E , PIN AU LT
Maire de Pacè,
Conseiller général de Bennes nord-ouest.
Député sortant.
2e circonscription de RENNES»
jVL François JOLY
(Groupe de> Républicains indépendants et d'action sociale,) Elu pour la VR fois le 3 mai 1936.
Electeurs et amis,
Je viens à nouveau, comme il y a quatre ans, me présenter à vos suffrages et solliciter {honneur de vous représenter au Parlement.
Je n'ai rien à modifier à ma profession de foi de 1932, dont la devise reste :
Honneur, probité, travail, famille, patrie»
La crise redoutable qui s’étend sur la France et sur le monde entier ne peut être résolue que par des hommes indépendants qui mettront au-dessus des mesquines querelles des partis l1 intérêt supérieur du pays.
Les réformes les plus urgentes s'imposent» Voici les principales ;
Réforme économique et financière.
Réforme militaire et diplomatique.
Réforme politique et parlementaire.
Réforme sociale et redressement moral.
Je suis partisan de la diminution des impôts par des économies; les premières a réaliser sont : diminution du nombre des députés, des sénateurs et des ministres.
Par une réglementation mieux étudiée des taxes douanières et des contingentements, assurer à Lagri culture le rendement rémunérateur auquel lui donnent droit son activité et. son travail.
Les commerçants et les industriels succombent sous le fardeau des impôts et des taxes qui se superposent ; une révision générale s’impose dans le plus bref délai.
Partisan de tout ce qui concerne les droits des travailleurs, je crois à la nécessité d’une révision du fonctionnement de la loi sur les assurances sociales*
Pour la rendre plus souple et surtout moins lourde à ceux qu elle veut protéger, une entente est nécessaire avec les œuvres de mutualité*
Enfin, cette loi doit être facultative pour les agriculteurs.
Qu’il s'agisse de politique inférieure ou de politique extérieure, la France a besoin de tranquillité et de confiance; ees deux éléments sont, indispensables au fonctionnement normal de ses institutions*
Pour obtenir ce résultat, je me joindrai au cours de la prochaine législature à ceux qui demanderont :
Une loi électorale assurant la proportionnelle intégrale ;
Le vote familial ;
La péréquation des circonscriptions*
I) est inadmissible qu’un département qui possède deux cent cinquante mille habitants ait autant de députés pour le représenter que l'Ille-et-Vüaine dont la population dépasse six cent mille.
Electeurs et amis,
Aujourd'hui, T heure est grave. Il faut choisir entre deux politiques.
Ou : la politique républicaine et française d'ordre, de propreté, de probité et de paix dont je reste fermement le partisan résolu.
Ou la politique internationale du Cartel, socialistes, radicaux-socialistes alliés et com ■ maoïstes qui se dissimule sous la rubrique ambiguë et trompeuse de Front populaire, c’està-dire le désordre, la spoliation, le partage des terres, ia confiscation des biens, comme en Espagne, la révolution et la guerre. C’est Blum et le drapeau rouge.
Votre bon sens, votre foi dans Y avenir de notre beau et grand pays n'hésiteront pas : ils renverront à leurs troupeaux les mauvais bergers.
Aux élections de 19*32, vous ni avez donne dans trente et une communes sur trente-six une majorité dont je suis toujours fier.
Votre indépendance, votre justice, répondront le 26 avril par une majorité plus considérable vous assurant d’être représentés au Parlement par Pun des vôtres.
Vous ferez ainsi votre choix entre la politique de démagogie plus ou moins camouflée do mes adversaires et la politique d’ordre, de confiance et de paix dont je nf honore d'avoir été toute ma vie, sans la moindre défaillance, l’ardent défenseur.
Vive la circonscription de Rennes-Sud 1
Vive fa République !
Vive la France !
Feançois JOLY
Docteur en médecine.
Ancien combattant.
Maire de Brus.
lre circonscription de SAINT-MALO.
M. Ciiari.es G DERNIER
(^appartient à aucun groupe.)
Élu pour la T0 fois le 6 mai 1906. * — Réélu les 24 avril 191 0, 26 avril 1914, 16 novembre 1919, 29 avril 1928, Dr mai 1932 et 26 avril 1936.
