CANDIDATURE DE RENÉ MALBRANT
Ancien délégué des Assemblées Consultatives d’Alger et de Pans. — Ancien député aux deuN Assemblées Constituai) tes
Député sortant de l'Aueublé Nationale. - Vice-prés.dent de la Commission des territoires d outre-mer
de L’Assemblée Nationale
Vies-président du groupe parlementaire R. P. F. — Candidat du Rassemblement du peuple frauça.s.
Electeurs et électrices de l’Oubangui et du Tchad,
Dans quelques jours vous élirez vetre représentant à l’Assemblée Nationale.
Est-il besoin de souligner l’importance d'une telle consultation? De son résultat dépen-
Avq l'avenir do l<i Frdilcs ot do I U tiïnn frsnçsisc.
‘ Née sous l’équivoque du tripartisme, cette législature, qui a refusé d entendre les appc s
du général de Gaulle, s’achève sous le signe de la décomposition. . ,
Décomposition financière d’abord. - En cinq ans, le montant des billets en fflgg. est passé de 680 à 1.630 milliards, tandis que le budget passait de 600 a ..rtOmi n J /eu quatre dévaluations dans cet intervalle. Le franc a perdu les deux tiers de sa valeur
Ct lü Déconipôsition3 économique et sociale aussi, puisque la course entre les prix et les salaires a repris, que les malaises sociaux s’amplifient et que les Gouvernements succ^i^onC^ incapables de résoudre le problème de la productivité qui conditionne notre equ.libre éco- .
nomique et financier, , i i j ;
Décomposition morale enfin, que tous les scandales restés impunis: scandale des vi
affaire Joannvici, affaire Peyré, scandale des bons d’Arras ont si tnstemen i us r e Et que dire des carences des responsables de notre politique sur e p an in cr ^ sur celui de notre défense nationale puisqu'il a fallu la guerre de Coiée Poür VlJ s s a^r çoîvent que nous ne disposions que de cinq divisions à opposer a 1 agresseur ven ne ma plus de 1 .000 milliards dépensés pour refaire noire armée !... . .
Que dire en outre des erreurs commises en ce qui concerne 1 Union française on n s échecs d'Indochine, la rébellion de Madagascar, nos difficultés en Tunisie e es sang an . incidents de Côte d Ivoire ont été les conséquences,
La France et l'Union française ont à choisir entre trois formules :
1° Celle dont nous venons do faire l’expérience pendant quatre ans et dont je viens de
2° Celle que proposent les communistes et qui n’a d’autre but que notre asservissement total à Moscou avec les conséquences mortelles que cela comporte ,
3° CeOe que préconise le général de Gaulle avec le R.P,F.t c'esl-à-dire le rassemblement de tous les Français de bonne volonté, quelles que soient leurs tendances politiques, pour s'attacher, dans le cadre des lois et au-dessus des partis, à réaliser un programme de salut national limité aux questions constitutionnelles, économiques, sociales et militaires dont dépend tout notre avenir.
Il n'y a pas de quatrième formule et, pour tous les Français soucieux de leur devoir, l'union s'impose autour du général de Gaulle pour réformer ïa Constitution, restaurer l'autorité de l’Etat, remettre de l'ordre dans l’économie et les affaires publiques, réaliser la jus tics sociale, assurer la réconciliation des Français, construire la nouvelle Europe, faire de l1 Union française une réalifé concrète eL assurer notre défense.
Pour ma part, je n’ai pas cessé, depuis quatre ans, de lutter contre le parti stalinien et ’ contre la coalition ruineuse et impuissante qu'a constitué îa Troisième force. Je suis convaincu que c'est la chance de la France qui sc joue à l'heure actuelle. L/heure est trop grave pour que vous éludiez le devoir qui vous incombe.
Je suis sur la brèche pour défendre vos intérêts depuis 1914, puisque, aux deux Assemblées Consultatives d'Alger et de Paris d’abord, auxdeux Assemblées Constituantes ensuite, enfin à l'Assemblée Nationale, j'ai été constamment votre mandataire.
Par des comptes rendus de mandats périodiques, par les conférences que je vous ai faites et par les entretiens que j'ai eus avec vous lors de mes voyages, je vous ai tenus au courant de mon activité et de mes interventions. Je n'ai laissé à l'abandon aucun des problèmes qui pouvaient vous concerner et pas une seule fois je ne me suis désintéressé de vos doléances. Ceux qui ont fait appel à moi peuvent en témoigner.
Le bilan do mon action est connu de beaucoup d’entre vous et je me borne à l'évoquer.
t° Sur le plan des intérêts particuliers .
