AISNE
Circonscription de CHATEAU -THIERRY.
M. Paul LAMBIN (Groupe socialiste*)
Elu pour îa lTe fois le 3 mai 1936,
(Voir le programme du parti socialiste S* F* I. Q., p* 3,) M , Lambin n a pas publié de profession de foi .
l,a circonscription de LAON.
M* Pierre BLOCH
(Groupe socialiste-)
Elu pour la lre fois le 3 mai 1936*
(Voir le programme du parti socialiste S. F* L 0, p. 3.)
Citoyens,
Pour la troisième fois et unanimement, les Sections socialistes de la première circonscription de Laon m’ont désigné pour être leur candidat aux élections législatives*
Depuis quatre ans les faits ont parlé pour moi. L'aggravation de la crise a montré aux plus aveugles P absurdité d’un régime où la misère vient de l'abondance > où le progrès économique se traduit par le chômage, où la destruction et la guerre apparaissent comme les remèdes du capitalisme impuissant*
En 1934, je vous disais que vous ne pouviez pas avoir confiance dans la prétendue Lnion nationale portée au pouvoir, malgré la volonté des électeurs, par l'émeute fasciste
du 6 février. N'avais- je pas raison ? La politique de déflation, les decrets-lois de MM* Doumergue et Lava), en rognant sur les traitements et salaires des travailleurs, ont appauvri les masses et par contre-coup, accéléré la ruine et la faillite des commerçants et des cultivateurs*
Le sabotage de la Conférence du désarmement, l'incohérence de la politique extérieure de M, Laval, la véritable attitude de trahison nationale des partis de droite préférant, dans leur amour des dictatures allemande et italienne, sacrifier les intérêts les plus évidents de la France, tout cela a favorisé le geste de F Allemagne hitlérienne réoccupant la Rhénanie et assombrissant l'horizon international*
Enfin la complicité des gouvernements d’ÎJnion nationale a favorisé l'organisation et 1T armement de Ligues fascistes (Croix de Feu, Solidarité française, Action française) dont les exploits sanglants sont dans toutes les mémoires et qui préparent ouvertement la guerre civile pour le lendemain des élections.
En présence de cette triple menace, il faut une politique hardie s'en prenant au régime économique lui-même, c'esLà-dire au capitalisme*
Citoyens,
Seule l’organisation socialiste peut assurer le bonheur et 1 indépendance pour tous et la paix entre les nations. L'heure est venue d’entreprendre cette grande transformation* Dès maintenant, je vous propose avec tout mou parti, un ensemble de mesures, destinées à arrêter la crise, à rétablir la production et les échangés, à affermir la paix.
Contre le fascisme* — Désarmement et dissolution des Ligues fascistes, répression énergique des provocations au meurtre et des attentats politiques*
Contre la dictature des banques. — Nationalisation de la Banque de France et du Crédit.
Contre l’anarchie de la production. — Nationalisation des industries- clefs : métallurgie, transports, mines, engrais, etc*
Contre le chômage. — Semaine de quarante heures, assurance chômage, limitation de la main-d'œuvre étrangère dans l'agriculture, application des lois sociales aux ouvriers agricoles.
Pour l'agriculture* — Office du blé et des engrais, pour juguler les spéculateurs ; assurance contre les risques agricoles.
Pour F école laïque. — Prolongation de la scolarité ; école unique ; liberté d’opinion des maîtres*
Pour la paix, — Politique basée sur la sécurité collective et la S. D. N* ; révision pacifique des traités de paix pour faire disparaître les injustices de Versailles et reprise de la Conférence du désarmement, une fois l'Europe assainie*
En outre, je donne, dès le premier tour, mon adhésion sans réserve au programme du Front populaire, élaboré par tous les partis de gauche et d’extrême gauche. Je m'engage à soutenir de mon vote à la Chambre tout Gouvernement décide à 1 appliquer.
Vous m'avez déjà à plusieurs reprises témoigné votre accord avec les conceptions que je viens de vous exposer* En votant pour moi le 26 avril, vous indiquerez clairement votre volonté d’émancipation, votre désir de voir le Gouvernement de Front populaire de demain porter les coups décisifs à la dictature des banquiers et des agioteurs.
Vive la première circonscription de Laon.
Vive la République des travailleurs.
