‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 22 sur 106 · Arcfùii- lif iJiii-:iin'flioii · texte numérisé non relu

Arcfùii- lif iJiii-:iin'flioii

volonlés et nous ôtciit les moyens de repousser leur agression. La longue tyrannie moskovite dans la Polof^ne a prouvé ('videminenl jusqu'à quel point celte puissance se jouait do nos dcsliiiées : achetant des âmes vénales, abusant les esprits simples, par des promesses perfides, flailant des préjugés, caressant les passions, les animant Tune contre l'autre, calomniant la nation chez les étrangers, ils ont tout mis en œuAre pour nous j)crdrc; en un mot, tout ce que la méchanceté infernale, unie à la pcrlidie la plus perverse, est capable d'inventer, tout a été employé contrs nous.

Dans toutes les circonstances où les Polonais ont pris les armes contre les Moskovites, cette nation barbare peut-elle se vanter d'avoir remporté sur eux une seule vicloirc réelle? et cependant la iiravoure polonaise n'en tirait d'aatie avanlai;c <p.)0 celui d'al](';;er pour un moment le joug que rcnnemi vaincu d'aliord ne tardait pas à lui imposer de nouveau! D'où vient donc cette étrange tournure des affaires de Pologne'!' Pourquoi cette nation gémissait-cllc accablée sous le poids des malheurs sans trouver le moyen de les terminer? C'est que l'asiurc de? intrigues moskovites, plus ])uissante que leurs arrncs, pei'dait toujours les Polonais par les Polonais euxmêmes.

Les rnarneureux Polonais n'ont été que trop longtemps divisés par leurs opinions politifpies. Ils dilléraient dans kuis idées, quant aux ]»rincipcs sur lesquels la libci té et l'organisation sociale devaient être fondées , mais ci la différence des opinions, qai iTélaiL {.as couiiable en elle-même, l'esprit condarnuable de l'amour-propre, des vues pa'.iicuîièrcs se mêlaient à roijiiiifiireté; et le i)encbant à se lies avec les élrangei's ne j)Ou\ait aboutir qu'à ramjjcr bassement sous leurs oidres.

La mesure des maux et des souflrances est comblée. Lï'itoque est venue où la (h'slinée de la Pologne doit vÀw. eiiiin décidée. C'est à prt'sciil, r.u j.im,ùs, (|U'' lous les esjiriis doivi-nl umuIio au même bul. I'iu> de d'>uli', plus de cDnlesIaliniis, cl laissons cl l'écart les Irailres déj;\ c(;mnis, ou les làciies qui, datis la dcruiè/'c agonie de la patri'!, snni encore sourds à sa voix cxpir.mte.

L'insurrccliun .ictucllc leiid ii rendre ù la Polognn sa liberté et son indépendance, et elle laisse à la volonté de la nation à décider, dans vu lonips plus propice, la forme du g-ouverne~ nient qu'elle voudra se donner. Ainsi les discussions sur les opinions sont suspendues, et l'objet sacré et évident de l'insurrection doit rjissernjdcr tous sous les mêmes drapeaux et uriir ceux-là ménies que maints motifs ont divisés jusqu'à présent.

G'est ce jour, c'est ce moment qu'il faut donc saisir avec le plus grand zèle. L'ennemi déploie toute sa force pour le faire avorter, il aura recours aux armes, mais c'est le moyen îe moins dangereux dans ses mains. L'important pour nous, c'est d'opposer la masse imposante des hommes libres, contre la cohue des esclaves épouvanU's. La victoire, n'en doutez pas, sera fidèle à ceux qui combattent jioar leur propre cause. 3Lais les manœuvres insidieuses avec lesquelles ils nous ont viuncus jusqu'à ce moment, ces vipères qui nous mordaient Iraîtreusemcnt, ce perfide machiavélisme qui nous nuisait sans cesse, voilà ce qui nous importe de déjouer, brisons ces épouvantables insiruments; veiilons-y alienlivement, que tous les citoyens n'aient qu'un sentiment, et que le glaive menaçant do la justice frappe partoui où osera se montrer la duplicité et la trahison.

Ainsi donc, la des.tince de la Pologne dépend de la destruction de la double force employée par nos ennemis, celle du glaive et celle de l'intrigue.

