‹ Recueil des traités, conventions et actes diplomatiques concernant la Pologne (volume 2)Chapitre 77 sur 106 · Chodzko, inn. polon. , Us · texte numérisé non relu

Chodzko, inn. polon. , Us

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ANNP.E lOOî). 515

Votre haute sagesse, Sire, et la sainteté des traités ne permettaient pas de r«nser qu'un ennemi battu oserait encore une fois lever la tête; mais, quand j'ai soupçonné la perfidie, je me suis fait un devoir d'en instruire Votre Majesté iu moment opportun; je l'ai fait quand un corps autrichien se préparait à envahir le duché, et j'attendais impatiemment vos ordres pour parer à cette éventualité. Vous avez daigné, Sire, me faire connaître votre suprême volonté: rûus m'avez donné l'ordre de ne faire faire aucun mouvement à l'armée polonaise, et de ne pas même avoir l'air de soupçonner que les troupes autrichiennes cufscnt l'intention de franchir les frontières du duché.

Je me suis conformé aux ordres de Votre Majesté avec toute la soumission et li rigueur du devoir militaire; cependant la guerre éclatait sur les frontières des vastes États de Votre Majesté Impériale et Royale. Le petit corps de Polociis confié à mon commandement, animé d'une juste vengeance contre les parjures, voulait à tout prix les devancer et délivrer le duché créé si généreujcment par Votre Majesté. Ces braves auraient acquis de nouveaux droits à vos ticnfaiis.

Dès que j'appris que les troupes de l'archiduc Ferdinand avaient passé la piliça, je m'unis à la division du général Dombrowski et nous prîmes position j Raszyn. L'armée saxonne reçut du maréchal Bernadotte, prince de Ponte- Corvo, l'ordre de revenir en Saxe; on ne me laissa que trois bataillons saxons jECoraplets, cent cinquante hussards et dix-huit canons : le tout montant à douze cents hommes.

pour sauver l'honneur national, j'acceptai toute la responsabilité d'une lutte i-égale, et, avec un corps de huit mille Polonais, j'attaquai un ennemi quatre fais plus fort en nombre. La bataille fut livrée le 19 avril, et nos elTorts furent couronnés par le succès. Notre défense a été prodigieuse; des deux côtés on a combattu avec opiniâtreté; les Autrichiens cherchaient à tourner llaszyn, mais le feu de l'artillerie saxonne qui protégeait la digue , fut si bien nourri que les tfTorls de l'ennemi furent impuissants. Le combat dura jusqu'à dix heures du lûir, et l'armée polonaise se retira sans que l'ennemi osât la poursuivre.

Comparée à notre eiïectif, notre perte a été considérable; deux mille hommes ont élé mis hors de combat. Le général Fiszcr, chef d'étal-major général, a fié blessé , et le colonel Cyprien Godebski, commandant du 8° d'infanterie, a éu5 tué sur le champ de bataille; les Autrichiens ont perdu plus de monde que sous.

Après la bataille, je me suis arrêté à Varsovie, comme si je devais la protcpcr; les habitants, unis à l'armée, étaient prêts à combattre jujqu'à la dernière extrémité; mais, après m'êlre convaincu de l'impossibilité de défendre une capitale privée de remparts et de canons, et pensant bien que l'ennemi ne uurait l'occuper pendant longtemps, j'acceptai une entrevue que me deman- «lïit l'archiduc. Nous conclûmes avec ce prince une convention en vertu de bpielle il me donna quarante-huit heures pour réunir mon matériel, faire éracucr les hôpitaux, emporter les archives et laisser du temps aux habitants de »G préparer à nous suivre s'ils le voulaient. A la suite de cette trêve, les Auirichiens entrèrent à Varsovie et nous occupâmes Praga et la rive droite de U \istu1e.

Le faubourg de Praga étant situé plus bas que Varsovie, donnait beaucoup d'jTantages à l'ennemi, mais je ne tins pas compte de cette circonstance, et, drt que la trêve fut expirée, je fis lancer des bombes dans la direction de Varsovie, ea faisant dire à l'archiduc que la destruction de la capitale com-

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mencerait par mon propre palais, si les Autrichiens nous inquiétaient dans ! ' Prasa ou dans les environs.

