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Convention de Dayonne entre l'Empereur des Français et le Roi de Saxe en sa qualité de duc de Varsovie concernant la liquidation et h payement de leurs créances réciproques.
Bayonne, le 10 mai 1808. ^.
(Voir Martens, N. R., 1. 1, p. 70).
Discours de Frédéric-Auguste, Roi de Saxe, grand-duc de Varsovie '
à l'ouverture de la première Assemblée du Sénat polonais, au {■
4" anniversaire du couronnement de Napoléon I", prononcé à f"
Varsovie, le 2 décembre 1808'. (.
Conformément à la constitution, avant que la Diète que je me propose de convoquer sous peu, soit rassemblée, j'ai appelé le -
Sénat pour qu'il remplisse les fonctions que la constitution lui :
impose. i'
Voulant donner plus d'éclat à l'Assemblée du Sénat, j'ai fixé i
pour sa première séance le jour solennel de l'anniversaire !
du couronnement de l'Empereur Napoléon, mon grand allié. '
Sénateurs, j'envisage un heureux augure pour l'ouverture de î
vos séances, dans ce jour consacré par la reconnaissance de la \ nation à celui auquel le duché de Varsovie doit son existence, sa ' ;
constitution et ses lois. \
11 m'est doux d'appeler des hommes connus par leur patrio- '
tisme et leur zèle à s'occuper des travaux dont ils sont chargés '
par la constitution dans la confiance que toutes leurs démar- [
ches ne tendront qu'au bien du pays, |
la guerre contre l'AnKleterre, et reconnut q\ie le sort des armes vous avait donné ie droit d'exii-'cr ce qui pouvait vous convenir. Il vous jura une amitié et une reconnaissance éternelles. Votre Majesté fut touchée de ce triste exemple des vicissitudes humaines; clic ne put voir, sans une profonde émotion, ce monarque, na,quère si puissant, dépouillé de sa force et de sa grandeur. Elle se montra généreuse envers la monarchie, envers le souverain envers la capitale. Elle pouvait ^(nrdcr ses immenses conquêtes; Elle en rcndji la plus grande partie. L'emjjire d'Autriche exista de nouveau. La couronne fut raffermie sur la tète de son monarque. L'Europe, ne vit pas sans élonncment cet acte de grandeur et de générosité.
Votre Majesté n'a pas recueilli le trihut de reconnaissance qui lui était dû. L'empeicur d'Autriche a bientôt oublié ce serment d'une amitié éternelle. A peine rétibli sur son trùne, égaré sans doute par les conseils trompeurs, il n'a eu d'autre vue que de réorganiser ses moyens de force et de se préparer à une nouvelle lutte pour le moment où elle pourrait être soutenue avec avantage. La guerre contre la Prus^e fit promptement connaître ces dispositions malveillantes. L'Autriche se hâta de réunir des armées en Bohême; mais la victoire d'Iéna vint déconcerter ses projets. Encore faible, manquant d'hommes, de canons, de fusils, elle remit à un autre temps l'exécution de ses vues hostil'-'S.