Pierre BLOCH*
2e circonscription de LAON,
M, ÉLIB BLONCOüRT
(Groupe socialiste.)
Élu pour la lr0 fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S* F. L 0., p. 3,)
Citoyens,
Lorsque, le 7 octobre 1934, je me présentais aux élections pour le Conseil d’arrondissement, dans le canton de La Fère, j’évoquais la faillite complète des gouvernements qui venaient de se succéder au pouvoir.
J’écrivais : « Rien n’a été réalisé pour frapper les forbans qui achèvent de déshonorer le régime ; les ligues de guerre civile qui, depuis six mois, continuent leurs exploits, ne sont point désarmées ; tous les records de chômage sont aujourd’hui dépassés et, de l’aveu même des pouvoirs publics, la crise ne fera qu'augmenter ; les cultivateurs se défont difficilement de leurs récoltes ; le commerce et l’industrie sont de plus en plus paralysés ; les petites et moyennes affaires périclitent rapidement ; la politique de déflation appliquée aux traitements, aux salaires, aux pensions, aux retraites n’a nullement permis et ne permettra pas de rétablir l’équilibre financier* »
Les électeurs exprimèrent leur sentiment en m’envoyant siéger au Conseil d’arrondissement.
Aujourd'hui, je viens devant les électeurs de la deuxième circonscription de Laon, mandaté par le grand Parti socialiste S. F. I, 0,, pour faire prévaloir la politique qui doit instaurer dans le pays la remise en marche des affaires et qui doit assurer la sécurité et la paix.
Le programme socialiste est connu :
Hostile à la politique de déflation, le Parti socialiste S, F. L 0. ne veut pas la réduction du train de vie de la nation, c’est-à-dire la baisse des salaires, des retraites, traitements et pensions, Tarn pu talion des coupons, la conversion des rentes, toutes mesures traduites par neuf lois et plusieurs centaines de décrets qui n’ont nullement réduit le déficit du budget.
En quatre ans, l’Etat s’est endetté de plus de 60 milliards.
Il faut donc, sans larder, que le pays en vienne aux solutions que le Parti socialiste a toujours ardemment défendues et qui sont aujourd’hui à la base du programme du Rassemblement populaire.
Abroger toute la série funeste des décrets-lois, qui ont eu leur répercussion sur toutes les classes de la société, même celles qui s’en croyaient le plus à l’abri ;
Lutter contre le chômage et la baisse des salaires en créant de nouvelles possibilités de travail par la construction d’habitations saines, d’écoles, d'hôpitaux et de sanas, par la mise en train, surtout, d’un vaste plan d’équipement rationnel de la nation, qui comprend notamment la construction de routes, de ports, de canaux, F installation hydro-électrique, l'adduction d’eau potable et l'électrification des campagnes ;
Supprimer la concurrence de la main-d’œuvre étrangère par la fixation d’un pourcentage qu’aucun grand patron n’aura plus le droit de dépasser;
Assurer du travail à toute la main-d’œuvre aujourd’hui sans emploi et, particulièrement, k la jeunesse en donnant à tous les vieux travailleurs une retraite immédiate et suffisante et en prolongeant la scolarité, ce qui, d’autre part, garantira à tous les enfants, ceux des classes prolétariennes comme ceux de la bourgeoisie, Je développement intégral de leur personnalité ;
Rendre obligatoires et substantielles les allocations familiales sans aucune catégorisation ;
Assurer une meilleure gestion des assurances sociales ;
Améliorer, selon les principes de la plus stricte équité, la pénible situation des accidentés du travail et des victimes civiles de la guerre ;
Libérer les produits agricoles de la mainmise de tous les grands intermédiaires capitalistes, qui rançonnent tout à la fois producteurs et consommateurs ; en particulier, rendre impossible la spéculation sur le marché du blé par l'institution do l'Office du blé ; reviser les contrats de betteraves en assurant aux planteurs un contingent et un prix suffisants et en garantissant le prix à l’hectare qui doit être donné aux betteraviers ; [
Etendre le bénéfice de toutes les lois sociales en vigueur aux travailleurs agricoles comme aux autres ;
Réformer la fiscalité qui écrase aujourd'hui le commerce et qui, souvent, est le plus important fa c Leur de l 'écart entre les prix de gros et les prix de détail ;
Supprimer la fabrication et le commerce privé des armes, de manière à libérer la démocratie de la course aux armements que réclame, dans tous les pays, F Internationale sanglante des marchands de canons ;
1 ravailler à F organisation internationale des peuples pacifiques pour rétablir en Europe 1 esprit de collaboration et pour lier contre 1 agression éventuelle de l'Allemagne hitlérienne 1 action de la France^ de F Angleterre, de la Russie soviétique et de tous les pays qui composent la Société des Nations,
Telles sont les grandes réformes qui s’imposent.