C'est ici que je dénonce à la niilion. les moyens ] o''lides que les Moskovile.-. emploient jioor ii.ius perdre. Ils cbercbent à excikr contre Jious le j'euple des canqjagnes. Ils lui exagèrent 1(! pouvoir urbilrairn des jtrojjriélaires, son ancienne misère, if; lui proiiMûieiit d'améliover son sort i>av l'iniluence do Calliei ine 11, et en niènu! tenq)S ils h^ poussent à piller avec eux les maisons des jiropiiélaires. La sirni)licilé tronquée peut tomber, et ne loml)e (|ue lrop> souvent en effet dans de tels pièges, et per.^oniK- i.'ignoic. ce fait, <pi'! If-. .Mosî.oviies ont revêtu do leur uniforme! les paysans crédul-.-s qu'ils aviient uompés, et ceux <prils aviuent forcés de les .suivre.

.l'avoue avec douleur q\u; le trailemrnl iidunnaii: <iue le peuple (les caiiiji.igues éjirouve dans quelques endroits, l-iurnil

. ■fc>brt;ritiï^u..i.-. ■! ia...i:2^ — *« iSi."Jii=««ai*u s

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le prétCÀlc plausible aux Moskovites de calomnier la naiion enlière. Je reçois fréquemment des plainles de la part des soldaf i eî de?, nouvelles recrues ; non-seuleraenl, disenî-ils, leurs feniiiies et leurs eufiinis ne leçoivent aucun adoucisse;neîîl, mais on semble encore ag^Taver leur situation , comme pour les punir de ce que leurs époux et leurs pères servent la République. iJe pareil.<; procédés, dans plusieurs endroits, ont lieu, sans doiiio, ii. Tinsu et contre le vo?u des })ropriélaires; mais dans queiij'jc.s auti'es, ils ne }ieuvent qu'être l'effet delà mauvaise volonté, ou des suggestions de l'étranger, qui, p;\r ce moyen , cherche à refroidir l'enlhousiasme palriotique du peujde.

Cependant, quelque chose qu'on fasse, rhumanilé, la justice, le bien public nous ont indiqué des moyens aussi faciles que sûrs pour déconcerter ces cî'irninels projets. IMiblioMs hautement que ce n'est jias de cette époque seulement que le peuple doit jouir de la protection du gouvernement, mais que celte protection lui était assurée en vertu d'anciennes lois sanctionnées par la nation. Déclarons (jue l'homme opprimé a un refuge assuré auprès des commissions du bon ordre dans ch3que j)jlnlii)al respectif, que le persécuteur et l'oppresseur des défenseurs de la patrie seront p'unis coinme ennemis et comnîe Iniîtres à la patrie. C'est à moi à indiquer les moyens d'y arriver. Ces moyens seront toujours conformes avec la justice d'une jiulion magnoîiinie, chers aux âmes sensibles, cl ne portant qu'u.i bien léger sacrilice à l'intérêt personnel.

Je recommande donc, tant au conseil provisoire de Varsovie qu'aux commissions de terres et districts, de publier ri'nivnrsal actuel, et de sur\ ciller h. son exécration ic jdus ccnsciencieuscmejit juis.sihlc.

1" Le peuple, en v^rîu de la loi, n-le et joui( do Lt .'intcction (h) gniivei-iM'iiienl national;

fr Cli:i:;ue pa\san est libre de sa personne, il jicui s'él.d)lir <«;i lv,u lui plaira, {jourvu qu'il fnsse ;\ la commission du brn onhe de son palalin.'-t ia déclaration du lieu où il i)rojelte de s'éti'blir, qu'il paye ses dcl'i .> s'il i u a, et qu'il acquitte bs in> ])osiiions publiques (ju'il devra.

3" Les jnui'S de travail que les jjayraiis il"iv:^Ml auv projiiiL-

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t^ircs sont r'duils et réglés de la manière suivante : celui qui devait six journées par semaine, ne travailleni que pendant qualie jours ; celui qui devait travailler cinq jours, ne travaillera que pendant trois; celui (jui devait trois jours, ne travaillera que ]>e;idant deux ; celui qui devait deux jours, ne tiavaillera que pendant un seul; celui qui devait un jour par semaine, ne travaillera qu'un jour en deux semaines ; et soit qu'on employât une ou deux personnes par son travail, on sera désormais dispensé de les enjjjlo^er les jours où on aura été exemple de travail,

4" Les autorités locales veilleront à ce que les biens de ceux qui servent la République ne se délérioi'ent j.'as , et que la terre, qui est la source de nos ricliesses, ne reste nulle part inculte, ce à quoi, dans chaque village, doivent concourir les propriétaires et les paysans.

r»" Ceux qui auront été requis en pospoUte ruszenie, sont dispensés de toute corvée pendant le temps qu'ils resteront sous les armes; ils ne recommenceront à y être obligés que de l'époque où ils retourneronl Uans leurs foyers.

