A. PAGEOT
Maire de Nantes.
Conseiller général.
2e circonscription de NANTES.
M. Eugène LE ROUX (Groupe socialiste. )
Elu pour la lre fois le 1er mai 1932. — Réélu le 26 avril 1936.
(Voirie programme du parti socialiste S. F. I. 0., p. 3.)
Citoyens,
26 avrHMKM#» ^ vu ^ ,SOcialiale comme candid^ aux élections législatives du 26 avril 936 j ai 1 honneur de solliciter pour la seconde fois vos suffrages. Au cours de la
dernier» législature, j’a. conscience d’avoir rempli fidèlement le mandat que vous avez bien voulu me confier.
Durant ces quatre années, mon attention est restée sans cesse retenue, à la fois, par les problèmes graves de la politique intérieure, par la crise économique^! contrarie l’essor u pays et par les difficultés si angoissantes de la situation extérieure.
Tous mes votes au Parlement prouvent que, sans aucune défaillance, même aux heures les plus critiques, fai servi l’idéal démocratique et 'socialiste, pour la défense duquel vous mVvez accordé voire coniiance en 1932*
Je me suis toujours attaché à apporter mon concours le plus dévoué à la classe ouvrière, aux commerçants et aux artisans; en un mot, a tous ceux qui souffrent de la crise actuelle, pour améliorer leur situation si précaire.
L’avenir de la jeunesse et de l'enfance est mon souci constant; aussi, ai-je collaboré au développement de l'école laïque et à la défense de ses maîtres, convaincu que cette action sert les intérêts de la République elle-même.
Citoyens,
Cette législature fut fertile en incidents allant jusqiv à la violence.
Dès le 6 février 1934, j’eus le sentiment que la dernière Chambre, élue sous le signe républicain, ne correspondait plus 'aux aspirations du pays, par suite de certaines défaillances.
On ne pactise pas avec les ennemis du régime démocratique, ni avec ceux qui obéissent servilement aux ordres des oligarchies financières et économiques, on doit avoir le caurage de les combattre.
Les 500 décrets-lois imposés au Parlement ont aggravé le chômage, apporté plus de gêne dans les foyers des modestes travailleurs manuels et intellectuels. Par-là même, ils ont paralysé le commerce, entraîné de nombreuses faillites et anéanti le fruit de bien des années d’efforts et d'économies.
Pour remédier a cetLe angoissante situation, le Parti socialiste a présenté au Parlement des solutions pratiques et justes destinées à donner à l'économie nationale un élan nouveau*
11 faut que l’impôt soit mieux réparti, que le petit commerce et la petite industrie ne soient pas victimes des consortiums, enfin, que les gouvernements ne subissent plus l’emprise dégradante du capitalisme international, aussi néfaste à l'intérieur qu’à l’extérieur.
Les cultivateurs doivent être aussi protégés; nul, plus que notre parti, ne s'est penché mv îa misère de ces derniers en essayant de faire adopter des projets pouvant protéger leurs intérêts* Nos votes sont un sur garant de notre sollicitude pour les travailleurs de la terre.
Citoyens,
Aux heures troubles que nous vivons, il faut avoir le courage de choisir avec netteté
et franchise.
Voter socialiste, c’est voter :
— pour donner du travail et du pain aux travailleurs ;
— pour restaurer l’indépendance et la dignité du régime démocratique ;
— pour assurer la liberté aux citoyens et la paix aux peuples.
Si vous me faites de nouveau Phonneur de représenter au Parlement la deuxième circonscription de notre grande ville, je vous dorme l'assurance que, demain comme hier, je ne faillirai pas à mon devoir de républicain et de socialiste.
Eugène LE ROUX
Député sortant.
Conseiller général.
Adjoint auxiliaire de Nantes.
3e circonscription de NANTES.
M, Maurice THIÉFAINE
(Groupe socialiste.)
Elu pour la lre fois îe 3 mai 1936.
(Voir le programme du Parti socialiste S F. I. O., p. 3.)
Citoyens,
Jamais l’heure n’a été plus grave, ni plus décisive pour la démocratie française.
L'injustice sociale aggrave en effet chaque jour les inquiétudes et les difficultés des classes moyennes : artisans, commerçants, industriels des villes ; cultivateurs et vignerons de nos campagnes.
