LOIRET
Circonscription de G I E N .
M, Pierre DEZARNAULDS (Groupe républicain radical et radîcal-socialisie.)
Élu pour la lrt fois le 16 novembre 1919. — Réélu les 1 1 mai 1924, 22 avril 1928,
lar mai 1932 et 26 avril 1936.
Mes chers concitoyens,
Depuis plus de seize ans que je vous représente au Parlement, jamais, peut-être, je nJai eu plus conscience qu’aujourd’lnii, de la terrible responsabilité qui va incomber à tous ceux qui briguent vos suffrages.
Dana tous les domaines, les difficultés s’accumulent ; menaces de guerre dues aux ambitions et aux folies des chefs du fascisme européen : Hitler et Mussolini ; à 1 impérialisme de certains peuples ; course aux armements qui précipite la ruine des nations ; régime républicain battu en brèche par les hommes qui voudraient implanter en France un régime fasciste et supprimer les libertés démocratiques ; crise financière sans précédent avec menace d’une nouvelle faillite ; crise économique qui plonge une foule d'hommes et de femmes dans la plus profonde misère, désespérant une jeunesse ne demandant pourtant qu’à trouver du travail et faire son chemin dans la vie.
Les causes de cette situation sont multiples et peuvent se résumer en quelques mots .
Résultat d’une guerre qui a épuisé toutes les naLions, d’un traité de paix qui n’a pas eu prévoir T avenir, préparer le relèvement économique des peuples, détruire le militarisme non seulement en Allemagne, mais dans le monde entier; d’une mauvaise entente entre le peuples du fait de gouvernements qui ne comprenaient pas les nécessités de supprimei de. méthodes périmées ; politique d’impérialisme, de nationalisme exacerbée y avènement du Fascisme en Italie et en Allemagne ; crise profonde du régime capitaliste incapable de réparer les mines, d’éviter les désordres nés de la guerre, d'un régime qui na pu régler les grave t problèmes posés par le développement de la machine, du progrès scientifique et leur adaptation au travail humain pour éviter le chômage et ce terrible paradoxe qui fait qu il y abondance de produits, que l’on en détruit, et qu’une foule d hommes ne mangent, pas . leur faim.
Quelle méthode, quel programme à appliquer pour essayer de permettre aux peuples de vivre, d'éviter la guerre, de sauver les libertés humaines et de préparer 1 avenir ?
Défendre la paix et éviter la guerre, pour cela ne pas revenir aux méthodes du passé , pas d’alliance avec un ou des peuples, dirigée contre d’autres peuples ; pas de politique de
tète à tête avec Hitler à qui tout homme qui raisonne ne peut faire entièrement confiance (nVt-il pas renié la signature allemande pourtant apposée en toute liberté en bas du pacte de Locarno), mais au contraire poliiïque d'entente internationale; de pactes de sécurité collective, de pactes d'assistance mutuelle auxquels tous les peuples seraient appelés à participer, dirigée contre personne et permettant ainsi do liguer contre celui qui voudrait faire la guerre toutes les bonnes volontés de l'Europe,
Ces pactes obtenus, rendre la guerre Im possible en pratiquant une politique de diminution, délimitation désarmements, d’interdiction de la guerre aérienne, et d'emploi clos gaz. Nationalisation des industries de guerre et suppression du commerce privé des armes,
C est le programme que j’ai toujours défendu depuis ï 9 19, c’est l'explication de tous mes votes concernant Ja politique extérieure de la France ; du soutien que j'ai ton jours apporté à Briand, de mon vote approuvant le pacte franco-soviétique dirigé contre personne, mais première ébauche d'une politique d'accords in ternaiionaux.
Défense des libertés républicaines par la dissolution des ligues fascistes, par Je rappel à la raison des « Croix de Feu jj, des « Jeunesses patriotes !>,<« Solidarité française, « Camelots du roi i) qui voudraient installer en France J a guerre civile afin de détruire le régime luimême basé sur le suffrage universel*
Les lois nécessaires ont été votées par le Parlement qui vient d'expirer. Il suffit de la volonté ferme, réfléchie, d'un gouvernement nettement républicain pour remettre l'ordre et ne pas livrer la rue aux factieux.
Liberté d'opinion, oui. — Liberté de réunion T oui. — Liberté de la presse, oui.
Liberté syndicale, ouï, — Mais pas de politique n'ayant d'autres appuis que les formations paramilitaires tendant à remplacer la volonté du suffrage universel par la force brutale du casse-tête, du revolver et de la mitrailleuse.
Réforme profonde du régime parlementaire ; trop de petits groupes, trop de courses aux portefeuilles, trop de trahisons ; stabilité ministérielle garantie par un système analogue à celui qui se pratique en Angleterre. Gouvernement fort, énergique, ne so laissant pas supplanter dans son action par le législatif n'ayant d'autres prérogatives que de voter les lois et dp contrôler. '
Réforme de la justice dont le recrutement est mauvais, aboutissant à une politique par trop visible de classes et de privilèges ; modifications profondes concernant les nominations des juges et de leurs responsabilités.
Réforme de la presse par l'adoption de mesures législatives :
1° Qui permettent la répression efficace de la diffamation et du chantage ;
2° Qui puissent assurer aux journaux des moyens normaux d'existence; qui lesobligent h rendre publique l'origine de leurs ressources ; qui mettent fin aux monopoles privés de ia publicité commerciale et aux scandales de la publicité financière, et qui empêchent, enfïn? la Constitution de trusts de presse.
Abrogation des lois scélérates.
Organisation des émissions radiophoniques d'Etat en vue d’assurer l'exactitude des informations et légalité désorganisations politiques et sociales devant le micro.
Application et respect du droit syndical.
Réforme financière indispensable pour éviter la dévaluation de la monnaie, ruineuse pour l’ouvrier, le paysan, le petit rentier, pour tous ceux qui travaillent et qui économisent.
