M. WASHBCR&TE A V. HAMILTON FISH
Paris, le 8 mars 4 S74.
Sir, ils sont partis. Consummatfunest Les troupes allemandes, comme je vous l'ai écrit mercredi 1*' courant, sont entrées au nombre de 30,000, suivant les conditions du traité. Le 3» article du traité spécifiait qu'aussitôt après la ratification du traité par l'Assemblée nationale de Bordeaux, les troupes allemandes devaient quitter immédiatement l'intérieur de Paris. La ratification a été votée mercredi
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soir et la nouvelle en fut télégraphiée immédiatement à H. Jules Favre. A six heures le lendemain matin, celui-ci se rendit à Versailles pour demander, conformément aux stipulations du traité, l'évacuation immédiate de l'intérieur de Paris. Le quartier général allemand néanmoins refusa d'admettre la nouvelle télégraphique comme étant une preuve concluante du fait de la ratification. Ge ne fut qu'à onze heures, jeudi matin, qu'un courrier spécial arriva de Bordeaux avec la éopîe régulièrement certifiée des actes de l'Assemblée ratifiant le traité, et & midi et demi H. Jules Favre, muni des documents officiels, retourna à Versailles pour réclamer l'échange des ratifications. Hais ce ne fut qu'à neuf heures du soir, jeudi, que les détails de l'évacuation furent réglés par les autorités militaires françaises et allemandes. It fut convenu que l'évacuation commencerait le lendemain matin, vendredi, àhuit heures, et serait terminée à onze. Les troupes allemandes se mirent en marche à l'heure convenue, montant les Champs-Elysées et passant sous l'Arc-de-Triomphe, en poussant de nombreux vivats. A onze heures précises, le dernier soldat allemand sortait de la porta Maillot et Paris pouvait respirer librement. Durant l'occupation, il y a eu assez de mouvement dans la partie occupée par les troupes allemandes, mais il n'y a eu de perturbation sérieuse nulle part. Dans le fait, tout s'est passé beaucoup mieux qu'on aurait pu le prévoir. A peine les Allemands étaient-ils sortis de Paris que les boutiques, cafés, restaurants et hôtels ouvrirent de nouveau leurs portes, l'avenue des Champs-Elysées fut balayée et arrosée et les magnifiques fontaines de la place de la Concorde commencèrent & couler. A trois heures de l'après-midi, la journée était superbe, toute la portion delà ville qui, pendant deux jours, avait paru couverte d'un manteau de deuil, présentait l'aspect le plus gai et le plus joyeux, et la population paraissait beaucoup plusjoyeuse qu'elle ne l'a été depuis bien des longs mois.
rai, etc.
Signé.-
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