‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 14 sur 244 · AUDE · texte numérisé non relu

AUDE

Liste socialiste . . . . . .

Liste d’entente du Rassemblement des gauches républicaines et du parti républicain, radical et radical- socialiste . 4 .

Liste socialiste* * .

Liste d’action économique, paysanne et familiale, présentée par le M. R. P .

M. Georges Guille (S, F* L O*).

M. Alexis Fabre {R. S.)*

M* Francis Vais (S* F. I. O*)*

M, F Abbé Albert Gau (M* R* P.)*

L'appel du parti socialiste.

Liste apparmtéê avec les listes i

À* — Liste d'entente du Rassemblement 4e$ gaxtckes républicaines et parti républicain radical et ra dica l-socialiste*

5* — JJste d'action économique, paysanne et familiale , présentée par le M. Ii. P.

« La République est en danger, s’écriait Léon Blum, le 21 novembre 1947, la République qui, pour nous, s’identifie avec la patrie, les libertés civiques, la paix publique, la paix tout court, sont menacées. »

Le danger, depuis lors, s'est accru. D’une part, le communisme stalinien fait la guerre à la démocratie et ses partisans en France menacent la République* D’autre part, le néo~gauL lisme proclame la volonté de détruire le régime républicain, c’est-à-dire de dessaisir les citoyens de leur souveraineté.

Contre la menace d’agression extérieure, contre le double danger de subversion intérieure du gaullisme et du communisme, le parti socialiste appelle Françaises et Français à défendre l’indépendance nationale, îa liberté et la démocratie.

Sur le plan extérieur, il s'oppose à toute atteinte à l’indépendance nationale ; il entend préserver le pays de toute menace dirigée contre son intégrité territoriale*

Sur le plan intérieur, il combat ceux qui souhaiteraient livrer le pays à un envahisseur étranger comme ceux qui voudraient l'isoler dans un monde où la solidarité internationale et la sécurité collective peuvent seules préserver la paix.

La liberté est la condition du développement du socialisme* Mais il n'y a pas de véritable liberté là où n'existe pas la justice sociale.

Depuis cinq ans, au milieu des difficultés multiples nées de la guerre, de l'occupation et de ses conséquences, le parti socialiste a tout fait pour préserver les conditions de vie des travailleurs en collaborant à la reconstruction et au relèvement du pays, en améliorant la législation sociale, en jetant les premières bases d’une véritable démocratie économique.

L'œuvre réalisée est considérable* Malgré les ruines, les destructions et les pillages, F économie du pays a repris son cours normal* Nos voies de communication ont été rétablies, nos ports, nos usines, nos bâtiments publics reconstruits, notre industrie et notre agriculture partiellement rééquipées, La production a dépassé le plus haut niveau atteint avant la guerre ; notre balance commerciale est en équilibre. Notre pays a repris son rang dans le monde.

L'agression en Corée, par l'inquiétude et la hausse du prix des matières premières qu’elle a entraînées, a remis en cause une stabilité monétaire que nous étions près d'atteindre et nous a obligés â augmenter les dépenses nécessaires pour assurer notre sécurité.

Le parti socialiste, conscient que la menace qui s'exerce contre nos libertés peut revêtir aussi bien la forme de la guerre ouverte tjue celle de la désagrégation intérieure^ entend à la fois défendre le monde libre contre toute attaque et lutter contre la misère. Maintenir et améliorer le niveau de vie des travailleurs de toutes catégories constituent un élément fondamental du combat pour la liberté.

C'est dans cet esprit que le parti socialiste estime nécessaire de prévoir un certain nombre de mesures destinées à améliorer la production et la répartition dans notre pays, La victoire du parti socialiste, T accroisse ment de son rayonnement sont la condition de la mise en application de ces mesures.

Devant la difficulté des problèmes à résoudre, devant les menaces dirigées contre les libertés publiques, il se pose en défenseur des traditions républicaines et en bâtisseur d’un avenir meilleur pour l'ensemble clés travailleurs, f

Seul, il défend à la fois les droits essentiels de l'individu, la laïcité de l’Etat, le progrès social, la paix dans V indépendance nationale.

Il est ainsi le seul espoir de tous ces Français que des propagandes fascistes sous l'appellation communiste ou gaulliste, cherchent vainement à tromper et à décourager.

Il appelle les travailleurs des villes et des champs, manuels et intellectuels, à seconder par leur effort et leur appui enthousiaste l’œuvre de régénération sociale qu'il veut entreprendre pour le bien du pays.

La bataille électorale, c'est pour lui la bataille pour la paix, pour la France, pour la République et pour le socialisme.

Vu î

Les candidats :

' GUILLE Geôles MILHAU Lucien

Député de PÀude, Secrétaire de la Fédération socialiste.