Réduire les dépenses, non pas par cette politique de déflation chère à MM. Dournergue, biaiidm, Laval, une politique de décrets-lois qui n'a abouti qu'à ce résultat lamentable d augmenter de milliards la dette de k France, an déséquilibre du budget, à l’élévation du taux de l'intérêt et n’a pu réveiller la confiance et éviter les assauts de la spéculation internationale contre notre monnaie.
An contraire, politique de réduction des dépenses uniquement basée sur la suppression
,nB nhus des gaspillages, des doubles emplois, des cumuls qui foisonnent des P[lv'le5eB’ ’ u pfn n’a jamais touchés, sauf pour frapper les petits ; contrôle
dans le budget ‘ ' jlita;re8 dont l’inflation des dépenses est de règle; réforme admi-
<1= 1» p.p*™« paralysait1» «fd» •>» « uniquement
re“U'" p‘r “ "‘"J* d‘ S,-l”d‘ T‘“ wï'
Politique a a „ l'épargne publique régionale ; politique de revalonsa-
r.el SS’LSlles et diminution du chômage, de hausse des salaires, de reprise de tion des p n • ig eL industrielle par une diminution d’impôts bien choisis,
„ vie —^.33 “glu ,n ■ V» “»« politique d.m.ud.u» *
la to Une acqu sion s6vère de la fraude, défense de la petite épargne , h
fiscal si confus , P de paniquCi pour soustraire le crédit de l’épargne,
Tcrédîue la France à la domination de l'oligarchie économique ; faire de la Banque de France, aujourd’hui banque privée, la Banque de la France :
I SSsImeJt'des’^nvSrs du Gouverneur sous le contrôle permanent d’uneon^l , , k , niants du pouvoir législatif, de représentants du pouvoir executif et de
compose : d P a„ travail et de l'activité indu.trielle, commer-
ZÏÏXt contrôle de .ortie, de o.piUu* et répreion de leur é.a.ion par le. me.uro. les p us sévères.
Lutte énergique contre cette demi-douzaine d’organisations privées qui détiennent en Fr.„t”, directement, le pouvoir économique, et, i.direotemont, le pouvoir politique .
Ban e de France, marchands de canons et de munitions, assurances entreprises de , , font couvrir leur déficit par le contribuable (plus de 4 milliards pour les seul
Iranspor | aui transforment ce déficit en bénéfices pour leurs filiales officielles ou
(S... .1 enco.:!.;: ponr le. b.nque. ,«i pl.cent lenr. emprunt. : 50 «-
iss” r«. <1» *«. * >. *■ ^ > <• rr t
oublicUe les grands moulins , tous ces trusts par leurs banques leur presse, sont maîtres gBK, à la base de l’immoralité envahissante ; leur politique n est qn une pol L que dé corruption des parlementaires, des élus municipaux, des fonctionnaires; pour h t r contre eux ne pas hésiter à pratiquer avec méthode, prudence, mais avec energte p le de Jretour de ces monopoles privés au domaine public, non pas pour en fane de monopoles étatisés, mais des organisation ^industrialisées sons le j»ntro e de8 grandes force, économiques de la Nation, paysans, ouvriers, commerçants, intellectue .
Politique de réduction de déficit des chemins de fer par la suppression des abu s i scan-
daleux des gaspillages pratiqués par les compagnies ; coordination de la route et du
sans surtout porter préjudice aux intérêts si souvent méconnus de nos petites villes
de pan et de démocratie.
Programme pat üculier.
Programme social :
Ropporteur d» budget de 1. S, nié publique depuis qu.tr. syphilis et mortalité infantile).
J' aï même refusé mon adhésion au vote du budget de la Santé publique pour protester contre celte politique néfaste.
Comme maire, comme conseiller général, jTai fait les efforts les plus grands pour, dans h département du Loiret, multiplier les œuvres de défense sociale et de protection de ^enfance.
Je demande que -les crédits budgétaires soient relevés, que les efforts soient coordonnés en vue d'intensifier la lutte contre tous ces fléaux qui déciment la race française.
Contre le chômage, je demande la création d’une Caisse nationale de chômage pour éviter les injustices criantes frappant les ouvriers habitant dans des communes où la médiocrité du budget ne permet pas de créer un organisme contre le chômage.
A Gien, j'ai pu organiser une caisse non seulement contre le chômage total, mais aussi contre le chômage partiel, j
1 Politique de grands travaux pour réduire cette tare abominable du régime social actuel.
Politique de limitation des heures de travail /poli tique de contratjcoï ledit
Politique d’habitaLion à bon marché et de lutte contre le taudis.
Pour les mutilés du travail, membre du groupe de défense au Parlement, j’ai toujours voté toutes les lois proposées en leur faveur et j'accepte volontiers le programme [minimum que me soumet la Fédération nationale dos mutilés et invalides du travail.
Pour les petits retraités, j ai voté les projets défendus par mon ami Mazé, humanisant décrets-lois et pouvant se résumer ainsi: retour au minimum des 3/5es ; maximum porté
0/0. J’ai également voté l'article abrogeant le décret relatif aux pensions de réversion ; le» articles améliorant les retraites des ouvriers et ouvrières d'Etat; le projet de loi Braçhard améliorant les retraites des cheminots. Je continuerai dans cette voie afin de rétablir la justice dans toutes les retraites.
Pour les petits commerçants, j’ai, pour les défendre, combattu contre la concurrence éhontée que leur font les maisons à succursales multiples, les prix uniques, les grandes firmes telles que Bafa ; “je continuerai, et je défendrai une politique fiscale les mettant à l’abri d'inquisition vexatoire.
Pour les petits artisans, j’accepte le programme des comités d entente et des organisations qui défendent 1 artisanat, et cela pour permettre de vivre à une corporation qui rend de si signalés services dans nos petites villes et dans nos campagnes. ;
Pour les anciens combattants, j'ai voté le principe d’une Caisse des pensions, seul moyen de mettre celles-ci à t abri des fluctuations de la politique et permettre la suppression du prélèvement des 3 et 0/0 résultant d es décrets-lois,
J'accepte le programme de leurs associa tiens.
