ALLIER
Girconscriptîoji de GANNAT.
M. Paul RIVES
Elu pour la tro fois le S mai lâ3;L — Réélu le 3 mai 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F- L 0M p. 3,)
Citoyens,
Pour la seconde fois, je sollicite vos suffrages aux élections législatives.
Je le fais la conscience tranquille. L'adversaire lui-même me considère comme sans reproche. J'ai, en effet, pendant quatre ans, servi de toutes mes forces ceux qui avaient placé en moi leur confiance et je me suis toujours mis à k disposition de tous.
J'ai, en particulier, tenu la promesse que j'avais faite de rester en contact avec les électeurs de la circonscription et c'est au cours d'incessants comptes rendus de mandat, allant de la grande réunion jusqu'à la causerie familière, que je suis resté au courant des revendications que j'avais pour devoir d’essayer de faire triompher sur le plan national, comme dans le cadre de notre région.
Elu comme socialiste S. F. 1. O., socialiste S. F, L 0. je suis resté, sans sectarisme mais sans défaillance. Je pense, en effet, que la première qualité d'un élu est la fidélité à ses principes. De plus, le parti socialiste S. F* L 0. est digne qu’on lui reste attaché, car il est, sur le plan politique comme sur le plan moral, exempt, de tout reproche*
À la pointe du combat républicain, le parti socialiste S. F. L 0. a livré bataille à l’injustice fondamentale que fait peser sur le régime démocratique le désordre capitaliste.
Le parti socialiste S, F. I. 0. est sans reproche :
Nos adversaires nous accusent d'avoir refusé le pouvoir, de ne pas avoir osé prendre nos responsabilités gouvernementales et d'avoir permis par notre carence le retour de l’Union nationale.
Rien n'est plus faux. Nous avons toujours été, nous sommes encore prêts à revendiquer le redoutable honneur de diriger la France, seuls ou en collaboration avec les autres groupes de la démocratie ; mais nous voulons le faire en pleine clarté, avec la volonté résolue de tenir jusqu’au bout les promesses faites en commun au corps électoral et non pour abandonner dès que se présente la première difficulté sérieuse.
Construire la démocratie économique, et par elle la démocratie sociale, est une œuvre
k laquelle s'opposent tant d'intérêts sournois autant que puissants, que ceux qui veulent s'en charger doivent s’armer de réserves d'énergie, faire preuve d'audace et de cran, pour ne point faiblir au dernier moment, pour ne point trahir les espérances du prolétariat.
On nous accuse de n'être que des démolisseurs, de ne savoir que renverser des Gouvernements. Nous avons, au contraire, toujours apporté le soutien le plus loyal aux Gouvernements républicains, quand ils accomplissaient une besogne républicaine. Ce n'est pas pour le plaisir ni par sectarisme, que nous avons voté contre certaines équipes gouver nementales où figuraient des hommes du parti radical. Notre désintéressement, notre compréhension sont à ce point grands que nous avons voté pour ces mêmes hommes lorsque leur politique fut inspirée par un souffle républicain.
On nous accuse, enfin, de navoir rien compris à la misère paysanne ; de n’avoir rien fait contre la crise agricole. Nous n’avons jamais séparé dans la solidarité du désespoir les paysans, les commerçants, les artisans, les ouvriers. Nous avons toujours considéré la crise économique comme une et indivisible et c'est dans la mesure où on a voulu faire appel aux solutions socialistes qu’un soulagement partiel a pu apparaître.
Contre la crise agricole, nous n’avons jamais cessé d’en définir le véritable caractère et d'opposer aux solutions paresseuses des Gouvernements nos méLhodes hardies de protection légale, d" organisation du marché, d’équipement professionnel et surtout de financement et de crédit qu’au nom de mon parti j’ai eu l'honneur de défendre plusieurs fois k la tribune de la Chambre.
Si l’on nous avait écoutés, si l'on n’avait pas si parcimonieusement distribué à l'agriculture les crédits que l’on gaspillait pour la préparation à la guerre, T endettement rural n'aurait pas atteint des proportions aussi considérables.
Les responsables sont ceux qui n’ont pas voulu nous entendre.
Prendre le pouvoir ;
Il faut que cela cesse.
Il faut qu'aprôs les élections, il y ait quelque chose de changé-
U faut que le retour à TUnion nationale et de la réaction soit désormais impossible.
Le Front populaire, dont les éléments constitutifs, radicaux, socialistes, communistes, se sont mis d'accord pour établir un programme minimum de revendications électorales, ne doit pas terminer son existence au mois de mai prochain.
Il faut que l'entente électorale du Front populaire se continue dans l'aboutissement normal de la campagne électorale par la prise légale du pouvoir.
Aucune défaillance ne saurait alors être tolérée.
Aucun abandon permis.
Le peuple de France ne comprendrait pas qu'après avoir voté à gauche, il fût gouverné à droite. Les républicains et les socialistes savent que leurs tâches seront rudes- Ils ne doivent avoir que plus de courage et plus d'élan lorsque le moment d'agir sera venu.
Sauvegarder la paix intérieure ;
Dans quel esprit devra travailler le prochain Gouvernement de Front populaire ?
Il lui faudra d’abord nettoyer l'atmosphère politique des menaces que le fascisme a fait peser sur la République depuis deux ans, en empêchant de la sorte, par le chantage à la guerre civile si souvent employé par Doumergue et par Laval, le libre jeu des institutions démocratiques.
Le parti socialiste a toujours eu 3a même ligne de conduite. Réaliste, mais non opportuniste, fidèle à sa doctrine, maïs sans intransigeance, le socialisme a toujours eu, pour la démocratie, le même respect fervent.
Respectueux de toute pensée libre fondée sur la discussion loyale, nous plaçons la tolérance au sommet des vertus politiques en même temps que la moralités Nous pensons qu il est inadmissible que les ligues factieuses, parlant au nom de minorités prétendues
agissantes, viennent enlever au peuple sa suprême souveraineté- Nous savons que le fascisme n'est que le camouflage du capitalisme. Nous savons que c'est dans la mesure où les Gouvernements où les Parlements sont de gauche que Je fascisme développe davantage sa campagne anti-parlementaire.
Ce n’est pas contre le Parlement que lutte le fascisme , c’est contre un parlement de gauche. Le fascisme s'accommoderait volontiers dfun parlement de droite qui serait servile devant les volontés des capitalistes.
L'Action française a été dissoute par Sarraut.
Il faudra dissoudre toutes les autres ligues factieuses.
Sauver la paix extérieure :
De même qu'il n'est possible de lutter contre la crise économique, avec des chances de succès, que dans l'union de tous les Français sur un programme constructif, de même on ne peut espérer le retour à la prospérité mondiale, dont la nôtre est solidaire, que dans la Paix internationale.
C'est évidemment par le règlement pacifique du conflit franco-allemand que le Gouvernement de Front populaire devra commencer.
Les fautes du passé si souvent dénoncées par nous, dont certaines, hélas ! ont permis le réarmement do l'Allemagne et l'arrivée au pouvoir d’Hitler, ne doivent pas, une fois de plus, être recommencées.
Nous répudions, pour nous comme pour les autres, les méthodes de force, de prestige militaire ; nous répudions la pratique de ces traités secrets, de puissance à puissance, dont une diplomatie mystérieuse, sur laquelle les peuples n'ont aucun contrôle, se sert pour lier les Nations par des engagements qui les conduisent à la guerre.
Nous n'avons cessé de répéter, et nous répéterons toujours, que la paix ne peut qu'être fondée sur Je désarmement général, simultané et contrôlé.
C’est dans le cadre de la Société des Nations, dans les conférences auxquelles seront admises toutes les nations du monde, y compris F Allemagne, que doit être discutée et préparée, à égalité de droits, cette convention de limitation des armements dont Hitler s'est servi pour retrouver quelque crédit dans le monde èl dont il faut que le Front populaire prenne à son compte, avec toute la sincérité désirable, la magnifique initiative.
Sur ce point, le prochain Gouvernement de la France aura à lutter contre la puissance des marchands de canons ; contre ces deux cents familles qu'a dénoncées Daladier et qui n'ont d'autre ambition que de rechercher d'énormes profits dans la fabrication d’instruments de mort,
La Conférence de Londres, dont F échec est dû à l’héritage laissé par Laval, ne semble avoir réusai que sur un point : celui de la convocation possible de cette grande conférence de liquidation du passé et de préparation de l'avenir.
C'est à la France d’en conduire le destin jusqu’au succès, dans le cadre de la sécurité collective, par la signature de pactes de non -agression, ouverts, comme le pacte franco soviétique, à la signature de toutes les nations de bonne foi.
Lutter contre la crise :
Alors, dans la paix intérieure retrouvée, dans la paix extérieure consolidée, il sera possible de lutter efficacement contre îa crise économique.
Les socialistes n’ont cessé de combattre la déflation qu’ils considèrent comme responsable de la durée de la crise actuelle* Nous répétons encore que cette crise n'est pas une crise de surproduction, mais une crise du pouvoir d'achat et que îa déflation inhumaine, créatrice d'injustices et de souffrances, s'est montrée même incapable d’atteindre le seul but que lui assignaient ses défenseurs : combler le déficit du budget.
Il faut supprimer les décrets-lois de misère et d’injustices.
Il faut, faire une autre politique économique ayant pour but de ranimer l'activité des échanges commerciaux par un accroissement de la consommation.
Il faut lutter contre le chômage par le financement du plan d'outillage national dont le dessin est déjà tout tracé, mais auquel on s'cst, jusqu'à présent, refusé, malgré nous* d'accorder les milliards nécessaires.
Cette politique favorable à la consommation aura déjà pour but de relever les prix agricoles ; mais il faudra, en outre, redonner aux travailleurs de la terre, après les avoir débarrassés de leurs dettes, par un relèvement général des prix de leurs produits, le moyen de trouver dans leur travail un profit aussi juste que rémunérateur,
1] faudra défendre et outiller l'agriculture, organiser la profession agricole de manière à lui permettre de lutter à armes égales avec les grands trusts mi-industriels* mi-agricoles qui vivent du travail des paysans.