Le traité de Tilsit termina cette guerre; les armées victorieuses de Votre Majesté, qui occupaient le nord de l'Allemagne, restèrent oisives; elles envi. ronnaie.it le territoire autrichien; certes, si une politique ambitieuse eut guiJé les vues de Votre Majesté, si l'afTaiblissement de la monarchie autrichienne fui entré dans le calcul de ses intérêts, et si ces intérêts eussent été son unique règle. Votre Majesté, qui n'avait aucun ennemi, aucun mouvement à craindre sur le continent , à la tête de quatre cent mille hommes qui occupaient le grand duché de Varsovie, la Silésie et la Saxe, était toute puissante contre l'Autriche; Elle avait à lui demander compte des inquiétudes que sa conduite avait fait naître pendant la guerre de Prusse, et de Catlaro livré aux Monlinégrins, lorsque, par le traité de Presbourg du 2G décembre 1805, on devait le remettre à la France. Votre Majesté se montra indulgente envers celui qui était faible, Elle n'écouta ni ses ressentiments, ni les conseils d'une politique envahissante. Votre Majesté, aspirant toujours à la paix maritime, marcha droit à ce but, et pour l'altcindre plus promptement, Elle se montra empressée de terminer avec l'Autriche les diflérends qui existaient encore. Ua traité fut conclu à Fontainebleau en octobre 1807. Votre Majesté rendit Draunau quoique ce ne fût pas l'Autriche qui eût remis Caltaro entre ses mains. Les limites des deux empires furent réglées du côlé de Tltalie. Au moyen d'ua échani,'e TLonzo devint celle limite, qui, déterminée par la nature, semblait propre à prévenir toute contestation. Monle-Falcone, si importante à la sûreté <le Trieste, cédée aux Autrichiens, leur prouva qu'on n'avait sur leur territoire aucune vue d'agrandissement. Il fut reconnu par la noie même de M. de Metternich du 12 mars 1809, qu'il n'existait plus alors aucun sujet de discussion envers Voire Majesté et l'empereur d'Autriche. Dès lors, plus de plaintes, plus de demandes, sous les symptômes de la plus parfaite harmonie Voire Majesté crut pouvoir oublier et la guerre que l'Autriche lui avait faite sans aucune provocation, et les succès qui avaient honoré les armées françaises, Elle se livra à l'espérance d'une paix qui ne serait plus troublée. L'horrible expédition de Copenhague et les ordres du conseil du 1 1 novembre,
avaiont prouvé quo les Anglais no vonl.iiont i)as ilc puissance neutre. Leur conduite indigna toute rKuropc. L'empcrcurd'Autriclie voulut paraître iiarta'j;cr ce sentiment, et il rappela rnnilt.tssniieur qu'il avait à Lo?i<lrcs et ferma ses ports aux Ani^l.'iis.... Hiontôt les Iroubins de l'Kspn^çno éclalèrcnt; ils étaient fomentés par les Angl.iis. Lo roi Cliarlcs IV fut chassé do son Irôiio par son fds que conduisait lo duc do l'Infanladc et d'autres jiartisans des AiiKlnis, dont le but était do soustraire l'Ksiiaguo à l'alliance de la France; Votre M.ijesté voulut prévenir cette danKcrcvise victoire de ses ennemis ; elle s'opiiosa à IcursefTorts lorsque le malheureux roi Charles, biisé par la profonde douleur qu'il ressentait de rallentat dont il était victime, voulut résigner ses droits. Votre Majesté les accepta pour rétablir l'ouvrage de Louis XIV, pour renouer ce lien qui, pendant cent ans, avait maintenu la paix entre les deux nations. Le fanatisme des moines et les intrigues des Anglais, soulevèrent quelques provinces espagnoles. Alors on vit plus clairement ce qu'on avait fait qu'entrevoir avant la bataille d'Iéna. Le feu de la discorde et de la guerre allumée dans le midi, ranima les espérances de l'Autriche; elle crut le moment favonble pour anéantir le traité de Presbourg; elle arma. Un projet qui ne fut annoncé que comme système défensif , et qui cependant donna naissance à ces nombreux bataillons de milice avec lesquels l'Autriche menace maintenant d'envahir l'Allemagne, fut mis en exécution. Toute la population fut appelée aux armées. Les princes autrichiens parcouraient les provinces, répandant des proclamations comme si lamonarchie élait en danger et envahie par l'ennemi. Dès que Votre Majesté fut instruite de ces mouvements, elle me chargea de faire des représentations dictées par un esprit de paix que l'ambassadeur de celte puissance n'a pu méconnaître. Revenue de Rayonne à Paris. Votre Majesté s'est expliquée elle-même avec cet ambassndeur, dans un entretien du 15 août 1808 qui a retenti dans toute l'Europe et qui ne laissa aucun doute sur ses intentions pacifiques, exprimées avec autant de franchise et de loyauté que de grandeur et d'énergie. Votre Majesté prédit à M. de Metternich que ces armements commencés sans un motif apparent, inconsidérément continués, entraîneraient la guerre contre la volonté de Votre Majesté, contre celle de l'empereur d'Autriche et même contre le vœu de ses ministres, si ceux-ci revenaient i SCS intentions pacifiques tant l'impulsion donnée à un peuple, maîtrise ceux même de qui elle est partie , et qui ne peuvent plus arrêter le mouvement qu'ils ont une fois imprimé.