Programme agricole :
Persuadé que 1 agriculture est en h rance le fondement même de F économie nationale et qu il est de toute nécessité de rétablir la prospérité agricole et de revaloriser les produits de la terre, j accepte volontiers de défendre le programme agricole de la Fédération régionale des associations agricoles du Centre.
A nies yeux, pour lutter efficacement à l’heure actuelle contre la mévente des produits agricoles et la baisse des prix, il faut de toute nécessité :
1 Continuer une politique douanière et une politique de contingentement mettant 4 agriculture française à l’abri de la terrible concurrence que lui fait la production étrangère ;
ji5 Pour lutter contre la surproduction, pour éviter l’effondrement des prix, pour permettre aux cultivateurs de défendre efficacement le fruit de leur travail, il faut, de toute nécessité, poursuivre l’organisation de Féconomie paysanne : développement des organismes dqp syndicats de stodiûge des récoltes, amélioration des crédits agricoles (Office professionnel du blé).
rai voté toutes les lois pour défendre les produits de la terre, je me sois associé par mes votes à toutes les propositions faites par les Chambres d’agriculture, les organisations agricoles afin de porter remède à la crise actuelle.
Üuelques points méritaient de retenir plus spécialement mon attention et j insiste ici fout particulièrement sur l’amélioration des conditions de la vie paysanne en ce qui concerne es chemins les transports, les adductions d’eau, les communications postales et telephoniaues l’électrification des écarts avec abaissement des prix de 1 électricité , application cohérente de toutes les lois sociales à la culture afin de ne pas toujours la désavantager v.sdes habitants des villes ; réforme complète de la loi sur les assurances sociales dans les campagnes par la mutualité afin d’éviter des conflits regrettables surgissant trop souvent
Cn^ ^^particulier, égalité de traitement absolu entre les professions pour l’attribution des indemnités allouées aux familles nombreuses ; développement des cantmes scolaires rendues obligatoires et largement subventionnées par l'Etat. .le n’oublie pas certaines mot . ica ions à apporter à la fiscalité agricole, en particulier la diminution du droit de circulation sur les
"I1S Vice- préside n t du groupe de défense des bouilleurs de cru à la Chambre, j’ai toujours lutté pour la liberté et contre un régime vexatoire et inquisitorial.
J Protection efficace de la culture contre les dégâts du gibier. J ai vote récemment une loi qui permet de simplifier la procédure concernant les dégâts du gibier. Je reste toujours persuadé que seule la classification du lapin comme animal nuisible, avec toutes ses conséquences, pourra seule régler cette question si grave pour notre Pologne et notre Puisaje ,
de même pour les dégâts causés par les sangliers.
U crise forestière devient grave, créant dans nos campagnes un chômage redoutable et menaçant l’existence matérielle de 500.000 travailleurs de la foret auxquels s ajoutent les 700.000 employés des industries qui transforment le bois. . ^ ,
Pour cela, j’ai voté tous les projets permettant de défendre la foret française contre la concurrence effrénée que lui fait l’étranger. Cette politique doit être continuée et accentuée J a! voté les projets pour encourager les bois de papeterie, l’utilisation des bois de feux pour
^ ^ JiTiï’oublie pas pour** terni irm^d'^ rg^niser dans nos campagnes et nos petites villes le
run P™8~ PMr ^*'>‘7 >
la préparation militai se ‘depuis l’enfance, â l’école et à l’âge post-scolaire ; vaste programme d’aménagement de stades largement subventionnés par 1 Etat. . . ,
Pou* „0, musiciens, je prends élément Peng.s.menl de scuUn.r energqnement les intét-âls des «ociélés musicales qui remplissenl bénévolement un rôle scc.ul, moral, éducalit et artistique, et dont les cfl-orts sont Loujours trop méconnus. .
Défense de l’école laïque, prolongation de la scolarité avec modification P0“e
l’adapter à la vie agricole ; développement des œuvres post sco aires , ln8Pc<. des écoles que j’ai pu commercer à faire organiser dans le département du Lo^ suPP gion du décret-loi modifiant le concours d’entrée dans les écoles normales , encouiageme.it
aux cours complémentaires, pépinières de nos futurs instituteurs, . tiï oue
Telles sont, mes chers concitoyens, les grandes lignes d un programme constructif que
j’entends défendre et faire aboutir. , r. r^nnbîi-
J’ai fait le 14 juillet 1925 le serment solennel de défendre la paix, les i 1
caines, le paiu *et le travail de chaque citoyen ; je renouvelle devant vous ce s™n Depuis trente ans que je mène dans cet arrondissement la ut.e la défense des idées qui me sont chères, j’ai toujours, avec la plus
jamais dévier de la ligne que je m’étais tracée, sans jamais trahir aucune des >deeSj « furent celles de ma jeunesse et de mon âge mûr dans tous les mandats que vous m a -,
essayé de faire triompher les grands principes de libertés démocratiques, de defense
classe ouvrière et paysanne, de laïcité, de liberté de conscience, de justice dans tous les domaines, indispensables 011 développement du régime républicain.
Mou passé vous garantit l’avenir. Aussi, sans aucune inquiétude, j’attends votre verdict et je suis persuadé que, le 26 avril, vous voterez en masse contre la guerre, contre le fascisme, pour une politique sociale et économique meilleure, garantissant à chaque citoyen le pain et le travail.
Docteur Pierre DEZÀRNAULDS Député so riant.
Circonscription^ de MONTA R GIS.
M. Eugène FR OT
(Groupe de l'Un ion socialiste et républicaine.)
