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Ni les sommations des uns, ni les mensonges des autres ne sauraient rien changer à la réalité des faits: l’enjeu véritable reste tel que l’avait défini Léon Blum dès le 21 novembre 1947 :
« La République qui, pour nous, s’identifie avec la patrie, les libertés civiques, la paix publique, la paix tout court sont menacées.
« Le danger est double : d’une part, le communisme international a ouvertement déclaré la guerre à la démocratie française ; d’autre part, il s’est constitué en France un parti dont l’objectif — et peut-être l’objectif unique — est de dessaisir la souveraineté nationale de ses droits fondamentaux B. »
Pourquoi les apparentements ?
A cause de ce double péri], et pour le conjurer à tout prix, des hommes, par ailleurs opposés ou rivaux et qui n’entendent rien abdiquer de leurs conceptions, do leur doctrine, de leur idéal, ont ensemble décidé d’apparenter leurs listes parce qu’ils ont en commun ce trait essentiel de vouloir maintenir et préserver les institutions de la République, de vouloir vivre, ce qui signifie agir, ce qui signifie également se combattre, dans Je respect de la loi française et de la liberté qu’elle énonce et qu’elle garantit. Ce faisant, ils répondent au vœu ardent de Leon Blum en sa déclaration du 21 novembre 1Ô47 :
«T Tl faut tenter de rallier tous les républicains, tous ceux qui se refusent à subir la dictature impersonnelle, non pas du prolétariat mais d’un parti politique * — tous ceux qui se refusent à chercher un recours contre ce péril dans le pouvoir personnel d’un homme* L’expérience l’a montré, la forme la plus sure de la défense républicaine est de rendre manifeste l'autorité de l'Etat pépqblipam, d’imposer une discipline et une coordination à toutes les administrations publiques, d’assurer le fonctionnement régulier et efficace des organismes constitutionnels, de garantir la continuité de la vie économique ; défendre la République, c’est montrer avant tout que la République continue. »
Dès lors s’excluent des apparentements ceux qui visent à détruire par la violence ou le coup de force l’Etat républicain, îe Gouvernement parlementaire qui en est l’expression, ïe Parlement lui-même* Le vieux mot de Thiers demeure vrai : la République est le gouver¬
nement qui nous divise le moins.
Leurs arguments et les nôtres :
A ceux — gaullistes nouveau genre et staliniens de toujours — qui hurlent au « truquage électoral », nous répondons :
— Aux premiers, que les partisans du pouvoir personnel n’ont point de leçon à nous f
'donner : au Rassemblement des généraux et des marquis, nous opposons un Rassemblement qui préservera le pays du pire,
— Aux seconds, partisans d’un régime qui abolit les élections libres, impose la liste unique et procède à réparation préalable des candidats et des électeurs en tous pays où ce régime est instauré, que leur « indignation h nous réjouit et, par avance, nous justifie :
— Aux uns comme aux autres, que le principe majoritaire est d'essence républicaine et que la loi électorale, rétablissant par le panachage la possibilité du choix personnel, laisse en outre h chaque citoyen l'entière faculté de choisir en pleine indépendance entre des listes distinctes^
Les socialistes n'oublibnt bien.
Ni ^obligation d’obtenir une plus juste répartition du revenu national et d’aasmrer à l'ensemble des travailleurs, par le jeu honnête des conventions collectives, une rémunération qui ne soit pas sans cesse amenuisée par d'inadmissibles hausses 5
Ni la nécessité de créer un système fiscal capable de juguler la fraude, cette plaie dont notre paya souffre plus qu’aucun autre au monde ;
Ni le besoin de mettre un terme à la lutte fratricide autour de l'école, laquelle ne doit jamais être un Instrument de division ou de discrimination entre les Français* moins encore un enjeu dans la bataille électorale ;
Iis n oublient pas davantage que de Gaulle a donné rendez-vous à ses troupes aux Champs-Elysées, que Du clos, par un article du journal russe Frauda, nous prévient que ce rendez-vous ne sera pas toléré ; nous savons ce que cela veut dire.
L'émeute dans la rue, comme en février 1934, le déferlement de la haine, la guerre civile avec, au bout du compte, l'ordre césarien ou l'ordre stalinien régnant sur notre pays — et l'un appelle F autre — c'est contre çà que nous sommes*
Nous ne serons complices ni des uns ni des autres ; nous voulons et nous défendons la République ; notre attitude n'a pas d’autre mobile, ni d’autre but* Le programme socialiste se fonde d'abord là dessus, et si ce fondement disparaît, les conquêtes sociales s’écroulent, tout nouveau progrès social devient impossible.
* Les candidats dit Parti socialiste S. F. i* Ch :
Jean CAPDEVILLE,
Député à l'Assemblée Nationale*
Roger THIÉpÀULT,
Maire de RétonvaL — Conseiller général du canton de Blangy*
Tony LARUE,
Maîre de Grand- Qnevilly. — Vice-président du Conseil général
Olivier MIÂNNAY,
Maire de Malaun^y*
Emile NEEL,
Ej-Maire de Bobgmllaume.