Peut-être, Sire, eut-il été d'une sage politique d'obliger, dans cet ins.'ant, l'Autriche à désarmer en la menaçant de toute cette force de vos armées victorieuses qui l'environnaient encore de toutes parts. Votre Majesté l'aurait fait s.ins doute , si elle n'avait préféré , pleine de confiance dans l'alliance de la Uussie, écouter l'opinion de cette puissance qui espérait que l'Autriche serait ramenée à des vues plus saines et à des dispositions plus pacifiques; d'ailleurs l'ambassadeur d'Autriche fit, à cette époque, à Votre Majesté, la promesse que CCS armements n'auraient pas de suite. L'empereur d'Autriche écrivit le 18 septembre 1808 à Votre Majesté pour protester de ses dispositions pacifiques. Le baron de Vincent, porteur de la lettre, renouvela cette assurance, Votre Majesté la crut sincère; elle donna à l'empereur François la garantie la plus «olcnnclle de ses vues pacifiques par la lettre du 14 octobre 1808, qu'elle lui écrivit au moment de son départ d'Erfurth. En même temps qu'elle réitérait, avec tant de franchise, ces assurances si propres à dissiper toutes les craintes, ti la crainte avait été le motif des armements de l'Autriche, Votre Majesté
invitait les princes de la Confi^dd-ralion à (lissoiulro les camps qu'ils avaient form(':s; elle évacuait les places de la Silésie, deux cent mille hommes de ses troupes abandonnaient l'Allemagne.
Mais c'est en vain que Votre Majesté a témoigné celte confiance. Sa jusij attente a été trompée. Les mesures militaires ont été poussées en Autriche avec plus d'activité; malgré la rigueur de la saison, les exercices de la milice ont été continués. Le port de Trie.^te s'est ouvert aux Anglais. Les bAiimentsfle guerre venaient y prendre des (lottes aulr. chiennes qu'ils convoyaient à Malte et qui de Malte portaient dans le Levant les marcinndiscs an^^lniscs. Les insurgés espagnols ont été accueillis et fûtes h Trif^sle. Le cliar^'é d'aiïaires d'Autriche en Espagne est devenu l'agent de la junle et le colporteur de sa correspondance au dehors. Les Fiais autrichiens ont fourmillé de lilielles contre la France; les gazettes de ce pays ont répandu des f.iusses nouvelles sur lej afTaires d'Espagne; leurs auteurs ont publié une relation de l'entière défaite des Français à Roncevaux, regrettant sans doute que le règne de Votre Majesté ne présentât que les prodiges de Charlemagne et non les fabuleux désastres. Aux mesures menaçantes et presque hostiles se sont joints tous les signes de malveillance propres à faire connaître le but de ces armements, et l'esprit de système qui embrassait l'Autriche.
