Archives de Saxe
quels il a inspiré cet esprit valeureux, dont vous avez donné les meilleures preuves sous ses yeux, ont montré qu'ils étaient dignes de leur créateur, inférieurs en nombre, non-seulement ils ont résisté à l'ennemi, mais ils l'ont partout attaqué avec succès. Ils ont porté la victoire dans les provinces de sa domination et ils se sont partout couverts de gloire.
De son côté, l'ensemble de la nation a fait vpir que l'esprit de valeur et de patriotisme des anciens Polonais était encore le sien. L'aggression d'un ennemi nombreux, bien loin de l'intimider, n'a fait que l'enflammer à porter des ofîres volontaires et extraordinaires, à sacrifier la fortune individuelle : elle a tout livré pour la défense de la patrie. Les départements se sont surpassés à l'envie. C'était à qui augmenterait l'armée de ligne de corps plus nombreux, à qui lui fournirait les subsistances nécessaires, à qui amènerait une plus forte levée pour s'opposer à l'ennemi. Ils ont prouvé que l'amour de la patrie est une qualité distinctive de la nation, et se sont rendus dignes de servir de modèle. Aussi la Providence a-t-elle également couronné par des succès ces généreux eflbrts.
Notre Conseil d'État, par sa fidélité, son zèle, ses sages mesures, et même par le soin de se conserver en activité au moyen de ses différents déplacements, secondé par toutes les autorités constitutionnelles, animées des mêmes sentiments, a réussi à conserver la marche du gouvernement, autant que les circonstances ont pu le permettre.
Polonais, la patrie vous doit son salut ; elle vous doit l'approbation de notre grand régénérateur aux égards duquel n'auront pas échappé la conduite valeureuse de l'armée et le zèle ardent de la nation. Elle vous doit l'augmentation de sa considération auprès de vos voisins; elle vous doit la gloire du souverain de régner sur une telle nation.
Quoique dans l'éloignement, notre cœur a toujours été auprès de vous; votre situation nous a toujours été présente. Votre patriotisme, votre fidélité et votre attachement à notre personne ont augmenté, s'il est possible, le nôtre pour vous, et si nous n'avons pas pu vous porter les secours que notre cœur eût désiré, c'est avec douleur que nous en sommes vus empêchés par les circonstances.
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Nation polonaise, la tranquillité vous est rendue, et, avec elle le gouvernement constitutionnel. Notre soin le plus cher sera de licher de guérir les plaies du pays, occasionnées par la guerre, et découvrir et récompenser ceux qui ont bien mérité, et de rétablir l'ordre que voire bonheur futur exige. De votre côté, vous y contribuerez par une parfaite confiance dans ce gouvernement qui ne se dirigera que par nos intentions toutes paternelles. Frédéric Auguste.
Par le roi, le ministre d'£tat, Stajiislas Dreza.
Rapport général sur la campagne de 1809 des Polonais contre les
Autrichiens, adressé à l'empereur Napoléon 7", à Vienne, par U
prince Joseph Poniatowski. .
^ ^ Krakovie, 16 juillet 1809'.
Sire, en déposant aux pieds de Votre Majesté Impériale et Royale rhommage de mon profond respect, j'ai l'honneur de vous soumettre un c. mpie détaillé et général de la campagne de la présente année 1800 . commencée et terminée sur les deux rives de la Vistule, par les armées polonaises confiôej à mon commandement, contre les armées autrichiennes aux ordres de l'archiduc Ferdinand d'Est.
Les victoires éclatantes que Votre Majesté Impériale et Royale a remportées dans toute l'Europe causent partout l'admiration et la terreur, cependaiitdes ennemis perfides se préparent en secret à de nouvelles hostilités; ils attendent le moment favorable pour trahir leurs anciennes promesses, en provoquaiil les peuples soumis à votre ilomination à une révolte audacieuse; pendai.t que vous étiez occupé, Sire , à l'extrême occi-lent de l'Europe, ils ont osé vous déclarer là guerre dans l'Est; par une réunion importante de moyens matériels et par un appel criminel aux passions subversives, ils semblaient être sûrs de la victoire.
Mais leurs plans ont échoué devant l'incomparable génie de Votre Majesté. Vous étiez encore dans la capitale des Espagnes lorsque vous avez appris, Sire, que l'Autriche vaincue par vous peu d'années avant, rétablie par vous i vienne même, par une paix glorieuse et qu'elle ne devait pis espérer, poussait le Tyrolà la révolte, et envahissait le duché de Varsovie désarmé.
Comme la foudre, qui, poussée par l'orage, parcourt en quelques secondes d'immenses espaces, ainsi vos armées, guidées par vous et pleins d'une nuldc colère contie les p.irjures, quittent les bonis du Tage et accourent en un clind'oiil sur les bords du Danube, après des triomphes non interrompus, vûu. accordez pour la seconde fois, dans Vienne même, une paix généreuse i vos perfides ennemis.
Le duché de Varsovie, nouvellement formé par votre magnnnimité, mûis n'étant pas sauvegardé par une armée imposante et par des ressources nialcriclles, s'est vu tout i coup envahi par une armée de quarante mille bommei qui venaient pour détruire l'œuvre de Votre Majesté.