées eL de votre bétail.
Je l’ai dénoncée, en analysant les vraies causes de la crise : la sous-consommation due à la diminution du pouvoir d’achat des hommes ; l'accroissement du nombre des sans travail provoqué par l’exploitation du machinisme et du progrès scientifique au profit du seul capitalisme ; l'afïaissement des revenus prolongeant la morte-saison de l’ artisanat rural ; la complexité des impôts alourdissant les prix des produits achetés et favorisant une fraude scandaleuse dans la déclaration des immenses portefeuilles de valeurs mobilières, tandis que la terre cadastrée est accablée ; enfin le désordre économique et monétaire des nations aggravan L une politique douanière absurde où Ton a néglige nos exportations et créé une balance excédentaire en importations désordonnées.
Longtemps, mes amis et moi nous avons parlé seuls et sans autre écho que les sarcasmes elles insultes. Aujourd’hui, c’est avec joie que nous voyons les «grandes associations agricoles i> rejoindre notre thèse et reprendre nos chifires* Mes discoms, mes propositions de loi, mes votes sont là, comme témoignage de mou action.
Pendant quatre ans, nous nous sommes élevés contre la réduction ou la suppression des subventions productives accordées aux communes, contre la réduction des allocations aux anciens combattants et victimes de la guerre, contre les abus, les hauts traitements, la routine et les gaspillages administratifs ; contre les renflouements scandaleux des banques eu détresse au détriment des deniers de l’Etat; contre les marchés frauduleux ou abusifs de la guerre ; contre le pillage de la petite épargne.
C’est avec fierté que j’ai reçu l’approbation des maires de nos communes.
(J est avec émotion que j ai accueilli les lettres de remerciements officiels de toutes les associations de combattants cl de victimes de la guerre : Confédération nationale des anciens combattants ; Fédération des anciens combattants non pensionnés ; blessés du poumon et gazés.
Aux heures troubles où les spéculateurs de la grande minoterie se moquaient impunément de la loi pour vous arracher le blé à des prix de /misère et anéantir les petits meuniers, j’ai parcouru l’ arrondissement, réuni les maires, dressé avec eux un programme de solutions pratiques ; interdiction de ^importation du blé d un département dans un autre, aide immédiate aux producteurs pour les aider à résister aux spéculateurs, programme que
j ai soumis au Parlement ; je me suis dressé, seul avec mes amis, pour dénoncer les campagnes de presse payées par le consortium des grandes minoteries coalisées. J'ai aidé pratiquement à chaque instant les agriculteurs dans leur organisation professionnelle : coopératives, syndicats agricoles, caisses de crédit*
Aux heures tristes où la grêle ravagea vos récoltes, j'ai obtenu le concours du Conseil général (400,000 fr*), fait voter par la Chambre cinq millions rejetés, hélas ! par la Commission des finances du Sénat* J’ai déposé une proposition de loi organisant l’assurance contre les calamités agricoles. J'ai fait décider par le Conseil général unanime une conférence interdépartementale chargée d'établir un projet de caisse régionale contre ces calamités.
Mes amis et moi nous ne nous sommes pas, en effet, bornés à critiquer, à condamner, à voter.
Nous avons apporté et soumis au vote de la Chambre de grands projets constructifs.
Grands projets d’offices publics et professionnels du blé, de la viande, du vin, et des engrais, gérés, iion par FEtat bureaucratique, mais par les producteurs eux-mêmes, en liaison avec les consommateurs pour assurer aux agriculteurs une large rémunération de leur peine et leur garantir une existence honorable, pour concilier les inLérêts des travailleurs, des consommateurs eL des intermédiaires loyaux, pour réprimer les abus de la spéculation, pour rétablir enfin les transactions agricoles, commerciales, industrielles, au mieux dés intérêts généraux de la nation,
Grand système unique d’assurances financé parla nationalisation des assurances afin de protéger l'homme contre les fléaux sociaux (invalidité, vieillesse, chômage) — et son travail contre les risques naturels : grêle, gelée, mortalité du bétail — les agents de l’assurance étant garantis dans leur travail et dans leur production.
