‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales de 1936 (volume 2)Chapitre 92 sur 186 · MARNE · texte numérisé non relu

MARNE

Circonscription de CH ALONS SUR-MARNE.

M. Alfred MÀRGÀINE

(Groupe républicain radical et radical-social iste.)

Elu pour la 1™ fois le 24 avril 1910. — Réélu les 10 mai 1914, 16 novembre 1919, 1 1 mai 1924, 29 avril 1928, 8 mai 1932 et 3 mai 1936.

Mes chers concitoyens*

Depuis plus de vingt-cinq ans, je dois à votre fidèle amitié, dont je vous remercie cordialement, l’honneur de vous représenter à la Chambre des Députés,

Après F investi turc que vient de nie donner encore une fois, et à l'unanimité, la bédération républicaine radicale et radicale-socialiste de l'arrondissement de Châlons-Sainle- Ménehould, je vous demande aujourd'hui de me continuer votre confiance pour k prochaine législature.

J’ai donc le devoir de vous dire, en toute franchise, comment j’envisage l'œuvre quil serait nécessaire d’accomplir.

La législature qui s’achève a été signalée par une incroyable confusion. Certains, dans un but facile à deviner, sc sont hâtés de conclure à l’impuissance du régime parlementaire quand il s’agit de faire face à une situation bouleversée par une évolution trop rapide et d’apporter les solutions immédiatement indispensables. Si cette idée s’implantait dans les masses, nous serions bientôt acculés a une révolution.

Ceux qui ont souci de voir maintenu J s ordre républicain doivent donc montrer qu ou peut, avec le régime parlementaire, réaliser, au point de vue politique, économique et social, des améliorations assez profondes pour permettre de vaincre toutes les difficultés présentes.

Mais, d'abord 3 où est la racine du mal ?

Dans ce fait que ^agriculture n'a plus, dans notre vie nationale, la place importante qu'elle avait naguère encore et qu'il faut lui rendre sans délai si 1 on veut que tout redevienne normal*

L’équilibre a été rompu parce qu'en face de l'agriculture s est dressée une force industrielle considérable qui s'est assuré, par sa cohésion et par de puissants moyens, beaucoup plus que son indépendance.

On rétablira 1 équilibre en donnant à l'agriculture une force équivalente par une orga-

nisation professionnelle qui créerait un lien étroit entre tous les producteurs ruraux. Alors l'agriculture pourrait régler elle-même son action et son sort* imposer le respect de ses intérêts légitimes aux industries qui transforment les produits du sol, être elle-même l'importatrice ou l'exportatrice desdits produits, bref, être vraiment maîtresse et bénéficiaire de son labeur.

Pour arriver à un tel résultat, on devra, en premier lieu et tout de suite, mettre un frein aux abus du grand capitalisme qui domine les Pouvoirs publics.

Le grand capitalisme a capté toutes les sources de I activité industrielle en accaparant les richesses naturelles qui sont, il faut tout de même le reconnaître, la propriété de la nation tout entière; il a, en exploitant ces richesses, commandé toutes les branches de l'activité française qui est aujourd'hui soumise à son bon plaisir. Ainsi LouLe la production est aux mains d'une oligarchie qui ne connaît pas de frein el qui s’entend d’ailleurs avec les oligarchies similaires de l’étranger. Et c est de cette façon qu’elle réalise d'énormes bénéfices, tandis que les travailleurs luttent désespérément contre la misère et la faim.

Il est donc urgent de reprendre la propriété des richesses nationales pour en subordonner ensuite l’usage à une gestion a laquelle l'Etat participerait. On pourrait alors avoir raison de la tyrannie ruineuse du grand capitalisme.

On est amené ainsi à poser le problème fiscal qui est essentiel.

L'impôt est un prélèvement, au profit de l'Etat, sur les bénéfices de la production. II tend aujourd’hui à dépasser ces bénéfices en ce qui concerne les petits et moyens producteurs parce que, le grand capitalisme ayant absorbé la plus grande partie des bénéfices de la production, l’Etat se voit forcé de demander aux autres citoyens des sacrifices excessifs.

Dans la situation actuelle, il est à peu près impossible d’espérer une plus équitable répartition des charges fiscales. Il n en serait plus de même si l’Etat, invoquant ses droits, devenait, dans une association qu’il pourrait lui imposer en toute justice, l'associé du .grand capitalisme pour récupérer légitimement sa part dans l’exploitation des richesses nationales. Ainsi seraient allégées les charges du contribuable et du consommateur. Les choses se passent, ainsi dans d’au 1res pays que le nôtre.

Donc, au point de evue fiscal comme au point de vue social, il importe. de faire obstacle A la .domination du grand capitalisme et, de l'empêcher de nuire plus longtemps. JJ le faut aussi au point de vue politique ; car c’est sur le plan politique qu’il opposera aux Pouvoirs publics une résistance sérieuse dont de récents événements nous ont mis. A même de mesurer la violence et f audace.

L agriculture organisée professionnellement et libre de diriger sa destinée par ses propres moyens — comme a pu le faire la grande 'industrie en abusant, du reste, de la situation prépondérante qu'elle a conquise grâce à son organisation — nous aidera à briser cette résistance.

ri! va- sans dire que l'organisation; professionnel le doit s'étendre à- tout ce qui comprend l 'activité -agricole, em particulier à la viticulture dont la détresse est extrême.

Mais on ne pourra agir utilement que dans la paix assurée. Or, toute une partie de 1 industrie commandée par le grand capitalisme — armements, ciments, produits chimiques, etc..,. — est, au vrai, une industrie de guerre, et son intérêt est d’entretenir dans le pays^ sons prétexte de patriotisme, une perpétuelle inquiétude et un sert Liment irréfléchi d alarme. C est pourquoi la politique extérieure de notre pays pivote autour de la seule question du Rhin, alors qu’elle devrait s'étendre à tous les intérêts que la France a dans le monde en raison de son immense empire colonial.