Tels étaient les avis que Votre Majesté recevait en Espagne. Elle y avait porté la victoire ; les nombreuses armées espagnoles avaient été dissipées comme la poussière; l'armée anglaise s'occupait de sa retraite, et cette retraitai devant Votre Majesté l'exposait aux plus grands dangers. Un de ces hasards qui amènent les événements de la guerre fit connaître à Votre Majesté les liaisons des juntes espagnoles avec le gouvernement autrichien et la promess; de celuici de leur fournir cent mille fusils, promesse faite sans doute sans intention de la remplir, mais pour soutenir le courage des insurgés par l'exaltation d'uM trompeuse espérance. Enfin, comme si la Providence, qui a souvent veillé sur Votre Majesté, ou plutôt sur la France, et vous a conduit comme par la maio à travers tant de dangers qui ont partout accompagné vos prodigieux succès, eut voulu elle-même dévoiler la mauvaise foi et la perfidie de ceux qui n'osaient encore se montrer vos ennemis, la déclaration du roi d'Angleterre du IGdc- .cembre 1808 tomba entre vos mains. Voiro Majesté y lut ces phrases remarquables :
a Si parmi celles (les nations) qui préservent contre la France une indépendance douteuse et précaire, il s'en trouve qui, même en ce moment, balancent entre la ruine qui résultera d'une inaction prolongée et les dangers incertai.^i d'un eiïort pour échapper à cette ruine, la perspective trompeuse d'une paii entre la Grande-Bretagne et la France, ne manquerait pas d'être singulièrement funeste à ces nations. Le vain espoir du retour de la tranquillité pourrait ralentir leurs préparatifs ou la crainte d'être abandonnées à elles-mêmes pourrait ébranler leurs résolutions. »
Ainsi l'Angleterre elle-même avertissait Votre Majesté des préparatifs di l'Autriche. Ces préparatifs avaient fait échouer la tentative faite par les deui empereurs pour arriver à la paix maritime. Votre Majesié ne put plus duut^r qu'elle était menacée d'une autre guerre. La parole d'Erfurt était violée; l'Autriche s'armait contre son bienfaiteur; Votre Majesté dut se souvenir de ce qu'elle devait à son peuple, de ce qu'elle devait à ses alliés; elle renonça ivoc regret à la poursuite des Anglais. Qu'il soit permis à un ministre de Voir» Majesté, interprète dans ce momoût de l'opiaioa publique, do c«il« opimoa
flui se fonde sur quinze ans de victoires auxquelles rien n'est comparable, d'ajouter que, quelques grands qu'aient été les succès de vos lieutenants, fluelques talents qu'ils aient déployùs, Votre Majesté, conduisant en personne son armée, aurait obtenu de plus grands succès encore; aucun Anglais ne fut retourne en Angleterre. Votre Majesté fit ce sacrifice à la sûreté de ses États, jlle revint à Valladolid pour y donner les derniers ordres qu'exigeaient l'état Je l'Espagne, écrivit de 1;\ aux princes de la Confédération pour les engager à préparer leur contingent, mesure de simple précaution qu'appelaient depuis longtemps les craintes qu'ils avaient témoignées à Votre Majesté, et Votre llajcsté elTi'*tuason retour à Paris.
Votre Majesté veut faire une nouvelle tentative pour éviter cclto guerre qu'flle n'avait pas provo(iuée. Elle employa Tintervenlion du minisire des aîTuires étrangères de l'cmiiercur de Russie, qui était alors à Paris. D'après les ouvertures de Votre Majesté, il vit l'ambassadeur d'Autriche. Il lui fit la proposition d'un arrangement qui unirait les trois empires par les liens d'une triple garantie et qui donnerait à l'Autriche, pour silreié de l'iiitcgrilé de son lerritoire, la garantie de la Russie contre les entreprises de la France, et celle de la France contre les entreprises de la Russie; la garantie de l'Autriche était aussi acceptée par les deux autres puissances. Il est pénible de le dire, ces insinuations de M. de RoumianlzofT n'ont eu aucun résultat. Cependant, espérant encore quelques succès de ces ouvertures, et ne pouvant se persuader que l'aveugle délire qu'avait excité en Autriche une fraction vendue i l'An^'leterre étoulTerait entièrement la voix des hommes sages, éclairés et Tcritablement amis de leur patrie, Votre Majesté ne faisait aucun mouvement de troupes : ni celles de la Confédération, ni les divisions que Voire Majesté avait dans l'intérieur et qu'elle destinait à des expéditions maritimes ou à être envoyées au secours des colonies, n'avaient reçu l'ordre de marcher.
