‹ Recueil des textes authentiques des programmes et engagements électoraux des députés proclamés élus à la suite des élections générales du 17 juin 1951Chapitre 233 sur 244 · ÉLECTION D'UN REPRÉSENTANT DU PEUPLE A RASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

ÉLECTION D'UN REPRÉSENTANT DU PEUPLE A RASSEMBLÉE NATIONALE

Electeurs,

A déposé sa candidature aux élections du 17 juin 1951 pour faire partie de F Assemblée Nationale :

M. RAVELOSON-MAHASAMPO

Gouverneur k Tuléar. — Vice-Président do f Assemblée représentative de Madagascar.

C'est un patriote animé d’un sentiment d’indéfectible attachement à la France; il ne mènera pas vers l’abîme, mais s’acharnera constamment à travailler pour le mieux-être du peuple malgache et pour entretenir au mieux l'amitié franco-malgache afin que soit exaucé notre vœu exprimé par les mois Union française.

Voici les grandes lignes de son programme :

— Application intégrale du statut français tel qu'il est défini dans la Constitution d'octobre 1946, sans faire exception de personne.

— Dotation d’un plein pou voit aux Assemblées locales, Assemblée provinciale ou Assemblée représentative, pour les questions intéressant l'amélioration de la condition de vie dépopulations de Madagascar.

— Codification des mœurs et coutumes de tous les Malgaches, amendement de celles-ci pour les rendre plus conformes au degré d'évolution actuelle*

. — Abrogation du Gode des 305 articles qui n'est plus conforme au degré d'évolution actuelle.

— Extension des pouvoirs des conseils municipaux.

— - Ouverture d’écoles supérieures dans les principales villes de Madagascar, institution d’un programme unique pour toutes les écoles afin qu i! n'y ait plus ce qu’on appelle égoles malgaches, et que chaque élève puisse monter toujours plus haut suivant ses dispositions intellectuelles.

Ainsi, on aura pour de bon l’Union française.

Electeurs ,

Si vous épousez ce programme, nous vous convions à donner vos suffrages à M . Ravel oson-Mahasam.po.

Le Comité .

Mes chers amis.

Il y a cinq ans, Madagascar, après avoir fait procéder à des élections, a envoyé en France trois députés malgaches ; R asc ta, Ravoahangy et Ràbemananjara.

Un an plus tard, ces trois députés ainsi que ceux qui ont suivi leur politique, ont été incarcérés et condamnés pour avoir commis des actes anti-français.

Je ne ferai aucun commentaire à ce sujet puisque tous, nous avons vu ce qui s'est passé à Madagascar

Depuis quatre ans donc, Madagascar n'a plus de représentants autochtones au Parlement et, d'après des nouvelles récentes qui viennent de la métropole, des élections vont se faire pour le remplacement des députés actuellement en fonction parce qu'ils arrivent à la fin de leur mandat.

Nous avons, par conséquent un devoir à remplir envers nous-mêmes et envers nos compatriotes encore trop simples. C'est un devoir assez difficile, à mon avis, mais qui, dans le fond, est assez simple. Il s'agit de trouver parmi nous, des hommes capables, animés de bons sentiments et de courage pour défendre nos intérêts en France, tant au point de vue économique que social — car, à mon avis, un pays ne peut évoluer que par le travail et l'instruction.

C'est beau de dire qu'on est indépendant, c'est simple de dire qu'on est libre, mais une indépendance et une liberté sans instruction et sans travail, c'est, à mon avis, le retour à îa barbarie et à l'anarchie. Faut-il y revenir au moment où, dans le monde entier, tous les pays sont en pleine évolution ? Je n'y crois pas et je ne suis pas de ceux-là memes qui cherchent h faire marche arrière.

Nous sommes les élites de ce pays et notre premier devoir est d'orienter et de guider nos compatriotes vers le progrès et sans l'instruction et le travail, il n'y a pas de progrès possible et ceci ne peut s'obtenir que si la France reste présente à Madagascar.

Il nous faut des élites (administrateurs, docteurs en médecine, professeurs, magistrats, ingénieurs, etc.), originaires de ce pays et pour cela, il nous faut, à Madagascar, des écoles supérieures.