Mais, pour cela, il faut que le peuple de France puisse décider librement de son destin.
TI faut donc que le chantage des ligues factieuses et que les menaces de dictature des hommes du 6 février soient brisés au même titre que les monopoles des grands trusts qui ruinent le pays et imposent à F Etat républicain des servitudes croissantes.
Ayant fait partout et toujours mon devoir, je proclame que la condition essentielle du progrès est, avant tout, le souci de la moralité. Je dédaigne toutes les compromissions.
Ainsi que je l'annonçais au congrès de Tergnier du 14 décembre 1935, ou je reçus la mission de porter le drapeau du Parti socialiste, j’ai fait une campagne spécifiquement socialiste Toutefois, ce n’est pas trahir mon idéal d'affirmer que, conformément aux décisions de mon Parti, je ferai tous mes efforts pour que les résultats électoraux se traduisent par une action gouvernementale de Front populaire.
Avec le Parti socialiste tout entier, je travaillerai, une fois de plus, dans la mesure de mes moyens,
Pour îa République sociale, pour la justice et pour l'organisation de la paix: !
Élus BLONCOURT
Professeur do FUniversîté.
Conseiller d'arrondissement du canton de La Fàre.
Grand mutilé do guerre.
Officier de la Légion d'honneur.
Médaillé militaire, Croir de guerre.
irc circonscription de SAINT- QUENTIN.
M. Fernand HOLLANDE {ëroDp© socialiste.)
Elu pour la lffl fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F. L 0. , p. 3.)
Mes chers concitoyens,
Le Parti socialiste et sa Fédération de l’Aisne m'ont, une fois encore, confié la lourde tâche de porter leur drapeau dans la bataille, pour le mener ^la victoire* C’est à vous, travailleurs de la ville et des champs, manuels et intellectuels, que je fais appel.
C’est une bataille décisive qui s’engage ; de son issue, dépendront l’allégement des misères provoquées parla crise économique, Je maintien de la paix, la sauvegarde des libertés démocratiques et du régime républicain meme.
Le bilan des gouvernements capitalistes nous permet de constater une suite ininterrompue de faillites:
Faillite du traité de Versailles, dont il ne reste que des sources de nouveaux conflits ;
Faillite du désarmement imposé â l’Âllemagne, mais qui, malheureusement, n’a pas été suivi du désarmement général;
Faillite du franc, amputé de 80 0/0 par Poincaré et de nouveau menacé par les oligarchies financières ;
Faillite des mesures économiques et de la rationalisation industrielle, qui aboutit à l’anarchie de la production, à la mévente des produits agricoles et au chômage toujours grandissant;
Faillite de la déflation, qui a durement frappé toutes les catégories de citoyens, sauf les marchands de canons et les fournisseurs de guerre, toujours privilégiés, et qui, malgré tout, laisse un déficit accru.
Dans leur folie déflationniste, les gouvernements issus de l’émeute du 6 février n’ont pas hésité à frapper ceux « qui avaient des droits sur nous », les mutilés, les anciens combattants, toutes les victimes de la guerre, et à ruiner les espérances à une juste réparation due aux anciens prisonniers civils. Le Parti socialiste n’aura pas de trêve avant d’avoir jeté bas l'édifice honteux des décrets-lois de misère.
La guerre civile est fomentée par le fascisme arrogant, qui veut supprimer nos libertés,
La guerre extérieure nous menace et n’a été évitée récemment que grâce au sang-froid et à ia ferme volonté de paix des gouvernements démocratiques.
En présence de la gravité de cette situation, le Parti socialiste réclame le pouvoir et se déclare prêt à une loyale collaboration pour réaliser un programme de réformes immédiates et hardies assurant le pain aux travailleurs, la paix aux nations et la liberté à tous.
Il apporte ses solutions, par lui si souvent proposées et toujours refusées, mais dont la justesse finit enfin par s’imposer.