Pour ce financement, il est possible de mobiliser les capitaux nécessaires sans faire appel à Tin dation ; 1° économies Faites sur les gaspillages et la réduction des dépenses militaires en attendant la réduction des armements ; 2Q ressources provenant d une réorganisation des successions, d’un rendement ridicule aujourd’hui, mais facile à doubler par les mesures contre la fraude ; 3* produit du remboursement des avances faites aux banques en demandant au Consortium des banques, qui a profité du renflouement, de contribuer à ce remboursement ; 4° bénéfices de la Caisse autonome d'amortissement par la suppression de l'amortissement non contractuel et par un aménagement rationnel et progressif de la dette publique.
Tels sont les éléments essentiels delà nouvelle politique budgétaire.
Enfin, une utilisation aussi légitime que normale des réserves d’or de la Banque de France, jusqu'à aujourd'hui utilisées pour la spéculation, permettrait, tout en luttant contre la thésaurisation capitaliste, de mobiliser contre la crise une somme d au moins 20 milliards de francs.
C'est en définitive contre le privilège des consortiums bancaires, dont la Banque de France demeure le symbole à la fois le plus puissant et le plus réactionnaire que le Front populaire aura à lutter.
Citoyens,
La vraie bataille commencera après les élections, v
Il faudra que vous vous considériez, au moindre appel de ceux que vous aurez élus, comme eu état de mobilisation civique, au cas où les oligarchies financières voudraient résister, par la panique organisée, à l'œuvre d'assainissement financier et de redressement économique entreprise par un gouvernement issu de votre souveraineté.
Voilà, Citoyens, dans quel esprit devra travailler le prochain gouvernement de la France,
Vous trouverez dans l’exemplaire du journal qui vous est envoyé, et auquel je vous prie de faire bon accueil, la liste des réformes secondaires immédiatement applicables et de celles qui seront de réalisation pljus lointaine.
Je me permets, en terminant, de vous dire que, vous ayant servi pendant quatre ans de tontes mes forces, je continuerai à vous servir quatre arts de plus avec le même dévoue^ ment au bien public et la même fidélité à mon idéal socialiste.
Vive la République laïque et sociale 1 Vive le socialisme 1 Vive la paix I
Paul RIVES
Maire de Bellerne-aur-AIlier, Vice-Président du Conseil général.
Député de l 'Allier.
Circonscription de LA PALISSE.
M. Jean BARBIER
(Groupe socialiste.)
Elu pour la première fois le 3 mai 1936*
(Voir le programme du parti socialiste S, F. I* O*, p. 3.)
Citoyens,
Mes camarades des sections socialistes de la circonscription de Lapalisse m'ont choisi pour représenter notre parti aux élections législatives de 1936*
La confiance qu'ils ont placée en moi en se disant convaincus que j'étais capable de de faire triompher notre idéal au cours de la prochaine consultation électorale m'a fait un devoir d'accepter cette désignation.
La Fédération de L Allier, à l'unanimité des groupes du département, a ratifié ce choix.
Désirant devenir votre représentant à la Chambre des Députés, j'ai le devoir de me présenter à vous aussi complètement que possible.*
D'origine extrêmement modeste — tous les miens sont ou travailleurs de la terre ou petits artisans, ou petits commerçants — j'ai pu, grâce aux sacrifices consentis par mes parents, devenir, à l'âge de 18 ans et demi, un modeste instituteur adjoint.
Tout en gagnant ma vie , j'ai, passant de nouveaux examens ou concours, amélioré cette situation et je suis devenu professeur d'école normale, puis directeur d'école supérieure professionnelle.
Je n'ai pas à rougir de la situation que je me suis faite, car je ne la dois qu'à mon seul travail , m'étant toujours interdit de la façon lapins absolue de solliciter une influence, quelle quelle soit, pour la réalisation ou d'ambitions ou d'intérêts personnels.
Il faut, d'autre part, que vous sachiez qu'en acceptant de devenir votre député, je renonce à cette situation que je dois à vingt-cinq années d'efforts* Un avocat peut cumuler l'indemnité parlementaire avec les avantages que lui procure un cabinet d'affaires d’autant plus prospère qu'il occupe ou a occupé une situation plus élevée dans la politique. Devenu votre représentant, je me consacrerai uniquement à la défense de vos intérêts et au triomphe de notre idéal commun*
De la classe 1912, anciens combattants, je suis des vôtres. Incorporé en 1913 dans un régiment d’infanterie, je n'ai été démobilisé qu'en 1919, après avoir connu la guerre et la captivité en Allemagne,
Fonctionnaire, je me suis toujours efforcé d'accomplir ma tâche avec le maximum de conscience professionnelle — mes adversaires politiques eux-mêmes sont obligés d’en convenir — mais, mon service accompli, j’ai toujours revendiqué toutes les libertés du citoyen.
Un grand nombre d'entre vous connaissent ma vie de militant. Ils savent que, dans des circonstances parfois difficiles, j’ai bravé les menaces qui s'adressaient à ma personne ou à ma situation pour prendre résolument ma place à la tête de toutes les manifestations républicaines et antifascistes. N'ai-je pas, dans ces circonstances, apporté la preuve de f ardente sincérité de mes convictions ?
Tout fait prévoir qu'au cours de la législature prochaine, les hommes qui voudront
s’attaquer aux grands problèmes actuels pour leur apporter une solution conforme aux intérêts des masses travailleuses se heurteront à des difficultés sans nombre. Il leur faudra non seulement des idées nettes et des convictions sincères, mais volonté et énergie.
Citoyens, c'est parce que je suis convaincu d’apporter avec moi ces qualités indispensables que j’ose aujourd’hui solliciter vos suffrages.
Lu situation actuelle.
Faire le bilan de la situation actuelle, c’est établir la iaillite lamentable de tous les vieux partis de la bourgeoisie qui ont gouverne notre pays depuis la guerre.
La misère s’est installée dans les foyers des travailleurs de la vdle ou des champs pendant que des richesses de toutes natures sont accumulées dans d’énormes stocks et parfois,
scandale inconcevable, détruites volontairement.
L’hypothèque frappe à nouveau le monde rural qui ne peut plus vivre de la vente de
ses produits.
Les usines et les ateliers se ferment et le chômage s'accroît
Les faillites se multiplient chez les petits et moyens commerçants.
L'angoisse de l'avenir désoriente la jeunesse qui est prête aux pires excès pour sortir de la situation où on Va plongée.
La dette de FEtat atteint 340 milliards. Malgré la déflation ou, plus exactement, en raison meme de la déflation, le déficit du budget s’accroît chaque année ; il faudra, en 1936, emprunter au moins 16 milliards (rapport de M. Gardey) pour faire face aux dépenses que les recettes ordinaires ne couvriront pas.
Le régime républicain est menacé par les troupes de choc organisées et armées par les ligues factieuses.
La paix est compromise parce que les conférences du désarmement, ont été sabotees par les marchands de canons et les politiciens à leur solde, parce qu’un Laval a torpillé l’autorité de la Société des Nations, parce que nos dirigeants affolés croient pouvoir assurer notre sécurité par la course aux armements qui mène directement à la faillite et à la guerre.
Les responsables :
C'est, dans son ensemble, la grande bourgeoisie de ce pays que son égoïsme a rendu aveugle et stupide qui est responsable de la situation que nous venons de dépeindre.
Elle a trouvé parmi les hommes du « bloc national » ou de l1 « union nationale » qui, pendant dix-sept ans, ont presque constamment gouverné la France, des agents d exécution soumis et empressés.
Les dirigeants du parti radical, quand ils ont eu eux-mêmes le pouvoir, ont été dominés par les grandes puissances d’argent de ce pays et ont docilement obéi à leurs directives.
Trahis par un certain nombre des leurs qui ne sont radicaux-socialistes que de nom, incapables des gestes énergiques que la situation rendait nécessaires, ils nous ont donné par deux fois, en 1926 et en 1934, le spectacle d'un pitoyable effondrement.
L'action des socialistes :
Maintenus en dehors du pouvoir par la volonté du chef de l'Etat qui n'a jamais consenti à faire appeler un des leurs pour former le Gouvernement, par 1 incompiéhension des chefs radicaux qui refusèrent de collaborer avec eux pour réaliser le programme radical, les socialistes ne se sont pas contentés de dénoncer la malfaisance des mesures qui furent prises par les diverses équipes ministérielles.
Non seulement, ils ont approuvé toutes les reformes qui leur paraissaient conformes à l'intérêt des travailleurs, mais, conscients de la mission qu'ils ont à remplir, sans cesse préoccupés de leur devoir à l'égard de ceux qui leur font confiance et du pays tout entier,
Us n’ont cesse d'apporter des projets précis, concrets, patiemment étudiés par les techniciens et les hommes éminents qui sont nombreux dans notre parti.
Pour les énumérer tous, il faudrait passer en revue tous les domaines de l'activité politique et économique*
Le parti socialiste réclame le pouvoir :
Depuis qu’il constitue dans le pays une force politique puissante, le parti socialiste revendique les responsabilités du pouvoir.
Il s est montré de plus en plus pressant parce que les vieilles équipes interchangeables révélaient à chaque crise nouvelle la malfaisance de leurs méthodes et la déchéance de leurs hommes usés ou compromis.
Aujourd'hui, à P occasion de la consultation électorale, il demande, avec plus de force encore, aux masses populaires, de le porter au pouvoir, afin d'y réaliser avec des hommes dont 1 intelligence et 1 energie sont restées jusqu h maintenant inemployées, avec des méLhodes qui rompent avec la routine habituelle, un programme qu'il soumet à votre jugement.
Noire programme.
Pour détendre les libertés démocratiques et rétablir la souveraineté populaire, Je Parti socialiste demande r
Le désarmement et la dissolution des ligues paramilitaires du fascisme par l'application stricte des lois de défense républicaine ;
La limitation des pouvoirs, puis la suppression du Sénat, maison de retraite des hommes politiques chassés par le suffrage universel et refuge du conservatisme social:
L abrogation des lois scélérates qui n’ont été utilisées que contre les militants d'extrême gauche ;
L’application et le respect du droit syndical ;
L'amnistie générale en matière politique ;
Le contrôle des ressources de la presse actuellement financée par les privilégiés du régime pour en faire une véritable entreprise de corruption de 1* esprit public;
La nationalisation de la Banque de France, des assurances, des établissements decrédit et des grandes industries monopolisées dont les maîtres actuels ont réussi à usurper le pouvoir politique dans notre pays.
