Chodzko, Uist. des Légions polon., 1. 1, p
1 (w ^22 POLOGNE.
• • troupes nationales, sera commun aux corps polonais; c'est-à-
dire, selon les règlements des troupes françaises •
5° L'administration générale de la Lombardie délivrera les brevets aux ofliciers et employés desdits corps, en se réservant ■ t ■ le droit de présenter ses réflexions sur les individus, si elle le
juge nécessaire. Lesdits brevets seront aussi approuvés et signés par le général commandant de la Lombardie, comme directement autorisé ad hoc, par le général en chef de l'armée d'Italie.
6" Le peuple lombard. déclare qu'il regardera toujours les Polonais armés pour la défense de la liberté, comme de véritables frères, et non pas comme des troupes étrangères; en conséquence de quoi, l'administration générale leur accorde for- }H mellement le droit de véritables citoyens lombards, sans que*
,';'i^ cela empêche qu'il puissent se rendre à leurs propres foyers si
f'^ji ^^ cas l'exige, et que la Lombardie soit réellement reconnue
[■A libre, et qu'elle ne soit pas en actualité de guerre pour se sou-
' - i ^enir. Cet engagement sera publié par une proclamation adres-
-\ sée aux Polonais par l'administration de la Lombardie.
, Les articles 7, 8 et 9 des propositions concernant les détails
\i^ seront exécutés sans retard et avec le plus d'activité possible.
llj;' 10° Tous ces concerts seront présentés au général en chef de
■f'^'h l'armée d'Italie, pour les approbations et signature,
■j Milan, fait au palais de l'administration générale de la Lom-
bardie, ce 20 nivôse, an v: — 9 janvier 1797 , — de la Républifrançaise, et l" de la liberté de la Lombardie. Le général en chef approuve les engagements,
Bonaparte.
,,,j Porcclli, président. Yisconti, représentant.
'I Clavera, secrétaire.
•^«an Dombrowshi, lieutenant général polonais.
Proclamation aux Polonais, pour leur annoncer la formation ' des légions d'Italie.
Milan, 1" pluviôse an V = 20 janvier 1797.
Dombrowski, lieutenant général polonais, autorisé à former des légions polonaises en Italie.
A SCS concitoyens!
Fidùle h ma patrie jusqu'au dernier moment, j'ai comljattu pour sa liberté sous l'immortel Kosciuszko : elle a succombé, cl il ne nous reste' que le souvenir consolant d'avoir versé noire sang pour le pays de nos anc(Mres, et d'avoir vu nos drapeaux triomphants à Dubienka, Raçlawice, Varsovie et Wilno.
Polonais! l'espérance nous rallie! la France triomphe, elle combat pour la cause des nations; tâchons d'alTaiblir ses ennemis; elle nous accorde un asile, attendons de meilleures destinées pour notre pays. Rangeons-nous sous ses drapeaux, ils sont ceux de l'honneur et de la victoire.
Des légions polonaises se forment en Italie, sur cette terre jadis le sanctuaire de la liberté ;déj.\ des ofliciers et des soldats, compagnons de vos travaux et de voire courage, sont avec moi; déjà les bataillons s'organisent!... Venez, compagnons, jetez les armes qu'on vous a forcés de porter ! Combattons pour la cause commune des nations, pour la liberté sous le vaillant Bonaparte, vainqueur de nos ennemis.
Le triomphe de la République française, c'est notre unique espérance; c'est par elle, c'est par ses alliés, que nous reverrons peut-être avec joie ces foyers chéris que nous avons abandonnés avec des larmes !
Au quartier général de Milan, le l-^ pluviôse, l'an v de la République française une et indivisible : — 20 janvier 1797. Le lieutenant général polonais, Jean Domhrowshi.
Plan projeté par les patriotes polonais, réunis à Paris, pour la régénération de leur république.
Paris, ce 26 germinal au V = 15 avril 1797 '.
La Pologne, sans existence politique et sans représentation nationale , ne peut calculer la possibilité de sa régénération que sur l'intérêt de ses alliés. Son espoir n'est fondé que sur des événements qui cliangent la face de l'Europe , et c'esllàdcssus qu'elle doit fixer son système d'opération.
C'est sur ces principes que doit être basé tout plan projeté par les patriotes polonais , c'est aussi sur ces principes que reposeul les rétlexions suivantes :
La République française, qui triomphe partout de ses ennemis, trouve tous les Jours de nouveaux motifs pour se convaincre de la haine que lui porte la ilaiton d'Àulriche. Cette puissance, malgré les échecs continuels qu'elle éprouve , persiste obstinément dans le système de continuer la guerre. Elle restreint son
I ^ ' union avec les ennemis naturels de la France; elle cherche d'attiser le feu
{•■■ de la discorde entre cette nation et ses amis naturels; elle entretient la fer-
••j.-. menlalion dans l'esprit des voisins, elle enfante et nourritles dissensions intes-
1 i' ^ tines.