Mes chers compatriotes,
Depuis trente uns, vous m'honorez d'un mandat qui a fait la fierté et la joie de ma vie. Conscient de m'être appliqué à le remplir sans défaillance, je viens en solliciter le renouvellement,
En aucun temps, la paix inlériem e, condition première de la paix extérieure, n'a été plus nécessaire que maintenant.
A r extérieur, l'Allemagne, violant le traité de Versailles. proclame cyniquement un réarmement intensif, déchire les accords de Locarno et prétend imposer à l'Europe et à k France ses conceptions d'avenir,
A Fintéricur, la coalition des extrémistes de gauche s'est formée pour imposer à la France un régime de destruction de Ja propriété privée et de l'ordre familial. Socialistes S. F. I. O* et communistes y sont attachés par la communauté de doctrine et d'objectif. Ils ne se différencient que par la méthode pour y parvenir.
Jamais l’union entre les républicains de tous les partis nk été plus nécessaire pour maintenir, contre le péril des dictatures, les institutions fondamentales de la République et sauvegarder la paix* a
II faut avant tout sauvegarder la paix entre les nations.
L'expérience montre que les garanties des accords et des ententes n’y sont parvenues quimparfaitement et qu'elles ont encore besoin d’être consolidées par uné force armée dont 3 a ligne Maginot vient de montrer F efficacité.
La Société des Nations n'est pas F œuvre d'un jour ; elle est de tous les instants, comme celle de la vie. Constamment perfection né elle offre une discipline et une continuité d'efforts qu'on chercherait vainement ailleurs.
C'est dans son cadre qu'il faut, en meme temps que le règlement honorable et rapide des difficultés présentes avec F Allemagne, bâtir un réseau d’intérêts économiques internationaux qui, conjugué avec l'assistance mutuelle entre nations menacées, donnera à la paix une base solide.
Pas de vie économique sans confiance et, d’abord, la confiance envers 1 Etat,
Un Gouvernement ne peut inspirer confiance que s'il est, à la fois, stable, obéi et solvable.
La succession fréquente fies cabinets ministériels est dangereuse, aussi bien dans îa vie des affaires que dans la pratique des administrations* On doit y remédier par le renvoi de la Chambre devant le pays, en cas de divergences graves entre elle et le Gouvernement,
La stabilité gouvernementale est, seule, susceptible de rendre au travail parlementaire l'esprit de suite et la sobriété de discussion qui le rendent fécond.
Le Gouvernement doit être obéi par les fonctionnaires, attachés à l’exécution complète et rapide de leurs instructions, mais garantis, en retour, par un s ta Lut général qu’ils n’ont que depuis trop longtemps attendu.
Il doit l’être également par les citoyens, dont aucun ne saurait être admis à se targuer de complaisance, encore moins de faiblesse,
L’équilibre sincère de son budget étant l'expression de la solvabilité d'un Gouvernement et la base de son crédit, les Chambres se sont trouvées dans la nécessité de mettre, par décrets-lois, un terme au déficit et aux emprunts par une amputation massive des dépenses.
Ainsi fut évitée une inflation ruineuse pour les salariés, les fonctionnaires et les petits rentiers*
Il conviendra toutefois d'adoucir la rigueur des mesures concernant les petits fonctionnaires et les petits retraités.
Les anciens combattants sont, comme tous les autres créanciers de l’Etat, atteints par les prélèvements. La création de la Caisse aulonome, demandée par les combattants euxmêmes, rendra intangible l’intégralité de leurs droits*
La dévaluation du franc, qui n’est qu’une faillite partielle, a été repoussée successivement par tous les Gouvernements sans distinction.
Respectueux des engagements pris, ils se sont refusé à sacrifier — aux avantages fugitifs d'une réévaluation de rencaisse or de la Banque de France et d'une reprise temporaire des exportations — les créanciers de l’Etat et, durant la période de réadaptation, les salariés et les fonctionnaires*
La dévaluation, pour la France, ne serait pas, comme en Belgique, un refuge contre une catastrophe redoutable, mais un simple expédient.
La mévente des produits agricole?, le marasme des affaires manifestent une crise de durée plus ou moins longue.
