‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 76 sur 186 · LOIRE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

LOIRE-INFÉRIEURE

Circonscription d’ÂNCENÏS

M. le marquis de LA PERRON N A YS

(^'appartient h aucun gron pe . )

Elu pour la Jrs fois le 24 novembre 1907. — Réélu les 24 avril 1910, 26 avril 1914, 16 novembre 1919, 1 1 niai 1924, 22 avril 1928, Ie* mai 1932 et 26 avril 1936.

Electeurs,

Les dangers qui menaçaient en 1932 l'ordre à l’intérieur et la sécurité à l’extérieur sont encore plus évidents en ce printemps de 1936 !

Les haines continuent à empoisonner le monde!

Il n’est pas un Français qui puisse sans appréhension envisager l’avenir, tant pour sa famille, pour sa situation professionnelle, que pour l'inlérêt général du pays !

De stabilité, de sécurité, il n’en est nulle part !

La parole donnée perd son caractère sacré.

Cultivateurs, commerçants, artisans, rentiers, retraités, contribuables de tous les échelons, se demandent si demain quelque decret ne viendra pas de nouveau les frapper, soit par des mesures fiscales ou économiques, soit par une dépréciation de la monnaie.

Les Français sont divisés en partis qui s’entredéchirent, tandis que la révolution bol chevique guette le moment propice pour installer en France comme elle le Tait actuellement en Espagne - avec la connivence de la franc-maçonnerie — le régime collectiviste soviétique, véritable barbarie esclavagiste.

En meme temps, de gros nuages s’amoncellent à F Est. En Allemagne, Hitler fanatise les populations et, sous le couvert de promesses fallacieuses de paix, prépare ouvertement la guerres qu'il déclenchera à son heure, en Europe centrale !

Confiante dans les traités, la France généreuse et pacifique, croyait à F efficacité de la Société des Nations. Son Gouvernement acceptait même de participer aux sanctions genevoises, si contraires à notre intérêt national > contre l’Italie qui fut notre fidèle alliée pendant la guerre !

Illusions perdues 1 Erreurs accumulées 1

Brusquement, à un an d’intervalle - mars 1935 et mars 1936 - Hitler s’appuyant sur F unanimité du peuple allemand a, par deux fois, enfreint le Iraité de Versailles et déchiré le Pacte de Locarno, consenti en toute liberté.

Le Français à sa charrue, à son atelier, derrière son bureau, le soir au foyer, entouré

de ses enfants, interroge: Qu'ont fait Gouvernements et Parlements pour nous mettre à l’abri? pour nous montrer le danger? pour élever le moral de la Nation?

Et la justice? Et la fameuse Commission d'enquête parlementaire ? L'une et Faulre aux ordres de la franc-maçonnerie, n 'ont-elles pas visiblement étouffé les scandales financiers (Oustrsc — S ta vis ky — Lévy-Dubois, etc,} pour laisser échapper les plus grands coupables ?

Impunis, les grands fraudeurs et spéculateurs dont les cultivateurs connaissent trop bien Faction néfaste sur les cours des denrées agricoles I

Et les forces morales? Tout pays a autant besoin de les développer que ses forces économiques ou militaires.

Ailleurs, l'instituteur, respectueux de Fautorité du père de famille, enseigne l'amour de la patrie et du drapeau [ — En France, ce sont les théories bolcheviques que préconisent à leurs congrès les 80,000 instituteurs du syndicat unifié, soit les deux fiers du corps enseignant français î bit les Ministres n'osent pas sévir contre ces révoltés, chaque jour plus hardis parce que surs de l’impunité !

Que dire de [l'incohérence des lois économiques sur le blé, la farine, le vin, Falcool, les loyers, etc. ? Et les régimes douaniers I Les monopoles ruineux !

Que de critiques fondées des gabegies budgétaires !

Gomment qualifier l'inefficacité des solutions envisagées pour atténuer le chômage?