Qu’il s'agisse des fonctionnaires ou des militaires — Européens comme Africains — je me suis fait un devoir de défendre leurs intérêts. J'ai obtenu que leurs soldes et leurs indemnités soient largement revalorisées, que la durée du séjour colonial des fonctionnaires soit réduite à deux ans, que leurs droits soient sauvegardés dans les reclassements qui ont été elî’eetués. J'ai défendu l'autonomie du statut de l'armée coloniale et suis intervenu à bien des reprises pour faire améliorer la situation matérielle des militaires, leurs conditions de vie, faciliter la venue de leur famille, faire augmenter leurs primes d’engagement ou de rengagement, leurs frais de déplacement, etc. En ce qui concerne le secteur privé, enfin, je me suis attaché à obtenir quril soit tenu compte des besoins des intéressés tant au point de vue social qu'au point de vue matériel et que les problèmes que posait la mise en place des grandes entreprises soient résolus au mieux des intérêts de tous.
2° Sur le plan des intérêts locaux.
Mes interventions ont été multiples dans ce domaine. Elles ont porté sur la réforme de la fiscalité, îa répartition des fonds de la Caisse de soutien du coton, de l'approvisionnement en marchandises, l'augmentation de la dolation en devises de l’A.E4F., la multiplication des liaisons aériennes, le financement du plan d’équipement, la revalorisation des produits exportés dans la métropole, etc. Il suffit de se référer à mes comptes rendus de mandat pour constater que mes efforts n'ont pas été inutiles. Et je ne rappelle que pour mémoire îa part que j'ai prise à la défense du franc CÉ F, A. dont la parité, apres avoir été si souvent menacée, a finalement été portée de 1 fr. 70 à 2 francs,
3" Sur le plan parlementaire.
je n'ai perdu aucune occasion de me faire voire interprète, soit à la tribune de l'Assemblée Nationale, soit à la Commission des T,G.M. et n'ai été absent d'aucun des débats coloniaux qui ont concerné l'À*E,F, , qu1!! s'agisse de questions politiques, économiques ou
sociales, ou qu'il s'agisse encore de problèmes plus spéciaux* Je me suis attaché en outre à obtenir que le Tchad et FOubangui soient aussi largement représentés que possible dans les assemblées parlementaires.
Ce que j’ai fait pendant ces cinq années, je continuerai à le faire si vous me renouvelez votre confiance et je le Ferai avec la même ardeur et la même foi.
Mon effort portera principalement sur les points suivants :
Ie Décentralisation territoriale plus poussée au point de vue administratif et financier et allègement de la tutelle du Gouverneur général qui devrait s'en tenir à un rôle de coordination et dont les dépenses pèsent d'un poids absolument excessif sur les territoires ;
2° Simplification des rouages administratifs et modernisation des moyens de travail, toutes mesures étant prises* par ailleurs, pour développer le goût de l'initiative et de la responsabilité et pour assurer aux fonetiooaires les garanties morales et matérielles qu’ils sont en droit d’attendre ;
3& Développement économique du Tchad et de FOubangui par l’accroissement et la rationalisation de la production, l'augmentation de la dotation accordée à ces territoires au litre du plan décennal, l'amélioration de leur équipement, la reconversion de certains travaux routiers pour éviter les gaspillages, la mise en œuvre d'un programme d’hydraulique pastorale au Tchad, le payement au cours mondial des produits destinés à T exportation, l'atténuation de la fiscalité, etc,
4° Octroi des garanties matérielles et sociales nécessaires aux travailleurs métropolitains expatriés et mise au point rapide d'un Code du travail adapté aux conditions locales du travail et tenant compte des sujétions particulières des intéressés* Mise en œuvre de tous les moyens propres à faciliter l’évolution et la protection sociale des habitants du territoire, notamment en développant renseignement et l'assistance médicale, vétérinaire et agricole ;
5° Adaptation des salaires à la hausse du coût de la vie ;
0° Défense des intérêts de tous, militaires, fonctionnaires, employés du secteur privé, anciens combattants et amélioration de leurs conditions de vie et de confort, notamment par l'amélioration de Félec trifi cation et de la distribution d'eau dans les grands centres,
Je n'en dis pas plus long. Je sais ce que valent les mots et, dans ce qui précède, j'ai pris garde à leur contenu. Vous savez quelle a été mon action et c’est sur Faction que l'on juge les hommes et non sur les promesses* Je suis des vôtres depuis bientôt vingt- cinq ans, et je connais vos soucis et vos difficultés. Comptez donc sur moi pour me faire votre interprète en pleine connaissance de cause. Je le ferai en tout désintéressement comme je Fai toujours fait.
Je vous le répète, l’heure est grave. Ne vous abstenez pas. La France et JFUnion française sont à la croisée des chemins* Vous avez à choisir entre un régime croulant et la rénovation que vous propose le général de Gaulle dont je suis le candidat officiellement désigné.
Je compte sur vous en vous demandant de m'appuyer et d'appuyer la liste du R. P. F, au deuxième collège auprès de tous, métropolitains comme Africains, car nous travaillons tous pour la même cause*
Vive la France I Vive la République l Vive FOubangui 1 Vive le Tchad I
Rêne MÀLBRANT,
Chevalier de la Légion d’honneur* — Croix de guerre* — Rosette de la Résistance*