INDRE-ET-LOIRE
Circonscription de CHINON.
M. Léon COL'KSON (Groupe républicain radical et radical-socialiste.)
Elu pour la lre fois le 8 mai 1932, — Réélu le 3 mai 1936,
Mes chers concitoyens,,
Représentant à la Chambre des Députés une circonscription essentiellement rurale, il est naturel que mon attitude à l'égard des questions agricoles et viticoles fasse l’objet de de toutes vos préoccupations.
Il est naturel aussi que je m'entretienne de ces questions, en particulier avec vous.
Loin de fuir la discussion, j’ai fourni, à ce sujet, au cours de mes réunions et dans de nombreuses circonstances, les explications les plus franches et les plus détaillées, avec des précisions, des faits, des chiffres, ainsi que j’ai toujours coutume de le faire.
Je ne demande qu'une chose: que chacun, dans la discussion, s’efforce d’oublier un moment ses tendances politiques, afin de ne pas mêler la polémique à des problèmes déjà suffisamment complexes par eux-mêmes et particulièrement difficiles à résoudre*
S’il est un terrain, en effet, où tous les partis politiques doivent se rencontrer et se trouver d'accord, c’est bien celui de l'agriculture française»
La défense du marché du blé :
Dans une circulaire spéciale, je me suis expliqué sur la loi du 24 décembre 1934, que certains militants agraires me reprochent, avec tant de A'éhémetice, d’avoir votée avec 342 de mes collègues de la Chambre*
J ai démontré, ainsi que Font déclaré successivement MM, Cathala et Thellier, Ministres de {'Agriculture, que c’est bien l’ensemble des mesures votées parle Parlement qui a permis d'obtenir des résultats, encore bien insuffisants, certes, mais cependant appréciables.
J'ai démontré que le Parlement a consacré, depuis 1932, près de trois milliards pour la défense du marché du blé*
Je n'ajouterai donc que quelques mots en ce qui concerne le blé :
J ai soutenu — et je mets au défi quiconque de prouver le contraire — toutes les mesure b qui m ont paru de nature à revaloriser les produits agricoles et le blé en particulier.
Pour ne citer que quelques exemples :
J 'ai constamment voté contre l’admission temporaire ;
J'ai signé et soutenu l'amendement invitant le Gouvernement à imposer un taux de blutage de 65 0/0.
Rappellerai-je, enfin, que c'est le Gouvernement de M. Daladier qui, le premier, a donné son adhésion au principe du prix minimum ?
La défense du marché du vin :
Le journal La, Terre Tourangelle n'a pas plus hésité à m'attaquer sur la question du vin que sur celle du blé.
Ce qui fait éclater sa mauvaise foi, dans la circonstance, cTest que, justement, je me suis employé, avec mes collègues de la région, à lutter pied à pied contre certaines dispositions de ia loi sur la distillation obligatoire qui frappaient lourdement et injustement nos viticulteurs tourangeaux, et que j’ai finalement voté contre l'ensemble de la loi*
La loi ayant été cependant votée, j'ai travaillé sans relâche pour obtenir des adoucissements en faveur des récoltants de notre région.
Alors que les chambres d'agriculture elles-mêmes n’avaient demandé qu'un abattement de 1 00 hectolitres à la base, je suis l'auteur de l 'amendement qui réclamait une exonération jusqu’à 200 hectolitres, et c'est cet amendement (signé de tous mes collègues du groupe de défense des départements du Centre), qui a déterminé le Gouvernement à faire à nos vignerons les concessions suivantes :
1° Pas de distillation ;
2° Fourniture des fûts par l'Administration pour les livraisons de vins à l'Intendance ;
'2° Réception du vin à la livraison et non à l'arrivée avec risque de refus ;
4* Acceptation du vin blanc et du vin rosé ;
5° Dispense pour les viticulteurs ayant vendu leur récolte d'acheter du vin de remplacement ;
6° Abattement pour tous de 250 litres d’alcool, ce qui correspond à 200 hectolitres de vin environ.
Il appartiendra aux nouveaux élus de faire des démarches en vue d'obtenir pour 1936, de nouvelles mesures d'adoucissement.
Dans un autre ordre d'idées, j’ai lutté, aux côtés d'un certain nombre de mes collègues, pour obtenir une diminution des droits de circulation sur les vins.
Le conseil d'arrondissement de Ghinon ayant émis un vœu demandant que ces droits soient réduits, tout au moins pour les vins de consommation courante, vœu adopté ensuite par le conseil général, j'ai défendu énergiquement cette proposition auprès du Ministre des Finances et rendu compte de mes démarches aux Assemblées intéressées.
La question est assez complexe, mais ce n'est nullement une raison pour l’abandonner.
Les subventions aux jeunes cultivateurs :
Le même journal, Lu Terre Tourangelle — d’accord avec le journal Le Chmonàis, comme toujours — m’a grossièrement attaqué au sujet delà proposition de résolution que f ai déposée en faveur des jeunes gens &e destinant à l'agriculture.
« Maquignonnages de la dernière heure 1
« Propositions hypocrites, démagogiques, absurdes, irréalisables, dangereuses !
« Ce n’est pas en législature agonisante, qu'il faut faire péter des feux de bengale pour en mettre plein lia vue aux paysans, etc., etc. w
Or, ce n’est pas en 1936, mais en 1931, que j’ai fait adopter îe principe par le conseil général' d’Indre-et-Loire, et ce n'est pas en 1936, mais le 2 décembre 1933, sous le n° 2605, que j’ai déposé un projet de résolution, dans ce sens, sur le bureau de la Chambre des
Députés. . , , , ...
Ce n’est pas en 1936, mais en 1935, que je suis revenu a la charge, parce que le collègue
chargé du rapport sur celle proposition ne s’était pas acquitté de sa tâche.
Quant à * l’absurdité a de la proposition, je laisse à mon collègue Arthur Chaussj, qui l’a rapportée eL à la Commission de l’agriculture, qui l'a adoptée dans son texte original, le soin de répondre.