Contre la crise économique, il réclame :
La création d'un londs national de chômage, assurant à tous les sans-travail le minimum vital indispensable, financé par la nationalisation des assurances, sans charges nouvelles
pour les contribuables ; ,
Pour les vieux travailleurs, une retraite suffisante, justifiée par les services que, toute
leur vie, ils ont rendus à la société ; , .
La réduction des heures de travail, sans diminution des salaires, qui réduirait le chômage et ouvrirait des débouchés aux jeunes ;
La réalisation d un programme de grands travaux d’utilité publique.
Les assurances sociales, mal appliquées, enrichissent les caisses sans assurer aux travailleurs les prestations qui leur sont dues; l’amélioration du système actuel permettrait leur extension aux travailleurs agricoles et l’organisation de la lutte contre les eaux
Les impôts sont trop lourds parce qu’ils sont mal répartis et que leur multiplicité lacilite la fraude.
Nous proposons une fiscalité infiniment plus simple, basée sur trois impôts seulement
1° Un impôt global et progressif sur les revenus, sévèrement contrôlé, avec des taux différents pour les revenus du travail et ceux du capital ; ,
2° Un impôt progressif sur les successions et les mutations, léger pour le fruit du travail et de l’épargne, mais frappant lourdement les grosses fortunes;
3° Un impôt sur la dépense, perçu au dernier payement, tenant compte des dépenses de première nécessité et se substituant à la taxe sur le chiffre d affaires, patentes, taxes de production et taxes indirectes spéciales, tous impôts s’aggravant par le jeu des superpositions et des recouvrements.
Le Parti socialiste veut supprimer les lourdes dîmes prélevées par les oligarchies financières et en restituer le profita la collectivité; il réclamera donc la nationalisation des monopoles de fait :
Transports, dont le déficit constant reste à la charge de l’Etat, tout en permettant aux actionnaires de percevoir des super-dividendes :
Mines ;
Grandes industries métallurgiques, chimiques et électriques ,
Pétroles et sucres.
Pour revaloriser les produits agricoles, le Parti socialiste reprendra ses projets d’offices du blé, du sucre, du vin, du bétail et des engrais, gérés par des représentants de l’Etat, des producteurs et des consommateurs,
il s’attaquera aux puissances occultes, qui tiennent en tutelle tous les gouvernements :
A la Banque de France, fief des 200 familles qui s’enrichissent des dépouilles du pays, pendant que la misère s’étend toujours plus profondément dans les masses travailleuses, è. cette banque privée, qui doit devenir 3a banque de la France;
Aux grands établissements de crédit qui, par le chantage de réescompte des bons du Trésor, faussent les décisions de la souveraineté nation ale *
Lu nationalisation du crédit est devenue la solution nécessaire a la reprise normale des affaires et au libre jeu de la démocratie.
Au service de ces puissances d'argent, nous trouvons la presse d information, presse vénale, soumise au plus offrant, semeuse de panique et créatrice de la psychose de guerre ; des mesures sévères devront permettre de contrôler ses ressources, de sauvegarder sa totale indépendance et de la ramener à son rôle exclusif d’information objective.
Une autre tâche s’impose : la dissolution des ligues fascistes, troupes mercenaires et dernier espoir du capitalisme aux abois.
Il faudra mettre fin à la propagande néfaste de l’Action française qui, après avoir provoqué l’assassinat de Jaurès, a voulu récemment renouveler son mauvais coup centre Léon Blum, et prêche ouvertement le meurtre de 140 parlementaires coupables d’approuver les sanctions économiques à l’égard d’un pays déclaré agresseur.
Il faudra réduire à l'impuissance les bandes armées et motorisées de de La Rocque qui veulent imposer aux travaileurs et aux intellectnels de France la tragique servitude de leurs frères d'Allemagne et dltalie.
L’exemple de nos voisins nous montre que 3e fascisme, après avoir étranglé la liberté conduit fatalement à la guerre.
Cette guerre menaçante, plus cruelle que toutes ses devancières par l’emploi massif des gaz asphyxiants n’épargnant ni les femmes, ni les enfants, ni les vieillards, le programme du Parti socialiste, seul, peut F éviter,.
