INDRE
Circonscription de LE BLANC.
M. Albert CH I CHER Y (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)
Élu pour la 1™ fois le B mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936,
Aux électeurs de l'arrondissement du Blanc,
Pourquoi îa candidature df Albert Chiohery, député sortant, doit, retenir votre attention et grouper tous vos suffrages ?
Vous ne voterez pus pour la dictature agraire.
Les partisans de l’aspirant-di dateur Dorgeres sont réduits à leur plus simple expression, Les hommes sérieux, comme Louis Guillou, député des Vosges, 1 ont abandonné depuis longtemps,, car ils sont de sincères républicains, et ne veulent pas du régime de la matraque.
Les modérés qui n ont pas de candidat abhorrent un tel régime, qu'ils redoutent plus encore que toute autre dictature.
Vous ne voterez pas pour des hommes qui ne sont pas du pays.
Vous ne voterez pas pour M, Gaultier, employé de coopérative a Chat eau roux, communiste, qui ne se présente que pour compter les voix de son parti.
Vous ne voterez pas pour M. Delmas, employé des Postes à Cbâteauroux, socialiste S. F. L O,
M. Delmas a remplacé, comme secrétaire général de la Fédération Socialiste de l'Indre, M. Parpais, jugé trop tiède. Jusqu'à présent, le candidat socialiste, qui appartenait à la fraction modérée de son parti, groupait des voix de sympathisants, car il n’inspirait aucune crainte et plaçait la République avant toute autre considération. M. Delmas ne peut plus compter sur de telles voix, car il appartient à la fraction extrémiste qui inquiète nos populations rurales.
D'ailleurs, le précédent candidat du parti S, F, 1, 0, ne cache pas certaines divergences de tactique sur les points essentiels de ia doctrine. Son successeur ne pourra donc avoir que les voïx^de ceux qui réclament la lutte des classes et l’avènement du régime collectiviste.
Mais vous voterez pour Albert Cblchery, député sortant.
Parce que vous êtes partisans d’une politique de réalisations.
Parce que vous voulez la défense de la paix, de l'agriculture, du commerce, le travail et le bien-être pour tous dans la sécurité,
Albert CÏIICHËBA
Député sortant.
Aux jeunes de l’arrondissement du Blanc,
Vis-à-vis de vous, mes jeunes amis, qui me connaissez déjà, je veux prendre des engagements précis, avec tout le sérieux dont vous me savez capable.
Il est bien facile de promettre dans certains cas :
1 0 Lorsqu’on n'a aucune chance d’être élu, les promesses n ont pas beaucoup d importance ' on peut en faire tant qu:on veut ;
W Même élu, un isolé est dans l'impossibilité de traduire sa pensée autrement que par des vœux qui ne seront jamais pris en considération*
1] en va tout autrement de votre député, qui a pris une influence grandissante sur ses collègues les députés ruraux : ses propositions peuvent et doivent aboutir, car elles sont appuyées et signées par de nombreux amis*
Mes promesses sont sérieuses, je les fais après mûre réflexion.
1° Régime des familles nombreuses :
ïi est inadmissible de voir les ruraux plus longtemps déshérités. Je prends 1 engagement de faire signer par de nombreux collègues un projet de loi qui comportera le relèvement des
allocations familiales pour le 1er et pour le 2e enfant.
11 ne faut plus qu’un seul régime en France : les paysans sont las d’être traites en parents pauvres. On parle de les maintenir à la terre : encore faut-il leur en donner les moyens 1
2° Accession à la petite propriété ;
De même que remployé, l'ouvrier des villes peuvent, grâce â la loi sur les habitations à bon marché, devenir propriétaires d’une maison, de même l’ouvrier des campagnes — et aussi le « déraciné » qui, aujourd’hui, émarge au fond de chômage de la ville — devrait pouvoir acquérir « une propriété à bon marché » ;
3° Chômage ;
Dans mes conférences, je préconise de retirer du marché du travail deux ou trois cents mille vieux travailleurs, afin de faire de la place aux jeunes. C’est possible, par un aménagement nouveau des assurances sociales ;
■1° Enfin, et surtout, mon principal efîort sera pour travailler au plus précieux de tous les biens, à la paix :
Voilà les seules promesses que je tiens à vous faire, mes jeunes amis. Et si je suis réélu, il vous sera facile de me juger ; je suis des vôtres, je suis du pays. En dehors des sessions parlementaires, je suis sans cesse parmi vous. Vous pourrez donc exercer un contrôle constant sur mes actes.
Je connais tous vos besoins, toutes vos aspirations, et vous pouvez être surs que je saurai les traduire à La Chambre.