Voici ce texte :
La Chambre invite le Gouvernement à mettre à Tétude un projet de loi qui devra être soumis au Parlement dans le mois suivant le vote de la présente résolution et tendant :
Iû A accorder des subventions d’apprentissage aux familles des jeunes gens se plaçant dans la culture dans les mêmes conditions que celles allouées à ceux qui se destinent à une autre profession*
2° A faire prêter, après leur mariage, sans intérêt, une somme de 10.000 à 30,000 francs, remboursable en dix ans, aux jeunes cultivateurs dont les ressources sont insuffisantes, afin de leur permettre de devenir fermiers, quelquefois même petits propriétaires, sous la réserve qu’ils prennent l’engagement de rester attachés à la terre au moins pendant dix années après leur mariage*
La Chambre de 1932 s’est trouvée aux prises avec feflond renient des prix agricoles sur noire marché, effondrement dû, en partie, à la crise mondiale et à la surproduction ; en grande partie aussi à la lamentable politique d’importations massives de produits étrangers pratiquée avant 1932*
Un leader agraire a justement gratifié « d’année terrible cette année 1931 où l’invasion des produits étrangers a déterminé 1 avilissement des cours dont notre agriculture souffre encore aujourd’hui ».
Des chiffres absolument irréfutables ont été ci Lés. Je n'y reviendrai pas.
On peut affirmer seulement, que c’est grâce aux efforts énergiques des Gouvernements qui se sont succédé depuis 1932, avec l'appui du Parlement, que le Ilot des importations qui avait submergé le marché français a été pratiquement arrêté.
Pour ma modeste part, je n’ai cesse de harceler les divers Ministres de 1 Agriculture pour obtenir des précisions sur chaque cas qui m’était signalé et où les directives formelles du Parlement ne paraissaient pas respectées*
Telle est, mes chers concitoyens, brièvement résumée, faction que j’ai menée pour la défense de la cause agricole*
Si j’avais agi autrement, j’aurais non seulement trahi votre confiance, mais renié mes propres origines, puisque je suis moi-même fils et petit-fils de paysan*
Je reste fermement décidé à poursuivre la revalorisation totale des produits agricoles^ qui, seule, permettra au cultivateur de vivre avec dignité de son dur labeur et fera, en meme temps, retrouver son équilibre à l'économie générale du pays.
Léo* COU H S ON
Député sortant*
Circonscription de LOCHES.
M. Paul DERNIER
Elu pour la lre fois le 16 novembre 1019* — Réélu les 1 1 mal 1924, 29 avril 1928,
8 mai 1932 et 3 mai 1936.
Mes chers Concitoyens,
Depuis seize ans .passés, j ai l'honneur de vous représenter au Parlement*
J’ai le sentiment d'avoir consacré au mandat que javais accepté tout mon temps, toute iboû intelligence, tout mon dévouement, toute ma fidélité et c’est dans ce sentiment aussi bien que dans l'amitié des républicains de l'arrondissement de Loches que j'ai trouvé les raisons de vous demander, une fois de plus, votre confiance. En des moments difficiles, dans des circonstances que les événements ne permettaient pas aux hommes de prévoir et de dominer, je n'aî eu d'autre désir et d’autre volonté que le désir et la volonté de servir les intérêts de ceux qui travail lent, produisent et économisent.
A la République, instrument nécessaire de paix et de progrès, de justice et de liberté, à la République des Gambetta, des Waldeck-Rousseau, des Combes, des Clemenceau, des Léon Bourgeois et des Herriot, calomniée et attaquée, j'ai gardé ma foi.
C est par elle que se feront, dans l'ordre et la méthode, les réformes économiques et sociales qui, à fëre incertaine et pénible que nous venons de vivre, feront succéder Tère réparatrice de l'union et de la prospérité renaissantes.
Vous savez bien que je ne négligerai rien pour apporter mon effort inlassable à l'Instauration définitive de la paix, au redressement économique et financier de notre pays, à rétablissement d'un statut qui donne h notre agriculture la place de sécurité et d'aisance à laquelle elle a droit.
Le programme que je veux vous soumettre est clair, positif, bref et sincère.
Au point de vue extérieur :
La paix doit être assurée par la reconnaissance de l'indépendance et du droit des nations, par l’assurance mutuelle de 3a sécurité collective, par le renforcement de la Société des Nations, par l’arrêt de la course recommencée aux armements qui conduirait fatalement à la mine et a la guerre.
Au point de vue financier :
La confiance doit être restaurée par une politique de justice à l'égard de tous les petits (rentiers, pensionnés, retraités, fonctionnaires) dont le minimum de revenu vital doit être respecté, par la compression de toutes les^ dépenses somptuaires qui, nées dans les années de prospérité, grèvent nos budgets, par l’équilibre réel et loyal de ceux-ci, par le rejet de tout emprunt qui n'est pas productif de profit national.
Au point de vue du commerce et de l'industrie :
La reprise des affaires doit être tentée par 3a restitution des pouvoirs d’achat, par la réforme de l'impôt dans un sens de justice et de souplesse, par la diminution des charges, par les facilités accordées aux transactions.
Au point de vue agricole :
La revalorisation des produits agricoles doit être imposée par protection douanière, unique moyen de redonner à ces produits leur valeur, tant par rapport à la monnaie que par rapport aux produiLs industriels et au coût de la vie, par une organisation professionnelle conçue et conduite par des agriculteurs ayant des intérêts agricoles.
Me sera-t-il permis de rappeler que, depuis seize ans, un des premiers, sinon le premier, dans cet arrondissement, je me suis fait, le défenseur de cette double idée à laquelle je t resie plus fidèlement attaché que jamais.
A aucun moment, je n’ai manqué de fidélité à mes principes. Je mets au défi quiconque de trouver une seule de mes interventions, un seul de mes votes qui soit en désaccord avec celte affirmation. L’heure est venue pour mes adversaires de prendre la responsabilité des insinuations et des inexactitudes dont ils se sont faits les propagateurs aussi légers qu’au.dacaeusu
Au point de vue intérieur :
L’ordre doit être rétabli par la soumission de tous aux directives de la souveraineté populaire et par le respect des lois. Aucun acte révolutionnaire, d’où qu’il vienne, ne saurait être toléré dans une nation maîtresse de ses destinées. Sans violence, mais sans faiblesse, toute manifestation de désordre doit être prévue et réprimée.