Elu pour la fre fois le 11 mai 1924 — Réélu les 22 avril 1928, l8rmai 1932 et 26 avril 1936,
Mes chers Concitoyens,
Four la quatrième fois, la confiance et 1 amitié des républicains radicaux et socialistes m appelle à défendre dans notre arrondissement, la cause de la démocratie.
j assure que durant les douze années où j ai eu l'honneur de vous représenter au Parlement, je n’ai jamais cherché d’autres raisons d’agir que le souci du bien public et le respect des engagements pris envers ceux qui m’avaient fait confiance.
La législature qui s achève a été une des plus troublées qu’ait connu l’histoire de la Troisième République,^
Seize mois de passage dans les Gouvernements où m’a successivement appelé la confiance de quatre Présidents du Conseil me permettent de dire aujourd’hui à tous que je n ai jamais, comme Ministre, servi d’autres causes que celles que j’avais défendues comme militant ou comme représentant du peuple.
J'ai connu, pour avoir accompli mon devoir, les injures les plus odieuses et les pires sévices de ceux qui, un soir tragique de février 1934, prétendirent mettre la violence au service d un désordre, qui, pour certains d’entre eux, apparaissait comme le meilleur moyen cl échapper aux responsabilités que devait entraîner le fléchissement de leur conscience.
Mais la haine des fanatiques et des coquins m’a valu F affectueuse solidarité de fimmense majorité de tous ceux qui, dans cet arrondissement, comme dans la France entière, n’ont cessé de me soutenir et de me défendre : j’ai aujourd’hui le droit de dire à tous mon infinie reconnaissance.
Apres que les troubles de la rue eurent rompu la majorité parlementaire issue des élections de 1932, on a imposé à la nation, durant deux années, une politique de déflation économique qui nous a conduit au bord de la catastrophe financière et de la misère générale,
L effondrement des prix agricoles, en réduisant la capacité de consommation des cultivateurs, a accru îe chômage si cruel aux ouvriers,
La baisse des salaires et la réduction des petits traitements, en diminuant la capacité
J. consommation de» ouvrier» et de. petil» fonctionnaire., e accentué la bai»», de» prix de. produit» agricole» et co„»équ.noe, de la cri.e
- * euTc humage' ouvrier et vu ». réduire importance de» échange» et 1. mouvement agricole ^ fiscalité plus compréhensive fût accordée à leurs bilans déficitaires .
deS Et parcT que l’Etat a rompu le contrat rie confiance qui le liait aux petits épargnants,
K „jm, ta hle a été porté à l'avenir de nos finances publiques. , ,
Un “uppwüent à la législature nouvelle de réparer les fautes de la législature^, s etemt.
X pour cela, envoyer au Parlement une majorité d’hommes résolus à conduire la r l da ’s h voie de l’ordre public, de l’ordre international et de l’ordre économique. ^L’autorité des Gouvernements n’est faite ni des violences contre les personnes n, des , B u= maiorités narleméntaires : elle est faite de l’application décisive des lois dîito'paH e» majorités nationales, imposé.» à tou» tant ,u. d.» mérité, n.uv.ll.» n. h.
°n‘ PLt“l”utlb“"'mtéri-»ur» qui, d.pui» plu» d. doux année», agitent uotr. poy.» doive».
tre fin dés le moment où la majorité du suffrage universel se sera prononcée.
1 Et ,i d'aucun» prétendaient, malgré tout, tenter l'ém.ute, l'imme». m.jonté du p.y»
Un^irait aux sanctions de justice impartiale dont ils seraient frappés.
Mai» parce qu'il importe toujour» de faire précéder le. mesure» d'ordre le» P1”' vique» d’un geste bienveilUnt qui soit pour tous .m dernier appel à la ra.eo», vu1 a- tnnim les consciences par une mesure d’amnistie generale.
1 l 'équilibre du budget ne doit plus être recherché dans l’accroissement des impo s, m dans une déflation nouvelle redoutable pour la vie économique, mais dans une politique qu conduira à un accroissement de la consommation et des échanges commerce*.
Dan» notre économie nationale, l'agriculture a conservé la plu» large place : la fin de la
...ufclxpt! £*• P- * — lo^él'abn dee mouvement» de la
’PÉC l’effort de libération paysanne, que le» producteurs ruraux ont entrepris dans leur» organi, :."»» syndicale» et coopérative», le» Pouvoir» public» ont
concours en organisant le marché national et international des produits essentiels de la Ire française et faire demain, pour le blé, le bétail le vin et
été fait »i utilement pour le» producteur» d. betterave» » sucre en mat.ere d alcool mduelr.el.
Le réveil de 1, prospérité agricole redonnera à nos arlisao» la O»** à >»,oell. il» pourruo. offrir b nouveau 1» produit de leur travad a de» pn, rémooerateo,,.^
La loi doit apporter à ce monde artisanal les moyens de garantie et de detense prot,
sionnelleq^^pL encore en achevant l’organisation du crédit art.sanal et eu fixant la réglementation de l’apprentissage et de la marque nationale artisanale.
L’écrasante fiscalité qui pèse sur les commerçants est, à I heure présente, un de»
facteurs de la dépression économique* i rVnffaires
Après ,1c longues .nuée» d’ottoote, 1. transformation d. 1. ta». sur e chffr. dritog en une Use unique » 1» production est partiellement réalisé. : .1 faol en aebever 1 applu.al.oo
gL simplifier ainsi la complexité fiscale si gênante pour les petits Commerçai! Es, en même temps que reviser le taux excessif de T impôt sur les transports, dont Télé va Lion exagérée nuit, par la hausse des prix de détail, à la reprise nécessaire des échanges commerciaux.
La classe ouvrière traîne une vie douloureuse : les salaires sont réduits, le chômage s’étend et étreint des centaines de milliers de travailleurs.
Le fonds national de chômage doit alléger les budgets communaux de charges trop lourdes et assurer le pain à ceux que la crise a privé de travail cependant qu'un vaste plan de travaux nationaux rendra aux salariés sans salaires le moyen de vivre en travaillant.