Ilmnaédialemenl après la (iéclaralion , l'arcliithic Ferdinand fit cesser les hostilités. Nous pûmes donc, pendant tout le temps de l'occupation de Varsovie garder une position qui inquiétait l'ennemi , et comme la convention portail qu'on ne tirerait ni sur Varsovie, ni sur Praga, nous pûmes l'attaquer hors de la ligne du traité et nous lui fîmes essuyer des pertes considérables , en atiendant le moment où nous pûmes l'expulser des frontières du duché de Varsovif,

* de l'ancienne Galicie, de Léopol et de Krakovie. Toute cette partie de U I Pologne fut occupée par les troupes polonaises sous mon commandement.

I Quelqiies jours après l'occupation de Varsovie par les Autrichiens, le généra!

I Mohr qui gardait la rive droite de la Vislule, se présenta devant Praga, défendue

j par le major Hornowski avec une faible garnison. Je me trouvais alors au de!i

I du Bug-, le 20 avril le général Sokolniçki attaqua si vivement les Autrichiesj

I près de Grochow, qu'en moins de quatre heures il parvint à les repousser,

j L'archiduc Ferdinand se convainquit que la ]iossession de Varsovie lui deve.

• nait inutile si la rive droite de la Vistule restait en notre pouvoir, en consé. •| quence il expédia le général Schauroth àOora, à cinq milles de la capitale, ,' pour y établir un pont avec une tète de pont. Une héroïque poignée de Polona:j I regardait avec sang-froid le travail ne l'ennemi , attendant le moment qu'il fC; •' terminé pour le renverser. Le 3 mai, à deux heures du matin, le génér^

Sokolniçki, sans attendre des renforts, se jette sur l'ennemi, enlève la tête dj pont à la baïonnette. Le général Schauroth, avec trois pièces de canon etâTe: la moitié du régiment de Bnillet, se sauve sur la rive gauche de la Vistule c nous abandonnant trois autres pièces de canon et l'autre moitié de son rc^. ment. Cette victoire, en nous ouvrant le passage de la Galicie, coupa les coe.' munications aux troupes autrichiennes.

Les nouvelles qui nous parvinrent des triomphes obtenus par Votre Ma;es'u Impériale et Royale, à Eckmuhl et à Ralisbonne, ont encore redoublé l'es, thousiasme des Polonais. En voyant de semblables sentiments, je n'aiph» hésité à appeler les populations à un soulèvement général.

Le 18 mai, le comte Wlodimir Potoçki s'empara de la tête de pont di Sandomir, et le lendemain, à l'attaque de cette ville, le jeune prince liucellin Lubomirski périt glorieusement; à Koçk, nous perdîmes aussi le coloct Berck, de la religion israélile.

Après une triple attaque, le général Sokolniçki força l'ennemi à signer ii capitulation de Sandomir; j'avais pris position à Trzesnia, d'où j'envojjb des détachements dans toutes les directions du pays, que les Autrichien appellent la Galicie orientale. Le 20 mai, la forteresse de Zamsç tombac notre pouvoir.

Les enrôlements volontaires grossissaient les cadres de l'armée polonaisa.e',, à cette même époque, les villes de Yaro^law et de Léopol redevinrent rotri possession. Léopol, qui est la capitale des terres russiennes, était pour nciu d'une grande importance.

L'armée russe, commandée par le prince Galitzyne, occupait le déparlerrc:.: de Siedcé et de Lublin , appartenant au duché de Varsovie depuis sa créjlict

Le 25 mai, l'ennemi s'empara de la tète de pont de Thorn, mais le générJ Mohr qui craignait d'être attaqué par le général Dombrowski , qui avait tous ii ordres trois mille hommes dans les environs de Posen, se retrancha lurla rives de la Dzura.

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Le 31 mai les Polonais gagnèrent, par Willanow, la rive gauche de la Vistulc; ils opérèrent si heureusement ce mouvement que peu s'en fallut qu'ils 'C s'emparassent de la personne de l'archiduc.

Dans la nuit du 1" au 2 juin, l'archiduc Ferdinand , à la tète de ses troupes, lijini'onna Varsovie, dont l'occupation lui avait coûté tant d'inquicluiies et At préoccupations, car la présence des Polonais à Praga le menaçait inces-

jiinment.

