‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 48 sur 106 · Archives du sénat · texte numérisé non relu

Archives du sénat

ANNÉE ICOC. 451

Immédiatement après la mort du principal ministre de l'Angleterre, il nous fut facile de nous apercevoir que la continuation des négociations n'avait plus d'autre objet que de couvrir les trames de cette quatrième coalition étoufTée dès sa naissance.

Dans cette nouvelle position, nous avons pris pour ])rincipes invariables de notre conduite de ne point évacuer ni Berlin, ni Varsovie, ni les provinces que la force dos armes a fait tomber en nos mains, avant que la paix générale ne soit conclue, que les colonies espagnoles, hollandaises et françaises ne soient rendues, que les fondements de la puissance ottomane ne soient rafTermis, et l'indépendance absolue de ce vaste Empire, premier intérêt de notre peuple, irrévocablement consacrée.

Nous avons mis les Isles-Britanniques en état de blocus, et nous avons ordonné contre elles des dispositions qui répugnaient à notre cœur. Il nous en a coûté de faire dépendre les intérêts des particuliers de la querelle des rois, et de revenir, après tant d'années de civilisation, aux principes qui caractérisent la barbarie des premiers âges des nations. iMais nous avons été contraints, pour le bien de nos peuples et de nos alliés, à opposer à l'ennemi commun les mômes armes dont il se servait contre nous. Ces déterminations, commandées par un juste sentiment de réciprocité, n'ont été inspirées ni parla passion ni par la haine. Ce que nous avons offert après avoir dissijjé les trois coalitions qui avaient tant contribué h la gloire de nos peuples, nous l'offrons encore aujourd'hui que nos armes ont obtenu de nouveaux triomphes. Nous sommes prêts à faire la paix avec l'Angleterre; nous sommes prêts à la faire avec la Russie, avec la Prusse ; mais elle ne peut être conclue que sur des bases telles qu'elle ne permette à qui que ce soit de s'arroger aucun droit de suprématie h notre égard, qu'elle rende les colonies à leur métropole, et qu'elle garantisse à notre commerce et à notre industrie la prospérité à laquelle ils doivent atteindre.

Et si l'ensemble de ces dispositions éloigne de quelque temps encore le rétablissement de la paix générale, quelque court que soit ce retard, il paraîtra long à notre cœur. Mais nous sommes certains que nos peuples apprécieront la sagesse de nos motifs politiques, qu'ils jugeront avec nous qu'une paix

j 1 ^ 452 POLOGNE.

I î i ^ partielle n'est qu'une trêve qui nous fait perdre tous nos avan-

• tages acquis pour donner lieu à une nouvelle guerre, et qu'enfin ce n'est que dans une paix générale que la France peut trouver le bonheur.

Nous sommes dans un de ces instants importants pour la

destinée des nations, et le Peuple français se montrera digne de

celle qui l'attend. Le sénatus-consulte que nous avons ordonné

^;.|| de vous proposer, et qui mettrai notre disposition, dans les

;;V'iî premiers jours de l'année, la conscription de 1807, qui, dans

' ' K-' les circonstances ordinaires, ne devrait être levée qu'au mois de

•j: septembre, sera exécuté avec empressement par les pères

j* comme par les enfants. Et dans quel plus beau moment pour-

.•V rions-nous appeler aux armes les jeunes Français ? ils auront à

.; ^ M traverser, pour se rendre à leurs drapeaux, les capitales de nos

j^' ;*! ennemis et les champs de bataille illustrés par les victoires de

leurs aînés. Napoléon.

Par l'Empereur, le Ministre Secrétaire d'État,

» H. B. Maret. »

Manifeste du Tzar Alexandre I" annonçant à la Russie que si la

i Prusse succombe, c'est aux Russes à la venger et que les Fra7içais

\ seront vaincus.

,i Saint-Pétersbourg, lC-27 novemlire 180G'.

j Nous, par la grâce de Dieu, Alexandre I", etc., faisons part à

I tous nos sujets :

Par notre manifeste du 30 août = 11 septembre, nous avons donné connaissance de la situation des choses entre nous et le j' Gouvernement français.

•• Dans une position aussi peu amicale, la Prusse formait seule

; encore un rempart entre nous et les Français qui s'étaient établis

\ dans différentes parties de l'Allemagne.

Mais bientôt le feu de la guerre ayant éclaté de nouveau, e: jj s'étant répandu dans les Etats prussiens, par suite de dilTérenles

I affaires malheureuses, nos propres frontières se trouvent aujour-

' d'hui menacées par l'ennemi.

I - ' Si l'honneur nous a guidé en tirant l'épée^ pour la défense

1 de nos alliés, à combien plus forte raison ne devons-noui ; ;,

' 1 . Archives de Russie.

ANNÉE lOOG. 453

pas lever le glaive pour la conservation de notre propre existence?

Nous avons de bonne heure pris toutes les mesures nécessaires pourêtreen état d'aller au-devant des événements même avant qu'ils aient pu s'approcher de nos frontières.

Après avoir donné à notre armée l'ordre de passer les frontières, nous en avons confié le commandement à notre maréchal comte Kamenskoï.

Nous sommes persuadé que tous nos fidèles sujets se joindront à nous dans les prières qu'ils adresseront à Celui qui dirige les empires et les succès des guerres; espérons que le Seigneur prendra sous son égide notre propre cause, et que sa puissance ainsi que sa bénédiction accompagneront les colonnes russes armées contre l'ennemi commun de l'Europe. Nous sommes également convaincu que les goubernies frontières s'empresseront, dans les circonstances actuelles, à nous donner de nouvelles preuves de leur attachement, et que, sans se laisser ébranler ni par la crainte ni par des illusions frivoles, ils poursuivront tranquillement leur carrière sous un gouvernement paternel et doux, et sous la protection des lois.

Enfin nous ne doutons pas que tous les fils de la patrie, se confiant dans la puissance divine, sur la valeur de nos troupes et sur l'expérience constatée de leur général, se prêteront volontiers aux sacrifices que pourront exiger la sûreté de l'Empire et l'amour de la patrie. Alexandre.

Par l'Empereur, le Ministre des affaires étrangères,

André Dudberg.

Arrêté de Joachim Murât, pour la formation de l'adniinistratioîi

polonaise à Varsovie, pour les pays polonais reconquis sur les

Prussiens.

Varsovie, 1" décembre 1806'.

Le grand-duc de Clèves et de Berg, lieutenant de S. M. l'Empereur

cl Roi:

Sur le rapport de l'ordonnateur en chef Mathieu Faviers : Considérant la nécessité de donner à l'autorité de l'administration publique

(le la Pologne-Prussienne, conquise, toute l'actioa et la force dont elle a besoin

Page 1