‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 61 sur 106 · Àrchivet de Prusse. — 2. Archives de Pologne · texte numérisé non relu

Àrchivet de Prusse. — 2. Archives de Pologne

couronné leurs eiïorts. Vous vous en convaincrez, citoyens, en lisant l'injonction suivante, qui nous a été donnée par la Commission de Gouvernement et aue nous insérons ici mot à mot comme il suit :

La Commission de Gouvernement.

Nous enjoignons au Directoire général d'anticiper, pour un instant, sur les déterminations officielles qui seront proclamées sous peu de jours, et de tranquilliser la juste sollicitude des citoyens , en les assurant de la manière la plus solennelle, que, bien que renfermé dans des bornes plus étroites qu'autrefois, le gouvernement de notre patrie sera déclaré et garanti constitutionnel, libre et indépendant; qu'il sera exclusivement et pleinement exercé par des nationaux; et que le souverain qui doit régner sur nous, adoré lui-même à. cauie de ses vertus, est de la dynastie de Saxe, de cette illustre maison qui nous a donné des rois dont la mémoire nous est encore chère. Notre langue mater- i nelle, conservée dans toute sa pureté, sera à l'abri de la décadence qui la menaçait; une protection tutélaire qui embrassera toutes les classes des citoyens; des lois dictées par la sagesse; des traités de commerce , conclus avec les puissances voisines, et auxquels rien ne pourra porter atteinte, seront les garants immuables du bonheur du peuple et de la prospérité générale. Notre armée, dont la bravoure réfléchie a fait tant d'honneur à la nation, sera maintenue et conservera sa nouvelle orgnnisation. Les personnes et les propriétés de tous ceux qui ont eu quelque influence dans la révolution actuelle, quelque pari qu'ils se trouvent, sont déclarées à l'abri de toute persécution et n'ont rien à craindre pour leur fortune. La présente injonction doit être insérée dans toule sa teneur et mot à mot dans la proclamation qui sera publiée par ie Directoire. '

Fait à Dresde, le 22 juillet 1807.

Stanislas Nalcncz Malachowshi, président.

Citoyens, nous sommes, il est vrai, renfermés dans d'étroites limites; mais le héros qui dicte des lois aune grande partie de l'univers, n'ayant eu en vue que le bonheur du peuple qu'il a délivré d'un joug étranger par la force de ses armes, s'est principalement proposé pour objet, dans la constitution qu'il lui donne, le maintien de ces prérogatives qui étaient si chères à nos ancêtres, et pour la défense desquelles ils s'exposaient sans crainte aux plus grands dangers. La liberté , l'indépendance , qui ont toujours été pour nous comme un en rie ralliement; voilà ce qu'il nous assure de la manière la plus solennelle.

La nation voit reportée sur le trône cette dynastie pour laquelle c!Ie a toujours conservé l'attachement le plus sincère. Nous allons être encore gouvcrnis par la maison de Saxe, le sort de notre patrie est confié à un monarque ciiérÉ pour SCS vertus. La langue de nos pères, cet idiome à la conservation iiui;ue; nous avons veillé avec tant de sollicitude, le regardant comme la dernière étincelle de la vie de la nation, nous est rendue pour toujours. Les dignités, Ici fonctions, les emplois ne seront gérés que par des régnicoles. La prûteclion, ^ assurée au peuple, nous rappelle les règnes de ces rois chéris, des Aleiandrc. , des Kasimir. Toutes les classes d'habitants jouiront des mêmes droits, (Jo ; mêmes prérogatives. Des traités avec les puissances voisines seront les garants dla sûreté du commerce, et de tous les avantages qui en découlent. Notre armci. dont les nobles efforts ont fait tant d'honneur à la nation , dont la gloire , l inircpidité et le dévouement patriotique seront transmis aux siècles les plus reculci,

notrearmée sera maintenue, et conservera son organisation actuelle. Le héros des siècles, à l'œil duquel rien n'échappe, a pris sous sa haute protection et mis à l'abri de toute persécution tous ceux qui se sont empressés à coopérer de tout leur pouvoir à la révolution qui vient de se terminer. Ils n'ont rien à craindre ni pour leurs personnes ni pour leurs propriétés. Le gouvernement actuel qui reste encore en exercice jusqu'à ce que la constitution, qu'on vous prépare soit solennellement proclamée, vous transmet par notre ministère ces lieureuses nouvelles. Un gouvernement libre, une dynastie, que nous chérissons à tant de titres, placée sur le trône; une protection éclairée embrassant toutes les classes du peuple; notre armée maintenue et jouissant de toute sa gloire; la langue de nos ancêtres conservée et devenue comme une autre propricié de la nation : telle est la récompense de tous les sacrifices que vous avez faits de tous les maux que vous avez souiïerts; vous avez fait revivre l'antique célébrité de vos ancêtres, leur gloire est devenue votre héritage, et vous la conserverez sans jamais la flétrir. Vous avez rendu leur antique splendeur aux provinces que nous recouvrons, et vous y jouirez, au sein d'une paix durable, de la gloire attachée aux grands exploits. On n'oubliera jamais qu'un seul mot du grand Napoléon vous a fait tous courir aux armes, et qu'imitant la noble bravoure de ses troupes victorieuses, vous avez reconquis votre patrie.

Varsovie, 28 juiUet 1807. Félix LubicnsJci, président,

Proclamation du prince Joseph Poniatowski, adressée aux légions polonaises.

Varsovie, le 5 aoilt 1807 '.

Soldats! revenu de Dresde où je m'étais rendu pour offrira Sa Majesté Impériale et Roi le dernier hommage de notre profonde vénération , au nom des troupes que j'ai l'honneur de commander, je regarde comme un devoir glorieux pour moi de vous rappeler les dernières paroles que ce monarque m'aadresstes à votre occasion :

a Je suis content m'a-t-il dit, des troupes polonaises; j'ai trouvé dans vos soldats du courage et de l'énergie; ils sont braves, intrépides, mais ils n'ont encore, ni la tenue ni l'esprit militaire, ils ne connaissent ni cette justesse d'exécution, ni cet ensemble qui caractérisent de vrais soldats. Mais, j'aime à le croire, une administration ferme et les loisirs de la paix leur donneront bientôt ces qualités qui leur manquent. »

Soldats, TOUS avez déployé assez de courage sur le champ de bataille pour assurer votre réputation aux yeux de ceux avec lesquels nous avons fait la guerre , mais vous n'avez point encore assez fait pour vous-mêmes et pour la gloire de la patrie. Elle exige de nous, outre les vertus militaires, l'harmonie, l'ordre, la disci[iline et l'obéissance. Le premier des guerriers, le héros de l'univers et des siècles , le grand Napoléon, a loué ce qu'il a trouvé de bon en nous , sous le rapport militaire; mais, d'un autre côté, il nous a fait connaître ce qui nous manquait encore. Glorieux de ses louanges, n'oublions pas les sages avis qu'il y a joints, afin qu'étant comme investis de tout ce qui exige la plénitude de notre vocation, nous puissions par la suite mériter de plus grands éloges de la part de ce souverain, et nous placer au rang de ces troupes qui répondent

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