Mais 1 opinion publique française ne voit plus clair dans les événements parce que le grand capitalisme, corrompant k grande presse par d’abondants subsides, ôte à celle-ci toute indépendance.

■Et c’est une raison de plus pour que les Républicains 'veuillent ôter au grand capita- 1 i s me ‘ Lo u te p ose i l» li 1 6 de d om i n a ti o n *

S ils y parviennent, grâce à des élections démocratiques qui leur donneraient toute facilité d agir efficacement, soyez surs, mes chers concitoyens, que toutes Jus réformes dont

la République a déjà doté noire libre pays, seront préservées de la ruine et que toutes celles que le parti radical envisage pour demain s’accompliront aisément.

1 La réforme de l’Etat, la réforme des méthodes parlementaires avec, comme conséquence, la stabilité ministérielle, la réforme administrative, la refonte du système fiscal, le développement de l'enseignement technique et de l’enseignement poslscolaire, la coordination des moyens de transport, le dévelqppement de. toutes les œuvres d’hygiène sociale et

d’assistance publique, la protection de l’épargne contre la fraude et la spéculation, l’aide à l’industrie et au commerce, le développement des échanges à 1 intérieur et à 1 extérieur,

l’amélioration de la condition des ouvriers manuels et intellectuels qui ont droit au travail et au bien-être, l'encouragement à l'artisanal de la ville et des champs, les débouchés à

assurer à la jeunesse actuellement incertaine de son avenir, etc... — toutes ces questions pourraient être étudiées et résolues dans le calme puisqu’il n’y aurait plus de mécontentement à exploiter contre la République, puisque, grâce au rétablissement de 1 équilibre, aussi bien budgétaire qu’économique, il y aurait une reprise sérieuse de l’activité dans notre pays, reprise qui nous permettrait d’avoir bientôt raison du chômage, de la thésaurisation, de toutes les désastreuses conséquences de la crise.

De même, nous n’aurions plus besoin de décrets-lois qui sont la négation même du régime parlementaire, et les fonctionnaires, les cheminots, les petits et moyens retraités, les anciens combattants et victimes de la guerre seraient sûrs que leurs droits n’auraient plus à souffrir de mesures arbitraires et seraient désormais respectés.

Et j’ajoute que l’on pourrait enfin soulager, en les aménageant convenablement, les finances départementales et communales, si désemparées à cette heure.

Mes chers concitoyens,

Je ne crois pas necessaire de continuer ici la fastidieuse énumération des réformes auxquelles le parti radical-socialiste a donné son adhésion dans son récent congres el auxquelles, bien entendu, mon vote sera acquis.

Mais, encore une fois, le.résullaL que cherchent et veulent résolument les républicains, dépendra 'de la hardiesse avec laquelle la nouvelle Chambre entreprendra d’abord l’œuvre

essentielle dont je vous ai parlé en commençant cl qui exige l’effort commun de tous les

partis de gauche.

Je vous demande, en vous demandant vos suffrages, de vous associer à celle œuvre afin que la République démocratique et laïque reprenne ■tranquillement sa marche vers le progrès et vers la paix indivisible que la France entend fonder sur la sécurité collective.

Croyez, mes chers concitoyens, à mon sincère dévouement dont tout mon passe vous répond.

Vive la République démocratique ! ■ , ■

Alere» MARC AINE

Député sortant.

Candidat de la Fédération républicaine radicale et radîcale-sociaîi&te Lie T a v ron diesemetl t de Ch Mon# - Sai fi t e- Mén eliou Id*

Circonscription iTEPERNAY.

M. Henri MARTIN (Groupe socialiste.)

Elu pour la lfû fois le 3 mai J 936,

(Voir le programme du Parti socialiste S. F, T, 0,, p, 3.)

Chers Concitoyens,

Le Parti socialiste m’a désigné pour défendre son programme aux prochaines élections législatives. Si j'avais tout d’abord refusé, cTest que j'estimais que c’est trop faire d’honneur a 1 humble paysan militant que je suis, et c’est aussi, et surtout parce que, ayant comme vous tous, ma journée de travail à accomplir, je ne me voyais pas la possibilité de mener h bien une tâche aussi rude qu’une candidature dans l’arrondissement d’Epernay,

Je me suis efïorcé pendant ces trois mois de propagande à faire entendre la parole socialiste jusque dans les plus petites communes. Devant des auditoires toujours attentifs, qui comprenaient parfaitement la gravité de l’heure présente (et je souligne en passant combien j’ai été frappé delà sympathie avec laquelle on m’accueillait partout) j’ai développe sans détour notre programme et fait connaître pour quelles raisons le socialisme m avait, dès mon plus jeune âge, toujours compté dans ses rangs. J’y suis de plus en plus fermement attaché. Et quoi qu’il arrive, élu ou battu, je veux continuer à mener la bataille contre 1 cgoisme, les iniquités et toutes les forces mauvaises qui nous ont mené à la ruine,

?Nous en avons assez de cette gabegie éhontée qui règne dans le budget, de toutes ces prébendes que se partagent les puissants du jour, de ce Lie politique intéressée qui ne lient aucun compte et méprise toujours les intérêts des humbles et des petits.

Nous en avons assez de ces scandales Stavi&ky et autres qui ont déshonoré cette législature et qui nous ont révélé toute la tourbe politicienne et journalistique.

ht c’cst avec quelque fierté qu’un militant socialiste peut écrire que pas un seul de ses chefs n’a trempé dans ces scandales.