Ouvriers, employés, intellectuels connaissent les bas salaires et le chômage, par conséquent la gêne et la misère/
Toutes les familles au surplus sont inquiètes du lendemain pour leurs enfants.
D’autre part, les menaces de guerre se précisent et s’accentuent et les fous critiquent et rejettent la seule sauvegarde réelle du monde civilisé : l'application intégrale des sanctions économiques contre Lous les gouvernements de rapine et d'agression.
Si de sévères sanctions avaient été appliquées contre le fascisme de proie, sans doute Hitler n'aurait-il pas osé déchirer, au mépris de tous droits et de toute loyauté, le pacte de Locarno librement signé par l’Allemagne.
L'odieuse dictature enfin, est à nos portes : « 11 faudra verser le moins de sang possible » a dit le colonel de La Roque dans sa harangue du 5 novembre 1935.
Ainsi, le colonel et ses troupes de factieux songent à verser le sang pour prendre par la force le pouvoir.
Or j nous rejetons la dictature, qui exaspère les instincts de violence, asservit les hommes, étouffe la liberté et barre la route au progrès.
Socialistes, nous sommes par cela même des démocrates.
Nous voulons le pouvoir, par 3a délégation, par le libre jeu du suffrage universel avec représentation proportionnelle intégrale, et non par /usurpation.
Et c’est pourquoi nous sommes étroitement solidaires de tous les hommes de gauche de bonne volonté qui ont constitué avec nous le Front populaire pour défendre d'abord la République contre les assauts toujours possibles des hommes de main du colonel et ensuite pour constituer à la Chambre une majorité et un gouvernement nettement résolus à sauvegarder les principes laïques et républicains et à donner au peuple de France :
Le pain ! la paix ! et la liberté ! !
Citoyens,
Depuis quinze ans, je milite dans celte circonscription, au Parti socialiste, dans les organisations syndicales et dans les groupements d'anciens combattants.
Je connais vos besoins pour les avoir discutés souvent.
Dans deux municipalités différentes, Rezé et Nantes, j ai pu nie rendre compte que les intérêts de toute la circonscription se confondent.
Sî la ville est prospère, le cultivateur y écoule plus facilement ses produits.
Complanteurs,
Je m'engage h faire reprendre immédiatement le rapport Gaston Martin, afin que celte question soit réglée conformément à vos intérêts.
Vignerons, cultivateurs, maraîchers,
Seule uue politique intelligente de contingentement et de hauts salaires permettra la vente de vos produits à un taux rémunérateur.
C’est mon programme.
Mutilés, anciens combattants,
11 faut abolir immédiatement le prélèvement de 13 0/0 sur les pensions et la rente du combattant.
Une révision des marchés permettrait de trouver une somme correspondante en faisant payer d’abord les profiteurs de la guerre qui se sont enrichis de nos misères et de nos souffrances.
Pêcheurs,
Votre situation misérable aura foute ma sollicitude et mon action tendra à obtenir du Gouvernement la libre exportation des piballes et une meilleure réglementation de la pêche en faveur des inscrits maritimes de la Loire.
Commerçants, ouvriers, employés, fonctionnaires, artisans
Seules :
— - une revalorisation des salaires et traitements ;
— une protection efficace de l'artisanat ;
— une répartition plus judicieuse du travail ;
— la prolongation de la scolarité
donneront à chacun une puissance d’achat et de consommation plus grande et, partant, une reprise des affaires, permettant de résorber la crise.
Démocrates, pacifistes,
J’ai trop soulTert de la guerre pour ne pas m’employer de toute mon énergie à une politique de paix compatible avec la dignité et la sécurité de notre pays.
Citoyens,
Mon programme se résume ainsi :
Donner du travail et du pain aux travailleurs ;
Restaurer l'indépendance et la dignité du régime démocratique ;
Assurer la liberté aux citoyens et la paix au peuple.
Maurice THIËFAINE
Adjoint au Maire de Nantes.
Chevalier de la: Légion d'hûimeur.
G*and Mutilé de guerre.
4" circonscription de NANTES.
M. Jüan LE COUR GRANDMAISON
(N' appartient à aucun groupe.)