6° Aucun propriétaire ne peut ôler au paysan le champ qu'il possède, lorsqu'il remplit les obligations qui y sont attachées, selon la règle ci-dessus détaillée; il faut pour le déposséder, que le propi'iélaire prouve, devant la juridiction locale, que le paysan ne satisfait pas à son obligation.

7° Si quelque commis, économe ou administrateur des projiriétaires , enfivint le présent règlemerit et exerce quelques actes d'op[)r< bsion à i'égaru du peuple des campagnes, il sera saisi, traduit devant la connnissioji du bon-ordi-e, et envoyé devant le tribunal criminel pour y être jugé et jiuni.

8" Si les jn-opriélaircs, ce qu'il me coûte de supposer, ordonnaient ou exerçaient de pareils actes d"ojqM'cssion, ils seront traduits devant les tribunaux, connue coupables de vouloir faire échouer la cause saci ée de l'insurrection natiouole.

9" llécipioqiKincnl, le peu]»!c des campagnes jouissant de la justice cl de la b(uilé du gouvernement, doit s'accpiitler avec zèle des joiiiN de travail auxquels il est obligé selon celle or- (loimance ; il doii t'ire docile aux lois, et ne pas négliger l'éconouiic j-urale; au contraire, il doit tâcher de cultiver la tenc

• *>ciW- iWat>. sfcAFfftW ■

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et de rense.mencer. Et comme c'est l'intérût de la pairie qui KO'JS a engagés à faire cette diminution dans les charges du peuple, que les propriétaires supportent par amour du bien public, et qu'il importe (juc les terres des propriétaires ne restent pns incultes, Jes paysans ne doivent pas refuser de leur louer tant de travail, moyennant un salaire convenu.

10" Pour que l'ordi'o poit obsrrvé et mrtintenu dans tout le pays, et que cette ordonnance soif pcnctuellemenî exécutée, les commissions du bon-ordi'C diviseront en cantons les palatinats et les districts, de manière que chaque canton renferme au moins mille, et au i)lu3 douze cents cultivateurs. On donnera à ces cantons le nom du village ou du bourg j.irincipal, et ils feront cii'conscrire les limites de ces cantons, de manière que la commmncaiion critrecuA soit facile.

11° Dans chaque confon, il sera nommé pour surveillant, un homme rccom.m.andahie par sa capacité et sa droiture. Ce surveillant, outre les devoirs qui lui sont imposés dvins l'organisalion de la com.mission du bon- ordre, recevra les plaintes du peuple en cas d'oppression, et celles des propî'iétaires en cas d'insubordination du peuple. 11 jugera le? difï'érends, et dans le cas où }c:i deux parties ne voudraient pas s'en rapporter à sa décisii.-n, ii les renverra par-devant ïa connnission du bonordre.

12'^ j^a justice rendue au peuple, dont il voit l'ciTet dans l'allégcment de ses charges, doit l'animer encore jilus au travail, à la culture des terres, et à la défense do la patrie. Si quelques hommes tuil)ulenis, abusant de la justice et de la bonté du gouvernement national, détournaient le peuple du travail, rexcitai( nt à des violences contre les propriétaires, les dissuadaient de défendre la patrie, les connuissions du bon-ordre dans Icujs palatinats, et lunrs districts respectifs, les feront arrélei-, ei les envei'ront au Iribui'.al criminel, l^cs commissions dii bon-ordre surveilieiont pareillement les vagabonds qui abaiidomieraient leurs musons. Elles doinicronl des ordres pour li's faire arrétei-, et si, api'ès Tixauic ii fait de leur conduite, il est jirouvé que ce S';iil de vrais fainéants et vagabonds, on les einploieia aux travaux publics.

13" Les ecclésiastiques étant les plus proclics instituteurs du

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peuple doivent lui exposer ses devoirs cnvcrf> îa jiatiie q\ii eA la j'î:io tCL'drc rcère. Ces mômes rcclésio.sîiques doivrnl lui faire voir qi; en cultivant sa terre et celle de prcpii(''laiJV:3, il sert la patrie îuissi ulilen-enl que le f;n.errier qui la défend contre îer, ravages et ler. r&piaes de ia soldatesque eiiricmie, qu'en accomplissant ses obligations, qui sent allégées par la présente ordonnance, il ne fait autre chose que s'acquitter de. ce qu'il doit anx propriétaires pour les terres qu'il tient d'eux.