Le chômage, au contraire, résultant de la rapidité d'évolution du machinisme, apparaît comme permanent si Ton n y apporte un remède profond*
U doit être élimine à 1 intérieur de la profession librement organisée et rythmant ellememe son effort productil en vue de maintenir constamment une corrélation entré son progrès technique et ses devoirs sociaux* —
Pour combattre le chômage de crise, il faut intensifier et accélérer l’ exécution de& programmes de grands travaux publies en les reparaissant judicieusement sur l’ensemble du territoire,
Les mesures prises au cours de la dernière législature sont arrivées à relever, notamment, les cours du blé et ceux des animaux,
11 convient, maintenant, de revenir à la liberté des échanges en appliquant, sans
défaillance, les mesures instituées pour maintenir aux agriculteurs et l\ leurs ouvriers une rémunération équitable qui augmente leur pouvoir d’achat.
Ainsi doivent être multipliés les prêts sans délai à la récolte et les prêts a moyen terme pour b améliora üon des entreprises agricoles t
Une protection énergique doit être maintenue contre les importations perturba tri cea
des cours.
Id versement, l1 agriculture peut profiter de débouchés rémunérateurs et se les assurer par la sélection et la qualité de ses produits, ainsi que par des garanties péremptoires contre les parasites, comme la désinsectisation des pommes de terre,
L’industrie et le commerce doivent être mis à b abri de l'invasion du pays par des marchandises étrangères produites par des travailleurs dont les conditions d’existence m peuvent être comparées à celles des ouvriers français,
Le commerce local, qui doit satisfaire à tous les besoins de la clientèle, ne doit pas souffrir des procédés de concurrence particuliers aux magasins à « prix unique ».
Les commerçants et les industriels ne doivent pas être exposés à voir déjouer toutes leurs prévisions par les brusques hausses de l’escompte auxquelles doit recourir la Banque de France pour se protéger des manœuvres contre le franc. Un traitement de faveur doit être réservé aux effets de commerce représentant des opérations commerciales effectives, habituelles et saines.
Les paperasseries fiscales, dont le commerce est accable, doivent être réduites an minimum. Les bénéfices ne doivent être taxés que dans la mesure où ils sont réels.
Les frais de transports par voie ferrée, qui grèvent lourdement le prix des marchandises et s’opposent à leur écoulement, doivent être largement réduits et la durée des délais de transports diminuée.
Une politique de tourisme, servie par une propagande intensive à l’étrange* et un aménagement perfectionné des informations et des transports, doit ramener en b rance la clientèle étrangère.
La marine marchande doit être réorganisée sur un plan de solidarité entre les navigations de même ordre pour éviter le gaspillage ou les doubles emplois.
L’outillage des ports de notre région doit être complété etles travaux annexes exécutés. Les primes à l’exportation de la morue ne doivent pas, conformément à la tradition parlementaire, être altérées au cours de leur diurée décennale.
y Les facilités accordées à la petite pêche et à la pêche hauturière, pour l'acquisition de bateaux et d’engins, doivent être augmentées.
La police de la pêche doit être exercée en tenant compte des habitudes traditionnelles et des circonstances de fait,
Pour que les capitaux se dirigent vers les entreprises saines, il conviendra d appliquer, sans aucune défaillance, les lois protectrices de Fépargne, et notamment toutes les sévérités que viennent d’instituer les décrets -lois.
La protection légale des travailleurs ne doit souffrir aucune atteinte* Les formalités et les procédures qu'elle comporte devront être simplifiées*
L'artisanat urbain et rural doit être organisé sur des bases solides qui donnent aux travailleurs toutes garanties pour pouvoir tirer de leur labeur le juste profit qui leur est dû,
Dans une société mieux aménagée et rendue plus active par la reprise des affaires, où régnera une atmosphère de confiance, la jeunesse trouvera un apaisement aux angoisses de son établissement auquel elle sera rendue plus apte par l’éducation physique et sportive, la préparation technique mise à la portée de tous, une formation intellectuelle mieux adaptée à la vie moderne.
Toute l'activité du pays serait privée de ses meilleurs fruits si elle ne se développait dans la paix publique, par la propriété et sous l'égide des libertés et des institutions intaiitangibles, qui sont le fondement même de la République.