Mes chers Concitoyens,
Sans réserves, je vous livre ma vie, ma vie politique et ma vie privée. Je ne crains pas l’étude que vous en pourrez faire. Cette vie s’est passée dans la probité, le travail et le dévouement. Elle a été au service de notre pays, de notre département, de notre arrondissement, de chacun de ceux qui ont eu de légitimes requêtes à adresser aux pouvoirs publics. Je vous dorme mon passé en garantie de l'avenir.
Vive la France l
Vive la République laïque, démocratique, sociale et pacifiste !
Vive l'arrondissement de Loches 1
Paul DERNIER
Maire de Mouzay*
Conseiller général de Ligue 11.
Vice-Président du Conseil général.
Président du Comice agricole de V arrondissement de Lochoï* Ancien Ministre*
Député sortant.
1™ circonscription de TOURS,
M. Marius MA FERA Y (Groupe socialiste.)
Elu pour la lre fois le 3 mai 1936*
(Voir le programme du parti socialiste, p, 3,)
Citoyens,
La consultation nationale du 26 avril revêt un caractère d'une exceptionnelle gravité.
C’est tout l'avenir de la démocratie qui, cette fois, est en jeu f
Sous l’étreinte de la crise et du chômage, sous le joug de la déflation et de la misère, vous êtes placés en face de ce dilemme :
— Ou la paix avec le socialisme par la démocratie ;
— Ou la guerre avec la réaction par Je fascisme*
Avant de faire ce choix décisif, un ultime examen s'impose.
Une ère douloureusement tragique et angoissante r
Sous Linfluence malsaine d*une singulière politique de prestige poursuivie depuis Poincaré et de la diplomatie louvoyante du Ministère Laval, le fascisme hitlérien vient de jeter à la face du monde le souffle empesté de la guerre.
Une situation confuse et vivement inquiétante :
Faute de n avoir jamais osé secouer la tyrannie des congrégations économiques, faute d avoir abandonné entre les mains de la haute finance la souveraineté reçue du suffrage universel, les différents gouvernements des quatre dernières années ont peu à peu sombré dans la déflation systématique.
Cette abdication s'est concrétisée dans la longue série des décrets dois Laval, tacitement consentie par une majorité parlementaire frappée d’incapacité*
La consommation, sous toutes ses formes, a été paralysée ; toutes tes forces de production ont été atteintes ; le commerce et l’industrie durement éprouvés*
Ouvriers, paysans, anciens combattants, commerçants, artisans, fonctionnaires, rentiers* tous supportent les effets néfastes de ces mesures injustes et incohérentes.
Cette situation particulièrement critique n'est pas sans avoir affecté les finances de l’Etat, aujourd’hui singulièrement appauvries.
C est ainsi qu'un de nos adversaires, M. Paul Reynaud, résumait, le 29 mars dernier à la tribune de la Chambre, le bilan de la déflation :
Un quatre ans, 75 milliards d'emprunt, 35 milliards d’or partis, nos rentes diminuées de 25 0/0, notre économie se traînant exsangue taudis que l'activité reprend dans le monde.
Le danger fasciste :
A ce désordre économique qui a chassé du marché du travail loute une jeunesse désolée et désorientée, s’est ajouté une série de scandales poiitieo- financiers dont l’afinire Slavisky
fut le prototype. ;;; ...
A la faveur de ces événements, tous les factieux se sont groupes pour constituer un
Etat dans l’Etat, avec l'appui de toute la presse nationaliste et chauvine sous l’œil bienveillant des gouvernants.
C’est ainsi que se dressent aujourd'hui contre la démocratie les fascistes a la solde des 200 familles, révolutionnaires en Ilispano, auxquels ne répugne aucune violence, comme en témoigne l'ignoble agression contre Léon Blum*
Les coupables :
De cet ordre de choses, qui jette le pays dans la plus angoissante inquiétude, il est des responsables.
Et ce sont tout d’abord îes partis de réaction et leurs alliés, réunis sous le signe de BU ni on nationale*
Pois le parti radical, vieux parti de la bourgeoisie laïque, qui n’a pas réussi à s’affranchir de cette mollesse politique qui avait marqué ses précédentes accessions au Gouvernement.
Victorieux aux élections de 1932, il prit le pouvoir avec lïerriot, pour établir la justice Fiscale, éviter l'inflation et organiser la paix*
Mais d'hésitations en hésitations, de reniements en reniements, tiraillé en tous sens par l'indiscipline de ses membres, de ses comités et de ses fédérations, il a glissé, a la suite des troubles du 6 février 1934, vers les cabinets de « trêve » Doumergue, Flandin, Laval, dont l'œuvre gouvernementale nous vaut la tragique situation actuelle.
Enfin, il importe aussi de clouer au pilori Faction du parti agraire*
Sans programme défini, n'ayant d’outres arguments que les théories de violence, il cherche surtout à canaliser le légitime mécontentement des cultivateurs vers le fascisme intégral*
Nous nous garderons de confondre parmi les coupables le parti communiste,
Nous sommes heureux de saluer chez notre rival prolétarien le retour à la raison, qui a permis la cessation des luttes fratricides et la possibilité tî une action commune pour la défense de la démocratie.
L'action socialiste :
Le parti socialiste qui, au cours de la législature écoulée, a livré aux diverses formations de gouvernement réactionnaires, un combat sans merci, ne saurait supporter la moindre parcelle de responsabilité*
Il n’a jamais marchandé son concours et son appui quand il a fallu barrer la roule à la réaction et au fascisme.
Pour arracher lé pays à la crise, le parti socialiste proposa au parti radical un plan d action gouvernemental connu sous le nom de « Cahiers de Huyghens », dans lequel se trouvaient reprises îes principales dispositions de l'ancien programme de ce parti . Cette oiïre fut impitoyablement rejetée*
De plus, notre parti a pris l’initiative de toutes les mesures d’équilibre et de progrès susceptibles de ranimer l'économie du pays et de soulager les victimes de la crise.
Mai? pour le salut du pays, une œuvre immense de redressement immédiat s impose.
Nat re p r ogra mm e .
Rénovation économique :
Mise en train d'un vaste plan d’outillage et de travaux publics aboutissant à l’équipement rationnel du pays et à la reprise solidaire des diverses branches de l'activité nationale.
