‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 169 sur 244 · SEINE-INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

SEINE-INFÉRIEURE

(2e Circonscription.)

Liste d’union républicaine et démocratique des

indépendants . . , . M. Pierre Courant (RJ,),

M. Raoul Becquet (R.I.).

Liste du parti socialiste S. F. 1.0 . M. Jean Binot (S. FJ. O.),

Liste du M.R.P . M . Louis Siefridt (M.R.P.).

Liste d’union républicaine et démocratique des

indépendants . . . M. André. Bettencourt (R J . ).

M. Lucien Deboudt (R J.).

^ Liste d’union républicaine et démocratique des indépendants

présentée

par Tumon des indépendants, des paysans et des républicains natîcmaux»

Apparentements pour l'élection : Liste M.R.P. — Bad'Soc. — li. G. R. et S* FJ. O.

Chères concitoyennes, cliers concitoyens,

Par trois fois, Funion des indépendants de la deuxième circonscription vous a demandé d’affirmer en votant pour elle votre volonté d’échapper au communisme stalinien et à tous ceux qui étaient alors ses alliés temporaires.

Nous luttions ainsi contre la politique des partis avec leurs comités inconnus des électeurs et leur sectarisme souvent cpntraire à l’intérêt général.

Nous étions alors presque seuls à mener ce combat.

Mais si dans cette circonscription la liste indépendante a eu deux élus dans la Chambre expirante, nous n'étions qu'une petite minorité.

Aujourd'hui nous revenons devant vous, ayant tout fait pour hâter la date de cette consultation électorale nécessaire et en présence d’une expérience chèrement acquise, nous demandons au pays d'en tirer les leçons.

Nous vous avions promis de rester pleinement indépendants, c’est-à-dire de combattre tout ce qui est mauvais et de soutenir ce qui est bon. Dans tous nos actes, nous avons conscience d’avoir tenu cet engagement.

Non, nous n'avons pas voulu compromettre les chances du pays par une opposition systématique qui nous aurait fait mêler sans cesse nos bulletins à ceux du parti communiste, pour abattre des gouvernements qui, sans répondre à nos conceptions, luttaient parfois courageusement et représentaient ce que nous pouvions encore avoir de moins inacceptable*

Mais nous avons refusé nos voix à ceux qui auraient maintenu ou ressuscité Je dirigisme le plus absurde ou qui auraient accentué le glissement du pays vers le désordre : Parce qu il leur a manqué quelques voix, dont les nôtres , plusieurs Présidents du Conseil que nous jugions indésirables n’ont pas été investis.

Nous avons travaillé chaque jour, plutôt dans les commissions ou dans les séances utiles de 1 Assemblée que dans celles où s1 échangeaient des paroles sonores et de vaines redites.

Notre travail, objectif et acharné, dépourvu de toute haine partisane, nos collègues les plus opposés lüi ont rendu hommage en nommant Pierre Courant, vice-président de la Commission de la marine marchande {1947-1918), vice-président de la Commission de la justice (1948 à 1951), rapporteur du budget de la Marine marchande (1951), et enfin pendant les six derniers mois de la législature, membre de la Commission des finances et président de la Commission parlementaire de contrôle des entreprises nationalisées qu’il a organisée et qui a préparé les réformes de structure qu’une majorité raisonnable devra faire aboutir.

Arrivé au Parlement en 1949, Raoul Becquet a été nommé membre de la Commission du ravitaillement et de la Commission de l'agriculture où ses connaissances pratiques et îe sérieux de son esprit ont été remarqués.

Nous avons complété notre liste avec des hommes indépendants, dépourvus de tout sectarisme, qui ont gagné l’estime de leurs concitoyens par leur travail et les services qu'ils ont rendus :

André Bettencourt, élu et réélu magnifiquement conseiller général après avoir acquis contre l’occupant de splendides décorations. — Le commandant Deboudt, soldat courageux qui, se dévouant sans cesse, a acquis à Dieppe toutes tes sympathies. — Robert Lenoblc, adjoint au maire du Havre, son remplaçant bien souvent, lorsque son mandat parlementaire l’éloigne de la mairie, — Pierre Banville, bien connu des employés de commerce, des anciens prisonniers et des déportés du travail.

Administrateurs plutôt qu’hommes politiques, nous avons en commun l'amour du progrès dans l’ordre et dans la liberté.