Mais, pour le faire, il me faut une force, et c'est vous qui me la donnerez en votant en masse pour moi. 3^n assurant mon succès dès le premier tour, vous me donneiez une influence plus grande que celle que j'ai acquise pendant ces dernières années.
D'ailleurs, je n'ai pas d'adversaires !
Est-ce que M. Marteaux, du parti de Dur gère s , peut faire* œuvre utile? Son parti n’a pas de représentant è la Chambre 1
Est-ce que vous pouvez faire crédit aux promesses de XL Delmas, employé des Postes, qui est, dans son parti, de la tendance extrémiste Zy rom ski? Peut-il s’intéresser aux ruraux autrement que pendant la campagne électorale?
Non, vous ne pouvez voter que pour le véritable défenseur des intérêts agricoles, pour votre compatriote
Albert CHICHERY
circonscription de GHATEATJROUX-
M, Louis DESCI IIZ EAUX
(Groupe de l’Union socialiste' et républicaine;}
Élu pour la lre fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936.
Citoyens,
Dans quelques jours, le pays va voter.
De celte consultation électorale dépendent P avenir de notre nation, nos libertés et la paix.
Notre pays traverse une crise grave.
Ler découragement, là lassitude se sont emparés des esprits.
Les Français ont perdur confiance en eux-mêmes-et dans lèursr chefs.
Alors qu’il faudrait, pour diriger les affaires publiques dfes hommes de caractère, intègres et courageux, on voit revenir trop souvent des hommes usés par l’exercice du pouvoir, et par les compromissions d’une carrière dont les grades furent conquis audemps de la facilité.
Les rouages de l’Etat ne tournent plus.
Les lois sont mah faites* ou-- insuffisantes, F Etat est dominé par1 des profiteur» qui triomphent avec arrogance,
La paix intérieure et la paix extérieure sont en. péril.
Enfin, une crise économique sans précédent, le chômage, la mévente et toutes les misères familiales ou sociales frappent les diverses catégories de citoyens.
Bien que l’avenir apparaisse sous un jour sombre, nous n'avons pas le droit de noire décourager ni de désespérer dè nous-mêmes.
Nous devons secouer notre torpeur, desserrer l’étreinte qui nous étouffe; réagir, rassembler nos énergies.
Nous devons mettre debout un programme d’action clair et précis par lequel nous? assurerons le sauvetage de la* nation et de la République:
Le droit à liaviey Irrespect du^ travail, la' sauvegardé- dé nos libertés, la défense de nos institutions libres, l'organisation de- la paix internationale : ce sont les mots d’ordre que' nous avons lancés.
Nous voulons en faire, demain, des réalités.
II ne s'agit pas, en ce moment, d'opposer des doctrines. Nous n'avons pas le temps de bâtir des théories, ni de discuter sur l’avenir. Le présent est trop préoccupant pour cela..
Une antre faute dont le régime ne se relèverait pas, serait de former une alliance électorale d'un jour et d’envoyer siéger à la Chambre des partis, qui, comme en 1924 ou 1932, seraient unis devant les électeurs pour la bataille électorale du deuxième tour, mais seraient plus ou moins décidés à se séparer au moment de faction et à laisser retomber sua1 leurs voisins les responsabilités du pouvoir.
Ce dont le pays a le plus besoin, c’est que, des prochaines élections se dégage une majorité de gouvernement, solide, stable, fermement résolue à prendre, dès le mois de juin prochain, les mesures de salut public qu’imposent déjà les événements.
Le nouveau Gouvernement n’aura pas un seul jour à perdre. Il devra s'appuyer non seulement sur sa majorité parlementaire, mais sur la grande masse du peuple français : les ouvriers, les paysans, les classes moyennes, les grandes organisations syndicales, les anciens combattants, etc., en un mot, toutes les forces vives et saines qui forment la nation laborieuse*
Seul, ce grand mouvement de rassemblement populaire pourra assurer le triomphe de nos idées constructives* Seul, ü nous permettra d’avoir raison dos puissances qui s’opposent à l'œuvre de justice sociale et mettent leur intérêt privé au-dessus du bien public*
Celte grande et noble tâche de rénovation politique, d’émancipation sociale et de redressement économique, nous allons l’ entreprendre*
C'est à elle, citoyens, que je vous convie.
Aux grandes heures de son histoire, le peuple français a toujours su reconnaître son véritable destin*
Coude à coude, ayant au cœur le grand idéal démocratique qui animait nos pères, marchons vers lui.
Louis DESCHIZEAUX.
Défense de la République et réforme de F Etat ;
La France repousse avec horreur l’idée d’une dictature.