Pierre LE MEUR,
Secrétaire de la section socialiste de Sûtteville-lès-Rouen.
La liste du Parti socialiste S. F- 1* 0* est apparentée à :
dw parti Républicain radical et Radical socialiste et du Rassemblement des gauches républicaines \
— ta liste du Mouvement républicain populaire ;
— la liste des Républicains indépendants.
Liste du Mouvement républicain populaire.
Apparentée aoec les liste i présentées par l'Union des indépendants , paysans et républicains nationaux , le Parti républicain radical et radical-socialiste et le Rassemblement des gauches républicaines % le Parti socialiste S.F-I.O.
Elcctrices, électeurs,
Le 17 juin vous accomplirez un acte grave. Vous désignerez les députés qui, pendant cinq ansauront la charge des destinées du pays. Vôtre choix sera décisif pour la France, pour la République et pour la paix.
Face aux risques de désordre, un seul devoir : le courage et Tunion.
Les uns vous suggèrent des solutions de facilité, comme si vous aviez oublié le douloureux héritage que cette politique nous a laissé avant 1940 : un outillage vieilli, 350.000 chômeurs, plus de tombes que de berceaux et, pour finir, la honte et les souffrances de l'invasion étrangère.
A la Libération, plus de 2 millions d'immeubles sinistrés (trois fois plus qu'en 1919), les ponts, les ports, les routes, les chemins de fer anéantis, pratiquement plus d'électricité ni de charbon, une production agricole insignifiante, les cartes de ravitaillement, la production réduite à 41 0/0 de celle de 1938, la perspective de plus de 5.000 milliards de francs à trouver pour la réparation des dommagesde guerre.
Tel était l'héritage légué par l'incurie, puis par la guerre et par l'occupation, lorsque le M.R.P. s'est forgé pour se mettre au service de la renaissance nationale.
Les autres vous proposent comme remède le régime soviétique. Les communistes ont beau essayer de séparer de la paix et de la liberté ; vous connaissez leur façon d’agir et leur but : coup de Prague, agression de Corée, asservissement des peuples satellites, anéantissement de toute opposition poliLique oW syndicale, persécution religieuse...
A l'opposé, d'autres, enfin, veulent répondre à la brutalité par la violence, on vous dit : « Plus départis, un homme à poigne o et on dresse immédiatement un nouveau parti, plus exigeant que les autres et qui, refusant l’union, est devenu le plus grand obstacle au véritable rassemblement des Français.
Une simple question : connaissez-vous un seul régime autoritaire qui n’ait pas mal fini ?
Vous le savez, les extrêmes s'appellent et se renforcent; dans la réalité, ils aboutiraient au même résultat, c'est-à-dire aux luttes entre Français, au désordre, à la misère : spectacle rebutant pour nos alliés et encourageant pour ceux qui nous guettent.
Une seule solution : l’union plus que jamais nécessaire, qui doit se réaliser entre hommes libres et non sur la sommation d'un seul. Le M.R.P., pour sa part, n'a cessé de faire appel à la fraternité française. Les preuves, les voici :
En janvier 1946, lorsque le général de Gaulle, déclarant sa tâche terminée, décida, sans préavis, départir, le M*R,P. faisant prévaloir le devoir sur l'intérêt électoral, demeura au pouvoir pour éviter un gouvernement à direction communiste.
Cette décision se révéla vite bienFaisante : dès l’année suivante, en mai 1947, les communistes — appelés au Conseil des Ministres, pour la première fois dansThisloire de France, par le général de Gaulle dès son arrivée à Alger — furent chassés du Gouvernement grâce à la pression exercée par les Ministres et les parlementaires M . R. P.
Eu novembre 1947, alors que le Koniinform donnait en France et en Italie l'ordre de grève générale, Robert Schuman, prenant courageusement et calmement la charge du Gouvernement, a sauvé le pays de l'insurrection,
Le M.R.P, a évité le pire.
Après de tels services rendus au pays, qui peut douter que le M,R,P. Rengagera, dans la prochaine Assemblée, toutes ses forces pour défendre la liberté, F indépendance nationale et la paix ?
C'est avec la même résolution qu 'aujourd'hui, dans notre circonscription, le M.R.P, s’est associé, par TapparenlerHènL à tous les partis républicains qui veulent établir au Parlement une digue capable de résister au sabotage stalinien y y Les programmes des quatre listes apparentées sont assez différents pour que chacun puisse voter suivant ses préférences et sa conscience. Si, comme nous vous le demandons, le total des voix recueillies par les quatre listes apparentées atteint la majorité absolue des votants, la circonscription n'enverra à l1 Assemblée Nationale aucun élu communiste. Tel est l’atout que l'apparentement met entre vos mains *^Tel est l’enjeu de voire vote du 17 juin .
Oui ! la France se relève, mais il faut poursuivre l'effort.