Pour renseignement public ;
L exercice de la souveraineté populaire exige que les pouvoirs publics aient le souci constant de l'élévation du niveau intellectuel et moral du peuple.
11 n est pas de dépenses plus productives que celles consacrées à l’enseignement populaire*
Avec le respect des lois laïques, trop souvent méconnues, le parti socialiste demande la réalisation de l’école unique grâce à laquelle aucune intelligence, fût-elle issue des couches les plus humbles, ne sera privée de l'aliment intellectuel trop souvent réservé aux classos fortunées.
Pour soulager sans délai les misères les plus cruelles, le parti socialiste réclame :
La création immédiate d’un fonds national de chômage;
L’institution d'un système général d'assurances publiques contre tous les risques sociaux à la ville ou à la campagne {chômage, calamités agricoles, etc.) gagé par la nationalisation du monopole privé des assurances ;
L’organisation de la lutte contre tous les lîëaux sociaux (tuberculose, cancer, etc,).
Pour lutter contre îa crise économique, le parti socialiste demande :
L'abrogation des décrets dois de déflation qui n'ont d'aucune manière réalisé l’équilibre budgétaire qui leur a servi de prétexte, mais ont accumulé les injustices et aggravé la crise commerciale et agricole ;
La réalisation d’une série de mesures qui permettront de réintroduire dans la production les travailleurs aujourd’hui en chômage, lesquels pourront ainsi retrouver un salaire et redevenir des clients pour les commerçants et les producteurs agricoles :
a) réduction de la semaine de travail sans diminution des salaires ;
b) établissement d’un vaste programme de travaux comportant la mise en train d’un plan d'outillage national, la réalisation d’améliorations à apporter aux conditions d’existence des populations rurales ;
c) refonte de la législation des assurances sociales pour garantir réellement aux vieux travailleurs le droit au repos;
d) prolongation de la scolarité et interdiction du travail des enfants dans l’industrie et le commerce jusqu'à l’âge de 15 ans.
Toutes ces mesures, en donnant à l'activité économique de notre Pays l’impulsion qui lui est nécessaire, en accroissant la capacité d'achat des masses travailleuses, contribueront à assurer des débouchés aux cultivateurs, des clients aux commerçants et aux artisans.
Pour apporter un rçmède immédiat à la détresse des populations rurales désolées par la crise et dépouillées par la spéculation, le parti socialiste réclame :
L’institution des offices du blé, de la viande, du vin, des engrais, etc. ;
Le moratoire des dettes ;
La révision delà loi sur les fermages ;
Un statut de métayage ;
L'assurance contre les risques agricoles.
Pour améliorer la situation tragique du petit et moyen commerce, le parti socialiste considère comme mesures urgentes :
La révision des cessions de fonds \
La révision des baux ;
La propriété commerciale intégrale.
Pour rétablir la créance « privilégiée » des mutiles, anciens combattants et respecter les promesses qui leur furent solennellement faites, le parti socialiste :
Estime que les décrets-lois qui frappent leurs pensions ou leurs retraites doivent disparaître le plus rapidement possible de notre législation.
Pour libérer les producteurs, commerçants et paysans de l’oppression fiscale qui pèse sur eux, le parti socialiste réclame :
La suppression des 150 impôts ou taxes qui constituent 1 inextricable système fiscal actuel et leur remplacement par le produit des nationalisations qui feront rentrer dans les caisses de l’Etat des sommes considérables et quelques contributions simples, sévèrement progressives qui permettront d’atteindre les gros revenus, les grandes fortunes et dont la rentrée sera assurée par un contrôle sérieux et une répression vigoureuse de la fraude.
Tous ces remèdes apportés à la situation actuelle n’auraient qu’une efficacité passagère s’ils n’étaient complétés par un rétablissement de l’ordre dans la production qui ne pourra s’opérer que par la restitution à la collectivité de la gestion des grands monopoles capitalistes .
D’impérieuses considérations d’ordre politique et économique justifient à l’heure actuelle la nationalisation du crédit et de la banque, des assurances privées, des mines, des grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques, des transports, des pétroles, etc.
Il faut préserver la Paix :
Les erreurs ou les crimes d’un certain nombre de ceux qui ont dirigé les peuples, depuis ceux commis par les négociateurs du traité de Versailles, jusqu’à ceux perpétrés par les Mussolini, Laval, Hitler, ont dangereusement menacé la Paix,
Deux voles s’ouvrent devant les hommes :
L’une est celle où nous sommes actuellement engagés à la suite des nationalistes, militaristes et marchands de canons du monde entier. Elle nous entraîne h la course aux armements qui conduit inévitablement les peuples à la faillite et à la guerre.
L’autre est la route qui conduit à la Paix que nous estimons indivisible. Nous nous y engagerons en réclamant :
La formation d’un bloc des nations pacifistes;
L’organisation de la sécurité collective sous l’égide d une Société des Nations où seront appelés les représentants des peuples;
La nationalisation de la fabrication des armes ;
L’arrêt immédiat de la course à la mort aussitôt suivi d'une réduction des armements qui nous acheminera vers le désarmement général, simultané et contrôlé ;
La reconstruction d’une Europe nouvelle sur la base de l’égalité et de la justice.
Le Parti socialiste et le Front populaire .
Le parti socialiste désire ardemment que le peuple de France lui donne, dans la prochaine Chambre, la force qui lui permettra de détenir tout le pouvoir et de réaliser le programme qui vient de vous être présenté.
Cependant si les résultats de la prochaine consultation lui imposaient de partager les responsabilités gouvernementales avec d’autres partis, dès maintenant, il s y déclare prêt.
Àu lendemain de l’émeute du 6 février 1934, le parti socialiste a conçu la nécessité du « Rassemblement populaire Avec tous ceux qui pensaient que T union des républicains sincères et des démocrates véritables était indispensable pour défendre nos libertés menacées, il l’a réalisé. Passant du geste instinctif de défense à l’action constructive il a, d une manière efficace, collaboré à la rédaction du « Programme du front populaire » et s est engagé à le réaliser au gouvernement avec tous ceux qui lui ont donné une adhésion franche et loyale.
Ce programme n’est ni aussi complet, ni aussi efficace que celui du parti socialiste, mais il a le mérite de montrer la voie dans laquelle il est nécessaire de s’engager pour résoudre quelques-unes des difficultés actuelles.
Si modeste qu’il soit il verra cependant se dresser contre lui la coalition des privilèges et les ligues fascistes qui représentent dans notre pays, comme ailleurs, farinée de défense des grands intérêts capitalistes.
La besogne sera rude pour ceux qui voudront vaincre les difficultés semées sous leurs pas, briser les résistances acharnées que les « deux cents familles » opposeront aux réformes indispensables*
Citoyens,
Les hommes des vieilles équipes ont démontré, par des faillites retentissantes, leur inaptitude à diriger les affaires du pays en même temps que leur manque de sincérité et d’énergie.
Allez-vous, en les choisissant encore, vous exposer aux amères déceptions que vous avez connues? 1
Le parti socialiste vous offre ses hommes qui constituent une force ardente et neuve ses méthodes qui rompront enfin avec les errements passés, ’
Si vous voulez sauver le régime républicain et les libertés qu’il, représente Lutter contre la crise et son cortège de misères,
Organiser la Paix;
Vous accorderez votre confiance au candidat du parti socialiste,
Jean BARBIER
Ancien professeur d^Eoole Bdarmalo.
©ire oie ur d'Ecole supéiûeurie^pi’ofestiiotïiïalle.
l'c circonscription de MONTLUÇON.
M. Isidore THIVRIiîR (Groupe socialiste )
Elu pour la lrC fois le 1 J mai 1924, — Réélu les 29 avril 1928, 1Sr mai 1932 et 26 avril 1936.
(Voir ie programme du parti socialiste S. F. I. O., p. 3.)
Chers Citoyens,
Pour la quatrième fois, les groupes socialistes de Montluçon-Est, la Fédération de
Mr ‘epr,p i e parU ,S0Cia ,ISJe S< F' T* °- m’ont manifesté leur confiance et m’ont chargé de p ter le drapeau du socialisme clans notre circonscription*
Je suis fier de cet honneur, dont j'entends rester digne. A l’heure où, j’en suis certain vous allez me renouveler votre confiance, je crois indispensable de faire avec vous un
lJL*eXame.n,de la sltuaLlon actuelle, à la lumière des événements de ces quatre années de législature, et de vous exposer nos vues pour l’ avenir.
i, Lf 81tUatl0!: nfl6t Pas brillante., Les quaine années qui viennent de. s’écouler peuvent
^v Z C"lie phr'SV.!,":rS “ *“W*«V >« erreurs éconemiqucsdes
‘ i nU » régime. a. failli «ire renversé. par ses -adversaires; et I» guerre consénce es erreurs de politique .internationale, profile son ombre menaçante sur l’Europe.
La déflation, politique de misère ;
salait. grande erreUr ^ ^ îéSislature fut Ia de déflation des traitements et
Héduire les dépenses au niveau des recettes fixées sur le papier, telle était la pensée
« géniale » de nos financiers. Le malheur est qu'à mesure qu’on réduisait les dépenses, on diminuait d’autant l’activité du pays et l’on creusait ainsi un nouveau trou dans les recettes.
Dès 1932, M, Germain Martin, créature de la Banque de France, se mit à l'œuvre.
Haro sur'les travailleurs de l’Etat! Réduisons les traitements du facteur, de l’instituteur, du cantonnier et du lampiste I
Les salariés de l’Etat virent leurs traitements réduits d’un tiers environ et, pour certains — qui n’étaient pas parmi les gros — de près de la moitié !
Naturellement, la grande industrie, qui avait déjà comprimé les salaires, s’empara de l’exemple de l’Etat pour opérer de nouvelles compressions. On peut dire que tous ceux des ouvriers et des employés qui ne chôment pas, ont vu réduire leurs salaires dans la proportion de 30 à iû 0/0 1
Que pouvait-il advenir ensuite ? Ce qui était advenu dans tous les pays où l’on avait pratiqué la politique de compressions budgétaires. Les commerçants privés de leurs derniers clients, s'acheminaient vers la faillite, le chiffre d’affaires baissait dans des proportions considérables, et tarissait les recettes du budget.