Les viel lards, injustement exclus des assurances sociales, doivent enfin en obtenir le bénéfice r
Les victimes malheureuses des accidents du travail doivent retrouver Fespoir tPune vie normale à la fois par la refonte décisive de h loi de 1S98 et la création de la Caisse autonome que réclame justement la Fédération nationale des mutilés et invalides du travail.
De même que la Caisse autonome des pensions doit assurer aux anciens combattants la garantie définitive des droits qui leur ont été reconnus an lendemain de ia guerre.
La gratuité de principe de renseignement doit maintenant profiter à tous : ^organisalion élargie des bourses mettra à 3a portée des enfants des campagnes ïe bénéfice d'une instruction plus répandue, sous la garantie de la laïcité, respectueuse des libertés de conscience et gardienne de la tolérance.
Le monde inquiet assiste aux provocations militaristes des pays de dictature et vérifie une fois de plus que le fascisme conduit à la guerre,
Nous avons le devoir de garder notre sang-froid, de rester sourds aux provocations et d'assurer notre force sur l 'amitié des peuples pacifiques.
La France doit affirmer sa politique de paix internationale et de sécurité nationale.
Nous devons construire une paix totale et durable avec tons les peuples — - sans nous soucier dos régimes intérieurs auxquels ils sont soumis — une paix dans Légalité des droits et le respect des contrats internationaux qui mettront fin aux rivalités mortelles des nationalismes économiques, une paix réelle assurée par une large limitation des armements internationaux qui doit conduire au désarmement général, simultané et contrôlé.
La Con ledératioo generale des anciens combattants, 1 Union fédérale, parlant au nom de la génération de la guerre, en faisan L leur cette doctrine de construction pacifique, ont bien servi la ganse de la pa:x et la cause de la patrie : ils ont ainsi travaillé pour le paisible avenir des jeunes générations,
Aiais pour rendre à la jeunesse son sûr et libre épanouissement, il faut demain organiser la production et la consommation en fonction de I5 abondance quasi illimitée que la science moderne permet de mettre à la disposition de l'humanité.
Toute cette construction nouvelle, il faut, pour l'entreprendre, assurer l'ordre public, la paix internationale et l'activité économique, et réaliser la réforme dJun état vieilli cl dont les rouages traditionnels ne correspondent plus aux nécessités présentes de Faction : c'est ce que les partis de liberté, unis dans le Front populaire, ont voulu résumer dans leur progra m m « co m m u rx .
11 appartiendra deréaliser au Gouvernement les espoirs qui sont nés au cœur du peuple:
impardonnables, les hommes on les partis, qui se refuseraient à assumer les responsabilités difficiles du pouvoir.
Demain, comme hier, je serai de ceux qui ne reculeront pas devant les difficultés d une .action réalisatrice.
Et c'est pour agir, que je vous demande de me renouveler voire confiance.
Eugène F R O T
Ancien Ministre.
Député sortant*
Candidat de l’Union des gauches*
lre circonscription d'ORLBANS.
M. Jean ZàY
(Groupe républicain radical et radical-socialiste.)
Élu pour îa Ve fois le S mai 1032, — Réélu le 3 mai 1936*
Mes chers concitoyens,
Vous m’avez confié, ■ voici, quatre ans, par 12*113 voix, Thonneur de vous représenter
au Parlement. ( , ir
Au moment où je reviens devant vous, membre du Gouvernement de la République,
j'ai conscience d’avoir pleinement rempli mon devoir*
Je tiai sollicité ni accepté aucun autre mandat.
J’ai consacré à celui que vous m’aviez remis tout ce que je pouvais avoir cl activité et
d’énergie. . , ,
Associant sans défaillance dans mon action la défense de nos intérêts locaux aux grands
intérêts permanents du pays, j’ai servi de mon mieux la France et la République.
Appelé par la confiance de M. le Président du Conseil à un poste d’honneur et de responsabilité, j’ai la fierté de. représenter aujourd’hui au Gouvernement ripai de travail, de liberté et de paix que vous aviez fait triompher sur mon nom et que j’ai passionnément servie pendant toute la législature, soit à mon banc de député, soit à la tribune parlemen-
taire, soit dans le pays. . . ,
Par delà même les divergences politiques, se sont noués entre nous des liens indestructibles d'affectueuse collaboration, d’estime réciproque et de confiance.
Je n’ai pas de plus haute ambition que de continuer à vous servir.
Je viens vous en demander les moyens.
Pendant le cours tourmenté de celte législature, j’ai respecté le contrat qui nous hait.
De 1932 à 1934, j’ai soutenu de mes votes, sans défaillance, tous les Gouvernements
républicains qui, ayant reçu un lourd héritage, ont poursuivi à l’intérieur le redressement financier, sans perdre de vue l’équité démocratique, et, à l’extérieur, le raffermissent en e la paix par le rapprochement et la collaboration des peuples sous 1 égide de la société Nations.
De 1934 à 1936 , j’ai refusé mon appui à une politique différente qui conduisait, par la superdéflation et l'iniquité de certains décrets-lois, à l’asphyxie économique, en meme temps qu'elle perdait de vue la primauté de la morale internationale et de 3 'assistance mutuelle.
Depuis le 24 janvier dernier, je collabore à un Gouvernement, qui a eu à défendre la République, en usant contre les factieux des textes votés par le Parlement, et à défendre la paix, non seulement en dénonçant les violations unilatérales des traités librement consentis, mais en apportant au monde un plan constructif d’action pour la paix*
Pendant ces quatre années, je ne me suis inspiré, dans tous les domaines, que de la nécessité de protéger les éléments laborieux de la nation : ouvriers et employés, commerçants et industriels, agriculteurs et vignerons, cheminots et serviteurs de l’Etat, épargnants, petits retraités, anciens combattants, petits rentiers, familles nombreuses. J’ai défendu leurs intérêts.
