MANCHE
Circonscription d'AVRANCHES*
M. Maxime FAUCHON {Groupe des républicains indépendants et d’actîon social®*)
Élu pour la lrs fois le 8 mai 1932. — Réélu le 26 avril 1936-
Messicurs et chers compatriotes,
Vous m’avez fait l’honneur, une première fois, de me désigner pour ôtro voire repré» senLanl au Parlement. Les quatre années de mon mandat [étant écoulées, je me présente à nouveau devant vous, pour vous proposer de me renouveler votre confiance.
J’ai le devoir de vous indiquer quel est mon état d’espnt et, conséquemment, mon programme, après ces quatre années d’expérience parlementaire.
Je tiens à vous signaler tout d’abord, que la bataille électorale va sc dérouler entre deux forces contraires : le Front populaire d’une part, qui groupe toutes, les formation, communistes, socialistes et radicales socialistes; et, d’autre part, 1 ensemble de. r pub] 1~ cains nationaux du pays tout entier. Entre les deux tendances, entre les parLisans de ^ révolution, du désordre intérieur et extérieur, du gaspillage financier d une part, , et le, partisans de la liberté, de l’ordre, de la paix au dedans et au dehors, de la prospérité fam*- Lie et sociale', d’autre part, je n’a! jamais hésité et je n'hésite pas un seul inrigU» Là ou les anciens cartels ont échoué, il y a de bonnes raisons de penser que le Front P°P^.re qui n’est qu’un cartel étendu jusqu’aux communistes, échouerait plus lamentableme encore^ on précipitant, la ruine définitive du p&js.
Cette déclaration do ‘principe une fois posée, voici quel est mon programme sur les questions essentielles de l'heure actuelle *
L — En politique extérieure :
La France vit en ce moment des heures angoissantes. Elle sent plus que jamais le besoin d’appuyer sa sécurité sur des amitiés internationales et sur la Société des N ati^, dont il ne faut ni diminuer ni exagérer les moyens d’action. Telle que le elle «t JL ™ W grand poids pour la paix du monde, pour qu’il soit perm.s de ^dédaigner. Mms imu. serions coupables si nous oubliions, comme le disait récemment M. Flandm a .a tr,bu" la Chambre, que c’est encore sur nous-mêmes qu’il convient de compter le plus pou. assurer
notre sécurité et Téquilibre pacifique de 1 Europe.
De ce point de vue, il est clair, et l’histoire de ces derniers jour, nous confirme dan.
celte conviction que notre défense nationale doit rester au premier plan de nos constantes préoccupations*
IL — En politique intérieure :
L'expérience de ces quatre années d’une législature lamentable nous amène à conclure, conclusion d’ailleurs adoptée par tous les Français de gauche comme de droite, que notre machine politique est détraquée et qu’il devient, urgent d’y apporter les réparations nécessaires.
La République qui a vécu plus de soixante ans d’une existence heureuse et féconde à plusieurs égards, a besoin, pour poursuivre sa marche, d’un rajeunissement de certaines de ses institutions politiques. U importe, notamment, d’amender le mode actuel de suffrage par la pratique d’une représentation des minorités, par l’adoption du suffrage familial et du suffrage féminin, par une équitable péréquation des circonscriptions et par une réduction raisonnable du nombre des parlementaires. On doit souhaiter également l'institution d’une représentation professionnelle dont le Conseil économique national créé par une loi récente, peut, être considéré comme la première amorce.
D’autre part, l/expérience de ces dernières années témoigne que la puissance des Chambres l’emporte démesurément sur celle de l’Exécutif, à telle enseigne qu’il devient périodiquement nécessaire, à chaque difficulté grave, de faire appel au système dangereux et d’ailleurs peu constitutionnel des décrets-lois.
Sî les Chambres siégeaient moins longtemps, un premier remède serait déjà apporté à leur omnipotence, et les Ministres, libérés pendant certains mois de Tannée du harcèlement constant des interpellations, pourraient s’appliquer plus utilement à la gestion des affaires de leurs Départements,