Ce programme, que notre actuel gouvernement a fait sien, consiste à :
« Assurer la paix par la sécurité collective, basée sur l’assistance mutuelle et le dés* armement général, simultané et contrôlé. »
L entente internationale, dans une Société des Nations renforcée, est le seul facteur de paix qui nous reste. La paix, la vraie paix, ne saurait être fragmentée, et le Parti socialiste
repousse ïe traquenard de pactes individuels, préconisés par Hitler, et qui ne visent qu'à
rompre définitivement la solidarité internationale tout en lui laissant le champ libre en Russie soviétique pour ses opérations de brigandage.
La solidarité internationale peut seule éviter la guerre et la course aux armements n'assurera jamais, en raison des méthodes de guerre aérienne et chimique, une protection réelle et efficace. r
Pour assurer le désarmement et, dès maintenant, le contrôle et la limitation des armements, nous réclamons la nationalisai ion des industries de guerre et l’interdiction de la fabrication et du commerce privé des armes.
Tel est, dans ses grandes lignes, le programme du Parti socialiste, qu’en militant convaincu et discipliné, je m’engage à soutenir, et qui ne saurait exclure le programme du bront populaire, publié le 3 avril dans notre organe socialiste Le Réveil populaire du Saint-Quenticois, auquel j’apporte mon adhésion la plus entière.
Si vous me faites l’honneur de m'accorder votre confiance, soyez sûrs, mes chers concitoyens, que je mettrai en œuvre toutes mes forces, toute mon activité !
1’ Pour la défense de la classe ouvrière et des libertés démocratiques;
2° Pour le maintien de la paix ;
3° Pour le triomphe de notre idéal socialiste de justice et de fraternité.
Df Fernand HOLLANDE Conseiller ^arrondissement.
2e circonscription de SAINT- QUE N TIN h
M* Albert MENNECIER
Elu pour la lr* fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S* F. L 0.5 p. 3.)
Citoyens j
J'aî l'honneur d’avoir été désigné par le part, socialiste S. F, I. 0. pour porter son drapeau au cours de la campagne électorale qui s’achève.
Les travailleurs de la 2° circonscription de Saint-Quentin peuvent compter sur tout mon dévouement pour défendre au Parlement, comme je l’ai fait toute ma vie le pain des masses laborieuses, les principes de liberté et de paix qui sont la raison meme du socialisme. Mon programme, je l’ai exposé au cours de ‘JO réunions publiques.
Le parti socialiste fera tous ses efforts :
Pour défendre les libertés démocratiques contre le fascisme, ce nouveau masque de la pire réaction capitaliste ; pour abroger les lois scélérates ; pour l’application et le respect du
droit syndical pour tous ;
Pour combattre ia crise, il demandera :
L’abrogation des décrets-lois de misère, qui sont la cause d'une déflation insensée dont l’échec ne peut plus être nié par aucun esprit de bonne foi et dont les eifets injustes pèsent si lourdement sur les anciens combattants, les petits fonctionnaires, les cheminots, les petits
retraités, les vieux travailleurs et leurs familles ;
La création d’un fonds national de chômage afin que tous les chômeurs, quelle que soit leur résidence, soient secourus ; la mise en train de grands travaux permettant la résorption du chômage ;
La diminution des heures de travail sans diminution de salaires ;
Des retraites pour les vieux travailleurs et du travail pour les jeunes ;
Les contrats collectifs et les vacances payées ;
La construction de sanas, d’hôpitaux, d’écoles, d’habitations à bon marché, des débouchés aux cultivateurs par l’institution des offices publics du blé, du vin, de la viande, des produits laitiers, des engrais chimiques, etc. ; l’organisation de coopératives de répartition ; l’échelle mobile des baux, le moratoire des dettes ;
Pour les travailleurs agricoles, le salaire familial et le salaire de fonction de la durée de la journée de travail, la création de sections prud’homales ; un contrôle de l’emploi abusif
de la main-d’œuvre étrangère ; .