Nous ne laisserons pas s'établir, par un coup de force, le pouvoir d’un homme ou. celui d’une faction*
Contre ceux qui voudraient la renverser, nous défendrons s’il le faut, par tous les moyens, la République,
L’ordre républicain, issu du suffrage universel, sera respecté par tous.
Les libertés démocratiques seront défendues par le peuple qui les a si péniblement conquises, par ses représentants librement choisis et par le Gouvernement légalement investi du pouvoir*
La seule autorité que nous reconnaissons est celle qui s’exerce au nom du peuple et pour le peuple*
Un gouvernement fort composé d’hommes courageux et résolus, entièrement dévoués au service du bien public, devra libérer l’Etat de l’emprise des coalitions d’intérêts et des puissances d’argent qui le maintiennent en tutelle*
Nous voulons une démocratie sans servitudes et sans faiblesses.
La défense du régime républicain aura toute son efficacité si elle s’accompagne de la volonté de mettre de l’ordre dans nos institutions et d’opérer les réformes indispensables dans l’Etat.
Etre républicain, ce n'est pas être aveugle sur les imperfections ni pardonner les fautes* Nous voulons, d’abord, rétablir la moralité*
Les hommes investis d’un mandat public oa exerçant une fonction publique doivent avant tout mériter la confiance par leur intégrité.
Il faut liquider les mœurs faciles d’après guerre, les abus, les tares, les corruptions. L’immoralité, la vénalité doivent être inexorablement frappées par des sanctions administratives et judiciaires.
Le favoritisme ne doit plus remplacer le travail eL le mérite,
L'Etat doit être libéré des puissances capitalistes, financières et économiques qui pèsent sur les décisions des gouvernements, qui le menacent de manoeuvres financières ou mercantiles, qui exercent leur chantage au crédit public et qui asservissent la presse*
Nous voulons ensuite
Réformer l'Etat :
Réforme du Parlement, — Il faut assurer un meilleur exercice de la fonction législative. Aucun système électoral n'est parfait, mais soit avec la représentation proportionnelle, soit avec le scrutin d'arrondissement, soit avec le scrutin de liste départemental majoritaire — système qui a nos préférences — le droit de vote doit être accordé aux Françaises comme il l’a etc aux femmes des autres pays d’Europe.
La propagande électorale doit être réglementée afin d’enlever toute prime à l’argent*
À il Parlement, un devoir incombe aux élus l celui de constituer une majorité de gouvernement en vue d’assurer la stabilité gouvernementale.
Le travail législatif doit être organisé en vue d’un meilleur rendement. Des lois mieux étudiées et moins de discours.
Il faudra limiter le dépôt d’amendements en séance publique et réglementer les droits dos commissions parlementaires qui, trop souvent, se comportent en s o Life -parlements.
Il faudra, enfin, prévoir pour le Sénat l’obligation de se prononcer dans un délai raisonnable sur les lois qui lui sont envoyées par la Chambre et qui, actuellement, dorment trop souvent, des années, dans les cartons.
Conseil national économique ;
Une des reformes essentielles sera la création et la mise en fonctionnement du Conseil national économique, véritable Chambre professionnelle consultative de la France.
Dans cette Chambre, l'agriculture, le commerce et l'industrie pourront émettre leurs avis sur les grandes questions qui les intéressent.
Les professions organisées, les syndicats, les associations ou groupements légaux, les <collecti vîtes morales pourront, par leurs délégués élus suivant une formule paritaire entre ouvriers et pu Irons, trouver la représentation qu’ils n’ont pas au Parlement,
Réforme du régime judiciaire qui est lent, cher et désordonné.
Lutte contre la crise eL contre le chômage :
C’est la misère qui fait les dictatures.
Surmonter la crise, tel doit être un des premiers objectifs de la prochaine Chambre* Chaque citoyen a droit à la vie pour lui et pour les siens. Il doit jouir non seulement •de ses « droits politiques w, mais aussi d’un « droit économique » qui est le droit au travail. Les gouvernements Doumergue et Laval, par la politique de superdéfia Lion des décretslois ont accru la misère et tari les affaires sans réussir à équilibrer le budget.
Toute réduction du pouvoir d’achat et des facultés de consommation diminue, en effet, !a rentrée des impôts et crée un nouveau déficit. Le budget ne peut être équilibré que par la reprise économique.
Contre la politique de déllation, qui frappe de paralysie la Nation, il faut mettre en «œuvre un plan de redressement économique.
