‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 15 sur 244 · AVEYRON · texte numérisé non relu

AVEYRON

Liste des républicains indépentants et

paysans * * * . . * . . M. Emmanuel Temple (RJ).

Liste d’action sociale, familiale et

rurale présentée par le M.R.P . . , , , M. Jean Solinhac (M.R.P.),

Liste des républicains indépendants

et paysans . * , * . . . . M. Roland B os cary- Mousser vin (R. L),

M* Robert Laurens (C.R.À.P.S.).

Liste des Républicains indépendants et Paysans.

Union des Indépendants paysans et Républicains nationaux apparentée au Mouvement républicain populaire et au Rassemblement des gauches républicaines.

. Electrices, électeurs de l'Aveyron,

Une vague d'inquiétude et de mécontentement déferle sur notre pays. L'une et l’autre sont, hélas, justifiés.

Les causes, trop certaines, en ont été dénoncées et prévues par les républicains indépendants et paysans : notamment système triparti te dans lequel les communistes ont gou^ verné avec ceux qui se dressent aujourd'hui contre eux, gabegie éhontée et pillage des fonds publics, atteintes répétées au droit de propriété, nationalisations pratiquées sans la moindre prudence — créant dans l’Etat de véritables petits états peu soucieux de l'équilibre de leur budget que le contribuable sera là pour assurer — tout cela et le reste dominé par un esprit partisan qui a aggravé les conséquences des erreurs commises tout en assurant leur continuation.

11 serait trop facile d’insister. Devant la gravité de l’heure cependant nous voulons seulement rappeler nos avertissements et tenter, s’il en est temps encore, de réparer les fautes commises depuis 1945 par des hommes quelquefois sincères, parfois même généreux, mais plus souvent aveuglés par la mystique que leur imposaient les partis monolithiques dont ils se réclamaient.

Ceci dit, il faut regarder la situation en face, mesurer Les dangers qui nous menacent, et en outre mettre en garde les électeurs contre leur propre réaction qui, si elle s’exerçait sans discernement, pourrait amener le pire. 11 faut que ça change, sans doute, mais en mieux- *

Sur le plan extérieur un terrible danger pèse sur nous ; d'en avoir tant côtoyé depuis dix ans, le Français finit, sinon par l'oublier, du moins par le minimiser. Disons simplement les manifestations angoissantes de la volonté des maîtres du Kremlin d’imposer, sous le couvert de la révolution mondiale, les desseins de l’éternel impérialisme russe. Evoquons

rapidement les chiffres trop connus des forces immenses maintenues sur le pied de guerre, les interventions ouvertes ou cachées qui ne cessent de se produire depuis la Corée jusqu’à Prague s en passant par notre Indochine. L'Europe et l’Asie sont immédiatement et directement menacées et, avec elles, notre civilisation, nos libertés,, .

Cette situation a commandé certains rapprochements. Si la loi électorale est loin de nous satisfaire elle existe et il faut l'utiliser au mieux. Sans rien abandonner de nos principes, de notre idéal, nous avons accepté de nous « apparenter j> avec ceux qui, sur quelque point i avaient avec nous des conceptions communes. Nos amis, nos électeurs peuvent et doivent voter pour nous, pour nos idées — rien que pour elles. Le rapprochement avec d'autres candidats permettra seulement, c'est son unique but et il n'aura pas d'autres effets, d'écarter ceux qui, sur le terrain de la doctrine, nous sont sur tous les point s étrangers.

L’abstention ou le vote de mauvaise humeur, en empêchant d’atteindre la majorité absolue, feraient directement le jeu du communisme.

Née sous le signe monstrueux du tripartisme, l'Assemblée qui s'en va était vouée h l'échec* Indépendants et paysans, dans la deuxième partie de la législature, avons aidé une majorité différente à se dégager ; ce n'était point, loin de là, parfait, mais nous avons le sentiment que nous avons, ainsi, évité le pire.

Trop peu nombreux, nous n’avons pu obtenir que soit concrétisée l'expression la plus haute da la liberté de pensée, c'est-à-dire la possibilité donnée b l’enseignement libre de vivre ; ces efforts cependant permettent déjà de deviner le point on se rencontreront croyants et incroyants dans une entente digne de la conscience française.

Nous n'avons pu d avantage, et pour la meme cause, lutter efficacement contre lesabus d’une superfiscalité envahissante, contre l’impôt excessif qui se dévore lui-même. Certes, il faut envisager courageusement les charges qui seront celles d'une France voulant apporter la contribution qu’elle doit à la défense contre l'ennemi commun.