.A la veille d’une consultation populaire décisive, pour le pays, nous aurions souhaité le scrutin d’arrondissement. Nous avons voté dans ce sens. Nous n’avons pu l’obtenir. Une loi électorale dont nous critiquons beaucoup de dispositions s’impose à nous comme au pays.

Nous avons fait un appel à l’union générale des partis français pour que, par l’application du système majoritaire, tous les électeurs qui refusent l’adhésion de la France au bloc russe, s’unissent enfin et rejettent de la Chambre ceux qui pendant cinq ans n’ont fait que diffamer, que surenchérir et qu’empêcher le travail de F Assemblée.

Nous avons reçu l’accord de trois listes, dont nous sommes cependant séparés en de nombreux points. Pourquoi faut-:! que celle dont nous espérions qu’elle prendrait l'initiative de l’union contre le communisme n’ait jamais répondu à noire appei ?

Nous avons accepté l’apparentement de ceux qui nous ^Offraient. Dans une circonscription où il y a eu en 1946 35 0/0 de suffrages communistes, l’apparentement le plus étendu est un devoir. Aucun parti, aucun indépendant ne peut réunir à lui seul la majorité nécessaire à l’éviction des élus staliniens.

Mais cet apparentement, nous l’avons consenti en conservant pour le présent et pour l’avenir toute notre indépendance et toutes nos convictions, et sans renoncer à aucune d’entre elles

Electrices, électeurs,

Si nos actes, nos efforts pour relever un pays que nous aimons et si les idées que nous venons de vous exposer ont votre approbation.

Si vous voulez avant tout chasser de la Chambre les saboteurs du travail parlementaire.

ceux qui rêvent de supprimer ici la liberté en vous soumettant a la féroce discipline moscou ta ire,

Si vous condamnez les erreurs des dernières Assemblées et des gouvernements inspirés du tripartisme ou du triforcisme de gauche ,

Si vous préférez l’union dans le travail et la recherche des solutions efficaces aux paroles vaines et stériles, la concorde et la tolérance à l'aventure, une République assainie et améliorée aux régimes de dictature, la liberté à l'oppression, la paix à l’agitation et à la guerre,

Si vous croyez qu'à une majorité républicaine trop théoricienne et trop politicienne, doit succéder pour le bien du pays une Assemblée plus sage qui remettra Tordre oh est le désordre, et vous défendra contre les tracasseries d'un Etat gaspilleur incompétent et dévoateur,

Nous vous demandons de voter pour les candidats indépendants de la liste d’union républicaine qui, dans leur prochaine circulaire et dans leurs réunions, vous feront connaître leur programme.

Nous vous disons dès maintenant que ce programme comprendra la révision, par la loi, de la Constitution que nous n'avons pas votée — la réorganisation de tout le secteur nationalisé — une saine gestion des finances permettant d'utiliser au mieux les recettes de T Etat et d'éviter des dépenses inutiles — la restauration plus rapide de nos régions dévastées par l'appel au crédit français et étranger — le respect de toutes les libertés sans aucune exception — une aide efficace aux victimes de la guerre et aux vieillards victimes de la dévaluation de la monnaie — la lutte pour maintenir la paix dont les Normands connaissent le prix.

A tous nous répétons ce que nous avons dit en 1946 :

Jugez les hommes qui se présentent à vous, non sur leurs paroles ou sur des étiquettes politiques, mais sur leurs actes ou sur leur vie. C'est la seule formule qui ne soit pas trompeuse.

Vous nous connaissez. Si vous pensez que dans une Assemblée plus sage et délivrée pour une grande partie de l'emprise communiste, nous travaillerons à réaliser ce que vous souhaitez ; le progrès dans l'ordre, le retour tant souhaité au bon sens, à la raison et le respect du travail, vous serez avec nous le 17 juin sans panachage et à liste entière.

Nous vous promettons que nous continuerons à ne rien réserver de nous-mêmes, à nous consacrer avec passion à relever le pays et à lui rendre sa prospérité d'autrefois*

Vive la France républicaine !

Pierre GOURANT Député-maire du Havre. — Conseiller général,

Vice-président de la Commission de la marine marchande à l'Assemblée Nationale (1947-1948), Vice-président de la Commission de la justice (19 iS-195t). — Rapporteur du budget de la marine marchande (1950), Membre de la Commission des finances et président de la commission de contrôle des entreprises nationalisées depuis octobre 1950,

Ancien bâtonnier de Tordre des avocate du Havre. — Médaille de vermeil pour actes de courage et de dévouement (Siège du Havre)*

Raoul BECQUBT

Député-maire de Bi ville-su r-Mer. — Membre de la Commission de l’agriculture de TAssemMée nationale. Membre de la Chambre d’agriculture. — Agriculteur. - — Officier du mérite agricole.