Elu pour la lrs fois le 16 novembre 1919. — Réélu les 11 mai 1924, 22 avril 1928,
1er mai 1932 et 26 avril 1936.
M. Le Cour Grandmaison n’a pas publié de profession de foi.
Circonscription de PAIMBŒUF,
M. le marquis de JUIGNÉ (N’appartiont à aucun groupe.)
Elu pour la 1« fois le 6 mai 1906. — Réélu les 24 avril 1910, 26 avril 1914,
16 novembre 1919, 11 mai 1924, 22 avril 1928, 8 mai 1932 et 26 avril 1936.
Le Bois-Rouaudf le 12 avril 193G,
Messieurs les électeurs,
La gravité de l'heure présente ne peut échapper à aucun de vous.
Le triple danger de l’extérieur, de l’intérieur et de la banqueroute réclame, comme aux. moments les plus décisifs de notre histoire,
L’union de tous pour le salut du pays.
Contre l’attitude audacieuse et déloyale d’un pays voisin :
Union des Français corps et âme dans une clairvoyante et sage politique de force, seul moyen, en nous attirant des alliés, de rompre les desseins ennemis.
Contre les divisions arbitraires fomentées par le Front populaire qui exploite, à l’aide de l’étranger, les difficultés financières du moment :
Union des Français sur l’inviolable terrain de la famille et du métier;
Union dans la profession organisée et disciplinée de tous ceux qui y trouvent leur existence et leur gagne-pain, quel que soit leur genre de coopération.
Contre l’immoralité flagrante que de retentissants scandales ont révélée :
Union dans une politique de fierté nationale pratiquée dès l’école et de moralité dont la religion est la base.
[/adjonction du canton de Machecouî à l’ancienne circonscription, en rendant au pays le Retz sa capitale de jadis et l'intégrité de son territoire, achève l’unité économique et morale d’un pays que je suis fier de représenter au Parlement depuis trente ans.
Electeur* I
Une fois de plus, au scrutin du 20 avril, vous manifesterez votre attachement à tout ce qui peut faire [union des Français, assurer la paix, sauvegarder la fortune et 1 honneur du
pays.
Que la vieille devise :
Dieu, patrie, famille, jeslc la nôtre pour que
Vive fa France !
Marquis »e J U IGNE
Député,
Conseiller général du canton de Bourgneuf, Vice- Président du Conseil général.
Candidat d'union nationale.
lr* circonscription àe SAINT-NAZAIRE,
M. François BLANCHI)
(Groupe socialiste.)
Elu pour la tre fois le 20 avril 1028, - Réélu les 14J mai 1932 et 36 avril 1936.
(Voir le programme du parti socialiste S. F, I. O., p. 3).
Mes chers Concitoyens ?
Voilà huit années, que j’ai l’honneur de vous représenter au Parlement [: huit années pendant lesquelles je me suis efforcé de me montrer digne de votre confiance.
Vous avez d’ailleurs été tenus au courant de mon activité parlementaire, soü par la voie
de la presse, soit par des réunions publiques. ( ,
Aujourd’hui que la France va être à nouveau consultée sur la route qu elle ent c
suivre, le parti socialiste me présente a nouveau à vos sulïrages.
La gravité de la situation présente ne vous échappe pas. Aussi bien dans ordre mernational que dans Tordre intérieur, la situation est des plus sérieuses ei Lc émane e
examinée avec beaucoup d'attention. ,, .
Vous avez à choisir entre deux politiques : i une, celle de la ternioïc ^.ïam.req nous mène droit vers le fascisme et toutes les conséquences qu il comporte , au re, parti socialiste, qui apporta ses solutions propres aux difficultés actuelles.
Je fais mien i 'en semble du programme défini par mon parti, au cours de son dernier congrès et notamment. :
Paix intérieure :
Des événements récents nous ont prouvé que la paix intérieure n’était plus assurée chez nous, Elle ne le sera vraiment que si tous les fauteurs de guerre civile sont mis hors d’état de nuire.
