etioJ^lio, Ami. po.'on. A.i
Proclamation du ComcH s.iprniie nalionui au ]
l'occasion de la capiiciir de Ko^dusrho, cl de !o. - ■unaiicr-. de Thomas Wawrzeçki, au vosic n,; gcncralissime.
v'arsovie, 12 octobre ."'A-.
Citoyens, Vous vous êtes insurgési dans le but sacré de recouvrer Vvti liberté, et de sauver la patne; prêts à périr, vous avez déciaree. garanti par un serment si^lcnnei et réciproque f{uotût/5 suppûrlcrez laplus cruelle advcrsilc, 1rs plus grands malhiurs, et que ceux-ci ne sauraient ébranler en vous la vcriu civique.
Il a plu actuellement à .a Providence, qui ^ou\ ci ne le sort des nations, d'éprouver la consiance de votre esprit. Le citOvL?. Thadée Kosciuszko, élu .généralissime par vous, d(, ■.i foac .. mée nationale, est tomné au pouvoir de i'eimenii, après av.'ir livré une bataille san-iante Ce triste événement ic;r'y;;iiî cœurs d'un juste attendriss'^nent. En proie à i .x..' ■..../.,.• regret, rendez homma^o à la vertu d,.- celui qui a été l.\ ■.•..■..:, .e de son amour de la patrie, .ii:iis,citoyc,js,evi:ez le iic^cioC:r -i.;L£ sa destinée ne soit pas ie tombeau de l'espoir de roc».. . e; votre patrie. Rappelez-vous la sainte devise. <t Mourir ou >., . . xù. :, Persévérez dans l'unin- .iespni. Redoublez de coura...: et de zèle, et le Dieu clément bénira encore la bonne ca,.>^.
Le Conseil suprême national vous assure qu'il sera l'ii.ae à so^i poste, qu'il défendra la liberii avec votre conc jr.- eu qu'il périra avec sa chuie. Il accomplit le devoir qui it^ i elé i/r.pos.par l'acte de Krakovie, et il a élu le général Thom. i Vi'i\t.2tçki généralissime. Vous connaisse.'., -itoyens, le carc.cii ;. de cet homme, vous connaissez ses vertus civiques ei iTlIiiCiuei,. Conseil a l'espoir que vous ne vous découragerez pas d;. ■ malheur, mais que vous rasse;;.ulcrez toutes vos forces j. sauver la patrie, et qu'appuyé par votre énergie c! voir: : rage, il saura encore continuer la défense du pays ei de i:: ^^^^è. Thadé Dcmbowski, président.
Thomas Czech, secrétaire.
j 1. Archives du Conseil national.
Lettre de Kosciuszko au comte de Ségur, auteur de la décade historique relative au prétendu finis poloni^, du 1 0 octobre 1794. Paris, 20 brumaire an XII = 31 octobre 1803'-
Moiisieur le comte, En vous remettant hier l'écrit relatif à l'afTaire de M. Adam Poninski, sur sa conduite dans la campagne de 1794, il y a encore un autre fait qui se rattache à la malheureuse bataille de Maciéïowiçé, et qu'il me tarde d'éclaircir.
L'ignorance ou la mauvaise foi s'acharnent à faire mettre dans ma bouche le mot de finis Polonix, que j'aurais prononcé dans • cette fatale journée. D'abord, avant l'issue de la bataille, j'ai été presque mortellement blessé, et je n'ai recouvré les sens que deux jours après et lorsque je me suis trouvé entre les mains de mes ennemis. Puis, si un pareil mot est inconséquent et criminel dans la bouche de tout Polonais, il le serait beaucoup plus dans la mienne.
I La nation polonaise, en m'appelant à défendre l'intégrité, l'in-
I dépendance, la dignité, la gloire et la liberté de la patrie, savait
bien que je n'étais pas le dernier Polonais, et qu'avec ma mort, ] sur lechamp de bataille ou autrement, la Pologne ne pouvait pas,
! ne devait pas finir. Tout ce que les Polonais ont fait depuis,
' dans les glorieuses légions polonaises, et tout ce qu'ils feront
i encore dans l'avenir, pour recouvrer leur patrie, prouve suffi-
1 samment que, si nous, soldats dévoués de cette patrie, nous
j sommes mortels, la Pologne est immortelle, et il n'est permis
I à personne ni de dire ni de répéter l'outrageante épithète de
,• finis Polonix!
,[ Que diraient les Français , si, à la fatale bataille de Rosbach,
:] en 1757, le maréchal Charles de Rohan, prince de Soubise, s'é-
1 criait : finis Gallix ou si on lui faisait dire ces cruelles paroles
i dans ses biographies ?
; , Je vous serai donc obligé de ne pas parler de ce finis Polonix
' dans la nouvelle édition de votre ouvrage, et j'espère que l'au-
torité de votre nom imposera à tous ceux qui, à l'avenir, voudraient répéter ces mots et m'attribuer un blasphème contre j lequel je proteste de toute mon âme.
' 1. Zenowicz Georges, Ses j)apier#.
C'est mon cousin et mon élève, Jejeune Georges Zenowicz, qui aura l'honneur de vous remettre cette lettre. Quoique son intention soit de se vouer à la carrière militaire, il sera néanmoins heureux de pouvoir mériter votre bienveillante protection, si jamais les circonstances le mettaient k même d'en profiter.
Veuillez agréer, monsieur le comte, l'assurance de ma considération la plus distinguée. t. Kosciuszho.
Proclamalion du Conseil national au peuple polonais, relative à la comluite humaine envers les prisonniers russes qui se trouvent parmi les Polonais.
Varsovie, 14 octobre 1794'.
Le Conseil suprême national.
Citoyens!
Des bruits contraires à ceux dont le Conseil suprême national vous a fait part dans sa proclamation du 12 circulent dans cette capitale, relativement à la captivité du généralissime Thadée Kosciuszko, par l'ennemi. Le Conseil n'a pu et n'a pas voulu vous cacher cette vérité des plus affligeantes, car il vous la doit toute pure, car il veut justifier votre confiance par sa franchise et sa sincérité! Le sentiment d'une perte si grande et si inattendue provoque la facilité avec laquelle on prête l'oreille à des bruits mal fondés, quoique consolants. Mais, en môme temps, le Conseil vous avertit que ces rumeurs peuvent avoir leur origine de distraire et affaiblir la respectable affliction, dont sont pénétrés tous les citoyens à l'idée du malheur arrivé au généralissime. Le Conseil est convaincu, relativement ù vous, citoyens, que votre chagrin, vos plaintes sur l'adversité constante du sort, les larmes sensibles que vous répandez, sont unis au désir et à l'intention de venger sur l'ennemi même la perte individuelle du généralissime.
. Quand le Conseil parle de vengeance à exercer envers l'ennemi, il n'entend pas exhorter à se venger sur des personnes inoffensives de la nation moskovite, soit prisonnières de guerre, soit en lieu de sûreté. Il faut respecter, leur sort, et par égard pour l'humanité et par égard pour nos guerriers, qui sont cou-