La lutte contre le chômage doit être intensifiée par un programme de grands travau* „n(aKIes d'utilité publique citadine et rurale, qui associera à l'effort financier de Etat celui He l’énarrne locale. 11 vaut mieux voir l'épargne s’investir dans ïel affaires qui, étant sur Ice sont contrôlables, que de l’engloutir dans des emprunts étrangers trop coin plaisamment’ placés, parfois à fonds perdus pour les épargnants, par les Etablissements de crédit.
Un fonds national de chômage doit répartir équitablement en réduisant 1 intervention financière des communes, la charge sociale du chômage. Pourquoi un chômeur selon qu il est domicilié dans telle ou telle commune, serait-il secouru ou abandonne
Un régime de retraites suffisantes pour les vieux travailleurs permettra d appeler les
^ 6U 11 g [ffin ^contre la spéculation, contre la vie chère et contre le mercantisine, le contrôledes prix doit permettre une lutte efficace contre la vie chère.
Les trusts contre la Nation ;
La Nation est dominée par des trusts puissants dont les chefs, véritables grands féodaux de l’argent, placent leurs privilèges et leurs profits au-dessus de l’intérêt public.
Ces hommes puissants font partie de l'internationale de l’argent. 11 ne faut plus que la France soit mise au pillage par ceux qui abritent leurs coffres-forts derrière un soi-disant
patriotisme et les couvrent du drapeau tricolore.
P La haute banque exploite la petite épargne et domine 1 Etat. Le crédit doit etre contrôlé. La profession de banquier doit être réglementée. Les bilans des banques et des sociétés anonymes doivent être contrôlées. Il doit être interdiL aux hauts fonctionnaires retraites ou en disponibilité, d’entrer dans les conseils d’administration des sociétés qu'ils ont été chargés
dC ^Pour' soustraire le crédit à l’oligarchie financière, la Banque de France, aujourd’hui
banque privée, doit devenir la Banque de la France.
H faut pour cela supprimer le Conseil des régents, élargir les.pouvoirs du Gouverneur sous le contrôle permanent d'un Conseil composé de représentants du pouvoir legislatif, u pouvoir exécutif et des représentants des grandes forces organisées du travail, de 1 activité
industrielle, commerciale et agricole. .... ,
Pour que la défense nationale ne soit pas pour les uns un sacrifice qui va jusqu à la mort et pour les autres une source de profits scandaleux, les industries de guerre doivent être nationalisées, le commerce des armes contrôlé, les marchés de guerre revises.
Les compagnies d’assurances qui prélèvent chaque année 10 milliards de primes et qui en gardent 4, sont, avec leurs formidables réserves, la plus grande puissance financée française. Ce monopole de fait doit être organisé en vue de la sauvegarde des droits des
assurés, des agents et des employés de ces compagnies, . », »
Les grands moulins ont tué la petite meunerie et se sonL rendus maîtres du ma blé. Ils ont vécu d’abord de la spéculation sur les grains. Puis, ils ont saboté ouvertement la loi sur le prix minimum. Ils sont responsables de la crise agricole. Ils doivent elie mm
dans Tim possibilité de nuire. . , ,
Les grandes compagnies de transport, en particulier les chemins de fer, dont le de i est payé par l’Etat, c’est-à-dire par les contribuables alors que leurs sociétés filiales distribuent des dividendes avantageux à leurs administrateurs, doivent être réorganisées sous
contrôle de T Etal en vue de Y intérêt collectif. t ,
Le trust de l’électricité qui revend 1 ou 2 francs, parfois 5 francs, le kilowatt-heure, lequel vaut par exemple 5 centimes à l’usine du Massif Central et 13 a 20 centimes J E arrivée dans les grands centres ; le trust du pétrole, maître d’un produit dont dépend la vie économique du pays et qui bénéficie du privilège d’importation ; le trust de la gramïe près e enfin : toutes ces oligarchies doivent être rappelées au respect des droits sacres de la Nation dont ils sont les parasites.
C'en est assez, la France ne veut plus subir leur tyrannie .
11 faut, comme en 1789, qu'une nuit du 4 Août, vienne marquer l'abandon des privilèges des seigneurs de l'argent. Aucune réconciliation française n'esl possible sans ce premier acte de justice sociale !
Agriculture :
11 est difficile d'évaluer ce que les parasites de l’ agriculture peuvent soustraire chaque année à un ménage de paysans français î
Quand il achète ses engrais, ses machines agricoles, son électricité, quand il contracte ses assurances, quand il fait transporter son bétail, le paysan trouve devant Lui les monopoles de fait des grands trusts.