Des débouchés aux petits commerçants et aux artisans par la révision des cessions de
fonds, des baux ; la propriété commerciale intégrale;
Le parti socialiste fera tous ses efforts :
Pour organiser la lutte contre les fléaux sociaux (tuberculose, cancer, syphilis, etc.) ; Pour libérer producteurs, commerçants et paysans de l’oppression fiscale qui pèse
sur eux, parla suppression des 140 ou 150 taxes et impôts existants et leur remplacement par le produit des nationalisations et 3 catégories de contributions, savoir :
\o impôt progressif sur les propriétés mobilières et immobilières avec différenciation de taux en ce qui concerne ïe revenu provenant du travail et celui provenant du capital ;
2° Impôt sur les biens extérieurs de superfluité ;
3° Impôt sévèrement progressif sur les donations et successions (exonération totale, à la base pour revenus, salaires, traitements vitaux) ;
Ainsi, par cette nouvelle assise de l’impôt, celui qui a beaucoup paye beaucoup, celui a peu paye peu et celui qui n’a rien ne paye rien.
Le parti socialiste réclamera i
La restitution à la nation du profit des grands monopoles capitalistes en nationalisant : mines, assurances privées, grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques, transports, pétroles, sucres et raffineries, crédit et banques ;
La protection de la petite épargne abandonnée au pillage des écumeurs, l'indépendance de l’Etat républicain vis-à-vis des des puissances financières ;
Le respect de la laïcité de l'Etat, la création d'un service national d’éducation fondé à tous les degrés sur la laïcité intégrale, la gratuité et la sélection.
ConLre la guerre, pour l’organisation de la paix.
Le parti socialiste veut la grandeur du pays dans la paix, 0 proclame son horreur de la guerre. Il a, avec lui, tous les citoyens qui comprennent que des conflits sanglants, les nations, même victorieuses, ne sortent qu’endeuillées, meurtries, ruinées. Il ne veut pas que son pays désarme seul, mais il demande le désarmement général simultané et contrôlé, et l'application loyale du pacte de la Société des Nations, qui est la sauvegarde de la paix pour tous les peuples.
Voilà, dans ses grandes lignes, mon programme, le programme du parti socialiste. Que les travailleurs soient bien assurés que tous leurs intérêts seront défendus dans le sens socialiste, c’est-à-dire dans le sens humain.
Originaire de Nauroy, issu d’une famille d’ouvriers tisseurs, j’ai quitté l'école primaire à 13 ans et je me suis formé au dur travail des champs et de l’usine* Les bas salaires, la misère des foyers pauvres, je les ai connus.
J’ai vécu toutes les peines des hommes et je sais tous leurs besoins. Entré dans renseignement en 1901, après avoir employé mes moments de loisirs à m’instruire, je suis toujours resté fidèle à la classe ouvrière et toujours, comme éducateur et comme citoyen, j'ai servi de mon mieux la République, qui doit devenir République sociale, dans laquelle le travail sera seul souverain, et les hommes réconciliés dans un même sentiment fraternel.
Mon esprit laïque est connu de tous, et naturellement j’admets l’expression libre des opinions et des croyances.
Je serai leur ardent défenseur, si les travailleurs me font l’honneur de m- envoyer au Parlement. Mon passé est pour eux un garant de leur avenir meilleur.
Contre le fascisme générateur de misère et de guerre, travailleurs, mes frères, votez pour le socialisme libérateur.
Pour le pain, la paix et la liberté I
Vive la République sociale !
Albert M EN NEC IER
Instituteur à Motitbrehain.
Conseiller municipal de Nauroy.
Candidat officiel du parti socialiste S, F. I. O.
Circonscription de SOISSONS.
M, Georges MONNET (Groupe socialiste )
Elu pour la Jrj fois Je 29 avril 1928, — Réélu les 1er ma i 1932 et 26 avril 1936*
(Voir le programme du parti socialiste S* F, I, 0*, p. 3.)
Citoyens ,
Dans la cir cataire que je vous adressais il y a quatre ans, à la veille des élections du Ier mai 1932 , je vous disais :
Soyons unis pour lutter contre le chômage par l'intensification des travaux d'intérêt général (électrification, adduction d'eau, construction d'écoles, réfection des routes). Nous développerons ainsi le bien-être de tous, en même temps que nous arrêterons l'offensive engagée contre les salaires*
Soyons unis pour lutter contre 3a spéculation qui fait mouler ou baisser le prix des produits au détriment du producteur aussi bien que du consommateur et du commerce honnête.
Soyons unis pour lutter contre la féodalité financière qui a provoqué la crise, ruiné des milliers d'épargnants, mis au pillage le Trésor public et corrompu le personnel dirigeant de l’Etat *
Soyons unis contre les menées militaristes cfes marchands de canons, dont les usines arment indifféremment, du reste, les nations antagonistes de chaque coté de la frontière et pour qui la guerre est l’industrie la plus profitable.