L'Autriche bientôt ne g;irda plus de mesures. Huit mois de préparatifs lui avaient donné, dans la milice qu'elle avait organisée, une nouvelle armée. Au milieu de février, les ordres furent donnés pour la mettre en mouvement, et pour faire marcher toutes les troupes sur les frontières. La monarchie fut tout entière sous les armes. Depuis longtemps l'Autriche faisait à Constantinople la guerre à la France; elle venait d'opérer le rapprochement de la Turquie et de l'Angleterre; elle allait enfin se déclarer ouvertement.
Cependant le C:ibinet de Vienne gardait encore le plus profond silence. Depuis Is traité de Fontainebleau il n'avait formé ni une plainte ni une demande. Votre Majesté avait eu à se plaindre de l'assassinat de ses courriers dans la Croatie, des insultes faites à Trieste à des officiers français, des violences exercées contre quelques-uns de ses sujets italiens; elle attendait patiemment le redressement de ces griefs, lorsque le 2 mars dernier M. l'ambassadeur d'Autriche vint m'annoncer que l'empereur son maître avait donné l'ordre de mettre ses troupes sur le pied de guerre. Il donnait pour cause de cette mesure l'avis adressé de Valladolid aux princes de la Confédération, quelques articles de journaux, et enfin le retour do Votre Majesté à Paris.
Votre Majesté m'ordonna de répondre par une Note, où me bornant à rappeler qu'il n'y avait entre les deux cours aucun sujet de discussion, je demandais ce que prétendait l'Autriche et à qui elle en voulait, exprimant de nouveau le désir de Votre Majesté de faire jouir les peuples de l'Europe de tous les bienlùu de la paix. M. de Metternich essaya, dans sa réponse du 12 mars, de prouver que c'étaient les armements de Votre Majesté qui avaient Qécessilé
ceux de l'Autriche, comme si Votre Majesté avait armé contre l'Autriche, lors- î qu'elle avait évacué la Silésie, le grand duché de Varsovie, et transporté dcui | C"iit mille hommes de ses troupes d'Allemagne on Ks|iap;ne. !
Ce ne fut alors que Votre Majesté renonça enliùremenl à ses projets conlre î les Anglais, à l'expédilion Je Sicile, h laquelle s'était préparé le roi de N'aples, : aux eml)arquemenls qui devaient avoir lieu àDrest, Boulopçne, Flessin^ueci Toulon. Tout fut contreraandé, et les troupes de Votre Majesté se dirigèrent j vers l'Allemagne, celles de la Confédération furent aussi mises en mouvement, i
Non, ce n'est pas parce que la France a armé que l'Autriche s'est mise sous les armes, c'est, au contraire, parce qu'elle a cru trouver la France alTaiUic par une autre guerre, et jugé le moment favorable au rétablissement de son ancienne influenct;, qu'elle a fait ces prodigieux efforts. Elle fait la guerre sans ' doute parce qu'elle en espère le succès; elle la fait sans un motif de plainte, sans la faire précéder d'aucune demande, d'aucune proposition, .sans laisser le choix d'un autre parti; elle fait la guerre lorsque Votre Majesté, loin de rien exiger d'elle, n'a manifesté que des vœux pour sa tranquillité et sa prospérité, lorsqu'elle lui a oiïert la garantie et l'intégrité de son territoire; lors(|ue l'em- ; pereur Alexandre lui-même, en faisant connaître à l'amiiassadeur d'Autriche " près de lui sa désapprobation de la conduite du gouvernement autrichien, a | renouvelle l'offre de sa garantie contre la France. L'Autriche fait la guerre ' contre la France et la RusL-ie, contre les deux empires qui s'olfrent à la défendre et à la protéger. Ainsi, ce n'est point pour sa sûreté qu'elle prend les arraei^ Les traités qui ont fixé son sort ne sont plus une loi pour elle; elle dit qu'ils ont été conclus dans des temps de désastres, comme si les cessions obtenues i parla victoire n'engageaient pas l'honneur et la fd du vaincu, même lorsque ' la générosité du vainqueur n'excite pas sa reconnaissance. Tous les bienfaits sont méconnus, tous les engagements sont violés. Votre Majesté reçoit la nouvelle que les armées autrichiennes viennent de franchir l'inn. Elles ont commencé la guerre. Une lettre du général autrichien, l'archiduc Charles, du 9 avril de ce mois, annonce au général français qu'il marche en avant, et qu'il traitera en ennemi tout ce qui lui fera résistance.