Quand il vend son blé, il trouve le monopole de fait des grands moulins*
La revalorisation des produits de la terre qui doit sauver les propriétaires exploitants, les fermiers, les métayers et ouvriers agricoles ne sera possible que si le Gouvernement engage une lotte sans merci contre les trusts avec la volonté de supprimer la dîme prélevée par eux sur le travail paysan*
IJ faudra entre autres mesures :
Organisera livraison des engrais au prix de revient parles offices nationaux des potasses et de Tapote,
Contrôler la vente des superphosphates*
Soutenir les coopératives agricoles en combinant cette action avec la Lutte contre la vie chère et contre la spéculation.
Gréer l'Office professionnel des céréales, dirigé parles agriculteurs eux-mêmes*
H faudra mettre en application les autres propositions qui se trouvaient incluses dans les dix projets de loi dont j'ai esquissé Je programme, en janvier 1935 :
Organisation professionnelle paysanne, ayant à la base les associations paysannes communales et au sommet le tfonseil national économique.
Organisation du marché des vins et alcools (mettre fin aux tracasseries du fisc)*
Statut du fermage et statut du métayage qui donneront aux fermiers et aux métayers le moyen de vivre et de trouver une part sur la plus-value culturale*
Développement du crédit agricole à long terme.
Toutes ces réformes exigent un plan d'ensemble* Elles constituent le véritable t Code de Y économie rurale » qui doit se substituer aux lois désordonnées, aux mesures improvisées dénoncées par nous à la tribune de la Chambre comme incapables de porter remède au mal dont souffre l'agriculture française.
Commerce :
Le commerce ne doit plus être réduit au rôîe de collecteur d'impôts*
Il doit être encouragé par une meilleure organisation du crédit, les banques étant appelées à assurer leur devoir économique en Facilitant la trésorerie des commerçants honnêtes.
Il doit être aidé par une réforme fiscale qui assurera une plus juste répartition des impôts^ établis actuellement suivant des règles trop théoriques et qui ne tiennent pas compte des conditions particulières de chaque exploitant.
La réforme de la patente, la question des baux, les magasins à prix uniques doivent famé l'objet d'une législation nouvelle plus conforme aux intérêts du commerce.
Artisanat :
Les a* tisane représentent mue grande masse des travailleurs*
L’apprentissage doit être encouragé, les charges trop lourdes doivent être allégées [pour assurer le droit d'existence d’une classe qui fait le renom mondial de notre pays*
Développement du crédit artisanal. — Soutien des chambres des métiers. — Nous aoprouvons le programme de la Confédération nationale de l’artisanat.
Assainissement financier. — Réformes fiscales :
Répression du gaspillage dans les Administrations civiles et militaire?.
Institution de la caisse des pensions de guerre.
Réforme démocratique du système ides impôts comportant une détente fiscale et création de ressources par des mesures atteignant les plus grosses fortunes, progression de la majoration du taux de l’impôt général sur les revenus.
Suppression de la fraude fiscale.
Contrôle des sorties de capitaux et répression de leur évasion.
L’école et la liberté de conscience :
Il faut assurer la vie de l’école publique par les crédits nécessaires et garantir à tous, élèves et maîtres, la pleine liberté de conscience, notamment par le respect de la neutralité scolaire, de la laïcité et des droits civiques du corps enseignant.
Libertés syndicales :
L'application et le respect du droit syndical pour tous, le respect du droit des femmes au travail, sont à la base du régime démocratique. Dans la nation de demain le syndicalisme jouera, par le Conseil national économique, le rôle important qui lui revient.
La paix ;
Ancien combattant, j’ai connu les horreurs de la guerre.
La paix est le plus cher de nos biens.
J’ai dénoncé, il y a quatre ans, le danger que faisait courir à la France une politique basée sur la seule idée de la force.
J’ai réclamé le désarmement simultané, progressif et contrôlé, désarmement que nous nous étions engagés à réaliser par le traité de Versailles.
Toujours différé ou trop mollement réclamé par des gouvernements dont les chefs n’avaient su tirer aucune leçon de la guerre — peut-être parce qu’ils ne l'avaient pas faite le désarmement simultané n’a pas eu lieu.
J’avais de même préconisé alors un rapprochement durable entre la b rance et 1 Al le— magnerépublicaine de Weimar, rapprochement tenté par Aristide Briand.
J’avais indiqué combien il était dangereux de compliquer leur tâche aux dirigeants de la République allemande. J 'aval s "dénoncé à l’époque la folie des réparations («le Boche payera ! ») et de l’occupation de la Sarre dont certains hommes d’Etat nourrissaient dans P Opinion l’illusion de faire un jour une province française.
Aujourd’hui, voici que pèse sur l’Europe la menace d’Hitler qui viole les traités et impose le fait accompli*
La politique extérieure et la sauvegarde de la paix doivent être au-dessus des luttes de partis et des préférences politiques.