L’industrie, pour les mêmes raisons, recevait un nouveau coup, fermait ses usines et ses ateliers et jetait sur le marché du travail, de nouvelles victimes par milliers.
L’agriculture voyait scs cours s’effondrer et le paysan se demandait, avec angoisse, s il arriverait à vivre du produit de son travail.
Ainsi, la réduction par l’Etat des traitements de ses serviteurs, des retraites, des pensions d’anciens combattants, avait précipité le pays entier dans la ruine et la misère.
Et le budget n’en était pas mieux équilibré, au contraire ! On nous parlait de 12 milliards de déficit au début de la déflation : on nous parle maintenant d’un déficit de 17 milliards 1
Voilà ce que le stupide attachement de nos hommes d Elal aux théories routinières et conservatrices des économistes, a fait de la France.
On n’en sortira, on ne sortira de la crise, de la misère et du chômage qu en Faisant une politique exactement contraire à celle qu’on vient de faire depuis quatre ans. Il faut revaloriser 1rs salaires, pour revaloriser les cours agricoles et ressusciter le commerce et l’industrie. Et il faut qu’après avoir donné lo mauvais exemple, l’Etat donne cette fois le lion exemple en abrogeant les décrets-lois qui ont réduit le pouvoir d’achat des consommateurs. Ainsi, mais ainsi seulement, les affaires pourraient reprendre et le budget s'équilibrera naturellement par l’accroisse meirt de la consommation,
L' assaut contre les libertés :
La République démocratique étant le régime qui donne aux citoyens le plus de liberté, et qui leur permet le mieux d’affirmer leur personnalité, nous défendrons la République contre toutes les attaques qui pourraient la mettre en péril. Nous ne permettrons pas que se renouvellent des émeutes comme celle du 6 février. Nous ne permettrons pas que la réaction exploite contre le régime républicain la crise, qui est une crise du régime capitaliste, le mécontentement des masses atteintes par la baisse des salaires ou le chômage et les impatiences légitimes de la jeunesse. Nous ne permettrons pas, dis-je, que quelques milliers de factieux tentent de substituer leur volonté à celle des douze millions d électeurs et instaurent dans le pays un régime de dictature. Nous ne voulons pas de la dictature, car c’est la fin des liherlcs, la misère accrue, comme en. Italie et en Allemagne ; et, par surcroît toutes les dictatures conduisent les nations à la guerre et à la défaite.
Napoléon Ier a conduit la France à Waterloo. Napoléon 111 i’ a conduite à Sedan. Mussolini fait la guerre en Afrique et Hitler la prépare en Europe,
Nous?, nous voulons la Paix 1
La paix peut être menacée ;
En politique étrangère, les erreurs commises ont conduit le pays à deux doigts de la guerre.
Des conversations diplomatiques secrètes et mal engagées ont permis la guerre contre r Abyssinie,
Depuis plus de dix ars, la France, à Genève, demandait à la Société des Nations d'assurer notre sécurité par 3'assîstance mutuelle contre l’agresseur en cas de guerre. Nos délégués, même M, Tardieu, même M. Laval, avaient demandé qu’en cas de conflit entre deux Etals membres de la Société des Nations, l'agresseur soit désigné et que tous les autres Etats se portent au secours de la nation attaquée. Ils avaient demandé que des sanctions sérieuses soient prises aussitôt contre l'agresseur. L'Angleterre avait résisté assez longtemps à souscrire des engagements sur ce point.
Mais survint le conflit italo-éthiopien, 52 nations sur 54 représentées h la Société des Nations déclarèrent que Mussolini était l'agresseur. L'Angleterre se déclara alors prête à lui appliquer les sanctions.
Cet assentiment de l'Angleterre constituait, pour la France, et en cas d’agression allemande, la meilleure des garanties. Elle assurait réellement la paix, car Hitler n’oserait jamais attaquer la France soutenue par T Angle terre.
Nous étions ainsi garantis contre une agression k l'Est et la paix européenne était assurée*
Malheureusement, on fil le contraire. Pur sympathie pour Mussolini et le fascisme italien, on s opposa aux sanctions économiques et financières, qui auraient contraint Mussolini, en moins de six semaines^ à arrêter son entreprise de meurtre et de brigandage.
Les conséquences de ce reniement de la signature française, de ce torpillage du pacte d'assistance mutuelle et de la sécurité collective, ne se sont pas fait attendre*
Hitler, voyant la France manquer a ses engagements, voyant l'Angleterre ulcérée de ce manquement à la parole donnée, profita de l'occasion et envahit avec ses troupes et son artillerie la zone rhénane démilitarisée,
Aujourd hui, la situation est des plus critiques. Il est clair, drune part, que toute concession qu’on fera à Hitler l’encouragera à recommencer et que ses exigences croîtront avec ses succès diplomatiques, et d’autre part, que la France isolée pourrait plus facilement être vaincue,
G’est pour remédiera ce danger que fut voté parle Parlement le pacte franco-soviétique. Il faut espérer qu’un gouvernement républicain, au lendemain des élections, reprendra la politique pacifiste de Briand et dissipera le malentendu franco-britannique. Ainsi garantie, d une part par l’Angleterre et de l’autre par la Russie, la France pourra vivre en paix, car Hitler n'osera pas l’attaquer.
Cette politique de sécurité collective est la seule qui assure à k France la paix clans la dignité- La politique d’isolement et de réarmement, après nous avoir ruinés sous le poids des charges militaires croissantes, en même temps qu elle nous isolerait et nous laisserait seuls en face de Hitler, nous mènerait inévitablement à la guerre.
C’est ce qu'il faut éviter à tout prix.
Mais si le pacte franco- soviétique, surtout appuyé d'un pacte franco-anglais dans le cadre de la b, D. N. est une garantie de paix, ce pacte franco-soviétique ne doit pas nous Conduire à une croisade dirigée contre l’Allemagne qui serait alors une menace de guerre.
On a le droit de se montrer un peu inquiet.
El de même que nous nous sommes opposés à la mobilisation de trois classes, demandées par certains, de même que nous avons voté contre la loi de deux ans réclamée par Staline, de meme nous nous opposerons à la croisade anti-hitlérienne.
Enfin, nous n accepterons jamais d être entraînés dans une guerre pour la Mongolie extérieure ou !a Mandchourie.
Nous voulons garantir la France contre une agression de Hitler, mais par le jeu de la sécurité collective dans le cadre de la S. D. N. Nous ne nous prêterons pas à une croisade anti-soviétique de 1 Allemagne. Mais nous ne nous prêterons pas davantage à une croisade anti-allemande des Soviets,
Ce que nous voulons, c'est la paix I Les pactes doivent être la garantie de la paix, et non des alliances dirigées contre qui que ce soit,
Après cet examen de la politique nationale et internationale, qui montre que 3e parti socialiste a toujours eu et aura toujours le triple souci de défendre le paîn des travailleurs, les libertés 'républicaines et la paix du monde, je voudrais indiquer brièvement quelle fut mon action, au Parlement, pour certaines catégories de travailleurs.
Poux" les agriculteurs :
Le groupe socialiste a lutté pour la création de l1 Office du blé. Je me suis attaché à ia défense des intérêts agricoles et c’est à la suite de mon intervention à la tribune que le Ministre a dû prendre rengagement de ne laisser entrer en France aucune céréale étrangère, ce qui aurait encore avili les cours. De même, nous avons obtenu la protection du bétail et bien d’autres mesures dont le résultat commence a se faire sentir par une première hausse des prix de la production*
Pour les mineurs :
L'action que j'avais menée depuis mon entréo à la Chambre en faveur des mineurs, je raii poursuivie durant ces quatre années en accord1 avec leur organisation syndicale. Je puis dire que les améliorations obtenues font été grâce à mes efforts personnels, comme rapporteur de la Commission des mines devant la Chambre : la retraite è 5.500 francs à 55ians d’âge. Et ces jours derniers, j’ai pu faire adopter une nouvelle loi permettant aux mineurs ayant vingt ans de travail au fond, d'obtenir la liquidation à 50 ans de leur retraite* C’@Bt un acheminement vers la réforme totale1 réclamée par les^travailleurs du sous-sol.
Pour: les commerçants :
Rappellerai -je ici tout£ce que nous avons demandé et obtenu en faveur du petit commerce, de l'artisanat et^de laj petite industrie ? Tant sur la révision des baux et la propriété commerciale que sur la caisse artisanale de chômage et la protection contre la concurrence déloyale des grandsjnagasins à prix unique ?
La Fédération des commerçants détaillants de France et le Bloc du petit commerce, par l'organe de leurs résidents, MM, Georges Maus et Armand Pugi, m'ont adressé à ce sujet des lettres de félicitations pour le précieux concours que j'avais apporté à la défense dea revendications des petits commerçants,
Pour les cheminots, pour les chômeurs, pour tous les travailleurs, pour les anciens Combattants, notre action s'est toujours exercée avec ténacité et il faudrait plusieurs pages pour énumérer les multiples interventions socialistes, ainsi que les résultats acquis malgré l'hostilité des conservateurs sociaux de la Chambre et du Sénat.
Je ne parlerai pas ici des efforts que j'ai faits en faveur des communes de cette circonscription et en faveur de la renaissance économique de notre région, puisque je les ai déjà rappelés dans une précédente circulaire*
Je voudrais terminer en énumérant brièvement les principaux points de notre programme socialiste :
Programme du parti socialiste :
Politique intérieure. — Désarmement et dissolution des ligues fascistes. — Application des lois laïques, — Respect du droit syndical, — Contrôle des ressources de la presse, —
Limitation des pouvoirs du Sénat, — Nationalisation de la Banque de France et des grandes industries monopolisées. - — Abrogation des décrets-lois de réduction des traitements et salaires, — Création d’un fonds national de chômage. — Moratoire des loyers pour les chômeurs, — Réduction des heur.es de travail. — Vacances payées. — Organisation des grands travaux d’utilité publique. — Prolongation de la scolarité. — Revalorisation des produits agricoles. — Moratoire des dettes agricoles, — Révision des cessions de fonds de
commerce. — Révision des baux commerciaux, — Propriété commerciale intégrale,
Refonte de la fiscalité dans un sens démocratique.