'. ^ ' Il n'est pas à douter, d'après cette observation, que la France, profitant des
, ï i circonstances favorables qui se présentent et de la supériorité de ses forces, ne
! ,\,^f veuille réduire la Maison d'Autriche à l'impossil'ilité de lui nuire à l'avenir par
F : ; des opérations soit politiques, soit militaires.
\ç J Les triomphes continuels de la république française ne l'ont pas mise encore
il ■ }' j jusqu'à présent dans le cas de n'avoir plus rien à craindre pour son gouverne-
■' ment et pour l'intégrité de ses possessions. La perte des Pays-Bas pour la Maison
. ■ d'Autriche, non-seulement elle est conlre-bnlancée, par les nouvelles accjuibi-
tions sur la Pologne, mais même ces nouvelles conquêtes, en arroîidissanl ses :
États, renforcent Irès-considérablement sa puissance dans le Nord. Les alliés |
naturels de la France ne sont point en état de balancer les forces réunies de I
l'Autriche à celles de la RU'^sie, et par conséquent, ils ne sauraient mainteoir }
l'influence de la République dans celle partie de l'Europe.
Le gouvernement français, qui conçoit toute la force de celte vérité, voulant
{• , , s'assurer le premier rang entre les puissances de l'Europe, maintenir l'équilibre »
'((;•'.), des forces politiques, ne peut point s"écarler de ses alliés dans les rapports po- j
litiques et commerciaux, et enfin consolider son existence et assurer l'intégrité i
i''"j de ses possessions, jugera sans doute indispensable de mettre la Maison d'Au- i
|. i triche dans l'impossibilité de lui être préjudiciable. C'est en partant de ces
•' 1 principes, qu'il faudra réduire la maison d'Autriche à se confiner dans ses
i possessions en Allemagne, et rendre l'indépendance à toutes possessions, ea
commençant depuis l'Italie jusqu'à la Galicie. C'est le vrai moyen d'affai- •.' ( blir les forces réelles de l'Autriche et d'augmenter celles de la France et de ses
■f',i alliés.
i,.^J Déjà des combinaisons politiques commencent à se réaliser soit directement,
soit indirectement. La protection marquée que la France donne aux républiques naissantes de l'Italie, fait présumer que si les Karinlhiens, les Kroates, les Slavons, les Hongrois et les Galiciens, en suivant l'exemple des Lombards, secouaient le joug de la Maison d'Autriche, leurs insurrections ne pourraient que convenir au système du gouvernement français sous plusieurs points | de vue.
En premier lieu, parce que tous ces peuples limitrophes, réunis par l'identité d'intérêts et d'opinions, formeraient une ligue fédérative assez puissante pour résister aux efforts de la Maison d'Autriche , et pour assurer leur existence politique, à l'instar des Suisses. '.
En second lieu, parce que toutes les nations nouvellement insurgées sous les I auspices de la France affaibliraient autant les forces de son ennemi naturel, qu'elles augmenteraient celles de la République française, pour faire face, soit à la Maison d'Autriche, soit à quelque autre puissance ennemie.
En troisième lieu, parce que la Porte-Ottomane, cet allié le plus ancien de la France, menacé de sa ruine du côté de la Russie, ne pourrait trouver de barrière plus efficace pour se mettre à couvert de ce danger, qu'en se séparant de la Maison d'Autriche, amie et alliée de la Russie, par les États de nouvelles républiques, pacifiques et tranquilles d'après les principes de leurs constitutions, ^ ennemies de l'Autriche par l'intérêt de leur propre conservation, et se confor- [ mant par système aux impulsions de la France.
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Enfin, novis ajouterons encore que la Mcdilerrancect l'Autriche, étant afTranchies par ce moyeu de la <loniination de l'Angleterre, le commerce du Levant, le plus lucratif jiour la France, pourrait reprendre cette supcriorilé dont il a joui pendant tant de siècles.
Voilà le fondement de notre plan, que l'état des circonstances actuelles nous suggère. Ce plan, dont l'exécution ne j^eut avoir lieu qu'autant qu'il répondra aux vues du gouvernement français, doit lui être présenté avant tout dans le dessein de lui faire connaître et les motifs de nos espérances et les moyens que nos propres forces offrent pour la destruction de son ennemi naturel, et pour augmenter le nombre de ses alliés.
Voyons à présent ce qu'il nous convient d'entreprendre pour l'effectuer avec autant d'activité que d'énergie.
l" Il est indispensable que trois de nos concitoyens jouissant de notre confiance et de celle de toute la nation, se rendent incessamment en Italie pour tenter d'obtenir du général Bonaparte, de l'aveu du gouvernement , que les légions polonaises qui sont à la solde de la Lombardie s'avancent par Trieste du coté de la Hongrie , et que d'un autre côté les Polonais épars en Valaquie et en Molda\ie se rapprochent du Danube, et tentent également de pénétrer par la Transylvanie dans l'intérieur de la Hongrie.