Au point de vue agricole, car c'est là la richesse d'un pays, il nous faut du matériel moderne pour nous permettre de travailler et de cultiver nos terres. Il nous faut des canaux

d'irrigation pour nous permettre de mettre en valeur toutes ces surfaces jusque-là incultes et pour y arriver, nous avons besoin > aussi bien dans les assemblées locales que métropolitaines ? des représentants dignes de ce nom.

Je vous ai dit plus haut que les élections à l'Assemblée Nationale vont se faire sous

peu.

Nous avons donc à élire des députés autochtones et nous devons savoir ceux que nous devons choisir parmi nous pour nous représenter au Parlement,

Vous ne devez pas ignorer à ce sujet que, depuis longtemps, j’ai toujours eu l'intention de me présenter comme candidat à cette Assemblée pour y représenter la Côte-Ouest et même tout Madagascar,

Vous avez le droit de choisir votre candidat.

Si vous voyez que je suis digne d'être votre représentant dans cette Haute assemblée métropolitaine, je vous demande instamment de voter et de faire voter pour moi par les électeurs que vous connaissez.

Enfin, pour terminer et sans prétention aucune, je puis dire que j’ai fait ce que j'ai pu pour là province de Tuléar aussi bien à l'Assemblée provinciale qu'à l'Assemblée représentative.

Croyez, je vous prie, mes chers amis, à mes sentiments bien dévoués*

RAVELOSON-MAHASAMPO Vezo (Sakalafà), natif de Ttiïéar*

MADAGASCAR

(Collège des citoyens français. — lre circonscription.) 1 DÉPUTÉ

M. Louis LABROUSSE (N. I.)

Eleelrices, Electeurs,

Eu exposant très sommairement mon programme, je dois vous dire,

— Mes buts,

— Mes moyens,

— Mes procédés de réalisation.

Mes buts :

D’abord préserver ce qui est acquis en T améliorant, puis préparer l'avenir,

À cet effet :

Maintenir et consolider la santé morale.

Sauvegarder la civilisation chrétienne, lutter contre le communisme, encourager la famille, récompenser l'effort productif, susciter les dévouements sincères pour le rapprochement franco-malgache des esprits ét des cœurs.

Conserver et si possible augmenter notre avance en matière a d'enseignement ». Accroître, notamment en brousse, le nombre des établissements scolaires aussi bien publics que privés en laissant aux familles une totale liberté dans le choix des disciplines d'éducation.

Aider matériellement et financièrement renseignement privé.

Développer particulièrement renseignement technique et professionnel.

Améliorer l’état sanitaire, condition du progrès de la natalité.

Préserver la santé publique, tant en brousse qu'en ville, par l'augmentation des établissements et du personnel sanitaires.

Poursuivre le développement d’un programme de constructions d’habitations à bon marché.

Remédier ainsi à la crise du logement dans les villes et promouvoir en même temps une politique de l’habitat rural.

Adapter, en l'assouplissant, la Charte du travail.

Harmoniser les rapports entre employeurs et employés.

Créer un climat de confiance réciproque.

Améliorer les conditions d'emploi sur la base d’une productivité accrue.

Dénouer le « drame » des « originaires »T

Faire que tous les habitants de Madagascar forment une seule grande famille dont les enfants soient tous de la * même zone » ; celle ou c’est d'abord l'effort qu'on rémunère.

Offrir aux fonctionnaires les garanties professionnelles auxquelles ils peuvent prétendre dans le cadre d’un syndicalisme sans appartenance politique.

Donner aux militaires la place et le prestige qui leur reviennent dans la Nation, à la mesure de leur patriotisme et de leur esprit de sacrifice.

Fournir à l'armée les moyens matériels et financiers nécessaires à l'accomplissement de sa belle mission.

Valoriser la race par l'encouragement des sports.

Etendre la pratique des sports qui développe l’esprit d’équipe et de camaraderie, et donne le goût de la discipline loyalement consentie.

Doter File d’un vaste réseau de terrain parfaitement équipé.

Témoigner aux anciens combattants une fraternelle sollicitude.