Il faut défendre les libertés démocratiques contre le fascisme et rétablir la souveraineté populaire*
II faut obtenir le désarmement et la dissolution des ligues para-militaires du fascisme; l'application stricte des lois de défense républicaine votées par îe Parlement,
Le parti socialiste ne saurait tolérer, d'autre part, que la presse fût plus longtemps sous la domina lion des puissances d'argent {Comité des Forges, assurances, etc,) qui dirigent l'opinion dans le sens de leurs intérêts par l’intermédiaire de quelques grands journaux*
Il demande que des mesures appropriées soient prises pour assurer Fin dépendance de la presse (publication de bilans, etc.),
' Paix extérieure :
La politique étrangère équivoque et égoïste des grandes nations fait à nouveau planer sur F Europe l’atmosphère de 1914.
A la faveur d’une situation trouble, Mussolini a envahi l’Ethiopie, Hitler a réarmé l’Allemagne et réoccupé la zone démilitarisée du Rhin,
Le parti socialiste réclame donc :
L’application loyale du pacte de la S. D. N. ;
Une initiative immédiate du Gouvernement français pour reprendre les travaux de la Conférence de désarmement ;
La suppression de la fabrication et du commerce privés des armes par voie de convention internationale, et, en tout état de cause, en ce qui concerne la Fronce, par voie de nationalisation ;
Uue politique étrangère exclusivement fondée sur le développement de la Société des Nations et sur le caractère indivisible de la paix ;
Une stricte connexion entre les pactes particuliers d’assistance et le pacte général de la S. D. N*
Protection du travail :
Les eflets néfastes de la crise actuelle sur les travailleurs éclatent aux yeux de tous. Chômage, diminution de salaires, ces maux se sont abattus sur eux.
Le parti socialiste réclame :
La mise en train d’un vaste plan d'oulillege public, dressé sur l’initiative des départements, des communes, des organismes professionnels, financé par l’appel à la thésaurisation locale et conçu de telle sorte que son exécution rapide et coordonnée aboutisse à l’ équipe* ment rationnel de la nation et à la reprise solidaire des diverses branches de l’activité industrielle et commerciale ;
La semaine de quarante heures qui permettra ïe réemploi immédiat d’un grand nombre de chômeurs ;
Inorganisation du contrôle ouvrier en ce qui concerne l’embauchage et le débauchage ;
La création clé l'assurance-chômagc et des assurances contre les risques agricoles de
a vTs i'o n complète^ e|l a loi de 1898 sur les accidents du travail et l’extension de ladite-
loi aux maladies professionnelles ;
I c développement des contrats colteclils ,
La révision des lois sur la Caisse des Invalides si sur la Caisse de prévoyance dos marins français ;
La facilité du vote aujpersotinel navigant ;
I/abrogaüonMes décrets-lois qui ont réduit : pensions, traitements, allocations d'assistance*
Organisation de la production :
Le parti socialiste réclame :[> nationalisation des grands monopoles capitalistes pour en restituer le profit à la nation, pour en remettre la gestion aux travailleurs et aux usager» sou 5 le contrôle de l'Etat :
Mines, dont les ouvriers connaissent le chômage et la misère, au moment où les besoins de la France l'obligent à importer le tiers de sa consommation charbonnière ;
Assurances privées, dont la gestion collective avec le concours des agents et des assurés libérerait F Etat de la souveraineté d’une oligarchie de financiers et permettrait sans trais ni impôts d’assurer le fonctionnement d’un système général d’assurancs couvrant tous les risques y compris le chômage et les calamites agricoles ,
‘ Grandes industries métallurgiques, chimiques, électriques, qui pillent le budget de 1 Etat et soufflent sur les conflits mondiaux dont elles profitent ;
Transports, dont le fonctionnement anarchique coûte quatre milliards par an à 1 Etat ,
Crédit et banque, pour : protéger la petite épargne abandonnée au pillage des écumeurs; assurer la répartition rationnelle du crédit aujourd’hui soumis à la capricieuse dictature du capitalisme financier ; pour préserver enfin du chantage et de la souveraineté des puissances financières l’indépendance de l’Etat républicain, de la presse et du suifrage universel.
Pour les commerçants :
Révision des cessions de fonds ; révision des baux ; propriété commerciale intégrale.
Pour les agriculteurs :
Le parti socialiste s’intéresse aux ouvriers de la terre comme à ceux de l'usine. Parmi lesréformes que nous préconisons çn faveur clés agriculteurs figuient .