Nationalisation des industries privées d’armements de guerre pour diminuer les charges de notre budget et empêcher le scandale des ventes d’armes françaises aux autres nations qui, comme la Pologne j se dressent contre nous*
Plan de grands travaux communaux et départementaux dressé avec la collaboration des municipalités et des assemblées départementales et financé par l'appel garanti à l1 épargne
locale, protégée contre les écumeurs et les sociétés suspectes et intéressée à la prospérité
du village ou de la ville et de l'agriculture*
Projet audacieux de dégrèvement fiscal avec imposition progressive des gros revenus et répression impitoyable des manœuvres des fraudeurs, comme ceux de la banque de Bêle.
B «organisation et décentralisation administratives : suppression des cumuls scandaleux, des indemnités abusives, des postes inutiles (trésoriers payeurs généraux, receveurs des douanes, sous-préfets), etc.
Réorganisation du crédit pour aider la production agricole de ce pays et tous les producteurs et commerçants et pour arracher la nation à l'emprise et au chantage de la haute féodalité bancaire, installée à la Banque de France*
Caisse des pensions pour sauvegarder le droit des anciens combattants et victimes de la guerre et alléger en même temps les charges de l'Etat.
Ce ne sont pas des promesses. Ce ne sont pas de vains discours. Ce sont des projets étudiés, précis, prêts h être réalisés et auxquels nous avons consacré avec des techniciens de longs et palients efforts,
La Chambre les a rejetés. Nous avons demandé le pouvoir pour accomplir cette œuvre de redressement économique. Nous avons même offert d’y collaborer avec d'autres. On nous
1 a refusé. A vous de nous aider, car c’est pour vous que, malgré toutes les menaces des
puissants privilèges égoïstes, nous Lavons établie.
Les menaces des ligues, commanditées par les grands privilégiés de l’industrie et de banque, ne nous empêcheront pas de faire notre devoir.
Hommes de raison et de cœur,
Si contre les entreprises du fascisme national qui menacent la liberté, nous menons un dur combat, nous défendrons également la paix que menace le fascisme international*
La paix ne sera jamais solide dans un monde livré à l’appétit des marchands de canons qui poussent à la course sinistre et accablante des armements*
La sécurité collective des nations ne sera jamais assurée, le serment fait aux morts ne sera jamais réalisé si l’on n organise pas Tentante et la communauté des peuples par l'obligation de l’arbitrage entre Etats, par l'efficacité des pactes d’assistance mutuelle contre toute agression, par la réduction progressive des armements de tous les pays, et tendant au désarmement général et contrôlé internationalement; par une péréquation équitable des matières premières et une organisation générale du crédit et de la monnaie.
II n y a de vraie paix que la paix indivisible, la « paix désarmée » selon le mot de noire oTand Jaurès, Et c'est cette paix qui constituera la vraie sécurité de notre pairie.
C’est dans cette voie que j’ai constamment agi. C’est pour cette œuvre que, récemment, jetais à Londres pour rapprocher les travailleurs anglais des travailleurs français et à Madrid pour resserrer les liens de l’Espagne républicaine dont j’ai naguère contribué à sauver les chefs condamnés à mort et de la République française, qui a intérêt à empêcher au Sud toute dictature.
L’agression du dictateur italien et le geste du dictateur allemand démontrent à tous les hommes de raison, 3e coeur et de bonne foi quelles sont la force de notre idéal et la clairvoyance de notre action*
Républicains et travailleurs,
Cette grande tâche de justice sociale, de défense de nos libertés et d’organisation de ia paix, je l’ai poursuivie comme délégué de mon parti au sein du Comité national du rassemblement populaire, dont j'ai contribué à rédiger le programme et dont je ne laisserai pas à d’autres le monopole.
Mais pour l'accomplir, il faut que le suffrage universel s’exprime avec force et avec clarté.
Ce n’est pas le moment des confusions habiles, ni des camouflages de programme même sous le couvert du Front populaire, ni des diversions sur des candidatures de principe. Ce n’est pas l'heure des divisions.
Que chacun présente et que chaque électeur choisisse clairement son drapeau.
Que chaque élu exécute avec décision, avec fidélité, avec courage, le mandat que le peuple lui aura confié.
Notre parti revendique le pouvoir pour réaliser le programme que j’ai défini. Il est également prêt à collaborer au pouvoir pour réaliser le programme minimum commun du Rassemblement populaire, auquel ont adhéré les partis de démocratie républicaine.
Quant à moi, comme hier, je m’attacherai à mon devoir de toute la passion démon ame et de toute I1 ardeur de ma foi* Fidèle à vous tous, je serai fidèle à moi-meme. Mais je vous demande de me donner à votre tour, par une majorité massive, l’autorité accrue qu exigent les circonstances.