2° Pour rendre plus efficace la marche des légions polonaises , et faciliter l'insurrection en Hongrie, il serait nécesssaire que ces citoyens qui se chargent d'aller en Italie, choisissent deux de leurs compatriotes pour pénétrer dans la Hongrie, pour prendre des renseignements sur l'opinion publique, pour se concerter avec les patriotes hongrois, pour les informer de la marche des légions polonaises , et pour leur communiquer tout le plan, d'après les circonstances ultérieures; il leur sera remis une note exacte que nous avons entre nos mains, louchant les bonnes dispositions des patriotes hongrois, ainsi que des renseignements sur le local de la Hongrie.
3° Dans le dessein de faciliter et d'accélérer l'explosion en Hongrie, nous enverrons dans lomêine temps un émissaire chez nos patriotes en Galicie, en leur insinuant de ne point se compromettre par des démarches trop précipitées, mais d'envoyer sans délai plusieurs d'entre eux, connus par leurs lumières et leur patriotisme en Hongrie, avec ordre de communiquer à ceux des patriotes hongrois qui mériteraient leur confiance, notre plan, en les assurant de l'esjirit patriotique qui anime les Galiciens, et en leur faisant part de la marche des légions polonaises, pour former un noyau de forces militaires en Hongrie.
Quant à ce qui regarde l'acte d'insurrection des Galiciens, il devrait être conçu en Hongrie, prenant pour motif que les Galiciens et les Hongrois ayant été jadis sous la domination des princes russiens ou ruthéniens, et ensuite sous celle de la famille des Jagellons, et n'ayant cessé d'être rapprochés parles principes de liberté et par les liaisons d'amitié et du bon voisinage, réunissent présentement leurs efforts communs et inséparables pour secouer le joug des Allrmands. Cette démarche circonspecte, en manifestant les intentions des Galiciens, les mettrait à couvert des hostilités russes, en cas que ceux ci soient déterminés d'embrasser la cause de la Maison d'Autriche, et au moins elle ne clioquerait point ouvertement les puissances intéressées au partage de la Pologne.
D'jprès les sentiments patriotiques et l'amour de la liberté qui caractérisent la nation hongroise, il ne faut pas douter de l'énergie qu'ils mettront dans leur explosion lorsqu'ils seront informés des intentions de la République française à
j); leur égard. Il faut observer encore que l'absence de l'archiduc Joseph, palatin
*; de Hongrie, et le départ de tous les principaux magnats du pays pour Vienne,
ne contribuera pas peu à lever les obstacles que l'insurrection pourrait éprouver.
4° Les citoyens polonais qui vont se rendre en Italie, entretiendront une communication exacte avec les émissaires de Galicie qui se trouveront en Hon- • |1 grie pour concerter, d'après les événements, le moment où les Galiciens pour-
ront agir par eux-mêmes sans compromettre la cause commune.
5° Ils s'adresseront aussi aux gouvernements respectifs des nouvelles républiques naissantes en Italie, pour leur faire connaître l'inté.'-ct qui doit les conduire à faire une diversion aux forces de la Maison d'Autriche, en appuyant notre plan. Et, pour f;iciliter la formation de la légion fédérative, ils devraient les engager à faire des adresses aux Kroates, Slavons, Dalmales, Hongrois et Galiciens; il ne faut point douter que toutes les nations dépendantes de la Maison d'Autriche s'empresseront de secouer le joug qui les opprime, et les Dalmates, vexés parles Véniiiensetpeu accoutumcsà subir l'esclavage, embrasseront le plan de la fédération dès qu'il pan-iendra à leur connaissance.
Letlre du général DombrowsJd au général Bonaparte en faveur de la cause polonaise.
Reggio , ce 22 messidor an V , = 10 juillet 1707 '.
Permettez-moi, citoyen général, d'être auprès de vous l'organe des sentiments de mes compatriotes et frères d'armes, qui se sont rassemblés sous vos auspices en Italie, et souffrez que je vous entretienne un moment des intérêts d'une nation f malheureuse. Je ne veux nullement vous retracer ici le triste
i tableau de nos malheurs; il serait trop long et trop afHigeant
i pour un homme sensible et ami de l'humanité; je vous dirai
i seulement que, depuis le moment où il a plu à nos ennemis de
nous rayer de la liste des puissances existantes, nous n'avons cessé de chercher tous les moyens propres à nous donner une y existence politique quelconque. 11 ne s'en présenta qu'un seul,
analogue aux circonstances et capable de remplir ce but. Ce fut celui de former un noyau de militaires polonais.
C'est alors que voyant l'impossibilité d'exécuter ce projet dans notre pays, nous avons unanimement jeté les yeux sur vous, citoyen général, comme le seul capable de faciliter nos f desseins et de nous protéger. Honoré de la confiance de mes
\ compatriotes, et approuvé par votre Gouvernement, je suis
venu en Italie, et j'ai trouvé en votre personne un appui pour toutes mes espérances. C'est sous vos propres yeux, citoyen