Il faut arracher l'Etat à l'autorité du grand capitalisme.
Vous aviez entendu mon appel et malgré les efforts désespérés de mes nombreux adversaires, vous m'avez, dès le premier tour de scrutin, assure une réélection triomphale.
Mais à la Chambre les hommes de gauche ne surent pas réaliser le même accord enthousiaste. En vain te groupe parlementaire socialiste mît tout en œuvre pour faire prévaloir les idées qu'avait ratifiées le suffrage universel.
Nos efforts ne parvinrent pas h empêcher le triomphe de la politique de déflation. Tout le monde déplore aujourd'hui les résultats de cette politique imposée aux gouvernements par les banques et le grand capitalisme. Mais le mal est fait. On a réduit les salariés h des conditions de vie de plus en plus misérables. On a amputé les droits des anciens combattants et victimes de la guerre* On a violé la parole donnée aux rentiers a que leurs coupons étaient nets d'impôts présents et futurs ». On a durement frappé les petits fonctionnaires, les petits retraités, les employés des services publics, les bénéficiaires des lois sociales* Réduisant le pouvoir d'achat du consommateur, on a privé les commerçants de leur clientèle, les producteurs de leurs débouchés, La crise s'est accentuée d'année en année, le rendement des impôts a baissé d'autant* Et malgré la dureté dos mesures prises, le budget de l'Etat a souffert d'un déficit croissant*
En quatre ans l'Etat s'est endetté de plus de 60 mil tard s*
Il faut donc de toute urgence mettre en pratique les solutions que le Parti socialiste n'a jamais cessé 4e défendre, et qui constituent aujourd'hui la base du programme du Rassemblement populaire accepté par tous les républicains :
— abroger toute la série funeste des décrets-lois ;
— lutter contre le chômage et la baisse des salaires par le plan dkuüllage national qui permettra l’ouverture immédiate de chantiers nombreux ou les ouvriers seront sûrs de trouver un travail rémunérateur;
— supprimer la concurrence mortelle de la main-d’œuvre étrangère par la fixation d’un pourcentage qu'aucun patron n'aura plus le droit de dépasser ;
— assurer du travail à toute la main-d’œuvre aujourd’hui sans emploi et particulièrement à la jeunesse en donnant à tous les vieux travailleurs une retraite immédiate et suffisante et en prolongeant la scolarité, ce qui garantira à tous les enfants — ceux des classes pauvres comme ceux de la bourgeoisie — le développement intégral de leur personnalité.
— fendre obligatoires et substantielles les allocations familiales ; assurer une meilleure gestion des assurances sociales ;
— libérer les produits agricoles de la mainmise de tous les grands intermédiaires capitalistes qui rançonnent tout à la fois producteurs et consommateurs. En particulier rendre impossible la spéculation sur le marché du blé par l’institution de l'Office du blé. Reviser les contrats de betteraves en assurant aux planteurs un contingent et un prix suffisants et eu garantissant le prix à i hectare qui doit être donné aux betteraviers ;
— réformer la fiscalité qui écrase aujourd'hui le commerce et qui est souvent un des facteurs les plus importants de l'écart entre le prix de gros et le prix de détail ;
— nationaliser les industries de guerre de façon a libérer la démocratie de k course aux armements que réclame dans tous les pays, l'internationale sanglante des marchands de canons ;
travailler à 1 organisation internationale des peuples pacifiques conformément au plan français publié par le Gouvernement Sarraut pour rétablir en Europe l’esprit de collaboration et pour lier contre l’agression éventuelle de l’Allemagne hitlérienne, l’action de la France, de l’Angleterre, de la Russie soviétique et de tous les pays qui composent la S. D, N*
Si nous voulons protéger notre pays contre la menace hitlérienne, nous sommes pareillement décidés à nous défendre contre les menaces de guerre civile que Croix de feu et Camelots du roi font peser contre le régime républicain*
Maîtres du pouvoir les hommes du Rassemblement populaire dissoudront les ligues factieuses. C’est ce qui explique, du reste, les efforts que leurs organisations ont multipliés contre nous depuis l'ouverture de la campagne électorale.