Four résoudre ces problèmes, pour sortir de cette anarchie, longtemps le Pays a eu confiance dans Faction du Parlement, mais les années passent sans aucun progrès sensible ou durable.

D'anciens Présidents du Conseil, tel André Tardieu, renoncent à la lutte parlementaire et proclament, comme en avril 19341e vieux Président Doumergue, qu'à continuer de îa sorte la France court à la catastrophe.

Une modification profonde du système est urgente car ce ne sont pas les palliatifs timides, si dignes d’attention soient-ils — représentation proportionnelle ou limitation du nombre des députés — qui suffiront pour arrêter la course à l'abîme.

La préoccupation première de la Chambre de demain devra être de soustraire les Gouvernements aux intrigues constantes des partis et aux surenchères démagogiques qui démolissent les budgets.

Les parLis ne songent qu'aux luttes intestines tandis que la France qui travaille., qui peine, cherche au-dessus de ces partis politiques une -autorité stable qui arbitre avec continuité les différends sociaux et économiques dans l'intérêt supérieur de la Nation*

Mais la France ne veut ni de la dictature, ni de la révolution, qui d'ailleurs aboutit infailliblement à la dictature.

Pour Tordre intérieur, pour îa paix extérieure — « Qm a paix dedans a paix dehors » — pour la conservation et le développement de notre magnifique empire colonial, c’est donc la réforme de la Constitution qu'il faut réaliser :

a) En basant la consultation nationale sur une organisation professionnelle corporatif dans le cadre de la région, avec majoration de voix pour les charges do famille;

h) En imposant en matière de législation économique k collaboration constante et oblk gatoire des chambres d'agriculture, chambres de commerce, chambres artisanales ;

c) En ramenant le pouvoir législatif à son rôle, qui est de légiférer et non de gouverner ; en soustrayant la justice aux influences politiques ;

d) En augmentant les prérogatives du Chef de FEtat et les responsabilités drs Ministres.

Faute d'oser ces réformes hardies, la France sombrera quelque jour fdans l'anarchie et perdra sa place prépondérante dans le monde.

Enfin, il faut rendre aux forces spirituelles ou religieuses l'importance qui leur revient dans toute société civilisée ; abolir les lois qui ruinent la famille et celles qui sont dirigées

contre les congrégations religieuses qui, à l’extérieur et à l’intérieur, ont rendu tant de ser-

vices au Pays* J , . *

Bref, les conditions de relèvement de la France se résument en ces quatre mots qui ont

toujours été mon programme au cours de ces vingt-huit années pendant lesquelles vous ni1 avez accordé votre confiance :

Religion, Patrie, Famille, Profession.

Ces idées sont les vôtres, je le sais*

pour les défendre, j’ai besoin de votre appui.

Le 26 avril j vous me le donnerez 1

Marq uàs de Là F ERR ON N Â ^ S *

Circonscription de CHATEAUBRIANT .

M. Eïieua^d BâRDGUL

(Groupe do la Fédération républicaine de France.) Elu pour la ]rÊ fois le 26 avril T936.

Mes chers électeurs.,,

Répondant à l'appel de T immense majorité de vos élus^ je me présenterai le dimanche 26 avril à vos libres suffrages*

Je suis lier de porter aux prochaines élections législatives dans 1 arrondissement de Châleaubriani, le drapeau républicain d’union nationale ; fier aussi, par mes opinions politiques et religieuses, de pouvoir me dire l'interprète Tulèle des sentiments du plus grand nombre d’entre vous*

La Chambre qui vient de se séparer, mise en face d’importants problèmes d’ordre extérieur et intérieur, n’a pas. su dresser, pour les résoudre, un plan d action efficace ; elle s est, dès le début, trouvée dans l'impossibilité absolue de réaliser un programme commun aux différents partis de gauche, qui composaient pourtant sa majorité.