Axdke BETTENCÛURT

Conseiller général de la Se i ne-inférieure. — Conseiller municipal de Saint-Maurice-i'Etelan,

Chevalier de la Légion d'honneur* —«■ Croix de guerre (1989-1945),

Rosette de 3a Résistance. — Directeur du journal de la France agricole .

LücMk DEBOUDT

Commandant en retraite. — Officier de la Légion d'honneur. — Croix de guerre.

Médaille des évadés ot combattant volontaire, — Combattant des deux guerres, Commandant de la Place de Dieppe à la Libération, — - Indépendant de gauche»

Robert LENOBLE

Adjoint an maire du Havre, — Président du comité des oeuvres sociales du Havre,

Ancien du 35* ET. — Assureur, — Officier d’ académie,

PlEKHE HÀUVILLE

Président de la Société de construction d’habitations à loyer modéré. — Ancien prisonnier de guerre. Ancien déporté du travail. — Employé de commerce.

Parti socialiste S, F. I. O. '

Les socialistes et le scrutin du 27 juin.

C’est en présence d’une situation internationale tendue — la plus sérieuse qu’il nous ait été donné de connaître depuis la fin du conflit en Europe — en présence également d’une situation intérieure grave que les Français ont à faire choix: de leurs députés. L’élection du 17 juin revêt donc une importance capitale; elle exige de chaque électrice, de chaque électeur, qu’il participe au scrutin et mesure le poids et l’étendue de sa responsabilité envers son pays> envers la paix*

L’enjeu réel*

Ni les sommations des uns, ni les mensonges des autres, ne sauraient rien changer à la réalité des faits ; l’enjeu véritable reste tel que l’avait défini Léon BJum dès le 21 novembre 1947 :

« La République qui, pour nous, s’identifie avec la patrie, les libertés civiques, la paix publique, la paix tout court, sont menacées.

« Le danger est double : d'une part, le communisme international a ouvertement déclaré la guerre à la démocratie française; d’autre part, il s’est constitué en France un parti dont l’objectif — * et peut-être l’objectif unique — est de dessaisir la souveraineté nationale de ses droits fondamentaux,.. »

Pourquoi les apparentements ?

A cause de ce double péril et pour le conjurer à tout prix, des hommes par ailleurs opposés ou rivaux et qui n’entendent rien abdiquer de leurs conceptions, de leur doctrine, de leur idéal, ont ensemble décidé d’apparenter leurs listes, parce qu’ils ont en commun ce trait essentiel de vouloir maintenir et préserver les institutions de la République, de vouloir vivre, ce qui signifie agir, ce qui signifie également se combattre, dans le respect de la loi française et de la liberté qu’elle énonce et qu’elle garantit*

Ce faisant, ils répondent au vœu ardent de Léon Rlum en sa déclaration du 21 no^ vembre 1947 ;

« R faut tenter de rallier tous les républicains — tous ceux qui se refusent à subir la dictature impersonnelle, non pas du prolétariat, mais d’un parti politique — tous ceux qui

se refusent à chercher un recours contre ce péril dans le pouvoir personnel d'on homme. L’expérience Ta montré, la forme la plus sûre de la défense républicaine est de rendre manifeste l’autorité de l'Etat républicain; d’imposer une discipline et une coordination à toutes les administrations publiques, d’assurer le fonctionnement régulier et efficace des organismes constitutionnels, de garantir la continuité de la vie économique ; défendre la République, c’est montrer avant tout que la République continue. »

Dès lors s'excluent des apparentements ceux qui visent k détruire, par la violence ou le coup de force, l'Etat républicain, le Gouvernement parlementaire qui en est l'expi^ession, le Parlement lui-même. Le vieux mot de Thiers demeure vrai : La République est le Gouvernement qui nous divise le moins.