Ainsi, le travail sera assuré pour tous, les revenus consommables seront accrus^ des débouchés seront donnés aux cultivateurs, des clients seront trouvés aux commerçants et aux artisans.
Parallèlement, le parti socialiste demandera :
Pour les travailleurs :
Création d’un fonds national de chômage*
Moratoire des loyers, avec une indemnisation des petits propriétaires 'par la création d'une caisse de compensation.
Diminution des heures de travail sans réduction des salaires, conséquence logique des progrès de la science et du machinisme.
Les* contrats collectifs et les vacances payées,
La refonte de la législation des assurances sociales, qui garantira un repos digne et légitime cPune vie de travail.
Application et respect du droit syndical pour tous.
Pour les paysans :
La production agricole étant la vraie richesse créatrice, le parti socialiste entend remédier à la détresse des populations rurales par les mesures suivantes ;
Création des offices publics du blé, du vin, de la viande, des engrais, etc,, gérés parles producteurs eux-mêmes.
Institution des coopératives de répartition.
Le moratoire des dettes.
La révision de la loi sur le fermage.
Développement des caisses de crédit agricole.
Assurance contre les calamités et risques agricoles, comprise dans le système du monopole des assurances.
Pour les petits commerçants et artisans :
Révision des cessions de fonds et des baux.
Propriété commerciale intégrale.
Allègement des impositions diverses et suppression des tracasseries fiscales.
Egalité devant l'impôt par Papplication aux grands magasins d une patente propre à chaque rayon.
Rénovation politique À l’intérieur ;
Pour une véritable démocratie :
La b rance, terre de liberté et d’indépendance, ne saurait admettre l’in s oie nie tyrannie des Jean Renaud, Rocard, Dorgères, M ancras ou La Rocque, instruments dociles de la féodalité capitaliste de ce pays.
Le parti socialiste demande donc :
La dissolu lion immédiate des ligues fascistes *,
L’organisation de la défense des libertés démocratiques ;
L’amnistie générale en matière politique ;
L’abrogation des lois scélérates.
Défense de la laïcité :
Le parti socialiste demandera :
L’abrogation du décret-loi sur le recrutement des élèves des écoles normales, afin de lui conserver son caractère populaire.
La création d’un service public d’éducation et de sélection ayant pour base la gratuite à tous les degrés.
Réformes organiques :
Le parti socialiste renouvellera ses efforts en faveur de la R. P. et du suffrage des
H demandera la limitation des pouvoirs du Sénat, en attendant sa suppression.
Il exigera un règlement sévère des incompatibilités parlementaires pour éviter les compromissions honteuses qu’ont révélées les derniers scandales.
Il réclamera le contrôle des ressources de la presse.
Pour parfaire la souveraineté de l’Etat démocratique, ramener 1 ordre dans la production, libérer les producteurs paysans, artisans, petits commerçants, de l’étre.nte du grand capital, le parti socialiste affirme la nécessité de nationaliser la Banque de France, les assurances,' les établissements de crédit elles grandes industries monopolisées.
A l’extérieur :
Le parti socialiste continuera avec toute l’énergie de ses forces, avec toutes les ressources dont il dispose, sa lutte acharnée contre la guerre.
Son seul but, c’est la paix.
11 travaillera à son maintien par :
L’application loyale et intégrale du pacte de là S. 1). N. .
L'étude immédiate d’un plan de paix comportant le désarmement général simultané et
contrôlé. . r
La suppression de la fabrication et du commerce prives des armes.
Une révision des traités qui s’avèrent dangereux pour la paix du monde.
Le Front populaire :
Pour résister aux groupements fascistes lancés à la conquête de la rue et à l’assaut de la République, les républicains se sont unis par dessus les cloisons étanches des partis.
D’abord, organisme de liaison permanente, le rassemblement populaire contient maintenant les promesses de la formation éventuelle du Gouvernement démocratique de
demSes aspirations qui sont celles des classes laborieuses groupées en lui, démentent les affirmations Éantaisistes des agitateurs de la coalition réactionnaire. ,
Un programme commun aux organisations adhérentes a donc etc dressé., c p un ensemble de réformes sociales et de mesures économiques de première urgence, tir e. des cahiers de lluyghens, précédemment repoussés par les radicaux.
Le parti socialiste déclare très nettement accepter ce programme et participer au p
voir sur ces bases.
Mais, une fois de plus, nous dénonçons l’attitude équivoque de certains dirigeants du parti radical.
C'est ainsi que* dans notre région, il en est qui se réfugient derrière les plus basses arguties pour se tenir à mi-chemin de Y adhésion et de l’hostilité.
L’heure est grave !
Une profonde inquiétude tourmente les esprits et les cœurs.
Et ce ne sont pas certaines regrettables défaillances républicaines, ou la provocante arrogancc des hommes liges des puissances d argent ou de réaction sociale qui 1* apaiseront. , ,
Mais fort lieuse usement Les destinées de ce pays sont aujourd’hui entre vos mains.
Aussi, le dimanche 26 avril, dans un même élan de foi et d’espérance démocratiques, vous vous dresserez :
Contre le lamentable gâchis économique et financier qui annihile nos meilleures forces ;
Contre l'angoissante menace de guerre qui ne cesse de peser sur le pays ;
Contre la tentative d'asservissement des classes laborieuses que les factieux de tous ordres veulent imposer.
Faisant confiance au plus sincère et au plus dévoué défenseur de la paix* du pain et de la liberté, au parti socialiste (S. F. 1. 0.), vous voterez en bloc pour son candidat, le citoyen Marins Ma lira y.
Mario s MAFFRAY
Maire de Hommes .
Conseiller général de Château -la- Va.] Itère*
2( circonscription de TOURS.
M. Ferdinand MORIN (Croupe socialiste*)
Elu pour la lT3 fois le 10 mai 1914.
Réélu les ïô novembre 1919, il mai 1924^ 29 avril 1928, S mai 1932 et 26 avril 1936*
{Voir le programme du Parti socialiste S, F* L O., p* 3*)
Citoyens,
La consultation nationale du 26 avril revêt un caractère d’une exceptionnelle gravite* C’est tout l’avenir de la démocratie qui, cette fois, est en jeu t
Sous I étreinte de la crise et du chômage, sous le joug de la déflation et de la misère, vous êtes placés en face de ce dilemme :
— Ou la paix avec le socialisme par la démocratie ;
— Ou la guerre avec la réaction par le fascisme.