C'est dans cet esprit queje sollicite à nouveau vos suffrages*
Vive la 1™ circonscription de Saint-Malo f Vive la République !
Chaules GUERNÏER
Professeur des Facultés de droit.
Conseiller général drille - et- Vilaine*
Ancien Ministre*
Député sortant*
Candidat républicain radical*
2e circonscription de SAINT-MALO*
M. Guy LA CHAMBRE
(Groupe républicain radical ot radicaUsodaliate.)
Eïu pour la tt$ fois le 22 avril 1928. — Réélu les i*f mai 1932 et 3 mai 1936*
Citoyens,
A deux reprises déjà, le 22 avril 1928 par 7*751 suffrages, et le lâr mai 1932 par 8*383 suffrages, vous m'avea choisi pour vous représenter au Parlement*
Fort de ces témoignages réitérés de votre confiance, dont les récentes consultations du suffrage universel ont attesté la continuité, je vous demande de me la confirmer le 26 avril prochain*
Les principes sous le signe desquels s’inscrivait ma candidature en 1928 et en 1932 et nue nous avons fait triompher ensemble sont ceux-là même dont elle se recommande aujourd’hui. Républicain sincère, je suis demeuré libre de toute attache à quelque groupement, à quelque personnalité que ce soit, hormis au collège électoral qui m’a mandaté et oui demeure seul qualifié pour me demander des comptes. A ceux, s’il en était, pour prétendre qu'on ne peut être républicain authentique sans la caution d’un parti d’obédience, je répondrais qu'en matière de caution je tiens l’épreuve des faits pour supérieure à ’estampille d'un comité.
Cette épreuve, je Fai subie : appelé à prendre ma part des responsabilités et des devoirs du Gouvernement à des heures diverses, j’ai eu l’occasion de donner la mesure de mon attachement à nos institutions de liberté et n'ai pas attendu pour pratiquer la défense républicaine qu elle fût proposée comme thème au rassemblement populaire.
Et sans doute m’en féliciterais-je si les excitations des adversaires du régime n’avaient eu les tragiques conséquences que les Français, dont je suis, qui n’ont point désappris dans les controverses de la paix, la grande leçon de fraternité apprise dans les combats de la guerre^ sont unanimes à déplorer.
Parce que je n'ai pas désappris cette grande leçon,
Parce que je déplore ces tragiques conséquences,
Parce que les attaques, si injustes et si violentes qu'elles aient été, n’ont pu dévier la ligne politique dont je ne me suis jamais écarté,
Parce que je ne saurais dissocier la France de la République dans le cuite commun que
je leur ai voué,
Je me refuse à considérer comme inévitable la division de mon pays en deux camp* ennemis et comme fatale la plus abominable et la plus absurde des guerres civiles.
Je pense au contraire que l’urgence des tâches à accomplir, la nécessite d’écarter toute menace de guerre extérieure, de faire reculer le chômage et la misère, requièrent le regrou* pement des bonnes volontés soucieuses d un redressement collectif dans le maintien de* libertés républicaines. Mais ce regroupement ne doit s'opérer ni dans la confusion ni dan* l'équivoque. Il suppose chez ceux qui sont désireux d'y participer la volonté rélléchie e* déterminée de soustraire la République, qui est le bien de tous, à la domination de quelques-uns; de restaurer de façon effective la souveraineté de 1 Etat en assurant, en toute* circonstances et quelles que soient les résistances à vaincre, la suprématie de sa loi T d® soustraire les Gouvernements à la tutelle des féodalités économiques et des coalitions à presse qui prétendent régenter le pays et décider de toutes choses, fût -ce de celles qui in té ressent la paix ou la guerre en considération de leurs seuls intérêts,
A mes yeux j la liberté de l'Etat est aussi essentielle à îa liberté du citoyen que sa sou^ veraineté l'est au maintien de la paix.
Le maintien de la paix extérieure .
Maintenir la paix, m 'apparaît comme le premier et le plus grand des devoirs.