VÀLS Francis TIRÀND Joseph

Président du Conseil gén é raî . C onséi 1 1 er gén éra I ,

Liste d’entente du Rassemblement des Gauches républicaines

et du Parti républicain. Radical et Radical' Socialiste- /

Apparentée d kl Liste du Parti socialiste S , F . /. 0. et à la Liste d' Action économique, paysanne et familiale présentée par le M. H. Pm

Citoyennes, Citoyens,

Le 17 juin prochain* vous allez désigner vos représentants à F Assemblée Nationale*

Le vote que vous êtes appelés à émettre est d’une importance capitale pour la sécurité et l'avenir de notre pays* dont l'intérêt pour nous se confond avec celui de la Démocratie et de la République.

Vous allez voler avec une loi mauvaise, que nous avons combattue, que nous avons tout fait pour éviter, car nous sommes plus que jamais attachés au scrutin d’arrondissement à deux tours.

Mais, en attendant, il faut nous battre avec la loi et avec les armes qu’elle nous donne* Or, le premier devoir pour des républicains et des patriotes, c’est de barrer h route aux fauteurs de troubles et de désordres, et d’écarfer le danger que feraient courir au régime démocratique et à la paix, soit les dictatures de classe, soit les aventures du pouvoir personnel.

C’est pour atteindre ce but que nous avons cru devoir nous apparenter à des partis dont les programmes, sur certains points, sont en contradiction avec le nôtre, mais qui, du moins, ont ceci de commun avec nous, qu'ils veulent assurer la sauvegarde de la République, de Tordre et de la paix.

L’apparentement a fait si souvent Fobjet d'interprétations inexactes que nous voulons très brièvement en discuter avec vous.

S'apparenter, ce n’est pas fusionner, ce n'est pas renoncer, meme un peu, à son programme* c’est dire « non « ensemble à un ennemi commun. Comme l'a fort bien expliqué M. Emile Borel, dans La Dépêche de Toulouse , avec le système d’apparentement, l'électeur vote librement pour la liste de son choix. Les listes apparentées peuvent et doivent se combattre, comme elles se sont combattues aux élections précédentes, chacune d’elles ayant intérêt à obtenir îe plus grand nombre de sièges. Les sièges seront en effet, si l’ensemble des listes apparentées obtient la majorité absolue, répartis entre ces listes suivant les règles de la proportionnelle. Celui qui vote pour une des listes contribue ainsi, par son suffrage* à augmenter le nombre de sièges accordé à cette liste et, en même temps, à diminuer le nombre de sièges attribué aux autres listes apparentées avec elle. Mais, en même temps, il aboutit à battre les adversaires du régime* c’est-à-dire à nous épargner une révolution dont nous n’avons pas besoin.

11 faut bien vous pénétrer de cette idée que l'apparentement est, à l’heure actuelle, le moyen le plus sûr, Je plus efficace de battre le communisme et de s'opposer à l’instauration lun régime pébisci taire, qui aboutirait au renversement de la République.

La place nous manque pour vous exposer dans le détail toutes les réformes dont nous sommes fermement disposés à poursuivre la réalisation. Nous ne ferons qu’énumérer celles que nous considérons comme les plus importantes et les plus urgentes. Ce sont :

Sur le plan politique.

D’abord, la Réforme électorale, par l’adoption du scrutin d’arrondissement à deux tours, seul capable de dégager une majorité de gouvernement stable et homogène^y

Ensuite, îa Réforme de la Constitution, avec, notamment, le rétablistement du décret de clôture, la suppression de l’absurde procédure nécessitée par l’investiture du Président

du Conseil, l'extension des pouvoirs accordés au Conseil dç la République, en matière législative et financière, afin qu'il puisse, à l'instar de l'ancien Sénat, jouer le rôle qui lui était dévolu, non seulement de Chambre de réflexion, mais de Grand conseil des communes de France,

Sua le plan économique.

La protection des libres entreprises du commerce, de l'industrie et de l'artisanat. Peur le Parti radical, c’est lorsque le patron a l'initiative de ses efiorts et la responsabilité de son entreprise que le rendement est le meilleur l

Nous n'avons cessé de nous élever contre l'emprise du dirigisme, contre les contraintes policières génératrices du marché noir et contre la suspicion qu'on faisait peser sur les commerçants honnêtes.

Notre parti a été le premier à se rendre compte que les expériences les plus généreuses menaçaient d'affaiblir l’économie de notre pays et d'aggraver nos maux. C'est pourquoi il a demandé et obtenu, le 12 février 1947, au lendemain de la constitution d'un gouvernement ou, pour la première fois, entraient des radicaux, une déclaration formelle du Président du Conseil qu il n'envisageait pas de nouvelles nationalisations*

Sur le plan financier.

Nous voulons alléger les charges fiscales qui pèsent sur la production, réduire la part imposée par 1 Etat dans le prix de revient, par la réduction de l'impôt, car l'excès de la fiscalité, la progressivité de l’impôt, tuent l'esprit d'entreprise en tuant le profit.

Nous sommes hostiles à la patente, cet impôt archaïque, qui est le plus mauvais impôt de répartition, et tout à fait favorables, au contraire, à une politique d'équipement des petites et moyennes entreprises, en leur accordant de très larges facilités de crédit.