Pour que la France sauve la paix :
“ elle doit avoîp une politique intérieure indépendante des puissances économiques J — elle doit avoir une politique extérieure indépendante des puissances étrangères ;
elle doit maintenir ses forces de résistance sous le contrôle effectif de la Nation et
fans bénéfice aucun pour les mun itionn aires ;
Appuyée sur la Société des Nations, basée sur la sécurité collective, sur les pactes d'assistance mutuelle et la, collaborât ion économique des peuples, fondée sur le droit international, l'arbitrage, le respect des signatures, telle doit être la politique française*
La France a pris, enfin, l'initiative de proposer, elle aussi, son programme de paix.
Le 14 mars, je proposai ceLte politique.
Aujourd'hui, le Gouvernement s’engage dans cette voie.
La question du Rhin n est qu'un des aspects de la paix.
Il faut que dans les négociations générales qui vont s'ouvrîr, dans cette vaste conférence internationale, tous les problèmes do la paix soient rendus solidaires : telle doit être la politique d’énergie et de courage qui rendra à la France sa vraie figure et son prestige dans le monde.
La France doit être pacifique et forte à la fois.
J’ajoute que devant la menace hitlérienne et dans fétat de trouble actuel de l'Europe, la défense nationale — dont j'ai voté les crédits — est. une charge à laquelle tout Français loyal et raisonnable, même pacifiste, ne saurait se soustraire.
Si la France sait dire avec fermeté, non seulement ce qu’elle ne veut pas, mais aussi ce qu’elle veut, notre diplomatie, faite au grand jour^ ne tardera à porter ses fruits.
Et la paix sera sauvée .
Mes chers concitoyens,
Il y a quatre ans, vous me choisissiez pour vous représenter au Parlement.
Depuis, à trois nouvelles reprises* dans des élections municipales et cantonales, la confiance de mes concitoyens m’a été renouvelée.
J'ai eu pour ambition d'en être toujours digne.
Je n’ai pas considéré mon mandat comme un ütre honorifique, mais comme un engagement de « servir ».
J’ai estimé que le devoir d'un représentant du peuple n’était pas seulement de traiter, de'hauf et de loin, par des discours à la tribune, les problèmes généraux, fl est aussi, surtout dans une période difficile, de travailler au bien-être de ses concitoyens, de se pencher sur les besoins de la population qu'il représente et qu'il doit aider.
Comme conseiller général et comme maire, j 'ai assumé les charges de L'administration départementale et communale.
D'autres auraient tfui, peut-être, les responsabilités, les soucis.
J'ai conscience d'avoir entrepris une tâche utile. J'y consacre mon travail et moai dévouement.
Vous me voyez à l’œuvre.
Mes actes accomplis ici sont les Litres sur lesque s vous pouvez me juger.
Le pays a besoin d'hommes clairvoyants> réfléchis et énergiques.
Je vous apporte, avec la garantie de mon activité dont vous êtes témoins, la volonté inébranlable d’accomplir, si vous me faites confiance, les actes de salut public qu'attend la Nation.
Louis DESCHIZEÀU X
Maire de CMteauroux.
Conseiller général de lUndre.
Député partant.
2° circonscription de CH ATEATJR.OUX .
M. M'ax H YM ANS
(Groupe de l’Union socialiste et républicaine..)
Elu pour la Ve fois le 29 avril 1928. — Réélu les 8 mai 1932 el 3 mai 1936.
Citoyen^
De la consultation électorale va dépendra, en des,' heures particulièrement, difficiles, l’aveain du régime et du; pays.
L’Union socialiste et républicaine, constituée dans le but de lancer un cri d alarme et d’appeler à- l’union les forces de gauche, au moment où leur dispersion et leur cloisonnement risquaient de. laisser mettre en péril la République elle-même, est à son rang dans la bataille. Elle en tend,, dans le Rassemblement, définir avec clarté ses positions, proposer un programme constructif précis et prendre sans réLiccnces ses responsabilités.
Sa doctrine s’affirme ù la fois républicaine, française et socialiste, dans le triple but de défendre la République, de surmonter la crise, de sauver la paix.
G’est l’enjeu de la lutte électorale.
Défendre la République :
Résolu à défendre la République partons les moyens, je considère que cette défense ne peut être, assurée 'que par :
1° Une lutte résolue contre ceux qui veulent l’abattre pour substituer la dictature à la liberté, les factions à la volonté nationale, la violence à Va loi et un dogmatisme totalitaire a
la liberté de pensée ; , r
2° Une organisation économique introduisant dans le désordre actuel des rclormes
décisives, permettant d apporter a la crise des remèdes immédiats ,
3° Une reforme de l’Etat lui permettant de dominer les intérêts particuliers qui la dissolvent et de vaincre les féodalités économique? qui T oppriment.