J’attends de tous les travailleurs unis, de tous les socialistes, de tous les républicains de ce grand arrondissement Técho unanime à l’appel au rassemblement que, conscient de la gravité des circonstances, je leur adresse avec émotion et avec confiance.
Je compte sur vous tous. Vous pourrez, comme toujours, compter sur moi.
Vive l’arrondissement de Muret I Vive la République sociale I Vivent la liberté et la paix 1
Vincent AU RIO L
Député de la Haute-Garonne.
Maire de Muret,
Conseiller général du canton de Carbonne.
Membre et ancien président de la Commission des financée de la Chambre des Députés.
Secrétaire général du groupe socialiste au Parlement.
Circonscription de SAINr-GAUDENS.
M. Hippolyte DU CCS (Groupe républicain radical et radicat-sociatMe.)
Elu pour la lrc fois le 16 novembre 1910. — Réélu les 11 mai 1954, 59 avril 1958, 8 mai 1932 et 3 mai 1936.
Mes chers Concitoyens,
En m’accordant, en 1932, une masse imposante de près de 16,000 suffrages, vous avez bien voulu une montrer, d'une manière éclatante, que votre amicale sympathie à mon égard ne faisait que s’accroître a chaque nouvelle consultation. J’en ai été profondément touché. Aussi me suis-je efforcé, au cours de la dernière législature, de n*e!re point indigné d’un tel mouvement de confiance,
T ai-je réussi ? Vous le direz le 26 avril prochain. Mais je suis persuadé qu’en m’éloignant de tout extrémisme, en ne cédant ni aux sollicitations des démagogues, ni aux appels des réacteurs, en opposant toujours aux solutions de facilité, illusoires aujourd’hui pour être néfastes demain, les réalisations pratiques commandées par Tëtude sérieuse des faits et des lois qui les régissent, j’ai répondu à votre sage conception du véritable progrès social dans Tordre républicain.
C’est cette méthode que je continuerai à suivre dans l’avenir. Elle seule peut nous permettre de surmonter définitivement la crise économique. Par quels moyens ? D’abord, par le salut de la terre. Dans un pays, où plus de $0 millions d’habitants vivent du sol, l’améliora lion de la situation agricole conditionne le redressement général.
Accélérons et consolidons la revalorisation des produits de la ferme, en particulier des produits d’élevage. Réduction des contingents d’importation animale, augmentation des droits de douane, taxes de licence, ces excellentes mesures ont été prises Et les heureux résultats s’en font déjà sentir. 11 faut éliminer définitivement toute concurrence étrangère.
Nous demanderons, d’autre part, une application plus large des lois du 7 juillet 1933 sur la prophylaxie de la tuberculose des bovidés et du 16 avril 1935 sur -l'assainissement du marché de la viande. En ce qui concerne notre élevage régional, nous multiplierons les débouchés et faciliterons les ventes, en réalisant la construction, déjà décidée et préparée, d’abattoirs modernes.
Ce qu’on a fait récemment pour les bois français est tout à fait insuffisant. Nous voulons qu’on généralise leur emploi et qu’on revalorise leurs prix.
Accroissement des disponibilités du crédit agricole, aide plus importante aux mutuelles, organisation plus efficace de la Caisse de secours aux victimes des calamités agricoles, réduction du prix des engrais, amélioration de la législation relative aux artisans, ces précieux collaborateurs des agriculteurs, voilà, parmi bien d’autres, des revendications urgentes que nous soutiendrons.
Contre la crise commerciale, d’utiles lois ont été votées. Mais en présence de difficultés de tout ordre, dont la gravité et l’ampleur n'ont jamais été atteintes, il ne faut pas hésitera prendre des mesures énergiques. Nous voulons Y Organisation du crédit aux commerçants ; la substitution d’une a taxe unique » au prélèvement sur le chiffre d’affaires ; la simplification des impositions multiples, souvent contradictoires, qui rendent malaisée au contribuable commerçant la connaissance exacte dès lois qu’il doit subir.