Au nom de la déflation, on a frappé les petits. Les cultivateurs, les vignerons ont fait les frais de cette politique honteuse. Les petits fonctionnaires, les ouvriers des villes ou des campagnes ont vu leurs salaires fondre à vue d’œil. Les artisans, les petits commerçants en

ont subi un Lrès sérieux contre-coup par la diminution du pouvoir d'achat des consommateurs.

Les petits rentiers qui, pendant toute leur vie, s’étaient privés pour économiser les quelques sous qui leur permettaient de finir leurs vieux jours dans une tranquillité relative, se sont vus dépouillés par une amputation de 10 0/0 de leurs rentes.

Les mutilés, les pensionnés, les combattants, les retraités, ceux de qui on avait dit :

a Ils ont des droits sur nous », ont vu leurs pensions et retraites diminuées de la façon la plus injuste.

Vous tous, souvenez-vous que ceux qui ont voté ces monstrueuses iniquités sont les cl pu tes de. dioïte et les députés radicaux qui ont abdiqué entre les mains de quelques hommes non qualifiés le pouvoir qu’i’s détenaient de la volonté populaire.

Le I ai ti socialiste, lui, s est battu a la tribune des Parlements pour essayer d’em-

pêcher ces monstrueuses injustices* Quelles que soient vos idées politiques, vous devez le

tout cela ne suffisait pas, la politique extérieure louvoyante de M. Laval nous a conduits à une situation lourde de menaces de guerre.

C’en est assez, et il est grand temps que des hommes nouveaux, jeunes et énergiques, se mettent au travail pour réaliser (et ce sera la Ve étape) le programme du Front populaire

ctuc vous lirez Ci-dessous H ,

. Nûlig nous heurterons certainement au fameux « Mur d’Argent » et aux résistances

des 200 familles qui détiennent la fortune de notre pays, comme au lendemain de chaque élection où a triomphé la volonté populaire. Mais l’histoire est une leçon, nous saurons vouloir et nous vaincrons*

Pour arriver à ce résultat, il faudra non seulement de Ténergie et du cran, mais aussi

des convictions fermes* ,

Et je pense, en écrivant cette phrase, à nos adversaires qui, dans une réunion, n ont

osé se prononcer sur cette question politique*

Çcs candidats présentent aux électeurs des programmes relatifs à h organisation professionnelle et à la revalorisation des produits* Et pendant les quatre années de cette législature, leurs partis respectifs ont fait à la Chambre la politique contraire, refusant de voter les projets socialistes qui, eux, conformaient leurs actes a leurs paroles.

Le candidat radical prétend qu’il est laïque et républicain. Mais qu est-ce que cela signifie puisqu’il ne s’est jamais prononcé en faveur du Front populaire. De ce côte, l'équivoque qui toujours a plané sur l’arrondissement d’hpernay continue.

Les électeurs ne veulent plus se lancer dans l’inconnu, ils veulent savoir exactement quelle est la position politique du candidat qui sollicite leurs suffrages.

C’est pour toutes ces raisons, chers concitoyens, que certain d’avoir accompli tout mon devoir au cours de cette campagne électorale où j’ai déployé haut et ferme le drapeau du Parti que je représente, j’ai confiance en votre verdict.

Si vous pensez que la politique qui a été suivie jusqu’à présent n’est pas conforme a vos intérêts et à celle de notre pays, si vous pensez qu’il faut changer celte politique, vous voterez pour le Parti qui est fermement résolu à franchir cette première étape qu est le programme du front populaire. Vous voterez socialiste.

Henhi MARTIN,

circonscription de REIMS.

M. Pierre PITGIS

(Groupe des républicains indépendants et d’action sociale.)

Elu pour la lre fois le 3 mai 1936,

Mes chers concitoyens,

Vous allez élire les hommes à qui seront confiées, pour quatre années, les destinées de

la France. * *

Je me présente à vos suffrages, fort de la confiance que m’ont témoignée mes amis de

l Alliance républicaine en me désignant pour les représenter dans cette compétition élec o-

raie,

Permetiez-moi d'appeler toute votre attention sur l'importance du, scrutin du 26 avril en raison des difficultés; cfil moment et des lourdes menaces qui pèsent sur Ta venir,

La menace extérieure :

La volonté allemande d’annuler îe traité de Versailles vient* de se manifester, une fois de plus, par la rem iïi tari sa t ion de la Rhénanie; le chancelier Hitler, en dénonçant lès accords de Locarno, acceptés librement par le Reich en 1925, a montré son mépris dès traités et a répudié là signature solennel lëment donnée au nom du peuple qu’il gouverne.

La menace extérieure est indéniable. Les projets d’expansion germanique nous inquiètent d'autant plus que la Société des Nations apparaît impuissante à la détourner et q(ue le front des alliés devant lequel succomba, en 1918, l'impérialisme allemand, est gravement dissocié.

Le crédit de l’Etat ébranlé, te franc menacé ;

Aux craintes trop fondées que nous éprouvons pour le maintien de la paix en Europe, viennent s'ajouter d'angoissantes difficultés' dan s la vie intérieure de là- nation française.

La situation financière est' particulièrement grave. L’Etat a emprunt 80 milliards en cinq années et porté la dette publique intérieure au chiflre fantastique de 340 milliards L'épargne est nerveuse; fébrile ; ellb-s’inquiète au moindbe événement. Le .crédit de l'Etat s'en ressent, et, devant les- soucis de trésorerie qui assaillent nos gouvernan IS, le fl-anc, déjà amputé des quatre cinquièmes dé sa valeur, est menacé d’une nouvelle dévaluation ’dbnt nul ne peut prévoir l’ampleur- et les répercussions.

La crise économique ;

L’economie nationale souffre du délabrement de nos financesuti dos -appels trop souvent renouvelés de fiEtat à l’emprunt.