Je me suis particulièrement penché sur le problème d’une jeunesse inquiète et sans espoir dont je connais les soucis pour appartenir à sa génération*
Membre de la Commission du commerce et de 3'indusiric, secrétaire de la Commission de législation civile et criminelle, membre de la Commission parlementaire d’enquête, secrétaire de la Chambre des Députés, Sous- Secrétaire d’Elat h la Présidence du Conseil, j'ai reçu de tous mes collègues des témoignages d'estime dont je leur suis profondément reconnaissant.
Mon action passée, dépourvue d’hésitations et d’équivoques, est garante de mon action future. Elle me dispense d'un long programme.
La nouvelle législature devra oser et construire* L’heure des bâtisseurs est venue.
La démocratie doit apporter aux masses souffrantes à la fols 3es soulagements immédiats et les transformations profondes dont chacun ressent le besoin.
Un triple effort s’impose :
1° Une politique internationale de réalisme pacifique qui, par la recherche de conventions générales de limitation des armements strictement contrôlées, permettra à la France de collaborer avec toutes les autres puissance, quel que soit leur régime intérieur, dans une même volonté de paix.
Opposé a l’isolement diplomatique, comme à la course aux armements et aux effectifs qui conduit à la guerre, j'ai toujours consenti les crédits nécessaires à la défense nationale et à la sécurité de notre sol ;
2° Un programme immédiat de lutte contre la crise, dont le but primordial doit être le réveil de l-1 activité économique qui conditionne seul l'équilibre budgétaire*
Dans l’ordre financier ; redresser la régularité budgétaire et créer une véritable comptabilité publique, réprimer impitoyablement les fraudes fiscales, simplifier, alléger et assouplir les impôts, détente fiscale et dégrèvements productifs.
Contre le chômage, pour la classe ouvrière, pour les jeunes : en accord avec le plan de la C* G, T., que j’accepte. organisation de grands travaux rentables et utiles, établissement d'une charte du travail national comportant des codes de travail régionaux, réduction de la journée de travail et contrats collectifs, organisation dans le cadre national de secours contre le chômage, -
Pour défendre T agriculture : T orienter dans la voie d'une organisation rationnelle et permanente plaçant tous les producteurs sur un pied d’égafiié, protéger le cultivateur contre l'arbitraire des grands fournisseurs, soutien des cours agricoles ou viticoles contre la spéculation, développement du crédit agricole, des mutuelles et des coopératives, équipement des campagnes, réduction des prix de revient par l’aménagement des dettes et l’abaissement des tarifs de transports.
Pour le commerce, l'industrie, l'artisanat : détente fiscale, crédit à court et moyen
terme j propagande du tourisme, efforts vers les marches extérieurs par une politique douanière plus équitable, baisse du loyer de l'argent* défense du petit commerce contre les puissants trusts à capitaux étrangers, réforme profonde de la fiscalité commerciale ;
Un programme constructif de réforme de l’Etat.
11 faut créer la démocratie économique, qui réalisera la collaboration du syndicalisme sous toutes ses formes avec l’Etat, rénovera le fonctionnement du régime parlementaire et assurera la stabilité gouvernementale et laVapidité d'exécution.
Il faut rendre à lVEtat son indépendance et son pouvoir d'arbitrage, sans spoliation, ni expropriation, mais par un contrôle vigilant sur les industries-clés; la suppression du commerce privé des armes ; la réforme profonde du crédit et de la Banque de France, conçue, désormais, comme vrai régulateur du crédit, rouage essentiel de l'économie nationale.
Une pareille tâche ne peut être entreprise que dans Tordre républicain et dans le respect des libertés démocratiques, ainsi que de la liberté de conscience garantie par la laïcité.
Adversaire déterminé de la violence, je ne saurais tolérer que les premières expériences d'un fascisme honteux ou avoué se fassent librement en France. Je ne connais pas d'autre autorité que celle de T Etat, pas d’autre force que celle de la loi.
Entre un régime de dictature, générateur de misère et de guerre, et un régime de liberté, les Français feront leur choix.
Us repousseront les factieux, auxquels doit être appliquée la loi, et ceux qui leur sont complaisants.
Comme toujours, à travers l'histoire, les menaces dirigées contre le régime ont provoqué et légitimé un vaste rassemblement populaire qui a fait naître dans le pays démocratique une immense espérance. Cette espérance ne sera pas déçue si les partis républicains savent être unis, en meme temps qu'audacieux et prudents à la fois.
La netteté de mon action et quelquefois une indépendance dont je suis fier m'ont valu des attaques passionnées dans les rangs des adversaires de la République. On comprendra que je néglige des outrages que j'ai acquis ie droit de mépriser et auxquels je ne recourrai contre personne.
Aussi bien, nul ne s'est levé pour m'adresser le moindre reproche personnel.
Pendant quatre ans, ma porte a été ouverte à tous, sans distinction d'opinion, ni de situation sociale.
Je suis resté à la disposition de tous, demeurant eu contact étroit avec mes électeurs, collectivités ou individualités, collaborant avec leurs associations professionnelles* aidant nos communes et nos assemblées locales.
Je continuerai.
Les multiples témoignages de sympathie que je recueille depuis le début de cette campagne électorale, me font envisager avec confiance votre verdict du 26 avril.
Vous savez que vous aurez toujours en moi, non seulement un représentant attentif et dévoué, mais un ami.
Du poste que j'occupe, je ne mesure pas sans gravité les responsabilités qui pèseront sur votre élu. Je vous apporte, avec le même enthousiasme qu’il y a quatre ans, 1 expérience et T autorité nouvelles qui me permettront de vous defendre plus etfieaeement encore.
Mes chers concitoyens,
Je viens vous demander* non pas seulement une confiance arithmétique, mais le témoignage chaleureusement affectueux qui me permettra* dans une heure redoutable, de continuer avec cœur mon effort.