Aujourd’hui, le salut de notre pays exige impérieusement que nous ne retombions plus dans les mêmes erreurs : il faut sans tarder assurer, à côté du redressement économique et agricole qui s’impose, un regroupement vigoureux de toutes les forces morales. Four cette tâche argente, vous pouvez compter sur mon absolu dévouement.

Au Parlement, j’aurai toujours une ligne de conduite parfaitement. nette ; je demeurerai l'irréductible adversaire eFu-ne- politique: de Front p-ipulaire,. génératrice de divisions et ce

haine entre fils d'un même pays : la France!

Ayæiut accepté riiormeur de vous représenter, j^accomplirai cette mission dans un yen timent de parfaite courtoisie à l’égard de mes adversaires éventuels, mais aussi avec toute ma conscience, toute mon énergie*

Appartenant à une famille d’agriculteurs qui, de père en fils, depuis plus de cent ans, n’a cessé, dans cet arrondissement, de se dévouer à la cause rurale, vous savez qui je suis.

Ancien combattant, cruellement meurtri dans ma chair, j’ai vécu au front votre vie, partagé vos souffrances. Président de ma section de médaillés militaires et président cantonal des Pupilles de la nation, je suis des vôtres, mes chers camarades, et saurai, instruit de nos devoirs, faire prévaloir vos droits.

Père de famille, j’ai la joie d’avoir quatre enfants : les foyers nombreux seront, l’objet de ma constante sollicitude, car ils sont le fondement même de l’avenir de notre race. Eu premier lieu, il est indispensable d’assurer h notre vaillante jeunesse ouvrière ou rurale» justement anxieuse de son avenir, le travail nécessaire et la stabilité dans ce travail; j‘y veillerai. "'“"t

Docteur en droit et conseiller à 3a Cour des comptes — carrière à laquelle je renonce pour me consacrer à votre service à tous, sans distinction — les questions administratives et économiques me sont familières ainsi que les lois d'assurance et de prévoyance sociales, qui intéressent un si grand nombre d’entre vous* Je mettrai en pratique mon expérience k ce sujet*

Conseiller général, maire de ma commune rurale, administrateur du Syndicat des agriculteurs de la Loire-Inférieure, agriculteur moi-même, je connais la profonde détresse de nos campagnes, de ccttc courageuse classe agricole qui, de 1 91 4 à 1928, peuplait nos tranchées de première ligne et a payé alors le plus lourd des impôts, l’impôt du sang : je nie ferai un devoir, à la tribune du Parlement, d’en prendre en toutes circonstances, la plus ferme défense.

Il importe à cet égard qu’une collaboration in lime s’établisse entre tous ceux qui vivent de la terre et des centres ruraux, afin de faire réaliser le programme immédiat suivant . continuation de la revalorisation des produits de notre sol et abaissement parallèle de nos prix de revient; meilleur aménagement du crédit agricole et artisanal; large développement de l’esprit, d’association*

Il est de toute évidence que de la prospérité de nos cantons ruraux dépend le renouveau de 1 activité commerciale et, industrielle, à Châteaubriant même. Je ne fuis pas de ceux qui, dans une intervention officielle, renient un de leurs cantons, car tous méritent, au même litre,* ma plus entière sollicitude.

l ai une politique d ordre et d économie dans l'Etal, seule capable d’amener une diminution des impôts qui vous accablent tous, agriculteurs, industriels T commerçants et artisans, par une reforme urgente eL profonde de nos vieux rouages administratifs, avec à la base une représenta lion proportionnelle équitable, par une sage protection de la famille et des jeunes, par une défense efficace de la profession et du métier* je m efforcerai, et. ce sera mon but an Parlement, de rendre a la France son vrai visage ; celui d’une nation unie, forte et respectée.

Je souhaite avec vous que l’élection si importante du 26 avril se fasse dans le sens de la plus large union républicaine et nationale. Tous mes efforts tendront par !a suite a la rendre durable dans notre bel arrondissement, et cela, pour le plus grand bien de tous* Je compte maintenir un étroit contact, inexistant a I heure actuelle, entre l’élu et ses électeurs; c’est h mon avis le seul moyen pratique pour que votre représentant puisse se rendre un compte exact de vos besoins et, pour qu’à voire tour vous soyez tenus au courant de la façon dont il remplit son mandat.