Les circonstances graves de l'heure, loin de décourager notre volonié, sont au contraire raison de plus de persévérer dans nos efforts pour conjurer la guerre ; la cause de k paix ne serait désespérée que si nous en désespérions nous-mêmes,
La réussite n'est pas au prix d'une abdication d’honneur ou d un abandon de dignité mais d'une adaptation incessante aux réalités mouvantes que constituent les besoins etk vie économique des peuples.
La paix n'est pas une construction figée, elle est une création continue.
Il importe de la continuer demain devant la Société des Nations, libérée de toute hégémonie et replacée dans son cadre de Genève qu'elle n'aurait jamais dû quitter.
Là, c’eai à la France, renouant la grande .tradition d'Aristide Briand, et s’inspirant du pkijet de fédération européenne de 1930, quTil appartient à son tour de proposer un plan constructif, dont ùe aéra exclu aucun peuple, pour le règlement des problèmes en suspens dont dépend la paix du monde. Une telle initiative s'impose d'urgence ; elle est en elfei seule susceptible de préserver la France de sc trouver à nouveau demain devant le fait accompli.
Entre autres dispositions, ce plan devra nécessairement prévoir une limitation et une réduction progressive, réciproque et contrôlée des armements. D’avoir toujours volé les Crédits de défense nationale que j’estimais, en conscience, et vu les circonstances de l’heure, indispensables à la sécurité de mon pays ne me donne que plus de crédit pour affirmer ç®tte vérité que rétablissement d'une paix durable ne peut être fonde sur un accroissement indéfini des armements mais seulement sur un système collectif de sécurité prévoyant et organisant dès le temps de paix l’aide et l’assistance qu’en cas d agression prêteraient immédiatement au pays attaqué les nations solidaires contre l'agresseur,
il serait inadmissible que cette politique fût entravée par la résistance des industries qui tirent profit des fabrications de guerre. Aussi, m’apparaît-il indispensable de rendre dès maintenant applicables en temps de paix Jes dispositions du projet de loi relatif à P organisation de la nation en temps de guerre qui ont trait au contrôle des industries travaillant pour la défense nationale-
Ces dispositions, que la Commission de Fermée de la Chambre vient, sur mon rapport, d'adopter à T unanimité, portent suppression de tous bénéfices sur les marchés de fournitures de guerre.
Le rètahh sÈêment économique ,
La crise dont nous souffrons ne saurait être imputée à la surproduction que dans la mesure où tous les besoins étant satisfaits, îes produits fabriqués en surnombre ne trouveraient plus preneur. Tel n'êst pas le cas. Ce qui manque n'est pas ie besoin d’acheter, mais le moyen d* acheter,
Rendez à nos populations agricoles, par une revalorisation équitable de leurs produits qui mette leur cours à parité de celui des produits industriels, leur pouvoir d’achat : elles redeviendront comme par ie passé les meilleurs clients du commerce et de l’industrie.
Payez aux ouvriers des salaires qui leur permettent d’acheter après avoir produit, au Ïibja de leur consentir des allocations de chômage qui les empêchent seulement de mourir de faim ; l’argent ainsi distribué alimentera l’économie générale du pays qui se meurt d'inanition.
La restauration de la capacité d achat des classes laborieuses est à la base de tout ré tarissement économique.
Dans le cadre de cette politique générale trouveront place les réalisations suivantes :
Pour les agriculteurs ;
Une législation assurant aux agriculteurs, qui ne font pas les cours mais les subissent, 1 écoulement des principaux produits du sol à un cours minimum garanti, remarque faîte qu il ne saurait y avoir de législation réellement efficace à cet égard sans une organisation professionnelle de la classe paysanne qui doîtetre réalisée en dehors de toute préoccupation commerciale et de toute visée politique.
L'amélioration du sort de l’ouvrier agricole, parfois si tragique dans nos campagnes, eat entièrement liée à la revalorisation des produits agricoles qui seule permettra aux férmiers, si durement éprouvés ces dernières années, de leur procurer h nouveau de l’embauche et un salaire décent,
La fixation du prix des engrais, dont la hausse récente fut scandaleuse devra être sous-
traite au bon plaisir des trusts dont le Gouvernement se doit d’être te contrôleur et non le serviteur,
La politique sociale devra être poursuivie à la campagne comme à la ville :
1° Par un relèvement progressif des allocations pour charges de famille de l'ensemble des travailleurs, à parité de celles dont bénéficient les fonctionnaires de l'Etal;
2U Parla poursuite cl l’intensification de la construction des chemins ruraux dont l’exécution constitue à la fois un bienfait pour nos campagnes et un remède efficace au chômage ;
3Û Des facilités devront être mises par l'Etat à la disposition des caisses départementales de crédit agricole pour permettre aux cultivateurs de bénéficier de délais pour le remboursement des emprunts par eux contractés aux époques de prospérité.