Politique extérieure, — Fidélité à, la. Société des Nations,, sur la base de ParbiLrage obligatoire, du désarmement contrôlé et de la sécurité collective par l’assistance mutuelle — Nationalisation des industries de guerre.
Voici, entre tant d’autres, quelles sont les mesures que le parti socialiste estime les plus urgentes pour résoudre la crise, assurer la défense de la République et garantir la paix.
Le parti socialiste, en proposant ce programme de réformes réalisables dans le cadre de la société actuelle, ne renonce pas pour cela à son idéal de justice sociale par la transformation complète de îa société. Mais il estime que s’il est bon de ne pas renoncer à la transformation sociale, il est nécessaire, en attendant, d’apporter au peuple les améliorations indispensables et c’est ainsi qu’il fait sien le mot d’ordre du Front populaire, de ce Front populaire créé, non pas par un parti politique, mais sur l'initiative du Comité de1 vigilance des intellectuels antifascistes :
Pour le pain, la paix et la liberté.
Je suis certain que les électeurs de la circonscription de Montluçon-EiÈ demeureront fidèles au socialisme, à ce socialisme de Jaurès, de Guesde et de Vaillant, dont Christophe Thivrier fut, dans 1 Allier, le premier élu? et qu’une majorité accrue se prononcera le 26 avril contre le fascisme > contre la crise et contre la guerre sur le nom du candidat socialiste.
Aux urnes ! Pas d 'abstention !
En avant pour la République sociale !
En avant pour la paix universelle !
Isidore THIVRIER
Député socialiste sortant.
Conseiller général.
Vice- Président de la Corammîon des raines et de la force motrice.
Membre de la Commission des postes et télégraphes et du Groupe de défense des cheminots.
2’ circonscription de MONTLUÇON.
M. Marx DORMOY (Groupe socialiste*)
Elu pour 3a première fois le 2'2 novembre 1931, — Réélu les 1er mai 1932 et 26 avril 1936,
{Voir le programme du Parti socialiste S. F* L O*, p* 3,)
Citoyens électeurs,
Arrivé à expiration du mandat que vous m’avez confié il y a quatre ans, et désigné, à nouveau, à l1 unanimité des membres du Parti socialiste, je me présente en son nom à vos libres suffrages*
Je viens vous rendre les comptes que je vous dois.
Je viens m'expliquer aussi sur les problèmes particulièrement difficiles et angoissants de l’heure*
Je ne prétends pas ne m’être jamais trompé au cours des années qui viennent de s’écouler. Je ne suis pas de ces législateurs qui croyent toujours trouver en eux-mêmes toute la vérité, mais jrai confiance — et j’en tire orgueil — d’avoir toujours exercé mon mandat en homme de devoir et en honnête homme, dans l’intérêt exclusif des classes laborieuses*
Je puis étaler ma vie privée comme ma vie publique* On peut fouiller, l’une et l’autre, en tous sens. Personne n’y découvrira la moindre souillure.
J’ai non seulement le respect de ma dignité personnelle, mais j’ai aussi le respect des électeurs qui ont fait de moi leur député*
Je reste dans la ligne qui a été tracée par mon père et qui a été celle de Paul Constans, morts pauvres tous les deux.
Un représentant du peuple doit observer une attitude qui le mette à l’abri, non point des médisances et des calomnies, ce qui est impossible, tout au moins de tout soupçon de la part des honnêtes gens*
Je suis issu du peuple et m’en honore* J'ai puisé aux sources populaires le sens vivant des choses et l'humaine substance de mon idéal socialiste.
Je sollicite du peuple son concours, ses avis, et ne fuis point sa critique*
Je m’adresse à lui en toute confiance*
Je 1 ui demande de me renouveler un mandat que j’aî exercé avec un entier dévouement*
La situation générale nfa pas cessé de s’aggraver au cours des dernières années de cette législature de chaos et d’impuissance* Les mesures de déflation ont donné les résultats dénoncés à l’avance par les socialistes : crise économique plus aiguë et plus profonde ; difficultés budgétaires rendues plus redoutables par Paccroissement du déficit et de îa dette; misère généralisée,
La France a subi la dernière les étreintes de la crise* Elle est aussi la dernière à en sortir.
II y a dans le monde trente millions de chômeurs. Dans les entrepôts et dans les magasins sont accumulés des stocks énormes de charbon, de blé, de coton, de sucre, de vêtements, de chaussures, de produits de première nécessité qui ne trouvent pas d acheteurs, alors que des millions d'êtres humains souffrent de la misère, du froid et de la faim *
Le malaise pèse sur les producteurs, sur les commerçants et sur les artisans*
La jeunesse française ne trouve plus à utiliser son cerveau ni ses bras. L'angoisse la désole et la désoriente. Elle attend avec impatience qu'une place lui soit faite, selon l'expression de Jaurès, au soleil du monde naturel », Et l'on ne fait rien pour elle.
On ne fait rien non plus pour 1 ouvrier,, ou plutôt on n'a pris que des mesures insuffisantes et ridicules en sa faveur. L'ouvrier est atteint parle chômage meurtrier. Il est frappé aussi par la diminution des salaires. On compte, en France, plus de 500.000 chômeurs complets inscrits dans les fonds de chômage. Le nombre de chômeurs partiels est encore plus important*
Depuis le commencement de la crise, 1 ,750.000 postes d'ouvriers ont été supprimés. Des dizaines de milliards ont été ainsi retranchés de la circulation, La misère des ouvriers a les plus redoutables conséquences sur l'activité générale du pays. Car tout se tient et tout s'enchaîne.
Les boutiques et magasins sont vides de clients, cependant que les impôts de toutes sortes, aggravés par d'injustes et inopérantes mesures fiscales, accablent les malheureux commerçants. Il n'y a plus de réduction pour la femme travaillant avec son mari, plus d’exonération pour les petits commerçants gagnant moins de 5.000 francs. On a établi des forfaits nouveaux contre lesquels s'élèvent avec raison les organisations commerciales. Aussi les faillites sont-elles, chaque mois, de plus en plus nombreuses.
Le monde rural est livré à la spéculation. Jamais, jusqu'ici, on n’avait vu, dans nos régions, des paysans mettre la clef sous la porte. Ce pénible spectacle n'est plus rare. Les journaliers agricoles touchent — surtout en hiver quand ils trouvent à s'employer — des salaires insuffisants.
Les métayers comme les fermiers sont dans la gêne. Les petits et moyens exploitants ont à faire face à des difficultés de plus en plus grandes.
En un mot, la misère est grande dans les campagnes.
Les paysans, tenaillés par de dures nécessités, ont vendu leur blé 55, 58, 60 francs le quintal au moment des battages. Maintenant, ils achètent leur pain sur le prix de 100 ou de 105 francs le quintal de blé — sans d'ailleurs que le boulanger et le petit meunier aient bénéficié de la hausse.
Cette hausse a profité à la grande minoterie, à la tête de laquelle on trouve les Vilgrain et les Lévy-Raumann, maîtres des Grands Moulins qui écrasent à eux seuls plus du tiers de la production française. Elle a profité aussi à des hommes comme M. Louis-Louis Dreyfus, prototype du spéculateur sur le blé, qui a pu déclarer, en pleine crise, un revenu annuel de 833 millions. Cet exploiteur de îa misère paysanne gagne donc plus de 2 millions par jour, 1 .584 francs par minute. . . même quand il dort. Après cela, travailleurs de la terre, si vous n'êtes pas satisfaits de votre sort, c'est que vous êtes bien difficiles!
Le paysan, comme son frère l'ouvrier, est durement exploité :
Lorsqu’il achète engrais et machines, il paye sa dîme au capital.
L'engrais intervient, suivant les terrains, pour 20 ou 25 0/0 dans le prix de revient des blés.
Les engrais sont pa}és au prix fort par les paysans, aussi les sociétés maîtresses des engrais distribuent-elles, chaque année, des centaines de millions de bénéfices à leurs actionnaires.
Les rois du marché des engrais, lesKuhhnann et Saint-Gobain, interdisent l’exploitation
des phosphates- du Maroc — les plus importants gisements du monde et peut-être les plus riches en phosphore,
ï^a Soïtiété Khali^ Sainte-Thérèse empêche l'exploitation des potasses d'Alsace, propriété de P Etat,, et îles mêmes gens ne permettent pas à Tusine de Toulouse de vendre les engrais azotés moins cher que le Comptoir de TÀzote qu'ils contrôlent.
Les tnusts ne tolèrent pas la concurrence.
Les produits de la campagne sont, au plus, au coefficient 2,5 par rapport aux prix de 1914. Par contre, les marchandises et instruments achetés par le paysan sont au coefficient 6, 7 et1 S.
Tous les produits de la terre ont baissé, en l'espace de quelques années de 50 a 60 0/0, M. Paul Heynaudj un des grands hommes de la bourgeoisie ,/apôtre de la dévaluation, s’en est réjoui. Il a prétendu, un jour, qu'ils étaient à des prix encore trop élevés par rapport aux prix mondiaux.
Malgré M, Paul Reynaud, les produits connaissent en ce moment, en raison des intempéries, une légère revalorisation. Il n'est pas sûr, dans l’état anarchique du marché, que cette revalorisation sera do longue durée,
La détresse des campagnes aggrave la crise industrielle :
La crise agricole pèse lourdement sur la crise industrielle. Les paysans sont devenus, par la force des choses, des consommateurs diminués. Leur détresse a des conséquences désastreuses sur la situation des ouvriers et celle des commerçants. Les uns et les autres, frappés par le même cataclysme, sont aujourd'hui unis par la solidarité de leur misère.
La crise politique :
La crise économique a provoqué la crise politique qui agite le pays depuis deux ans. Voilà plus de deux ans que le fascisme est apparu en France. Sans doute, fout ne fonctionne pas à merveille dans la machine de l’Etal : il faut mettre de l'huile dans les engrenages. Nous sommes convaincus que des réformes s’imposent pour assouplir les méthodes du travail parlementaire et en assurer un meilleur rendement. Mais nous ne sommes pas moins décidés à défendre Tordre républicain contre les factieux qui veulent y porter atteinte en cherchant à profiter du mécontement général,
La journée du 6 février a eu pour cause apparente le scandale Stavisky, venu à point pour faire passer à barrière- plan la catastrophe du chemin de fer de Lagny, provoquée par l'incurie de la compagnie de FËst, et qui a coûté la vie à 230 personnes. Mais elle a eu pour raison profonde la crise économique. C’est donc à la crise qu’il faut s'attaquer si Ton veut vraiment barrer la roule au fascisme.