Les menaces et la pression des partisans de Daudet et du colonel de la Rocque, pas plus que leur fausse philanthropie, n'empêcheront les Républicains de voter selon leur conscience et selon leur véritable intérêt.
Le 26 avril, le Rassemblement populaire est assuré, dans la France entière, de connaître un succès triomphal Dès la constitution de la nouvelle Chambre, Le Parti socialiste pourra enfin prendre sa part de responsabilités gouvernementales.
Aussi mes concitoyens, résolus à voir enfin mises en application des idées que tant de fois j ai développées devant eux, confirmeront dimanche prochain avec une majorité encore accrue leurs voles de 1928 et de 1932, Fidèle à sa tradition, k Soissonnais votera, contre le candidat de la réaction eL du fascisme.
En avant pour la justice entre les hommes, pour la défense de J a République et pour 1 organisation de la paix.
Geosoes MONNET
Secrétaire de la Commission des finances. Conseiller général.
Gir conscription de VH R V IN $ *
M. Albert HâUET (Groupe républicain radical et radical- socialiste,)
Élu pour la Ve fois le 29 mai 1906. — Réélu les 24 avril 1910, 26 avril 1914,
16 novembre 1919, limai 1924, 29 avril 1928, l°r mai 1932 et 3 mai 1936.
Mes chers concitoyens,
Arrivé au terme d’un mandat que je me suis efforcé de remplir en toute conscience et dans le respect scrupuleux des engagements que j’avais pris, je sollicite, pour la huitième fois, le grand honneur de représenter la circonscription de Vcrvins à la Chambre de Députés»
Je vous soumets le programme de réalisation positive et immédiate que je défendrai :
Politique agricole ;
Mesures favorisant l’accession de l’ouvrier agricole a la petite propriété familiale*
Protection des intérêts de rélevage écrasé par des importations de bétail étranger.
Protection des cultivateurs contre les grands spéculateurs par le développement de l’organisation syndicale»
Etablissement de prix rémunérateurs pour la vente des produits agricoles : blé, lait, beurre, bétail, etc*
Relèvement du taux des subventions pour les chemins ruraux en faveur des communes pauvres.
Politique commerciale et industrielle ;
Protection du petit commerce, de la petite industrie, des artisans, vanniers et ouvriers à domicile*
Réforme du chiffre d’affaires : transformation méthodique en taxe unique à la production*
Développement du crédit aux petites entreprises artisanales*
Lutte contre les monopoles de fait.
Mesures pour la reprise de l’activité économique *
Politique financière î
Défense du franc*
Rectification des décrets-lois, afin que soit, préservé le minimum vital, conformément à Faction du parti radical-socialiste*
Réparation de certaines injustices qui heurtent douloureusement le sentiment de l’équité* /
Constitution d’une caisse nationale de chômage.
Défense de l’épargne, du crédit public et privé*
Réforme de la Banque de France assurant désormais la direction du crédit, notam-
ment par une modification de la composition et du mode de recrutement du Conseil de régence.
Répression énergique de la fraude par la carte d’identité fiscale.
Institution cf un^ftipôt progressif sur les revenus des privilégiés de la fortune.
Restauration de l'autorité de l'Etat et de son indépendance, suppression des influences occultes de toutes les oligarchies.
Défense des droits des anciens combattants et des intérêts de toutes les victimes de la guerre, en accord avec leurs associations.
Attachement à la Société des Nations qui n'a jamais cessé de travailler pour la paix du monde.
Maintien d'une armée forte et puissante pour assurer la sécurité de la patrie et de notre Thiérache qui a été si souvent envahie.
Politique générale :
Union avec tous les républicains décidés à résister au fascisme qui menace la République, nos libertés, pour éviter la guerre civile qui serait inévitablement suivie de la guerre étrangère.
Mes chers concitoyens,
Je vous demande votre libre suffrage. Du scrutin prochain dépendra l'avenir du pays.
En votant pour moi, vous assurerez la continuité d une politique que vous avez toujours approuvée par des majorités considérables, vous voterez pour la liberté, pour la paix, pour la laïcité, pour assurer le pain des travailleurs, pour détruire les féodalités économiques.
Vive la circonscription de Vervins 1
Vive la République du peuple !
A ld eut II AL1 ET Maire de Boué.
Vice-Président du Conseil général.
Député sortant.