Mais nous croyons toujours que Ja sage Administration des Finances de l’Etat, l'ordre remis dans la gestion des organismes para-étatiques, la répression impitoyable des abus, la suppression des privilèges doivent permettre de faire face à ces charges sans demander un sacrifice supplémentaire qui serait intolérable. m

Nous croyons aussi que seule cette politique d'économie et d'équilibre peut permettre un véritable progrès social et une vie meilleure pour tous : à quoi servent en effet — les travailleurs et les vieux notamment le savent bien — une augmentation périodique des salaires, des retraites si l’incurie, la faiblesse et, disons le mot, la démagogie entraînent une ascension plus rapide et plus accentuée des prix?

À tous nous demandons de réfléchir, de penser que les autres nations, dont la coopération est indispensable au salut de la patrie, nous observent et nous jugent.

Aux femmes de se souvenir qu'un foyer n’est heureux que dans l'ordre, la sagesse, la juste et nécessaire rémunération du travail*

Aux jeunes de voir que derrière les mirages et les promesses, d'autant plus impudentes qu’elles émanent de ceux qui ont fait et font nos malheurs, il n’y a que la guerre civile et étrangère, et pour les survivants le dur travail sans liberté...

Sans cris, menaces ou injures, les républicains indépendants et paysans vous affirment que tous leurs efforts tendront à assurer dans la paix et le respect des libertés essentielles, le mieux-être et l'union de tous. Il vous appartient de leur permettre de constituer demain, à l’Assemblée, un groupe plus nombreux et plus puissant, capable de concrétiser utilement ces efforts.

No ire programme * ,

Liberté de pensée.

Liberté de renseignement et recherche d’un statut de l’enseignement libre qui lui permette de vivre. — Révision de la Constitution. — Nouveau système électoral. — Liberté fie la presse.

Développement de l’économie française.

Retour au respect du droit de propriété, support nécessaire de la liberté. Lutte contre la superfiscalité, — Nouveau système fiscal moins lourd, plus équitable et plus clair, — Politique de crédit par les banques qui doivent reprendre leur rôle bienfaisant et stimulant d'autrefois, * .

Politique agricole.

Assurer le juste prix des produits agricoles pour garantir à l'agriculteur et à l'éleveur un bénéfice vital. Atténuer la disparité entre les prix agricoles et industriels.

Politique d’équipement et d’outillage rural.

Chemins, adduction d'eau, électrification, outîlage agricole. Aménagement de l'habitat pour donner plus de facilités aux maîtresses de maison dont la tâche est souvent écrasante.

Politique sociale.

Minimum vital régulièrement suivi et assuré pour tous, travailleurs ou pensionnés, retraités,. petits rentiers et surtout les vieillards. — Politique de reconstruction pour supprimer le taudis. — Protection de l'enfance. — Amélioration progressive des avantages faits aux anciens combattants, aux anciens prisonniers et aux déportés, — Politique de santé et du développement physique de la jeunesse, terrains de sport, foyers ruraux.

Politique de défense et de sécurité.

Assurer fermement notre défense nationale mais avoir le souci constant de rechercher tous les moyens d'assurer la paix.

Emmanuel TEMPLE,

Député sortant. — Président du Groupe des républicains indépendants M'Assemblée Nationale Commandeur de la Légion d'honneur. — Croix de guerre. — S fois cité,

Roland BOSCàRY-MONSSERVÏN,

Avocat, propriétaire exploitant.

Président de la Société centrale d'agriculture de P Aveyron.

Chevalier de la Légion d'honneur, — Croix de guerre 1945.

Robert L AU RENS,

Agriculteur. Maire de Lacroix-Barres.

Alphonse LAZUECH, .

Commerçant. — Conseiller général de Mon ib areu s.

Les sénateurs indépendants de l'Aveyron affirment leur adhésion totale au programme énoncé par les candidats, leur solidarité et leur complète communauté de vues avec eux.

Docteur Raymond BÛNNEFOUS.

Jean MAROGER.

Liste d’Action sociale, familiale et rurale, présentée par le M R P-

Electrices, Electeurs,

VOTEH POUR LE M* R. P*

C’est voter pour la famille et ce que nous réclamons pour elle :

— parité des allocations familiales ;

— justice scolaire effective ;

— construction des logements ;

— Défense de la propriété bâtie, etc.

