Chodzko, À.nn.Tpolon. Us
ANiNÉE 179/1.
présume pas de le prévoir, mais je crois certain que ce qui vous sera le plus véritablement glorieux, ce qui rendra trois millions d'hommes le moins malheureux, aura toujours le plus de droits à vos déterminations.
Puissiez-vous, madame, agréer ce que votre grand caractère me donne la confiance de vous représenter! Puissiez-vous agréer en même temps l'expression des sentiments dans lesquels je suis, etc. Stanislas-Auguste, roi.
Réponse, de Catherine II à la lettre de Stanislas-Auguste du 21 novembre.
Saint-Pétersbourg, 2 décembre 1794'-
Monsieur mon frère ,
Le sort de la Pologne, tel que Votre Majesté me le dépeint dans sa lettre du 21 novembre, est une suite des maximes destructives de chaque ordre, et de toutes les institutions sociales que les Polonais ont puisées dans l'exemple d'un peuple abandonné à tous les égarements.
Il n'a pas tenu à moi de prévenir leurs suites terribles et de fermer l'abîme entr'ouvert sous les pieds de la nation polonaise par ses séducteurs, et où ils ont réussi à l'entraîner. Toutes mes sollicitudes, toutes mes peines ont été payées d'ingratitude, de haine et de trahison.
De tous les maux qui accablent aujourd'hui ce peuple, celui d'une disette prochaine est le plus terrible. Je donnerai mes ordres pour le garantir, autant que je pourrai, de ce redoutable fléau.
Cette calamité, réunie à la connaissance que j'ai des dangers auxquels Votre Majesté a été exposée au milieu d'un peuple effréné, me fait souhaiter qu'elle quitte sans délai celte ville punissable, et qu'elle se rende à Grodno. Le feld-marédial comte de Souvoroff Rymniksky a l'ordre de vous le proposer et de faire tous les arrangements convenables pour vous amener ici d'une manière aussi sûre que commode. Votre Majesté connaîtra mon caractère. Il me rend incapable d'abuser des avantages que la bonté de la Providence et la justice de mes