La constitution d’un office national des blés et céréales, assurant aux producteurs un prix rémunérateur ;
Office national des engrais permettant la vente à un cours normal, sous le contrôle des* producteurs et consommateurs associés j
Développement de l'instruction agricole a 1 école primaire ;
Simplification et généralisation du crédit agricole ;
Extension de l'électrification des campagnes ;
Adduction d’eau ;
Amélioration des chemins ruraux ;
Révision de la loi sur le fermage et du métayage.
Protection de l'épargne :
Réforme de la fiscalité par la suppression des 128 taxes et impôts divers : taxe sur le-
chiffre d’afiaires, etc,, et leur remplacement par trois taxes simples et claires, avec répression de la fraude.
L'éducation du peuple :
J/exercice de la souveraineté dans le domaine politique comme dans le domaine économique demande des hommes particulièrement instruits et compétents. C'est pourquoi le parti socialiste attache une importance primordiale à tout ce qui touche l'éducation du peuple.
L'universalité de T instruction ne peut être réalisée que par une réforme totale de notre système d’éducation nationale. Cette réforme, connue sous le nom d’école unique, doit permettre à tous les enfants qui en sont dignes de s'élever à tous les degrés de renseignement, sans autre distinction que celle de leurs aptitudes. Elle implique la gratuité à tous les degrés et la sélection.
Le parti socialiste réclame aussi :
La prolongation de la scolarité jusqu’à 15 ans;
Le respect absolu de l'obligation et de la fréquentation scolaire ;
Le développement de l'enseignement post-scolaire.
Enfin, dans cette région où l'école publique est odieusement attaquée par les ennemis du progrès, je m'attacherai particulièrement aux deux réformes suivantes :
Abrogation définitive de la loi Falloux ;
Equivalence des diplômes entre les maîtres laïques et privés*
Pour la région i
En dehors de ces questions d'ordre général, comme par le passé, je poursuivrai de tous mes efforts la réalisation des travaux susceptibles de donner à notre cité et à notre région une prospérité plus grande.
Je me tiendrai d’ailleurs en contact permanent avec la Chambre de commerce, les municipalités, les syndicats ouvriers et agricoles et autres groupements pour faire aboutir leurs desiderata.
Mes chers Concitoyens,
Les travailleurs de tous ordres : ouvriers, agriculteurs, petits commerçants, artisans, fonctionnaires, marini, savent que le parti socialiste a toujours été leur vaillant défenseur.
Les républicains et les démocrates savent aussi que le Socialisme est synonyme de République.
L’intérêt de tous est de voter le 26 avril pour : François Blancho,
Vive la République laïque, démocratique et sociale S
F. ELAN Cl 10
2e circonscription de SAINT-NAZAIRE,
M. le Comte Hubert de MONTA IG U (Groupe de la Fédération républicaine de France.)
Elu pour la H4 fois le 24 avril 1910* — Réélu les 26 avril 1914, 22 avril 192$, 1er mai 1932 et 26 avril 1936.
Messieurs et chers concitoyens,
En venant de nouveau solliciter vos suffrages, j’ai le sentiment de n avoir pas démérité de la coniiance que vous m’avez constamment témoignée par des majorités imposantes. Les événements n’ont, en effet, que trop donné raison aux idées que j'ai toujours professées et lldèlemcnt suivies. Chaque fois qu’un Gouvernement de gauche est venu au pouvoir, son ascension a été suivie de quelque catastrophe : après les élections de mai 1914, ce fut la guerre ; après les élections de mai 1924, la ruine de la monnaie ; après les élections de mai 1932, l'anarchie du pouvoir aboutissant à un massacre ; enfin, à peine le dernier Gouvernement de cartel a-t-il été formé — janvier 1936— que les périls de guerre ont pointé à lT horizon.
Je viens vous demander d’affirmer voire volonté de parer aux graves menaces qui se sont abattues sur la France, par une politique d'union nationale.
Est-il besoin d’insister sur le péril extérieur, quand vous savez revenus sur nos frontières les soldats d’une Allemagne plus exaltée, plus fiévreuse et plus violente qu’eu 1914 ?