L’industrie, elle aussi, est accablée de charges. Il faut la soulager. Il faut, d’autre part, la protéger par des lois de même i aspiration que celle des ententes professionnelles, qui tend à lutter contre la concurrence étrangère par Inorganisation interne de notre production nationale. H faut enfin la stimuler et la raviver par le transfert en province, près des sources de production d’énergie électrique, des industries trop concentrées et par une politique de grands travaux, dans le programme desquels doit figurer au premier rang l’équipement de nos bourgs et de nos villages en adductions d’eau, en électrifications, en voies de communication, en aménagements touristiques, en foyers populaires et en installations sportives
Nous résorberons ainsi Je chômage. En même temps que ce fléau, nous combattrons Lous les autres. Le Parti radical est, avant tout, un parti social. On lui doit la plupart des lois qui ont amélioré les conditions d’existence des travailleurs et qui ont apporté aide et protection aux faibles et aux déshérités. Il entend poursuivre son œuvre. Vieillards sans ressources jeunes mères pauvres, familles nombreuses dans le besoin, parents privés de leur soutien par le service militaire, mutilés du travail, trouveront, chez lui, non de vaines promesses, mais le souci d’entreprendre sincèrement et sérieusement de nouvelles réformes, en prévoyant , pour chacune d’elles, les possibilités d’un sain financement.
Car ce qui caractérise le Parti radical, fondé sur la raison, c’est de ne point s’égarer dans une dangereuse idéologie et de rester toujours en contact avec le réel. Aussi, tout en réclamant sur le plan fiscal, d’une part un meilleur rendement par une plus juste répartition, d'autre part une répression énergique de la fraude, il demeure partisan déterminé de la stabilité monétaire; et il n’a pas hésité à contribuer au salut du franc, qui, sans les compressions budgétaires, eût été dévalué et peut-être même réduit à rien.
Toutefois il s’est efforcé et s’efforcera dT <( humaniser » les mesures prises. Autour d’un des nôtres, M. Mozé, nous nous sommes faits et resterons les défenseurs des retraités. Ancien combattant du 81e régiment d'infanterie c’est, moi-même qui, en complet accord avec la Confédération nationale, ai déposé, rapporté et contribué à faire voter à la Chambre la proposition de loi sur la Caisse des pensions, aux termes de laquelle non seulement tous les prélèvements seront supprimés à partir du 1er novembre prochain, mais bien des lacunes seront comblées et bien des injustices seront réparées dans l’attribution des pensions de guerre et de la carte du combattant.
A côté et au-dessus des revendications matérielles, les anciens combattants placent leur action pour la consolidation de la paix.
Inspirés par cet idéal eL sachant hélas! que ce n’est pas en se contentant de crier: « A bas la guerre ! ». qu’on l'évite, mais en faisant le nécessaire pour la rendre impossible, nous continuerons â avoir, de la défense nationale, le même souci qui nous a fait voter les crédits militaires destinés à la construction des fortifications de l’Est, ainsi que tous les autres; et nous nous associerons, d’autre part, de toutes nos forces, à une politique de collaboration internationale dans le cadre de la Société des Nations, en nous gardant d’un dangereux illusionnisme et en restant, autant que possible, fidèles à toutes nos amitiés.
Nous serons, d’ailleurs, d’autant moins isolés dans le monde, qu’on nous saura plus forts et nous serons d'autant plus forts que nous serons plus unis. Certes bien des adaptations sont à faire, bien des perfectionnements doivent être apportés dans nos institutions républicaines. Il faut créer un ordre nouveau, où la natalité soit encouragée, où l’enfance soit protégée, où la jeunesse, de mieux en mieux formée physiquement, intellectuellement et moralement puisse trouver futile et légitime emploi de sa vigueur et de ses capacités. Il faut mener à bien cette réforme générale de l’Etat, que réclame l’opinion publique et que nous avons amorcée par la réorganisation du Conseil national économique.
Mais nôus ne laisserons pas porter la moindre atteinte aux bases essentielles de notre démocratie. A quelque nuance que nous appartenions de la grande famille républicaine, nous nous dresserions, tous ensemble, contre ceux qui chercheraient à renverser notre éghne de liberté.
"toutefois, vous n’oublierez pas, citoyens, que le vrai moyen de maintenir eL de raffermir
la Ripubliqu:' c'est de confier ses destinées, non à des perturbateurs et à des révolutionnaires, mais à des hommes d’ordre et de progrès, ndli à des négateurs et à des destructeurs, mais à des réalisateurs et à des constructeurs.
En avant donc, citoyens, pour le parti dont les traditions se confondent avec celles de
Ja République.
Tous aux urnes pour les réformes, pour la liberté et pour la paix !