Depuis cinq ans, un premier relèvement, très considérable, s'est accompli.' Il iio s'est tout de même pas fait tout seul. Que chacun mesure le chemin parcouru 1
Ceux qui, avec le M,R.P., ont travaillé sur le chantier ont le droit de parler au pays pour demander des comptes à ceux qui ont préféré rester au bord de la route pour systématiquement, critiquer et démolir. Le travail d'hier est 3e meilleur gage de celui de demain.
Comment ceux qui, pendant cinq ans, en s'opposant par démagogie au voté des crédits indispensables, ont refusé de s'associer à l'équipement de nos mines, de hos barrages, de notre agriculture, pourraient -ils demain, construire le million de logements qui nous sont nécessaires ?
Comment ceux qui, continuellement réfugiés dans le confort de l'abstention ou de Topposition, se désintéressant ainsi du sort des familles et des travailleurs, pourraient-ils demain, défendre et améliorer les conquêtes sociales et familiales ?
Comment ceux qui ont refusé dé voter les recettes du budget de la Défense nationale et | qui ont èefusé de soutenir T organisa tibia de l'Europe et le plan Schuman — seule proposition constructive pour mettre un terme à des conflits séculaires — pourraient-ils, demain, parler dans le monde lé langage ferme et pacifique de la France renaissante ?
Comment, pour les nommer, les élus duR.P.F., qui ont presque instamment additionné leurs bulletins de vote à ceux du Parti communiste pour entraver T action gouvernementale, pourraient-ils se présenter demain comme des hommes d'union, de concorde et dë gdiivërnement ?
L’achèvement de la reconstruction ;
Là miëe en œuvre d'ùn plan de reconstruction permettant d'édifier, àu cours de la prochaine législature, uii million dë logements h eu fs ;
Le financement d’ilti plan de modernisation principalement axé aux petites et moyennes entreprises et nùt Industries de transformation ;
Le développement d'une politique audacieuse d expansion agricole et industrielle }
La réforme et la simplification de la fiscalité ;
Les progrès d'üiië jüslice sociale et familiale encore imparfaite ;
La réalisation de la justice Scolaire et l'attribution des moyens d'existence au service social assuré par renseignement libre ;
La défense de la paix Menacée, autant d'exigences fondamentales inscrites au programme du «LH.?,
Imagine-t-on qu’elles puissent se réaliser sans mi grand effort et une large union ?
Défiez-vous de ceux qui vous promettent des miracles à bon marché ; ils se vantent et vous trompent.
Nous voulons ausai, par la réforme de la Constitution, par la réforme des méthodes parlementaires et administratives,, donner au Gouvernement de la République ce surcroît
d efficacité et d autorité qui ne doit pas être confondu avec les excès du pouvoir personnel.
Ce que nous exigeons, c’est la force de la loi, égale pour tous, c*est l’ordre dans la justice. L autorité, respectueuse de la démocratie, est l’appui et le recours de tous ceux qui sont faibles ; mais rien ne détruit davantage l'autorité de TEtat que le dénigrement et Topposition stériles.
1æ M.R.P. EST LE PARTI BU COURAGE, DE LA PROPRETÉ ET DE LA PAIX,
Il dépend de vous que le M.R.P* soit assez fort demain pour donner toute son impulsion à une majorité rénovée, pour assurer la sauvegarde et la promotion des libertés spirituelles comme des libertés sociales. Elles sont, pour nous, aussi inséparables, aussi indivisibles que la défense de la paix intérieure Test de la paix internationale.
Le passé, l’idéal, la conviction et la Force du M.R.P. que nul scandale n’a jamais approché, que nulle désertion d'opportunistes n’a jamais pu entamer, doivent vous décider à faire confiance à la liste du M.R.P* qui rassemble des hommes, tous de chez nous, de toutes professions, de Louies les régions de la circonscription ; des hommes honnêtes, courageux et expérimentés.
En votant pour eux, vous affirmerez que votre avenir et celui de votre famille passent par la liberté, la justice, le progrès et la paix.
Jean LECANUET,
Agrégé de F Université. — Ancien directeur de cabinet ministériel.
Jacques LOUTREL,
Chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945.— Ancien prisonnier de guerre.
Conseiller gcnetal du canton de Doudevïlle, maire de Saint~Laurcnt-en-Caux, J
Membre du Comité national de Fliabitat rural. — Herbager,
Pierre MOISSON,
Avocat stagiaire à la Cour d'appel. — Président de la section M.R.P. d’EIbeuf,
Jacques VAN MQË,
Conseiller municipal de Rouen. — Président de la Chambre syndicale des libraires de France.
Président de la œ Grande famille roueunaîse ». — Commerçant.
Maxime M AG NI AUX,
Croix de guerre 1939-1945. — Maire du MesnibEenard. — Docteur en médecine.
Hippolvte GROSPIRON,
Croix de guerre 19144918. — Chevalier de FOrdre de Saint-Grégoire-le-Grand. — Officier d'académie.
Blessé de guerre. — Conseiller municipal de Gournay-en-Rray. — Directeur d’écolo libre en retraite.