Après l'évacuation de Varsovie l'armée polonaise y rentra, et, après elle, Its ministres et les dignitaires de l'État. S. Exe. Serra, ministre résident de Vclre Majesté Impériale et Royale, fut du nombre. Le général Kosinski fut comme gouverneur de Varsovie, et le major Hornowski, commandant de Varsovie.

L'archiduc se dirigea vers Krakovie et les armées polonaises réoccupèrent ilors plusieurs points de la Galicie.

Le général Schauroth avait passé sur la rive droite de la Vistule avec huit snille hommes, pour arriver de Sandomir jusqu'à Léopol, où il y avait peu (Je Polonais. En conséquence, Léopol fut livré aux Busses sans condition, et tomme s'ils étaient alliés et amis des Autrichiens.

En dépit des traités d'alliance solennels qui unissaient la Russie à la France, (jans cette campagne les Russes ne nous ont jamais prêté secours et ils ont loj'ours occupé les points abandonnés par les Autrichiens, dans le but de :.0J3 nuire et de nous entraver; et dans toute cette guerre pas un coup de fasil n'a été tiré par les Russes, qui se disent les troupes auxiliaires de la France.

Le 15 juin , l'archiduc Ferdinand attaqua , avec toutes ses forces réunies , la. lille de Sandomir, où le général Sokolniçki n'avait sous ses ordres que cinq aille Polonais. Après trois jours d'une résistance héroïque, qui laissa à lennerai deux mille morts sur le champ de bataille, le général Sokolniçki, manquant de munitions et de vivres, fut forcé de capituler; mais celte capitulation fut aussi honorable que la défense avait été héroïque , et la garnison polonaise sortit avec armes et bagages et tous les honneurs militaires. Le général Sokolniçki rejoignit alors la division du général Dombrowski.

L'archiduc Ferdinand, après avoir détruit les fortifications de Sandomir, qui naf?uère avaient été élevées par les Autrichiens eux-mêmes, s'avança vers les Karpates. Alors je franchissais la Vistule à Pulawy , pour me joindre à la division du général ZMonczek , et partout je poussais devant moi les Autrichiens. A, la suite de plusieurs combats , et , en dernier lieu , après un engagement de Iionz,les Autrichiens se réfugièrent dans Krakovie dans la nuit du 13 au l'é juillet.

Le 14 juillet au matin l'avant-garde de l'armée polonaise se montra à un quart Je lieue de Krakovie. Les Autrichiens, qui avaient échelonné leurs troupes dans les premiers remparts de la ville, s'établirent plus fortement encore daus les seconds; outre cela, plusieurs postes d'infanterie et de cavalerie occupaient d'autres points.

A neuf heures du malin notre artillerie donna le signal de l'attaque; nous précipitions nos coups à mesure que nous approchions, pour avertir les habitants de notre présence; aussi les Autrichiens s'empressèrent-ils de conclure une convention par laquelle nous devions le lendemain, (.5 juillet, occuper la Tille, après quoi les Autrichiens se retirèrent à Podgorzo, ne laissant derrièra <ux qu'une faible arrière-garde.

Le môme jour (14 juillet), à six heures dir soir, on aperçut de Krakovi» deux cont soixante kosaks, commandes par des officiers autrichiens, et cin' quante dragons russes qui occupèrent les principales portes de la ville; c.i détachements russes occupaient Woynicz, à quinze lieues de Krakovie el furent appelés par les Autrichiens pour opérer le mouvement dont nous avonj parlé.

Le If) juillet, h quatre heures du malin, l'armée polonaise s'approcha dej barrières de la ville. Quel fut son étonncment en se voyant devancée par les kosaks qui se tenaient aux portes, comme si Krakovie était leur possession Ainsi on violnit la convention en vertu de laquelle Krakovie nous apparlcnaji Je n'hésitai pas un moment, et, à la tète de mon état-major général, je fj mon entrée, Sire, dans l'antique capitale de ma patrie, où jadis on couronnait les rois, et qui aujourd'hui est encore le lieu de leur sépulture.