Llmdustrie ett le commerce,, atteints parlas crise, succombent* sous le- poidfc de charges fiscales : écrasantes. Le marasme de* échanges: provoque l’arrêt de l’industrie, et le chômage ce terrible fléau social.

L 'équilibre entne la consommation et la production est rompu, et l'on voit s’affirmer, dans la gêne et la misère, l’étroite solidarité de toutes les branches de l’activité nationale.

Comment sortir de celle situation?

La double Faillite du Cartel des gauches :

Certains vous proposent db refaire, sous le signe du- Front populaire, une nouvelle expérience du cartel.

Quelle folie !

Deux essais successifs ont démontré que si radicaux et socialistes peuvent s’entendre électoralement, leur alliance ne peut être maintenue sur les bancs du Gouvernement, car 1 opposition des doctrine radicale et socialiste rend impossible la constitution d’un gouvern cm eut de gauche, véritable expression du cartel,

b’ Histoire témoigne de l’impuissance des majorités cartellisles, sombrant dans 1 anarchie quelles avaient provoquée par leurs dissensions intestines cl l’instabilité gouvernementale qui en résultait.

Oo 1924 à 1926, le cartel rad i cal o -socialiste, qui avait chassé du pouvoir M. Poincaré, a « dévoré »; dm Ministres des Finances successifs, avant} dé nous amener:, en juillet 1926, à deux doigts de la faillite de l’Etat, que le rappel de M, Poincaré et la formation: d’im- Ministère dl union nationale* permirent d’éviter..

Oo juin 1332 à janvier 1 934, lé- cartel} largement victorieux lors des: dernières élections:

législatives, a renversé cinq Ministères, administrant ainsi une nouvelle preuve de son impuissance gouvernementale.

Le budget de 1933, il faut le rappeler, fut voté avec cinq mois de retard, tandis que le

déficit s’accroissait dans d’inquiétantes proportions.

Ainsi, a été démontrée l'impossibilité, pour les radicaux et tes socialistes, de s entendre

pour légiférer et gou verner*

Le Front populaire* duperie électorale :

Après cette double faillite du cartel des gauches, qui peut croire que le Front populaire, nouveau cartel étendu aux communistes, qui en. sont les instigateurs, puisse sortir la France des difficultés où elle se débat actuellement? „ • ,

L’alliance des radicaux, des socialistes et des communistes, ne peut être qu’une nouvelle duperie électorale. ,

Jamais, en eflet, les .partisans delà propriété individuelle ne pourront s entendre avec

les socialistes et les communistes, apôtres du collectivisme intégral, réalisé en Russie.

Jamais les hommes soucieux d’assurer la défense nationale ne pourront composer avec les socialistes et les communistes, qui refusent les crédits militaires et persistent, en dépit de la menace extérieure, dans la formule votée à Tours, en 1931 : « Pas un homme, pas un sou pour la défense nationale F »

Jamais les hommes qui veulent défendre les libertés démocratiques ne pourront s'entendre avec les partisans de la dictature du prolétariat, chère b M. Bîum, et de la République des Soviets, chère à M. Gachîn,

Le Front populaire nous conduirait à la catastrophe «

Une expérience de Front populaire nous mènerait tout droit à la catastrophe financière, après avoir déchaîné les troubles sociaux dont l’Espagne, livrée aux mêmes extrémistes, nous donne actuellement le spectacle.

Un gouvernement de Front populaire, en affaiblissant nos moyens de défense, tandis qu’il nous riverait à la Russie soviétique, nous conduirait fatalement à la guerre.

Faut-il ajouter que le chambardement social dont rêvent les partis d extrême gauche et que leurs imprudents alliés radicaux seraient impuissants à empêcher, favoriserait singulièrement l’agresseur, qui ne manquerait pas de profiter de l'état de désordre dans leque e Front populaire aurait plongé le pays.

Mes chers concitoyens.

Ce n’est pas dans le désordre et par la lutte de classes qu’on sauvera le franc, qu’on épargnera à la France la perte de précieuses vies humaines, qu’on ramènera la prospérité économique et, avec elle, plus de bien-être dans les foyers français.

L'union nationale., condition du salut ;

C’est par l’union — sur le plan électoral - de tous les hommes de bonne volonté, par la collaboration lovale au Gouvernement de tous les partis disposés à partager les responsabilités du pouvoir, que nous pourrons surmonter uos difficultés actuelles et nous engager

dans la voie du redressement. ^

(/union nationale, sans exclusives ni à droite ni à gauche, a barié la route à i*n\ a ns seur de 1914, et ce grand fait historique est à méditer par les jeunes, qui ne doiventjamais oublier le sacrifice de leurs amé&

L’union nationale, faite par Poincaré, union dont les socialistes et les communistes ont préféré s’exclure, a sauvé le franc aux jours tragiques de juillet-août 1926.

toi

L’union nationale devant la menace extérieure :

L’union nationale s’impose aujourd’hui :

— pour affirmer la volonté unanime des Français de faire respecter l'intégrité du territoire national pour la défense duquel quinze cent mille fils de France sont tombés;

— pour rendre à la France Je prestige qu'elle n’a plus dans le monde et lui permettre de recréer autour d’elle un réseau d’alliances inébranlables et efficaces.

L’union nationale sauvera le franc;

L'union nationale s'impose aussi pour restaurer la confiance dans FEtafc, assurer son crédit,. indispensable au maintien du pouvoir d’achat du franc et à l'exécution des engage ments contractés à l’égard des épargnants et de tous les créanciers de la nation : anciens combattants, mutiles, victimes de la guerre, retraités* fonctionnaires, assistés de l'Etat, etc.

L’union nationale assurera la sLabilké gouvernementale, condition de la reprise des affaires :

Ce qu’il faut demain à la France, c’est la stabilité gouvernementale.