C’est voter pour les classes populaires,

C’est voter pour les petites et moyennes entreprises,

C’est voter pour la paysannerie,

C’est voter pour les jeunes,

C’est voter pour la justice sociale.

C'est voter pour la paix.

C'est approuver la politique :

— extérieure de R, Schuman ;

— agricole de P* Pflimlin ;

™ sociale de P, Bacon,

Votez pour nos candidats :

Dr Jean SOLINHAC,

Député sortant, — ConBeiUer général. Maire d’Esp&Uon. — Ancien combattant 1939-1945*

René JÀYR,

Agriculteur-exploitant, — Ancien combattant 19394945. — Conseiller général.

Adjoint au maire de Villefranche-de-Rouergue,

Charles DUTHE1L, *

Vice-Président du Conseil général. — Maire de Millau* — Ancien combattant 19H et 1945.

Mme V. LÀURUOL,

Veuve de guerre, — Mère de sept- enfants. — Conseillère municipale de Rodez.

L’heure est grave, C'est un problème de civilisation qui se pose à Véchelle du monde, La nation doit choisir.

Le vote est un devoir, l'abstention, une trahison!

Nous demandons à tous les électeurs et à toutes les électrices en particulier de comprendre l’absolue nécessité de voter. Une femme, veuve de guerre, mère de famille, accepte de poser sa candidature dans notre liste. Aucune espèce d’ambition, politique ou autre, vous pouvez nous croire, ne la guide, veuve, elle a chez elle, avec sa nombreuse famille, des charges aussi lourdes que celles de n’importe quelle femme. Vous permettrez que nous vous la citions en exemple pour qu’aussi bien dans les campagnes qu’en ville, pas une seule iemme puisse invoquer un faux prétexte pour se dispenser de voter. Dites-vous aussi, dans

la situation présente que toute voix qui s'écartera des listes apparentées, sera une voix qui contribuera h faire élire le communiste.

Pour être efficace, votez liste entière.

Pour barrer la route à la dictature.

Votez utile, votez M. K, P.

Aux élections de novembre 1946, vous avez fait confiance au M.R.P. , vous lui avez accordé la première place en Rouergue : le M. R. P. n'a pas failli à sa mission.

Chargé de vous représenter, j 'ai lutté :

— pour défendre les libertés qui nous sont chères, et en particulier, la liberté d'enseignement ;

— pour faire respecter le droit de propriété et triompher les droits de la famille ;

— pour assurer plus de justice sociale dans le respect des libertés individuelles.

Je me suis opposé à toute aggravation de la fiscalité ; seule une réforme fiscale et administrative, proposée par le M.R,P,, et toujours repoussée, pourra permettre une marche normale de l'Etat,

À ceux qui pourraient prétendre que j'ai oublié les agriculteurs et les anciens combattants, je réponds ;

Agriculteurs :

Je suis intervenu et j'ai obtenu pour vos produits des débouchés à l'exportation ; jTai obtenu le relèvement des crédits pour Y équipement agricole (adduction d'eau, électrification, chemins, habitat rural) ; jTai demandé la création d’une caisse nationale de crédit en vue de financer les travaux d'adduction d'eau pour nos campagnes ; j’ai, à plusieurs reprises, sollicité l’aide de fEtat pour les cultivateurs victimes de calamités agricoles. J'ai toujours réclamé la parité des prestations familiales plus spécialement en agriculture.

Anciens combattants et victimes de la guerre :

J'ai toujours soutenu vos demandes en accord avec vos organisations nationales. Comme récrivait le Président Nouveau des amputés de guerre ; « le pacte d'honneur a été tenu, la parité acquise^ et le rapport constant assuré »,

Chaque jour un courrier imposant et de nombreuses visites d’Aveyronnais m'ont permis de connaître les préoccupations de chacun. Je me suis eflorcé de rendre service à tous sans distinction d'opinion politique et de défendre auprès des pouvoirs publics les intérêts de notre beau département.

C'est avec foi et confiance que j5ai travaillé pour notre Rouergue et pour la France,

Dp SOLINHÂC. -

P. S. — Placeurs électeurs m'ont domandê si fétaîs partisan du panachage. Mon vole i pour & (scrutin n* 3750 : pour, 81 ; contre, 477) prouve que j’ai été Tun des rares députés à vouloir le panachage sans restriction, laissant ainsi à rélecteur le libre cim du député.

Celle liste est apparentée à la liste présentée par V Union des indépendants , des paysans et des républicains nationaux et â la liste présentée par le Rassemblement des gauches républicaines ,

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