En m'avançant dans les rues de cette glorieuse cité, je vis quelques escadron russes qui s'avançaient sur moi le sabre levé; sans tenir compte de celt» menace, je donnai l'ordre à mon infanterie de prendre tous les postes occupéi par les Russes; ces derniers n'osèrent résister et se retirèrent vis-à-vis de dm factionnaires.

On faisait courir le bruit à Krakovie que l'armée russe se montait à cin' miUe hommes, et qu'elle s'apprêtait à défendre le pont de Podgorze; azl perdre de temps , je me rendis sur ce point , j'y trouvai le général Sievers , qy me montra des dispositions hostiles, mais je passai outre, en lui déclaraai que la convention passée avec l'Autriche me rendait maître de ce point coiub. des autres, et dussé-je passer sur un monceau de cadavres, je ne reculera.j point. Le général russe ne fit plus de résistance et nous occupâmes les deui rives de la Vistule en dépit des Russes, qui ne les avaient point encore abiadonnées.

En soumettant à Votre Majesté Impériale et Royale ce résumé delà campagat de 180a, mon cœur est plein de joie, car c'est à Vienne même que je v.-uj l'adresse, Sire, à Vienne où vous vous reposez, après vos éclatantes victoiro. Je m'empresse d'envoyer une copie de mon rapport à notre souverain, le roi de Saxe, grand-duc de Varsovie, en le datant de Krakovie, qui renferme Ua de souvenirs nationaux et dont la possession est comme la récompense de toutci les peines que vient de supporter l'armée polonaise.

Sire, votre main puissante peut aujourd'hui frapper les parjures et relever les opprimés; vous disposez encore une fois de l'avenir et des destinées dcj nations subjuguées; les Polonais, plus que jamais espèrent en vous, et ili sont heureux de vous réitérer, par mon organe, l'expression de leur rew> naissance et de leur fidélité qui ne se démentiront jamais.

Joseph, prince Ponîatowski, commandant en chef les armées polonaises.

Le chef d'état-major général, le général de brigade, Stanùlas Flszer^

fi-ailé «^U cmquihiM }kWia<je de la Pologne cnirc r Autriche et la Jlussie, confirmé dans le traité de paix entre la France et V Autriche. . ,

Vienne, le 14 octobre 1809'.

{Extrail.)

Art. 3. S. M. l'Empereur d'Autriche, roi de Hongrie et de Boliôme, tant pour lui, ses héritiers et successeurs, que pour les Princes de sa maison, leurs lu'riliers et successeurs respectifs, rononco aux principautés, seij;ncuries, domaines et territoires ci-aprùs désignés, ainsi qu'à tout titre quelconque qui pourrait dériver de leur possession et aux propriétés soit donianialcs, soit possédées par eux ii titre particulier, que ces pays renftM-ment.

4). Il cède et abandonne à S. M. le Roi de Saxe, pour être riHnii au duché de Varsovie, toute la Galicie occidentale ou XouvolK'-Galicie, un arrondissement autour de Krakovie, sur la rive droite de la Vistule, qui sera ci-après déterminé, et le cercle de Zamosç, dans la Galicie orientale.

L'arrondissement autour de Krakovie, sur la rive droite de la Vistule, en avant de Podgorze, aura partout pour rayon la distance de Podgorze à Wieliczka; la ligne de démarcation passera par\\'icliczka et s'appuiera à l'ouest sur la Skavina, et à l'est sur le ruisseau qui se jette dans la Vistule à Brzegi.

Wieliczka et tout le territoire des mines de sel appartiendront en commun à l'Empereur d'Autriche et au Roi de Saxe; la justice y sera rendue au nom de l'autorité municipale. Il n'y aura des troupes que pour la police, et elles seront en égal nombre (le chacune des deux nations. Les sels autrichiens de Wieliczka pourront être transportés sur la Vistule, à travers le duché de Varsovie, sans être tenus à aucun droit de péage. Les grains provenant de la Galicie autrichienne pourront être exportés par la Vistule.

Il pourra être fait entre S. M. l'Empereur d'Autriche et S. M. le Roi de Saxe une fixation de limite telle que le San, depuis le point où il touche le cercle de Zamosç jusqu'à son confluent dans la Vistule, serve de limite aux deux États.

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