Pas de salut possible, si nous devons connaître à nouveau des Ministères de quelques semaines ou de quelques mois.

Seule, une majorité d'union nationale assurera demain cette stabilité gouvernementale, condition indispensable à notre redressement.

L’union nationale peut seule :

~ ramener la tranquillité dans les esprits inquiets et provoquer ainsi la reprise des affaires, qui ramènera l’activité économique du pays ;

assurer le redressement budgétaire, étroitement lié au redressement économique, qui permettra de desserrer 1 étreinte fiscale, qui paralyse le commerce et l’industrie ;

— garantir aux travailleurs la sécurité de l’avenir et mettre fin au chômage, dont son firent actuellement tant de foyers, dignes du plus vif intérêt;

— assurer au commerce du champagne, qui tient une si large place dans l’activité économique régionale, la réouverture des débouchés qu’il a perdus et qui sont indispensables à faire renaître la prospérité à Reims et dans le Vignoble champenois.

La stabilité gouvernementale permettra de reviser les accords commerciaux et d’obtenir rabaissement des droits de douane, qui paralysent actuellement l'exportation du champagne dans la plupart des pays du monde.

Les producteurs, quels qu’ils soient, ont trop souffert de Instabilité ministérielle de ces dernières années et de l’incohérence qui en est résultée dans la législation à leur égard, pour ne pas constituer, par leur vote, une majorité stable dont la politique continue assurera la revalorisation des produits de la terre, sans lequel le pouvoir d’achat des masses rurales demeurerait restreint, au détriment de toutes les branches de l’activité nationale.

L’union nationale, condition du progrès social *

1 union nationale peut, seule, assurer la stabilité gouvernementale, indispensable au salut du franc et à la reprise des affaires, les travailleurs doivent comprendre que cette union permettra de pousser plus avant l’effort social de la Troisième République, qui s’est traduit au cours de 1 avant-dernière législature par d’appréciables réalisations ; assurances sociales, retraite du combattant, loi Loucheur, etc.

Le progrès social n’est possible que dans Tordre et la prospérité économique.

Sans doute, l'aide aux sans-travail incombe sans retard à la collectivité, qui doit assurer aux chômeurs les moyens d'élever dignement leurs familles*

Mais de nouvelles réformes sociales durables ne seront possibles que lorsque l'assainissement financier aura été réalisé ei que l'économie nationale aura repris son plein essor. Alors, pourront être accordés de nouveaux avantages aux familles nombreuses, des secours plus importants à la vieillesse, tandis qu’une législation appropriée, protégeant la famille, en assurera le plein épanouissement et garantira aux travailleurs le pain de leurs Vieux jours*

La défense de la République, par la réforme de nos institutions ;

Fermement républicain, je conçois la défense du régime par le perfectionnement de nos institutions*

11 faut au plus tôt reviser notre Constitution et l’adapter aux besoins de notre société moderne*

Il faut limiter l'initiative parlementaire en matière de dépenses, réaliser la justice électorale parla R* P. intégrale, le suffrage féminin et le vote familial.

11 faut aussi mieux organiser le travail parlementaire et restaurer le prestige du mandat législatif en réformant les mœurs parlementaires et en interdisant le cumul de certaines professions avec les fonctions électives.

Démocrate sincère, de par mes origines modestes, j’entends m'employer inlassablement à améliorer le sort des travailleurs, que je mets en garde contre les démagogues et les apôtres de la lutte de classes.

Mes chers concitoyens,

Voilà dans quel esprit j’envisage l'accomplissement du mandat que je sollicite de voire confiance.

Les difficultés qui attendent vos élus de demain ne me permettent pas de vous faire de promesses, niais soyez assurés qu’averti de vos besoins, ayant approfondi les problèmes de l’heure présente, je m’emploierai de tonies mes forces à sauvegarder vos légitimes intérêts et à orienter le pays dans les voies du redressement financier et du maintien de la paix.

Pour écarter le péril extérieur et libérer la France des influences étrangères ;

Pour sauver le franc;

Pour vaincre la crise économique ;

Pour assurer la paix sociale dans le respect des libertés civiques ;

Je vous adjure d’exprimer sur mon nom votre adhésion totale à la politique d’union nationale.

Vive la République [

Vive la France !

Pierre PITOIS

Journaliatc-piibliciaLe*

Groii dû guerre.

Secrétaire générai <ie l'Alliance républicaine.

Candidat d'uuîon nationale.

2e circonscription de REIMS.

M. Paul MARCHANDE AU

{Groupe républicain radical et radical-socialisle.)

Elu pour la T 8 fois le 28 février 1926. — Réélu les 29 avril 1928, 1er mai 1932 et 3 mai 11936.

Mes chers Concitoyens,

R y a quatre ans, dans ma profession do foi pour les élections législatives de 1932, je m'adressais à vous en ces termes :

« Désigné à l'unanimité comme candidat par la Fédération radicale, radicale-socialiste et républicaine socialiste de la 2e circonscription de Reims, je viens à nouveau solliciter vos libres suffrages.

a Je ne crois pas avoir trahi, depuis que je vous représente au Parlement, la confiance dont vous m'avez honoré. Tous ceux qui, usant de leur droit, ont fait appel à mon concours, toutes les communes qui ont eu besoin de mon aide, m’ont trouvé empressé à les servir. J’ai apporté le même soin scrupuleux dans la sauvegarde des intérêts généraux de notre région et de la France républicaine,

ti M'étant attaché à soutenir tous mes concitoyens dans leurs légitimés revendications, sans faire entre eux aucune distinction de situation ou d'opinion, je n’ai pas davantage fait preuve de sectarisme dans les manifesta lions de mon attachement aux idées et au programme sur lesquels j’avais été élu.

tt J’ai défendu, chaque fois qu'elle m’a paru possible, la conciliation la plus large entre républicains, et je ne compte mettre encore d’autre condition à l’union politique de tous les Français que la sincérité de leur attachement aux institutions démocratiques,

« Mais c'est précisément parce que la sauvegarde de ces institutions ne s’accommode d’aucun recul , d’aucune prédominance de f intérêt particulier sur l'intérêt général, d’aucun renoncement au progrès, que je reste fidèlement attaché aux principes de laïcité, de justice sociale, de rapprochement entre les peuples qui sont à la base même des aspirations de tous les sincères républicains. î>

Je n entends rien changer aujourd’hui à mes engagements et à ma conduite.