Les socialistes, résolument et profondément républicains, ne laisseront pas toucher à la République. Ils ne laisseront pas attenter aux lois républicaines et aux libertés démocratiques. Les factieux qui veulent étrangler la République les trouveront dressés devant eux.
Nous répudions foutes les dictures. fl appartient, en effet, au peuple, de fixer luimême, dans la liberté, son destin.
Nous sommes contre la dictature parce que c’est dans les pays où elle est installée que règne la plus grande misère. C’est là où les paysansyles ouvriers, les commerçants, sont les plus malheureux. En Allemagne, par exemple, les ouvriers sont astreints à travailler dans les camps spéciaux, sous une discipline de fer.
La, politique de déflation :
Il faut donc résorber la crise économique que les décrets-lois ont encore aggravée, La politique de déflation' a fait faillite partout où elle a été pratiquée. Eh France, elle nous conduit à la catastrophe. Sans doute, nous condamnons les abus et les gaspillages; nous
dénonçons aussi l'incurie constatée dans la plupart des grandes administrations. Mais la diminution des traitements du facteur, du cantonnier, de l'instituteur et du petit fonctionnaire, condamnable en soi, est loin d'avoir arrangé les choses,
La politique de déflation a frappé les petits rentiers, les anciens combattants qui pourtant, au dire de M* Clemenceau, avaient des droits sur nous*
Les mesures prises ont entraîné la diminution des traitements et salaires des employés et ouvriers des services publics, tels les chemins de fer, puis elle a provoqué la diminution des salaires des ouvriers de l'industrie privée.
On a diminué les ouvriers du tiers de leur salaire. U en est résulté une diminution totale de 16 milliards qui prive les travailleurs d’une partie de leurs moyens d’achat* C’est la raison pour laquelle les commerçants ne vendent pas leurs marchandises et que les paysans n’écoulent pas leurs produits.
Du moment qu'il y a sous-consommation, le rendement des impôts devait lui aussi diminuer.
Malgré les compressions, le budget continue à être en déficit* La trésorerie est à sec. Il a fallu emprunter, il y a quelques semaines, 3 milliards à l’étranger, îe public français n’ayant plus confiance dans le crédit de T Etat*
En quatre ans, la dette de la France se trouvera accrue de 92 milliards, La balance commerciale est en déficit croissant et l'encaisse or de la Banque de France a baissé de plus de 30 milliards.
Cette situation a affecté grandement les finances du pays. Dans un discours récent à )a Chambre, M. Paul Rcynaud, adversaire déterminé du socialisme, résumait ainsi le bilan politique de la déflation ; «-..En quaLre ans, 75 milliards d’emprunts, 35 milliards d’or partis, nos rentes diminuées de 25 0/0, notre économie se traîne, exanguc, tandis que l’activité reprend dans le monde ».
Oui, voilà le bilan de la situation économique et financière de la Fiance* Il est tragique* A qui la faute? Pas aux socialistes, auxquels ou n’a jamais offert le pouvoir, bien qu’on ait affirmé le contraire* La faute en est à ceux qui n’ont pas voulu entendre nos avertissements* Nous n’avons pas cessé d’affirmer, et nous affirmons avec plus de force que jamais, que la rénovation économique doit être recherchée dans un relèvement de la capacité générale d’achat, dans une stimulation de l’économie, rehaussant peu à peu la consommation jusqu’au niveau de la production normale*
C’est pour redresser une situation dont sont victimes les classes laborieuses, que les socialistes demandent le pouvoir* C’est aussi pour mettre à la raison les responsables du gâchis dans lequel le pays se débat.
Les responsables au premier chef, ce sont les individus qui, véritables maîtres du pays, constituent une oligarchie redoutable* Ils sont plus puissants que les anciens rois* La Banque de France est, à la fois, Y instrument et le symbole de leur toute puissance économique et politique* Ils ont entre les mains les grandes banques, les sociétés métallurgiques, les mines, les chemins de fer, les compagnies d'engrais, les assurances, le sucre, îe pétrole, etc* Ils sont la véritable puissance publique. Ils brisent les Ministres qui ne leur conviennent pas. Ils sont au-dessus du Parlement et des lois* Ils sont les maîtres de la grande presse. Ils constituent la fine Heur de l’aristocratie financière de la France* Ce sont eux qui ont élevé le mur d’argent sur lequel, en raison de certaines défaillances, la démocratie est venue, par deux foisj se briser.
Il faut, au plus tôt, empêcher de nuire ces ennemis intérieurs de la France, pour réaliser enfin les légitimes aspirations des classes laborieuses et de la démocratie ouvrière et paysanne.
La situation extérieure appelle de son côté un examen attentif* La paix du monde est menacée par les dictateurs* En allant en Abyssinie, Mussolini a ouvert l’èrc des violences et des conflits* L'aventure Ethiopienne peut avoir les pires conséquences en* raison même des
It
rivalités qui dressent, l ’une contre Taufcre, Fltalieet FAngleterre/Eile esL aussi àTorigine du coup de force d'Hitler qui, tout comme le dictateur italien, a violé la loi internationale et déchiré les traités comme V avait fait, en 1914, son prédécesseur ©éthmann-Moibveg.
JEn réoccupant la zone démilitarisée, en dénonçant le traité 'de Loearnn, Hitler s'est mis tout comme Mussolini, qui a attaqué un petit pays dont il s’était engagé à respecter Pitf dépendance, au ban des nations civilisées.
D'autres pays, comme l’Autriche, suivent -Hitler dans la voie infernale qu’il a ouverte. Eux aussi entendent violer la signature donnée et bafouer la morale internationale.
Les motifs de guerre sont nombreux à travers le monde, même si l’on admet qu’en ce moment, Hitler ne menace pas la 'France, Seulement, « témoin muet >* du corifiit qui oppose l'Angleterre et l’Italie, il guette le moment propice pour entrer en Autriche, puis étrangler Ja Tchécoslovaquie, pour se ruer enfin sur l'Ukraine qui appartient à la Russie des Soviets, Notre tour viendrait sans doute plus tard.
Hitler a menti quand il a justifié son coup de force par la ratification du pacte francosoviétique. Ce pacte a peut-être trop le caractère dTune alliance. On doit cependant reconnaître qu’il n’est dirigé contre personne. L' Allemagne avait — et elle a encore — la possibilité dTy entrer si elle est animée d’une sincère volonté de paix.
Le prétexte invoqué par Hitler est un mensonge, et M, Pierre Laval lui-même, qui cependant n’est pas suspect, vient d’en faire une décisive justice.
Cependant, malgré toutes nos appréhensions, nous ne voulons pas croire a ta guerre. Nous sommes de ceux qui veulent tout tenter, tout faire, pour l’empêcher d’éclater.
Nous sommes prêts à discuter avec Hitler, ne serait-ce que pour établir devant l’opinion internationale son hypocrisie et sa mauvaise foi.
Nous sommes prêts à rechercher les solutions raisonnables du problème allemand comme du problème italien qui se posent, l’un et l’autre, devant l’attention internationale. Mais nous pensons aussi et surtout qu’il faut développer, renforcer la Société des Nations pour assurer la paix du monde et, par conséquent, la -sécurité de la France.
La Société des Nations a commis des erreurs, elle n’a pas toujours été à la hauteur de sa mission. Mais, qu’on le veuille ou non, ce n’est que par elle, avec elle, que la paix sera maintenue et consolidée.
Si les nations de paix, qui sont plus nombreuses et plus fortes que les nations de proie et de guerre le veulent, la communauté européenne peut être rétablie dans tout son prestige et dans toute sa puissance.
C’est à Tenterite des nations q\ii veulent la paix que je me propose de travailler : c'est à cette entente, que je voudrais indestructible, que je consacrerai mon activité- J’ai, en effet, la conviction profonde que c’est seulement cette entente qui assurera la sécurité de notre pays.
Si Von n entre pas résolument dans la voie de la réconciliation internationale, la chaudière finira par exploser et le monde sera entraîné dans une guerre qui, cette fois, détruira la civilisation elle-même.
Electeurs,
Ni
■L heure est grave. Une profonde inquiétude tourmente les esprits et les cœurs, ,Les destinées du pays sont aujourd’hui entre vos mains.
Dimanche, 26 avril, dans un même élan de foi e t d espérance, vous vous dresserez aveç moi :
Contre le lamentable gâchis économique et financier qui anéantit le meilleur de nos forces ;
Contre E angoissante menace de guerre qui pèse sur le pays et sur le monde ;
Contre les tentatives d’asservissement des classes laborieuses.
Pour Faction à entreprendre^ je m’adresse directement à la classe ouvrière et paysanne,
aux artisans et aux. commerçants, à tous- les hommes de travail et de pensée, au peuple tout entier.
C'est donc en défenseur ardent des intérêts des classes laborieuses’, pour le p^in, la liberté et la paix, que je nie présente à vos suffrages.
Citoyens ! à vous de choisir !
Surtout pas d'abstentions.
Animés de même foi ardente, allons tous aux urnes, dimanche prochain, pour la République sociale et la paix du monde.
Maux DORMQY.
Maire de Mbntlûçon, Conseiller général.
Député sortant.
lre circonscription de MOULINS'
M. René ROUDET (Groupe socialiste,)
Élu pour la lre fois le 11 mai 1924 — Réélu les 29 a^ri!' 1928, 8 mai 1932 et 3 mai 1936.
{Voir le programme du parti socialiste S. F. I, G., p. 3.)
Mes chers -Concitoyen sy
Les Congrès de Montluçon et de Moulins ont estimé que devant le danger, aussi bien intérieur qu'extérieur, ceux que la démocratie a librement investis de sa confiance, devaient rester h leur poste dans la bataille.