Le succès est assuré, mais plus vous grouperez sur mon nom un chiffre élevé de suffrages.

,„i permettra en p.rtieuU.r rie supprimer ce honteux deuxieme tour, et plu, vous .ecrottrea

l’autorité de voire député^ dWr.. lemp, moins trouble, certaines préférence.

■ fv l, £ 1 ave., mes chers amis, l'impérieux devoir dans le, m, eûtes s, «raves que

'“„„s vtons.'d. faire sur mon nom 1. bloc imposant de tous le, hommes d ordre.

Vous nTy faillirez point

Emehand BAH DOC J j

Candidat républicain d'union nationale.

Conseiller à la Cour des comptes — Docteur en droit. Conseiller général- — Maire de Mar sac-sur -Don. Chevalier de la Lésion d'honneur.

Médaillé militaire. — Crois de guerre*

lrf circonscription de NANTES.

>] „ Auguste PAG EO T

(Groupe socialiste.)

Elu pour la 13e fois le 3 mai

(Voir le programme du parti socialiste S. F. I. O., p. 3.)

Citoyens,

Jamais l’h.ure n'a été plus «rave ni plus décisive pour la del

L'injustice sociale «Rlfrsve en altct chaque jour es mqu »«»£ * »' v j „

classe, moyennes : artisans, commcrçanls, mdnsln.ls de. viles; cull.v.leur. B

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D’autre part, les menace, de guerre se préeseut et . acce ntue « . . • “ « J

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s.nclion, éco nomiques contre tou. les ’ ,p' [c de proie, sans doute

Si de sévères sanctions avaient ete appl quees c de

Hitler n’aurait-il pas osé déchirer, au mépris de tous droits et de toute loyauté, p

Locarno librement signé par l’Allemagne. verger te moins de sang pos-

L'odieuse dictature enfin, est à nos portes . ,

sible » a dit le colonel de la Rocque dans sa harangue du o nove m ' * ' dre

Ainsi, le colonel et ses troupes de factieux songent à verser le sang pour pre P

U ^“ Lr^tone la dictature, qui exaspère les insiincts de violence, asservit les

hommes, étouffe la liberté et barre la roule au progrès,

Socialistes, nous sommes par cela même des démocrates.

Nous voulons le pouvoir, par la délégation, par le libre jeu du suffrage universel avec représentation proportionnelle intégrale, et non par l’usurpation.

Et c’est pourquoi nous sommes étroitement solidaires de tous les hommes de gauche de bonne volonté qui ont constitué avec nous le Front populaire pour défendre d’abord la République contre les assauts toujours possibles des hommes de main du colonel et ensuite pour constituer à la Chambre une majorité et un Gouvernement nettement résolus à sau vegarder les principes laïques et républicains et à donner au peuple de France :

Le pain I La paix ! et la liberté î !

Citoyens,

Vous me connaissez.

Je n'ai jamais cessé de donner le meilleur de moi-même à la collectivité.

Depuis seize ans, des majorités accrues se sont sans cesse affirmées sur mon nom Que les électeurs reçoivent ici l’expression de ma reconnaissance.

Grâce a eux, grâce aussi au dévouement éclairé et à l’activité féconde de tous mes excellents collaborateurs de la majorité de gauche, je connais la joie de travailler à la grandeur et à la prospérité de la ville où je suis né.

Les préventions répandues sur notre compte s’évanouissent de jour en jour.

°“ saltcIue nous ne ménageons pas notre peine, et qu’éloigné de ' tout sectarisme nous n avons en vue que le travail fécond dans la paix et l’activité économique de notre belle cite.

Cela suffit pour que j’ai confiance, mes chers concitoyens, en votre verdict.

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