J’ai conformé mon action à mes promesses. Je me suis efforcé de faire honnêtement et consciencieusement tout ce qu’il était en mon pouvoir pour répondre à la confiance que vous m’avez manifestée. ___

Mûri par l'expérience des lourdes responsabilités que j’ai assumées — non par ambition, mais par devoir — je suis, plus que jamais, persuadé que ce n’est pas par des luttes fratricides entre Français, de ^agitation si préjudiciable aux intérêts de tous eL, en particulier, de ceux des probes, consciencieux et modestes travailleurs, que peut sortir un état meilleur.

L’exercice des fonctions publiques est, à celle heure, une tâche lourde et délicate. Mais, n ayant jamais reculé devant 1g travail, c’est encore courageusement que j’accepterai» si vous m’en jugez digne, d’accomplir foutes mos obligations d’élu, en ardent démocrate et en bon Français.

Si la dernière législature n’a pas apporté au peuple de France les satisfactions qu’il est en droit d’attendre, je puis dire qu’il n’y a pas eu de ma faute, car la plupart des mesures

, 1TwntM rtuj s'inscrivent au programme des républicains, ont déjà fait l’objet de fàpaH de propositions et d’interventions que .j’espère pouvoir faire aboutir au sein d’une

ChaÏrd^IrcmΣl écaHer^bord les dangers évidents qui menacent notre régime et rotre pairie.

Réforme de l’Etat

, ’ptat républicain doit être réformé, rajeuni, mi. on situation de p.ror an* immense,

, „om»l.,.a besoins de la nation moderne. Il faut que dé,orm.,s la Franco soit gouverne. Ton volonté populaire et dans le respect de la C.nsütuUon - ma., avec cont.nm . " u le [ ’in stabilité qui au cours de la dernière législature, nous a valu onze Gouverlïâcessifs no peut conduire qu’a l'anarchie et au désordre. 11 non sem pi». a.u» T dam de. cas graves et bien déterminé», l'ouverture de crise, m.mstcnelle, constata le. élu. à revenir devant le .oui juge souverain dan, un. don, ocrât.., ce„t-.-d.re

» doivent pli permettre de .nbstitner i l'œuvre

rrpatrice qui s'impose, une action purement démagogique.

I es empiètements du législatif sur l’exécutif créant le désordre dans nos administrations Kl irrues et précipitant le pays vers la débâcle financière, ne sont plus tolérables. U Chambre ne doit plu, pouvoir engager des dépenses »»» que .oient ...urée, te re»,nrce,

. i i zîwMn m^iire où tic sera pas écrasé le contribuable hançais et ou

VRl'aTne'scra pas obligé de manquer à ses engagements antérieurs. Si trop de démagogie u’iv-rit pas considérablement alourdi les charges budgétaires, si mie déplorable instabilité gouvernementale n’avait pas jeté le trouble dans bien des esprits et porte ^ grave nttpinle à la confiance et nu crédit de l’Etat, nous n'aunons pas eu a déploré, , sm tout en ce nui concerne les victimes de la guerre, les petits retraités, les petits fonctionnaires les hem nots les petits propriétaires les modestes rentiers, les décrets-lois dont 1 humanisation continue à' s’imposer en attendant qu’un assainissement financier reel en permette la sup-

FeStnà ces réformes fondamentales, s’ajoute l’adoption de meilleures méthodes pour le

’ - -, nossible d’apporter à notre situation économique, a nptie

travail parlementaire, ü sera possible d apporte vainement. attendus

républicain en le mettant à l’abri des intentions suspectes et de 1 ardeur agressive les factieux et de tous les extrémistes.

Politique économique *

Djn.l. domaine é'conomiq»., de rigoureuse. discipline, s'imp^t-

édicte. par les intéressé» eux-mémes, amenés i, compréedr. que m U uilîbr.

G{ aveugle ni la production désordonnée ne peuvent permettre le .etou. vers eqt

L T. prospérité nationale. C.st dans leur* groupement. te

professionnel, que le. .uUiva.enrs, 1- W-n*. U. L

travailleurs de tout ordre, doivent examiner, avec comme obj.eUf, 1 ntcrel gêné . solution, susceptibles d'a.surer un. meilleure répartition de la P^TlTTS. réglas de l'honnêteté commerciale, rindispenaable

sécurité des cours, en un mot, toutes les garanti», que le treva.l do.l déaorme» Iroute

pour sa iuste et équitable rémunération» * «rtiîtîmn» duouel

Ainsi pourra’ .'établir ne. collaboration féconde entre 1. P””™" /T?" 'taüïï. doivent relever les décision, obligatoires et définitives, et le, groupement, représentai, le l’économie et des activités nationales*

Contre la dictature :

Je pease en effet, que nous devons nous garder de tous les systèmes, de tous les plans

