‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 72 sur 106 · Archives de Pologne · texte numérisé non relu

Archives de Pologne

rendu à notre pays son indépendance, et ;\ nos anciens vœux un roi hicn-aimé; nunnd ils ont garanti la durée et l'iiiviolahilité de ce pacle de toute leur puissance, qui aurait pensé que, dans un intervalle aussi court, on eut osé attenter à une œuvre qui prometlait une heureuse stabilité?

Les sanctuaires de l'Éternel retentissent encore des chants de la reconnaissance envers le Créateur, et des prières pour la prospérité de notre régénérateur. Vos lèvres sont encore ébranlées par des serments inviolables d'obéissance et d'amour envers votre bien-aimé souverain ; vous venez de les renouveler par TDS mandataires et déjà un voisin que nous n'avons pas olTeiisé, coupable d'un attentat, sans exemple, en eJivahissant notre territoire, exige par des ordres menaçants que tout soit eiïacé de nos souvenirs et de nos cœurs, et que nos serments soient rompus!

Ce voibin dont la capitale et l'empire ont été sauvés jadis par nos valeureux ancêtres, en cherchant anjourd hui notre perte vous fait envisager comme ua acte de sa bienfaisance , l'emploi ds vos fortunes à l'entretien de ses cohortes aggresseurs, et vous-mêmes il vous condamne à l'ancien joug que déjà il vous a fait subir!

Il entre sur notre territoire et ne s'adresse à nous que comme à une horde n'ayant ni roi, ni gouvernement; et ne se déclarant que pour ennemi de l'empereur Napoléon , il croit séparer notre cause de celle de notre bienfaiteur , que notre souverain en parlant tantôt à la nation a déclaré pour son grand allié et pour noire régénérateur.

Le gouvernement et la nation animés du même esprit que le roi n'emploieront-ils pas tous les moyens qui sont en leur pouvoir, pour repousser un injuste envahissement? Ne se confieront-ils pas à l'assistance certaine du Grand Napoléon et à la garantie du traité de Tilsit?

Une pareille pusillanimité est loin du cœur des Polonais. Ils sacrifieront tout, comme ils l'avaient déjà sacrifié, quand, il y a deux ans, il s'agissait de leur patrie et de leur honneur.

Le gouvernement et la nation ont résolu de se défendre et repousser une injuste agression; mais, dans le nombre de leurs ennemis, ils ne comprendront pas leurs frères, les Galiciens.

Polonais, c'est à celte défense que le gouvernement vous ouvre le champ. Vous, qui n'avez jamais dégénéré, vous qui avez donné tant de preuves et fait voir aux yeux de l'univers tant d'éclatants sacrifices, courez à la défense de vos foyers, vous confiant en Dieu et dans la protection du Grand Napoléon, qui, à la tête des troupes alliées et des nôtres, place un héros après l'aulre; après le duc d'Auerstaed, le prince de Ponte-Corvo.

Au nom de la patrie bien-aimée et du vertueux roi , couvrez de vos corps ce que l'homaie libie a de plus précieux, votre indépendance et vos libertés.

Stanislas Potoçki, sénateur-palatin, président du conseil d'État et des ministres.

Le secrétaire du conseil d'État et des ministres, Stanislas Grabowski.

'■ Convention entre l'archiduc Ferdinand, général en chef de Varrnh d'Autriche et le prince Poniatowski, commandanl en chef des troupes polonaises pour V établissement de la neutralité de la ville de Varsovie signée sur la ligne des avant-postes le 21 avril 1809>.

■ Votre Altesse Impériale el Royale ayant manifesté le désir d'établir et reconconnaître la neutralité de la ville de Varsovie, et celte neutralité ne pouvanl s'effectuer que par l'évacuation libre qu'en ferait le corps des troupes alliées et combinées sous mes ordres, cet arrangement pourrait être renfermé dans les articles suivants :

Art. I. 11 y aura suspension d'hostilités pendant dix jours.

Art. II. Pendant ce délai ce corps d'armée évacuera, avec le personnel et le matériel, la ville de Varsovie.

Art. III. Pendant ce délai l'armée Autrichienne gardera les mêmes positions i^u'elle occupe, et pour prévenir tout prétexte qui pourrait rompre rharmonie, il ne pourra venir à Varsovie que des officiers parlementaires de l'armée Aulrichienne.

Art. IV. A['rès ce délai, il ne pourra être imposé à la ville aucune contribution extraordinaire.

Réponses aux articles I, II , III et IV.