Leurs arguments et les nôtres*

/ A ceux — gaullistes nouveau genre et staliniens de toujours — qui hurlent au c< truquage électoral », nous répondons :

Aux premiers, que les partisans du pouvoir personnel n’ont point de leçon à nous donner : au rassemblement des généraux et des marquis, nous opposons un rassemblement républicain qui préservera le pays du pire ;

Aux seconds, partisans d’un régime qui abolit les élections libres, impose îa liste unique et procède à l'épuration préalable des candidats et des électeurs en tous pays où ce régime est instauré, que leur « indignation », nous justifie par avance ;

Aux uns comme aux autres, que le principe majoritaire est d'essence républicaine et que la loi électorale, rétablissant par le panachage la possibilité du choix personnel, laisse en outre à chaque citoyen l’entière faculté de choisir en pleine indépendance entre des listes distinctes*

Les socialistes n'oublient rien*

Ni l’obligation impérieuse d’obtenir une plus juste répartition du revenu national et d’assurer à l'ensemble des travailleurs, par le jeu honnête des conventions collectives, une rémunération qui ne soit pas sans cesse amenuisée par d’inadmissibles hausses ;

Ni la nécessité de créer un système fiscal capable dp juguler la fraude, cette plaie dont notre pays souffre plus qu’aucun autre au monde ;

Ni le besoin de mettre un terme à la lutte fratricide autour de l’école, laquelle ne doit jamais être un instrument de division ou de discrimination entre les Français, moins encore un enjeu dans la bataille électorale ;

Ils n’oublient pas davantage que de Gaulle a donné rendez-vous à ses troupes aux Champs-Elysées, que Duelos, par un article du journal russe Pravda} nous prévient que ce rendez-vous ne sera pas toléré ; nous savons ce que cela veut dire ;

L'émeute dans la rue, comme en février 1934, le déferlement de la haine, la guerre civile, avec, au bout du compte, l'ordre césarien ou l’ordre stalinien régnant sur notre pays - — et l’un appelle l’autre ! — c'est contre ça que nous sommes.

Nous ne serons complices ni des uns ni des autres ; nous voulons et nous défendons la République : notre attitude n'a pas d’autre mobile, ni d’autre but.

Le programme socialiste se fonde d’abord ïà-dessus et, si ce fondement disparaît, les conquêtes sociales s'écroulent, tout nouveau progrès social devient impossible.

Les candidats du parti socialiste S. F* /* O.

Jean RINOT

Député à lsÀs semblé® Nationale .

Louis BOISSON

Conseiller général, — Maire du Tréport.

Paul LE RALEUR

Conseiller général du canton de Cany.

Lîsonce GRAU

Maire d'H&utot-sur-Mer. — Conseiller général d’Offran ville,

Horace LOI SEAU Conseiller municipal de Dieppe.

Lucien GSMONT

Secrétaire de la Section socialiste du Havre.

«t Dans notre France moderne, qu’est-ce donc que la République ? C'est un grand acte de confiance. Instituer la République, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action \ qu ils sauront concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre ^ qu’ils sauront se combattre sans sc déchirer, que leurs divisions n’iiont pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile et qu’ils ne chercheront jamais dans une dictature, même passagère, une trêve funeste et un lâche repos. Instituer la République, c’est proclamer que les citoyens des grandes nations modernes, obligés de suffire par un travail const an* aux nécessités de la vie privée et domestique,' auront cependant assez de temps et de liberté d’esprit pour s occuper de la chose commune. Et si cette République surgit dans un monde monarchique encore, c’est dJassurer qu’elle s’adaptera aux coudi tiens compliquées de la vie internationale sans entreprendre sur l’évolution plus lente dqs autres peuples, mais sans rien abandonner de sa fierté juste et sans atténuer l’éclat de son principe. »

Jean .Lundis.

Apparentement avec les listes :

Parti radical et radical-socialiste f H assemblèrent des gauches républicaines et Union démocratique et socialiste de la résistance.

M ouve mm t républicain p opu faire.

Union des indépendants , des paysans et des républicains nationaux.

Vu ;

Les candidats.

M, R. P* Mouvement républicain populaire.

Apparentée avec :

— tee cFUp/ion républicaine et démocratique des indépendants, présentée par P Union des indépendants, des paysans et des républicains nationaux ;

— hsfe Radicale et RJJ.R., présentée par le Parti républicain radical et radical-socialiste , Je Rassemblement des gauches républicaines et par ru.D.S.R , /

— liste du Parti socialiste S.F.LQ*

Electriees, électeurs,

I! y a six ans, la France sortait de la guerre et de inoccupation dévastée et ruinée. Ün la laissait à ia porte des grandes conférences où se réglait le sort du monde. Même auprès de ses alliés, elle ne comptait pour rien.