.8TP “ ^ ,,OUICOnduire — Afférent, régime. d'Eut totalitaire qui, soit a orme tasmste ou hitlérienne, soit sous la forme collectiviste ou communiste, aboutissent a a ornent à la dictature. Mais le régime de liberté ne peut être maintenu que si l’Etat républicain, honnête lu, -même et exigeant l'honnêteté autour de lui, respectant et St respectei les contrats et la signature donnée, s’acquitte de tous ses devoirs, dont les plus Pp. T ParalS9etU etre : ia défense IlationaIe, Ia sauvegarde de son indépendance la

'"de a" ■* '-«f»™»

Polit iquc financière :

anoér|CS l prinCip fr 6Ilt 1 ré?ard des audaces de )a fi™nce internationale, des insatiables appétits des spéculateurs, des entreprises malsaines des spoliateurs de l’épargne des proli

ZeHonU°n vtdU>. d,?S rraUdeUrS de tout «** GouveLment trt’ ddl

à nos activitl^^f6 ^ VUC ^ Parer 3UX aV6ntU| mûnétaires et da -ndre la vie

indisne' "' üLl'R rtiUlblle la confiance sans laquelle notre économie manque de l’alinient

indispensable pour que ouvriers des villes et ouvriers des campagnes retrouvent cnffnîa possibilité d assurer par leur travail, l'existence digne et confortable de leur foyer.

Politique sociale :

ieunüS f'n “l C(hÔmage’ P°UVOir d0‘lner du travail ù (ant d’hommes et, surtout de jeunes hommes, dont, avec tant de regrets, pour le moment, on ne peut satisfa re les asni

rations laborieuses et pour lesquels il n’y aurait que duperie à poursuivre le développement

si souhaitable de Instruction, tel doit être l’objectif le plus immédiat de la uouvX

' ‘ambie. ne la ut pas hesiter, dans ce but, à mieux répartir la heso-me à offrir à J’en

iTmit P3r ’a suPP^ess*on des cumuls, la prolongalion°de la scolarité la'

limitation des heures de travail. Il faut également assurer à tous une égalité qui esHoin de

seîTà n'rSqU aPPr'aU’ e" pai’tiCulicG Clue les travailleurs de la terre vont bientôt être lis eul a n avo.r pas droit aux allocations spéciales pour charges de famille. Il est née i “ fin entre autres mesures urgentes, qu’au sortir de la crise, quand pourra bénéfice, le travail reçoive sa part tout comme le capital prélève la sienne. PP

Politique extérieure :

i,ou,'“,a ■“ ei ^ soutien donner noire r , - de notre pays un réseau d’amitiés, d’aide et de

réformée s’unir pour h J*f aCtive à une Société des Nations nécessairement

monde troublé et en ^ t° ** JUSte °aUSe trar,<'alsei nous paraissent être, dans un

Udrt pT, 1 , r°S““ de lrop év‘d“,'! ™”“«b I» rnmrnn m.,™ do „,i„.

.oucira'Èeîwr'Ï’-U i‘ü!ip,1°' a“l0"r d“’nel,“ ja d,m“ds a“ républicains, plu.

Je croi, que Je, diE T™ *'*' 1” do vouloir bleu „ grouper,

,uo le. difficultés présentes «elueul tout sectarisme politique, toute digression

doctrinale, toute divagation dans l’utopie. Je crois aussi que la nécessité de renforcer notre régime, de redonner à la France son équilibre, sont à Pin versé du maintien d'une agitation néfaste et du recours à la violence destructive.

Par leur bon sens, par leur clairvoyance, par leur confiance, en un mot par leur sagesse, les citoyens français ont toujours triomphé des difficultés que le sort ne leur a pas

épargnée?.

C'est animé, pour ma part, de l’esprit généreux de la France républicaine, en me conformant à nos nobles traditions démocratiques, que j'entends travailler, si vous me maintenez votre confiance, pour votre bien, mes chers Concitoyens, pour celui de la République, pour celui de la France,

Paul M ARGUA N DE AU

Chevalier de la Légion d'honneur»

Croijc de guerre.

Maire et Conseiller général do Reims»

Ancien Minisire.

Député s or tant j

Circonscription de VITRY-LE FRANÇOIS.

M. Raymond FËRIN fGroupe républicain radical et radical-social U te.)

Elu pour la l,e fois le 29 avril 1928. — Réélu les 8 mai 1932 et 3 mai 1936»

La Fédération républicaine radicale et radicale-socialiste de l'arrondissement de Vitry-le-François ayant acclamé de nouveau et a l'unanimité ma candidature à la députation, je viens vous demander le renouvellement du mandat que votre sympathique estime, dont je vous suis reconnaissant, m'a confié deux fois déjà en huit années.

Je crois n’avoir jamais manqué, dans le poste où vous m’avez placé, à mes devoir» envers vous, envers la République, envers la France ; je crois avoir défendu avec vigilance les intérêts de noire arrondissement ; je crois avoir servi sans défaillance le noble idéal de notre grande démocratie : la liberté, la justice et la paix.

À vous de dire si je m'abuse»

Mes chers concitoyens,

La lutte électorale est aujourd'hui particulièrement délicate parce que l'opposition de droite a exploité à outrance contre le régime républicain le désordre économique engendré par une longue guerre, désastreuse par les ruines qu'elle a causées, désastreuse par le vertigineux et imprévu développement du machinisme, dont elle a été l’occasion»

D où la crise, d'où le mécontentement. Et eeüe crise sévit avec plus (^intensité ailleurs que chez nous»

C’est ce que l'opposition ne veut pas reconnaître* Elle ne cherche qu'à profiter de la confusion qu'elle crée et de l'agitation qu'elle soulève et entretient, en exploitant non seule»

mcnl la crise dont elle rend le Parlement responsable, mais encore un scandale quelle a tiré d une affaire judiciaire et dont elle a essayé vainement de se faire une arme contre le régime et les républicains. C est ainsi qu’elle a déclenché une émeute qui lui a permis de reprendre une parcelle du pouvoir dans un Gouvernement de trêve où la trêve était à sens unique au bénéfice de la droite.

