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Circonscription de CAHORS.
M* René B ESSE
(N 'appartient k aucun groupe.)
Elu pour la 1™ fois le S mai 1932. — Réélu le 26 avril 1936.
Mes chers Concitoyens,
Entre nous nul besoin, n est-il pas vrai, de belles phrases et de grands mots.
Au cours des quatre années de mon premier mandat, je suis certain en effet — et chacun en conviendra avec moi — que je n'ai jamais perdu le contact étroit qui, de tout# nécessité, doit exister entre un représentant du peuple et ses électeurs; maintenant nous nous connaissons tous; je connais parfaitement vos besoins, ceux de vos communes et je crois que tous, y compris ceux qui me combattent sur le terrain des doctrines, reconnaissent 3a qualité et ia persévérance de mon effort.
Je crois avoir fait ce que je devais, ce que je pouvais, jusqu’à la limite de mes forces ; ma meilleure récompense sera de penser que j’ai justifié la confiance dont vous m’aver honoré.
Agriculteurs et planteurs de tabac.
Elu par un arrondissement rural, je suis devenu à la Chambre et suis resté un député rural, fier de ce titre qui est mon honneur*
J’avais d’ailleurs au préalable pris mes gracies dans la politique communale et ce n’est pas sans émotion que je me rappelle que ma chère commune de Cabrerets m’a' investi, voici quelques années, d’abord des fonctions de conseiller municipal, ensuite de celles de maire.
Arrivant à la Chambre, j’ai été immédiatement désigné connue membre de la Commission de 1 agriculture et j’en ai été élu secrétaire, ce qui m’a permis de prendre une part active à toutes les discussions intéressant l’agriculture et le monde agricole; de fait, je suis intervenu à la tribune de la Chambre chaque fois qu’il en a été besoin.
Les planteurs de tabac, en particulier, n’ont certainement pas perdu le souvenir de l’interpellation que j’ai déposée et soutenue, au nom du groupe de défense des planteurs, et au cours do laquelle je réclamais avec insistance au Gouvernement une augmentation du contingent; j’ai la fierté de dire que cette interpellation a provoqué, après d’ailleurs bien des efforts successifs, l'augmentation de 75 hectares accordée cette année-ci à notre département.
Je me suis, d’autre part, efforcé d’être le conseil des municipalités pour toutes les (uestions si complexes relatives aux réalisations du génie rural, telles que construction de chemins, d’abreuvoirs-lavoirs, réparations aux bâtiments communaux; enfin, j’ai travaille sans répit et, je crois, utilement, au développement de réieetrifieation de nos campagnes, avec comme'base l’organisation de l'important syndicat de Cahors-csl — qui se compose de 29 communes et dont j’ai assumé le direction, en complet accord avec mes collègues des communes intéressées et les syndicats voisins.
En bref, je ne suis resté étranger à aucune question concernant l'agriculture et j’ai bataillé sans trêve pour protéger les agriculteurs contre les formalités aussi inutiles que vexatojres que tend à leur imposer une administration étalisle, pleine de bonne volonté, mais très éloignée des possibilités et des contingences de la vie rurale.
C’est ainsi qu’en 1933, au moment où la Chambre, par une très forte majorité, a voté, en meme temps que la loi sur les blés, le principe de la taxe à la mouture qui frappait tous les moulins, même les plus petits, et par répercussion tous les cultivateurs, j’ai réussi, grâce à un amendement que j’ai pu faire accepter par la Commission de l’agriculture à faire réduire cette Laxe de moitié pour les moulins écrasanL annuellement moins de 3.000 quintaux c’est-à-dire pratiquement les petits moulins à façon de nos campagnes; je ne me suis pas arrêté là et après des interventions effectuées sans relâche auprès des différents Ministres et de la Commission de l’agriculture, je suis parvenu, et c’est le résultat auquel je liens le plus à faire exonérer complètement en 1935 de la dite taxe tous les petits moulins ; sur ce point, j’ai la grande fierté d’avoir été félicité par le Syndical des petits meuniers dont j’ai suivi pas à pas les efforts persévérants et qui a bien voulu m’honorer de son entière
conlîance. . ,
D'ailleurs aussi souvent qu’il a été fait appei à mon concours, j ai toujours répondu présent; bien peu de manifestations agricoles se sonL déroulées intéressant notre département sans que j’ai été amené à y prendre part et je rappelle avec fierté que depuis 1923 je n ai pas manqué un seul des congrès annuels de la Fédération nationale des planteurs.
Agriculteurs et planteurs de tabacs, je suis, vous le savez, votre homme et je veux !c rester.
Commerçants et artisans,
Je sais que vous êtes les collaborateurs précieux et indispensables de la production agricole ; je sais que vous êtes lourdement frappés par la crise et accablés sous le poids do la
fiscalité. , .
11 est strictement indispensable que la revalorisation des produits agricoles vienne donner un nouvel élan à vos affaires; il est de simple équité d’alléger les charges fiscales qui pèsent sur vous.
Camarades de la guerre,
Mon devoir est tout tracé ; le Ministre des Pensions est au Gouvernement votre avocat d’office elle défenseur de vos droits matériels et moraux; je ne permettrai pas
qu’on y touche, # , pj .