Pour les ouvriers :
Dans le domaine national devra être inaugurée et poursuivie une politique hardie de grands travaux analogue à celle que je me suis efforcé de faire prévaloir dans le domaine départemental et communal.
Elle devra s’accompagner des mesures propres à assurer la défense des salaires et 1 observation de la législation protectrice du travail.
L’unification des secours accordés aux chômeurs devra être assurée par la création d’un fonds national de chômage fonctionnant sous le contrôle et la responsabilité des colléetivités locales.
Pour les marins :
Notre marine marchande, par suite de la réduction des échanges avec l’étranger est sans doute parmi les branches les plus gravement atteintes de notre activité nationale.
,11 est de toute urgence, si nous ne voulons pas assister à sa disparition .
1» D’assurer une réorganisation profonde du régime des compagnies subventionnées, 2° De faire une obligation aux armateurs, en contrepartie des primes à 1 armement dont ils bénéficient, de procéder au renouvellement progressif de notre flotte marchande.
Nos marins pêcheurs ont droit également à la sollicitude des Pouvoirs publics, il importe notamment de maintenir et de développer nos débouchés sur les marchés étranger» pour l'écoulement des produits de grande pêche*
Enfin, les. inscrits maritimes sans embarquement devront êl/c assimilés aux travailleur* terrestres pour leur admission au fonds de chômage.
Pour les commerçants et les artisans:
La reprise des affaires ne peut être attendue que d'une restauration du pouvoir d'achat de leur clientèle et, pour les commerçants et hôteliers de nos stations balübanes, de la con clusion d'une paix monétaire dont dépend le retour de la clientèle étrangère.
Dans l’intervalle le recouvrement de l'impôt dont Y Etat les a institués contre leur gré les collecteurs ne saurait être poursuivi qu’au prorata du bénéfice effectivement réalisé et non suivant des méthodes aussi arbitrages que celle du forfait obligatoire que je m honore d’avoir contribué à abolir.
Toute mesure d1 exécution à la requête du fisc doit être écartée à 1 égard d un commet çant de bonne foi. Vos unions commerciales sont témoins que, d'accord avec elles, mon action auprès des Pouvoirs publics s’est constamment exercée en ce sens*
Enfin, les commerçants locaux fournissant par la patente qu’ils acquittent, la principale ressource aux budgets départementaux et communaux, doivent trouver dans la loi une protection efficace confre des tentatives d'accaparement du marché par les grands trusts dissimulés derrière les magasins à prix uniques.
Pour les fonctionnaires et les retraités :
Certes, les plus modestes ont été le plus durement et le plus injustement frappés par les décrets-lois. Sans doute ces injustices eussent-elles été épargnées si une majorité s’était trouvée pour prendre en temps utile les mesures proposées par les Gouvernements auxquels
et don( Je rappellerai quelles épargnaient tous les traitements inférieurs à 10,000 francs et les pensions n’excédant pas 6,000 francs.
L œuvre d’humanisation est en cours pour le personnel retraité des services publics, elle devra cire poursuivie et étendue aux traitements d’activité.
Pour les anciens combattants :
Les Gouvernements républicains auxquels j’ai appartenu n’ont imposé à mes camarades anciens combattants aucun sacrifice.
Si, dans la suite, leurs successeurs, usant des pleins pouvoirs, ont cru devoir comprendre avec 1 assentiment d’un Ministre non parlementaire et représentant des associations d’anciens com b, liants, les pensions et les retraites des anciens combattants dans le prélèvement général institué par décret-loi, j’ai le droit de souligner que le Parlement n’a donné son assentiment a aucune mesure les atteignant en propre. L’œuvre de demain sera, par institution de la caisse des pensions, de les rétablir dans l’intégrité de leurs droits primitifs dont je ne sanctionnerai jamais pour ma part aucune amputation.