14" Les ecclésiastiques des deux rites proclameront dans toutes les églises cctUniversa] pendant quatre semaines consécutive^^. En outre, les commissions du bon-ordre choisiront, soit dans leurs membjes, soit parmi les citoyens zélés pour la patrie, des personnes qui seront tenues de se rendre dans toutes les commuiîes et toutes les paroisses, où elles assembleront ic peuple, et 'iront cette ordonnance, lui feront voir que le nouvel ordre de clioses que rinsvurec'.ion nationale veut établir, a pour objet son bonheur, et enHn elles tâcheront de le pénétrer de sentiments de ro:;onnaissance et d'attachement pour la République, .'îtin qc'i) concoure de toutes ses forces h la défendre;.

T. Kosciuszho.

Ticdaraîvjn dô Qucrrc tlo la part de CAulrlclic à la l'ologae. A'j qitarlior géniirnl à Wielowies, le oO juin 170i'.

(lommc S. M. impériale, royale, aspostolique ne peut

plus considérer avec indiijéience les troubles qui ont éclaté en Pologne, et qui peuvent avoir û(ii, suites funestes pour la sArelé et lu trancpviillilé des Ktals qui sont sous ia domination de Sa I^bjer.îé, elle a, en conséquence, jugé nécessaii'C de me faire parvcjiir Cws, ordres, afin qiu^ j'entre avec le corps de l'armée qui est sous mon coiriinamlcment, sur le territoire polonais, pour éloiguer j)ar cette mesure tous les dangec^^ auxquels le.s ]ror.tirr(.s iJi; \\ Ci.di'-ie pourraient être exposées, ainsi que. pour garantir la sûrcl'' et la tranquillité des Ktnts de Sa Majesté.

.le déclare dnnc, jiar li pré-cule, (|r.v. lo:is ceux qui si* conduiront tranquillenu-nt, auia aUnient. avec modération v\ iWvAc )n.:u.'i>re convcnald.,- (mecs les mili!aire'< aulricliieir^, j)'.>nr-

J. 0|.;!).,ki, ih'imntrs, \. !, j>. .'iln.

jiiitfTr'É' 'iffini^B' ' 'ii,ii^-^'7,Mt''i''ti~f^-^^'''itiK '•'itr''''^'^i^^^^ \iti-:iii^tii:v^SidCÉ3i:::î:di:-..M

3S0 rOLOOKE.

ronî jouir de la haute proLeciion de Sa l\iajcslé, el Irûuveront une pranlic delà sûreté dti leur personne, ainsi que de leurs propriétés et de leurs biens; et ceux, au contraire, qui se rendraient coupables d'une résistance imprudente, seront livrés

à la sévérité des lois militaires. Joseph, comte crArnoncouri.

Proclamai ion du Conseil suprî:mc na'ioncd aux habtUniîs de la Grande-Pologne^ à l'occasion de leur licurcusc insurrection, qui a amené la retraite des arm^'cs p russo-russes assiégeant Varsovie.

Varsovie, 7 septembre H'J'i'.

Vous vous êtes insurgés, concitoyens, pour secouer le joug de l'esclavage que la cupidité sans bornes de nos voisins el la vénalité de quelques Polonais (plût à Dieu qu'ils ne fussent pas nés sur une terre libre) vous avaient imposé. Personne mieux que vous, citoyens, ne peut sentir la diflerence qui existe entre un gouvernement créé par soi et les décisions d'un despote menaçant, car vous avez fait rcxpérienco des deux par une singulière fatalité. Mais aubsi personne ne peut avoir un plus grand droit quc voue h l.i reconnaissance de 1;* patrie, que vous avo: entrepris d'appuyer par voire courageuse déterminaiio'), et défendre son intégrité coniie ks spoliateurs, les annes à h main.

Vous vous êtes insurgés, citoyen.,, et Dieu n'a pas manqué de bénir votre insurrection, car elle éi.aît nationale. Les coborte.^noml)reu.scs de spadassins oui tremblé, h la première renommée do vos efiort;>. K'.l'^'; .'•onl Acnues soi;s les murs de la capitale, en meni:çant téméralrcinent un peuple libre de le cbargtT de fers déj\ préparés, et bientôt ell(^s ont dû se retirer lionteusement h Ja iaveni ae 'a nuit, et onl .'^ervi d exemiilc m;nnfeste à tout eriv.diisscui', que ia spoliatioji d'une terre iibr." i. • peut être impuiiie.

Ce n'est pas pour la prcmièi'e fois que cc^ armées exercées de longue date et r(;pu'ét'C invincibles se déliandeul >t)u.-^ bs armes. Les bCvles méiiu>. les plus nombreuses se débarnb-nt iiér,essai!...me!U là où i<: citoven combat pour sa pairie je mercenaire (pii reçoit quelque gros de colde. Que peut une cobue

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