Homme de chez vous, originaire de cet arrondissement auquel m'attachent ma famille et mes amis, tant de vivants et de disparus, mes souvenirs, mon amour pour lui, j ai 1 ambition de provoquer sur mon nom, le 26 avril prochain, le large rassemblement des répubîi-
Caias sincères et de bonne volonté , de tous les citoyens résolus à envisager sans faiblessel'avenir, moins soucieux des vaines polémiques et des querelles doctrinales que d'une action courageuse pour sauver une civilisation menacée.
Ensemble , nous avons travaillé,
Ensemble, nous travaillerons !
Vive la République I
Vive la première circonscription d'Orléans [
Jean ZAY
Àiocat à la Cour d'appel (POrlëans,
Sous-Secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil,. Candidat des républicains.
2* circonscription d'ORLÉANS.
M. LiSox PELLE
(Groupe des Indépendants républicains,)
Elu pour la lra fois le 8 mai 1932. — Réélu le 26 avril 1936.
Mes cliers Concitoyens,
La confiance el l'honneur que vous m’avez témoignés le 8 mai 1932 m'imposent le devoir de me présenter de nouveau à vos suffrages le 26 avril 1936.
Mon ambition est de servir au mieux de mes forces les intérêts qui me sont confiés pour le bien et le bonheur de tous* Mon grand désir est de voir tout le monde heureux* J'aime le peuple — je suis des siens — et je connais ses besoins et ses peines. Les petits et les humbles peuvent compter sur moi.
C'est parfois bien écœuré que j’ai assisté impuissant aux débats malheureux qui nous ont conduits à 3a situation lamentable où nous sommes* Il est facile de se faire élire sur dos promesses démagogiques. Mais après, il est impossible de gouverner. La majorité cartellisle qui compte les deux tiers des élus en est la preuve.
Quant un gouvernement fait mal, c’est toujours le peuple qui en est la victime. Si la crise agricole, industrielle, commerciale et le chômage sévissent, les responsables en sont les élus de la majorité. Ils sont sans excuses, car ils ont trahi leurs promesses.
Nous avons en France une armée de combinard s 3 d importa Leurs et d'exportateurs, de financiers internationaux qui, eux, n’ont ni cœur, ni patrie. Ils nous exploitent eL vivent à nos dépens, qu'il s'agisse de blé, des autres produits agricoles* du pétrole, de l'électricité, de l’industrie, du commerce ou de l 'artisanat. Nous ne sommes pas gouvernés ou nous sommes mal gouvernés. L'Étal ne nous impose-t-il pas des charges qui sont vingt fois supérieures à celles de 1914, et ne nous interdit-il pas ainsi toute possibilité de retirer de notre travail un profit légitime ?
Le cartel des gauches a voulu combattre la vie chère,.. ï! s’est attaqué à l'agriculture, qui est la mère nourrice; ensuite il s'est attaqué au commerce, qui est la source principale'
où s'alimentent les caisses de l’Etat ; ensuite II a laissé concurrencer nos industries par des étrangers qui ont moins d'impôts et de charges que nous,,* Bref, il a tué l'activité économique du pays. Résultats : le chômage pour les ouvriers français, la misère et la ruine pour tout le monde; la réduction des retraites eL des rentes; la réduction des allocations aux combattants et aux mutilés ; la réduction des traitements des fonctionnaires, petits et moyens. En revanche, augmentation des parasites qui touchent beaucoup trop*.. En un mol, la pagaye , la gabegie : voilà le résumé de la 15° législature.
Et, en plus, menace de guerre : ce qui doit à tout prix être évité. Pour cela, il ne faut pas suivre le Front populaire qui* sous prétexte d'abattre le fascisme et 3a réaction, s'il avait la majorité, nous enverrait, nous et nos enfants, faire la guerre à MM. Hitler et Mussolini. Pour ma part, j'ai trop souffert de la guerre et j’en ai trop l’horreur pour accepter de faire tuer mes enfants et, aussi, ceux des autres.
La réaction ? Gela n'a pour moi aucune signification. Autrefois, il fallait, pour n'étre pas taxé de réaction, être laïque et manger du curéj et vouloir opprimer les consciences. * . Je n’ai le goût d’aucun sectarisme.
Au point de vue financier, augmentation de 75 milliards de 3a dette publique en quatre ans. avec un déficit évalué entre 15 et 16 milliards, qui feront sans doute des petits pour le budget de 1936. Menace de mettre la main sur la Banque de France, dont les réserves d'or ont diminué de plus de 20 milliards ; sur la Caisse des dépôts et consignations et sur les caisses d’épargne. En un mot, prendre tout à tout le monde... Et ainsi, la dévaluation sera toute faite.
Voilà le programme du Front populaire pour la 16e législature.
Mon programme est tout différent. 11 est français. Mon drapeau est celui de la mère Patrie, qui a cette si belle devise : Liberté, Egalité, Fraternité. Un peuple qui ne respecte ni son drapeau, ni sa patrie est comme les enfants qui ne respectent pas leur mère : ils la martyrisent et la tuent.
Aujourd'hui, plus que jamais, nous avons besoin de l’union et de la concorde : ce n'est pas en faisant la guerre entre Français que nous aurons la paix.
Paix à l’extérieur, union à l'intérieur : voilà mon programme, II est 1res simple. Les plus compliqués ne sont pas les meilleurs. Pour rappliquer, vous savez que vous pouvez compter sur moi : mon passé est le meilleur garant de mes promesses.
Le bien et le bonheur français, voilà mon but.
Républicain sincère, ennemi de tout sectarisme et de la dictature, partisan des loissociales sous le contrôle des intéressés eux-mêmeSj do la suppression de tant de lois néfastes et de toute paperasserie inutile.
Cela est facile à réaliser : il n’y faut que de l'ordre, de l’honnêteté et de la justice.
C'est dans cette pensée que je me présente à vos libres suffrages.
Vive la France 1
Vive la République î
Léon PELLE Cultivateur.
Député sortant.
Conseiller général* — Maire drHui3Soau-aur-Matives. Ancien combattant.