Votre Majesté peut se rendre ce témoignage d'avoir fait, pour éviter cette guerre si inconsidérément entreprise, tout ce que la prudence, la modération pouvaient suggérer; elle voulait épargner ce nouveau sujet d'inquit:tude à ses peuples, à l'humanité une lutte sanglante. Mais si l'esprit qui aaniniél'Au- '. triche dans tous les temps a fait de la politique de cette puissance un obstacle • continuel à la conclusion de la paix maritime, peut-être ne faut-il pas regretter j qu'elle ait elle-même amené la crise qui peut servir à lever cet obstacle. La paii I maritime n'aura lieu que lorsque la paix continentale sera solidement établie et que les Anglais auront perdu l'espérance de la troubler par leur or et leurs intrigues. Que tels soient du moins les résultats de celte nouvelle guerre! Votre " Majesté n'est pas jalouse de la puissance de l'Autriche; elle n'en désire pas l'anéantissement, mais puisse-t-elle, par ses armes, lorsque cette unique ressource lui a été laissée, la ramener à un véritable état de paix! La pnii est la conquête la plus digne de Votre Majesté; c'est aussi celle qu'elle erM' davantage.
Sire, votre peuple vou.'» secondera dans cette lutte nouvelle. L'admiriLl» prévoyance de Votre Majesté qui lui permet de soutenir une nouvelle guerre sans rien ajouter aux charges de l'Ëlat, est vivement sentie par ce peuple ses*
ANNÉE I80a. 505
sible, reconnaissant, admirateur de tout ce qui est grand, défenseur de tout ce qui est juste, passionné pour la gloire militaire.
Si de nouveaux efforts devenaient nécessaires pour assurer le succès de vos armes, ilimit au-devant de vos vœux. Son dévouement égalera son amour et son admiration pour son auguste souverain.
Le ministre des affaires extérieures, Cliampagny.
Proclamation de Napoléon I" à son armée, en ouvrant la campagne de 1809 contre V Autriche.
Donawerth, 17 avril 1809'.
Soldats,
Le territoire de la Confédération a été violé. Le général autrichien veut que nous fuyons à l'aspect de ses armes, et que nous lui abandonnions nos alliés. J'arrive avec la rapidité de l'éclair.
Soldats, j'étais entouré de vous lorsque le souverain de l'Autriche vint à mon bivouac de Moravie; vous l'avez entendu implorer ma clémence et me jurer une amitié éternelle; vainqueurs dans trois guerres, l'Autriche a dû tout à notre générosité; trois fois elle a été parjure!!! Nos succès passés nous sont un sûr garant de la victoire qui nous attend.
Marchons donc, et qu'à notre aspect l'ennemi reconnaisse son vainqueur. Napoléon.
Proclamation de l'archiduc d'Autriche Ferdinand d'Esté, en envahissant le grand-duc de Varsovie.
Odrzyvoi, le 16 avril 1809'.
Habitants du duché de Varsovie,
J'entre les armes à la main sur votre territoire , mais point comme votre ennemi; c'est vous qui déterminerez, par votre conduite, l'usage des forces militaires que je commande. Je viens vous protéger, ou vous combattre; c'est à TOUS à choisir.
Je vous déclare que S. M. l'empereur d'Autriche ne fait la guerre qu'à l'empereur Napoléon, et que nous sommes les amis de tous ceux qui ne défendent pas sa cause.
Nous combattons l'empereur Napoléon, parce que nous trouvons dans la guerre une sûreté que nous avons inutilement espérée d'une paix qui toujours a facilité ses vues ambitieuses; nous lui faisons la guerre , parce que chaque