Mais pour conjurer la crise qui nous étreint tout en parachevant la reconstruction de la France, une nécessite impérieuse s impose : il faut arrêter toutes les hémorragies, supprimer les gaspillages, réaliser des économies massives dans les secteurs nationalisés, ou seminationalisés, procéder à une refonte complète de la Sécurité sociale, s'attacher à faire baisser le coût de la vie et à augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs*

Sur le plan social.

Nous sommes partisans delà propriété, de l'initiative privée et de l'entreprise libre* Dans la recherche du mieux-être des travailleurs, nous voulons favoriser leur accession à la propriété et à la gestion des entreprises, par la participation aux bénéfices et au moyen d’actions de travail. L'un des nôtres, M. André Morice, a mis au point un projet de loi dans ce sens.

Sur la politique extérieure et la défense nationale.

Nous ne devons pas oublier que le plan Marshall a rendu à la France les plus grands services et lui a permis de remettre en ordre son industrie, frustrant ainsi le Parti communiste de son espérance de conquérir le pouvoir, en profitant de la lassitude et de la misère des Français.

La preuve est ainsi faite que la prospérité et la sécurité de notre pays sont solidaires c a sécurité et de la prospérité de l’Europe. L une et l'autre exigent de nous de très lourds sacrifices. Devant les armements massifs et modernes accumulés par l'Union Soviétique et et .menaces que ceux-ci font peser sur les peuples libres, notre pays a dû adopter sur une echelte encore bien réduite par rapport aux Etats-Unis, un programme de réarmement qui a tait 1 objet de la loi du 8 janvier 1951*

Assurer la paix par la défense nationale, tel est le devoir.

Citoyennes, Citoyens,

Conscients de l’importance du monde agricole dans 1 économie française, nous apporterons notre concours le plus dévoue à la paysannerie française et singulièrement aux agriculteurs et aux viticulteurs de notre département en assurant le prix de revient de leurs produits, fruit de leur travail.

Notre sollicitude s’étendra aux anciens combattants, aux prisonniers et aux victimes de la guerre. Pour eux, aussi bien que pour les veuves de guerre, il ne saurait etre question d’économies*

Les serviteurs de l’Etat, les fonctionnaires, les retraités, les petits rentiers, peuvent compter sur notre sympathie agissante, car nous voulons améliorer leur situation.

Nous nous pencherons avec humanité sur les mutiles du travail, les économiquement faibles, tous ceux que frappent la maladie et les coups du sort,

La jeunesse et la santé de la race ne sauraient laisser indifférent notre grand parti. Nous leur témoignerons un intérêt efficace par le développement de l'enseignement technique, la construction de terrains sportifs, de stades, de gymnases, etc.

Tel est, forcément résumé, le programme que nous soumettons à vos libres suffrages. Au-dessus de toutes les préoccupations subalternes, il nous paraît de nature à réunir autour de notre parti, tous les sincères républicains, tous les ardents patriotes, qui veulent permettre à la France de vivre, de travailler et de se développer dans 1 ordre et dans la paix.

Va :

Les candi dais :

Alexis FABRE.

Propriétaire-viticulteur* — Député sortant*

Antoine ARN AL*

Adjoint au maire de Carcassonne* — Propriétaire agriculteur-viticulteur.

Croix do guerre de la Bêsfatance*

Charles G LA RO U*

Ingénieur agronome, — Chevalier de la Légion dThonncur*

Antoine AMIEL.

Avocat* — Diplômé des Sciences politiques.

Liste d' Action économique* Paysanne et Familiale présentée par le M» R. P*

Apparentée aux listes Socialiste S. P. FO. et d'entente du- Rassemblement des gauches républicaines

* et du parti Républicain radical et Radical socialiste *

Electrlces, électeurs,

Vous n’etes pas contents.

Mais vous ne voulez; pas voter communiste parce que vous ne voulez pas être russifiés.

Vous ne voterez pas non plus R, P, F,, car R. P. F* = Dictature, aventure et communisme à terme’

Ne votez pas pour la liste des <r Indépendants et Paysans )) qui vient dans FÂude diviser les agriculteurs.

Votez utile.

Vous qui pensez que les valeurs spirituelles conservent toute leur importance aujourd'hui. Que toutes les libertés, et, en particulier, la liberté scolaire, doivent être maintenues (le M, R. P. fut le seul à mener ce combat.)

Vous qui aspirez au règne de îa paix et de la justice sociale, accordez votre suffrage à ceux qui ont la préoccupation de les établir en rejetant la lutte des classes*

Paysans, ne vous laissez pas prendre par de vagues et vaines promesses ; donnez votre suffrage aux représentants qui ont su et sauront défendre au sein des commissions parlementaires et au Parlement vos intérêts et votre idéal.

Ne dispersez pas vos voix.

Votez efficace.

Votez M, R. P,

Vu :

Les candidats t Abbé Albert GAU,

Député sortant* - — Président de îa Commissiou des boissons.

Jacques REYNES,

Industrie]. — Adjoint au Maire do Carcassonne,

Henri SâBADIE,

Croix de Guerre. — Chevalier du Mérite agricole, — Agriculteur, — Président de la Cave coopérative d’Arzens»

Guy ROUANET,

Docteur en médecine. — Cor sellier municipal de Narbonne*

Page 1