Avant do faire ce choix décisif, un ultime examen s’impose.
Une ère douloureusement tragique et angoissante :
Sous l'influence malsaine d'une singulière politique de prestige poursuivie depuis Poincaré et de la diplomatie louvoyante du Ministère Laval, ïe fascisme hitlérien vient de jeter à la face du monde le souffle empesté de la guerre*
Une situation confuse et vivement inquiétante :
Faute de n’avoir jamais osé secouer la tyrannie des congrégations économiques, faute d'avoir abandonné entre les mains de la haute finance la souveraineté reçue du suffrage universel les différents gouvernements des quatre dernières années ont peu à peu sombré dans la déflation systématique*
Cette abdication s’est concrétisée dans la longue série des décrets-lois Laval , tacitement consentie par une majorité parlementaire frappée d’incapacité,
La consommation, sous toutes ses formes, a été paralysée ; toutes les forces de production ont été atteintes ; le commerce et l'industrie durement éprouvés.
Ouvriers, paysans, anciens combattants, commerçants, artisans, fonctionnaires, rentiers, tous supportent les effets néfastes de ces mesures injustes et incohérentes.
Cette situation particulièrement critique n'est pas sans avoir affecté les finances de V Etat, aujourd'hui singulièrement appauvries.
C'est ainsi qu'un de nos adversaires, M. Paul Reynaud, résumait, le 29 mars dernier, à la tribune de la Chambre le bilan de la déflation :
En quatre ans, 75 milliards d’emprunt, 35 milliards d'or partis, nos rentes diminuées de 25 0/0 ; notre économie se traînant exsangue tandis que l'activité reprend dans ïe monde.
Le danger fasciste :
À ce désordre économique qui a chassé du marché du travail toute une jeunesse désolée et désorientée, s'est ajouté une série de scandales poli tico -financiers dont F affaire Slavisky fui le prototype.
A la faveur de ces événements, tous les factieux se sont groupés pour constituer un Etat dans PEtal, avec l’appui de toute la presse nationaliste et chauvine et sous l'œil bienveillant des gouvernants.
C’est ainsi que se dressent aujourd'hui contre la démocratie les fascistes 5 la solde des 2fl0 familles, révolutionnaires en Hispano, auxquels ne répugne aucune violence, comme on témoigne l’ignoble agression contre Léon Blum.
Les coupables :
De cet ordre de choses, qui jette le pays dans la plus angoissante inquiétude, il est des responsables.
Et ce sont tout d’abord les partis de réaction et leurs alliés, réunis sous îe signe de 1 union nationale.
Puis le Parti radical, vieux parti de la bourgeoisie laïque, qui n'a pas réussi à s'affranchir de cette mollesse politique qui avait, marqué ses précédentes accessions au Gouvernement.
Victorieux aux élections de 1931, il prit le pouvoir avec Herriot, pour établir la justice fiscale, éviter l'inflation et organiser la paix.
Mais d’ hésita lions en hésitations, de reniements en reniements, tiraillé en tous sens par 1 indiscipline de ses membres, de ses comités et de ses fédérations, iî a glissé, à la suite des troubles du fi février 1934, vers les cabinets de « trêve» Doumergue, Flandin, Laval, dont l'œuvre gouvernementale nous vaut la tragique situation actuelle.
Enfin, il importe aussi de clouer au pilori Faction du Parti agraire.
Sans programme défini, n'ayant d'autres arguments que les théories de violence, il cherche sortait à canaliser le légitime mécontentement des Cultivateurs vers le fascisme intégral*
Nous nous garderons de confondre parmi les coupables le Parti communiste.
Nous sommes heureux de saluer chez notre rival prolétarien le retour à la raison, qui a permis la cessation des luttes fratricides et la possibilité d'une action commune pour la défense de la démocratie.
L’action socialiste :
Le parti , socialiste qui, au cours de la législature écoulée, a livré aux diverses formations de gouvernement réactionnaire, un combat sans merci, ne saurait supporter la moindre parcelle de responsabilité.
ïl n’a jamais marchandé son concours et son appui quand il a fallu barrer la route à ta réaction et ou fascisme.
Pour arracher <te pays à la crise, le Parti socialiste proposa au Parti radical un plan d’action gouvernemental connu sous le nom de « cahiers de Huygheris » dans lequel se trouvai ait. reprises les principales dispositions de 1’uneien programme de ee Parti. Cette offre fut impitoyablement rejetée, *
De plu b y notre parti a pris l’initiative de toutes les mesures d’équilibre et de progrès stfëcepM'bles de ranimer P économie du pays et de soulager les victimes de la crise.
Mais pour le salut du pays, une œuvre immense de redressement immédiat s’impose.
Noire- prog ra m m e .
B én ovation économique :
Mise an train d'un vaste plan d 'outillage et de travaux publics aboutissant à l'équipement rationnel du pays et à la reprise solidaire des diverses branches de l’activité nationale.
Ainsi, le travail sera assuré pour tous, les revenus consommables seront accrus, des débouchés seront donnés aux cultivateurs, des clients seront trouvés aux commerçants et aux artisans.
Parallèlement, le Parti socialiste demandera :
Pour les travailleurs :
Création d’un fonds national de chômage;
Moratoire des loyers, avec indemnisation des petits propriétaires par la création d'une caisse de compensation ;
Diminution des heures de travail sans réduction des salaires, conséquence logique des progrès de la science et du machinisme;
J, es contrais collectifs et les vacances payées;
La refonte de la législation des assurances sociales, qui garantira un repos digne cl légitime au bout d’une vie de travail;
Application et respect du droit syndical pour tous.
Pour les paysans :
La* production agricole étant la vraie richesse créatrice, le Parti socialiste entend remédier a la détresse des populations rurales par les mesures suivantes :
Création des Offices publics du blé, du vin, de la viande, des engrais, etc-, gérés par les producteurs eux-mêmes ;
Institution des coopératives de répartition ;
Le moratoire des dettes,
La révision des lois sur le fermage.