De sorte que, pendant quatre ans, à gauche, on a dû se préoccuper de mettre hors d'atteinte le parlementarisme et les libertés, se résigner, en s’exposant h la désaffection du peuple, à subir des mesures qu’on présentait comme devant sauver le pays de la ruine et la République dFun péril mortel.

De tout cela, le suffrage universel, épris de justice, tiendra compte au moment de rendre son verdict.

J ai été de ceux qui oui refusé de suivre le ^Gouvernement quand, sous prétexte de redresser la situation, il exagérait les sacrifices demandés aux plus humbles tandis que les privilégiés étaient relativement épargnés,

J ai été de ceux qui ont essayé de mettre un terme à la détresse inouïe de nos agri cul Leurs.

La crise agricole atteint la moitié de la population laborieuse de la France. Il faut la conjurer, coûte que coûte, et sans délai. Mais elle ne peut l’être par les moyens ordinaires employés avec succès il y a une cinquantaine d'années, encore bien moins par la violence et 1 émeute que conseillent à nos ruraux les excitateurs au service des partis politiques de droite.

La crise agricole sévit partout dans le monde y il Jaudrait qu’elle fut résolue partout selon un plan concerté entre toutes les nations*

Mais d abord, chez nous, il faut défendre nos agriculteurs qui ne reçoivent même plus la juste rémunération de leur pénible travail, contre la dévalorisation de leurs produits, contre la spéculation malhonnête qui est une des causes de 3a dévalorisation, contre les mélaits de l'admission temporaire qui est un des moyens de fraude.

Mesures immédiates, mais il faut aller plus avant dans la défense de l'agriculture, et cette défense sera définitivement assurée par une solide organisation professionnelle des terriens.

\ ous me permettrez de rappeler ici que j'avais envisagé un commencement d’exécution de cette organisation avec ma proposition qui remettait aux représentants autorisés des agriculteurs le soin de régler 1 importation et; l’exportation des céréales et de fixer un cours équitable, pour le blé notamment.

A faudra que la Chambre nouvelle reprenne et poursuive, jusqu'à la réussite finale, k création de cette organisation à réaliser dans Ton îon de tous les travailleurs de la terre désireux d obtenir, dans le calme et dans l'ordre républicain, leur droit naturel à la vie et au bien-être, sans faire tort aux travailleurs des autres branches de la production française. Ce q u ils veulent, en effet, ce n’est pas bénéficier d'une situation privilégiée, mais c'est rétablir 1 équilibre et J harmonie entre l'industrie, le commerce et i’agrieulture dans l'intérêt du pays tout entier, la prospérité de î’mi commandant la prospérité des autres et réciproquement. Et c est précisément parce que cet équilibre a été détruit que la crise sévit.

L organisation professionnelle de l'agriculture s'impose donc, U faudra en doter nos ruraux sans délai. Ce sera le grand devoir de la prochaine législature et je ne le perdrai pas de vue si vous me faites l'honneur de continuer mon mandat.

Dans la prochaine législature, il nous faudra songer à la réforme de l’Etat, qui, par 1 amélioration des méthodes parlementaires, assurera h stabilité ministérielle — à une réiorme administrative qui donnera aux fonctionnaires dignité et sécurité — à une réforme

du système fiscal accablant pour la production et* par incidence* pour le consommateur — à la réforme de renseignement par ^organisation de l’enseignement technique à l'école selon les besoins locaux et par Inorganisation sérieuse de renseignement post-scolaire — au développement de l'éducation physique, de l’hygiène sociale dans ses multiples buts, des œuvres d’assistance aux vieillards, à la maternité, à l’enfance — au développement des œuvres qui tendent à la protection du travail et à l’amélioration des conditions dJ existence des ouvriers — à la renaissance de l’artisanat et, notamment, de l'artisanat rural — à respecter les droits des anciens combattants et victimes de la guerre, les droits des retraités et petits rentiers — à donner un statut aux mutilés du travail — à protéger f épargne contre les requins de la finance — à rendre leur prospérité au commerce et à l’industrie par des lois appropriées et aussi, je tiens à le dire, à assurer la défense nationale, non dans un but de^provocation, mais pour préserver notre cher pays, tant éprouvé déjà, contre toute nouvelle agression*

Vous serez également d'accord avec moi, mes chers Concitoyens, pour exiger une application rigoureuse des lois de laïcité et interdire aux ligues factieuses, quelles qif elles soient, de troubler l’ordre et menacer la République* La République accorde à tous les citoyens toutes les libertés, excepté celle de l’émeute.

Quand nous aurons eu raison de la crise, quand, du moins, nous l’aurons sensiblement atténuée, tout deviendra plus facile*

Enfin, il faudra s’attacher, sans se lasser, à construire solidement l'oeuvre de la paix par la sécurité collective organisée dans le cadre de la Société des Nations.

Tel est, mes chers Concitoyens, le programme que je soumets à votre appréciation, programme républicain de liberté, de justice et de paix.

J’espère que vous l’approuverez par vos suffrages et que vous me ferez confiance, pour la défense des idées démocratiques auxquelles je resterai inébranlablement fidèle*

C’est dans cet esprit que je fais appel à tous les républicains soucieux de barrer la roule au fascisme et à toutes les dictatures*

Vive la République démocratique et sociale 3

Vive l1 arrondisse ment de Vitry-Je-François !

Vive la paix î

Raymond F FRI N

Député sortant.

Maire de Sermaize-le s-B aî n s.*

Vice-Président du Conseil général de la Marne,

Candidat du parti républicain radical et radical-socialiste*

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