Il ne s'agit plus pour les électeurs, en ce mois d’avril 1936, de chercher à sauvegarder de petits intérêts particuliers, quelque respectables qu’ils soient* L'existence même du pays est en jeu*
Le Front populaire, créature des Loges et de Moscou, porte la responsabilité immédiate de cette situation nouvelle qu’il a provoquée sciemment. Pour conjurer le risque d'une guerre atroce, la France doit d’abord affermir l'union de tous ses fds, à l’encontre des politiciens qui cultivent, par la lutte des classes, les ferments de la guerre civile.
Seule, une France forte et unie saura trouver les alliances nécessaires pour suppléer aux défaillances trop visibles de la Société des Nations.
Les finances de l’Etat sont toujours affligées d’un déficit persistant. Les Cabinets d'union nationale ont fait des efforts méritoires pour le réduire. Ces efforts doivent être continués et repris sur une base plus large. La politique d'inflation sournoise actuellement pratiquée serait encore amplifiée demain par un Gouvernement de gauche et conduirait fatalement à la dévaluation qui, cette fois, serait la ruine.
La dévaluation serait la mort de l’épargne, la mise au pain sec des petits rentiers, un vol à [‘égard des assurés sociaux, tout cela au seul profit de quelques spéculateurs trop connus. Le sufirage universel doit proclamer sa volonté de maintenir la valeur actuelle du franc.
Mais, pour cela, il faut ranimer la vie économique, revaloriser les produits du soi, assurer à tous, agriculteurs, pêcheurs, paludiers, commerçants, une juste rémunération de
leur travail. Il faut qu'existe une relation de prix entre ce qu'ils vendent et ce qu’ils achètent.
En présence de ce fléau qu'est le chômage ? il importe de chercher, en dehors des doctrines de haine, à assurer pour l’ouvrier le droit au travail. Ce but peut être obtenu par une organisation rationnelle des corporations de métier qui, tout en respectant l'artisanal de nos campagnes, sauront répartir le travail en évitant les tracasseries et la gabegie de l'étatisme*
La solution de ces problèmes exige tout d'abord que l’Etat, se décide à alléger considérablement les charges fiscales et sociales qui écrasent et tuent la production nationale, lui Interdisent de concurrencer l’étranger et perpétuent la cherté de la vie.
Il faut des initiatives audacieuses qui rétablissent la confiance.
Cette politique hardie ne pourra être entreprise que par un Gouvernement qui ait à la fois autorité et stabilité, avec, comme condition préalable, la propreté*
La Chambre précédente a consommé 1 1 ministères en quatre ans. Aucun Gouvernement t> 'est possible dans un pareil système*
C'est pourquoi je demande avant tout la réforme de l'Etat, notamment
— l'institution de la représentation proportionnelle ■
— le droit de dissolution plus largement conféré au chef de l'Etat.
Sur ce programme simple et de bon sens, je fais appel à tous les citoyens de bonne volonté qui en ont assez de l'anarchie et du désordre et veulent que cela change*
Vous avez à choisir entre deux drapeaux :
— ou bien le drapeau rouge de la guerre civile, de la lutte des classes, de la dictature révolutionnaire, derrière lequel marchent aujour d'hui dans une alliance monstrueuse consentie par intérêt ou ignorance, communistes, socialistes et radicaux, tous voués d’ailleurs, comme par le passé, à une impuissance totale, sauf pour faire le mal, accroître un étatisme mortel ou installer dans le sang la tyrannie des valets de Moscou ;
— ou bien le drapeau aux trois couleurs, qui représente tout ce que vous aimez : les droits de la famille, le respect de la religion, la concorde des criés et des villages, les libertés individuelles, la solidarité nationale.
Vous savez que c’est à celui-ci que je reslc fidèle, avec d'autant plus de foi que, dans les circonstances présentes, H porle seul dans ses plis la grande espérance d'un renouveau nécessaire et qu’il rassemble, en présence des insolences allemandes, tous ceux qui ïv acceptent pas la complète annulation de notre victoire, cl qui ne veulent pas plus obéir à Berlin qu’à Moscou*
J’ai confiance que vous n’avez pas change et que vous manifesterez sur mon nom votre adhésion réfléchie au front républicain national de l'honnêteté, de la liberté et de la paix*
H; C nïvR t n k MON T À I G U
député sortant.