Développement des caisses de crédit agricole.
Assurance contre les calamités et risques agricoles, comprise dans le système dû monopole des assurances.
Pour les petits commerçants et artisans :
Révision des cessions de fonds et des baux ;
Propriété commerciale intégrale ;
Allégement des impositions diverses et suppression des tracasseries fiscales ;
Egalité devant l'impôt par Inapplication aux grands magasins d une patente propre à chaque rayon.
Rénovation politique ;
A b intérieur.
Pour une véritable démocratie ;
La France, terre de liberté et d'indépendance, ne saurait admettre ^insolente tyrannie des Jean Renaud, Rucard, Dorgères, Maurras ou La Rocque, instrumenta, dociles de la féodalité capitaliste de ce pays.
Le Parti socialiste demande donc :
La dissolution immédiate des ligues factieuses ;
L'organisation de la défense des libertés démocratiques ;
L'amnistie générale en matière politique ;
L'abrogation des lois scélérates.
Défense de la laïcité ;
Le Parti socialiste demandera :
L1 abrogation du décret-! oi sur le recrutement des élèves des écoles normales, afin de loi conserver son caractère populaire;
La création d’un service public d’éducation et de sélection ayant pou i base la gratuité à tous les degrés.
Réformes organiques :
Le Parti socialiste renouvellera ses efforts en faveur de la R. P, et du suffrage des femmes,
11 demandera la limitation des pouvoirs du Sénat, en attendant sa suppression,
11 exigera un règlement sévère des incompatibilités parlementaires pour éviter les compromissions honteuses qu ont révélées les derniers scandales.
Il réclamera le contrôle des ressources de la presse.
Pour parfaire la souveraineté de PEtat démocratique, ramener Tordre dans la producbon, libérer les producteurs paysans, artisans, petits commerçants, de 3'étreinte du grand capital, le Parti socialiste affirme la nécessité de nationaliser la Banque de France, les assurances, les établissements de crédit et les grandes industries monopolisées.
A rexLÉrieur,
Le Parti socialiste continuera avec toute l’énergie de ses forces, avec toutes les ressources dont i! dispose, sa lutte acharnée contre la guerre.
Son seul but, c’est la paix*
El travaillera à son maintien par :
L'application loyale et intégrale du pacte 'de la S. D* N. ;
[/étude immédiate dhtn plan de paix comportant le désarmement général simultané et contrôlé ;
La suppression de la fabrication eL du commerce privés des armes ;
Une révision des traites qui s’avèrent dangereux pour !a paix du monde.
Le Front populaire :
Pour résister aux groupements fascistes lancés à la conquête de la rue et à l’assaut de la République, les républicains se sont unis par-dessus les cloisons étanches des partis.
D'abord, organisme de liaison permanente, le Rassemblement populaire contient maintenant les promesses de la formation éventuelle du Gouvernement démocratique de demain*
Ses aspirations, qui sont celles des classes laborieuses groupées en lui, démentent les affirmations fantaisistes des agitateurs de la coalition réactionnaire.
Un programme commun aux organisations adhérentes a donc été dressé, 11 comprend uil ensemble de réformes sociales et de mesures économiques de première urgence, tirées des cahiers de Htfyghens, précédemment repoussés par les radicaux.
Le Parti socialiste déclare très nettement accepter ce programme et participer au pouvoir sur ses bases.
Mais, une fois de plus, nous dénonçons /altitude équivoque de certains dirigeants du Parti radical*
C'est ainsi que, dans notre région, il en est qui se réfugient derrière les plus basses arguties pour se tenir h mi-chemin de l’adhésion et de /hostilité.
L’heure est grave 1
Une profonde inquiétude tourmente les esprits et les cœurs.
Et ce ne sont pas certaines regrettables défai 1 lances républicaines, ou la provocante arrogance des hommes liges des puissances d’argent ou de réaction sociale qui l'apaiseront.
Mais fort heureusement les destinées de ce pays sont aujourd’hui entre vos mains.
Aussi, le dimanche 26 avril, dans un même élan de foi et d’espérance démocratiques, vous vous dresserez :
Contre le lamentable gâchis économique et financier qui annihile nos meilleures forces ;
Contre /angoissante menace de guerre qui ne cesse de peser sur le pays ;
Contre la tentative d’asservissement des classes laborieuses, que les factieux de tous ordres veulent imposer.
Faisant confiance au plus sincère et au plus dévoué défenseur de la paix, du pain et de la liberté, au Parti socialiste (S. F. h O.), vous voterez en bloc pour son candidat, le citoyen Ferdinand Morin*
Ferdinand MORIN Maire de Tours*
Conseiller général de Tours-Sud*
Député sortant.
3* circonscription de TOURS.
M. Jeas MEUNIER
(Groupe social iitoO
Elu pour la lre fois le 3 mai 1936.
(Voir le programme du Parti socialiste S. F. I.Q., p. 3,)
Citoyens,
Au cours des nombreuses réunions que j’ai faites dans notre troisième circonscription, j’ai j devant des auditoires qui m’ont accueilli avec sympathie, fait justice des calomnies intéressées que nos adversaires répandent contre nous.
On a, une fois de plus, tenté d’agiter devant vous l'épouvantail du « Socialiste qui veut vous prendre votre petite propriété ».
Ceux qui vous dépouillent, ce ne sont pas les socialistes, mais les féodaux modernes du grand capitalisme. De même que la haute industrie réduit l’ouvrier et l’artisan au chômage, les trusts qui vendent au paysan ou ceux qui lui achètent l’acculent à la ruine sous le poids de leur spéculation. Et si le petit commerce est menacé de ruine, c’est aussi par la concurrence des grandes sociétés commerciales et par l'exploitation des grandes firmes capitalistes.
Le programme du Parti socialiste, aujourd’hui comme hier, est tout entier dirigé contre les féodalités capitalistes : haute finance, grosse industrie, grande meunerie, grands trusts, etc., car nous sommes convaincus que pour défendre les petits il faut restreindre ou supprimer les privilèges des gros.
