Archives de Russie
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actions de grâce aux noires, pour louer Dieu, qui nous accorde une double paix glorieuse. Alexandre,
mmoire du prince Michcl-Cléophas Oginski, ancien grand-trésorier de Lilhuanic, adressé à l'empereur Alexandre /", sur les intentions de Vempereur Napoléon /•' à Végard de la Pologne, et sur ce que devrait faire Alexandre J" à l'égard de la Pologne en général, et
■ de la Lithuanie en ^particulier, dans le cas d'une guerre entre la Russie et la France.
Saint-Pétersbourg, 3/15 mai 1811'.
L'empereur Napoléon a-t-il eu jamais l'intention de rétablir la Pologne libre el indépendante, pour en faire une barrière du côlé de la Russie?... Tous ceux qui, sans partialité el sans prévention, ont observé le caractère de ce souveniû, dans ses démarches, tant politiques que militaires, peuvent facilement résoudre cetle question.
Pour rétablir un pays indépendant, il faudrait supposer à Napoléon ces sentiments libéraux et ce caractère de modération , de désintéressement et de générosité qui n'est nullement compatible avec l'avidité de con(iuérir; avec le besoin d'ufTaiblir, de diviser et de détruire tous les filais de l'Kuropc; et avec »on insouciance pour le bonheur et la tranquillité intérieure des peuples.
Pour faire une barrière permanente du côlé de la Russie, il faudrailadmettre la possibilité que son esprit remuant, que son imagination, toujours prompte à faire éclore de nouveaux projets d envahissemenis, pût enfin .se fixer-, el que celui qui ne sait pas mettre de bornes à son ambition , pût mettre un terme à ses conquêtes.
Et comment présumer que cet enfant favori de la fortune, qui se croit l'homme envoyé de Dieu , et destiné à régler les affaires du monde entier , que cet homme entreprenant, qui a détruit tant de trônes, qui a rainé les fondement» de tous ceux qui subsistent encore, qui n'en a élevé quelques-uns que pour être les suppôts de sa grandeur, qui n'a rien laissé d'intact, qui change de résolutions tt de projets avec autant de promptitude qu'il les conçoit , qui ne l'est jamais occupé du bonheur des hommes, et qui n'en fait cas qu'en tant qu'ils peuvent lui offrir leurs bras pour exécuter ses desseins; comment , dis-je, présumer que cet homme extraordinaire, insensible au sort malheureux de TKurope entière, qu'il a bouleversée, soit touché seulement de la trisle position (les Polonais, et qu'il veuille les rétablir dans leur patrie en leur assurant un gouvernement libre et indépendant.
Na' oléon n'est pas la dupe de l'enthousiasme apparent des habitants du duché do Varsovie pour sa personne; il sait que, si on en excepte les militaires et les personnes qui sont en place, il n'y e.st pas aimé, et surtout par les pauvres propriétaires de la classe des paysans, qui fait la plus grande masse de la population, et qui est vexée de toutes les manières. Il n'ignore pas que l'espoir du rétablissement de la Pologne est le seul motif qui électrise la noblesse en sa faveur, et que, s'il ne nourrissait pas ses espérances, il perdrait sou alfeclioa