À Moulins, le dimanche 9 février, trois cents délégués venus de tous les points de F arrondissement et appartenant aux diverses fractions de Favant-garde républicaine ont acclamé sur mon nom et scelle avec un enthousiasme unanime, F union de toutes les forces laïques* démocratiques et sociales de notre arrondissement. Ces manifestations ' d'estime totale me font un honneur et une obligation d'être le porte-drapeau de notre idéal commun et j'ai accepté une fois encore d'être le candidat du Parti socialiste et de Favant-garde républicaine.
Point n'est besoin entre nous de grandes phrases pour nous comprendre. Vous me connaissez assez pour que mon appel soit bref.
Je suis resté fidèle à mes principes et à leur idéal*
Mon programme,, c’est celui du grand parti socialiste, auquel je suis fier d’appartenir, sans discontinuer, depuis plus de quarante ans. C'est celui, qu'avec tous les membres du groupe socialiste au Parlement,, nous avons défendu opiniâtrement, contre une majorité prisonnière de la haute finance et de la grande industrie.
Les citoyens de bonne foi peuvent critiquer mes opinions mais, mes adversaires euxmêmes, ne me contestent pas la fidélité à mes idées, mon dévouement à la chose publique et mon entier désintéressement.
Je n’ai jamais failli dans mes principes, et mes votes ont toujours été conformes à mes promesses et aux intérêts que vous m’aviez chargés de défendre.
J ai toujours placé [mon mandat de député sous le tripb signe du travail, de la probité et de la paix sociale.
Ensemble nous devons plus que jamais et avant tout lutter :
1° Contre la guerre et pour la paix :
Cette paix pour laquelle notre parti a lutté et luttera inlassablement malgré les injures et la calomnie de ses adversaires.
# Je suis plus que jamais profondément convaincu que l’union de toutes les forces de paix et la coordination de tous les efforts sont absolument indispensables pour éviter cette chose monstrueuse : la guerre.
Imaginez où nous en serions présentement s’il y avait de part et d autre un dictateur ou des nationalismes en opposition violente. . * c’est pour cela que la guerre se confond avec la IuLLe contre les dictatures.
Nous nous élevons contre les dépenses d’armement qui continuent partout leur course insensée, car la paix ne saurait finalement résister h la course aux armements.
Quelle est cette société où la guerre, c’est-à-dire la mort et la ruine sont devenues la grande industrie maîtresse de tout. Nous dénonçons donc de toutes nos forces la malfaisance et la trahison des paissances d’argent, de la haute banque et de l’industrie des armes.
Les fabricants d’engins meurtriers, les grands trusts, les grandes compagnies et autres entretiennent toute la grande presse et aussi la presse provinciale.
Hommes de raison et de coeur il faut vous élever contre la haine internationale car elle ne profite qu’aux marchands de canons qui ont vendu à l’Allemagne ;
95 mille tonnes de minerai français en 1933 ;
143 mille tonnes de minerai français en 1935 ;
et 547 mille tonnes de minerai français en 1936.
(Journal officiel du 3 mars 1936, p- 711).
Je souhaite avec une foi aussi ardente qu’il y a trente ans que la France continue son action en faveur du rapprochement des peuples avec la garantie de la loi internationale. Ce qu’on me reprochait jadis comme une erreur est presque admis aujourd'hui et sera la vérité de demain.
Aussi soyez-en persuadés, tant que je serai votre élu, jamais, jamais je ne voterai la guerre.
Ancien combattant je suis; avec mes anciens camarades, je reste, pour défendre en toutes circonstances leurs droits imprescriptibles.
S2n Contre l’insécurité du travail et l'anarchie de la production :
Le travail a besoin d’être défendu et aidé. Jamais je n’oublierai mon origine ouvrière r aussi j’entends protéger contre les profiteurs et spéculateurs, ceux qui vivent de leur travail ; les ouvriers, les artisans, les paysans, le commerce honnête, l’industrie laborieuse, mais non les spéculateurs invisibles.
C’est le machinisme, parce qu’il est entre les mains d'une petite minorité de capitalistes, qui en développant la production, au lieu d’aboutir à la généralisation du bien-être et à la diminution de l’effort de tous les travailleurs, jette des millions d'entre eux dans le chômage et la misère.
Aujourd’hui le capital est tout. II est plus que temps de sauvegarder les droits du travail.
Il apparaît d’ailleurs chaque jour plus nettement que le rétablissement de l’économie
mondiale ne peut être opéré sans les accords entre les nations soit dans Tordre économique, soit dans Tordre politique. Là encore la solution est d'ordre international,
3Q Pour les offices publics :
Pour lutter contre l'anarchie de la production et pour obtenir la fixité relative des prix d'un certain nombre de denrées de première nécessité — le blé par exemple — nous reprenons notre proposition de création d'offices nationaux auxquels du reste bien des partis politiques se sont aujourd'hui ralliés*
Le producteur, le paysan est victime de la hausse et de la baisse et il en souffre à la fois comme producteur et comme consommateur. Le paysan vend ses produits à un taux réduit et il paye ceux qu'il consomme à un taux considérablement plus élevé*
Il faut donc assurer à l'agriculture un prix de revient moins onéreux, un prix de vente rémunérateur, la fixité des cours, le châtiment des fraudeurs, des accaparaleurs et des spéculateurs,
4° Pour la création d'une caisse des calamités agricoles :
Et non des subventions accordées parcimonieusement et suivant la partialité gouvernementale*
5ft Pour la protection de l’épargne publique :
Nationalisation des grande» banques et des assurances.
Si la proposition de loi rédigée par le groupe socialiste au Parlement à la fin de 1928, en vue de protéger l’épargne publique, avait été adoptée, nous n'aurions eu aucun des scandales de ces temps derniers, où Ton chercherait en vain le nom d'un seul élu socialiste*
6° Pour la lutte contre l'ignorance ;
Par T école unique, la gratuité par la sélection et la laïcité pour l'enseignement à tous les degrés,
7° Pour la représentation proportionnelle ;
Juste et loyale, sans prime ni panachage. — La véritable égalité politique exige naturellement le droit de suffrage des femmes,
8° Contre les déereLsdoïs :
Pour faire face aux difficultés et parer au plus pressé, les Gouvernements cherchent des remèdes impossibles dans un' protectionnisme contraire à tout le courant des sociétés modernes* Ils établissent des décrets-lois improvisés et contradictoires qui frappent tous les petits et favorisent les gros et que les socialistes ont refusé de voter. ïls ne réussissent qu'à aggraver le mal car la déflation des salaires et des traitements diminue le pouvoir d'achat, occasionne la mévente, ruine le paysan et conduit au chômage et à la misère* Les déficits croissants de leurs budgets rendent de jour en jour la situation plus sombre*
Il faut en finir.
Vous ne pouvez approuver les Gouvernements et les partis qui soutiennent un tel état de choses*
Plus de programmes attardés, plus de formules timorées, mais des solutions sincères, hardies et rapides vers Tordre nouveau qui sauvera la civilisation en abolissant les motifs de guerre.
Quel spectacle lamentable de Gouvernements aux méthodes désuètes, incapables de procurer du travail à la jeunesse, de distribuer les richesses que la société produit, et qui
viennent dire aux hommes qu'il faut mourir de faim parce qulil y "a drop à manger, et qui, aux yeux des producteurs affamés, détruisent îe fruit sacré du travaiL
Le socialisme, vous le savez bien (car les vieilles légendes n'ont plus cours dans nos campagnes), n'a jamais voulu dépouiller qui que ce soit, sinon* les malfaiteurs qui s'approprient la fortune gagnée par le travail des autres*
Je ne sépare pas le socialisme de îa République, ils sont indivisibles et ne peuvent vivre l’un sans l’autre.
En raison des circonstances, Rappel que je vous adresse est plus solennel et plus pressant que jamais.
Les élections législatives appelant la France entière à se prononcer sur la route qu'elle entend suivre, il faut choisir.
Songez-y et, sans hésitation, dès le premier tour, marquez votre volonté d'en finir avec toutes les roueries* Plus d’hommes politiques à double face et à double jeu, souriant plus à droite qu'à gauche et cherchant à tromper tout le monde. Il y a tout à redouter de 1 équivoque, Je vous ai toujours parlé clair, À vous de choisir.
J’ai donné au front populaire mon adhésion enthousiaste et active dès la première heure* Je m'engage h défendre son programme et à soutenir, dJaccord avec mon parti, tout Gouvernement résolu à Rappliquer loyalement.
Le front populaire défend la République contre tous les factieux ; son succès est assuré dans toute la France. II est certain dans le département de R Allier,
Moulins-Est 11e doit pas venir à la remorque, mais comme toujours donner l'exemple et se placer en tête.
À moi ! tous les socialistes^ tous les vrais républicains, tous les antifascistes qui affirmeront sur mon nom leur volonté' de voir se réaliser dans une humanité réconciliée une république où le travail et la paix seront souverains.
À bas le fascisme !
A bas la guerre !
Vive la^ paix universelle 1
Vive la République laïque, démocratique et sociale I
René BOUDET
Député sortant.
Maire de Moulina.
2e circonscription de MOULINS .
M. Camille PLANCHE (G roiipe social is te . )
Elu pour k lrc fois le 29 avril 1928. - Réélu les PT mai 1 932 et 3 .mai. 193.6.
(Voir le programme: du pardi socialiste fi . F. .1.0 ,* p. 3„)
Chers concitoyens ,
Désigné à Funanimité comme candi dut aux élections dëgisladives par les 'militants, les élus et les sympaÉisonk du Parti socialiste (S.-F JjQ.), réunis en Congrès à Moulins, le 9 février dernier, sous k présidence du citoyen Bussel? Député-Maire de Vienne (Isère), je me présente à vos libres suffrages.
Après quatre armées de mandat, vous an ayez réélu au premier tour de scrutin le 1er mai 1932 par 8.7&4’Voix, contre 3.000 en chiffres ronds à chacun de unes deux adversaires, en me donnant k majorité dans toutes Les communes sans exception. C’est une marque de confiance dont je ne saurais assez vous remercier. Après quatre nouvelles années, je me soumets sans craiale à votre jugement, car j'ai fidèlement suivi le programme que je vous avais tracé.