Les privilégiés se défendent et, par les moyens dont ils disposent : propagande, grande presse, tentent de détourner de nous les masses travailleuses qui de plus en plus nous font confiance. Mais s’il est possible de tromper les gens, on ne peut les rendre aveugles, et toutes les victimes de la crise savent bien quels ont été leurs défenseurs k la Chambre ; les viticulteurs savent bien qui les a soutenus. Les producteurs de blé ont eux-mêmes déclaré que seul Ferdinand Morin, l’unique député socialiste du département, ne les a pas trahis. Ce fut f honneur du groupe socialiste d’être à la pointe du combat dans toutes les luttes où l'intérêt des travailleurs était en jeu. Les travailleurs s’en souviendront le 26 avril.
Je me suis volontairement abstenu, au cours de cette campagne, de toute attaque personnelle. Je sais bien que votre clairvoyance saura juger comme il convient les positions équivoques, le républicanisme défaillant, les candidatures complaisantes ou fantaisistes.
Ne faisant appel qmaux voix républicaines, je suis présenté par un grand parti qui n’a pas cédé au fascisme naissant des Doumergue, des Flandin et des Laval, ni trempé dans la boue des scandales, et dont le passé constitue pour l'avenir la meilleure des références.
Les vieux partis, les vieilles meLhodes ont fait faillite. Il faut, dans les circonstances présentes, où se posent les problèmes de la vie, de la liberté et de la paix, que notre démocratie soit enfin traversée d’un soufïïe de jeunesse.
Jhàn MEUNIER
Conseiller municipal de Tours.
Secrétaire de la Fédération socialiste dTridre-et-Loire.
Citoyens,
La consultation nationale du 26 avril revêt un caractère d'une exceptionnelle gravité*
C'est tout l’avenir de la démocratie qui, cette fois, est en jeu !
Sous 1" étreinte delà crise et du chômage, sous le joug de la déflation et de la misère, vous êtes placés en face de ce dilemme :
— - ou la paix avec le socialisme par la démocratie ;
— ou la guerre avec la réaction par le fascisme.
Avant de faire ce choix décisif , un ultime examen s'impose*
, Une ère douloureusement tragique et angoissante :
Sous l'influence malsaine d’une singulière politique de prestige poursuivie depuis 1 oincaré et de la diplomatie louvoyante du Ministère Laval, le fascisme hitlérien vient de jeter à Ja face du monde le souffle empesté de la guerre*
Une situation confuse et vivement inquiétante :
faute de n avoir jamais osé secouer la tyrannie des [congrégations économiques, faute d’avoir abandonné entre les mains de la haute finance la souveraineté reçue du suffrage universel, les differents Gouvernements des quatre dernières années ont peu à peu sombré dans la déflation systématique.
Cette abdication s’est concrétisée dans la longue série des décrets-lois Laval, tacitement consentie par une majorité parlementaire frappée d’incapacité,
La consommation, sous toutes ses formes, a été paralysée; toutes les formes de production ont été atteintes ; le commerce et l’industrie durement éprouvés.
Ouvriers, paysans, anciens combattants, commerçants, artisans, fonctionnaires, rentiers, tous supportent les effets néfastes de ces mesures injustes et incohérentes*
Cette situation particulièrement critique n’est pas sans avoir affecté les finances de l’Etat, aujourd’hui singulièrement appauvries*
C’est ainsi qu’un de nos adversaires, AL Paul Reynaud, résumait, le 29 mars dernier, à la tribune de la Chambre, le bilan de la déflation
w En quatre ans, 7o milliards d’emprunt, 35 milliards d’or partis, nos rentes diminuées de 2a 0/0 ; notre économie se traînant exaiigue tandis que l'activité reprend dans le monde* »
Le danger fasciste :
A ce désordre economique qui a chassé du marche du travail toute une jeunesse désolée et désorientée, s’est ajouté une série de scandales politico-financiers dont l’affaire Stavisky fnt le prototype.
A la faveur de ces événements, tous les factieux se sont groupés pour constituer un Etat dans 1 Etat, avec l’appui de toute la presse nationaliste et chauvine et sous l’œil bienveillant des gouvernants.
C est ainsi que se dressent aujourd’hui contre la démocratie les fascistes à la solde des 200 familles, révolutionnaires en Hîspano, auxquels ne répugue aucune violence, comme en témoigne l'ignoble agression contre Léon Blum,
Les coupables :
De cet ordre de choses, qui jette le pays dans la plus angoissante inquiétude, il est des responsables*
Et ce sont tout d abord les partis de réaction et leurs alliés, réunis sous le signe de PUnion nationale.
Puis le Parti radical, vieux parti de la bourgeoisie laïque, qui n’a pas réussi à s’affranchir descelle mollesse politique qui avait marqué ses précédentes accessions au Gouvernement,
Victorieux aux élections de 1932, il prit le pouvoir avec Ilerriot, pour établir la justice fiscale, éviter l'inflation et organiser la paix.
Mais d'hésilations en hésitations, de reniements en reniements, tiraillé en tous sens par l'indiscipline de ses membres, de ses Comités et de ses Fédérations, il a glissé, à la suite des troubles du 6 février 1934, vers les cabinets de « trêve » Doumergue, Fhndin, Laval, dont l’œuvre gouvernementale nous vaut la tragique situation actuelle.
Enfin, il importe aussi de clouer au pilori l’action du Parti agraire.
.bans programme défini, n ayant d autres arguments que les théories de violence, il cherche surtout à canaliser le légitime mécontentement des cultivateurs vers le fascisme intégral,
Nous nous garderons de confondre parmi les coupables le Parti communiste.
Nous sommes heureux de saluer chez notre rival prolétarien le retour à la raison, qui a permis la cessation des luttes fratricides et la possibilité d’une action commune pour la défense de la démocratie.
L’action socialiste :
Le Parti socialiste qui, au cours de la législature écoulée, a livré aux diverses formations de gouvernement réactionnaires, un combat sans merci, ne saurait supporter la moindre parcelle de responsabilité.
Il n a jamais marchandé son concours ci son appui quand il a fallu barrer la roule à la reaction et an fascisme.
Pour arracher le pays à la crise, le Parti socialiste proposa au Parti radical un plan d'action gouvernemental connu sous le nom de « Cahiers de iîiiyghens », dans lequel se trouv aient reprises les principales dispositions de l'ancien programme de ce parti. Cette offre fut impitoyablement rejetée.