La France n’avait pour elle que votre confiance et votre courage.

Aujourd'hui, à l'admiration des peuples étrangers qui nous envient, la France est de nouveau debout. Son activité économique dépasse celle de la meilleure année dJavant guerre. Malgré les immenses charges nées de la guerre, malgré les dépenses considérables d'équipement et de modernisation, malgré les importants progrès sociaux réalisés, les finances ont été rétablies, le budget de 1930 a été équilibré à 3 0/0 près, 190,000 emplois ont été supprimés. Pour la première fois depuis vingt-cinq ans, la balance commerciale a été excédentaire et les exportations agricoles y figurent pour 114 milliards.

Alors que d’autres peuples ont connu la guerre civile et ses horreurs — les enfants par milliers arrachés à leurs parents — que tant de peuples connaissent encore une misère affreuse, et certains, la pire des oppressions, la France a maintenu chez elle la paix intérieure et la liberté. Les mouvements de jeunesse, qui ailleurs sont embrigadés, se développent sans entraves. Ailleurs, les évêques sontjet.es en prison; chez nous : les convictions de tous sont respectées.

Aussi J a France est elle de nouveau à sa place à la le te des nations. Pour l'organisation de l’Europe et la protection de la paix, c’est la France — par les Ministres M.R.P* Georges Bidault et Robert Schuman — qui prend les grandes initiatives. Et le monde entier salue cette résurrection de notre patrie.

Serait-il donc vrai, comme certains le prétendent, que vous auriez maintenant perdu confiance et courage ?

Sans doute la vie est encore trop dure. Les sacrifices qui vous ont été demandés ont été lourds, et l'agression communiste en Corée est venue y ajouter.

Mais la vie était-elle facile avant la guerre, pour tant de travailleurs réduits au chômage total ou partiel, pour les vieux qui n’avaieut aucune allocation, pour les rentiers, pour les familles nombreuses, pour les victimes de guerre donL les pensions avaient perdu leur alignement sur les traitements des fonctionnaires? Les affaires étaient dans le pire marasme* Le budget était en déficit de 38 0/0. Pendant l?entre-deux guerres, le budget n’a été en équilibre que quatre fois, en 1926, 1927, 1928, 1929, seize fois en déficit, et voilà comment on ruine les épargnants,

La vie était-elle facile en janvier 1946, quand le général de Gaulle est parti en disant que tout allait bien? Le budget était en déficit de 45 0/0, Combien de vous mangeaient à leur faim ?

Au moins, la situation était-elle alors sans danger? Vous le savez : le général de Gaulle laissait derrière lui au Gouvernement cinq communistes, dont Maurice Thorez qu'il avait amnistié. Il en avait fait des Ministres, quinze mois avant toute élection, alors qu’il était ïe maître absolu. En s’en allant, il nous les laissait sur les bras. Un communiste était à la recherche atomique. Si le M.R.P. n’avait pas eu le bon sens alors et le courage de rester au Gouvernement, empêchant ainsi la constitution dun Ministère Thorez réclamé par les communistes, ceux-ci auraient eu vite fait de s'emparer du pouvoir et de briser toute résistance. On l’a bien vu par la suite à Prague et ailleurs. Et nul n’aurait le droit aujourd'hui de faire grève ni de se plaindre.

Incompris de beaucoup, calomnié par d’autres, le M . R . P . , pendant un an et demi, n’a cessé de lutter. C’est lui qui, finalement, a vaincu. En mai 1947, les communistes devaient quitter le Gouvernement : ils n'y sont pas revenus*

Par le vote d’une loi organisant des élections à la proportionnelle (qui a parfois du bon) aux organismes de Sécurité sociale, le M.R.P. enlevait en même temps aux communistes à peu près toutes les présidences que l'imprudence du général de Gaulle leur avait données en 1945 en les retirant injustement aux mutualistes. ît en fut de même pour les comités d'entreprises et les délégués du personnel.

Et c’est Georges Bidault, finalement, qui exclut de la direction de la recherche atomique un savant commuuisLe a qui personne n’avait osé toucher.

Voilà comment par une action patiente, tenace, persévérante, le M.R.P. a conjuré le péril communiste, si dangereux au départ inopiné du général de Gaulle.

sft *

Le M.R.P. ne s est pas contenté de lutter contre l’entreprise communiste. Il sait que le communisme est la conséquence d’une trop longue misère matérielle et morale de la classe ouvrière.