Poursuivre le reglement des sinistrés, de la rébellion, par l’application de la loi sur les dommages de guerre.

Assurer aux retraités le bénéfice de l’index de correction attribué aux fonctionnaires en activité dans îe territoire.

Lutter d’une façon efficace contre la vie chère*

Mes moyens :

Accroître les pouvoirs des assemblées élues locales.

Multiplier les contacts entre nés assemblées et les chambres de commerce, d’une part ; la Cb ambre des mines, d’autre part,

Associer davantage l’activité des Parlementaires à celle de toutes les assemblées de 1 île en vue d’une action toujours plus efficace.

Intensifier la production dans toutes les branches de T activité humaine :

— Agriculture et forêts

— Elevage,

— Industrie,

— Mines.

L’agriculture doit augmenter sou rendement pour produire plus, en qualité et, en quantité, afin d’exporter davantage.

A cet effet, aider le producteur*

L 'S forêts doivent être protégées.

Le cheptel doit être soigné et reconstitué.

Nos industries locales doivent pouvoir lutter contre la concurrence extérieure.

Les richesses naturelles doivent être rationnellement exploitées par la création de grandes industries modernes*

L’équipement du territoire doit être poursuivi : ilfaudra sans retard, rénover nos rouLes, construire des ponts, moderniser notre chemin de fer, équiper nos chutes d eau, renforcer Pou tillage de nos ports, organiser le batelage, etc.

Enfin un fonds de solidarité doit être institué pour la réparation des calamités publiques, cyclones, etc.

Mes procédés de réalisation :

]° D’abord alléger la fiscalité existante pour favoriser la production et le commerce ;

2° Aménager le système foncier ;

3° Abaisser le prix des carburants.

Poursuivre le plan d’équipement (F. I. D. E. S.V en obtenant le maintien des crédits alloués primitivement afin de permettre TexécuLion des travaux initialement prévus.

Rechercher et obtenir les concours financiers extérieurs.

Stimuler les investissements de capitaux privés.

Recourir aux organismes de crédit existants ou en voie de création ;

Caisse centrale de la France d'outre-mer {plafond 60 milliards) pour des avances importantes à long et moyen terme consenties aux deux secteurs, public et privé.

Crédit de Madagascar pour l'octroi de prêts aux moyennes et petites entreprises grâce à des moyens financiers accrus.

Crédit agricole pour Laide à tous les producteurs agricoles* aux artisans ruraux et aux éleveurs, par l'augmentation de ses disponibilités financières.

Société immobilière de crédit, pour faciliter dans la plus large mesure possible l'accession de tous à la propriété immobilière*

Crédit minier de Madagascar pour favoriser l'exploitation des ressources du sous-soî.

Réduire les dépenses du territoire, réaliser des économies, augmenter les ressources de noire caisse de réserve, accroître ainsi nos possibilités de crédit.

Tirer un meilleur parti de nos richesses naturelles*

Charbon de la Sakoa* pétrole* bitumes, afin de dégager des recettes nouvelles,

Telles sont, succinctement rappelées, les grandes lignes de mon programme.

Pour les faire accepter* puis appliquer, il importe que Madagascar soit représentée au Parlement de France par des techniciens avertis, par une équipe homogène prête à s'unir pour conduire le territoire vers un avenir meilleur.

Si vous m'accordez votre confiance, je ferai partie d une telle équipe, je mettrai toutes mes forces, toute mon expérience, tout mon dévouement au service du pays* qui est devenu ma seconde patrie.

Si vous votez Labrousse,

Vous voterez Madagascar.

MADAGASCAR (2e Circonscription- — 1er Collège.) 1 DÉPUTÉ

M. Roger Duveau (N.I.).

PROGRAMME Roger DUVEAU

Eleotrices, électeurs.

C'est sans aucune appréhension que je viens vous demander de voler pour moi le 17 iuin.

Je crois en effet pouvoir dire que j’ai tenu fidèlement l’engagement d'honneur que j’avais pris de défendre sans défaillance les intérêts de ma circonscription.

Sur le plan politique.

J'ai demandé et obtenu le maintien du double collège électoral qui s’impose à l’évidence, dans le cadre de la démocratie et de l’Union française.

