‹ Recueil des traites, conventions, actes, notes, capitulations et pieces diplomatiques concernant la guerre franco-allemandeChapitre 2 sur 89 · TROUPES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

TROUPES ALLEMANDES

Versailles, le 26 février 4874 .

Art. 1^. ^ Les troupes allemandes, ft partir de mercredi, 1*' mars prochain, à dix heures du matin, occuperont la partie de Paris située sur laTive droite de la Seine qui est comprise entre ce fleuve, Tenceinte depuis le Point-du->Jour jusqu'à la porte des Ternes, la rue du Faubourg-Saint^ Honoré jusqu'à la rue des Champs-Elysées, le Qarde^Meuble , le Ministère de la marine et le jardin des Tuileries. Les bâtiments des vivres militaires situés dans cet espace, au bord de la Seine, ainsi que les rues conduisant au pont de l'Almà et au pont dléna, sont exceptées de l'occupation par les troupes allemandes.

Art. S» ^ Le passage des lignes ci^dessus indiqué est formellement Interdit aux gens armés des deux côtés. Néanmoins, la circulation restera libre pour toute personne non militaire et non armée«

Art. 3. •- Toute fticilité sera donnée aux troupes allemandes pour visiter, en dehors de leur rayon d'occupation, les galeries du Louvre et l'hôtel des Invalides. Les détails de ces visites seront réglés, d'un commun accord, par les autorités militaires allemandes et françaises. Il est entendu que les soldats y paraîtront sans leurs fUsils et seule^ ment sous la conduite d'oflSoiers.

Art. 4. — Les troupes allemandes seront logées^ partie dans les bâtiments publies, partie obei les habitants. Une oommission mixte.

OOCUMISNTS DtPLOMATIQUSS 1

composée dM délégués deft municipalités et d'un ou de plusieurs offiders de Tétat^major allemand, se réunira le SB de^ ce mois, à deux lieures de l'après-midi, au pont de Sèvres, pour convenir des détails du logement des troupes.

Art. 6. -^ Les soldats logés dans Paris seront nourris par les soins des autorités militaires allemandes.

Signé i w MOLtu. Signé : m VAiftA».

fiOOLAIIATtOlt nv VOWOll HtÉCOTl» A U I^OPtfLATlOIf frAfttSlftlflft.

is, le 16 février 4174.

L'entrée des troupes allemandes a été réglée entre l'autorité mill-^ taire française et l'autorité militaire allemande. Cette entrée aura lieu mercredi) 1" mars» à dix heures du matin. L'armée allemande occupera l'espace compris entre la Seine et la rue du Faubourg- Saint-Honoré, à partir de la place de la Concorde jusqu'au quartier des Ternes*

L'effootif de» troupes introduites ne dépassera pas trente mille hommes. L'évacuation aura lieu immédiatement après la ratifloation des préliminaires par l'Assemblée nationale.

La commission nommée par la Chambre pour assister les négooiiieurs part aujourd'hui pour Bordeaux. La discussion commencera de suite. L'armée allemande pourvoira elle^-méme à sa subsistance et ne fera aucune réquisition^Iiès soldats seront» autant que possible» logés dans les bâtiments de TÉtat. L'armée française occupera la rive gauche de la Seine« Nul ne pourra se présenter en armes ni en uniforme sur le terrain occupé par les troupes allemandes.

Le Gouvernement fait appel à votre patriotisme et à votre sagesse. ; vous avez dans vos mains le sort de Paris et de la France elle-même. Après une résistance héroïque, la faim vous a contraints de livrer vos forts à l'ennemi victorieux*

Les armées qui pouvaient venir à votre secours ont été rejetéea derrière la Loire. Ces faits, incontestables, ont obligé le Gouvernement et ^Assemblée nationale à ouvrir des négociations de paix. Pendant six jours, vos négociateurs ont disputé le terrain pied à pied. Ils ont fait tout ce qui était humainement possible pour obtenir les conditions les moins dommageables.

Ils ont signé des préliminaires de paix qui vont être soumis à TAs* semblée nationale. Pendant le temps nécessaire à l'examen de ces préliminaires, les hostilités eussent recommencé, et le sang aurait inutilement coulé sans une prolongation d^armistice.

Cette prolongation n'a pu être obtenue qu'à la condition d'une occupation partielle et très-momentanée d'un quartier de Paris. Cette occupation sera limitée au quartier des Champs-Elysées. Il ne pourra entrer dans Paris que trente mille hommes, et ils devront se retirer dès que les préliminaires de la paix auront été ratifiés^ ce qui ne peut exiger qu'un petit nombre de jours.

Si cette convention n*était pas respectée, l'armistice serait rompu.

L'ennemi, déjà mattre de nos forts, occuperait de vive force la cité tout entière. Vos propriétés, vos chefs-d'œuvre, vos monuments^ garantis aujourd'hui par la convention, cesseraient de l'être. Ce malheur atteindrait toute la France. Les affreux ravages de la guerre, qui n'ont pas encore dépassé la Loire, s'étendraient jusqu'aux Pyré* nées.

Il est donc absolument vrai de dire qu'il s'agit du salut de Paris et de la France. N'imitez pas la faute de ceux qui n'ont pas voulu nous croire lorsque^ il y a huit mois, nous les adjurions de ne pas entreprendre une guerre qui devait être si funeste.

L*armée française, qui a défendu Paris avec tant de courage, occupera la rive gauche de la Seine pour assurer la loyale exécution du nouvel armistice.

C'est à la garde nationale à s'unir à elle pour maintenir Tordre dans le reste de la cité.

Que tous les bons citoyens qui se sont honorés à sa tête et se sont montrés si braves devant l'ennemi re^trennent leur ascendant, et cette cruelle situation d'aujourd'hui se terminera par la paix et le retour de la prospérité publique.

Signé: Thiers,

Chef du pouvoir exécutif de ta République françaiie.

Signé : Jules Favee, Ministre dee affaires étrangères.

Signé : Ernest Picard, Ministre de Vintérieur.

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