Il a donc voulu, dans la mesure, dans toute la mesure où ce fut possible, améliorer les conditions de vie, matérielles et morales de la population.

Il s est attaché notamment à ce qui parfois apparaît comme d’insupportables « charges sociales ». Sans doute sont-elles pour certains très lourdes, et nul plus que nous n’a lutté contre les abus, mais c’est là la part des vieux, qui, après une vie de travail, ont bien acquis le droit de manger, c’est la part des malades et des invalides, c’est la part des enfants, plus nombreux depuis la Libération et qui font la vraie joie des jeunes foyers, en meme temps qu’ils permettront à notre France de poursuivre dans l’Europe et dans le monde sa mission de justice et de paix.

Le M.R.P. en même temps donnait toute son attention à l’éducation de la jeunesse. Il a voté pour l’enseignement public des crédits qui n’ont jamais été aussi importants, notamment pour l’enseignement professionnel et technique et pour l’éducation physique. Et s’il a réclamé pour l’enseignement libre la compréhension et l’appui de l’Etat, c'est que des millions de français y trouvent la forme d’éducation qui correspond à leurs convictions les plus profondes et que tout état démocratique, surtout en nos temps totalitaires, a le devoir d'en tenir compte. Ainsi le M.R.P. a-t-il essayé de bien servir tous les enfants de France.

Il est impossible dans une brève circulaire, d’exposer quelle fut, dans tous les domaines, l’action du M.R.P. pour la paix avec Bidault et Schuman, pour l’agi-fculLure avec Pflimlin, pour les travailleurs avec Bacon, pour les familles avec Mme Poinso-Chapuis, etc.

Pendant les cinq années qui viennent de s’écouler, il a été.constamment à la peine, il a accepté toutes les responsabilités, tandis que d’autres les esquivaient par de prudentes abstentions ou se livraient à une opposition systématique et stérile, ou encore votaient les dépenses, mais refusaient les recettes.

Ah l Si en mai 1947, Fenscmble des radicaux et des modérés de toute nuance avait, comprenant sou devoir, joint également ses efforts à ceux du M. R.P. I En face de bobstruction et du sabotage communiste, une majorité de 400 députés aurait pu soutenir un gouvernement durable et le relèvement du pays en eût été accéléré. Mais si certains ont compris leur devoir, nous avons connu les oppositions les plus irréductibles et les plus misérables. Et des hommes comme Robert Schuman si universellement estimé, comme Georges Bidault, le plus clairvoyant et le plus énergique de nos hommes d’Etat, ont été renversés l’un après 1 autre pour le plus grand dommage du pays*

De ce désordre politique, le pays a eu le droit d étre mécontent*

Mais les responsables sont ceux-là même qui réclament avec le plus de bruit un gouvernement fort. Le R, P, F ,, en particulier, sur ordre du général de Gaulle, a toujours voté avec les communistes, contre tous Les Gouvernements, alin de les affaiblir* Le M . R. P., au

contraire* soucieux de stabilité et d efficacité, a apporté à tous les Gouvernements son appui loyal.

Secouée par deux guerres terribles, notre vieille civilisation a perdu confiance en ellemême. Une nouvelle barbarie qui ne respecte ni la liberté des esprits ni la dignité des consciences, menace notre patrie et nos foyers.

Contre elle, déjà, nous avons fait mieux que d’établir des barrages provisoires, mais il s’agit essentiellement de rendre à l’humanité ses profondes raisons de vivre et d’espérer.

11 s’agit de créer un monde nouveau sur des bases de liberté, de justice, de respect mutuel. Un monde où chaque homme puisse respirer librement et qui délivre nos familles et nos jeunes de l’angoisse du lendemain.

C’est à cette œuvre que le M.R.P. s’est attelé. C’est pour cette oeuvre urgente que le M. R. P. vous demande votre suffrage.

Vive la République démocratique !

Vive la France 1

Les candidats :

Louis SIEFR1DT

Député sortant. — Vice-président du Conseil général.

Anatole TASSEL

Président de la Fédération départementale du M.R.P.

René PIERROT Directeur d’entreprise.

Raoul AUVRAY Maire de. Valmont. — Conseiller général.

Françoise MARINA

Préparatrice en pharmacie — Médaille de la defense passive. Maurice CARITÈ

Journaliste. — Chevalier de la Légion d’honneur.

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