Sur le plan humain.

Le problème des « originaires » a reçu une solution - dans le secteur public, par la loi du 30 juin 1950 qui a posé le principe de l'égalité des droits à l'intérieur d’un même cadre administratif, et dans le secteur privé, par l’ adoption du Code du travail où la règle : « a travail et rendement égaux, salaire égal », a été solennellement proclamée.

Sur le plan financier.

Le franc C.F. À., dont le maintien est essentiel à la vie économique du pays5 a résisté à tous les assauts et se trouve aujourd’hui définitivement consolidé.

Par ailleurs, le crédit a été réorganisé. La Banque de Madagascar, qui joue le rôle de régulateur du crédit, a été reconduite pour une nouvelle période de vingt ans.

De son côté, la Caisse centrale de la France d outre-mer (G. G. F, O. M,), dont le plafond vient d’être porté à 60 milliards, a consenti au Territoire d’importantes avances a long et moyen terme, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé.

Il y a quelques semaines vient de s'ouvrir le Crédit de Madagascar, sorte de succursale de la G. G. F. O. M., qui est plus spécialement destiné à consentir des prêts aux moyennes et petites entreprises (colons, artisanSj entrepreneurs de toutes sortes, eLc.}.

Enfin, une Société immobilière financée, elle aussi, par la G.G.F.O.M*, doit fonctionner incessamment en vue de Ta ménagement, dans les villes les plus déshéritées, d habitations à bon marché.

Sur le plan social.

A côté de la C.C.F.O.M., qui fait des avances, le F.Ï.D.E.S. consent des subventions au territoire, ainsi qu’aux collectivités publiques et privées dont 1 activité participe au

développement économique et social du pays.

C’est ainsi que grâce aux subventions du F.Ï.D.E.S. 1 eau et I électricité ont pu 6 Le

amenées dans de nombreux centres.

De même j les étàbiïs&emente hospitaliers et d'enseignement, publics ou privés, ont pu se créer ou se développer dans des conditions encore trop modestes, sans doute* mais qui constituent cependant un sérieux progrès,

Enfin, des sociétés de crédit immobilier ou de crédit hôtelier ont été prévues, qui permettront de faire connaître les beautés touristiques de bile, tout en facilitant le déplacement des voyageurs et en remédiant à la crise redoutable du logement.

Sun LE PLAN ÉCONOMIQUE.

Après bien des hésitations, le plan d'équipement qui prévoit, en ce qui concerne Madagascar, une masse globale de crédits d'environ 1Q milliards — à étaler sur dix ans — a enfin démarré.

L'important matériel, acheté pendant les années 1948 et 1949, doit être utilisé à bref délai par de grandes entreprises dont certaines sont déjà à pied d’œuvre, et qui auront pour tâche de construire ou d'aménager barrages, axes routiers, ports et wharfs,

Ceci pour les travaux d'intérêt général...

Quant au secteur privé, ou semi-public, citons la Société sucrière de la Mahavavy, qui investira dans le pays, avec laide de la C.CItOJM près de 4 milliards de francs pour une production en pointe de 50.000 tonnes de sucre raffiné, et la Société auxiliaire de la Sakoa qui vient d'être créée et qui entreprendra à bref délai l'exploitation rationnelle sur une grande échelle des richesses charbonnières de file*

Sv.i\ LE PLAN DK LÀ PRODUCTION*

Un combat continu a été mené pour aboutir à la vente des produits sur les marchés et aux cours" mon diaux.

Dans le cadre de ces préoccupations majeures, des mesures ont été prises soit pour revaloriser des produits dont les débouchés étaient ou sont encore contrôlés (café, tabac, sisal, produits miniers, etc.-), soit pour faciliter la sortie des produits par l'abaissement des droits (vanille, riz, etc.), soit pour, protéger les produits contre la concurrence étrangère (manioc) ou la fraude (vanille).

Sur le plan législatif.

J'ai réalisé personnellement un important, travail législatif présenté sous ma signature .