Le redressement financier.
Il ne peut être à mon sens attendu que d’un rétablissement économique préalable.
L expérience de ces derniers mois, que je me félicite pour ma part d’avoir laissé se poursuivre jusqu’à son terme, ne serait-ce que pour me trouver aujourd’hui en droit d’en tirer les leçons, a on effet établi que le recours à la seule politique de déflation ne suffisait pas à rétablir l’équilibre, budgétaire, la diminution des recettes intervenant à un rythme beaucoup plus accéléré que la compression des dépenses.
Est-ce à dire qu’il fallait accepter en mai 1935, en refusant les pleins pouvoirs au Gouvernement, comme conséquence inévitable et immédiate de ce refus : l’inflation 7 Je ne le pense pas, car elle eut atteint beaucoup plus gravement encore que les décrets-lois Pensemb e des citoyens, anciens combattants, petits propriétaires, créanciers et salariés de i Etat et n eut enrichi qu’une poignée de spéculateurs internationaux toujours à l’affût des infortunes du pays pour en tirer profit*
Si demain la stabilisation internationale des monnaies doit être réalisée, des mesures severes devront être prises pour que l’ajusLement monétaire qu’elle comporte ne laisse place « aucun profit pour la spéculation et n’altère d’aucune manière le pouvoir d’achat des petits rentiers et des petits retraités dont l’Etat ne. doit d’assurer les vieux jours
La politique intérieure.
Défense républicaine ;
En présence des agissements de ceux qui ont dessein d’exploiter contre le régime républicain les difficultés actuelles, la défense républicaine demeure le plus impérieux des devoirs. Avec le concours de tous les républicains, j’entends barrer la roule aux entreprises
du fascisme, mais je n’en demeure que plus résolu à m’opposer à toute mainmise du com monisme sur les institutions de mon pays.
Paix intérieure ;
Plus que jamais les querelles religieuses entre Français m apparaissent inopportunes. Aussi ne saurais-je mieux faire que de reprendre pour la confirmer ma déclaration
de 1932 :
Avec Aristide Briand qui s'efforça de réaliser la paix des consciences, prélude de la paix des peuples, j'estime que les lois de laïcité sont « l’assise fondamentale de la République » en tant qu’elles tendent à consacrer l’indépendance du pouvoir civil à l’égard des sociétés religieuses. Les considérant comme un gage de paix, je me réinsérai toujours à en laisser user comme d'un instrument de persécution.
Partisan résolu de l’accession gratuite des enfants du peuple à tous les degrés de ) enseignement, ainsi qu’il sied en un régime de démocratie qui se doit de dispenser le savoir à chacun selon son mérite et non selon sa fortune, je n’en suis pas moins indérectiblemeut attaché au maintien de la liberté d'enseignement que je considère comme un principe fondamental du régime et l’adversaire déterminé de toute tentative de monopole appliqué à renseignement.
Telles sont, mes chers Concitoyens, les idées sur lesquelles nous sommes depuis longtemps d’accord et dont huit ans de collaboration confiante entre nous ontfait un programme en cours de réalisation chaque jour plus effective, en dépit de la crise terrible qui sévit sur le pays, mais dont les effets, grâce à nos efforts communs, ont pu, dans une certaine mesure, être conjurés dans notre région.
Vous pouvez compter sur moi comme je compte sur vous. Vous voterez en masse pour votre défenseur, pour votre ami. Mon dévouement vous appartient*
Vive la 2e circonscription de Saint-Malo I
Guy LA CHAMBRE
Député sortant.
Maire de Sain t’Ser van.
Conseiller général de Dfrmrd.
Ancien Ministre.
Circonscription de VITRÉ,
M. H bp ve de LYROT (Group© des Indépendants républicains.) «r
Elu pour la fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936.
Messieurs les Électeurs et chers Concitoyens ,
Par votre libre choix, je viens, pendant quatre ans, de représenter à la Chambre des Députés, notre bel arrondissement de Vitré.
Fidèle aux engagements pris vis-à vis de vous, je crois avoir fait tout ce qui dépendait de moi pour servir la patrie et la paix et pour défendre les intérêts moraux et matériels dont vous m'aviez confié la garde.