En même temps, j’ai continué à vous rendre compte régulièrement de mon mandat : vous avez pu ainsi suivre mon action point par point. Vous savez qu’elle s1 es L exercée en faveur de tous les travailleurs et qu’à la tribune de la Chambre, et mai nies- occasions, j’ai défendu leurs intérêts. J’ai également répondu « Présent » chaque foisiqu’on a fait appel à moi pour défendre les causes régionales et j’ai été au service de tous, sans parti pris.
Au Parlement, j’ai accompli une besogne importante, intervenant dans la plupart des grands débats et appelé, comme secrétaire de k Commission de la législation civile, à examiner la plus grosse partie ides propositions^ projets de loi soumis à la Chambre.
La crise économique, k politique de déflation systématique qui la aggravée, les difficultés extérieures créent au pays une situation délicate. Des organisations factieuses en profitent pour s’apprêter à monter à F assaut du régime républicain comme elle Font tenté le 6 février 1934, amenant la majorité timorée du Parlement à abdiquer ses pouvoirs. La République aura besoin, dans la législature qui vient, d’hommes résolus pour barrer la route aux trublions : vous -pouvez compter sur moi.
J’apporte, dans ce but, mon appui sans équivoque et sans réserve au « Rassemblement populaire » ou « Front populaire a. Celui-ci groupe tous les partis politiques ide gauche et d extrême gauche, en laissant cependant à chacun son autonomie, les grandes organisations démocratiques comme la Ligue des droits de l’homme, la C.G.T* et le Mouvement d’action combattante. Le Rassemblement populaire a rédigé un programme commun : je lui donne mon adhésion entière. Et le Parti socialiste est le seul qui, unanimement, ait accepté par la voix de ses ehels autorisés de collaborer à la rentrée des Chambres à un gouvernement de front populaire pout appliquer le programme du rassemblement populaire : il est certain de répondre ainsi aux aspirations des masses travailleuses qui veulent sortir de la misère, du chômage et de la crise.
Le Parti socialiste ne renonce pas, pour cela, à son programme -socialiste, mais il se
déclare prêt à prendre dès maintenant toutes ses responsabilités. Il rappelle que ce n'est pas de sa faute si la Chambre qui s'en va a manqué h sa mission, il souligne que ses solutions n'ont jamais été prises en considération et que son concours n'a pas été accepté pour la formation d'un Gouvernement de combat contre les puissances d’argent. Il demande au* citoyens de ce pays de lui donner l'autorité et le rôle de direction, lui permettant de jouer enfin un rôle décisif,
La classe paysanne appauvrie, vendant mal ses produits, réclame d’urgentes mesures lut assurant une revalorisation des cours. De la prospérité paysanne dépend celle de tout le pays. La profession agricole doit être organisée.
Les artisans, les commerçants manquent de clients; il faut pratiquer une politique de stimulation et donner par des lois commerciales judicieuses, la sécurité du lendemain au propriétaire d'un fonds de commerce.
Les salariés de l'Etat ou de l'industrie menacés dans leurs salaires vitaux, voient leur pouvoir d’achat dangereusement amoindri, pour le plus grand dommage de l’économie nationale et l’arrêt des transactions entretient le déficit budgétaire*
Une oligarchie de puissants magnats, à la tête des grandes sociétés capitalistes (Banque de France, grandes banques, assurances, chemins de fer, pétrole, électricité, engrais, houillères, etc.) domine le pays. Ils sont 200 familles qui dictent leurs lois au reste de la nation. Ils ont imposé la politique des pleins pouvoirs et des décrets-lois, financent le fascisme et entretiennent la méfiance internationale ; une profonde réorganisation de la société est nécessaire. Elle s'impose pour le salut de la paix intérieure et extérieure* L'Etat doit redevenir maftre des richesses collectives. De même son autorité doit s'imposer aux fauteurs de guerre civile : les ligues fascistes armées doivent être dissoutes et leurs chefs emprisonnés, s ils refusent de se soumettre aux lois républicaines, La vie économique ne pourra reprendre que si les libertés publiques sont mises hors d'atteinte.
La menace. devient un danger pour l'ensemble de la collectivité française. Nul ne peut prétendre parler au nom de la France qui n'en a reçu pouvoir, et si la liberté d’opinion doit être respectée, il n’en est pas de même de la liberté de la « matraque ».
On ne saurait non plus continuer à laisser les hauts postes de la République entre les mains des pires adversaires du régime, grassement rentés et cumulant les prébendes, tout en pactisant avec le fascisme.
La paix intérieure rétablie, le problème extérieur demeurera, La France ne sera à l'abri des surprises que par la sécurité collective, établie dans le cadre International, et pour commencer, européen.
Aux propositions d'Hitler, répondons par cette affirmation que la paix est indivisible et profitons des négociations qui doivent s'ouvrir pour poser le problème delà limitation et de la réduction simultanée et contrôlée des armements, en attendant le désarmement général progressif, qui reste le but final, qui devrait êlre souhaité par l’humanité tout entière.
L’augmentation de la durée du service militaire est une solution paresseuse qui ne résoudra rien et donne un aliment à la course aux armements. Celle-ci est soigneusement entretenue par la propagande des marchands de canons : il faut nationaliser la fabrication et le commerce des armes de guerre. Je me suis fait à la Chambre et dans le pays le champion de cette idée et je ne désespère pas d'arriver à faire supprimer le commerce honteux des « marchands de mort ».
L'hitlérisme et le fascisme, fauteurs de guerre, doivent être obligés par le jeu de la sécurité collective à respecter la légalité internationale sans laquelle il n’y aura pas de paix véritable.
En même temps doit se poursuivre une besogne d'apaisemenl’moral ; dans ce but, j/ai entrepris une action pacifiste internationale qui s'est exercée 'en ^France et à l'étranger, et qui, s’appliquant tout à la fois par exemple à la Russie soviétique, et à l'Angleterre libérale, doit permettre de souder le bloc de tous ceux qui ne veulent pas revoir une nouvelle guerre.
Lutte contre la crise, lutte contre le fascisme, lutte contre la guerre ; ce sont les trois
sortes de combat que propose le Rassemblement populaire sous la Formule : le pain, la paix,
. ja liberté — à laquelle le Parti socialiste adhère complètement.
Les solutions à ces grands problèmes cherchées en plein accord avec tous les républicains ceux-ci auront à cœur d'entreprend-e pour chaque catégorie sociale Faction nécessaire pour faire aboutir les réformes qui s'imposent.
En même temps que sera relevé le niveau de la vie des paysans, qui devront êtpe soustraits aux néfastes spéculations, le métayage devra être l'objet d’une refonte, la question des cheptels résolue, le logement agricole amélioré. Et il n est pas interdit d estimer également dans un autre ordre d’idées que le prix du permis de chasse doit continuer à rester à la portée des petites bourses. (Un décret-loi a en eifel augmenté le prix du permis départemental sans toucher au permis national). De même, toujours à propos de là vie rurale, le décret de coordination du rail et de la route ne devra pas être ratifié*
Le petit commerçant et l’artisan doivent être défendus contre la multiplicité des taxes fiscales et les grands trusts et consortiums qui les menacent dans leur existence même.
De grands travaux d’outillage national, l'institution d'un fonds national de chômage sont les mesures que le Parti socialiste préconise pour lutter contre le chômage et faire reprendre la vie économique*
L’épargne est guettée de toutes parts, il faut la défendre contre les aigrefins.
Une détente fiscale dans la justice et une équitable répartition des charges permettront de soulager les travailleurs de tous ordres, en faisant payer ceux qui doivent*
La jeunesse attend des débouchés : seule la renaissance économique pourra lui permettre de trouver des emplois et de regarder l’avenir avec confiance : qu’elle vienne au socialisme 1
Les anciens Combattants, toutes les victimes de la guerre, celles du travail savent qu'ils peuvent compter sur moi. L'institution d’une Caisse des pensions, votée notamment sur ma proposition, permettra de supprimer les décrets-lois frappant les anciens Combattants.
Le problème de l’attribution de la carte du Combattant attend une solution plus rationnelle* Une Commission règle en ce moment les conditions d’attribution de la carte nouvellement créée : celle du mobilisé. Nous tiendrons la main à ce que justice soit rendue aux ayants droit* Mes collègues de tous les Partis m’ont placé à la présidence du groupe des députés anciens Combattants et à la vice-présidence de la Commission des pensions ; je connais les devoirs que m’impose cette double fonction.
Les lois sociales dangereusement menacées par la déflation (lanx réduits de l’assistance aux vieillards, infirmes et incurables, aux femmes en couches, aux familles nombreuses) menacent la santé publique, tandis que, par ailleurs, l’Etat se préoccupe mal de l'éducation physique de nos enfants.
La laïcité de l'enseignement, l’instruction à la portée de tous, restent les guides en matière d'éducation nationale.
Une jeunesse saine, instruite, c’est l’avenir du pays.
Citoyens,
J'ai confiance dans votre verdict.
Les véritables républicains, sans distinction de nuances, répondront en masse à mon appel et remporteront une fois de plus sur mon nom, au premier tour de scrutin, une éclatante victoire qui remplira de dépit les adversaires des libertés publiques et de la démocratie.
Face à toutes les réactions ouvertes ou déguisées, face aux amis honteux des hitlériens français, sans souci des manœuvres, dédaignant les attaques personnelles, fier d un passé qui défie la critique, je sollicite vos suffrages à une époque où la fonction de législateur comporte plus de risques que d’agréments.
Je le fais parce que c’est mon devoir et que je ne déserte pas*
Je mets une fois de plus à votre service, à celui de la République et de la paix, ma
volonté, mon énergie, mon expérience de la vie publique et l’autorité que peut me conférer mon action pacifiste internationale*
Ouvriers, employés, paysans, petits commerçants, artisans, petits fonctionnaires, petits retraités, anciens combattants, jeunes, on vous oppose les uns aux autres dans un but facile à comprendre. Je vous le disais il y a quatre ans : « Vos intérêts se confondent », Unissezvous pour les défendre contre les 200 familles de privilégiés et leurs soutiens.
Contre le facisme l
Contre la guerre !
Pour la souveraineté du travail !
Vive la République sociale !
Camille PLANCHE Avocat.
Premier adjoint au maire de Moulin sc Député sortant*
Candidat socialiste d'uni ou des travailleurs*