Il y aura suspension d'iiostilités pendant deux fois vingt-quatre heures, à compter de ce soir à cinq heures.

Pendant ce délai, toute l'armée combinée combattante évacuera la ville de Varsovie. Il est accordé, à dater delà mèmecpoqueun sursis de cinq fois vingtquatre heures i tous les employés et non combattants de cette armée pour quitter cette ville.

M. le prince Poniatowski voudra bien en communiquer la dénonciation.

Art. V. Les personnes, les propriétés elles cultes seront respectes. Convenu.

Art. VI. Les malades et convalescents Saxons, Polonais et Français seror.t confiés à la loyauté de l'armée Autrichienne; el à leur guérison, ils recevront des feuilles de route et moyens de transports pour rejoindre leurs corps respectifs. Convenu.

Art. VII. Il sera accordé par Son Altesse Impériale Royale l'archiduc commandant les forces Autrichiennes, au ministre résident de France accrédite jj auprès du duc et gouvernement du duché les passe-ports el sauvegardes pour

J sa personne, papiers, effets et personnes attachées à samission ,pourse rendre

où il jugera convenable de se retirer.

Convenu.

Art. VIII. Les officiers, soldats et employés Français qui se trouvent à Varsovie , seront libres de suivre la résidence de France , avec effets el bagages , el recevront les passe-ports et moyens de sûreté, ainsi que les vivres , fourrages et transports.

Convenu.

Article addilionuel. Au moment de l'échange des présents articles, on se donnera de pari et d'autre des officiers supérieurs comme otages, jusqu'à l'expiration de l'armistice.

l 1. Hartens, t. IX, p. 199.

ANINKIi lUU'J. 509

Fait et convenu entre les soussignés généraux en chef des deux armées, sur ]a li;^ne des postes avancés respectifs, ce 21 avril 1809, à.... heures du matin. Le général commandant en chef l'armée Autrichienne,

A. D. Ferdinand, général en chef.

Le général commandant en chef le corps d'armée des troupes alliées et combinées dans le duché de Varsovie.

Joseph, prince Poniatowski.

Ordre du jour du prince Joseph Ponialoxvski, à l'occasion du dixhuitième anniversaire de la proclamation de la Constitution nationale du 3 mai 1791, et des nouvelles victoires remportées sur les Autrichiens le 3 mai 1809.

Okuniew, 5 mai 1809'.

Soldats ! la journée du 3 mai , mémorahle par des souvenirs si chers au cœur (les Polonais, n'a pas cessé de nous être propice. A peine doux ans sont écoules, que la bénédiction de vos aigles annonça que vous étiez des guerriers polonais, et que des victoires prouvèrent que vous étiez dignes de celte distinction. Ce malin à deux heures la tête de pont, à Gora, après avoir été sommée de se rendre, mais inutilement, a été prise à la baïonnette et sans tirer un coup de fusil, par l'avant-garde commandée par le général Sokolniçki; quinze cents soldais et cinquante officiers, parmi lesquels se trouve un colonel, ont été fâils prisonniers. Trois canons sont tombés en notre pouvoir. Le général commandant Schauroih a eu à peine le temps de s'échapper sur un bateau. Le général Sokolniçki , qui a dirigé l'attaque à la tète de la colonne, s'est couvert de gloire. Les colonels Sierawski et Botruslawski , le lieulenant-colonel Bhimer, en général tous les officiers présents à celte affaire ont montré de l'intrépidité. Nous sommes maîtres de toute la rive droite de la Vistule.

Soldais ! je n'ai point coutume de vous flatter; mais aujourd'hui vous pouvez être convaincus que vous égalez les armées les plus célèbres, vous avez mcrilé la reconnaissance de la patrie, à laquelle se joint la récompense la plus glorieuse : la satisfaction du grand Empereur des Français.

Joseph, prince Poniatowski.

Note diplomatique du cabinet russe, à titre d^allic de la France, contre l'Autriche, publiée à Saint-Pétersbourg au mois de mai 1809*.

La paix entre la France et l'Autriche, qui était longtemps douteuse, a été rompue. D'après les dernières nouvelles, les Autrichiens sont entrés dans le duché de Varsovie et dans les Ëlats de Saxe et de Bavière. Le flambeau de la guerre, qui s'était éteint sur le continent, a été de nouveau allumé, et, d'après l'enchaînement des circonstances, toutes les puissances européennes doivent de nouveau y prendre part.

Les armements de l'Autriche ont amené cette guerre. La Russie ne pouvait les envisager d'un œil indifférent. Tous les moyens ont été employés pour

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