En janvier dernier, pour renverser enfin une politique dont le pays républicain ne voulait plus, rUnion socialiste a délégué plusieurs de ses metnbi es, dont son piésident Paul Boneour, dans le Gouvernement qui a pris en charge la lourde liquidation de deux années de décrets-lois, qui a monté la garde devant les institutions, coupé couit aux entie prises des factieux, et préparé la consultation électorale dans le calme, 1 ordie, la dignité et dans T indépendance du suffrage universel-
Mais tout serait remis en question si les partis de gauche n étaient pas capa > es c en ie prendre en commun, au Gouvernement, la réforme de T Etat, le redressement des mœurs politiques et la mise en ordre de l’ économie.
Surmonter la crise :
C’est l'inquiétude et lé désarroi nés de la cme, ainsi que la disparition du bien-être et de la sécurité du lendemain qui sont à P origine de l’ébranlement des démocratie*.
Il faut permettre à chacun de gagner sa vie, et pour cela en finir avec une s upi e
politique de superdéihtion et de diminution du pouvoir d achat. Celle politique qui accroît la misère j est condamnée aujourd'hui par toutes les organisations agricoles*
U faut s'engager hardiment dans des voies nouvelles.
Restaurer la puissance d'achat des masses, relever au niveau de la capacité de production, et ainsi sauver l'agriculture par la revalorisation des produits agricoles*
Entreprise dure et longue qui exigera beaucoup découragé, de discipline, à F exclusion de toute démagogie, et qui requiert le rassemblement compact de tous les producteurs en l'ace des grandes puissances économiques farouchement cramponnées à leurs privilèges,
1° C’est par la subordination des grands intérêts privés à l'intérêt de tous que pourront seulement être obtenues :
La baisse des engrais, des produits métallurgiques et outillages divers nécessaires aux cultivateurs ;
T a diminution des prix du courant électrique* des transports et des assurances ;
J a fermeture des marchés à terme et îa disparition de la spéculation ;
La suppression de l'admission temporaire que j'ai proposée et votée quatre fois à la Chambre ;
Une répartition plus équitable des impôts qui frappent surtout actuellement les produits de consommation (vin, vendange, alcool, etc.), meilleure répartition demandant moins à la masse des travailleurs, mais exigeant, des gros revenus, leur part légitime de contribution.
2° C'est seulement par l'organisation qu'il sera mis fin au scandale des variations insensées des prix des denrées essentielles tombant sans raison à une valeur infime (vin b le, \ iande), denrees auxquelles il faut donner un régime de prix stables et rémunérateurs.
Cette recherche des prix normaux vaudra mieux que de diminuer, comme l'ont fait les Gouvernements de décrets-lois, les ressources des familles nombreuses, des vieillards, des combattants et des mutilés, et de refuser les allocations familiales aux familles des cultivateurs, auxquelles il faudra d’urgence accorder cette justice pure et simple.
Qui contestera qu’augmenter le pouvoir d’achat réel des travailleurs et des cultivateurs c'est redonner aux transactions leur activité normale, c’est permettre la prospérité du commerce et de toutes les professions, c'est augmenter les rentrées d'impôts, c’est ainsi diminuer le déficit budgétaire et s'acheminer progressivement vers la fin de la crise*
En dehors de cette voie, pas de salut.
Sauver la paix :
Nous payons les fautes accumulées depuis la guerre.
La paix a été menacée par l’écliec de la conférence du désarmement et par je désir de certains de remplacer l’organisation collective de la sécurité et les procédures de Genève par la constitution de blocs rivaux de grandes puissances, qui conduit fatalementau conlïit.
Heureusement un redressement vient d’être accompli.
Devant le geste de IliLler, le cran d arrêt a été mis par le Gouvernement républicain, alors que ses adversaires fascistes prêchaient le défaitisme et l’objection de conscience, plaçant leur solidarité avec la dictature au-dessus de la défense même du Pays.
En accord avec les Nations qui veulent fermement la paix, nous pouvons et nous devons maintenant engager hardiment la grande et équitable négociation tendant au contrôle des armements.
Recherchons, sans nous lasser, comme le tente actuellement le Gouvernement, l’application des méthodes de collaboration internationale.
Il faut sauver la paix par l’assistance mutuelle et la sécurité collective.