De plus, notre parti a pris l'initiative de toutes les mesures d’équilibre et de progrès susceptibles de ranimer l’économie du pays et de soulager les victimes de la crise*
Mats pour le salut du Pays, une œuvre immense de redressement immédiat s'impose.
Notre programme.
Rénovation économique ;
Mise en train d’un vaste plan d’outillage et de travaux: publics aboutissant à l’équipement raUonel du pays et à la reprise solidaire des diverses branches de l'activité nationale.
Ainsi, Je travail sera assuré pour tous, les revenus consommables seront accrus, des débouchés seront donnés aux cultiva Leurs * des clients seront trouvés aux commerçants et aux artisans*
Parallèlement, le Parti socialiste demandera :
Pour les travailleurs des villes :
Création d’un fonds national de chômage*
Moratoire des loyers, avec indemnisation des petits propriétaires par la création d’une caisse de compensation.
Diminution des heures de travail sans réduction des salaires, conséquence logique des progrès de la science et du machinisme.
Des contrats collectifs et les vacances payées.
La refonte delà législation des assurances sociales, qui garantira un repos digne et légitime au bout d’une vie de travail.
Applications et respect du droit syndical pour tous.
Pour les paysans :
La production agricole étant la vraie richesse créatrice, ie Parti socialiste entend remédier à la détresse des populations rurales par les mesures suivantes :
Création des offices publics du blé, du vin, de la viande, des engrais, etc., gérés par
]es producteurs eux-mêmes.
Institution des coopératives de répartition.
Le moratoire des dettes*
La révision de la loi sur le fermage.
Développement des caisses de crédit agricole.
Assurance contre les calamités et risques agricoles, comprise dans le système du monopôle des assurances.
Pour les petits commerçants et artisans :
Révision des cessions de fonds et des baux.
Propriété commerciale intégrale.
Allégement des impositions diverses et suppression des tracasseries fiscales*
Egalité devant l’impôt par l’application aux grands magasins d'une patente propre a chaque rayon.
Rénovation politique :
A l'intérieur.
Pour une véritable démocratie :
La France, terre de liberté et d’indépendance, ne saurait admettre l’insolente tyrannie des Jean Renaud, Buoard, Dorgères, Maurras ou La Rocque. instruments dociles de la féodalité capitaliste de ce pays.
Le Parti socialiste demande donc :
La dissolution immédiate des ligues factieuses;
L’organisation de la défense des libertés démocratiques ;
L’amnistie générale en matière politique ;
L’abrogation des lois scélérates.
Défense de la Laïcité :
Le Parti socialiste demandera :
L’abrogation du décret-loi sur le recrutement des élèves des écoles normales, afin de lui conserver son caractère populaire,
La création d'un service public d'éducation et de sélection ayant pour base la gratuité à tous les degrés.
Réformes organiques :
Le Parti socialiste renouvellera ses efforts en faveur de la R, P. et du suffrage des femmes.
Il demandera la limitation des pouvoirs du Sénat, en attendant sa suppression.
Il exigera un règlement sévère des incompatibilités parlementaires pour éviter les compromissions honteuses qu'ont révélées les derniers scandales.
Il réclamera le contrôle des ressources de îa presse.
Pour parfaire la souveraineté de l’Etat démocratique, ramener Tordre dans la produclion, libérer les producteurs paysans, artisans, petits commerçants, de l’étreinte du grand
capital, le Parti socialiste affirme la nécessité de nationaliser ia Banque de France, les assurances, les établissements de crédit et les grandes industries monopolisées,
A l'extérieur :
Le Parti socialiste continuera avec toute l1 énergie de ses forces, avec toutes les ressources dont il dispose, sa lutte acharnée contre la guerre*
Son seul but, c’est la paix,
ïl travaille à son maintien par :
L'application loyale et intégrale de la S. 13, N.
L’étude immédiate d'un plan de paix comportant le désarmement général simultané et contrôlé*
La suppression de la fabrication et du commerce privés des armes*
Une révision, des traitée qui s’avèrent dangereux pour la paix du monde.
Le front populaire :
Pour résister aux groupements fascistes lancés à la conquête de la rue et k Tassant de la République, les républicaine se sont unis par-dessus les cloisons étanches des partis.
D'abord, organisme de liaison permanente, le rassemblement populaire contient maintenant les promesses de la formation éventuelle du Gouvernement démocratique de demain* Ses aspirations, qui sont celles des classes laborieuses groupées en lui, démentent les affirmations fantaisistes des agitateurs de la coalition réactionnaire*
Un programme commun aux organisations adhérentes a donc été dressé. Il comprend un ensemble de réformes sociales et de mesures économiques de première urgence^ tirées des cahiers de Huyghens, précédemment repoussés parles radicaux.
Le Parti socialiste déclare très nettement accepter ce programme et participer au pouvoir sur ces bases .
Mais, une fois de plus, nous dénonçons T attitude équivoque de certains dirigeants du parti radical.
G’est ainsi que dans notre région s il en est qui se réfugient derrière les plus basses arguties pour se tenir à mi-chemin de l’adhésion et de l’hostilité*
L’heure est grave I
Une profonde inquiétude tourmente les esprits et les cœurs.
Et ce ne sont pas certaines regrettables défaillances républicaines, ou la provocante arrogance des hommes-liges des puissances d’argent ou de réaction sociale qui l'apaiseront,,* Mais fort heureusement les destinées de ce pays sont aujourd’hui entre vos mains.
Aussi, le dimanche 26 avril, dans un meme élan de foi et d1 espérance démocratiques, vous vous dresserez :
Contre le lamentable gâchis économique et financier qui annihile nos meilleures forces ; Contre l'angoissante menace de guerre qui ne cesse de peser sur le pays ;
Contre la tentative d’asservissement des classes laborieuses, que les factieux de tous ordres veulent imposer.
Faisant confiance au plus sincère et au plus dévoué défenseur de la paix, du pain et de la liberté, au Parti socialiste (S. F. L 0*)ÿ vous voterez en bloc pour son candidat, le citoyen Jean Meunier,
Jean MEUNIER
Conseiller municipal de Tours,
Secrétaire de la Fédération socialiste dTndre-et-Loire,