Citons pour mémoire :

a) Les propositions de loi des 1 1 -juillet, *27’navembre 1947 et décembre 1949, en faveur des victimes de la rébellion malgache ;

h) Les propositions de loi du 18 décembre 1947 et du 10 décembre 1948, en faveur des rentiers viagers ;

c) La proposition de loi du 5 avril 1949, tendant à déterminer les droits au congé» et aux indemnités des fonctionnaires <c originaires « ;

d) Le rapport déposé le 22 juillet 1949, tendant à l'abrogation des décrets scélérats concernant les « originaires » ;

e) La proposition de loi du 27 avril 1950, relative au bénéiiee de campagne accordé aux militaires et aux marins originaires des départements et territoires d outre-mer ;

f) Les propositions de loi des 29 janvier 1948 et 24 avril 1950, tendant au maintien et à la consolidation de la parité du franc G* F. À* ;

g) La proposition de loi du 25 avril 1950, tendant à assurer la protection de la dénomination « vanille » ;

h) La proposition de loi du 28 avril 1 950, tendant à faire bénéficier les retraites d'un indice de correction ;

i) Le rapport du 2 février 1951, sur le projet de loi réorganisant la justice à Madagascar, etc., etc.

Bref, dans tous les domaines et sur tous les plans, mon activité s’est dépensée sans trêve ni repos, avec pour seul objectif la défense des intérêts de la grande île.

Certes, la tâche est loin d’être achevée, et il faudra encore beaucoup de persévérance et d’efforts pour mener à bien l’œuvre entreprise.

Sur le plan politique et constitutionnel.

Une réforme de nos institutions s’impose, qui aura pour but de rendre efficaces des Assemblées qui ne le sont pas.

L’Assemblée de l’Union française, notamment, devrait avoir le pouvoir législatif, sous le contrôle d’un Sénat rénové, qui deviendrait ainsi le Grand Conseil de la République et de l’Union française.

Sun LE PLAN ÉCONOMIQUE,

Notre effort devra porter principalement sur le développement du Plan, c’est-à-dire l’équipement et la mise en valeur du territoire, car les problèmes sociaux, moraux, politiques, sont en fonction, avant tout, de l’économie et de la prospérité du pays.

Il est donc urgent d’assurer à Madagascar un équipement minimum qui lui permettra de tirer parti de ses richesses en produisant mieux, plus vite et moins cher.

Pour atteindre ce triple objectif, il convient d’aménager rapidement une infrastructure de base, des routes ou des chemins de fer pour transporter main-d’œuvre et matériel, marchandises et produits, des barrages hydrauliques pour amener l’eau là où elle fait défaut et pour créer la force motrice nécessaire à la vie des hommes et des entreprises, enfin, des batelages, des wharfs et des ports pour permettre le trafic rapide des marchandises importées et des produits exportables.

Sur le plan social et humain.

Madagascar s’étant ainsi engagée résolument dans la voie de la prospérité et du progrès, l’équipement social devra être accéléré sous le triple signe de l’enseignement, de la santé et de i’habitat.

Par ailleurs, une Charte du travail viendra harmoniser les rapports entre employeurs et travailleurs et apporter un remède au malaise social actuel, en assurant aux « originaires » une juste rémunération, en réglementant les accidents du travail et en instituant un régime d’allocations familiales et de retraites pour les vieux travailleurs.

Enfin, il faudra continuer à veiller jalousement sur la condition des « originaires » civils ou militaires, fonctionnaires ou colons, intellectuels ou manuels, afin de leur éviter les brimades et les injustices dont ils furent victimes au cours des dernières années.

Les enfants du pays sont la force et l’espoir de l'Union française. Tout doit être mis en œuvre pour les protéger et les défendre en leur donnant droit à une existence laborieuse eUdigne.

Tel est mon programme, résumé en quelques mots.

Pour le surplus, je vous demande de me faire confiance. J’ai prouvé pendant cinq ans mon attachement à Madagascar et ma foi dans ses destinées.

En me faisant l’honneur de m’élire à nouveau, vous me permettrez de continuer ma tâche et de me dévouer, comme je l’ai toujours fait, pour que vive Madagascar et l’Union française.

Roger DUVEAU,

Ancien bâtonnier de Madagascar. — Avocat à la Cour de Paris. — Député de la côte ouest.

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