Candidat républicain*
Circonscription de PITHIVIERS.
M. Paul CABANIS (Groupe républicain radical et radical socialiste.)
Elu pour la I" fois le 29 septembre 1935. - Réélu le 3 mai 1936.
Mes chers concitoyens,
Au mois de septembre dernier, vous m’avez fait l’honneur de me désigner pour vous représenter à la Chambre des députés, en remplacement du regretté Henri Chevrier, Vous ■affirmiez ainsi, sur mon nom, votre fidélité aux institutions démocratiques.
J ai conscience d avoir respecté scrupuleusement mes engagements et d’avoir, de ce fait, participé au rétablissement de l’union complète entre tous les éléments républicains de la circonscription.
Par mes votes, j’ai contribué à renverser un Ministère dont personne, aujourd’hui, ne peut contester que, par sa politique intérieure, favorable aux ligues fascistes, il nous con- » (luisait aux émeutes sanglantes, et que, par sa politique économique, favorable aux oligarchies financières, il aboutissait à l’asservissement des classes productrices.
En politique extérieure, je irai cessé de réclamer, par-dessus les querelles partisanes que notre diplomatie proclame l’attachement profond de notre pays pour la paix, dans le respect des traditions de la France.
De mes voles, également, j’ai approuvé le Ministère actuel, dont l’action, sans exclusives pour personne, s’est immédiatement traduite par le renforcement de la défense républicaine, par une reprise de l’activité économique et la revalorisation des produits agricoles et par le retour à une politique de sécurité collective dans la Société des Nations, le respect des traités, complétée par un projet nouveau d’organisation européenne.
Fort du devoir accompli, encouragé par les témoignages de sympathie qui me viennent de toutes les communes de la circonscription, je sollicite à nouveau vos libres suffrages.
Je ne vous ferai pas de vaines promesses, vous me connaissez suffisamment ; j’habite au milieu de vous et vous êtes au courant de ce que j’ai réalisé d’utile comme maire comme conseiller général et comme député.
J’appartiens à un parti qui, passionnément penché sur le sort des classes laborieuses, s’est efforcé, constamment, de favoriser l’accession de tous à la propriété individuelle dont il a toujours détendu le principe.
Indépendant a l’egard de toutes les oligarchies financières, je mettrai, demain comme hier, au service do la démocratie, des classes laborieuses et de la paix, tout ce que i’ai d énergie et de volonté. ^ d
Je continuerai à soutenir de mes votes et à défendre de mon mieux le petit commerce et 1 artisanat contre la concurrence redoutable des grandes firmes étrangères et des magasins à prix unique. Je ne cesserai de réclamer une simplification de la fiscalité et la substilution a la taxe sur le chiffre d affaires d’une taxe unique à la production.
Notre agriculture, si durement frappée au cours des dernières années, attend une amélioration durable du prix de vente de ses denrées et une protection rationnelle, non pas d une, mais de toutes les productions de la terre.
Je m’emploierai, de toutes mes forces, à soutenir la revalorisation commencée en récla mant une suspension définitive de toutes les importations agricoles et une organisation
paysanne, à caractère professionnel, dont l'objectif sera de mettre en harmonie la production avec Us besoins de la consommation et d’échelonner les ventes pourque la classe rurale exerce un contrôle efficace des marchés.
Je m’efforcerai d’obtenir l’augmentation du contingent de sucre et d’alcool attribué aux usines de notre région, afin de permettre à la culture belteravière de continuer son essor et de favoriser, par voie de conséquence, toutes les autres productions, végétales et animales.
Personne ne doute plus, aujourd’hui, de la nécessité d’un retour rapide à la prospérité agricole, afin que reprennent les affaires commerciales et artisanales, facilitée par un abaissement des tarifs des transports, eL que la population ouvrière, dont le sort devra être amélioré au regard des nécessités de la vie et de l’hygiène, retrouve des salaires satisfaisants. , , , , , ,
Dans une économie ainsi revivifiée, les jennés doivent obtenir la place que réclamé leur
activité et l’avenir du pays.
Sur le terrain financier, un effort d’assainissement doit être poursuivi avec sevente, mais par d’autres moyens, de façon à ne pas accabler les travailleurs modestes, les rentiers, les retraités, les petits fonctionnaires, les artisans, les petits producteurs eL les commerçants de toutes catégories et à tenir les engagements pris à l’égard des anciens combat-
ianls, ,
Je m'élèverai avec énergie contre une nouvelle dévaluation de la monnaie, 1 équilibre
devant être recherché, avant tout, dans la suppression des cumuls, des abus, des gabegies,
la réduction des gros traitements*
Enfin, pour rétablir définitivement la confiance, si nécessaire à la reprise du travail et des affairés j je voterai pour un Gouvernement qui se donnera pour tâche de ramener l'apaisement dans les esprits, en exigeant le respecL de l’ordre et de la légalité républicaine pour tous et qui, en particulier, se déclarera résolu à juguler, énergiquement, les tentatives des factieux et à travailler de toutes ses forces à l’organisation d’uno paix humaine dans le monde, sur la base de la sécurité collective et de la compréhension des peuples.
Il devra, également, prévoir l’accession do tous ceux qui s'en montreront dignes, à Lous- Ics degrés d’un enseignement laïque, base de la liberté de conscience.
Electeurs républicains,
Un seul devoir s'impose à vous : Sauver, par le rassemblement de tous les républicains, nos institutions en péril. .
Repoussant toutes les solutions démagogiques, vous voulez la liberté, 1 ordre, la justice,
ia solidarité, la paix, le progrès, la prospérité.
Ce sont les principes que j’ai toujours défendus et auxquels j’entends demeurer tidele.
Vive la circonscription de Pithiviers !
Vive la République !
Vive la France !
Paul CABANIS
Député sortait.
Maire de Beaune-la-ftolaiide.
Conseiller général.
Candidat dos républicains.