Avec Paicle des organisations professionnelles, j'ai suivi tout spécialement les marchés du blé, de la viande, des fruits à cidre et de PalcooL
J’ai travaillé, j'ai étudié et approfondi les questions économiques, agricoles et commerciales qui touchent de plus près à nos grands intérêts régionaux,
À la Chambre, à la Commission du commerce et de l'industrie, c'est sur ces questions que j'ai fait porter surtout mon activité personnelle*
J’ai par ailleurs tenu compte de tous les appels des groupements d'associations d’anciens combattants, des syndicats, des chambres de commerce, des chambres d'agriculture, des associations de mutilés du travail, des associations do pensionnés de guerre, de familles nombreuses, etc.
Profondément reconnaissant envers mes amis de la première heure, de leur confiance et de leur fidélité, reconnaissant aussi envers ceux qui, plus tardivement, ont bien voulu venir vers moi, donnant ainsi la preuve de leur bonne foi et de leur volonté d’union, je n’ai pas voulu que se prolongent les luttes 'ardentes qui avaient bouleversé notre pays lors des dernières élections.
J’ai repoussé les disputes partisanes, évité les querelles de personnes, parce que* je croîs qu il n’y a pas de sécurité pour notre pays sans Puni on des Français, pas de reprise dos affaires possible sous la menace de troubles intérieurs*
J ai voulu être le député de tous, cherchant à rendre service à tous et à défendre les intérêts de tous,
La guerre économique nous a imposé une crise du ne intensité inouïe, source de souffrance et de misère. Le spectre de la guerre extérieure est venu, une fois déplus, roder' autour de nos foyers.
Mais regardons maintenant 1 avenir. Dans tous les domaines que je viens d’invoquer, tout reste, hélas, à faire,
Ai-je besoin de vous dire, mes chers- Concitoyens, que si vous me faites, une fois de pluSj 1 honneur de m’accorder votre confiance, je continuerai mon action avec le même cceur, la meme volonté de défendre vos intérêts, fort de votre approbation et de l'expérience acquise?
Il faut triompher de la crise dans le plus bref délai. C'est une nécessité pour les agriculteurs, les commerçants, les industriels, les artisans et les ouvriers, pour toutes les collectivités et toutes les classes sociales.
U le faut pour notre jeunesse anxieuse qui se désespère de ne pas trouver d’emplois à son activité impatiente*
Vous savez que je partage vos convictions les plus profondes et notamment les droits de la famille en matière de liberté d'enseignement.
Républicain d'union nationale, je continuerai à soutenir toute politique tendant k sauvegarder la paix par le renforcement de nos alliances et de nos amitiés traditionnelles*
Je suis partisan d’une force internationale mise à la disposition de la Société des Nations et du référendum donnant au peuple la possibilité de se prononcer sur toutes les grandes questions, mettant en jeu la vie meme de la nation.
Je soutiendrai toujours les gouvernements d'union nationale*
J'estime que l'Etat n'aura jamais de finances saines tant que les particuliers seront écrasés d'impôts,
À la base du relèvement général je place nettement celui de notre agriculture, par une revalorisation juste du prix des produits,
La justice dans l'établissement des baux ruraux.
L’amélioration des chemins.
Pour le commerce, il faut, par une réforme fiscale et par la préparation d'une législation commerciale, artisanale et.sociale, arriver -à diminuer les impôts ruineux.
Mes chers Concitoyens,
Pour cette œuvre urgente, je ne vois en politique intérieure qu'une ligne de conduite : l'union *
L'union pour la France.
L’union pour la paix.
L’union pour la République,
Pour toutes ces tâches, je mets de tdut cœur à votre disposition mon activité, ce que je peux avoir acquis d'expérience et surtout une indépendance absolue dont j'aitne à dire, vous le savez, qu'elle ne connaît d'autre* limite que les engagements pris envers vous.
Je vous prie d’agréer, mes chers Concitoyens, 1 hommage de ma reconnaissance et l'assurance de mes sentiments entièrement dévoués,
Hbbvk oe LYROT Député sortant.
Candidat d'union républicaine et d'union nationale.