Archives du gouvernement provisoire
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pour assurer le service des subsistances et l'approvisionnement de l'armée française, arrête ce qui suit :
Arl.I. Il sera adjoint à la chambre royale de guerre et des domaines, ainsi qu'à la régence de Varsovie, les membres ci-aprcs désignés.
Clinmbrc royale. MM. Louis Gutnko-\vski grand chambellan de Lilhuanic, président; Antoine Ostrowski; Féli.v Potoçki; Jean Malachowski, référendaire de la Couronne; Stanislas Woyczynski, nonce de Rawa; Ignace Zaïonczek, ancien surintendant des finances: Michel Koclianowski, nonce de Sandomir.
Chambre de la n'gcncc. MM. Ossolinski, Staroste de Drohiczyn, président; le prince Louis Radziwill; Alexandre Potoçki, grand officier de la Couronne; Valenlin Sobolewski, Starcste de Varsovie; Gorzynski, général; Stanislas Soltyk, grand officier de la Couronne; Michel Gielgud, général.
Art. II. Les deux Chambres formeront, chacune en ce qui concerne leurs attributions respectives, autant de sections qu'il existe actuellement de branches d'administrations publiques; elles devront toujours se composer par moitié des anciens et des nouveaux membres.
Art. III. Indépendamment de toutes les administrations publiques, qui la concernent, la Chambre royale ainsi constituée, formera la commission des subsistances et approvisionnements.
Art. IV. Pour établir un centre d'action pour toutes les Chambres de guerre et des domaines existantes dans l'étendue de la Pologne conquise, la Commission est autorisée à leur donner des ordres pour tout ce qui est relatif aux subsistances de l'armée; elle embrassera, en général, toutes les opérations d'approvisionnement, et pour imprimer plus d'activité auxdites Chambres, elle déléguera près d'elle un commissaire ad hoc, qui veillera à l'exécution de ses ordres, et en rendra comfle.
Art. V. Son Altesse Impériale fera connaître à la Commission , par l'organe de son ordonnateur en chef, les dispositions qu'elle devra faire relativement aui approvisionnements.
Art. VI. Le présent Arrêté sera soumisà l'approbation de S. M. l'Empereur et Roi , il aura son exécution provisoire à compter de ce jour, et sera transmis dans les vingt-quatre heures par la Chambre royale à toutes les chambres administratives; expédition en sera envoyée à chacun des nouveaux membres.
Le grand-duc de Berg et de Clèves, lieutenant de S. M. l'Empereur et Roi ,
Joachim.
Trente-sixième Bulletin de la Grande- Armée y relatif à la Pologne.
Posen, 1" décembre 1806.
Le quartier général du grand-duc de Berg était, le 27 , à Lowicz.
Le général Benningsen, commandant l'armée russe, espérant empêcher les Français d'entrer à Varsovie, avait envoyé une avant-garde border la rivière de Bzura. Les avant-postes se rencontrèrent dans la journée du 26 ; les Russes furent culbutés. Le général Bcaumont passa la Bzura à Lowicz, rétablit le pont, tua ou blessa plusieurs hussards russes , fit prisonniers plusieurs kosaks, et les poursuivit jusqu'à Blonié.
Le 27 , quelques coups de sabre furent donnés entre les grands gardes de cavalerie; les Russes furent poursuivis; on leur fit quelques prisonniers.
Le 28, à la nuit tombante , le grand-duc de Berg, avec sa cavalerie, entra i
ANKÉE lOOG. 455
Varsovie. Le corps du maréchal Davout y est entré le 29. Les Russes avaient repasse la Vislulc en brûlant le pont. Il est (Jilficile de peindre l'entliousiasme des l'olonais. Notre entrée dans cette grande ville était un triomplie ; et les sentinients que les Polonais de toutes les closses montrent depuis notre arrivée ne sauraient s'exprimer.
L'amour de la patrie et le sentiment national est non-seulement conserve en entier dans le cœur du peuple , mais il a été retrempe par le malheur; sa première passion , son premier désir est de redevenir nation, et oiïrir leurs enfants , leur fortune, leur influence. Ce spectacle est vraiment louchant. Déjà ils ont partout repris leur ancien costume, leurs anciennes habitudes.
Le trône de Pologne se rctablira-t-il? et cette grande nation reprend ra-t-elle îon eiistenceet son indépendance? Du fond du tombeau Tenaîlra-l-clle à la vie? Dieu seul, qui tient dans ses mains les combinaisons de tous les événements, est l'arbitre de ce grand problème politique ; mais certes il n'y eut jamais d'événement plus mémorable , plus digne d'intérêt ; et par une correspondance de sentiments qui fait l'éloge des Français, des traînards qui avaient commis quelques excès dans d'autres pays , ont été touchés du bon accueil du peuple , et n'ont eu besoin d'aucun effort pour se bien comporter.
Nos soldats trouvent que les solitudes de la Pologne contrastent avec les campagnes riantes de leur patrie; mais ils ajoutent aussitôt: Ce sont de bonnes gens que les Polonais. Ce peuple se montre vraiment sous des couleurs intéressantes.
Proclamation de Napoléon I" à l'armée, en lui annonçant les faits
accomplis, et ceux quil y aura à accomplir contre les Prussiens
et les Russes, et qu'il prononcera sur le sort de la Polo<jne à
Varsovie.
Quartier impérial de Posen, le 2 décembre 1806'.
Soldats, 11 y a aujourd'hui un an, à cette heure même, que vous étiez sur le champ mémorable d'Austerlitz. Les bataillons russes épouvantés fuyaient en déroute, ou, enveloppés, rendaient les armes à leurs vainqueurs. Le lendemain ils firent entendre des paroles de paix; mais elles étaient trompeuses. A peine échappés par l'elTet d'une générosité peut-être condamnable, aux désastres de la troisième coalition, ils en ont ourdi une quatrième. .Mais l'allié sur la tactique duquel ils fondaient leur principale espérance, n'est déjà plus. Ses places fortes, ses capitales, ses magasins, ses arsenaux, deux cent quatre-vingts drapeaux, sept cents pièces de bataille, cinq grandes places de guerre sont en notre pouvoir. L'Oder, la Warta, les déserts de la Pologne, les mauvais temps de la saison n'ont pu vous arrêter un mo-