Dans le cadre de la loi, j’effectue loyalement la révision des pensions abusives, mais j ai à cœur d’assurer aux intéressés toutes les garanties juridiques auxquelles ils ont droit, car révision des pensions abusives ne signifie pas révision abusive des pensions.
Lors de ma campagne électorale de 1932 j’avais pris dans toutes les communes un éngagement d'honneur, celui de toujours conserver ma pleine et entière indépendance.
Cet engagement, je l’ai tenu ; je n’ai laissé à personne le soin de dicter mes votes à la
Chambre; j’ai pris chaque fois personnellement mes responsabilités soucieux uniquement en dehors de toute considération de groupe ou de parti, de remplir dans chaque cas ce que je considérais être mon devoir.
Celte indépendance qui est ina seule richesse, je la conserverai jalousement quand voua «Paurex renouvelé votre confiance; je pense qu'aux heures où nous sommes la France courrait \m péri! mortel si les hommes publics n’avaient pas le courage de débarrasser leur . esprit des' formules vaines et des querelles d'étiquette.
Gètte indépendance, je Fai conservée même quand îa confiance de M. le Président de fa République m’a permis de prendre place aux Conseils du Gouvernement dans un Cabinet dfe conciliation républicaine qui, pour reprendre la formule même de M. le Président du Conseil, se compose d'hommes qui, bien qu’appartenant à divers groupes, sont animés d'un égfel sOuci de défendre l’intérêt national, les finances publiques, l'ordre et la sécurité inténeuve etc xtérie u re *
Aussi bien mes idées politiques n'out-elles jamais varié ; républicain éprouvé, républicain dé gauche, fermement attaché à nos institutions, défenseur des libertés de croyance et d'ftpimorq partisan d'une politique de réalisation hardie sur le plan social, défenseur des petits et des humbles, je suis et je resle l’adversaire résolu des doctrines de l'internationale aGOiaîo-Commutoisie qui, actuellement camouflées pour des fins d’ordre électoral, procèdent directement des pdnbipes de la révolution marxiste.
La France a plus que jamais besoin, aux heures où nous sommes, de F uni on sincère et kjyate do tous >Jes républicains, groupés dans un même idéal pour la patrie et pour la Répubhquc, soucieux d'xme politique française, faite par des Français, dans l'intérêt de la France L et rigoureusement indépendante de tous les impérialismes y compris spécialement FJnipéria- M si-n c ml ® sc&n taire.
Dans le domaine des questions financières je veux lutter pour la défense du franc tetueflfement btfoqpiè par h. spéculation internationale et dont 3a dévaluation signifierait immédiatement la ruine de nos modestes épargnants; je veux contribuer à restaurer Je ci^édit de F Etat’ je veux raffermir la souveraineté de F Etat, menacée, H faut bien Je dire, par le développement abusif des grands trusts et des féodalités financières ; je veux pratiquer une politique de compression vigoureuse des dépenses publiques, d’assainissement du budget, d'économies massives sur toutes les dépenses superflues de fa nation,
Enfin fente question aujourd'hui prime toutes les autres : celle de la pnix et de la grrfcraè*
Au cours des réunions que j'ai tenues pendant ma trop brève campagne jTai fourni toutes précisions nécessaires sur la situation dramatique créée du fait de la violation inexcusable par Je Chancelier Hitler des engagements librement consentis par FÀllemagne lors delà signature du Pacte de Loearno ; j'ai expliqué comment la question se posait pour les membres du Gouvernement dès le 7 mars dernier, alors que la France avait réellement à ehmsrr tën’tre la paix et la guerre; j’ai montré dans quelles conditions j'avais donné mon adhésion de cœur et d'esprit, aux solutions pacifiques proposées par M. le Ministre des A Carrés étrangères bï qui, sous l’expresse réserve delà sécurité absolue et intégrale de la i . dnCe en même temps que du respect de ses droits sacrés, tendent réellement à l’organisahon de la paix dans le monde,
La paix avec tous dans la sécurité et la dignité de la patrie.
La paix totale et durable.
La paix dans l'égalité des droits.
La paix confian te dans l’honneur pour tous et te respect de la parole donnée.
La paix diettreuse et sure par la fécondité des échanges inter nationaux succédant à la m v rl iîé tnortdl le dtefl nationalismes économiques, Voilà notre idéal et notre but.
Je suis au Gouvernement le représentant de ceux qui ont lait la guerre et qui en coa. Missent les horreurs; le souvenir de mes camarades morts pour la France suffit & me dicter mon devoir pour le présent et pour l’avenir.
Mes chers Concitoyens,
Je vous ai dit toute ma pensée ; j’ai parlé eu toute loyauté et sincérité,
Démocrate sincère et fervent je veux être toujours le défenseur de ceux qui ont besoin au’on les défende; je veux continuera être le député des paysans et travailleurs répub »cains. Amené dès ma première législature à entrer dans les Conseils du Gouvernement, je n’ai maintenant plus rien à désirer et tous mes vœux sont comblés au delà même de ce que ;e pouvais espérer; je ne puis donc avoir d’autre ambition que celle de servir de toutes mes forces, de toute mon activité, de toute ma volonté, la cause de notre cher Quercy* la cause, de la République et de la patrie.
C’est dans cet esprit que je vous demande de me renouveler votre confiance que je crois avoir méritée et que je continuerai à mériter.
Vive l’arrondissement de Cahors !
Vive la République ! Vive la France !
René B ESSE