Tous ceux qui, dans le Pays, sentent la nécessité de penser clair, de décider vile et d ^Tous^emTqùi eu ont assez d'une atmosphère de molle impuissance qui n’est pas le ClimTous 'ceux ’ qai' 'pâlissent d’un désordre économique qui ne profile qu’à une infime miD0Tou s ceux qui, enfin, veulent passionnément, par la sécurité collective, une paix solide
et iuste dans l'indépendance française, . ... .
J Tous ceux enfin qui sentent et pensent en socialistes et en républicains,
Se rallieront autour de ces mots d’ordre. .
Demain ils appuieront l’action victorieuse d’une majorité républicaine issue des élections s’engageant sans réticence derrière un gouvernement forme à son image capab e de défendre la République en la perfectionnant, de surmonter la crise en sor Lan t de 1 actuelle anarchie économique, et de sauver la paix en faisant à nouveau de la France le guide généreux et lucide des peuples de bonne volonté.
Max BYMANS
Conseiller général.
Député sortant*
Candidat de r On ion socialiste et républicaine.
Circonscription de LA CHATRE.
M* Vincent ROT IN AT
(Groupe républicain radical et radical-socialiste*)
Elu pour la Jrfl fois le 3 niai 1936*
Il y a quaire ans, aux 7.810 d’entre vous qui affirmaient sur mon nom leur foi républicaine? je disais ;
« L’élan démocratique est donné dans notre arrondissement.
« L’heure du succès définitif est proche. »
Celte heure est venue. ^
C’est pour réaliser ce succès qu’à vos côtés je reprends la lutte.
Depuis 1932, la situation s’est singulièrement aggravée.
Personne ne peut plus se méprendre sur l’importance décisive du P^am scrutm.
Il marquera profondément l’avenir du régime républicain et le sort de la p
C’est pourquoi j’ai tenu à dépouiller mon programme de toute espèce de questions secondaires :
À une situation exceptionnelle, une solution nette.
Je m’engage :
L — À défendre le régime républicain et les libertés populaires qui en sont la base.
Pour cela, il faut :
— restaurer l'autorité de l’Etat républicain ;
— ordonner et discipliner les travaux parlementaires;
— assainir le Parlement par une réduction du nombre des députés et des incompatibilités sévères entre le mandat et toute autre fonction ;
— rétablir l’ordre dans le pays, par la dissolution des ligues armées et une répression impitoyable de toutes Us menées factieuses ;
— libérer T Etat de la tutelle des banques*
IL, — A travailler au relèvement de la classe paysanne et à l'affranchissement de l'agriculture et du commerce des grands trusts qui les ruinent*
Pour l'agriculture :
— donner à la classe paysanne sa vraie place dans la nation ;
— la faire bénéficier de toutes les lois sociales existantes ;
— l’aider par un meilleur fonctionnement du crédit agricole ;
— réaliser un plan d'aménagement des campagnes qui doit comprendre une réfection totale des chemins ruraux et vicinaux;
— revaloriser les produits agricoles par une protection douanière efficace contre la concurrence étrangère ;
— briser 1 action néfaste des grands trusts par un contrôle sévère et une surveillance des marchés pour que soit assurée la sécurité des cours.
Pour le commerce :
— - le protéger contre les trusts elles spéculateurs;
— organiser le crédit en l'adaptant aux besoins immédiats des petits commerçants ;
— l'affranchir des inquisitions vexatoires et des taxes invraisemblables qui paralysent son activité ;
— substituer à l'impôt actuel sur le chiffre d’affaires une taxe unique*
III, — À lutter de toutes mes forces pour la sauvegarde de la paix.
Pour cette œuvre de paix :
— assainir ^atmosphère internationale par la suppression des campagnes de presse tendancieuses et inspirées ;
— nationaliser la fabrication et le commerce des armes et munitions de guerre ;
— soutenir un plan constructif de la paix basé sur :
a} une loi internationale souveraine imposant l'égalité des droits entre toutes les nations et le respect des engagements contractés ;
h) une sécurité collective par l’assistance mutuelle organisée dans l'Europe d’abord; e) une limitation contrôlée des armements.
Electeurs,
Défendre, puis, construire la paix t
Libérer la démocratie du chantage des banques et de la menace des ligues armées! Ranimer l'économie Nationale !
Recréer la fraternité française et rassembler la nation contre les privilèges de l’argenlroi.
Teltefr seront j pour vos élus, Les tâches de demain*
Taches rudes t
Gfêsnrre de clairvoyance, de désintéressement et de courage !
C’est en connaissance de cause que je prends mes responsabilités et que je sollicite l’honneur de vous représenter pour collaborer de tout mon cœur et de toutes mes iorces à cette œuvre de salut public.
Vive la République I Vive la paix 3